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Les guerres et les crises économiques sont-elles une « fatalité » pour l’humanité ? Partie I

 

 Liberté des hommes et déterminisme dans l’Histoire

 

Les guerres et les crises économiques sont-elles une « fatalité » pour l’humanité ?

Partie I

 

  Pourquoi la crise économique et financière de 2008 reste toujours pendante ? Pourquoi les guerres depuis l’attentat terroriste de 2001 ? Et le conflit qui couve au Moyen-Orient ? Allons-nous vers une extension de la guerre au Moyen-Orient, après la Syrie ? Pour comprendre, posons-nous la question sur le sens des deux guerres mondiales au XXe siècle et, entre les deux, la grande crise économique de 1929 ? De ces trois événements majeurs dans l’histoire de l’humanité a résulté le monde d’aujourd’hui ? S’inscrivent-ils alors comme une « nécessité de l’Histoire » ? Si c’est le cas, quel sens donner aux bouleversements qui ont agité le monde durant tout le long du siècle passé ? Et encore aujourd’hui, en ce début de XXIe siècle, qui est de surcroît le début du troisième millénaire ? De même, qu’en est-il du déclin annoncé de l’Occident et de l’émergence de nouveaux pôles économiques en Asie, en Amérique du Sud et dans d’autres contrées du monde ? Leur émergence ne le doive-t-il pas à l’Occident ? Le principe des vases communicants n’a-t-il pas joué dans le rattrapage du retard industriel par les pays émergents ? Enfin, quel sens donner à l’irruption du « Printemps arabe » ? C’est à toutes ces questions qu’une nouvelle approche de l’Histoire politique et économique est initiée et, en tranchant avec les approches classiques, espère, à travers les développements qui vont suivre, apporter une meilleure compréhension du sens des crises et des guerres, et leur impact dans la marche du monde.

 

  1. « Liberté » des hommes et « déterminisme »

 

 Pour tenter de comprendre la nature des crises et des guerres, il est important d’envisager l’évolution du monde sous l’angle de la philosophie de l’histoire. 

 Un des grands philosophes de l’histoire, Hegel, disait : « L’esclave de l’Antiquité n’était pas une personne libre, parce qu’il n’avait pas conscience de son être-esclave ». La liberté se crée en se conquérant à travers l’Histoire et « en s’incarnant » dans des constitutions politiques. « Les hommes n’ont pas à apprendre qu’ils sont libres », ils ont à gagner leur liberté. Cette thèse reprise par Marx a pris une autre ampleur. Pour lui l’inachèvement de l’Histoire est dans la libération complète de l’individu de tout ce qui l’opprime et l’empêche d’être lui-même (« aliénation » de l’homme dans le monde actuel). La conscience de classe elle-même (qui est une limitation) disparaîtra dans la société communiste. L’homme vraiment libre sera le citoyen de cette cité à venir.

 Pour Hegel, les hommes sont « les instruments aveugles du génie de l’Histoire » ? Derrière l’apparence extérieure des événements, derrière tout ce que font les hommes, derrière tous leurs actes les plus absurdes ou les plus passionnels, se cache une raison, un Esprit, qui mène le monde vers plus de liberté, plus de rationalité.

 Karl Marx, dans la postface de la deuxième édition allemande, du 24 janvier 1873, écrit :

« Une seule chose préoccupe Marx : trouver la loi des phénomènes qu'il étudie ; non seulement la loi qui les régit sous leur forme arrêtée et dans leur liaison observable pendant une période de temps donnée. Non, ce qui lui importe, par‑dessus tout, c'est la loi de leur changement, de leur développement, c'est‑à‑dire la loi de leur passage d'une forme à l'autre, d'un ordre de liaison dans un autre. Une fois qu'il a découvert cette loi, il examine en détail les effets par lesquels elle se manifeste dans la vie sociale... […] Pour cela il suffit qu'il démontre, en même temps que la nécessité de l'organisation actuelle, la nécessité d'une autre organisation dans laquelle la première doit inévitablement passer, que l'humanité y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience. Il envisage le mouvement social comme un enchaînement naturel de phénomènes historiques, enchaînement soumis à des lois qui, non seulement sont indépendantes de la volonté, de la conscience et des desseins de l'homme, mais qui, au contraire, déterminent sa volonté, sa conscience et ses desseins... […]Mais, dira‑t‑on, les lois générales de la vie économique sont unes, toujours les mêmes, qu'elles s'appliquent au présent ou au passé. C'est précisément ce que Marx conteste ; pour lui ces lois abstraites n'existent pas... Dès que la vie s'est retirée d'une période de développement donnée, dès qu'elle passe d'une phase dans une autre, elle commence aussi à être régie par d'autres lois. […]Une analyse plus approfondie des phénomènes a montré que les organismes sociaux se distinguent autant les uns des autres que les organismes animaux et végétaux. Bien plus, un seul et même phénomène obéit… à des lois absolument différentes, lorsque la structure totale de ces organismes diffère, lorsque leurs organes particuliers viennent à varier, lorsque les conditions dans lesquelles ils fonctionnent viennent à changer, etc. […] La valeur scientifique particulière d'une telle étude, c'est de mettre en lumière les lois qui régissent la naissance, la vie, la croissance et la mort d'un organisme social donné, et son remplacement par un autre supérieur ; c'est cette valeur‑là que possède l'ouvrage de Marx. »

 L’évolution historique des organismes se fait-elle, comme le laisse entendre Karl Marx, d’une manière nécessaire par le jeu des forces économiques, qui, bien qu’ils diffèrent d’une phase à l’autre (changement de structure), « un seul et même phénomène obéit… à des lois absolument différentes » ? Mais, la loi de l’Histoire, qui est une nécessité inéluctable dans le changement de structure, n’ignore néanmoins pas la liberté de l’homme. Ces philosophies qui posent l’existence des hommes d’une loi d’évolution immanente à l’Histoire et orientent son déroulement, ne précisent pas la part de liberté des hommes pendant que l’Histoire se déroule. Comment naît cette liberté dans le développement immanent de l’Histoire ? « Que l'humanité y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience », force de dire que l’homme est soumis, d’un coté, au « déterminisme », donc pas de liberté et, de l’autre, c’est par sa liberté qu’il agit pour « remplacer un organisme social donné par un autre supérieur ». L’antinomie est donc totale entre « déterminisme » et « liberté ». Comment se résout cette contradiction qui relève à la fois de la « Nécessité » et la « liberté » des hommes ?

 

  1. Les « préalables » de l’existence humaine

 

 Au-delà de la philosophie de l’Histoire de Hegel et de Marx, on peut postuler qu’il y a des préalables simples dont on ne peut faire l’impasse et qui témoignent de l’existence humaine dans son fondement comme liberté, comme conscience et comme sens d’être. Ceux-ci nous permettent de mieux situer l’homme dans l’« Histoire ».

  Le premier « préalable », qu’est-ce que la « Liberté » ? Les philosophes ont longuement disserté sur ce sujet. Nous nous arrêterons à l’essentiel. L’homme peut-il prendre la « Liberté », peut-il l’attraper, peut-il la toucher ? La « Liberté » est non palpable, seulement sentie au plus profond de soi-même. Elle constitue l’« essence » même de l’existence. Le postulat que l’homme naît libre et ensuite sa liberté se trouve limitée par l’organisation sociale ou par des conjonctures historiques (peuples colonisés, régis par des systèmes totalitaires, etc.) n’enlève rien au sentiment immanent de la liberté. En tant qu’essence de la nature humaine, la liberté, malgré les vicissitudes que traversent les hommes, est au centre de l’Histoire du monde. Pour comprendre, en raisonnant par sa négation, on s’apercevrait que, sans la « liberté », sans le « libre-arbitre » des hommes dans le pouvoir de freiner ou de coopérer, de refuser ou d’accepter, il n’y aurait tout simplement pas d’« Histoire », pas d’« humanité ». Si les hommes agissaient tous dans le même sens, sans « libre-arbitre » qui est à la fois « libre de penser » et « libre d’agir », il résulterait non pas une humanité, mais une « déshumanité ». Il y aurait peu de différence entre les hommes et les animaux. Le monde serait sans sens. Précisément parce que la « Liberté existe » que l’humanité doit son existence, et l’existence à son « Histoire ». Le déterminisme ou le fatalisme suivant lesquels tous les événements, et en particulier les actions humaines, sont liés et déterminés par la chaîne des événements antérieurs, n’enlèvent en rien à la dimension historique de la « Liberté ». C’est dans la variété des croyances que l’humanité doit son humanité. L’humanité entière ne se focalise pas sur telle ou telle tendance de penser. La pensée de l’homme est une entité libre sur laquelle aucun homme n’a le pouvoir si ce n’est l’homme qui se pense, et en pensant, il doit son existence à cette faculté libre de penser. Précisément, cette faculté de « Penser » de l’homme et qui agit sur sa « Liberté » est le deuxième préalable pour son existence.

 A l’instar de la « Liberté », qu’est-ce que la « Pensée » ? Une essence « impalpable », « immatérielle » qui existe en l’homme, une faculté absolument inconnue de l’homme et « connaissante », un véritable don émanant de l’« Essence ». Elle donne non seulement à l’homme le sentiment d’exister mais lui permet de se mouvoir, de converser, d’agir, de se projeter dans et avec tout ce qui touche à son existence. En un mot, elle lui donne le sentiment de vivre, d’exister. Sans cette faculté de penser, l’homme ne pourrait avoir conscience de lui-même, ni se prévaloir d’être « humain ». C’est la pensée qui le différentie des autres êtres existants.

  Un troisième préalable, le « Temps et l’Espace » ? Le pouvoir qu’octroie la « Liberté » aux hommes de « Penser », d’« Agir » sur leur existence, de changer leur devenir, se trouve confronté au « Temps » et à l’« Espace » sur lesquels l’homme n’a pas de prise. La liberté d’agir, de poursuivre des projets, se trouve ainsi limitée par l’essence même du « Temps ». Dans « Confessions, XI, 14,17 », Saint Augustin s’est engagé dans une réflexion profonde sur le temps : « Ces deux temps-là donc, le passé et le futur, comment « sont »-ils, puisque s'il s'agit du passé il n'est plus, s'il s'agit du futur il n'est pas encore ? Quant au présent, s'il était toujours présent, et ne s'en allait pas dans le passé, il ne serait plus le temps mais l'éternité… Nous ne pouvons dire en toute vérité que le temps est, sinon parce qu'il tend à ne pas être. » Précisément, l’existence suit le cours du temps, car elle tend elle aussi à ne pas être, car, au bout du temps, il y a la finitude. L’existence de l’homme dépend chaque seconde du temps qui vient à être et qui, après être présent, passe immédiatement au passé pour faire place à une autre seconde qui vient du futur, et ainsi de suite procède le Temps de l’existence. Quant à l’« Espace », quel contenu peut-on lui donner ? Est-il matériel ? Est-il palpable ? L’homme peut-il attraper, toucher l’« Espace » par ses doigts ? L’« Espace » est à la fois matériel parce que l’homme le voit et voit les choses et les êtres mouvoir en lui, et immatériel parce qu’il est indéterminé, sans substance, et s’affirme en « contenant sans limite ». « Repère » de l’existence, l’« Espace » est cependant ce « matériel-immatériel » par lequel l’humanité, la Terre, le monde et l’immensité de l’univers, sont.

 Sans le « Temps » et l’« Espace », l’homme n’a pas d’existence. Le « Temps », l’« Espace », comme la « Liberté  » et la « Pensée » ne sont pas atteignables par l’homme, dans le sens qu’ils sont plus sentis, plus pensés comme essence de l’existence. Ils sont ce par quoi l’homme est, ce par quoi l’homme construit son « Histoire ». Vivant le Temps présent, comptabilisant le Temps passé qui ne lui appartient plus et dépendant du Temps futur qui n’est pas encore, l’homme, un point dans l’ « Univers », prend une infime partie de l’« Eternité ».

 Enfin le « Mal  » et le «  Bien », un quatrième préalable, sont originels et constitutifs du fait humain et social. Sans cette dualité au cœur du système humain, sans l’existence du « Mal » (qui donne sens au « Bien ») et la lutte pour le « Bien » qui est l’essence même de la « volonté d’exister », l’homme ne peut se déterminer dans son existence. En effet, si on enlevait le « Mal », que serait la « Vie » ? Que serait le « Bien » ? Auraient-ils une signification ? Et la mort, le mal suprême, à travers les « maladies » du corps et de l’âme contre lesquels les hommes luttent pour vivre ? Que signifierait la vie si le mal suprême venait à ne plus exister ? Sans le « Mal », il n’y aurait ni « Vie », ni « Bien » puisqu’ils perdraient leur sens, perdraient ce à quoi ils se réfèrent. La dualité du « Bien » et du « Mal » est donc une nécessité pour l’existence, elle exprime, à travers la lutte pour le Bien, la raison d’être des hommes.

 

  1. Les « contingences » dans l’évolution des hommes et des peuples

 

  Pour résumer, quatre préalables, la « Liberté, le Temps-Espace, la Pensée, le Bien et le mal », sont des principes fondateurs de la nature de l’homme. Mais ces « préalables » suffisent-ils à protéger l’homme dans son existence ? Il arrive souvent qu’un homme prenne un ascendant sur un homme, un peuple sur un autre peuple. N’a-t-il pas existé le commerce d’esclaves en Afrique, les siècles passés ? Les déportations massives de noirs africains dans le Nouveau Monde ? La colonisation opérée par les puissances européennes n’a-t-elle pas été une occupation indue de territoires et réduit des populations à l’état de populations sujettes, de non-droit par la force ? L’après-colonisation depuis la fin des années 1940 jusqu’au milieu de la deuxième moitié du XXe siècle n’a-t-elle pas instauré dans la plupart des nouveaux Etats des régimes politiques autoritaires (dictatures militaires et monarchies totalitaires). Ce qui nous fait dire que les « préalables fondateurs » de la nature humaine sont insuffisants pour protéger les homme et les peuples des puissances étrangères ou des régimes politiques dictatoriaux. Si les peuples colonisés, réduits à l’état d’indigène, se sont vu imposés des iniquités politiques révoltantes (travaux forcés, impôt par capitation, cultures obligataires, corvées, etc.), l’aspiration à la libération est restée une constante en eux. Dans les pays décolonisés, l’appropriation du pouvoir par des dirigeants qui entendent se maintenir aux leviers de commande et ont transformé l’Etat en instrument d’oppression utilisé à leur profit personnel sera toujours confrontée à l’opposition populaire. Dans les deux cas, il y aura une situation de haine latente qui, si la conjoncture le favorise, précipite le conflit entre dominants et dominés.

 Cependant, ce « vivre » des hommes au sein des cités et des Etats dans une situation de latence désespérée des peuples ne peut relever seulement des quatre essences mentionnées supra. L’essence de l’homme étant originellement déterminée par ces principes, l’ascendant d’un homme sur un homme, ou d’une nation sur une nation, est une façon d’être normale dans l’Histoire. Mais cette façon d’être de l’homme et des peuples est évolutive. Car si l’Histoire était figée, on aurait alors des hommes et des peuples qui auraient un ascendant à l’infini sur d’autres hommes et d’autres peuples. Une situation figée serait contraire au sens même de l’existence. D’autant plus que les hommes ou les peuples qui auraient l’ascendant sur des hommes ou des peuples ne l’ont pas dû à eux-mêmes mais aux « circonstances historiques » qui ont favorisé leur ascendance et les ont placés au-dessus des autres.

 Pour comprendre, prenons deux êtres. Un est né vigoureux et fort, un autre est né chétif. Ou encore, un est né avec une intelligence qui dépasse la moyenne, un autre, avec une intelligence à peine moyenne. Dans les deux cas, les deux êtres n’y sont pour rien dans leurs facultés héritées, ils le doivent à leurs naissances qui sont « contingentes ». La « contingence » n’est pas comme on le croit contraire à la « Nécessité », puisque l’« étant » hérité est venu s’imprimer sur la « Nécessité » dotant le premier d’une faculté et le second d’une autre faculté. Ce qui nous amène à dire que l’ascendance d’un homme sur un homme, ou d’un peuple sur un peuple, le doive aux « contingences ». On comprend dès lors que l’esclavage ou la colonisation le doit à l’« étant », lui-même relevant de l’ordre des « étant-s » ou des « contingences ». Si l’exemple des deux êtres nous dit que l’homme n’a rien à voir « à ce qui est donné » puisqu’il le subit par la naissance, il en va de même pour l’ascendance des hommes et des peuples.

 Si, par exemple, les pays de l’Afrique noire étaient des nations suffisamment avancées, ni l’esclavage ni la colonisation n’aurait existé. Mais ces pays d’Afrique ne l’étaient pas alors que les pays européens l’étaient, ce qui a permis la pénétration coloniale européenne. Tout relève donc de l’« étant d’un macrocosme », comme il relève aujourd’hui d’un « autre étant du macrocosme ». Comme s’explique aussi pourquoi des territoires en Europe sont restés des siècles sous domination musulmane (Espagne, Sicile, Corse…). Comme les Celtes et autres races indo-européennes qui ont peuplé l’Europe, il y a plus d’un millénaire. Une date encore plus récente, les États-Unis, un pays neuf qui a moins de trois cent ans, peuplés par une mosaïque de races, sont devenus la première puissance du monde. Le monde ainsi est constitué d’un successif d’« Etant-s », relevant d’un « ordre de contingences » qui ne dépend que de l’« Essence » et dont l’existence elle-même tire son essence. Apparaît que l’« ordre des contingences » constitue non seulement un cinquième « préalable » dans l’existence des hommes et des peuples, mais se lit comme une dimension « voilée » du devenir.

 

  1. La guerre 1914-1918 : un « Contingent » de l’Histoire ?

 

 Ces principes fondateurs de l’essence de la nature humaine présentés, il faut maintenant tenter de comprendre la marche du monde. Nous partons de l’événement le plus marquant du XXe siècle, le premier conflit mondial 1914-1918 qui a précipité l’histoire et donner un nouveau sens au monde. Cet événement majeur de l’histoire moderne, avec l’analyse qui va suivre, va montrer que l’Histoire de l’humanité n’est pas « contingente », dans le sens « accidentelle », « fortuite », mais « contingente » dans le sens que le mouvement de l’Histoire de l’humanité relève d’un « ordre logique et cohérent ». Et que tous les « préalables » que nous avons énoncés, la « Liberté » reste le « levier moteur » de l’Histoire.

 Les puissances européennes, en se déclarant la guerre en 1914, ne se sont pas représentées les conséquences qu’elles allaient provoquer sur leurs peuples et sur les autres peuples du monde. Une longue guerre extrêmement épuisante, meurtrière, à laquelle ont été associés les peuples colonisés, s’est révélé une véritable hécatombe. En 1917, toutes les nations étaient guerre, 17 millions d’hommes avaient été mis hors de combat dont un tiers de morts, après trois années seulement de guerre.

 Rien ne présageait que la mort de l’archiduc François-Ferdinand, l’héritier du trône de Vienne, le 28 juin 1914, suite à un attentat terroriste serbe, allait embraser l’Europe et étendre la guerre au monde, avec des dizaines de millions de morts et de blessés. Comme aujourd’hui, rien ne présageait que l’attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, à New York, allait amener les Etats-Unis et l’Europe (OTAN), à entrer en guerre en Asie centrale. Et entraîner des réactions en chaînes dont les enjeux restent toujours pendants.

 En réalité, l’attentat terroriste en 1914 n’était qu’un prétexte pour les puissances occidentales pour déclencher la guerre. Toutes les puissances européennes s’y préparaient et y voyait dans la conjoncture une possibilité pour tirer des avantages territoriaux et politiques. La prise de possession du monde a entraîné fatalement une compétition entre les puissances coloniales. L’exaspération nationaliste, le défaitisme ignoré, tout souriait aux puissances européennes, maîtresses du monde. Chaque peuple en Europe transposait l’enthousiasme de la domination qu’il avait sur les peuples des autres continents sur les peuples européens voisins, perdant de vue que la guerre dans les colonies étaient inégale alors qu’entre les puissances européennes, le rapport de forces était en équilibre. C’est ainsi que cinq longues années de guerre avec l’entrée des États-Unis au côté des Alliés dans le conflit ont eu pour conséquence l’élimination de 20 millions d’êtres humains, et autant sinon plus de blessés. Pour quel résultat ? Des puissances ruinées par la guerre, une Allemagne humiliée et s’apprête deux décennies après à prendre sa la revanche. Des empires démantelés (d’Allemagne, d’Autriche-Hongrie et d’Ottoman) et enfin le réveil des peuples coloniaux qui a sonné avec l’affaissement des puissances coloniales. En 1919, le monde a changé, il n’était plus comme avant.

 Posons-nous cette question : « Pourquoi l’irruption d’un conflit, considéré au départ par l’opinion publique, comme une guerre de quelques mois, sans grande conséquence pour l’ordre impérial européen, puis s’est transformé en une guerre effroyable, un désastre pour les puissances européennes ? » Surtout qu’un deuxième conflit mondial encore plus effroyable allait survenir vingt ans après.

 Au-delà de la guerre entre les puissances européennes, qu’en est-il des peuples d’Afrique et d’Asie qui représentent 2/3 de l’humanité et, de surcroît, dominés par les puissances européennes qui représentent moins d’1/5 de l’humanité. N’y a-t-il pas une injustice manifeste entre les peuples ? Quel destin pour les peuples d’Afrique et d’Asie ? Quel destin pour les peuples européens transformés en chair à canon ? Deux peuples dominés. Les uns en « sous-peuples », les autres pour être consommés par la guerre. Qu’en est-il alors de l’« essence » des peuples qu’ils tirent de l’« Essence » ? Cette « Essence » qui régir le monde et l’univers tout entier. Précisément, la première guerre mondiale apparaît comme une première réponse « contingente » au désordre du monde. Par conséquent, la question n’est pas dans la puissance militaire écrasante des empires européens qui a mis des peuples dans une situation de servitude et de « négation », qui est un « Etant », mais la substitution d’un « Etant » par un autre « Etant » que la guerre 1914-1918 et la formidable puissance de guerre de l’Europe pour régenter le monde a fait éclore.

  Les « contingences » qui ont permis l’expansion des puissances européennes vont opérer un mouvement inverse et provoquer, à partir de cet événement, une série d’événements qui, au prix de terribles souffrances, marqueront la fin d’une époque, la fin des empires européens.

 

  1. La crise de 1929

 

 Crises et guerres sont des « accoucheuses d’histoire ». Pour Edgar Morin, l’histoire est « une succession d’émergences et d’effondrements, de périodes calmes et de cataclysmes, de bifurcations, de tourbillons des émergences inattendues ». Morin qui parle d’abîmes et de métamorphose, cette histoire qu’il a vécue, il le rappelle dans son livre « vers l’abîme » (L’Herne 2007) : « En 1929, la crise économique, conjuguée à l’humiliation des lendemains de la Première Guerre mondiale, a provoqué la venue au pouvoir d’Hitler, par des voies démocratiques. Ce n’est pas d’un pays arriéré qu’est venue la barbarie, mais de ce qui était la première puissance industrielle d’Europe, et qui était sur le plan culturel, la plus avancée ». Né en 1921, Edgar Morin a connu et participé à de grandes convulsions historiques. Si tout est vrai dans cette constatation de l’Histoire, il reste que Morin ne dit pas « pourquoi le monde a vécu l’abîme passée », et pourquoi la crise de 1929 est survenue alors que les seules grandes puissances économiques, à cette époque, étaient occidentales, le reste du monde était soit colonisé soit comptait peu dans les relations politiques et économiques internationales. 

 Comment comprendre alors la crise économique de 1929, provoquée de nouveau par les puissances occidentales comme en 1914, lors du premier conflit mondial ? Est-ce une « fatalité » ? Est-ce qu’une « malédiction » pèse sur l’Occident ? Cette crise a fait l’objet de milliers d’analyses économiques mais n’a pas été transcendé, n’a jamais été au-delà des possibilités apparentes que la nature de cette crise exceptionnelle pouvait apporter comme connaissance dans la compréhension de l’évolution et du sens du monde.

 Rappelons brièvement le contexte historique qui a fait « monter » la crise de 1929. Le premier conflit mondial terminé, leurs économies affectées par la guerre, les pays d’Europe devaient procéder à leur reconstruction. Les États-Unis qui avaient approvisionné et supplée au déficit de la production industrielle de l’Europe dans le monde durant la guerre sont devenus la première puissance industrielle du monde. Se fondant sur l’engagement des Alliés à rembourser les dettes qu’ils ont contractées durant la guerre, les États-Unis ont continué à financer et exporter des machines, des équipements et des produits agricoles vers l’Europe. Les capitaux américains drainés en Europe devaient « acheter la surproduction américaine », transformant l’Europe en « locomotive » pour l’économie américaine. Comme ce qui se passe aujourd’hui pour la Chine, elle prête ses excédents commerciaux aux États-Unis sous forme de placements bons de Trésor américains pour que ces derniers importent des produits made in China. 

 Au milieu des années 1920, les pays européens, se relevant de la guerre et regagnant des parts de marché, ont commencé à se poser en concurrents à la puissance américaine. La baisse des exportations américaines vers l’Europe et la compétitivité européenne progressivement retrouvée eurent des effets négatifs sur l’économie américaine. Le problème de la surproduction, devenant le problème N°1 pour les firmes américaines, inhérent au rattrapage économique de l’Europe, s’est traduit par une baisse de la production industrielle et une hausse du chômage aux États-Unis. N’ayant pas procédé à un réajustement structurel de l’économie, les argentiers américains ont usé de moyens financiers et monétaires pour doper l’économie américaine. Comptant sur la « main invisible », multipliant les instruments monétaires (baisse des taux d’intérêt, augmentation des liquidités, assouplissement des règles prudentielles…), les autorités monétaires ont ouvert la voie à une logique spéculative sans précédent sur les marchés. La hausse artificielle des actifs à Wall Street à partir de 1928, dans un contexte de conjoncture déclinante et de baisse des profits, a drainé les capitaux à court terme investis en Europe à la recherche de plus-values et fragilisé encore le système financier mondial.

 

  1. La crise de 1929, un « deuxième Contingent » de l’Histoire ?

 

 Tous les moyens utilisés pour masquer la crise économique n’ont fait que développer la bulle financière. La spéculation aux États-Unis, encouragée par la Réserve fédérale américaine (Banque centrale), a pris des proportions telles que les actifs, déconnectés de la réalité, ont atteint des valeurs folles plongeant la Bourse de Wall Street dans une hystérie générale. Pour rappel, la crise des subprimes en 2007, malgré les progrès faits dans le domaine financier, a provoqué une crise financière cataclysmique à l’été de 2008. Pourtant elle n’a pas atteint en ampleur et en profondeur la crise de 1929 où des dizaines millions d’emplois furent détruits. Comparativement à la démographie d’aujourd’hui, si cette crise avait survenu aujourd’hui, elle aurait détruit non pas des dizaines de millions mais des centaines de millions d’emplois.

 Les autorités monétaires qui ont usé massivement des instruments financiers et monétaires et compté probablement sur la « Main invisible » d’Adam Smith pour réguler de nouveau l’économie, n’ont pas pris en compte que la « Main invisible » certes va effectivement résorber le déséquilibre (issu de la formidable spéculation qui a suivi la contraction de l’économie américaine), mais selon sa propre logique, c’est-à-dire en faisant plonger les États-Unis dans la plus grave crise de leur histoire. Vu le dégonflement excessif des actifs boursiers, on est en droit de se poser les questions : « Est-ce réellement la spéculation qui a été la cause première de la crise ? Où est-ce que la spéculation n’a été qu’un substitut économique pour masquer la situation déclinante de l’économie américaine ? »

 La spéculation certes a étiré le cycle économique en dopant l’économie par un processus spéculatif sans création de richesses. Mais on ne peut masquer indéfiniment la crise, la vérité finit toujours par prendre le dessus. Et c’est ce qui s’est passé. Cependant, on ne peut s’empêcher de s’interroger pourquoi, après la guerre, l’économie mondiale était en pleine croissance (reconstruction de l’Europe, boom économique aux Etats-Unis, etc.), et juste après le rattrapage économique de l’Europe, la situation économique occidentale a commencé à péricliter. On doit comprendre que l’« offre mondiale » qui a augmenté n’a pas pu s’ajuster à la « demande mondiale ». Bien que la reconstruction de l’Europe a dopé l’économie américaine, et réciproquement l’économie américaine a eu des effets heureux sur l’économie européenne, en leur faisant retrouver la compétitivité perdue par la guerre, il demeure que l’Occident s’est trouvé confronté au « mur de l’absorption ».

 En effet, les capacités industrielles avec le formidable essor industriel et le progrès technologique américain étendu à l’Europe ont crée un déséquilibre mondial puisque les capacités de production de l’Occident dépassaient les capacités d’absorption à la fois de l’Occident et du monde. Or, à cette époque, l’Europe et les États-Unis avaient une prédominance militaire et économique mondiale. Or qu’en était-il du « reste du monde », à cette époque ? Bien qu’il contribuait pour une grande partie dans la production de richesses en Occident par les formidables gisements de matières premières, d’énergie et produits de base qu’il recèle et les millions de bras que les puissances exploitaient en Afrique et en Asie pour extraire ces richesses et les acheminer pour leurs usines pour leur traitement et leur consommation, le « reste du monde non seulement ne comptait pas dans le processus productif mais, de surcroît, n’était qu’accessoire ». « Deux-tiers de l’humanité », sans droits, spoliés de leurs richesses, de leur force de travail, constituaient un sous-prolétariat, des laissés-pour-compte de l’Occident.

 Cette situation nous fait dire que la crise de 1929 et la dépression des années 1930 sont apparues comme une nouvelle « réponse contingente » pour parer à cette situation d’iniquité envers la plus grande masse du monde. Il est évident que, sans la crise de 1929, et le conflit qui a suivi en 1939, les peuples colonisés auraient certainement attendu encore longtemps pour se libérer du diktat occidental. Aussi nous apparaît-il que de nouveau un « Etant » s’est substitué à l’ « Etant » d’avant 1929, et qu’en rebattant les cartes du monde, il entrait dans l’ « ordre des contingences ».

 Nous apparaît-il aussi que le principal ennemi de l’Occident n’a pas été le monde colonisé qui, en fin de compte n’a fait que prendre le train en marche pour se libérer, mais, paradoxalement, a été la formidable puissance économique par où est venue la crise, et la formidable puissance militaire par où est venue « sa destruction ». Cette vision métaphysique du monde est bien une réalité puisque c’est de celle-ci que les empires européens doivent leur disparition, et de celle-ci qu’est née la « Liberté » des peuples. L’humanité ne se régit pas comme elle veut, qu’il y a bien une « Essence », une « Instance supérieure » aux hommes qui gouverne les peuples.

 

Partie 1 (à suivre)

 

Medjdoub Hamed

Chercheur spécialisé en Economie mondiale,

Relations internationales et Prospective.

www.sens-du-monde.com

 

Note pour le lecteur :

Les articles suivants :

1. GUERRE CONTRE L’IRAN : Un scénario vers l’apocalypse ou le renouveau de l’Occident et du Monde arabo-musulman ? (Version longue)

2. Vers un nouvel ordre monétaire international : ajustements, crises et douloureuses mutations

3. Pourquoi les plans américains, européens et israéliens sur la Syrie sont voués à l’échec ?

4. Vers un « Troisième choc pétrolier », une « Nécessité historique » dans les bouleversements du monde d’aujourd’hui ?

Parus dans plusieurs sites nationaux et étrangers n’ont pas encore été portés sur le site de l’auteur.


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23 réactions à cet article    


  • Gandhi 4 juillet 2013 18:32

    Salutations et merci..
    personnellement les guerres et pseudo crises( il n’y a pas de crise mais un état permanent, pas plus qu’il n’y a de démocratie ,mot qui n’a aucun sens véritable,avez vous déjà voté une seule loi ?? JAMAIS)) sont le résultat d’un état d’esprit de certains humains....

    tout ce qui est fabriqué est œuvre collective...sans collectif l’humain aurait disparu depuis des milliers d’années...puis vient le temps du vol de ce collectif, le vol est une violence, un conflit...le volé toujours désuni.. (saleté de voisin, d’étranger, de vieux , de jeunes, d’ handicapé, de chômeur, de femmes, d’ homo etc etc,) ...se laisse faire, car il n’est jamais collectif sauf par force , mais le voleur qui lui travaille collectif gagne...toujours.....

    Sans aller à la racine du mal, il est en chacun avec sa putain de volonté d’avoir plus que l’autre et bien, le voleur encore et toujours va gagner..

    l’humain a t’il encore un cerveau ? je n’en suis plus sur du tout...car on creuse nous même notre propre tombeau....mais cette fois encore ce sera la faute des autres...la raclé des peules est méritée en fait...mérité car on refuse d’etre collectif...


    • Akerios 5 juillet 2013 10:14

      Bonjour

      @ Gandhi Aujourd’hui pour que le peuple soit docile et se laisse faire on lui dit que :

      «  c’est une crise économique  »........ Une crise est un événement ponctuel de courte durée donc tout va bien , nos dirigeants s’occupent de tout.

      je te cite : «  il n’y a pas de crise mais un état permanent » .

      En effet une oligarchie financière soit une dizaines de grandes famille sont en train de mettre en place une nouvelle structure économique qui enlève au états leur souveraineté. Cette oligarchie au nom de la finance exige :

      http://www.peuples-observateurs.org...

       

      Donc en ce moment notre gouvernement ne cherche pas a réguler ou contrôler la fiance , il ne cherche pas comment la taxer pas du tout.

      L’oligarchie a demander que la France taxe et réduise les retraites .

      Les retraites sont taxés c’est fait , maintenant le gouvernement force des négociations pour les réduire.

       

      Avant le retour des vacances le PS a la demande de l’oligarchie financière aura cassé les retraites.

       

      Il faut noter que les syndicats ne manifestent pas !

      .

       

       

       

       


    • Gandhi 5 juillet 2013 11:37

      Salut Akerios, merci de ton propos , je te rejoins..
      l’heure est à la résignation pour le moment....la majorité a cru au père noël et il s’est suicidé..

      Mais ce qui se passe ,nous ne le savons pas encore ,va dans le bon sens.......ce seront les élites démentes qui forcerons les passifs résignés à se bouger...mais surtout pas pour refaire le même désastre, pour le moment on ne voit pas encore ou cela nous menera..

      c’est une sorte de plus qu’une théorie qui m’est tombé dessus un jours....
      Ce qui se passe ,va dans le sens de la vie...la vie ne se refuse pas pour ce qu’elle est....or c’est ce que l’on fait.....

      vivre EST le miracle...........il n’y a rien a accomplir..


    • Gandhi 4 juillet 2013 18:34

      .la raclée des peules est méritée en fait...mérité car on refuse d’ être collectif...

      Erratum : il fallait lire « la raclée des peuples... »


      • Blé 4 juillet 2013 19:02

        Une poignée d’hommes gouverne le monde via le système bancaire. Il est urgent que les populations s’intéressent de plus près et surtout le plus sérieusement possible à l’ économie, au niveau de vie des possédants, car ils en ont jamais assez. Quand un homme est milliardaire, a t-il sérieusement besoin de tout cet argent pour vivre même dans le luxe ?


        • benedicte_gab 4 juillet 2013 21:52

          Ce sont des digressions qui en ce qui me concerne partent de postulats faux, mais qui sont des dogmes de notre société. Une hiérarchisation du vivant qui n’existe visiblement pas dans la réalité, une loi du plus fort ou « loi de la jungle » sans réel fondement (à ce sujet il serait bon de prendre l’avis des peuples qui vivent dans la « jungle réelle » comme les peuples amazoniens), et ensuite cela permet de justifier une hiérarchie des peuples, cultures, individus, etc... comme relevant d’une loi naturelle alors que cette hiérarchisation relève d’une représentation pervertie du vivant par des sociétés d’asservissement et de destruction, ayant substitué la mort à la vie comme valeur suprême et centrale, pour justifier la barbarie, l’absence d’âme (au sens non religieux du terme), le néant des castes de psychopathes/pervers qui les ont créés et y détiennent le pouvoir.

          A partir de là, la question de savoir si notre espèce ne se serait pas fourvoyé dans son évolution, s’enfonçant dans une mutation létale, faisant d’elle une espèce nuisible et inapte à la vie me semble mériter d’être posée, au lieu de projeter nos fantasmes pathologiques sur ce monde afin de prétendre que nous serions supérieurs ... 
          Quand à la prétendue conscience qui serait l’apanage de notre espèce ... je n’en ai jamais trouvé de trace, c’est visiblement l’absence de conscience qui en est la marque chez les peuples autoproclamés civilisés et supérieurs. 
          Le monde, la Vie n’ont pas de sens, dans le sens qu’ils auraient un objectif à atteindre, ils n’en ont pas. Nous pourrions vivre heureux, si nous avions le moindre goût pour la liberté, mais l’humain d’élevage vivant en clapier dans nos sociétés s’il brait vouloir être libre, n’ayant aucune idée de ce que peut-être la liberté, ne fait que demander une cage plus dorée et prétend sa vie morbide et carcérale la preuve de la supériorité de sa culture.
          Mais notre société s’effondre, et étant donné que la perversité est sa marque de fabrique, je ne doute nullement qu’elle va chercher à entraîner dans sa chute et sa mort un maximum de choses et d’êtres.
          Et non toutes les cultures humaines ne considèrent pas l’avidité et la cupidité comme « naturelles » ... loin de là, une large majorité des peuples amérindiens et mélanésiens considère ces inclinaisons comme de la démence et ont très vite saisi sans avoir eu besoin de bac+x les tares de notre culture. Il est probable que c’est vrai également pour des peuples d’Afrique ou d’Asie, mais je manque d’information sur les peuples de ces continents, et je n’ai pas l’intention d’écrire un bouquin. 

          Je suis fatiguée des croyances érigées en vérité par notre société, de son incapacité à se regarder dans la glace, à se remettre en cause, à chercher les causes réelles de ses tares (en ce qui me concerne il s’agit bien de tares) et de sa propension à les faire passer pour « naturelles » et pires preuves de sa supériorité.
          Et puis l’anthropocentrisme ça me fatigue aussi, l’humanité n’est pas le monde, à l’échelle de l’univers, elle n’a pas plus d’importance que les moucherons, voire même la moindre bactérie, elle n’a pas d’essence particulière, qui serait différente de celle des autres espèces vivantes, et si elle disparaît demain, ça ne changera pas la face de l’univers. Le jour où nous cesserons de nous croire le centre de l’univers nous aurons fait un grand pas hors de notre autisme à la Vie.

          • Gandhi 5 juillet 2013 07:23

            Salut benedicte , je plussoie mentalement ton texte, sans rien y ajouter..juste merci !! smiley


          • L.F. L.F. 4 juillet 2013 22:07

            @ l’auteur


            1) «  Karl Marx, dans la postface de la deuxième édition allemande, du 24 janvier 1873, écrit : »
            Si vous pouviez juste me donner deux petites précisions : de quel ouvrage de Marx s’agit-il ? Marx part-il de lui à la troisième personne ou bien la post-face n’est-elle pas de lui ? (et dans ce cas de qui est-elle ?)

            2) «  La dualité du « Bien » et du « Mal » est donc une nécessité pour l’existence, elle exprime, à travers la lutte pour le Bien, la raison d’être des hommes. »
            A la place de la dichotomie Bien/Mal, qui est d’une finesse digne d’un film de Walt Disney, pourquoi ne pas préférer celle bon/mauvais ? On évite ainsi tous ces absolus ( le « Bien », le « Mal », la « Justice » ) déconnectés du réel pour se pencher sur des problèmes concrets. Ainsi, plutôt que de se demander si telle ou telle chose est conforme à un hypothétique « Bien » qui serait dégagé par la « raison pure » (c’est à dire une morale comme celle que nous propose Kant dans ses Fondements de la Métaphysique des Moeurs, dans la filiation platonicienne, idéaliste, chrétienne, etc), on pourrait plutôt se pencher sur ses conséquences et les juger à l’aune du but à atteindre : une vision pragmatique bien plus adaptée à la complexité du réel.

            3) Si je perce bien votre vocabulaire (tiré d’Heidegger si je ne me trompe ?), il y aurait une sorte « d’Instance supérieure » qui agirait sur les « étants » via les « contigences » afin de réorienter l’histoire dans le bon sens. 
            Pas la peine de passer par Hegel, Marx, un vocabulaire si technique et une si longue explication pour en arriver là, Saint-Augustin (ou n’importe quel théologien) suffisait : il y a une « Instance supérieure », autrement dit une « Divine Providence », « Dieu », qui veille à ce que l’Histoire se fasse comme il faut. Oui, pas besoin de se parer d’une si longue « démonstration » pour en arriver à une simple profession de foi.
            Juste une petite question : pourquoi donc cette « Instance suprême » a-t-elle permis des « contingences » qui ont mené à des empires coloniaux pour les détruire ensuite en utilisant d’autres « contingences », qui plus est par une guerre et une crise mondiales ? Serait-elle « amateure », cruelle, idiote ou tout simplement inexistante ?

            • Hamed 4 juillet 2013 23:55

              Réponse à L.F.

              Pour les précisions sur la postface de la deuxième édition allemande, du 24 janvier 1873, de l’ouvrage de  K. Marx que vous demandez, vous trouverez son écrit aux pages 19 à 21, signé K Marx.

              Ouvrage : Karl Marx, le Capital Livre premier. (762 pages) Editions sociales, Paris. 1977

              Ceci étant, le bien ou le mal, le bon ou le mauvais, ne change en rien à l’analyse. Sauf que pour les besoins de l’argumentation, le Bien et le Mal exprime l’essence de ces instances qui régissent paradoxalement l’essence humaine. Ce qui veut dire que nous avons au moins deux essences, la nôtre que nous construisons à partir d’une essence qui nous est donnée et qui n’a rien à voir avec le mal et qui permet notre existence grâce par exemple à la pensée, l’autre essence extérieure à nous qui est le mal ou le bien dont nous ne savons l’origine mais agit sur notre existence (oriente notre devenir). Quant au tabou que vous invoquez, il n’y a pas de tabou dans la recherche du co-naître notre être.

              Le Bien et le Mal sont des problèmes concrets pour peu qu’on lise en soi-même ce qui nous motive comme par exemple notre façon de voir notre existence. Vous dîtes vous-mêmes qu’une vision pragmatique est plus adaptée à la complexité du réel. Ce qui est juste. Mais il faut encore décomplexifier le réel, ce qui n’est pas acquis.

              Vous dîtes : 3) Si je perce bien votre vocabulaire (tiré d’Heidegger si je ne me trompe ?), il y aurait une sorte « d’Instance supérieure » qui agirait sur les « étants » via les « contigences » afin de réorienter l’histoire dans le bon sens. 

               Tout d’abord, il n’est tiré d’aucun vocabulaire et je vous prie de me communiquer un vocabulaire similaire parce que je serais heureux de savoir que ma pensée se retrouve dans d’autres pensées. D’autre part, sachez que quand  j’analyse, croyez-le ou non, je ne sais pas quelle pensée je vais penser. Cela peut vous paraître bizarre, mais c’est ainsi que s’effectue mon analyse face à la matière qui me vient en pensée.  Et quel que soit le domaine : politique, économique, sociale ou autre.

               Pour ce qui est la pensée des autres, je ne passe ni par Hegel, ni par Marx ni Saint Augustin, je dis seulement leurs pensées comme je dis ensuite ma pensée.

              Quant à ce vous dîtes : Oui, pas besoin de se parer d’une si longue « démonstration » pour en arriver à une simple profession de foi.

              Libre à vous de penser que ce n’est là qu’une simple profession de foi. Pour ce qui est d’elle, vous convenez cependant que vous en êtes convaincus, et si elle est longue, c’est pour les besoins qu’elle est « cela ».

              Vous dîtes : Juste une petite question : pourquoi donc cette « Instance suprême » a-t-elle permis des « contingences » qui ont mené à des empires coloniaux pour les détruire ensuite en utilisant d’autres « contingences », qui plus est par une guerre et une crise mondiales ? Serait-elle « amateure », cruelle, idiote ou tout.

              Posez la question à vous-mêmes puisque je pense avoir répondu. D’autant plus que vous dîtes qu’elle est amateure, cruelle, ou tout. C’est tout cela, elle est « Tout » sauf que les êtres humains n’en ont pas conscience. Si tous les êtres en avaient conscience, elle ne serait plus alors « contingence » , et le monde ne serait plus « conscience ».


            • L.F. L.F. 5 juillet 2013 01:00
              « Ceci étant, le bien ou le mal, le bon ou le mauvais, ne change en rien à l’analyse. »
              La différence est de taille ! Raisonner en termes de Bien et Mal, c’est raisonner en absolus, en « idées pures ». Le bon et le mauvais renvoient à un raisonnement relatif, on est dans l’évaluation du degré de bonté). La différence est fondamentale : essayez par exemple de concilier morale kantienne (raisonnement par « idées pures ») et la morale utilitariste (raisonnement relatif), vous n’y arriverez pas.

              « Quant au tabou que vous invoquez, il n’y a pas de tabou dans la recherche du co-naître notre être. » 
              Quel tabou ? Ce mot n’apparaît pas dans mon commentaire.

              « Tout d’abord, il n’est tiré d’aucun vocabulaire et je vous prie de me communiquer un vocabulaire similaire parce que je serais heureux de savoir que ma pensée se retrouve dans d’autres pensées ».
              Je ne voudrais pas vous dire de bêtise, mais il me semble bien que les concepts d’étant et de contingence sont chez Heidegger (que je n’ai pas directement lu, je ne pourrais donc pas vous donner plus de détails)

              « Libre à vous de penser que ce n’est là qu’une simple profession de foi. Pour ce qui est d’elle, vous convenez cependant que vous en êtes convaincus, et si elle est longue »
              Je n’ai jamais convenu en être convaincu. Et oui, de mon point de vue, arriver à la conclusion qu’un entité supérieure régit le monde, c’est une profession de foi car on est dans le domaine de la religion (explication du monde par une cause surnaturelle)

              « Posez la question à vous-mêmes puisque je pense avoir répondu. D’autant plus que vous dîtes qu’elle est amateure, cruelle, ou tout. C’est tout cela, elle est « Tout » 
              Là encore, vous m’avez mal lu. Je la disais » « amateure », cruelle idiote ou tout simplement inexistante". J’opte avec résolution pour la dernière option.

            • Hamed 5 juillet 2013 09:41

              Vous me parlez de Kant et des idées pures. Qu’en est-il de la morale kantienne ou de la morale utilitariste ? Ne dérivent-elles pas l’une de l’autre ? L’idée relative ne prend-t-elle pour socle l’idée pure. Pourquoi s’enfermer dans la faillite philosophique qui apporte très peu ce dont le monde a besoin aujourd’hui. Doit-on vivre au passé kantien, hégélien, marxien, héraclitéen… Pourquoi dois-je concilier morale kantienne et morale utilitariste ? Le but est complètement différent pour chaque morale. La première part de la pensée pure dans un contexte historique (différent), la pensée utilitariste, dans un autre (elle  tente de répondre aux nouveaux problèmes du monde).

              Quant à Heidegger, c’est vrai que le mot « Etant » m’a marqué, et si je l’ai utilisé c’est tout simplement qu’il se prête bien à ma pensée, et ce que je développe est ma philosophie de l’Histoire, et non celle de Heidegger, de Hegel ou de Marx. Chaque être humain est imprégné de philosophie, et la philosophie est une forme d’art de vivre.

              Sauf que moi je cherche à comprendre mon essence et l’essence de l’autre. Si vous dîtes que vous n’avez jamais convenu à être convaincu de ma « vision du monde », alors pourquoi posez-vous des questions à l’auteur. Puisque vous avez votre propre vision qui je dois comprendre est l’inexistence.

              Quant au domaine de la religion, l’être humain est toujours relié à quelque chose, religion, athéisme, utilitarisme, etc., sauf qu’il dit qu’il n’est pas relié tout en sachant en son intérieur qu’il est relié à ce dont il n’en sait rien. Et c’est précisément cette impression d’unité qui est en lui qui le préserve et lui évite de réfléchir. Et c’est tant mieux pour vous si cette « instance suprême » est inexistante. L’essentiel est d’être soi-même.


            • L.F. L.F. 5 juillet 2013 22:22

              « Vous me parlez de Kant et des idées pures. Qu’en est-il de la morale kantienne ou de la morale utilitariste ? Ne dérivent-elles pas l’une de l’autre ? »

              Elles sont radicalement opposées, si on connaît ces pensées c’est clair comme de l’eau de roche.

              « Doit-on vivre au passé kantien, hégélien, marxien, héraclitéen… Pourquoi dois-je concilier morale kantienne et morale utilitariste ? »
              C’était juste un exemple pour vous faire comprendre que le raisonnement en relatif et le raisonnement en absolu (le vôtre) est incompatible.

              « La première part de la pensée pure dans un contexte historique (différent), la pensée utilitariste, dans un autre (elle  tente de répondre aux nouveaux problèmes du monde). »
              Kant a vécu de 1724 à 1804 et Bentham, le « père » de l’utilitarisme anglo-saxon, a lui vécu de 1748 à 1832 : ils sont contemporains, le contexte historique est donc le même.

              « Si vous dîtes que vous n’avez jamais convenu à être convaincu de ma « vision du monde », alors pourquoi posez-vous des questions à l’auteur. »
              Pardon d’être ouvert d’esprit et de m’intéresser à des pensées avec lesquelles je suis en désaccord !

              « Puisque vous avez votre propre vision qui je dois comprendre est l’inexistence. »
              Vous comprenez très, très mal. Selon vous ma vision du monde c’est l’inexistence : c’est un non-sens absolu. On ne peut pas considérer le monde si rien n’existe !
              Ce que je rappelle, c’est l’inexistence d’un « Dieu », d’une « Raison » ou d’une « Instance supérieure » (appelez-la comme vous voulez) qui régirait le monde. 



            • Hamed 5 juillet 2013 23:48

              Je ne voudrais pas vous vexer et je suis heureux que vous êtes libre d’esprit.

              En quoi l’idée pure est opposée à l’idée relative ? En quoi le raisonnement absolu et le raisonnement en relatif sont incompatibles ? Eclairez-moi, je vous prie et pas forcément à travers E. Kant ou Bentham. De vous-même, de votre vision de l’idée pure.

              Un autre point, le contexte historique de Kant et celui de Bentham ne sont pas les même. Vous allez me dire 24 ans les sépare, ce n’est pas beaucoup. Mais Napoléon a surgi à la fin du XVIIIe siècle, il a « changé » le cours de l’Europe. C’est peut-être la première guerre mondiale que la France a menée seule contre les grandes puissances impériales  de l’époque. Kant n’a pas vécu ce prodige, ou il était trop vieux. C’était la victoire d’un peuple libre, motivée par la prise de conscience d’être contre des peuples non-libres assujettis, non motivés, non conscients de leur liberté. Ils n’avaient pas encore conquis leur liberté. Ce qui explique les victoires ininterrompues des armées napoléoniennes. C’était la le combat de la « Liberté » contre la « servitude ». Je vous dis tout cela parce les grands événements historiques comptent et impactent la « pensée ». Il font avancer l’Histoire de deux, trois générations ou plus. Emmanuel Kant certainement était vieux, alors que Bentham a vu ces événements certainement la mort dans l’âme avec cette série de coalitions qui n’arrivent pas à défaire un peuple et un homme. Et c’est pourquoi j’ai au début de l’analyse, j’ai cité Hegel.

              D’autre part, vous parlez de l’inexistence, je concède avec vous que l’inexistence, c’est un non-sens absolu. C’est vrai, très d’accord avec vous, « on ne peut considérer le monde si rien n’existe ».

              Cependant, ce que vous rappelez, c’est l’inexistence d’un « Dieu », d’une « Raison » ou d’une « Instance supérieure » (appelez-la comme vous voulez) qui régirait le monde. Je suis encore d’accord avec vous, c’est votre point de vue et je pense que vous avez vos raisons. Si c’est ainsi, d’où tenez-vous que vous existez ? Je veux dire votre essence, il faut bien que vous la teniez de quelque part, par exemple de vous. Puisque Dieu selon vous est inexistant, y compris une « Raison » ou une « Instance supérieure. Pourtant, je constate que vous avez mis « Dieu », « Raison » et « Instance suprême », entre guillemets, en gras et une lettre majuscule pour chaque mot. A mon sens c’est beaucoup pour quelqu’un qui réfute ces instances suprême. Un acte manqué ? Un lapsus écrit ? Passons. Je réitère ma question, si vous affirmez que vous existez, et que l’Instance suprême, ou l’Essence comme je l’ai écrit dans mon analyse, n’existe pas, d’où tenez-vous votre essence ? Ce que veux dire comment vous existez, puisque vous existez.


            • L.F. L.F. 7 juillet 2013 22:56

              « En quoi l’idée pure est opposée à l’idée relative ? »

              L’idée pure se définit dans l’absolu, l’idée relative par rapport à quelque chose. Opposition totale donc

              «  C’est peut-être la première guerre mondiale que la France a menée seule contre les grandes puissances impériales »
              - une guerre qui n’a lieu qu’en Europe n’est par définition pas une guerre mondiale
              - « contre les grandes puissances impériales » : ainsi donc l’Empire français s’est battu contres les puissances impériales ? S’est-il aussi attaqué lui-même ?

              « C’était la victoire d’un peuple libre, motivée par la prise de conscience d’être »
              On rappellera juste que Napoléon a rétablit l’esclavage en 1802, la censure en 1810, pour ne prendre que ces deux exemples. Un vrai exemple de liberté.

              « Ce qui explique les victoires ininterrompues des armées napoléoniennes »
              Pour info, Napoléon a perdu au final.

              « C’était la le combat de la « Liberté » contre la « servitude » »
              Le plus grand adversaire de Napoléon a été l’Angleterre, qui est LE pays de la liberté à l’époque. Napoléon contre la Grande-Bretagne, ce n’est donc certainement pas la « Liberté » contre la « servitude ».

              « Si c’est ainsi, d’où tenez-vous que vous existez ? »
              Facile : « Cogite ergo sum » (Descartes). Pas besoin de votre « Instance suprême ».

              « . Pourtant, je constate que vous avez mis « Dieu », « Raison » et « Instance suprême », entre guillemets, en gras et une lettre majuscule pour chaque mot. A mon sens c’est beaucoup pour quelqu’un qui réfute ces instances suprême.Un acte manqué ? Un lapsus écrit ? »
              « inexistence » aussi était en gras : c’était la phrase entière que je voulais mettre en avant. La psychanalyse de café du commerce a ses limites.

            • Hamed 10 août 2013 20:55

              @L.F.

              Bonjour,
              Je vous invite à lire la partie III : « L’herméneutique de l’alliance du monde de l’islam et de la première puissance du monde »


            • gogoRat gogoRat 5 juillet 2013 11:29

              Question préalable à ma remarque (pour éviter un hors-sujet) : quel est le vrai sujet de cet article ?

              à lire le titre :
                 « les guerres et les crises économiques sont-elles une fatalité pour l’humanité »
              et la conclusion :
                «  le principal ennemi de l’Occident ...  a été la formidable puissance économique par où est venue la crise ...  »

              ... il me semble, en laissant de côté la question des guerres, que la question posée est d’abord un parti pris (probablement inconscient) qui entérine sans la questionner une ’solution’ toute faite -par des hommes et sans doute pas par la ’fatalité’ - à savoir : l’Economie !

               Or, plus fondamentalement, sur quoi est donc fondée cette Economie, si ce n’est sur des techniques adoptées par des hommes ? ( fatalité de ces techniques ? ... )
               Très schématiquement, j’évoquerai ici la technique de l’argent couplée à une autre technique (dont la fatalité n’est pas davantage avérée ) qui est celle de l’usure ! (pour faire court j’évoquerai ici le problème fondamental de la notion d’intérêts cumulés ...)

               Et je soulève cette question : 
               la fatalité des crises économiques n’est-elle pas due, mathématiquement, a notre adoption de ces deux techniques : - une monnaie qui non seulement ne s’use pas , mais, pire : une monnaie qui prend de la valeur au cours du temps ... qui plus est, cette augmentation de valeur n’est pas seulement proportionnelle à l’argent possédé mais elle est exponentielle !

               ( voir ce lien entre intérêt cumulé et exponentielle : http://www.richeidee.com/interets-simples-et-interets-composes/ )

               Partant de là, il me semble clair, que même si l’on a la chance d’avoir pu obtenir par l’adoption de ces techniques, des périodes stables, voire fastes, un déséquilibre, qu’il soit cyclique ou pas ne peut que se faire sentir un jour ou l’autre !
               Croire à une fatalité sur ce point nous empêcherait de prendre conscience que l’Homme dispose encore de la ressource d’améliorer, renouveler ou changer les techniques qu’Il a adoptées lui-même ...


              • Pierre Régnier Pierre Régnier 5 juillet 2013 17:13

                @ l’auteur

                 

                J’apprécie votre réflexion, et les précisions apportées à la demande de commentateurs. Un manque tout simple cependant me saute aux yeux, (mais ne m’étonne pas vraiment car je le vois partout dans les actuelles réflexions économico-historico-philosophiques)  : vous posez la question « les guerres sont-elles une fatalité ? » sans même simplement évoquer le rôle des appels explicites à faire des guerres et de leur justification dans la mise en application de celles-ci.

                 

                Faudrait-il alors comprendre votre titre comme annonçant un article où l’auteur n’entend traiter que des guerres économiques ?

                 

                Mais je n’oublie pas que le présent texte n’est que la partie 1 de l’article, et j’attends donc la suite avec impatience.



                • Hamed 6 juillet 2013 11:15

                  Réponse à Pierre Régnier

                   Vous me demandez pourquoi je n’ai pas pris en compte les appels à la guerre. Vous supputez suivant la lecture de mon analyse que j’aurais à traiter que des guerres économiques. Pourquoi êtes-vous arrivé à cette conclusion ? J’espère que vous aurez compris pourquoi je vous demande cela.

                  Ceci étant, sachez que je traite l’humanité comme un tout global, et je n’en montre que les parties essentielles et, je sais qu’en essayant d’être succinct, l’analyse peut inférer à autre chose que ce qu’elle a voulu bien dire.

                  Vous me dîtes : Un manque tout simple cependant me saute aux yeux, (mais ne m’étonne pas vraiment car je le vois partout dans les actuelles réflexions économico-historico-philosophiques) : vous posez la question « les guerres sont-elles une fatalité ? » sans même simplement évoquer le rôle des appels explicites à faire des guerres et de leur justification dans la mise en application de celles-ci.

                  Vous avez raison. Ce manque vous le voyez partout dans toutes les « actuelles réflexions… ». La question « Les guerres sont-elles ne fatalité ? », Toute la question est là. Quant au rôle des appels explicites à faire des guerres et de leur justification dans la mise en application de celle-ci ne font qu’accompagner voire provoquer cette fatalité. Le monde n’est pas conscient de ses forces et des « forces » qui provoquent les guerres. Et c’est précisément mon objectif de montrer que les hommes sont mus par eux-mêmes et par quelque chose qui utilisent ce « eux-mêmes ». Via la « dimension contingente » qui agit et va au-delà de ce que j’ai nommé les « préalables de l’essence de l’existence humaine.

                   Vous l’avez d’ailleurs compris en me disant : « Faudrait-il alors comprendre votre titre comme annonçant un article où l’auteur n’entend traiter que des guerres économiques ? »

                  Je vous réponds néanmoins non, je réitère ma pensée : Je traite l’humanité comme un tout global. Et la tuyère centrale, il n’y a qu’une seule à l’échelle humaine, qui provoquent l’avancement du monde est l’« économisme » qui écrase l’humanité.

                   L’économisme apparaît aujourd’hui un antihumanisme sur lequel se sont brisées les philosophies, les idéologies et même les religions. Et même la dictature du prolétariat qui apparaissait un espoir pour les classes exploitées n’est qu’un leurre. Un « leurre pourtant nécessaire ». La question est pourquoi. Pourquoi l’« économisme », une véritable entropie qui « mange » inexorablement l’énergie humaine, voire les existences… par son pendant, les guerres, l’appauvrissement… Et c’est cela que mon analyse interpelle. Est-ce que l’homme est soumis pas essence à cette fatalité ? Et pourquoi ?

                   


                • Pierre Régnier Pierre Régnier 6 juillet 2013 23:58

                  Merci Hamed pour ces précisions.

                   

                  Je crois que nous avons à peu près la même définition de l’économisme : un antihumanisme, qui met l’homme au service de l’économie alors qu’il faut mettre l’économie au service de l’homme.

                   

                  Quant aux philosophies et aux idéologies qui "se sont brisées sur cet antihumanisme" je crois que ce n’est vrai que jusqu’à Marx qui, justement, a voulu faire prendre conscience de la « brisure » de la philosophie par l’économisme, ce qui la rend inutile. Mais il est hélas vrai que le marxisme lui-même s’est brisé sur la soumission de ses adeptes à l’économisme.

                   

                  Ce nétait pas fatal, et c’est cette soumission qui devrait être abandonnée par les socialistes, les communistes et autres militants de gauche. La montée en horreur des résultats de l’économisme quand il est, comme maintenant, mondialisé, leur fera peut-être enfin prendre conscience de la nécessité de cet abandon.

                   

                  Mais pour les religions c’est moins simple, et il me semble qu’elles se brisent d’elles-mêmes par l’entretien de la conception criminogène qu’elles ont de Dieu, et que leur dogmatisme les empêche de remettre en question et de rejeter.

                   

                  C’est aux religions, et plus spécialement aux trois principaux monothéismes qui je pensais en évoquant les appels explicites à faire des guerres. Elles enseignent jusqu’à ce jour que Dieu a commandé aux hommes d’exercer sur d’autres hommes des maltraitances, des meurtres, des massacres de populations entières.

                   

                  Ce n’était pas fatal et lorsque, en 2006, je publiais "Neuf propositions pour sortir de la violence religieuse" l’objectif était précisément d’amener le lecteur à refuser de croire à la fatalité de la théologie criminogène, fatalité qui serait établie par le fait que l’horreur de la croyance criminogène dure depuis 3000 ans. 

                   

                  Nous aurons peut-être l’occasion d’y revenir mais, en attendant, je vous invite à lire mon article publié par Agoravox sous le titre "Le nouveau pape devra supprimer la pire des croyances. C’est ici :

                   

                  http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-nouveau-pape-devra-supprimer-la-130677



                • Hamed 29 juillet 2013 03:31

                  @Pierre Régnier

                  Bonjour Pierre

                  Je ne vous ai pas répondu parce que j’ai pensé qu’il est trop tôt pour expliciter ma pensée. Dans cette partie II, elle n’apporte pas une vision de l’énigme que représente l’émergence de l’ « islamisme » à partir de la moitié du XXe siècle.

                  « Quand Hamed dit que le christianisme n’a pas changé depuis le Moyen Age il a raison au moins sur le point le plus négatif du christianisme, sur l’aspect le plus grave de son dogmatisme, son entêtement à attribuer à Dieu et à justifier les plus horribles crimes que lui attribuent les rédacteurs de l’Ancien Testament. »

                  Très pertinent votre raisonnement. Et encore cela obéit au niveau de la pensée de cette époque. Vous comprenez ce que je veux dire. Et le plus grave c’est aujourd’hui, le monde est passé à l’âge atomique et on raisonne dans les plus hautes instances du monde encore en « médiéval » ce qui explique les guerres, etc. Mais là encore on ne peut pas couper…

                  « L’économisme d’Hamed, aujourd’hui très à la mode mais rarement explicité et assumé comme dans son article, ne l’empêchent pourtant pas de voir pourquoi les religions ont été créées, et je crois qu’il voit juste quand il précise qu’elles « ont existé pour pacifier l’homme avec lui-même et son voisin« . Le problème est alors de comprendre pourquoi les »chercheurs de Dieu » ont jusqu’à maintenant et malgré Jésus de Nazareth, établi un rapport direct avec le mal. Ce n’est pas le problème d’Hamed puisqu’il nie ce rapport. »

                  Et je suis heureux de lire la justesse de votre pensée qui est : « Le problème est alors de comprendre pourquoi les »chercheurs de Dieu" ont jusqu’à maintenant et malgré Jésus de Nazareth, établi un rapport direct avec le mal. Ce n’est pas le problème d’Hamed puisqu’il nie ce rapport. »

                  Et c’est cela l’énigme ! J’espère apporter dans la partie III la réponse. De même à votre question : « Ceci ne saurait plus tarder maintenant, grâce à nos gouvernants qui s’emploient avec ferveur (laïque et républicaine) à islamiser notre pays, comme leurs semblables des autres pays d’Europe s’emploient à islamiser le leur. »

                  Et la réponse est comme vous l’avez énoncé : « Le projet commun qu’il est urgent de mettre en œuvre", comme vous dites, on dit trop, selon moi, que l’obstacle est « un problème d’intégrismes » et pas assez « de confusion religieuse » entretenues par les institutions juives et chrétiennes. »

                  Sauf que pour qu’elle se réalise il faut que l’Histoire se déroule non comme vous le dîtes, bien que ce soit in fine la finalité de l’histoire mais que cette finalité se fasse selon son calendrier que nous ne pouvons que supputer selon précisément la compréhension des « contingences de l’Histoire ».

                  J’espère que la partie III lèvera l’incompréhension que ma pensée a apportée.

                  Cordialement


                • Hamed 10 août 2013 20:57


                  @Pierre Régnier

                  Bonjour,
                  Je vous invite à lire la partie III : « L’herméneutique de l’alliance du monde de l’islam et de la première puissance du monde »


                • Akerios 5 juillet 2013 17:43

                  Attention  :

                   

                  Lorsque tombera la première bombe atomique il sera trop tard pour se préoccuper de l’endroit ou tombera la dernière !

                  .

                   

                   

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