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Accueil du site > Actualités > Politique > Les indécis, clé du scrutin présidentiel

Les indécis, clé du scrutin présidentiel

Cette élection se caractérise par une situation paradoxale. Le pourcentage d’électeurs encore indécis demeure proche de 30% à moins de trois semaines du premier tour. Dans le même temps, un nombre de Français très important (80% d’après certaines études) indiquent leur intention d’aller voter le 22 avril. Cette campagne électorale est devenue l’un des sujets majeurs de discussion dans la population, et rarement journaux et programmes audiovisuels n’ont eu un tel succès avec leurs sujets sur cette élection. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation, et les éléments qui emporteront la décision chez ces indécis, qui détiennent dans leur vote le résultat final, sont complexes.

Nouveaux électeurs

L’une des raisons qui peut être à l’origine de ce fort pourcentage d’indécis est lié à l’évolution même du corps électoral. Un nombre important de Français s’est inscrit pour la première fois sur les listes électorales (certaines communes ont ainsi enregistré des augmentations d’inscription de 20 à 30% par rapport à 2002), et manifeste l’intention de participer à l’élection. Par nature moins politisée, moins habituellement curieuse du débat politique, cette population est donc logiquement plus indécise. Ce souffle démocratique salutaire, ce renouveau d’intérêt pour la politique est un élément très positif, mais il entraîne une difficulté plus importante à anticiper le résultat final. Ces nouveaux électeurs sont en effet à la fois exigeants sur les programmes des candidats mais encore peu informés sur les différents projets de société proposés. Ils ne s’inscrivent généralement pas dans un clivage classique droite-gauche qu’ils considèrent dépassé, et prendront donc probablement leur décision au dernier moment, en fonction de l’ensemble des éléments qu’ils auront pris en compte, plutôt que de se déterminer sur une base partisane.

Electeurs non sondés

Une autre raison, technique celle-là, de l’incertitude actuelle, est liée à la quantité croissante d’électeurs non sondés, car dépourvus de téléphone fixe, parmi lesquels de nombreux jeunes. Ces jeunes ont aussi été nombreux à s’inscrire sur les listes électorales, et on peut penser qu’ils seront plus nombreux qu’en 2002 à voter. Leur choix est aussi, de par leur moindre expérience politique, plus lié, sinon à l’instinctif, du moins à l’affectif, même si l’on sait qu’il se porte en général moins sur les extrêmes et plutôt à gauche. Néanmoins, certaines études ont aussi montré l’intérêt du vote Bayrou auprès d’un pourcentage non négligeable de jeunes, qui se retrouvent dans sa volonté de dépasser le clivage droite-gauche.

Trois vraies options

Enfin, la dernière raison est sans doute plus fondamentale : elle réside dans un choix plus ouvert que lors des élections précédentes. Alors que le clivage droite-gauche, qu’une grande majorité de Français rejettent, était encore l’option prédominante du choix proposé en 2002, et que les candidats principaux eux-mêmes s’inscrivaient dans la continuité des années précédentes (ce qui a pu expliquer la déperdition des voies vers les « petits candidats »), l’élection de 2007 offre à la fois des personnalités plus en phase avec leur époque et trois vraies options politiques différentes en plus des candidats « protestataires » ou « d’idées ».

Le choix final

Ceci nous amène à regarder les différents éléments susceptibles d’influencer la décision finale de ces électeurs indécis.

Traditionnellement, le choix des électeurs se détermine en fonction de trois grands critères :

- un vote de soutien à une idée, à un thème. Ce vote est plutôt lié aux choix pour les « petits » candidats, comme le vote écologiste, mais aussi altermondialiste par exemple.

- un vote protestataire, contre le « système » (typiquement le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen, mais aussi, de façon moindre, le vote Bayrou cette fois-ci) ou contre un système libéral qui laisse certaines catégories sur le carreau (vote extrême gauche), voire contre l’immigration ou les musulmans (vote de Villiers ou Le Pen).

- Plus classiquement, un vote d’adhésion à l’un des deux modèles traditionnels de société, de gauche (Parti socialiste) ou de droite (UMP ou UDF pour les élections précédentes, pour les modérés pro-européens).

Mais ce triptyque classique n’est sans doute plus de mise pour de nombreux électeurs indécis en raison de plusieurs facteurs :

- le souvenir du 21 avril 2002, et l’absence de choix véritable au second tour, qui a laissé des traces dans l’électorat ;

- la présence d’un candidat qui souhaite dépasser l’opposition traditionnelle entre droite et gauche au profit d’un gouvernement de rassemblement plus large ;

- la personnalité même de certains candidats, qui suscite de fortes réactions, positives ou négatives.

Les indécis de 2007 choisiront ...

Jean-Marie Le Pen étant sans doute le candidat dont le socle électoral est le plus déterminé, il est peu probable qu’il constitue une option pour de nombreux indécis. De la même façon, cette élection semble peu favorable aux « petits candidats », qui, peut-être en raison du souvenir du 21 avril 2002, ne paraissent pas pouvoir capter une part importante des indécis.

Il est donc assez probable que ces derniers se détermineront, dans leur grande majorité, en fonction d’un choix assez simple :

- Voter en faveur de l’un des deux candidats des partis traditionnels, PS ou UMP. Ce choix a l’avantage d’une assez grande visibilité quant au gouvernement et au projet de société qui seraient mis en place.

Ou

- Risquer le vote en faveur de la proposition nouvelle défendue par le président de l’UDF, mettant en place un gouvernement de rassemblement. Si ce choix correspond bien au souhait d’une majorité, il comporte en revanche une incertitude sur sa réalisation, puisqu’il n’a plus été mis en œuvre en France depuis longtemps (contrairement à de nombreux pays européens).

... Ségolène Royal ?

Le vote pour Ségolène Royal comporte plusieurs atouts. Un projet d’inspiration socialiste traditionnelle dans lequel la candidate a inséré un certain nombre de spécificités personnelles, et le fait d’élire une femme à la magistrature suprême, élection qui n’est pas sans attrait pour de nombreux(ses) Français(es) et serait le signe d’une incontestable modernité. En revanche, cette candidature se heurte à deux écueils : la personnalité de Mme Royal, jugée parfois un peu « tendre » et inconstante, voire populiste, et un programme constitué d’une liste de promesses que beaucoup jugent irréalistes.

... Nicolas Sarkozy ?

De la même façon, le vote en faveur de Nicolas Sarkozy possède pour attrait : celui d’élire une personnalité à l’image dynamique, qui promeut le travail comme vertu principale, et détient une composante sécuritaire appréciée par de nombreux Français. Néanmoins, mis à part certains aspects de son programme qui peuvent apparaître comme privilégiant les catégories déjà les plus aisées, le personnage et sa méthode de travail suscitent aussi des réactions assez vives, qui sont perçues comme susceptibles d’entraîner des conflits sociaux à répétition et des affrontements entre diverses catégories de la population.

... ou François Bayrou ?

De façon opposée, ni le programme ni la personnalité de François Bayrou ne posent problème pour la majorité de ces indécis. Ils sont en effet généralement considérés comme consensuels et réalistes, tout en apportant une touche d’éléments réformateurs nécessaires. Là où le bât blesse, c’est bien dans la faisabilité d’un projet novateur, séduisant mais non testé, de gouvernement rassemblant un spectre large de personnalités politiques. Si les expériences allemande, néerlandaise, voire italienne (puisque le centre droit semble maintenant prêt à rejoindre la coalition de centre gauche dans ce pays) paraissent être couronnées de succès, ces exemples, peu connus des Français, se déroulent aussi dans des systèmes politiques différents. Le vote en faveur de François Bayrou consisterait donc, pour nombre d’indécis, en un pari sur l’avenir, à moins qu’il ne soit aussi un choix par défaut, de rejet des deux autres. Si les enquêtes d’opinion continuent en effet de suggérer, en dépit de la prudence qu’il faut accorder à ces sondages, que François Bayrou est le seul à pouvoir l’emporter au second tour face à Nicolas Sarkozy, ce dernier argument pourrait finalement s’avérer décisif dans l’isoloir.

Quel que soit leur choix final, il y a donc fort à parier que ce sont bien ces indécis qui détermineront le résultat de l’élection le 22 avril, et d’une certaine façon, le type de société dans laquelle nous vivrons au cours des dix prochaines années. Selon toute probabilité, ce choix se cristallisera tardivement, voire même au dernier moment, ce qui devrait relativiser les interprétations abusives des faibles variations observées dans les sondages d’opinion.


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74 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 3 avril 2007 10:47

    Nous sommes à 20 jours de l’élection présidentielle,après avoir vécu,l’un des plus mauvais quinquénat de l’histoire de France.

    Comment des citoyens pourraient-ils etre encore indécis ?

    Les français ont déjà fait leur choix,mais il n’est pas jugé réaliste par les instituts de sondage.

    BAYROU président.

    C’est un vrai vote de protestation sur une personne qui semble assez simple et près des problèmes des gens dans ce pays.

    Il n’a pas dissimulé son patrimoine financier et immobilier et il est REALISTE et c’est un homme intégre et juste

    Il est vrai que les médias vendent toujours et toujours du SARKOZY-ROYAL,mais autour de nous,nous savons tous que le choix pour nous est fait : BAYROU


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2007 11:00

      Bonjour,

      Un fait à noter, la popularité de Bayrou chez les très jeunes votants, 18-20, inscrits en masse. J’ai vu passer une info sur un scrutin dans un lycée bordelais, un tabac pour Bayrou et un bide pour les autres candidats, surtout Le Pen (qui entre parenthèse, vient de prendre dix ans d’âge en quelques mois)


      • Voltaire Voltaire 3 avril 2007 11:12

        Il s’agit d’une population très difficile à apprécier. D’abord en raison de sa volatilité, ensuite parce que sa participation au vote est très variable d’un scrutin à l’autre.

        Il est exact que les meeting de François Bayrou semblent attirer beaucoup de jeunes non UDF, mais de là à en tirer des conclusions... Cependant, les rares enquêtes disponibles sur les intentions de votes des jeunes suggèrent en effet une popularité de Bayrou supérieure à celle attendue, sans doute en raison de leur rejet du clivage droite-gauche.

        Quant à Le Pen, il n’a jamais été populaire chez les plus jeunes de toute façon (et voter pour quelqu’un de l’âge de son grand-père, cela fait hésiter...).


      • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2007 13:25

        Voltaire,

        Chirac et Mitterrand ont été élus et réélus à un âge de grand père. Ce qui m’a paru marquant, c’est que Le Pen apparaît dans les écrans avec la figure d’un vieillard. Observez bien comme il marche en se tenant aux barrières, comme s’il cherchait sa canne. A l’époque où l’image compte, cela risque de lui coûter des voix.


      • Harald 3 avril 2007 13:35

        Cela m’a frappé tout autant que vous.


      • dégueuloir (---.---.76.184) 3 avril 2007 22:16

        je pense que l’écart entre SR NS FB va se resserrer doucement jusqu’au scrutin,et la suite sera incertaine avec un recul de JMP à coup sûr (une partie des votes FN va se reporter sur NS,mais aussi une partie de NS sur FB) surprise surprise ....quoiqu’il en soit,une alliance DEVRA être conclue entre SR et FB,CE SERA UNE ÉVIDENCE LOGIQUE sinon « Waterloo morne plaine ! » ...mais un plan de gouvernement PS UDF entre les deux tours ferait basculer l’élection à n’en point douter !!!


      • PhB95 (---.---.115.27) 3 avril 2007 23:09

        Effectivement il serait très souhaitable d’avoir une alliance UDF + PS. C’est d’ailleurs ce type d’alliance qui fonctionne en Allemagne avec quelque succès. Mais je pense surtout cela parce que le programme très (trop) généreux de SR serait utilement « bridé » par la sagesse budgétaire revendiquée par FB. Je crains que cette belle possibilité soit, par calcul politicien, écartée par les intéressés. Nous aurons donc Sarko, avec pas mal de casse sans doute très rapidement.


      • dégueuloir (---.---.76.184) 4 avril 2007 02:01

        les indécis ??? et les circoncis ???.... smiley


      • LE CHAT LE CHAT 3 avril 2007 11:10

        ce sont bien les indécis qui fusilleront les prévisions des sondageolâtres smiley vivement le 22 au soir qu’on les voit s’étriper joyeusement après lecture des résultats....


        • dégueuloir (---.---.76.184) 4 avril 2007 02:18

          ppFFFFF miiiaaaaouuu pffffff.... smiley


        • non666 non666 3 avril 2007 11:40

          Vous oubliez un certain de nombre de pistes qui expliquent les « ne se prononcent pas ».

          Comment culpabiliser ou ringardiser un vote (LePen, trotskiste, PC)et ensuite le mesurer facilement et clairement ?

          Comment se fait il que le manque de confiance envers les medias soit si fort et ne pas remarquer qu’ils ont deja choisi pour nous, depuis deux ans, ’la finale dont :

          « NOUS » avons été « privé » en 2002’.

          Le vote LePen en 2002, mais aussi celui des alternatives au choix qu’on voulait nous imposer etait deja révélateur Seuls 36% des electeurs avaient voté pour du Chirac-Jospin vendus finalistes depuis des mois...

          C’etait déja 64% de resistants au formatage.

          55% de vote NON au referendum malgrès TOUS les journaux, TOUTES les TV , TOUTES les radios qui nous expliquaient pourquoi le soleil brillerait mieux si on votait OUI...

          Comme tout organisme vivant, le corp electoral français est devenu immune a certains virus : la propagandite et la sondagite influencite aigus en particulier... La resitance s’etend de plus en plus.

          Ayant été dans ma jeunesse « occupant » a Berlin, je connais bien le phénomène. Ceux qui sont devenus ensuite mes amis d’allemagne de l’est me l’avait pourtant bien expliqué :

          Quand dans ton travail, chez tes amis, tu es jugé defavorablement pour tes choix non conformes ou non orthodoxes ou non compatibles avec ceux qui controlent l’information, tu finis par chanter la chanson de tout le monde pour avoir la Paix...

          Plus de la moitié des gens refusent de repondre ou pretendent ne pas avoir fait leur choix.

          Ce sont les memes qui ont donné une dernière chance a l’UMP en 2002. Celle-ci avait promi qu’elle prendrait les problèmes en compte et savait qu’elle serait jugé au résultat...

          Ce sont les memes qui ont tourné le dos a Jospin car son programme de socialiste n’etait plus socialiste du tout a leur gout...

          La logique de tout cela est evidente. Ce ne sont pas les electeurs de Sarkozy ou de Royal qui sont « en reserve », et attendent, tapis dans l’ombre, le signal du dernier assaut !

          Vous pouvez donc raisonnablement diviser par 2 les sondages de nos « grands » ( 1m60 ! ) candidats Vous pouvez aussi pratiquement doubler (ou au moins rajouter 30% a tous les « petits »

          C’est d’ailleurs ce que nous indiquent les historiques des sondeurs depuis 5 presidentielles . Les choses sont simplement plus graves aujourd’hui, la confiance etant davantage perdue.

          A cela s’ajoute le fait que les deux grands candidats sont devenus des « generalistes », des supermarchés ou l’on trouve tout et son contraire. Qui sera trahis ? Les « petits » ont en commun de ne pas avoir devié depuis des années de leurs doctrines :

          Chretienne democratie pro-europeenne de Bayrou.

          Nationalisme plutot liberal(en economie) de LePen.

          Marxisme pur et dur des Besancenots et consorts.

          Mais une chose devrait nous indiquer que nos grands candidats savent exactement ou en sont leurs rapports de force respectifs :

          Il suffit de voir ou ils tirent a un moment donné et quels themes ils abordent pour deviner ce que les données techniques des sondages leurs indiquent.

          Or depuis 3 semaines, ils tirent sur Bayrou et visent les thematiques d’Ordre, de Nation, de Souverainisme...

          Les conclusions sont claires non ?


          • Voltaire Voltaire 3 avril 2007 12:14

            Vous pouvez avoir raison.

            Je me suis basé sur plusieurs études et aussi sur beaucoup d’avis pour cette analyse, mais j’ai peut-être sous estimé la remontée des petits candidats, comme le suggère la montée d’Olivier Besancenot. Mais je doute qu’ils atteignent les scores de 2002.

            Pour Le Pen, cela va dépendre des dernières actualités. Il a un plafond d’électeurs, et son pourcentage dépend donc un peu de la participation. Si celle-ci est élevée, comme on le prédit, je ne pense pas qu’il dépasse son score de 2002. Sarkozy est sans doute un peu surestimé, et un Le Pen à 16% ne m’étonnerait pas, mais, sauf nouvelles émeutes ou accident, je ne pense pas qu’il monte beaucoup plus haut. En tout cas, je n’ai pas d’information sur les indécis qui suggèrent un changement de vote de ceux-ci vers l’extrême doite. Tout suggère que les électeurs de Le Pen sont déjà décidés. Par contre, on peut en effet sous estimer son score.

            Mon article portait cependant sur le vote des indécis, pas sur l’incertitude des sondages...


          • Nasty Gasty (---.---.1.245) 4 avril 2007 06:25

            Bonne analyse ..On a pas fini de rire le soir du 21 Avril ..

             smileysmileysmileysmiley


          • Nasty Gasty (---.---.1.245) 5 avril 2007 06:54

            PAs sure de te comprendre , Queen ?? On se connait ?


          • Rabelais Rabelais 3 avril 2007 11:58

            @Voltaire : s’inscrire sur la liste électorale est en effet un geste politique républicain, dans son sens noble d’intérêt de la chose publique. Ces nouveaux inscrits sont sans doute moins partisans mais ont probablement été motivés par des faits, des gestes, des évènements.

            En comparaison d’autres élections du même type (j’ai atteint l’âge d’en avoir vécu plusieurs !), il est très clair que les indécis sont aussi alimentés par les décidés des élections précédentes. La force médiatique (inédite) de la vision centriste les atteint et pour beacoup les fait réflechir.


            • Forest Ent Forest Ent 3 avril 2007 12:26

              Cet article, comme les sondages, sous-estime gravement le vote FN. Le réveil sera douloureux.


              • Voltaire Voltaire 3 avril 2007 14:32

                Avez-vous des informations à ce sujet ?

                Parmi les indécis, je n’ai pas l’impression que la tentation du vote Le Pen soit forte. Mes informations suggèrent que ceux qui votent Le Pen ont déjà choisi, même s’ils ne le disent pas aux sondeurs.


              • Forest Ent Forest Ent 3 avril 2007 18:15

                Non, c’est un sentiment. D’abord, cela a toujours été ainsi. Ensuite les motivations de 2002 sont toujours là, et aggravées. Enfin, je pense que le fait que l’UMP adopte le langage du FN va « dé-diaboliser » celui-ci.

                C’est pour cette raison que j’ai écrit ici depuis 3 mois que je prévoyais un second tour Royal-Le Pen. Comme tout le monde y a été de son pronostic, nous pourrons faire une session « dépouillement des argumentaires » le 23/4. smiley


              • Vincent 3 avril 2007 12:27

                Effectivement les indécis ou les abstentionnistes feront la différence, c’est une évidence, nous serons presque 45 millions à être appelés aux urnes le 22 avril, combien selon vous s’exprimeront. Pour mémoire en 2002 nous étions 41 millions, Seulement 29.5 millions ont votés.

                Cette année + 4 .5 millions, dont notamment un grand nombre d’inscrit en banlieue suite aux émeutes, on pourrait donc penser que les jeunes nouvellement inscrits ne seront pas pro-Sarlo, par contre les plus anciens nouvellement inscrits eux à mon avis seront pro-Sarko voir extrémistes, histoire de remettre vraiment de l’ordre dans leurs cités comme ils disent.

                Alors à qui profitera le vote des banlieues ?

                Bayrou possède une forte image de marque dans les banlieue auprès des jeunes car ils ne l’on pour la plus part pas connu au gouvernement dans les années 90.

                Sarko - Lepen bénéficieront d’une bonne image auprès des parents ne tenant plus leurs jeunes.

                Je pense donc que Royal sera la grande perdante des banlieue, qui sont encore très misogynes « ho là se faire commander par une gonzesse, faut pas déconner quand même ». Au final je ne pense pas que les électeurs soient si indécis que cela, je pense plutôt qu’ils ne veulent tout simplement pas donner leur opinion, une sorte de petit poker menteur, comme en plus c’est à la mode en ce moment, nous français sommes à mon avis assez joueurs et aimons créer la surprise.

                Vivement le 22 avril à 20h00.

                Donc le 22 allez votez pour qui vous voulez mais votez.

                http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/presidentielles/2002/documents/tour1/result at1.htm


                • snoopy86 (---.---.31.221) 3 avril 2007 13:22

                  Sur les nouveaux électeurs, ils sont inscrits mais rien ne démontre qu’ils iront voter... Il y a eu une grosse campagne et une facilitation des procédures.

                  Leur origine est par ailleurs beaucoup plus diversifiée que la presse s’en est fait l’écho : ils ne viennent pas tous du 93, les plus fortes augmentations d’inscriptions provenant des DOM-TOM et des Français de l’étranger (+18%)


                • Cratyle (---.---.37.13) 4 avril 2007 22:51

                  Une indication : le vote de l’ « agglomération parisienne » donne un vote Le Pen redressé (vers le haut !) autour de 4% à 5%... alors le vote des banlieues pour Le Pen est douteux. Ce sont surtout les villes de province et les campagnes, du moins certaines. Sarkozy n’est pas vraiment aimé (euphémisme) et cela se verra. Le combat est entre Bayrou et Royal.


                • Valérie H. (---.---.226.197) 3 avril 2007 12:46

                  Mère de deux jeunes « nouveaux votants », j’ai l’occasion de bavarder avec beaucoup de jeunes électeurs. Quelques uns sont tentés par le vote Ségolène Royal mais pour la plupart, ils choisissent François Bayrou, et cela, les sondages ne le prennent pas en compte. Les tentations Sarkozystes sont infimes, rien pour Le Pen ou de Villiers, rien non plus pour Bové, Buffet, Besançenot et Voynet.


                  • snoopy86 (---.---.31.221) 3 avril 2007 13:24

                    @ Valérie

                    Merci pour votre...sondage-maison !!


                  • Harald 3 avril 2007 13:33

                    Pareil que Valérie dans l’environnement de mes 2 « gamins » : les votes se partagent entre Bayrou et Royal à 55/45.

                    Ça s’eng..... sec d’ailleurs entre eux pour savoir entre les 2 quel sera le vote utile pour barrer la route à Sarkozy.

                    Parce que celui-là, franchement, il est autant haï, étant qualifié de fachiste « aussi », que Le Pen .

                    Bien à vous.


                    • Vincent 3 avril 2007 17:08

                      Heu question idiote, quand vous dites 55/45 vous parlez du poids de vos gamins, sinon il y en a un qui est plus égal que l’autre.

                      Plus sérieusement avez-vous une quelconque influence sur vos gamins ?

                      Car je me pose la question suivante : un ados de 18 ans va-t-il voter comme ses parents ou à l’inverse pour affirmer son côté rebelle ?


                    • Harald 3 avril 2007 18:52

                      Mes « gamins » ont respectivement 25 et 28 ans et vivent chacun chez eux dans la banlieue des Mureaux (78) pour l’un et de Mantes-la-Jolie pour l’autre.

                      Ils font tous les 2 du sport avec ces jeunes des cités et nous disons, mon épouse et moi, que nous sommes fiers d’eux car ils ont l’esprit civique.


                    • (---.---.239.150) 3 avril 2007 14:14

                      Si vous aviez suivit Jean Marie Le Pen sur « Radio Beurs » etc... Vous seriez étonnés autant que l’on été leurs animateurs qui pensaient que ce ne serait qu’une pluie d’insultes à son égard.


                      • Wells (---.---.7.2) 3 avril 2007 14:18

                        Et on oublie encore et toujours que Le Pen a été premier sur le vote des jeunes en 2002 (d’aprés les chiffres officiels bien sur)


                        • personne (---.---.20.123) 3 avril 2007 14:20

                          c’est marrant ça !!!

                          les jeunes votent plus pour bayrou et royal

                          à croire qu’avec l’age on va vers sarko ...

                          et qu’avec la sagesse vers lepen smiley


                          • dégueuloir (---.---.76.184) 4 avril 2007 02:06

                            Lepen est un vieillard sénile,radoteur,démagogue et mercantyle,une horreur !! à l’hospice !!! smiley


                          • Thucydide (---.---.101.8) 3 avril 2007 14:38

                            Bonjour, Voltaire,

                            Votre article a surtout pour conséquence (ou pour but ?) de susciter les pronostics. C’est un exercice un peu vain et puéril, mais comme je ne vais pas nier que j’aime bien m’y adonner aussi, allons-y gaiement :

                            Je n’ai guère été surpris de voir un des deux « premiers candidats » ne pas accéder au second tour en 2002 Pour être honnête, j’attendais une surprise Chevènement-Chirac, ou alors Jospin-Le Pen, vu la sous-évaluation chronique du Front National dans tous les sondages depuis des lustres. J’ai davantage été surpris par la surprise des autres, comme si la chose était totalement inconcevable, alors que les signes avant-coureurs se multipliaient dans l’aveuglement général.

                            Par contre, pour cette fois-ci, je suis prêt à parier que les clivages classiques vont se reformer : les 64 % de contestataires évoqués par Non666 n’en étaient pas tout à fait, à mon sens. Les gens ont davantage voté non pas contre leur candidat « de gouvernement », mais pour donner un sens à leur premier tour, histoire d’infléchir la politique du candidat dont ils attendaient l’élection dans le sens qu’ils jugeaient préférable. Je pense que peu de ces 64 % tenaient vraiment à ce que l’élection prenne le tour aventureux qu’elle a pris, et cette fois-ci, « chat échaudé craint l’eau froide », les votes contestataires seront de « vrais » contestataires, et les gens s’y reprendront à deux fois avant de penser « tiens, j’ai envie de faire comprendre à Jospin que je veux qu’il pense comme Chevènement », ou « qu’il introduise des jeunes au gouvernement comme Besancenot », ou... ou... Les « petits candidats », qui suscitent plus la sympathie que l’adhésion réelle, auront bien du mal, cette fois-ci, à se faire rembourser leurs frais de campagne. Bien peu de ceux qui votent pour eux les imaginent réellement aux rênes du pays, sauf sans doute pour le Front National, dont l’implantation est plus profonde et le chef plus charismatique.

                            La grande originalité, par rapport à 2002, que vous soulignez bien dans votre article, c’est le cas Bayrou, qui incite beaucoup à se demander s’il est possible de jouer le second tour avant le premier. Ce faisant, il serait le candidat consensuel des « tout-sauf-Ségo » autant que des « tout-sauf-Sarko ». Plus encore que l’icône féminine Ségo, le cas Bayrou se nourrit des sondages, et ces derniers deviennent essentiels. Qu’ils reflètent ou non une adhésion profonde des électeurs à ses thèses, si ces sondages baissent pour Bayrou, ils signent sa marginalisation. Jusqu’au dernier instant, ils seront nécessaires pour entretenir la dynamique, or, elle semble donner des signes d’essouflement. A part pour les plus jeunes, il est peu probable que les électeurs prennent encore le risque d’un vote aventureux, qui a surpris la plupart d’entre eux en 2002.


                            • L'Hérétique Anaxagore 3 avril 2007 14:51

                              Franchement, je suis bien en peine de pouvoir dire où se portent les votes des indécis. J’aimerais pouvoir vous croire, mais... J’hésite souvent entre deux raisonnements. A propos de Le pen, je me tiens ce double raisonnement :
                              - Soit Nicolas Sarkozy a vraiment capté une part de son électorat, et dans ce cas, il demeurera confiné dans une marge de 12 à 15%.
                              - Soit les sondés mentent et un certain nombre affirment voter Sarkozy alors qu’ils voteront Le pen.

                              - Pour les indécis, il faut voir s’il s’agit d’une indécision entre deux votes, ou d’une indécision faute d’avoir considéré les candidatures. Dans le premier cas, on penche sans doute plus vers les gros candidats.
                              - dans le second, peut-être davantage vers les petits candidats.

                              Pour les Jeunes, attention aux témoignages « maison ». Le discours est certainement tout autre dans les milieux très populaires et désormais sans travail de la banlieue de Lille ou de Sedan.

                              La réflexion sur le machisme encore très présent chez beaucoup de Français d’origine immigrée (magrheb et Afrique surtout) pourrait en effet jouer contre Ségolène Royal.

                              En fait, c’est vraiment très difficile à dire. Il y a juste une chose qui m’inquiète : tout le monde dit tout le temps que les sondages rapportent n’importe quoi. Mais, pourtant, quand vous regardez leurs projections et les élections précédentes, ils ne se sont pas trompés énormément, en règle générale. La plus grosse erreur qu’ils ont fait, c’est +2% pour Le pen et -2% pour Jospin, ce qui faisait un écart de 4 et permettait à Le pen de passer devant Jospin. Pour les autres candidats, à 1-2% près, ils ne se sont pas trompés en général. Et si je regarde les Régionales, ils ont tapé à peu près juste à tous les coups.

                              Ce qu’il faut voir, c’est s’il y a vraiment une spécificité de cette élection qui peut entraver leur calcul :
                              - le vote de ceux qui n’ont qu’un portable est-il différent du vote des autres français
                              - difficulté particulière du cas Bayrou puisque jamais dans une élection de la 5ème république, un candidat n’est ainsi passé de 6% à à peu près 20% en deux mois. Pour ce dernier cas, il s’y rajoute le risque du vote utile : Ségolène Royal conserve nombre de socialistes modérés tant qu’ils estiment qu’elle a une chance de l’emporter contre Nicolas Sarkozy. Mais si jamais les sondages continuent à la donner invariablement perdante contre Sarkozy et Bayrou gagnant, sous réserve que ce dernier ne s’effrite pas trop dans les sondages, la détestation de Sarkozy à gauche pourrait entraîner des revirements. J’ai le cas de quelques Royalistes féroces mais pas impliqués dans la campagne, qui n’avaient jusqu’ici jamais envisagé de voter autre chose que Ségolène Royal, qui se posent pour le moment la question de manière fort rhétorique, mais qui pourraient franchir un pas.

                              En même temps je m’interroge sur le vote extrême : il ne m’a pas échappé que dans un second tour Royal Le pen, 30% des gens sont prêts à voter Le pen !!! Enfin, selon les sondages. C’est inquiétant, et signifie que Le pen a encore un réservoir de voix ou...que Sarkozy les a captées...

                              Bref, tout demeure ouvert, même s’il faut reconnaître que la tendance de fond est hélas Sarkozy-Royal pour le second tour...


                              • Nasty Gasty (---.---.1.245) 4 avril 2007 06:12

                                Encore une fois ,il y a un manque de comprehension du vote Lepen . Lepen a obtenu ma voix en 2002 . Au premier et au deuxieme tour. Aujourdhui j’hesite entre Bayrou ou lui. Les electeurs du Front National autour de moi sont egalement dans le meme cas .Ils sont anti-systeme . Tous sauf Sarko et Royal . Tous sauf l’UMPS !

                                Voila pourquoi si Bayrou passait le premier tour il serait elu « Royalement »contre Sarko . Il obtiendrait les voix de la gauche , du centre et de l’extreme droite ...

                                Le plus drole etant que le parti socialiste en descendant Bayrou est probablement entrain de travailler pour Sarko.

                                Car l’extreme droite ne votera jamais Royal au 2e tour. Pas plus qu’une grosse partie des centristes.

                                Quant a un Sarko -Lepen .. ? Innutile de dire que Lepen n’a aucune chance . Mais je reve de voir la gauche appeller a voter Sarko apres l’avoir traiter de Facho pendant des mois et d’avoir affirme que Lepen et lui .. Ma foi c’etait « Blanc bonnet et bonnet blanc » Nous avions la droite la plus bete du monde nous voila aujourd’hui avec le Parti socialiste et son grand leader « Madame Segolene Royal »

                                Vive la democratie !


                              • Unknown (---.---.241.82) 3 avril 2007 14:52

                                Mr Voltaire,

                                Bel article briant d’impartialité, bel analyse égale à vous même.

                                Le second tour de mes rêves serait, malgré tout, un bon BAYROU-LE PEN, se serait FA-BU-LEUX.


                                • dégueuloir (---.---.76.184) 4 avril 2007 02:08

                                  et sarkosy/lepen ,une horreur épouvantable et insoutenable ,mais surtout inadmissible ......


                                • dégueuloir (---.---.76.184) 4 avril 2007 02:12

                                   smiley  smiley  smiley


                                • ChristianB 3 avril 2007 15:10

                                  Il est très possible que le frémissement que l’ont sent sur internet en faveur François Bayrou se transforme. Peut être se produira un raz de marée électoral. Il est un moment où le citoyen de base en a plus qu’assez de s’entendre dire qu’il n’est pas apte. Que l’élite est seule capable de comprendre et décider. Il y a un vrai désir de changement. Il est possible en effet que les sondages soit complètement contredit (parcequ’ils étaient plutôt orientés). Certains tablent sur une indécision des gens qui se sont inscrits en masse. En fait toutes les tendances ont fait la démarche de l’inscription. je ne vois pas où est l’indécision.


                                  • Nasty Gasty (---.---.1.245) 4 avril 2007 05:53

                                    Tout a fait d’accord .

                                    Tout sauf le P.S et L’UMP . Pour moi j’hesite encore . Ce sera Lepen ou Bayrou . Cela vous parrait illogique ?

                                    Pas pour moi , ni pour beaucoup de Francais ...


                                  • pinpin (---.---.49.145) 3 avril 2007 16:59

                                    Et pourtant, le cas le plus probable sera un Lepen-Sarko au 2ème tour, et en quelque sorte la fin de la démocratie.

                                    Lepen va faire un gros score, c’est sûr, et le raz-le-bol de la classe politique s’applique également à Bayrou. Une grande part de la population n’ayant pas eu d’éducation, et vivant dans une atmosphère de peur et de violence, leurx voix n’iront elles pas aux plus violents des candidats ?

                                    Espérons que je me trompe, et sinon esperons que les gens deviennent solidaires les uns des autres dans leur quartier, leur village, et que sous couvert d’un état policier, les valeurs de l’anarchie subsitent.

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