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Accueil du site > Actualités > Politique > Les Français préfèrent la cohabitation

Les Français préfèrent la cohabitation

Le débat porte, ces jours-ci, sur la capacité de François Bayrou à former un nouveau gouvernement. La gauche, comme la droite, proclame à l’envi que les Français ne veulent pas d’une nouvelle cohabitation entre un président « de droite » et un gouvernement de gauche. Sarkozy, pour tenter de récupérer une partie des voix captées par Bayrou, déclare pouvoir intégrer « des ministres de gauche » dans son gouvernement. Mais quelle est réellement l’opinion des Français ? Voici ce que nous nous proposons d’analyser.

Nous avons analysé les sondages d’opinion concernant l’action du gouvernement durant les trente dernières années*. Au début de cette période, Raymond Barre est le Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. La cohabitation est un concept lointain et incertain. La société française est encore marquée par une bipolarisation évidente. D’un côté, la droite est franchement libérale, elle favorise le capitalisme et maintient l’ordre. De l’autre, l’union de la gauche est constituée, le Parti communiste représente encore 20% des électeurs et le désir de revanche est "chevillé au corps" de tous les ouvriers après vingt années de pouvoir absolu de la droite. Le Front national et Jean-Marie Le Pen rassemblent moins d’un pour cent des intentions de vote.

Trente ans plus tard, nous avons toujours un gouvernement de droite, avec un président de droite et un gouvernement de la même couleur. Pourtant, plus rien n’est à la même place. Les crises sont passées par là. Le bloc communiste s’est effondré. La droite s’est fondue dans les structures de l’UMP, phagocytées par le RPR. Le capitalisme est devenu incontrôlable. La gauche et l’extrême gauche n’en finissent plus de divorcer. La droite ne parvient pas à rassembler une majorité sans l’apport des voix du Front national, qui représente près de quinze pour cent de l’électorat.

Durant ces 341 mois de référence, trois périodes de cohabitation sont venues perturber le jeu politique. Le premier gouvernement est celui d’une double revanche. Jacques Chirac revient à Matignon dix ans après son premier passage. Il se venge de Giscard, qu’il a contribué à faire perdre en 1981. Il veut battre les socialistes après deux législatives difficiles. Il a gagné en rassemblant toute la droite derrière lui. Mais la popularité de son gouvernement devient négative neuf mois après son arrivée au pouvoir. A la présidentielle suivante, Mitterrand réunit une partie du centre sous la bannière de la "Majorité présidentielle" et remporte les élections haut la main. Revenant à une pratique fréquente avant l’unification du Parti socialiste à Epinay, en 1971, la troisième voie a remontré le bout de son nez. Retour du balancier vers la gauche.

Les gouvernements suivants vont voir leur popularité s’effriter progressivement. La déception est grande et s’accumule depuis 1981. Quand Mauroy avait atteint des sommets de popularité éphémères (au-dessus de 70% durant les quatre premiers mois), les cotes de Rocard descendent jusqu’à 48%, celles de Cresson s’effondrent jusqu’à 22%, Beregovoy remonte difficilement au-dessus des 50% d’opinion favorable durant six mois à peine. La deuxième cohabitation semble inévitable.

Deuxième Premier ministre de cohabitation : Edouard Balladur. A la tête d’une coalition RPR-UDF forte, Jacques Chirac a préféré laisser son "ami de trente ans" diriger le gouvernement pour éviter la confrontation douloureuse avec Mitterrand. Jamais l’opinion n’est restée aussi satisfaite de cette cohabitation. Durant deux années, la courbe ne s’infléchit que lentement. Les scores obtenus dans les sondages rejoignent ceux du premier gouvernement Mauroy : 73% d’opinions favorables. Balladur est le favori des sondages pour la présidentielle. Chirac mange des pommes. Delors renonce à se présenter. Bayrou et Sarkozy soutiennent le Premier ministre au nom du rassemblement. Et, finalement, Chirac remporte la mise ! Fin de la cohabitation et début d’une nouvelle période "bleu horizon". Un petit problème, cependant, perce sous la cuirasse du vainqueur. Il a gagné grâce à son discours concernant la "fracture sociale". Dans son équipe, les tenants d’une droite républicaine égalitaire, défendue par Séguin, s’opposent à l’ultralibéralisme préconisé par Madelin. Chirac finit par choisir le "meilleur d’entre [eux]". Juppé Premier ministre, c’est la descente d’un inspecteur des impôts dans une foire à la farfouille. De maladresses en provocations, l’opinion se retourne rapidement contre le gouvernement. Après quatre mois seulement, la courbe devient négative. Elle descend jusqu’au score historique d’Edith Cresson d’impopularité : 23% d’opinions favorables seulement. Chirac, avec son conseiller, Dominique de Villepin, a soudain une illumination : la dissolution. Résultat : Jospin devient le troisième Premier ministre de cohabitation de la Ve République.

Troisième tour, avec cinq années devant lui pour appliquer son programme. A nouveau, la cote de popularité du gouvernement s’envole. Durant 57 mois consécutifs, elle restera positive, rejoignant presque (71%) celle de Balladur et Mauroy avant lui. Tout aurait dû l’amener au fauteuil présidentiel. Tout, sauf le 21 avril 2002. La suite est bien connue de chacun et présente à nos mémoires. Chirac réélu avec 80% des voix nomme des gouvernements résolument libéraux. Raffarin, puis Villepin, s’enfoncent dans les sondages pour atteindre le niveau le plus bas historique de 17% d’opinions favorables, record obtenu en juillet 2006.

En fin de compte, on constate que les gouvernements successifs n’ont été populaires que durant les périodes de cohabitation. Celles-ci ont représenté un peu moins d’un tiers de ces trente dernières années. Au cours de ces 111 mois de gouvernements opposés au chef de l’Etat, leur cote de confiance n’est jamais descendue en-dessous de 40%, se maintenant largement au-dessus de la barre des 50% durant 89 mois. Sur les périodes Balladur et Jospin, le taux de satisfaction est encore plus étonnant. Leurs cotes de popularité sont restées favorables durant plus de 80 mois sur une période cumulée de 86 mois, c’est-à-dire à peine six mois en plus de sept ans !

La proposition de Bayrou de constituer un gouvernement "d’union nationale", réunissant droite et gauche ressemble beaucoup à une forme de cohabitation subtile. Un président de la République de "centre-droit" nommant un Premier ministre de "centre-gauche" n’est plus un scénario de science-fiction. UMP et PS craignent ce résultat où ils perdraient définitivement leur omnipotence. N’oublions pas que la présidentielle se joue en quatre tours : les deux tours de l’élection proprement dite, puis les deux suivants des législatives. La dynamique d’une élection entraîne mécaniquement le ralliement des "petits". Les ex-UDF partis à l’UMP reviendraient bien vite au bercail en cas de victoire. Une partie de l’UMP, dont on peut rappeler qu’il ne s’agit que d’un agrégat des anciennes formations de droite (Démocratie Libérale, RPR...), chercherait à obtenir un label "présidentiel" pour remporter des duels fratricides, ou éviter des triangulaires en face du Front national. De même au Parti socialiste, où l’explosion provoquée par le référendum sur le traité pour une constitution européenne a laissé des blessures profondes. Récemment, Dominique Strauss-Kahn a annoncé qu’il n’accepterait pas un poste de Premier ministre dans un gouvernement centriste, mais, dans le même temps, il a appelé François Bayrou à rejoindre Ségolène Royal pour un gouvernement d’union nationale sous la férule socialiste ! Ce faisant, il n’a fait qu’approuver la position du candidat UDF et valider le fait qu’un gouvernement "mixte" était souhaitable pour battre Nicolas Sarkozy.

A six semaines des présidentielles, le choix des Français n’est pas encore définitif. Mais s’ils choisissent François Bayrou, il est certain qu’ils retrouveront un mode de gouvernance qu’ils ont plébiscité par le passé : la cohabitation.

*source : TNS SOFRES. Sondages d’opinion mensuels d’avril 1978 à mars 2007.


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33 réactions à cet article    


  • Julot (---.---.208.241) 13 mars 2007 13:56

    Meric pour cet effort de synthèse. Ce n’est pas simple à aborder !

    Perso, je reste convaincu que les francais n’ont pas de conscience politique et qu’il n’ont aucune réelle connaissances economiques.

    Chirac lui même avouait que l’electeur francais a deux ans de mémoire politique.

    Je vois plus dans la cohabitation le signe clair d’un pays qui ne sait absolument pas ce qu’il veut pour son avenir.

    Bonne continuation,

    Julot.


    • Yves (---.---.95.151) 13 mars 2007 16:49

      « L’électeur français n’a que deux ans de mémoire politique » ...
      - C’est sans doute pour cela qu’il est aussi aisément roulé dans la farine ...

      Alors , compte tenu de ce que le P.S. et l’U.M.P. , à bout d’arguments pour contrer BAYROU , répètent qu’il ferait le jeu des extrèmes ... ,
      - rappelons leurs relations oubliées ( plus de deux ans ... ) avec le Front National ... http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliances_%C3%A9lectorales_du_Front_national


    • PasKal (---.---.201.240) 13 mars 2007 17:04

      En attendant, plus Bayrou monte, plus l’extrême droite (FN et la branche Sarkosyste de l’UMP) et l’extrême gauche sont bas...


    • mcm (---.---.121.69) 13 mars 2007 14:37

      Vu le prix de l’immobiler on comprend que les français aiment la cohabitation !


      • (---.---.141.41) 13 mars 2007 15:21

        À l’auteur.

        Ce n’est pas une forme de cohabitation subtile, mais une subtile coalition ! Rien à voir !

        Le Pen est bien là... Pas Ségo !


        • TEO (---.---.76.217) 13 mars 2007 15:37

          Bravo pour l’analyse... J’en accentuerais seulement la veine ironique. De fait, il ne serait pas impossible d’expliquer, scientifiquement, la popularité, paradoxale, des gouvernements en situation de cohabitation... Les « plébiscites » ponctuels et et circonstanciés dont vous faites état ne sont donc pas nécessairement une appétence de principe pour cette forme de situation politique.

          J’ai bien peur au contraire que nos concitoyens n’anticipent pas, voire qu’ils s’illusionnent de diverses manières pour ne pas voir la COHABITATION à quoi conduirait dès juin l’élection de M. Bayrou.

          Sachant que cette COHABITATION mettrait presqu’à coup sûr M Sarkozy au pouvoir, ce n’est même plus d’effet-pervers, mais de tragédie qu’il faudrait parler, quand on sait que beaucoup d’électeurs entendent voter Bayrou dans une espèce de réflexe « tout sauf Sarkozy »...

          En Démocratie dit-on, les peuples font par leurs votes leur propre malheur... La France est à ce titre une exceptionnelle démocratie !


          • Dedalus Dedalus 13 mars 2007 15:57

            une bien grosse erreur d’analyse : la cohabitation, c’est lorsque la couleur politique du président est différente de la majorité issue des législatives. c’est lors des législatives que cela se détermine, pas lors des présidentielles qui les précèdent.

            si l’on résume bien cet article : il faudrait voter pour un homme de droite qui déclare qu’il choisira un premier ministre de gauche pour mener une politique contraire au programme sur lequel il souhaite se faire élire - on comprend que l’homme soit très discret sur ledit programme...

            on voit dans cette tentative toute l’absurdité de la stratégie présidentielle de M. Bayrou. et en effet, ce n’est que cela, de la stratégie électorale ... pas un projet politique pour la France


            • TEO (---.---.76.217) 13 mars 2007 16:14

              @dedalus

              La stratégie présidentielle de Bayrou, je ne dirais pas qu’elle est absurde ; je dirais qu’elle est :

              - efficace pour les intérêts de Bayrou, si comme Chirac, son but est d’être élu coûte que coûte

              - aventureuse pour la France, vu qu’après les Législatives, elle risque de déboucher sur une COHABITATION avec, au mieux, un Sarkozy premier ministre, au pire, une partouze parlementaire ingouvernable

              - mystificatrice pour les Français qui n’ont toujours pas appris à s’immuniser contre les boniments malgré le coup de la « fracture sociale » et autres mémorables foutage-de-gueule.


            • Muadib (---.---.188.134) 13 mars 2007 16:59

              @TEO

              Bien le Bonjour,

              J’avoue avoir du mal à comprendre pourquoi le concept « d’union national » est aussi décrié par la droite, la gauche et par la classe politique en général.

              Ainsi, le projet de François Bayrou sur ce point n’est pas de prendre l’ump et le ps et de les enchaîner pour cinq ans de travaux forcés. Il pense, peut-être à tort, que s’il est élu, le séisme qui s’en suivra lui permettra de réunir autour de lui des députés tant de droite que de gauche suffisant pour lui donner une majorité au parlement. Serait-ce si hypothétique que cela ? Imaginons un instant le premier séisme le 22 avril...Un des deux candidats d’un parti « important » au parlement se fait éjecter. Que feront Strauss et Fabius ? Que ferait de Robien et Alliot Marie ? Bien que je n’ai aucun ( mais alors aucun) doute sur leurs convictions profondes et leur attachement viscéral au candidat qu’il soutienne, je doute qu’il reste sans réaction. Ensuite, pensons aux députés en général qui voudront être réélu ( et c’est bien normal)...Se réclameront-ils d’un parti qui s’est vautré soit au premier soit au deuxième tour ? Je pense qu’un grand nombre d’entre eux pratiquera un discours « d’ouverture » n’excluant pas de soutenir le président récemment élu...

              Que l’on soit inquiet, soit. Mais gardons à l’esprit le séisme que provoquerait l’élection de F. Bayrou...Les députés des deux grands partis auront-ils un autre choix que de se rallier derrière le vainqueur ?

              De plus, il est fort probable qu’une élection de F. Bayrou soit suivi par une augmentation des députés UDF. Peut-être pas suffisante, c’est certain. Mais le terme de « coalition » ne doit pas effrayer ceux qui désirent voter Bayrou. De nombreux pays fonctionnent depuis toujours par coalition ( La chtite Belgique dont je fais partie par exemple) et ce n’est pas le tiers-monde ou la percée des extrêmes pour autant. (En ce qui concerne l’extrême droite flamande, c’est un cas à part :) )

              Pour finir, je suis assez surpris de constater l’énergie avec laquelle UMP et PS tente de faire croire que « Démocratie = Alternance » et « Voter Bayrou = Le Pen 5 ans plus tard ». Pour avoir longtemps considérer Mme Veil comme au-dessus de ce bouillon infâme, je suis tombé de haut en l’entendant défendre ces concepts. En quoi la démocratie doit-elle forcément être un pendule qui donne un coup le pouvoir à gauche et un coup le pouvoir à droite ?

              Pour reprendre l’exemple belge, il se trouve que les coalitions regroupent assez souvent plus de deux partis. Autrement dit, nous n’avons pas cet effet de « table rase » qui se produit souvent lors de changement dans un système bipolarisé. Comme aux Etats-Unis par exemple : hop, je nettoye toutes les administrations, j’y place mes petits pions...Et cinq ans plus tard, on recommence ! L’électeur pourtant ne perd pas son pouvoir d’influencer la politique menée par cette coalition. Simplement en changeant le poids des différents partis, en votant plus à gauche, ou plus à droite, il influe sur la direction politique suivie...C’est sans doute moins spectaculaire, mais l’opposition que l’on fait en France entre deux parties du pays ( tout comme en Italie d’ailleurs) n’existe guère.

              Et, comme par hasard, la Belgique possède encore un parti « humaniste », du « centre » assez développé. (Principalement en Flandre)

              Je ne prétends pas que ce modèle politique s’appliquerait tel quel à la France. Loin de là. Mais le rejeter en bloc sous prétexte que cinq ans plus tard les Français n’auraient d’autre choix que de voter FN ou LCR...Affligeant. Ils ont bon dos de prendre l’exemple de l’Allemagne pour prouver que « Ca ne marche pas » ! Jusqu’à preuve du contraire, l’Allemagne semble être sur une pente montante, la France par contre...

              Belgiquement vôtre,


            • PasKal (---.---.201.240) 13 mars 2007 17:08

              CE QUE PROPOSE BAYROU N’A STRICTEMENT RIEN A VOIR AVEC UNE COHABITATION !!!!

              C’est de la pure « malhonnêteté intellectiuelle » que de faire (sciemment) ce type d’amalgame.

              Le PS se fait élir pour s’occuper ensuite de son propre électorat, soit grosso-modo 25% des français (puisque c’est son poids électoral). Et l’on se s’occupe pas des autres 3/4 des français !

              Le RPR/UMP se fait élir pour s’occuper ensuite de son propre électorat, soit grosso-modo 20-25% des français (puisque c’est son poids électoral). Et l’on se s’occupe pas des autres 3/4 des français !

              On a vu le résultat de ces ’aternances’ à répétition entre le PS et le RPR/UMP : une France limite ruinée, pillée, mise à sac, conduite dans une impasse innommable, et ’en (sérieuse) panne’.

              François BAYROU propose une alternative à tout ce ’merdier’ PS/RPR-UMP qui nous a conduit là où nous en sommes : qu’au moins pour un temps (5ans ? 10ans ? 15ans ? , qu’importe ; en tous cas le temps de remettre la France en état de marche), l’on sorte de ce cycle infernal qui conduit à notre affaissement irrémédiable, et que l’on RASSEMBLE les femmes et les hommes les plus COMPETENTS (d’où qu’ils viennent ; que ce soit du monde politique ou de la société civile), de les REUNIR autour non pas d’un « programme » (comme l’ont le PS et le RPR/UMP), mais d’une « MISSION », d’un PROJET COMMUN : SE RELEVER LES MANCHES AFIN DE RELEVER LA FRANCE et travailler non plus pour 1/4 des français comme c’est le cas depuis 25-30 ans au long des alternances successives, mais de travailler -enfin !- pour l’ENSEMBLE DES FRANCAIS pour remettre notre Patrie (et notre Démocratie ! ; ô combien mise à mal elle aussi par certains ’mafieux’ qui ont pillé les caisses de l’Etat au profit d’un certain nombre de leurs ’amis’, proches, et autres).

              Cela ne me semble pas déraisonné.

              Il y a des milliers de gens en France qui ont les compétences avérées et prouvées prêts à se mettre au boulot aux côtés de François Bayrou pour renouer ainsi avec la définition même du mot ’politique’ : « au service de tous ».

              Qu’ici ou là, l’un ou l’autre, par tactique politicienne de circonstance et du moment, se récusent n’est guère important, car des gens « compétents » pour ce job, il y en a un paquet !

              François BAYROU n’aura que l’embarras du choix pour choisir et sélectionner les meilleurs des meilleurs d’entre eux. Ca ne m’inquiête pas. Et je suis prêt à prendre les paris qu’une fois l’élection passée, les quelques rares individualités qui se sont (momentanément) récusés ...rejoindront eux aussi (et logiquemnent) le mouvement pour servir la France dans cette MISSION qui est la plus noble qui soit : RELEVER NOTRE PATRIE ET TRAVAILLER POUR LE « BIEN COMMUN » (et non plus pour le seul « intérêt particulier » exclusif d’1 ou 2 partis politiques), en formant un « GOUVERNEMENT DES COMPETENCES » AU SERVICE DE TOUS LES FRANCAIS.

              Ce PROJET, cette MISSION, qui n’est pas un simple ’programme’ idéologique pour juste quelques uns (20-25% des français), comme ’les autres’ (sans exclusive) le proposent, me va parfaitement !

              C’est la raison pour laquelle JE VOTERAI François BAYROU au 1er TOUR....

              C’est la raison pour laquelle JE VOTERAI également François BAYROU au 2nd TOUR !!!


            • TEO (---.---.76.217) 13 mars 2007 18:14

              @muadib

              Merci pour votre très amicale et toute européenne attention

              1 - Vous avez raison : les arguments du FN 5 ans plus tard sont tirés par les cheveux... Ce ne sont pas les miens.

              2 - Je n’ai pas d’opposition de principe contre une « union nationale » et une passion béate pour une alternance partisane hémiplégique. Au contraire, une union nationale sérieuse avec des acteurs politiques préoccupés au premier en priorité par les intérêts de leurs concitoyens, je veux bien... Hélas, les hommes d’Etat requis pour ce faire, c’est très rare... surtout en France. En tout cas, je doute que Bayrou en soit un.

              3 - Le cas de l’Allemagne est un accord entre les deux principales forces politiques du pays qui se neutralisaient quasiment. « Siphonner » à la hussarde une volée des politiciens opportunistes à l’UMP et au PS, cela ne me paraît pas garantir une base de gouvernement sérieuses... pour autant qu’on arrive d’ailleurs à atteindre la masse critique nécessaire pour gouverner... la pathétique expérience Prodi en cours n’incite pas à l’optimisme. Mais là encore pourquoi pas tenter le coup ! C’est bien ce que fait Bayrou. Je lui en reconnais parfaitement le droit. Que cela aboutisse à la COHABITATION, pourquoi pas ? La cohabitation est bien constitutionnelle, il n’est pas dit que la France s’y abîme définitivement ; il n’est pas dit que les Français ne s’y retrouvent pas ; l’article de l’auteur montre le contraire. J’ai seulement la faiblesse de trouver personnellement que ce ne serait pas une bonne chose pour la France dans ce contexte économique mondial.

              4 - Ce sur quoi j’insiste, comme l’auteur, c’est la TRES FORTE PROBABILITE qu’une éventuelle élection de M Bayrou au soir du 6 Mai, se soldent par une COHABITATION dès le 17 Juin. Et au lieu de compter sur « l’espoir » (ce « tic d’agonisant ») pour en décider, je me fonde sur quelques éléments d’observation :

              -  la proximité des législatives d’avec les présidentielles et l’identité de leur durée 5 ans et les règles constitutionnelles. La conjonction de ces éléments font qu’en l’espèce, les Législatives de juin 2007 sont presque des PRESIDENTIELLES-BIS. Le chef-de-parti qui les gagne, est assuré sauf catastrophe d’être le véritable chef d’Etat pour 5 ans. Il est donc très probable que les acteurs politiques, en particulier Sarkozy, l’intégreront dans leur stratégie comme un « plan B » : échouer aux présidentielles en Mai, n’exclut pas de gagner les Législatives en Juin. Notamment pour Sarkozy qui dispose aujourd’hui de 365 députés sortants contre 29 pour Bayrou. Si c’est le cas, alors on est bien en cohabitation... parce que clairement, Sarkozy n’a pas vocation à laisser le pouvoir à Bayrou...

              -  si on considère que les principaux acteurs de premier plan sont de la même génération, voire de la même promotion pour certains (Royal, Villepin, Hollande...) et se tiennent dans un mouchoir, je doute que l’un quelconque d’entre eux s’imagine pour vocation d’être au service des autres... Vous imaginez le panier de crabes que seraient les prétendues coalitions ????


            • Blablabla (---.---.83.126) 13 mars 2007 18:40

              @ pasKal

              On vote pour qui on veut, pas la peine de donner des raisons. Le français votera comme d’ab, sans tenir compte des conseils avisés, notre discussion a priori n’entamera pas la confiance des uns et des autres.

              Alors vivement les élections, ça devient navrant.

              Nombreux sont ceux qui subisse déjà l’overdose de ces élections. Quand on pense qu’il y en a encore pour deux ans.

              Vaut mieux économiser son clavier...

              Boone chance pour tous.


            • TEO (---.---.76.217) 13 mars 2007 19:26

              @PasKal

              Mais bien sûr... dans l’isoloir chacun n’aura qu’à faire « am stram gram... »


            • (---.---.91.196) 13 mars 2007 19:33

              « après les Législatives, elle risque de déboucher sur une COHABITATION avec, au mieux, un Sarkozy premier ministre, au pire, une partouze parlementaire ingouvernable »

              Quand on lit ça, on a l’impression que les legislatives sont une espèce de manifestation mystique de l’au-delà, qu’elles se jouent un peu au hasard. Réfléchissez, si les Français élisent françois bayrou, ils lui donneront les moyens d’appliquer son programme.

              Pareil pour DSK (et d’autres), il dit ne pas vouloir participer au gouvernement de FB, mais c’est bien normal, on est en pleines présidentielles, et que diraient les français d’un ministre qui change de camp en plein milieu de la bataille ? Ce serait une honte, et malgré ses compétences je ne l’accepterais pas dans mon grouvernement. C’est d’ailleurs pour cela que FB ne détaille pas précisément la composition de son gouvernement.

              En revanche, quand FB formera son gvt (si il est élu) je serais étonné que DSK refuse une place en or (à l’économie par exemple), cela montrerait qu’il se fiche pas mal de ce que veulent les français, et qu’il ne se soucie que de son parti, confirmant par-là même ce que pensent les électeurs potentiels de FB : nous vivons dans une particratie et pas une démocratie, les politiques veulent le pouvoir et non le bien-être de leur pays et de leurs électeurs.

              Imaginons, que tous les membres de l’UMPS (députés sénateurs et ministres) fassent un blocus et ne veuillent pas participer au gouvernement de Bayrou, qu’ils se placent tous dans l’opposition : on serait alors dans la situation ubuesque, où l’ensemble des politiques qui se disent représentatif de la population et indispensables à la démocratie diraient clairement aux français : Nous ne sommes pas d’accord avec vous ! nous voulons le pouvoir pour nous et tout décider nous-mêmes ! en clair, ils laisseraient tomber le masque. Ce serait un comble tout de même, ça voudrait dire que nous citoyens, sommes au service des politiques, alors que c’est le contraire !!

              Si ça devait arriver, j’encouragerais les gens dans chaque ville de france, à se présenter comme député de leur circonscritpion, en soutenant le projet d’union nationale, afin de montrer à tous ces ploucs qu’on n’a pas besoin d’eux. Franchement, quand on voit le boulot qu’ils abattent, et qu’en plus ils ont des subventions pour engager des collaborateurs, je pense que même le clochard du coin de la rue ferait l’affaire.


            • TEO (---.---.76.217) 13 mars 2007 20:06

              Désolé, mais le mysticisme c’est plutôt de considérer qu’il existe un électeur qui s’appellerait « les Français » et qui déciderait « comme un seul homme » d’agir de telle ou telle façon. Non ; électoralement, « les Français », c’est plutôt l’agrégation d’actes de votes individuels diversement motivés. Quand bien se dessinerait une tendance à donner au nouveau chef d’état les moyens de gouverner. Il n’est pas dit que cette tendance aboutirait automatiquement à lui donner ces moyens... D’autant que les adversaires PS et UMP ayant gros à perdre, feront le maximum pour limiter leur hémorragie.

              Par ailleurs il me paraît quelque peu naïf de s’imaginer que DSK, ou Borloo ou je ne sais qui irait benoitement servir les intérêts d’un autre... J’ai plutôt tendance à croire qu’ils se mettraient chacun en embuscade pour à la première occasion tirer le meilleur parti d’un jeu trop ouvert et déliquescent. Bien sûr on peut toujours rêver d’un monde politique où tous s’embrasseraient sur la bouche en se faisant des politesses « après vous », « non, je n’en ferai rien, après vous... » Personnellement, je n’y croie pas trop.


            • (---.---.91.196) 13 mars 2007 21:33

              « Désolé, mais le mysticisme c’est plutôt de considérer qu’il existe un électeur qui s’appellerait « les Français » et qui déciderait « comme un seul homme » d’agir de telle ou telle façon. Non ; électoralement, « les Français », c’est plutôt l’agrégation d’actes de votes individuels diversement motivés »

              Okay, ça c’est du mégotage, je ne considère pas les français comme une méga-entité, mais le résultat est le même : si il est élu, il est élu. Que tout le monde n’ait pas les même motivations pour l’élire, je veux bien mais ça, c’est valable pour tous les candidats. Alors à part si la majorité de ses électeurs vote pour lui dans l’optique de mettre des batons dans les roues de l’UMPS, ça m’étonnerait qu’ils élisent ensuite des députés FN.

              « Quand bien se dessinerait une tendance à donner au nouveau chef d’état les moyens de gouverner. Il n’est pas dit que cette tendance aboutirait automatiquement à lui donner ces moyens »

              ça ça veut pas dire grand-chose...

              "D’autant que les adversaires PS et UMP ayant gros à perdre, feront le maximum pour limiter leur hémorragie.

              J’ai plutôt tendance à croire qu’ils se mettraient chacun en embuscade pour à la première occasion tirer le meilleur parti d’un jeu trop ouvert et déliquescent"

              ça, ça montrerait bien qu’ils ne servent que leurs propres intérêts. Est ce que « les Français » s’en rendraient compte, c’est une autre histoire

              Et puis, même sans majorité, il arriverait à faire quelques trucs quand même : il peut toujours proposer des lois au parlement, lois qui pourraient faire l’unanimité chez les français (par exemple sur le cumul des mandats, ou un RIC...) de telle façon que si le parlement les rejette, il ne ferait que se discréditer auprès des électeurs, ensuite une petite dissolution de l’assemblée et on voit ce que ça donne. Dans le même genre d’idées, il peut aussi nous proposer des lois en référendum. Il y a pas mal de réformes qu’il propose qui pourraient passer de cette façon. Finalement je me demande si ça serait pas même mieux qu’il n’ait pas la majorité au parlement, ou inversement, qu’on élise un autre président et qu’on donne une majorité UDF à l’assemblée (mais là je suis pas sûr qu’il y ait assez de députés UDF...)


            • werbrowsky werbrowsky 14 mars 2007 06:17

              Bonjour, merci pour votre commentaire.

              Effectivement, la cohabitation dépend des législatives qui suivent l’élection présidentielle (et ce depuis l’élection de Mitterrand en 1981). Simple rappel : en 2002, Chirac a été élu par une grande part de votes socialistes. On aurait pu croire que ceux-ci se seraient vengés d’avoir été exclus du deuxième tour au cours des législatives qui ont suivi, en votant massivement pour les candidats de gauche. Que nenni. L’ensemble des voix de gauche n’a totalisé que 38,4% (PC+PS+MRG+Verts) au premier tour. La marge « flottante » de l’électorat socialiste a donc décidé de donner une majorité au Président réélu. Résultat : cinq années d’ultralibéralisme.

              Deuxième rappel, le rapport gauche-droite a toujours été défavorable à la gauche, sauf 1988, grâce à un rassemblement d’une partie des électeurs centristes sous l’étiquette « Majorité Présidentielle ». Pour gagner, la gauche a besoin d’une extrême droite forte, qui pénalise les gaullistes et les libéraux.

              Conclusion : si François Bayrou était élu, il est absolument certain qu’il rassemblerait au-delà de son camp sur cette frange « sociale-démocrate » indécise qui fait les élections. Ce qu’il propose n’est pas un gouvernement de gauche, mais bien un gouvernement social-démocrate, tendance social-chrétien. Quand on regarde les choses d’un peu plus loin, on constate que de nombreux pays sont dotés de partis de ce type. En France, la bipolarisation née de mai 1968 et du congrès d’Epinay ont créé un paysage politique dont le centre a été progressivement exclu. Giscard a mené une politique plus libérale que centriste.

              Enfin, pour terminer, où est le positionnement de Ségolène Royal, qui doit être votre choix ? Elle a commencé sa campagne avec un programme très droitier, à la Tony Blair. Baissant dans les sondages, elle a gauchisé son discours. Baissant toujours elle a rappelé les éléphants à son secours. Avec quelles forces pourrait-elle battre Sarkozy au deuxième tour, sinon avec les voix des partisans de Bayrou ? Il est assez stupide de fermer complètement la porte à toute alliance, ainsi que le fait le PS pour l’instant. En cas de deuxième tour Bayrou-Sarkozy, le PS est certain de prendre une grosse déculottée aux législatives. En cas de deuxième tour Ségolène-Sarkozy, le PS sera obligé de négocier des accords pour les législatives avec l’UDF pour obtenir une majorité à l’Assemblée. Dans les deux cas, il sera obligé de composer avec son ennemi.


            • TEO (---.---.76.217) 14 mars 2007 13:23

              « ça, ça montrerait bien qu’ils ne servent que leurs propres intérêts. Est ce que »les Français« s’en rendraient compte, c’est une autre histoire »

              Dans tout système politique, les gouvernants servent beaucoup et souvent « surtout » leurs propres intérêts. La particularité de la Démocratie, est qu’à trop peu servir également les intérêts d’une majorité d’électeurs, on risque de se faire évincer pacifiquement à la prochaine échéance électorale préalablement fixée.

              Le Gouvernant en Démocratie n’est en rien supposé être un SAINT se sacrifiant aux intérêts d’autrui. ça se saurait sinon.


            • PasKal (---.---.201.240) 14 mars 2007 15:24

              LA « RIPOUX-BLIQUE UMP NAZIONAL-SAKOSYSTE » NE PASSERA PAS !


            • Neos 13 mars 2007 17:03

              @ l’auteur :

              Votre raisonnement ne vaut que si l’on se pose dans une logique de rapport de force classique gauche-droite, et, comme l’a très bien expliqué l’un des intervenants plus haut, sur une différenciation de la majorité présidentielle avec la majorité parlementaire.

              Or, le projet de FB s’inscrit dans une logique qui sort de ce clivage partisan. Et donc qui ne s’appuye pas sur les postulats sur lesquels vous construisez votre analyse.

              Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, je vous suggère de vous reporter, par exemple, au discours prononcé par le candidat à Evreux, le 12 mars 2007 où il explique tout cela bien mieux que moi :

              http://www.bayrou.fr/evenements/bayrou-discours-evreux-120307.html


              • mesnil gerard (---.---.119.105) 13 mars 2007 19:56

                bonsoir je viens sur ce site pour vous demander si vous etre elu pourrier vous donner des autorisation pour la constrution de maison de retraite voila ma commune a le terrain le permis de construire le financement mais il ne manque que l’autorisation de l’etat mais comme il ne donne qu’une autorisation par departement par an ce n’est pas la peine d’entendre un ministre dire qu’il faut des maison de retraite pour les personne agees et pour les maladie du siecle dans le calvados il y a 7 maison de retraite qui doivent construire et ma commune est inscrite a l 7 eme place


                • lolokerino (---.---.41.177) 13 mars 2007 20:32

                  de toute façon, Bayrou ne veut absolument pas d’un gouvernement d’union national

                  c’est uniquement un argument de campagne, un atrappe gogo pour le bon peuple qui pense ainsi en finir avec les rivalités politiques

                  un gouvernement d’union national, c’est un gouvernement avec une representation de toute les formations politiques en presence de LO Lrc au Fn ou Mpf

                  de la science fiction aujourd’hui

                  La verité, Mr bayrou veut le pouvoir pour lui et son equipe proche

                  Etre calife a la place du calife et surtout , se venger de la constitution de l’ump au detriment de l’udf

                  voila ce que le vote Bayrou pourrait cautionner

                  Une revanche politicienne, une recomposition politique qui lui permettrait de faire le hold up politique de la decennie en recuperant l’un des deux poles de la vie politique française

                  ce que l’on sait pas encore , c’est si il se situerait au centre gauche ou centre droite et cela sera en fonction de l’adversaire du deuxieme tour...

                  bien sur pour conduire la France à une nouvelle....bipolarisation !!


                  • Cratyle (---.---.37.13) 13 mars 2007 22:47

                    Que vous fassiez, pour conduire une coalition, confiance ou non à Bayrou en tant qu’homme d’Etat est évidemment personnel. Je vous suggère néanmoins de réfléchir : cela fait des années qu’on le sous-estime, quand on ne le méprise pas, et qu’il fait à chaque pas ce qu’on ne le croyait pas capable de faire, et mieux qu’aucun autre. Qui aurait cru qu’on se poserait aujourd’hui ce genre de questions quand, il y a un an et demi, il a lancé le premier colloque de l’UDF et théorisé sa conduite pour la présidentielle ? Quand quelqu’un « n’imagine pas que... » (par exemple Royal qui n’imagine pas qu’elle puisse ne pas être au second tour), cela peut être aussi un manque d’imagination. Il n’y aura certainement pas débauchage d’opportunistes des deux bords. Ceux qui y croient au PS ou à l’UMP se trompent. Pour trois raisons : d’abord, il doit y avoir cohérence de l’équipe autour des engagements du programme ; ensuite, les opportunistes ne sont pas nécessairement compétents (euphémisme même) ; enfin, on sous-estime la volonté de renouvellement de Bayrou, et il a suffisamment insisté en interne sur la venue au pouvoir de gens nouveaux barrés du pouvoir par les clans pour qu’on y croie. Toute tentative de débauchage a d’ailleurs été interdite explicitement par lui. Mais débaucher des individus ne sera pas nécessaire. Ecoutez DSK, Cohn-Bendit, Kouchner, Delanoë, Collomb... qui militent pour une alliance PS-UDF sous le direction de Royal (premier tour oblige) qui peut très bien devenir demain une participation socialiste à une alliance plus large, puisque tout cela contribue à effacer le clivage gauche/centre : avons-nous une divergence vraiment profonde avec eux ? Même chose de l’autre côté avec nombre de gaullistes ou centristes de l’UMP très compatibles et qui seraient ravis de participer au gouvernement pour contester sa majesté Sarkozy en prime. Il y a assez de clivages internes à ces deux gros partis pour que cela ait du sens politiquement et que ce soit une union sur le projet présidentiel. Et assez pour qu’ils aient du mal à résister à une défaite aux présidentielles. Que pourrait d’ailleurs espérer le PS ou l’UMP seul s’il y avait un troisième larron au centre intervenant dans les combats du second tour avec le soutien de la plupart de ceux qui auront voté Bayrou ? Comme vous le dites fort bien, les législatives seront une présidentielle-bis pour les appareils des grands partis. Mais c’est justement pour cela qu’ils perdront les législatives. Parce que, entre temps, la France aura déjà un président, et qu’on ne voit pas pourquoi elle aurait viré Royal et Sarkozy à la présidentielle pour les envoyer ensuite à la place de premier ministre. Imaginez : Royal a perdu, les trois quarts du PS l’enterrent vivante et Hollande avec elle, les législatives sont dans trois semaines, Fabius tire dans un sens et DSK dans l’autre pendant que tout se déchire... Imaginez : Sarkozy a perdu et tous les soumis en soupirent de soulagement, les nouveaux Iznogood fourbissent leurs armes et cherchent l’appui du président Bayrou, les députés pissent de trouille dans leur cartel électoral... Et ils gagneraient dans cet état ? Et les Français, voyant cela, n’auraient pas envie de voter pour la majorité présidentielle ? Imaginez les médias, et tout ce qu’elles vont faire de beau entre petites phrases et insinuations pour les faire perdre pendant ces trois semaines, actionnaires ou pas, inconsciemment. Et là-dedans, un gouvernement bien formé qui se met au travail en respectant les voeux des Français qui demande une majorité, avec quelques annonces agréables (l’exclusion, le chômage, le logement)... l’impression qu’on commence enfin à sortir de la prison et à avoir un peu d’air frais... c’est du billard. Croire à une cohabitation, c’est ne pas croire à la volonté de sortir de cette alternance faussée aujourd’hui, et les Français y tiennent, à l’union au-delà des clivages. S’ils le prouvent en votant Bayrou au second tour, pourquoi ne pas croire qu’ils le voudront trois semaines de plus ? Serait-ce qu’ils tiennent tant que ça à leurs députés, qui ont un si bon bilan ? Qu’ils tombent comme des mouches sans remettre à leur place l’avant-dernier député leur plaira dans pas mal d’endroits, croyez-moi. Avec ne serait-ce que les 23% d’aujourd’hui pour un député démocrate au premier tour, il sera au second tour très souvent, et ensuite, comment n’y aurait-il pas de désir de changement s’il fait une bonne campagne ? Nous avons de bons candidats, voyez-vous smiley.


                    • Cratyle (---.---.37.13) 13 mars 2007 22:48

                      C’était une réponse à TEO - désolé.


                    • adam0509 adam0509 13 mars 2007 23:14

                      Ca ne m’étonne pas.

                      Vive la cohabitation, et vive la France !!!!!


                      • (---.---.37.71) 14 mars 2007 01:16

                        « A six semaines des présidentielles, le choix des Français n’est pas encore définitif. Mais s’ils choisissent François Bayrou, il est certain qu’ils retrouveront un mode de gouvernance qu’ils ont plébiscité par le passé : la cohabitation. »

                        Oui, donc l’immobilisme. Or le temps devient compté. Vers 2012/13 la France, au rythme actuel, devrait faire faillite et entrer dans un processus irratrapable avant plusieurs décénies de tier mondisation. Pour ceux qui ne me crois pas, je vous signal qu’on vend une parti de la collection du Louvre (sous couvert de « culture ») à je ne sais trop quel émirat arabe, tellement l’Etat est aux abois !

                        Bref, qu’on aille une bonne fois pour toute à gauche ou à droite, mais qu’on arrete cet immobilisme, alors même que le monde est dans sa plus grande mutation depuis l’invention de l’agriculture : le monde ne va pas attendre que les français soignent leurs vapeurs !


                        • Dryss (---.---.52.140) 14 mars 2007 07:13

                          Je crois que vous faites un amalgamme monstrueux dans cet article...

                          Vous voyez que les gouvernements de cohabitation ont tous été apprécié par les francais, et vous en déduisez que les francais aiment tous les gouvernements de cohabitation.... Avez vous pensé au hasard ? Avez vous pensé à une tierce possibilité ? Comme la capacité de ceux qui avaient pourtant perdu les présidentielles à remonter la barre et à gagner les législatives ? ou encore plein d’autres.

                          De plus, vous ne donnez aucune raison pour laquelle les francais préfèreraient les gouvernements de coalition... Cet article seulement historique (mais qui se prétend politique) a été écrit en fait pour faire de la propagande pour FB...


                          • www.jean-brice.fr (---.---.232.133) 14 mars 2007 09:29

                            NOUS RESTONS DANS LE REGIME DES PARTIS : c’est le vice du système ... Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


                            • RemiZ (---.---.178.10) 14 mars 2007 11:23

                              Je n’ai fondamentalement rien contre la belle coalition de Bayrou. Mais si il y arrive, on aura droit a un magnifique capharnaum politique au premier couac. Chaque mini-crise se transformera en crise majeure et je pense que le gouvernement de Bayrou prendra finalement une couleur un coup a gauche un coup a droite. L’aternance, mais dans 1 seul mandat. Sauf si il prend le parti de ne gouverner qu’avec la droite...


                              • iaury- (---.---.193.123) 14 mars 2007 11:38

                                Les Français se plaignent de n’avoir comme choix que le PS ou l’UMP, François Bayrou nous proposent les deux en un


                                • nofx-eric (---.---.140.228) 14 mars 2007 12:27

                                  le problème de la France dure malheureusement depuis trop longtemps. nos hommes politiques sont au pouvoir depuis 30 ans ou 40 ans. la spécificité à la française c’est qu’il font carrieres et issuent de la même école ENA et Polytechnique.

                                  François Bayron est une altrernative qui devient de plus en plus crédible aux yeux des français car on reste toujours les dindons des pays industrialisés en terme de chomage ou d’économie que ce soit la droite ou la gauche. Tous sont complemtent incapable de le réduire. c’est un sujet completement tabou en France. Ou il est très mal vu d’être dans cette situation. c’est la grande mode même de dire que c’est la FAUTE des chômeur ! Quel honte, de voire nos politicien pester sur cette catégoire alors qu’ils ont été COMPLETEMENT incapable de faire quoique ce soit depuis 30 ans !

                                  un pays qui a un taux de chomage bas résout tous ses problèmes ce n’est pas une supposition mais une certitude

                                  les 2 grandes fammilles piolitiques vivent sur leur acquis comme le fait la france depuis les 30 glorieuses.

                                  Le problème c’est que ces 2 grandes familles se sont enchainés depuis 30 ans et vut le bilan désastreux ne sont plus du tout crédible

                                  mais pensez bien à la clé du changement, celui ci viendra à celui qui arrivera à moderniser le pays pour qu’il résorbe MASSIVEMENT le chomage cela résoudra 99% des problèmes en France ne faites pas comme en 2002 ou nos hommes politiques sont arrivés à nos LOBOTOMISER sur la sécurité à part aller droit au mur je ne vois vraiment pas ce que cela a vraiment apporter.

                                  au titre « Les Français préfèrent la cohabitation » je mettrait plutot « Les français cherche la sortie du tunnel qui dure depuis 30 ans »


                                  • Muadib (---.---.188.134) 14 mars 2007 15:20

                                    @Teo

                                    1. Cela me rassure...Si seulement vous pouviez être à la tête d’un des deux grands partis smiley

                                    2.Le concept d’union nationale était peut-être un peu poussée de ma part. Après tout, il ne s’agit pas de rassembler tout le monde mais bien les hommes de bonne volonté (muahaha smiley ) ect ect . En terme non politicien, des hommes de centre-gauche, de centre-droite avec des compétences dans tel ou tel domaine qui conduirait une politique ouverte dans l’intérêt général de la France. Le rêve...Mais qui sait ? Qui aurait parié sur de Gaulle le 18 juin ? Sur Chirac en 95 ? On peut espérer que l’élection de F. Bayrou entraînera ne fut-ce qu’une petite remise en question de certaines parties de la classe politique française. Qu’ils remettront en question leur éternel reproche envers les « technocrates » de Bruxelles. Mais c’est un autre débat.

                                    3. La pathétique expérience Prodi en cours est précisément ce qui « menace » la France en cas d’élection de l’un ou l’autre des grands candidats. Le cas Prodi est précisément l’exemple d’un pays déchiré viscéralement en deux et dont une partie ne l’emporte sur l’autre que de quelques voix ! La coalition de Prodi serait exactement celle de Royal qui devrait aller des communistes au centre-gauche en passant par les verts et N. Hulot ! L’Italie est la bipolarisation par excellence ! Bipolarisation créée plus par des personnes que des partis. Et plus précisément par un rejet d’une personne : El Cavaliere. Cela ne vous rapelle rien ? Allez, un chtit mosieur qui met des talonettes et sert la main à Bush en se grandissant... Ce phénomène de rejet d’une partie du pays pour un candidat entraine forcément une fracture. Les Anti-Sarkozy sont pret à voter pour n’importe qui ( même Buffet ). S’il faut prendre des exemples de coalition du type « Bayrou » et qui sont définies par la présence d’un parti du « centre » en son sein, il faut se tourner vers les pays qui possède encore un partie clairement étiqueté « Centre ». Ils sont rares dans les grands pays ( Je n’arrive même pas à trouver un exemple d’ailleurs...), j’en conviens, mais existent tout de même en Europe. Alors, why not ?

                                    4. Il ne fait aucun doute que le candidat qui serait éliminé au premier tour en lieu et place de Bayrou serait envoyé en exil sur l’Ile de Ré. Dès lors, le champ sera libre pour les députés du parti concerné de faire en sorte que... Tachons tout de même de garder à l’esprit l’importance de la fonction présidentielle. Le poids énorme de l’élection durant les 100 premiers jours. (« Les jours de grâce :p »). Et comme l’a fait remarquer un précédent intervenant : Si les deux grands partis s’obstinent malgré leur défaite à refuser tout entente avec Bayrou s’il n’obtient pas la majorité via l’UDF, la crise qui en découlera ne pourra que leur revenir dans la tronche un jour ou l’autre. Le message passé sera : « Oui, certes, vous avez choisi un président...mais au fond, hein, on a pas besoin de votre avis. » Tout droit vers la VIème République ! Prendront-ils ce risque ? Aurout-ils intérêt à le prendre, surtout s’ils ont été éliminé au premier tour ? La question même de la survie des grands partis se posera si crise majeure il devait y avoir...

                                    Quant aux acteurs de premier plan...Je vois mal Bayrou inviter Royal,Villepin ou Hollande dans son gouvernement. Quoique Villepin aux affaires étrangères, il est bon pour les discours au moins. N’oublions pas que Bayrou n’est pas un enarque. Et qu’il n’aura aucun scrupule à les renvoyer à leurs études. Il y a bien assez de gens compétents, pas forcément politiciens, dans le pays qu’est la France. Si Bayrou doit aller au bout de sa logique, il a grand intérêt à sortir de la « pépinière » ENA et d’aller voir ailleurs pour une grande partie des postes gouvernementaux.

                                    Il se réclame d’une nouvelle culture politique, qu’il la défende jusqu’au bout. Reste à voir si son discours est plus qu’un calcul électoral...Mais si on ne vote pas pour lui, on ne le saura jamais ! Constat qui vaut pour l’ensemble des candidats. Haaaaa, la politique.


                                    • jack Mandon (---.---.160.116) 30 mars 2007 17:48

                                      Mon article peut sembler un peu décalé, mais je ne le crois pas quand au fond. Les sondages à la distribution savante, CSA, SOFRES etc...Ceux pratiqués en ligne par les internautes, sont tous intéressants, ils ont des intentions louables, mais demandent toujours un savant travail d’interprétation. Prévoir, prédire, envisager demain, c’est le grand rêve de tous. Dans ce cas précis on interroge un grand monstre, le monstre de tous les temps « le peuple » Ce grand monstre est doté d’une intelligence collective, à multiples têtes. C’est l’état crépusculaire schizophrénique dans lequel règne la confusion parfaite. L’adhésion sans mesure, la nuit inintelligible du chaos. Dans l’antiquité grecque, le berceau du savoir et de la connaissance, ce monstre se nommait la chimère. La chimère n’est pas une réalité matérielle, les êtres vivants monstrueux ne survivent pas. Cependant, la chimère existe psychologiquement et la nation en est une. La destinée d’une nation peut connaître au négatif des situations confuses et embrouillées, des espérances insensées. Au positif, l’adhésion, la foi à un courant social, la communion avec une force collective est une véritable révélation spirituelle. Les grands hommes politiques se coltinent avec deux types de chimères, le peuple et les partis politiques. Charles de gaule et François Mitterand ont bataillé toute leur vie avec ces deux chimères. Aujourd’hui, un des dilemmes important de la campagne électorale est entre autre chose, de choisir entre deux chimères. Le peuple ou les partis. Pour cette raison, 50% des personnes interrogées par les instituts de sondage ne se sont pas déterminées. Personnellement, je fais un choix idéaliste mais aussi réaliste, car je ne suis pas plus satisfait du bilan de la « gauche » que de la « droite ». Je choisis de voter pour un président de la république qui fait passer l’intelligence du peuple avant l’intelligence des partis. Pour cette raison, 50% des votants se demandent si l’intelligence du peuple est plus crédible que celle des partis politiques. Voici peut être le dilemme. François Bayrou pense que le peuple est plus crédible que les partis politiques. Voici une vision qui dérange beaucoup de monde, les politiciens qui vont perdre leur boulot s’ils ne composent pas, et tous les votants qui ont besoin d’être paternés et maternés. François Bayrou fait appel à la maturité des votants et des hommes politiques, je partage son opinion car j’ai envie de grandir et de m’affranchir des donneurs d’ordres et de conseil.

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