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Les enjeux politiques de l’élection européenne

Malgré un taux d’abstention record prévu pour les élections européennes à venir, et le désintérêt des principaux média pour le débat européen au profit des querelles politiciennes franco-françaises, cette élection du 7 juin prochain recèle une série d’enjeux politiques nationaux et européens de première importance.

Quelle Europe politique pour demain ?

- Les rapports de forces au Parlement Européen

Les électeurs qui se déplaceront le 7 juin prochain voteront pour élire des députés européens. Les pouvoirs du Parlement Européen n’ont cessé de croître au fil de la construction de l’Union Européenne. Actuellement, 20 à 30% (et non 70%) des lois nationales sont des transcriptions directes de lois et directives européennes, et concernent surtout l’environnement, les règles de libre-échange et de concurrence, la protection des consommateurs. Bien que les lois européennes soient initiées par la Commission (comme elles le sont très majoritairement par le gouvernement en France), leur adoption dépend du Parlement Européen et, par codécision, du Conseil Européen des ministres concernés. Ce système de codécision, qui permet aux États membres de garder une influence importante pour défendre leurs intérêt nationaux, explique pourquoi les parlementaires européens cherchent au maximum à obtenir de larges consensus en leur sein, afin de peser sur le conseil (une loi adoptée par les trois-quarts du Parlement Européen aura plus de chance d’être aussi acceptée par les ministres, contrairement à une loi votée à une courte majorité).

Cette recherche de consensus est favorisée par l’absence de majorité absolue détenue par un seul parti au Parlement Européen : actuellement, le PPE (Parti Populaire Européen, de droite, où siège l’UMP), détient 288 sièges sur 785, tandis que le PSE (Parti Socialiste Européen) en détient 217. Le reste des parlementaires se distribue dans l’ADLE (Alliance des Démocrates et Libéraux Européens, parti centriste où siège le MoDem, une centaine de députés), les nationalistes (Union pour l’Europe des Nations, 43 députés), les Verts (43 députés), la gauche de la gauche (Gauche Unitaire Européenne, 41 députés), les indépendants (une vingtaine de députés) et des non inscrits (13).

Mais ce parlement devrait connaître de sérieux changements lors de la prochaine mandature : à droite, les conservateurs britanniques devraient quitter le PPE pour aller chez les nationalistes eurosceptiques, tandis que le PPE accueillerait en revanche l’ensemble des députés du nouveau parti de Silvio Berlusconi. Ce parti demeure dominé par la CDU allemande, très active au parlement européen, tandis que l’UMP a jusqu’ici eu un rôle modeste, faute notamment de ténors politiques. Autrefois leader dans la construction européenne, il est devenu progressivement partisan d’un statu quo. L’inconnue concerne les parti de droite des nouveaux pays d’Europe centrale, notamment de Pologne, plus eurosceptiques et conservateurs que la CDU. A gauche, le PSE est tiraillé entre différentes tendances sociales démocrates (Labour britannique, PSD allemand, PSE espagnol…) ou plus étatistes (PS français, socialistes grecs…). Comme le PPE, le PSE est aussi devenu moins favorable à la construction européenne avec le poids du Labour britannique, subit une concurrence accrue à sa gauche (en Allemagne ou en France par exemple). Ceci renforce mécaniquement le poids du parti central, l’ADLE, qui devrait bénéficier de la venue du parti Irlandais Fine Gael et du renouveau des démocrates néerlandais de D66 par exemple, et surtout du poids des LibDems britanniques, crédités d’excellents sondages. L’un des enjeux est ici l’équilibre interne au sein de l’ADLE, actuellement composé de deux partis européens (les libéraux, et les démocrates où figure le MoDem), qui s’accordent sur leur vision d’une Europe intégrée, mais divergent au niveau de leur soutient à la libre concurrence. Les Verts devraient eux conserver un poids équivalent à la mandature précédente, malgré une baisse chez les Verts allemands, en raison de la remontée dans d’autres pays. Les Verts sont avec l’ADLE le parti le plus favorable à l’intégration européenne, mais ont sur les sujets économiques un positionnement souvent plus à gauche que le PSE.

On le voit, même si pris individuellement le vote français ne fera pas basculer ces grands équilibres, les rapports de forces au sein du parlement européen pourraient évoluer le long de deux axes principaux : plus ou moins eurosceptiques, plus ou moins libéral économiquement, et de faibles variations peuvent faire basculer rapidement ces équilibres.

- La présidence de la Commission Européenne

La Commission Européenne était jusqu’ici garante de l’intérêt général Européen, en contrepoids des gouvernements nationaux, et possède l’initiative des lois. Jusqu’en 2004, les commissaires européens étaient priés non seulement de laisser leur appartenance nationale au vestiaire, mais aussi leur couleur politique. Depuis 2004, la Commission s’est fortement politisée sous la pression des grands partis politiques, et est maintenant censée aller dans le sens de la majorité politique du Parlement Européen. De plus, l’arrivée des nouveaux États membres, qui avaient le droit à un commissaire chacun, a renationalisé une partie de la Commission, qui a ainsi perdue en cohésion. Ayant à sa tête un président avant tout désireux de plaire aux principaux gouvernements, la Commission a ainsi perdu le rôle moteur qu’elle avait auparavant dans la construction européenne, au profit du Conseil, partisan d’un statu quo.

Faute de l’adoption du nouveau traité constitutionnel, chaque pays membre devrait conserver « son » Commissaire au sein d’une Commission pléthorique. L’enjeu de cette élection est donc de savoir si le président actuel sera réélu, comme le souhaite le PPE, une partie du PSE, et de nombreux chefs de gouvernements (désireux de conserver le contrôle de l’Union) ou si un président plus indépendant et volontaire sera nommé, comme le souhaitent notamment l’ADLE et les Verts. En théorie, la réélection de Mr Barroso n’est pas assurée, mais le problème pour ses opposants est de s’accorder sur une personnalité alternative ; or, il y a fort à parier que partisans et opposants à l’intégration européenne (ADLE, Verts, une partie du PSE d’un côté, eurosceptiques nationalistes et extrême gauche de l’autre) auront du mal à proposer une candidature commune contre Mr Barroso. Faute d’un accord suffisamment large au sein du Parlement Européen, le dernier mot reviendra au Conseil, favorable à son second mandat. L’enjeu est donc ici le nombre de députés opposés à Mr Barroso qui seront élus : de cela dépendra le visage de la Commission et en réalité le futur de l’Europe ces prochaines années : statu quo (une Europe au rôle limité à des domaines économiques et techniques) ou relance du processus (construction d’une Europe politique jouant un rôle accru au niveau politique étrangère, défense etc.).

Vers un renouveau du paysage politique français ?

Traditionnellement, les élections européennes, situées à mi-mandat et suivant un scrutin proportionnel, se traduisent par une forte dispersion des voix et sont l’occasion d’un vote protestataire. On se souvient de scores désastreux de partis de la majorité (PS en 1994, UMP en 2004 par exemple), et de la percée de listes de circonstances (listes Tapie en 1994 ou Pasqua en 1999). Le fort taux d’abstention peut aussi amplifier le score de listes contestataires, tandis que l’électorat des partis principaux est souvent moins mobilisé. Pour autant, 2009 se traduit par une situation politique particulière, dans la mesure où le quinquennat a accéléré le tempo politique et que la France traverse une période de fortes turbulences en raison de la crise économique.

- Une majorité présidentielle affaiblie.

Curieusement, cet élément semble avoir échappé aux instituts de sondages, qui persistent à donner des estimations pour une liste UMP. Or la liste qui se présente aux suffrages des électeurs, comme on le constate sur ses clips de campagne et autres bulletins de vote, rassemble bien UMP, Nouveau Centre, Gauche Moderne et progressistes, soit l’ensemble des composantes de la majorité actuelle. Avec des prévisions tournant autour de 25%, cette élection européenne pourrait bien ressembler à une sanction pour le gouvernement et son président, puisque soutenir le Président de la République constitue le premier argument mis en avant par les défenseurs de cette liste (« Avec Nicolas Sarkozy »). Même en ajoutant le score des listes nationalistes de droite, qui soutiennent au niveau national la majorité, on pourrait n’arriver péniblement qu’à un petit tiers des suffrages, situation inédite pour une majorité lors de ce type d’élection.

- Une gauche éclatée

Les divisions internes au Parti Socialiste pèsent lourdement sur les intentions de vote en sa faveur. La situation est aggravée par le fossé interne au Parti Socialiste Européen, incapable de se mettre d’accord sur une opposition au président libéral de la Commission Européenne. L’absence de cohérence et de cohésion, à la fois au niveau de ses leaders et de ses idées, continue d’affaiblir ce parti qui semble incapable de profiter de la faiblesse de la majorité. Un mauvais score (sous les 20%) pourrait encore aggraver la situation en relançant la guerre des chefs et en réduisant d’autant les chances d’unité en 2012.

A contrario, la situation bénéficie aux Verts : pour la première fois depuis 10 ans, ceux-ci présentent une liste rassemblant les différents courants de l’écologie politique (malgré la présence d’une petite liste dissidente), sous la houlette d’un leader charismatique. On aurait pu croire ses chances diminuées par la crise, alors que l’environnement avait le vent en poupe en 2008, mais la faiblesse du Parti Socialiste a permis aux Verts de servir de refuge aux plus européens des électeurs socialistes. L’enjeu sera pour les Verts de maintenir une cohésion entre des tendances très différentes après l’élection européenne, et rien ne dit qu’une guerre des chefs n’éclatera pas de nouveau en son sein. Mais un score au-delà de 10% pourrait pour la première fois permettre à Daniel Cohn-Bendit de prétendre à une candidature en 2012.

Fort logiquement, la crise économique profite aux partis d’extrême gauche. Mais leur division pèse sur leur influence et risque de les priver de nombreux sièges. Le gagnant est néanmoins le Parti Communiste, qui s’est refait une virginité en se fondant dans le « Front de gauche », et à qui la truculence du Sénateur Mélanchon a redonné une visibilité. Reste que cet essai ne pourra être transformé que si un accord politique est trouvé avec les partis révolutionnaires, et en premier lieu le NPA, ce qui ne semble pas à l’ordre du jour.

- Les nationalistes en perte d’influence

Confronté au problème de la succession de son leader et au discours sécuritaire de la majorité, le Front National ne parvient pas à rebondir. A ses côtés, la listes des nationalistes de droite menée par de Villier, qui avait connue son heure de gloire en 1999, ne parvient pas à véritablement percer, et celle de Nicolas Dupont Aignant demeure privée d’audience. Curieusement, alors qu’un certain euroscepticisme traverse l’opinion, l’échec relatif annoncé pour ces listes nationalistes illustre le succès de l’Europe. Malgré l’insatisfaction d’une partie importante de l’électorat vis-à-vis du fonctionnement de l’Union, une infime minorité remet en cause la construction européenne, au point que le slogan des nationalistes est devenu « Une autre Europe ». Faute de crédibilité au niveau de leur projet européen, ces listes sont concurrencées dans leur aspect protestataire par d’autres partis plus actifs au niveau national.

- Le renouveau du centre

Depuis la première élection de 1979, quand l’UDF était le parti du président, le centre pro-européen n’avait jamais dépassé 12% des suffrages lorsqu’il se présentait seul à une élection européenne. Si les prédictions se confirment, le MoDem pourrait dépasser ce score et se rapprocher de celui du parti socialiste en 2009. Largement dû à la personnalité de François Bayrou et à son opposition vigoureuse au Président de la République, ce succès pourrait marquer le renouveau d’un centre indépendant en France, après une longue période d’alignement à droite. En faisant émerger de nouvelles personnalités aux côtés du leader démocrate, cette performance permettrait au Mouvement Démocrate de s’ancrer dans le paysage politique français, après des débuts difficiles (7.6% aux élections législatives de 2007 et des résultats confus aux municipales de 2008). Parallèlement à l’affaiblissement du Parti Socialiste, un bon score du MoDem (autour de 15%) lui permettrait de lutter plus efficacement contre le travail de sape de ses opposants et d’apparaître pour la première fois comme un recours crédible pour l’électorat modéré.

Conclusion

On le voit, malgré une campagne atone dans les média et le désintérêt des électeurs, cette élection européenne comporte des enjeux politiques majeurs. Au niveau Européen, au-delà de la cuisine électorale, les résultats auront une influence importante sur l’évolution de la construction européenne et sur le rôle de l’Europe dans notre société. Quant au niveau français, en redessinant le paysage politique, ces élections pourront peser sur la formation de futures majorités et donc sur les politiques menées.

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Les enjeux politiques de l'élection européenne

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74 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 29 mai 2009 11:11

    salut Voltaire ,
    on sent ce matin la panique des socialistes avec Martine Aubry qui appelle à voter utile , mais qui prêche dans le désert , les français ne voyant pas l’utilité de voter pour de tels inutiles , leur opposition n’étant que de facade et leur programme inexistant , à part cracher sur Sarko .

    En France , le seul enjeu est de faire une espèce de sondage en vue des régionales de l’année prochaine , l’Europe est complétement aux abonnés absents , pas facile de mobilisier les electeurs pour cette europe des technocrates neolibéraux et des lobbies et si loin des peuples !

    pour le Fun je voterai Lalanne , espérant que sa notoriété pourra le faire élire dans ma circonscription où il y a le plus de places aux enchères !

    bien à toi


    • LE CHAT LE CHAT 29 mai 2009 11:14

      Pour le modem , pas de problème pour la réelection de Benhamias qui est un mec sympatique que j’ai rencontré par ailleurs !


    • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 11:37

      Bonjour le chat

      J’avoue ne pas bien connaitre la liste alternative écologiste et son programme où se présente Lalanne... quels sont les éléments saillants ?

      Je suis toujours déçu par l’image donnée en France des institutions européennes, et particulièrement du parlement européen, où les parlementaires font souvent un vrai travail de fond (bien plus qu’à l’assemblée nationale), mais les media n’en parlent jamais (en France, les députés européens sont biens plus bas, protocolairement, que les parlementaires français... triste message).


    • LE CHAT LE CHAT 29 mai 2009 12:52

      @voltaire

      j’aurais pu tout aussi bien voter pour une liste des buveurs de bière comme ça existe en Pologne ! smiley


    • LE CHAT LE CHAT 29 mai 2009 13:14

      @VOLTAIRE

      les parlementaires jouissant de la même considération que les prostituées ( ils sont les prostituées des lobbies , un juste retour des choses ! ) , je te raconte même pas les députés européens !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 mai 2009 21:54

      @ Voltaire


      Les électeurs n’aiment pas cette Europe ; ils en voudraient une autre. Pire, ils sont bien conscients de l’impuissance du parlement européen. Ils traitent donc ces élections pour ce qu’elles sont : des sondages. Elles ont l’importance des sondages et l’on a tort de s’en désintéresser, mais l’excuse d’une faible participation est déjà tout prête pour tous ceux qui n’aimeront pas les résultats

      Pour que cet exercice ait un véritable impact, il faudrait que le vote soit obligatoire, mais il y a peu de chance pour que qui que ce soit le propose, car on verrait pointer la menace de l’élection d’un président de l’Europe au suffrage universel, une hypothèse qui ne plaît qu’aux vrais croyants de l’Europe.. qui ne sont pas une majorité.

      SI la crise s’aggrave, et SI un pays s’en sort mieux que les autres, et SI ce succès semble imputable à une personnalité, et SI cette personnalité est charismatique, on pourrait voir une forte demande pour cette élection d’un président au suffrage universel... Mais est-on convaincu que ce serait un pas en avant pour la démocratie ? 

      Je n’ai pas d’opinion arrêtée sur ce point. Je regarde les choses évoluer... Mais il ne serait pas mauvais d’en discuter. Car cette crise va souder l’Europe ou la remettre sérieusement en question. 

      Pierre JC Allard

    • Croa Croa 30 mai 2009 08:30

      à Voltaire qui a écrit « J’avoue ne pas bien connaitre la liste alternative écologiste et son programme où se présente Lalanne... quels sont les éléments saillants ? »

      Il y a plus d’un an maintenant que Francis Lalanne lançait un appel à l’union des écologistes. La FEA a tout de suite répondu présent, suivi plus tard de seulement deux autres grands mouvements et de quelques électrons libres. Les Verts ne pouvaient évidemment pas se joindre car ils ont des alliances ailleurs, ce qui n’a pas empêcher Dany le Rouge de copier Francis avec plus de réussite ce qui nous désole mais c’est la vie !

      Notons de d’autres écolos sont dans les listes Bayrou : Corine Lepage, Yan Wehrling... Ce qui ne fait pas de ce centre un parti écologiste !

      La croissance étant une valeur sacrée non négociable des grands partis, dont les Socialistes font parti, leurs alliées ne peuvent plus se revendiquer écologistes, en toute objectivité ! Les verts ne peuvent auprès d’eux que soutenir des aménagement environnementaux sauf à cesser de collaborer politiquement. C’est là la principale différence avec les écologistes indépendants, en fait seuls écologistes dont le slogan pour « un bien-être durable » résume la position auquel j’ajouterais certainement le respect le plus absolu de la vie.
      ... ainsi qu’une autre vision de l’Europe   smiley

      Voir cette vidéo avec Francis.


    • John Lloyds John Lloyds 29 mai 2009 11:16

      Il n’y a aucun enjeu politique, car l’Europe est déjà aux ordres des Etats-Unis. Ne votez pas, en votant, vous cautionnez le système, et permettez à la farce de se poursuivre, rien n’étant appelé à changer.

      _______________________________________________

      ALERTE INFO


      • herve33 29 mai 2009 13:44

        Cette Election sont peut-etre une farce mais en ne votant pas , vous ne pouvez pas dire que vous avez fait quelque chose pour changer le système .

        Car jusqu’à preuve du contraire , le vote est l’unique d’exprimer notre souhait , et essayer de faire bouger l’ensemble des forces politiques .

        En votant , vous pouvez exprimer votre accord ou désaccord avec la politique actuelle , et en s’abstenant , c’est renoncer à essayer que cela change .


      • John Lloyds John Lloyds 29 mai 2009 14:13

        En votant, vous reconnaissez la validité du système de vote, et poursuivez cette grotesque mascarade qui, reconnaissons-le, n’a fait qu’empirer les choses depuis 40 ans. Une abstention massive, c’est une gifle monumentale au système qui le décrédibilise et l’engage à s’arrêter de se foutre de notre gueule.


      • Philippe D Philippe D 29 mai 2009 16:34

        John,

        « En votant, vous reconnaissez la validité du système de vote... »
        Pourriez-vous nous détailler le système que vous préconisez, qui, si je comprends bien, ne passerait pas par le vote ?

        Merci


      • John Lloyds John Lloyds 29 mai 2009 17:24

        C’est pas tellement le vote qui soit en cause, mais plutôt son contenant. Quand les candidats s’engageront sur un programme ferme et précis, et qu’ils seront RESPONSABLES ET COMPTABLES de leurs décisions, la politique deviendra alors sérieuse. Là on est plutôt dans une représentation de camelots, où il suffit de crier plus fort que le voisin, les mots sont vides, les paroles légères et la politique est devenue strictement électorale.


      • Furax Furax 29 mai 2009 22:49

        à John Lloyds,

        Cette fois, je vous suis. L’Europe est une monumentale arnaque. 
        Comment ose-t-on appeler à voter après le formidable débat sur la Constitution suivi de l’arnaque de Lisbonne. Vous vous moquez de notre volonté, nous vous le rendrons au centuple ! Je voterai, ou je m’engagerai, avec ceux qui voudront quitter cette « Europe ». S’il est vrai qu’il n’y a jamais eu de guerre entre deux démocraties, toutes les Fédérations d’états excepté le Canada, ont connu des guerres civiles.
        FFL !


      • blibgnu blibgnu 31 mai 2009 15:38

        Ha ha trop marrant John !

        Vous êtes naïf ou provocateur là ?

        Ce n’est pas avec un taux d’abstention record que vous aller changer quelque chose au « système » mais bien au contraire en élisant des personnes qui partagent vos idées pour le faire évoluer loin du « made in usa » que vous dénoncez.

        Mais si vous laissez faire aucun problème, seulement ne venez pas vous plaindre, après svp ! A mon avis ceux qui ne votent pas n’ont rien à dire sinon qu’ils ne votent pas ... ou « cause toujours » comme disait l’autre ce qui revient au même  smiley

        Et à mon avis les choses empirent depuis 40 ans aussi parce que les budgets n’ont jamais suivit les textes et les jolis immeubles où l’on tourne en rond, quand on veut réussir un truc on s’en donne les moyens.

        Sinon effectivement dans la situation actuelle c’est juste le disneyland de l’oncle Sam.


      • Lapa Lapa 29 mai 2009 11:21

        article sérieux et intéressant quoique légèrement biaisé par une préférence modem évidente de l’auteur.

        [...]cette élection européenne pourrait bien ressembler à une sanction pour le gouvernement et son président, puisque soutenir le Président de la République constitue le premier argument mis en avant par les défenseurs de cette liste (« Avec Nicolas Sarkozy »). [...]
        pour que cela ressemble à une sanction, il faut que ce soit ressenti comme tel or cela ne sera pas le cas parceque le principe de cette électin est d’arriver comme premier parti, si possible avec de l’avance face au concurrent direct. Et c’est ce qui va se produire (si on croit els sondages hein) l’UMP va même se gargariser de faire 10% de plus qu’aux précédentes élections. De ce point de vue là ils ont parfaitement bien joué la situation, notamment en plaçant N.Sarkozy au centre de l’élection.

        En effet même si 70% des gens se diront contre Sarkozy, il reste une base affective pour rallier entre 20 et 30% des voix sur sa seule personne, ce qui est la meilleure opportunité dans ce type d’election aux listes innombrables et aux voix dispersées. Toutes les autres listes se positionnent « anti sarkozy », les 70% iront s’eparpiller par dispertion entre toutes les autres listes et seront de se fait facilement inaudibles. Le raisonnement est le suivant : en tablant sur l’image Sarko, l’UMP est sûr de se faire 25%, soit pas mal de points de plus que la dernière fois. Double bénéfice immédiatement exploitable de façon médiatique : on reste le premier parti politique, on a fait mieux que la dernière fois : double succès.

        voilà ma vision des choses.


        • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 11:40

          Sans vouloir polémiquer (notamment sur l’importance du Nouveau Centre et autres partis alliés à l’UMP), je tiens à repréciser qu’il s’agit bien d’une liste « majorité présidentielle » et non « UMP » qui est proposée aux suffages des électeurs. Même si les média et sondeurs ont tendance à occulter ce fait (sauf Aphatie dans sa chronique ce matin), cela devrait permettre d’analyser ce score sous un autre angle. Mais vous avez raison, entre réalité et perception (et communication...) il y a un monde...


        • Lapa Lapa 29 mai 2009 11:49

          oui tout à fait même si la réalité des chiffres abondent dans le sens de la sanction, cela ne pourra en être une puisque ne sera pas perçue comme telle. J’ai explicité les deux points qui ressortiront pour l’UMP, je vous donne RDV pour visionner la soirée électorale et je vous pari mon billet que ce seront les deux arguments implacables des représentants de la majorité.

          Concernant le fait que la liste UMP est un regroupement, votre précision est importante. Mais vous êtes bien le seul à la faire. A ce propos la liste PS est-elle unifiée ou, comme pour beaucoup d’élections, est une candidature commune PS-radicaux de gauche et je sais plus quoi (3 partis généralement ) ? Je ne m’y suis pas penché, et vous remercie si vous avez la réponse.


        • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 11:58

          @Lapa

          Je suis persuadé que vous avez raison sur la présentation qui sera faite dans les média sur le score de la liste majorité présidentielle...

          Pour la liste PS, vous avez raison, le PRG est inclus, mais il est totalement invisible et n’a à ma connaissance pas de candidat en position éligible (raison pour laquelle son président avais tenté de négocier avec le MoDem, qui avait posé comme condition que le PRG devienne indépendant du PS...). Mais le PRG n’existe plus vraiment comme force politique...


        • waren waren 29 mai 2009 11:44

          Article vraiment intéressant, qui pose aussi les bons repères au niveau européen, même si certains groupes et certaines formes d’alliance nouvelles potentielles sont oubliées.
          Quelques précisions, néanmoins. Pour les effets en France, la double contrainte que vit l’UMP (minorité de la majorité, mais UMP en tête) se jouera hélas dans les commentaires médiatiques. On voit bien qu’il s’agit d’une revanche quasi personnelle de 1999 (Sarkozy tête de liste, score désastreux : le député européen ayant siégé le moins longtemps de l’Histoire de l’Europe !).
          Quant à la posture d’opposant du MoDem-Bayrou, on n epeut pas dire qu’elle apparaît aujourd’hui, mais plutôt découler de 2007. Et dans ce cas, un score en dessous de 15% (probable) sera donc un échec (contre 18% à la Présidentielle). C’est d’ailleurs le souci inhérent à la stratégie Bayrou, au fond.
          Enfin, imaginer une candidature Cohn-Bendit en 2012 indique un trop grand tropisme franchouillard de l’auteur... Evaluer tout à l’aune de 2012 (comme le font Mélénchon, Royal, Bayrou et consorts), c’est oublier qu’au plan européen, la Présidentielle est devenue une élection « régionale ». Le succès attendu aux Européennes de la liste Europe écologie sera plutôt un facteur de crédibilité nouvelle (pas évident, après la cata de 2007 pour Voynet) et d’un rééquilibrage au sein de la gauche : le PS devra choisir entre l’écologie et le centrisme comme allié privilégié. Et en cas de primaire, les écolos pèseront plus de 10%, et apparaitront comme un allié de poids, concurrent du Modem, dont une part de l’électorat reste « de droite ».
          Mais sinon, l’article pose de bonnes pistes.


          • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 13:12

            Toute interprétation de succès ou d’échec des résultats est forcément subjectif. En ce qui concerne le MoDem, il me semble qu’il est difficile de prendre comme référence els 18.5% de Bayrou à la présidentielle, en raison du fort facteur personnel de ce vote ; le vote des législatives, vote national, me parait une meilleure référence, bien qu’imparfaite.

            Mais c’est en raison de ce facteur personnel que je souligne l’impact possible d’un score élevé pour la liste Verts : seul Cohn-Bendit aurait en France la chance de tirer une liste Verts à ce type de score ; tout autre candidat, à l’heure actuelle, serait réduit à environ 5-6%.

            Je partage effectivement votre analyse sur le poids supérieur des Vers en cas de score important vis à vis du PS, mais je ne pense pas que cela implique un choix exclusif pour le PS entre Verts et MoDem : malgré les attaques très virulentes de D. Cohn-Bendit contre Bayrou lors de cette campagne, sur la forme, il existe sans doute assez de convergences sur le fond pour ne pas parler d’exclusives. La question se pose beaucoup plus au sein du PS entre des discussions avec leurs alliés traditionnels à gauche (Front de Gauche/PC) ou avec le MoDem, car il y a là beaucoup plus exclusion.


          • Gabriel Gabriel 29 mai 2009 11:45

            C’est vrai qu’ils ont réussi à nous écoeurer de la politique, qu’ils ont confondu pouvoir et délégation de pouvoir. Mais bon, s’abstenir n’est ce pas laisser faire ? Je n’ai pas la prétention d’être dans le vrai, aussi je ne voterais pas pour des personnes mais pour une idée prioritaire par ces temps qui arrivent en choisissant le parti qui est censé la représenter « l’écologie » De toute façon, cela ne peut pas faire de mal.


            • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 12:06

              @Leon

              Je crois aue la réponse à votre question figure dans l’article : le MoDem est (et demeurera j’imagine) dans le groupe central ADLE.

              Je crois que vous faites erreur sur le processus institutionnel : si les nouvelles règles sont mises en place, le conseil des ministres ne peut pas passer en force contre le parlement européen. Il s’agit bien d’un processus de codécision !


            • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 17:04

              @Leon

              Contrairement à ce qui se passe à l’assemblée nationale, la discipline de groupe au parlement européen n’est pas absolue. Il est arrivé un certain nombre de fois aux élus MoDem (en fait, du parti démocrate européen) de voter différemment des élus libéraux sur des sujets de concurence (type services publics), de même que les socialistes français n’ont pas toujours votés avec leurs amis du PSE...
              Grossièrement, les elus de l’ADLE partagent les mêmes valeurs au niveaux des libertés individuelles et de la construction européenne, mais diffèrent sur les sujets économiques. Ily a aussi des divergences sur la Turquie (certains sont favorables à son entrée, tandis que d’autres comme le MoDem y sont opposés). Néanmoins, des compromis sont souvent possibles.

              Je peux me tromper, mais je présens qu’en raison de la crise économique, les plus libéraux au sein de l’ADLE (comme les libéraux allemands) seront moins influents dans la prochaine mandature.


            • Reinette Reinette 30 mai 2009 10:48

              le MoDem est (et demeurera j’imagine) dans le groupe central ADLE.

              (...listes aux européennes de 2009.... de gauche à droite dans l’échiquier politique, du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)... d’Europe écologie, du Parti socialiste (PS), du Mouvement démocrate (MoDem), de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) ...)

              Certains de ces partis sont, comme le montre le tableau, affiliés à des partis européens tels que la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/NGL), les Verts/Alliance libre européenne, le Parti socialiste européen (PSE), l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE), le groupe du Parti Populaire Européen et des Démocrates Européens (PPE/DE) et le parti Libertas.

              À Washington, le lobby financier n’a pas lésiné à la dépense pour que soient adoptées des règles permettant de faire sauter la banque. Différence notable : à Bruxelles, pour arriver au même résultat les lobbyistes sont payés par la Commission européenne.

              En Europe, il est impossible d’ignorer le rôle du lobby de la finance à Bruxelles. Et il n’y a pas besoin de creuser très profond pour prouver que les établissements financiers s’y sont vu accorder des privilèges d’un genre inaccessible même à leurs homologues américains.
              Aucune difficulté pour accéder aux décideurs. La porte avait été laissée grande ouverte depuis des années, et pour parler net la Commission européenne ne manque jamais d’inviter chaleureusement le secteur financier à la table quand des décisions politiques doivent être prises.

              Et malgré le désastre financier, la crise économique et le profond embarras des grandes banques dû à leurs erreurs, rien n’indique à ce stade que cet état de fait va changer.


            • Yvance77 29 mai 2009 12:08

              Salut,

              Bel article qui va fouiller les enjeux du 07 juin. Ceci étant je suis expatrié et il ne faut pas croire que le désintéressement vis à vis de l’Europe est propre à la Gaule.

              Je ne prétends pas connaitre l’ensemble des nations composant l’UE mais il me semble que la chappe de plomb entourant ces élections est le fait de médias au pire complices avec les pouvoirs en place, et au mieux ils s’en congnent comme de l’an 40.

              Dans les deux cas c’est les peuples qui mangent

              A peluche


              • shadow shadow 29 mai 2009 12:16

                Le Nouveau Centre ?? Quelle crédibilté peut bien avoir ce parti fantôme qui a autant d"électeurs que d’élus ??


                • ZEN ZEN 29 mai 2009 12:20

                  Formellement, l’analyse est impeccable, malgré le parti-pris légitime de l’auteur

                  Réellement , c’est une autre histoire, l’Europe est embarquée dans une aventure sur laquelle les élus n’ ont pas prise. Certains n’en sont même pas conscients. Je ne parle pas de ceux qui participent à l’accélaration du processus :

                  Ce qui me préoccupe le plus, car c’est un projet déjà ancien , qui va finir par faire de l’Europe l’hinterland économique des USA et par s’intégrer dans une sorte de nouvel ordre politique mondial où les USA imposeraient (plus radicalement), par le biais de leurs puissantes multinationales, leur propre conception du commerce, des relations internationales, voire du droit et des libertés ...
                  C’est ce qui risque de se produire trés vite avec la création du futur Grand marché transatlantique. C’est un vieux projet , qui resort aujourd’hui des cartons, celui qui permettra aux multinationales de mener le bal...
                  Le nouvel agenda est dèjà prêt.


                  • Marianne Marianne 30 mai 2009 00:06

                    Zen, 

                    Les dérives atlantistes que vous pointez du doigt sont déjà en marche.
                    La politique économique de l’Europe est tournée vers la satisfaction d’intérêts privés faisant peu de cas des droits des travailleurs et louchant sur les services publics de tous les pays d’Europe. 

                    Les textes successifs - Traité de Maastricht, Traité de Lisbonne - visant à définir la politique économique et monétaire de l’Europe sont des outils de dérégulation généralisée des acquis sociaux et des services publics de la France et d’autres pays, avec en ligne de mire le moins-disant social.

                    Le TCE qui a été rejeté par les français le 29 mai 2005 se voulait le texte politique fondateur de cette Europe vassalisée par les intérêts des firmes multinationales. Les libéraux représentants ces empires financiers voulaient inscrire dans le marbre d’une constitution le principe de « concurrence libre et non faussée »,

                    Sous des airs de liberté absolue, la « concurrence libre et non faussée » est un principe économique au-dessus de tous les autres qui vise à relèguer les Etats à un rôle de figurants.dans la gestion des affaires européennes et au nom duquel ces derniers ne pourraient même plus faire valoir leur droit d’intervention dans tel ou tel secteur (énergie, télécoms, services postaux... puis hôpitaux, écoles, police ?) 

                    Le champ étant alors libre pour les appétits privés...

                    Un an après le NON au TCE, voici ce que déclarait dans l’International Herald Tribune, le président de la Commission européenne, le très atlantiste José Manuel Barroso, réaffirmant ces objectifs dans le langage « politiquement correct » de l’Union européenne. affirmait que l’Union européenne doit « s’adapter » au monde globalisé et aider à la stabilisation de l’étranger proche en le « démocratisant » (faisant ici allusion au pays d’Europe de l’Est). 

                    Voir ici : Poursuivre le TCE sans le TCE
                    http://www.voltairenet.org/article131050.html
                     
                    Est-ce ce modèle économique que nous voulons, dont les français et les autres peuples d’Europe ont besoin ? L’ampleur de la crise actuelle du capitalisme est là pour nous montrer les dégâts humains et environnementaux qu’il a déjà produit. Et les économistes les plus libéraux nous vantent aujourd’hui la capacité de résistance de la société française par rapport à la plupart des autres pays européens. Résistance toute relative quand on compte jour après jour les milliers de licenciements prononcés dans les entreprises touchées et les milliers de personnes qui se retrouvent au chomage.

                    Mais résistance quand même, car le modèle français qu’est en train de détruire minutieusement Sarkozy résiste mieux parce qu’il a les atoûts que sont les services publics, le code du travail (bien mis à mal il est vrai), les accords salariaux, les retraites, son système de protection sociale... 

                    Il ne faut pas détruire ces biens communs et ces droits, mais au contraire les renforcer.
                    La voie de l’avenir pour les peuples est dans la coopération, le soutien mutuel et dans le respect des droits fondamentaux de tous les êtres humains et non dans la compétition, l’exploitation et .la guerre. 

                    L’enjeu de ces élections est de cet ordre là  : un choix que nous devons faire entre le « tous contre tous » ou la coopération, la satisfaction des besoins de tous. 

                    Pour une Europe sociale, démocratique, pacifiste, de coopération, je voterai donc Front de gauche le 7 juin prochain.

                    http://www.frontdegauche.eu/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=98&Itemid=115&limitstart=20


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 29 mai 2009 12:39

                    " On aurait pu croire ses chances ( verts ) diminuées par la crise, alors que l’environnement avait le vent en poupe en 2008, mais la faiblesse du Parti Socialiste a permis aux Verts de servir de refuge aux plus européens des électeurs socialistes. « d’autant que les verts, eurosceptiques, sont extrèmement actifs dans toute l’Europe, en actes depuis des décennies. C’est d’ailleurs Daniel Cohn Bendit qui a fait plier l’Europe face à l’Hadopi.

                     » Avec des prévisions tournant autour de 25%, cette élection européenne pourrait bien ressembler à une sanction pour le gouvernement et son président « C’est déjà par sanction envers le gouvernement que les scores ont étés contraires aux sondages du référendum et de la constitution de Giscard.

                    Si l’on écoute en trame la tendance des discours diffusés sur l’ensemble des ondes, et par l »ensemble des intervenants, la première préoccupation est bien l’environnement et cela, malgré la crise financière. Et même s’ils sont assez désunis et polémiques, http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ayathulot-nicolas-lance-une-56723 , la demande croissante en consommation verte se traduira avec le temps en actes et intentions politiques la défendant et l’encourageant.


                    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 29 mai 2009 12:51

                      il ne sert à rien de voter pour une couleur politique si notre consommation quotidienne remplit les poches des adversaires. Les grands groupes industriels qui nourrissent les lobbies influents sur le parlement européen sont largement majoritaires dans notre panel commercial.

                      Peut-être pourriez vous indiquer en lien quelles sont les marques et groupes qui méritent nos suffrages dans nos actes commerciaux ? Merci.


                    • Reinette Reinette 30 mai 2009 11:02

                      EN EUROPE

                       ? Combien l’industrie de la finance a-t-elle dépensé en lobbying auprès de la Commission, des ministres et du parlement dans la capitale de l’UE ? Et bien c’est difficile à savoir.

                      Comparées aux règles américaines sur la transparence et au registre des lobbyistes à Washington, les règles européennes dans ce domaine font pâle figure.
                      En effet, dans l’UE, l’inscription au « registre des porteurs d’intérêt » se fait sur la base du volontariat et la plupart des firmes financières ont d’ailleurs fait le choix de ne pas même y inscrire le volume insignifiant d’informations requis.

                      Cerise sur le gâteau, les règles sont suffisamment mal faites pour permettre à un éléphant de passer inaperçu dans un magasin de porcelaine. Ainsi, si on consulte le registre, on apprendra juste que la Fédération européenne des banques (EBF), l’un des principaux lobbies du secteur bancaire, « dépense plus d’un million d’euros » par an en lobbying. Impossible donc de savoir sur la base du registre si la somme s’élève à 10, 50 ou seulement 1,1 million ni à quoi elle est utilisée...

                      À toutes les étapes du processus de décision sur la régulation financière - dans lequel c’est la Commission qui joue le premier rôle - , celle-ci a invité les plus grandes firmes et les associations commerciales de l’industrie financières à peser sur les politiques suivies par le biais de groupes consultatifs spéciaux.

                      Ces « groupes d’experts  » étaient composés de représentants de grandes banques, de géants de l’assurance et du monde interlope des entreprises financières plus spécifiques. Ce mode d’influence est étonnamment bon marché : TOUS les divers frais de voyage et de séjour sont assumés en de nombreuses circonstances par la Commission - Leur rôle est très politique et ils sont actifs tant dans le développement de grands plans que de petites mesures...


                    • Bulgroz 29 mai 2009 12:48

                      Voltaire  :

                      Point 1 :Vous avez totalement raison d’écrire : "et le désintérêt des principaux média pour le débat européen"

                      Effectivement, à part dire » les Français se désintéressent des élections », je n’ai rien vu d’autre qui a été dit sur l’enjeu de ce scrutin sur pratiquement l’ensemble des media. Mais les journalistes sont toujours prompts à pardonner leurs propres turpitudes.

                      Point 2 : « Une majorité présidentielle affaiblie. » dites vous. Pas d’accord.

                      Ce qui importe dans cette élection c’est le nombre de parlementaires envoyés à,la nouvelle assemblée et non pas de savoir si les Français haïssent Sarkozy un peu, beaucoup ou passionnément.

                      En terme de résultat :

                      L’Union pour la Majorité aura 10 députés de plus (de 17 à 27)

                      Le Ps aura 10 de moins (de 31 à 21)

                      Le Modem 5 de moins.(de 11 à 6)

                      Les Verts 2 de moins (de 6 à 4)
                      http://www.predict09.eu/default/en-us/state_analyses.aspx#france

                      L’affaiblissement de la majorité est faible, très faible. On mieux même mieux faire en matière d’affaiblissement, à moins que vous ne vouliez considérer dans cette élection que son côté « référendum ».


                      • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 12:59

                        @Bulgroz

                        Vous avez raison de souligner le gain net en faveur du PPE suite au score probable de la liste majorité présidentielle, mais il faut y regarder de plus prêt.

                        En 2004, les élus UMP et UDF devaient siéger au sein du PPE (soit 28 députés) ; mais les élus UDF ont rapidement quitté le PPE pour protester contre l’arrivée de députés italiens néofascistes au sein du PPE. Néanmoins, par rapport à 17 sièges UMP, il y aurait un gain net (si on prévoir 25% poir UMP+NC, soit environ 25 sièges).

                        En revanche, les prédictions de predict09 pour la France semblent totalement erronées pour le MoDem et les Verts : ils prédisent des scores de 8.7% pour l’un et 7.6% pour l’autre (correspondant à 6 et 4 eurodéputés), alors que les sondages prédisent 13-14% pour l’un et 9-10% pour l’autre actuellement (soit 10-12 députés et 7-8 députés).

                        En raison du mode de scrutin proportionnel à la plus forte moyenne, et par régions, de faibles variations peuvent avoir une forte influence sur le nombre final de députés élus, donc il me semble sage d’éviter de trop s’avancer sur ces chiffres et vosu avez raison d’emettre des bémols sur l’impact au niveau européen. En revanche, le message politique sera lui plus net au niveau national, car basé sur les scores des différentes listes.


                      • LE CHAT LE CHAT 29 mai 2009 13:20

                        @voltaire

                        autre paramètre à prendre en compte , les sondages sont nationaux , mais la france découpée en circonscriptions .
                        Par ex , le FN , même à 7 ou 8 % , est encore bien implanté dans certaines zones où il fera beaucoup plus et aura des députés , surtourt si le gateau est plus gros , comme région sud est avec JMLP ou nord ouest où se présente Marine .


                      • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 13:04

                        Comme je l’indique dans l’article, les différents partis politiques au parlement s’efforcent toujours de trouver un accord de consensus sur la plupart des textes techniques (il y a peu de textes « politiques »), afin de peser sur le conseil, dans le cadre de la procédure de codécision. Cela explique le pourcentage élevé de votes communs (environ 80% et non 95%), mais ceux-ci n’arrivent qu’après de fortes modification des textes.


                      • Laurent_K 29 mai 2009 14:06

                        Effectivement la composition du parlement européen et sa faible politisation poussent à chercher un consensus mais là, on est à des niveaux qui effacent toutes les différences revendiquées par les partis :
                        1°) Tous votes confondus le PSE vote comme le PPE (UMP) dans 70% des cas (le chiffre de 97% est véridique mais ne concerne qu’une infime partie des votes, les votes nominaux).
                        2°) Ils soutiennent le TCE contre l’avis d’une majorité de leurs concitoyens et ont voté son approbation malgré le rejet par référendum
                        3°) Ils ont a plusieurs reprises émis des votes pour qu’on ne tienne pas compte des résultats des trois référendums négatifs (pas mal pour des gens soit-disant représentants du peuple)
                        4°) Ils se sont partagés la présidence du parlement de manière bien équitable entre la droite et la gauche bien que la droite ait remporté les dernières élections au niveau européen montrant par la même qu’ils sont d’accords sur l’essentiel.

                        Je pourrais probablement continuer longtemps à égrener ces signes de compromission et non plus de compromis mais l’essentiel tient en une phrase : on ne perçoit plus de réelles différences entre eux.


                      • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 13:18

                        Je me rends compte que j’ai par erreur indiqué le ralliement probable du parti Fine Gael à l’ADLE, alors qu’il s’agit du parti Fianna Fail qui devrait rejoindre le groupe centriste... Mes excuses pour cette méprise !


                        • Jean-Paul Doguet 29 mai 2009 13:33

                          De toute façon les eurodéputés irlandais ne sont pas nombreux et le Fianna Fail de Brian Cowen va connaître une véritable débacle la semaine prochaine. 
                          Vous ne soufflez mot d’un problème intéressant qui est que le PE pourrait dès la prochaine législature renvoyer chez lui Barroso pour peu qu’il adopte les procédures prévues par le traité de Lisbonne. 


                          • Arno_ Arno_ 29 mai 2009 14:20

                            Vous dites « Actuellement, 20 à 30% (et non 70%) des lois nationales sont des transcriptions directes de lois et directives européennes ».

                            Pourriez-vous citer vos sources a ce sujet ?


                            • Voltaire Voltaire 29 mai 2009 14:36

                              Il s’agit d’une étude rapportée par Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles. Il y a souvent confusion sur le chiffre, les 70-80% de lois souvent cités correspondent aux domaines de responsabilité de l’Union (environnement etc...), mais si l’on prend en compte l’ensemble des lois qui comprennent de nombreux domaines uniquement nationaux (écoles, justice etc...), ce chiffre se réduit à une proportion largement moindre.

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