• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > Les Français en droit de connaître leur futur chef de gouvernement (...)
17%
D'accord avec l'article ?
 
83%
(54 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Les Français en droit de connaître leur futur chef de gouvernement ?

Soucieux de ne perdre aucune voix et de garder jusqu’au bout la main sur leurs équipes, les candidats se gardent bien de faire campagne à l’américaine, en formant un "ticket" avec un premier ministrable. Mais n’est-il pas légitime que les Français connaissent à l’avance leur futur chef de gouvernement ?

Les Français auraient-ils cru si nombreux à la volonté de Jacques Chirac de réduire la fracture sociale en 1995 s’ils avaient su qu’il nommerait un peu plus tard à Matignon le "très droit dans ses bottes" Alain Juppé ? Auraient-ils voté en masse en 2002, à gauche comme à droite, pour l’actuel président s’ils avaient su qu’il irait chercher un illustre inconnu, libéral de surcroît, Jean-Pierre Raffarin, après avoir prétendument entendu le message d’union nationale envoyé par les urnes ? Est-il incongru d’exiger, par avance, des candidats la composition du gouvernement qui sera chargé d’appliquer leur programme  ? En fait, les raisons qui poussent les prétendants à l’Elysée à garder le silence sur l’identité de leur future équipe sont multiples et tiennent tout autant à la dynamique de campagne, qu’à l’évolution des institutions, et bien sûr, plus officieusement, aux stratégies internes des QG.

De l’intérêt des "fuites"

Inévitablement, quelques rumeurs filtrent. Les noms de Jean-Marc Ayrault ou Michel Sapin (un proche de François Hollande) circulent dans le camp socialiste, François Bayrou dit rêver d’un "Delors en plus jeune" et esquisse l’arrivée de membres de la société civile ; on évoque pour Sarkozy les hypothèses Fillon, Alliot-Marie, ou encore, ces derniers jours, Jean-Louis Borloo. Mais les candidats se gardent bien d’adouber tel ou tel. En campagne, les fuites peuvent servir à tester une option dans l’opinion et le flou artistique permet à un challenger de ne pas se mettre à dos ceux qui seraient certains, dans le cas contraire, de ne plus rien devoir espérer. Le fait que Jean-Marie Le Pen soit le seul candidat ayant désigné quasi-officiellement son chef de gouvernement, Bruno Gollnisch, va d’ailleurs dans le sens de la démonstration. Le leader frontiste sait bien qu’il n’a aucune chance d’accéder un jour à l’Elysée et que cette annonce n’aura pas d’impact sur son électorat.

La solitude du leader

Plus généralement, selon la tradition gaullienne, la présidentielle verrait la rencontre entre un homme et un peuple, et la "solitude" en temps de campagne créerait le climat nécessaire à la transformation d’un candidat en homme d’Etat. Les partisans de la réforme des institutions soulignent néanmoins que la relégation au second plan du premier ministre constitue une dérive monarchique de la Ve République. En effet, en droit constitutionnel strict, les institutions françaises ne sont pas organisées selon un régime présidentiel (comme aux Etats-Unis), mais selon un régime parlementaire, où le gouvernement est responsable devant le Parlement. Selon la Constitution, stricto sensu, c’est le gouvernement qui conduit "la politique de la nation" et non le chef de l’Etat, qui endosse le rôle de gardien des institutions. Seulement, hors période de cohabitation, le Premier ministre court le risque de n’être que le premier des ministres, le "serviteur du prince". En gagnant en duo, il verrait sa légitimité renforcée, le préservant du risque d’être un jour acculé à la démission.

Le retour des "juppettes ?"

Bien que décidés à garder le secret, les trois grands candidats, Sarkozy, Royal et Bayrou multiplient quand même les effets d’annonces, et promettent des équipes "nouvelles", "compétentes"... (Pour le scoop, on repassera... qui annoncerait la nomination d’un gouvernement constitué de barbons incapables ?). La candidate socialiste et son rival UMP brandissent tous deux l’étendard de la parité : n’y voyons surtout pas une promesse démagogique ou le possible retour des "juppettes", ces nombreuses femmes entrées au gouvernement Juppé et passées à la trappe quelques semaines plus tard seulement. Il semble néanmoins que dans cette élection présidentielle, le risque existe pour les candidats d’apparaître trop isolés. Dans quelle mesure les non-ralliements de DSK ou Borloo à la candidature de Bayrou peuvent-ils expliquer son tassement dans les sondages ? Les difficultés de Ségolène Royal à gérer le troupeau des éléphants lui coûteront-elles au final ? Peu de chance que les principaux concurrents prennent le risque de lever le voile avant le premier tour. Tous, chantres du concept flou "d’ouverture", gardent en mémoire la devise mitterrandienne : "On ne sort de l’ambiguité qu’à son détriment"...

par Mlle Canarde (son site) mercredi 4 avril 2007 - 20 réactions
17%
D'accord avec l'article ?
 
83%
(54 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Voltaire (xxx.xxx.xxx.14) 4 avril 2007 10:01
    Voltaire

    Le choix du chef de gouvernement est largement lié, sous la Vième république, à la majorité parlementaire.

    Certes, le président de la république nouvellement élu aura à nommer un premier ministre, et espérera obtenir une majorité un mois plus tard aux législatives pour le confirmer. Cependant, même si ce scénario est probable, il est néanmoins normal d’être prudent.

    A cela s’ajoute l’irruption dans cette campagne de François Bayrou, qui a rebattu les cartes.

    Sans lui, les choses eussent en effet été plus simples : les leader PS et UMP auraient choisi au sein de leur parti leur favori, et la cause eut été entendue. C’est ainsi qu’en effet les noms de Fillon ou Borloo s’imposaient pour Sarkozy, ceux d’Ayrault ou un autre chez Royal. Mais comment conserver ces hypothèses avec un Bayrou à 20% ? S’il n’est pas au second tour, ce qui est encore loin d’être joué, il pèsera nécessairement très fortement sur la future majorité. Suivant qu’un accord ou pas se dessine, avec chacun des deux camps, il pourrait aussi devenir premier ministre. Et dans le cas, tout aussi probable, où Bayrou refuse de rejoindre un camp, il faudra bien que le futur président tienne compte de ces voix exprimées en faveur d’un changement de politique.

    Evidemment, le choix d’un premier ministre pour Jean-Marie Le Pen serait encore plus dépendant de sa majorité...

    Enfin, que dire du choix de François Bayrou, s’il est élu ? Là aussi, tout dépendra de l’adversaire au second tour... Elu contre Sarkozy, avec des voix de gauche, il devra piocher parmi ce camp pour son gouvernement, tandis qu’élu contre Royal, c’est parmi la droite modérée qu’il devra se retourner, sauf éclatement de la gauche.

    Mais finalement, est-ce si important ? Surtout en début de mandat, le gouvernement applique, s’il a la majorité, le projet du président de la république. Le nom du premier ministre, pourvu qu’il soit compétent, est donc secondaire. Un "ticket" n’a donc guère de sens dans cette élection. Les électeurs vont voter pour un(e) candidat(e) et sa capacité à être président, son projet de société, et en fonction de quelques mesures symboliques. Le choix du premier ministre demeure assez secondaire.

  • Par Marie Pierre (xxx.xxx.xxx.228) 4 avril 2007 10:06

    En fait, que voit-on à chaque Présidentielle ? Un Président élu avec, dans le meilleur des cas, 35 % de voix. Pour que le Chef du Gouvernement soit vraiment représentatif de la volonté exprimée par le vote, tout Président(e) devrait vraiment tenir compte de ces chiffres - et ne pas se cantonner à sa "majorité". Ce qui s’est passé avec Chirac en 2002.

  • Par lerma (xxx.xxx.xxx.24) 4 avril 2007 09:47
    tvargentine.com

    Le plus important ce ne sont pas les personnes,mais les idées qui seront mises en application par le nouveau président qui aura un age qui correspondra à une génération plus proche de la réalité quotidienne des français.

    Electeur déçu des socialistes,qui en 25 ans non rien apporté de bien à notre société,je vais voter BAYROU.

    C’est moins dangereux que SARKOZY et moins irresponsable que Soeur Ségolène Royal de la Compassion sociale (qui ne semble pas avoir déclaré au impôt la véritable valeur immobilière de ses actifs !)

    N’importe quel citoyen aurait déjà eu un contrôle fiscal

     smiley

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.49) 4 avril 2007 10:15
    LE CHAT

    Salut Marie Pierre , je pense comme toi que celui qui sera élu le sera d’abord contre l’autre et n’aura pas l’adhésion d’un pays avec lui .Un peu plus d’humilité serait souhaitable ...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox