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Les irréductibles du « made in France »

Le ministre de l’Industrie Christian Estrosi lance en grande pompe un observatoire du « fabriqué en France » pour mesurer la production industrielle en France. Que se cache derrière cette nouvelle annonce ?

Ce machin aura la mission, outre d’alimenter le clientélisme chez l’industrie française, de créer un label « marque France » pour plus facilement identifier les produits franco-français. En effet, le ministre est inquiet de voir que la part des produits français consommés en France est de 69 % contre 75 % il y a 10 ans, puisqu’il ne comprend pas ce qu’est la mondialisation. Mais il est difficile de lui en vouloir : on lui a confié la mission impossible de réaliser l’engagement complètement fantaisiste que Nicolas Sarkozy a formulé en mars dernier, augmenter de 25 % la production industrielle d’ici 2015. Au lieu de voir l’augmentation du niveau de vie induite par l’afflux de produits moins cher, nos deux comparses ne voient que les 550000 postes libérés dans le secteur industriel – et pas ceux qui ont été créés ailleurs.

Alors qu’en avril 2009 les chefs d’État du G20, dont Nicolas Sarkozy, s’étaient engagés à ne pas sombrer dans le protectionnisme, voilà que celui-ci rentre par la porte de service toute grande ouverte par le Président. C’est que le commerce international, lorsqu’il n’est pas gêné par les taxes douanières, donne l’opportunité aux consommateurs d’obtenir des produits moins chers, et donc d’augmenter leur pouvoir d’achat, en plus d’avoir accès une variété toujours croissante de curiosités en provenance des quatre coins du monde. Une part incroyable de notre alimentation, notre mobilier, nos vêtements, nos gadgets électroniques et nos moyens de transport qui définissent la vie moderne dans toute l’abondance que nous lui connaissons est rendue possible par cette division des tâches au niveau international.

Se méfier et vouloir surveiller ce phénomène, c’est croire que l’on gagne à acheter à un prix plus élevé ; une pratique que n’importe quelle mère de famille désavouerait. Et en effet, les bienfaits du commerce international sont maintenant très largement reconnus au niveau international, ainsi que la menace du protectionnisme qui précipita et endigua la Grande Dépression des années 1930. Reconnus par tous ? Non ! Car un irréductible président et son ministre de l’Industrie cherchent à aller à contresens de l’augmentation du pouvoir d’achat.

C’est que, Nicolas Sarkozy et Christian Estrosi sont tombés dans la potion magique électorale quand ils étaient petits. Enivrés par le populisme, ils nous assomment à grand coup de statistiques sur les emplois détruits dans l’industrie, en oubliant de préciser qu’ils sont remplacés par des emplois plus utiles et surtout plus gratifiants. Si par exemple il est vrai que certains électroménagers Tefal sont fabriqués en Chine, la conception n’en est toujours pas moins française. En effet, si les emplois industriels sont en déclins, les emplois dans le secteur des services, eux, sont en plein essor ! Tant mieux après tout, si on demande à de jeunes parents le travail dont ils rêvent pour leurs enfants combien répondraient machinistes et manutentionnaires à l’usine… contre combien dessinateurs industriels, avocats, médecins, designers ? C’est le phénomène que les économistes appellent la « destruction créatrice » ; les secteurs de l’économie moins utiles sont progressivement remplacés par de nouveaux, souvent beaucoup plus valorisants pour leurs travailleurs. Aller contre ce phénomène ne fait aucun sens.

Et que se serait-il passé si l’on avait par exemple empêché la disparition du métier d’opératrice de téléphone manuel ? Imagine-t-on Nicolas Sarkozy et Christian Estrosi promettre 25 % plus d’opérateurs d’ascenseurs, d’allumeurs de réverbères et d’apothicaires d’ici 2015, assortis d’un observatoire de ces métiers ? Non, et à juste titre parce que la destruction de ces emplois a créé des opportunités qui se traduisent aujourd’hui par des carrières dans l’e-commerce, dans l’aéronautique ou dans la gestion de réseaux informatique. S’accrocher comme une arapède à des emplois industriels, contre l’intérêt des Français, à grand coup de politique industrielle et « d’industries stratégiques pour la France » empêche le progrès social.

Reste le label « marque France ». On se demande d’ailleurs bien pourquoi l’industrie aurait besoin d’un ministre pour mettre en place un label, alors qu’elle a déjà développée elle-même plusieurs avec un franc-succès ; bio, commerce équitable, les étoiles Michelin dans la restauration, etc. L’absence d’un label nationaliste signifie peut-être que les bénéfices d’une telle démarche sont inférieurs aux coûts nécessaires pour le mettre en place. Probablement que l’utilisation de partenaires étrangers est tellement profitable, même pour les industriels, que bien peu d’entre eux passeraient le test d’une production 100 % française tout en maintenant un coût de production raisonnable…

Quoi qu’il en soit, il est difficile d’imaginer une utilité autre à cet observatoire que d’alimenter en publications, données et rhétorique un lobbyisme protectionniste. Si le président et son ministre veulent se faire chevaliers blancs de l’emploi en France, ils feraient mieux de le favoriser en réduisant la pression fiscale et en réduisant les coûts liés à l’embauche. Il en va de l’intérêt des Français et de leur liberté du commerce.

Mathieu Bédard est analyste sur UnMondeLibre.org.


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37 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 9 septembre 2010 12:31

    "Au lieu de voir l’augmentation du niveau de vie induite par l’afflux de produits moins cher, nos deux comparses ne voient que les 550000 postes libérés dans le secteur industriel – et pas ceux qui ont été créés ailleurs."
    Il faut dire cela aux chomeurs... Ils apprécieront. !
    Ces dernieres années on a créé des postes tertiaires et on a renforcé la bureaucratie, au résultats : dans le prix d’un produit fabriqué en France : 25% de main d’oeuvre, 25% de matière, 50% de paperasse due à la fois à L4état et à la structure de LA socièté de fabrication.
    De mémoire en 1965 chez mon employeur de l’époque la paperasse c’était 16%........et en France c’était le plein emploi !
    VIVE LE PROGRES !!!!!!!!


    • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 14:44
      Merci pour votre commentaire.

      En effet, la réduction de la paperasse administrative, ce que les anglo-saxons appellent le « red tape » (ruban rouge), pourrait faire beaucoup de bien à la création d’entreprise et, ultimement, à l’emploi.

    • jako jako 9 septembre 2010 12:35

      Bonjour, vous dites que l’on achète les produits fabriqués disons le , en Chine, moins chers.
      Ce n’est pas ce que je constate par exemple pour les Moulinex.
      Les vétements viennent presque tous de là bas , certe certains sont bon marché mais il ne faut pas chercher la qualité, de plus sur les emplois détruits par la disparition des entreprises il y a création d’emploi effectivement mais de quel niveau ? services, hotelleries, logistique batiment que de la merde quoi ;
      Vous idéalisez trop , on dirait du lucillio.


      • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 14:49

        Merci pour votre commentaire.


        Attention, lorsque je parle des services je parle du secteur tertiaire, pas des « services à la personne » comme c’est souvent le cas dans les médias. Les services auxquels je fais références regroupent entre autre médecins, avocats, ingénieurs, le créatif, etc.

        Ensuite il vous appartient de ne pas aimer certains de ces métiers, n’empêche qu’ils promettent un avenir plus stimulant que mineur, machiniste, assembleurs, et le « visseur de boulons » de Charlie Chaplin...

      • jako jako 9 septembre 2010 15:22

        Merci de votre réponse, j’ai bien relu votre article, effectivement dans ces types de services il y a de l’emploi mais il faut des gens capables de suivre ce type de filières et des familles capables de les financer.
        Le profil intermédaire BAC+2 a disparu des offres d’emplois en France.


      • Massaliote 9 septembre 2010 12:40

        Un observatoire du « fabriqué en France » me parait une excellente idée. En ce qui me concerne, je préfère acheter français lorsque l’écart de prix n’est pas trop important. J’essaie de privilégier ce qui est produit sur notre sol même si je dois payer un peu plus cher.


        • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 14:54

          Merci pour votre commentaire Pasou.


          Le fait qu’il y ait une différence entre les prix à Paris et les prix à Taipei ne signifie pas que les prix à Paris ne sont pas moins élevées qu’avec une production. D’ailleurs, si les prix des produits chinois n’étaient pas moins élevés, on se demande bien pourquoi on importerait de Chine et pourquoi on aurait besoin d’un protectionnisme.. !

        • foufouille foufouille 9 septembre 2010 13:02

          « En effet, si les emplois industriels sont en déclins, les emplois dans le secteur des services, eux, sont en plein essor » de delocalisation grace au net
          un libertaryen comme toi, ca a plein de petit personnel


          • Kalki Kalki 9 septembre 2010 13:55

            « En effet, si les emplois industriels sont en déclins, les emplois dans le secteur des services, eux, sont en plein essor »

            OU est madame pipi a qui ont donne des piecettes ? Ca c’est un vrai travail de services !

            @l’auteur de l’article : Monsieur je vous rappelle que vous aussi votre travail peut être remplacé : amicalement biensur, sans aucune intention malpropre, pour le bien de tous et du progrès , et sans remord : au nom de la croissance, voyons :)

            Amicalement votre


          • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 14:39

            Cher Kalki,


            Merci pour votre commentaire. En effet, je ne prétends pas être irremplaçable.

            Mais attention, je ne défends pas forcément la « croissance ». La croissance c’est bien, mais elle doit être subordonnée au respect des droits individuels de chacun.

          • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 16:00

            Cher Pasou,


            Dire que « la croissance économique doit être subordonnée au respect des droits individuels » n’est pas une formule de langue de bois qu’on ressort à qui mieux mieux. C’est la manière polie et civilisée de dire que la croissance c’est bien, que j’aime bien la croissance. C’est comme le chocolat, qui n’aime pas le chocolat ? Par contre, pas à n’importe quel prix. Si la croissance est le résultat d’une coopération où il y a coïncidence des volontés de toutes les parties concernées c’est bien. Si par contre pour obtenir cette croissance on doit exproprié les fermiers africains ou taxer les Français, c’est pas bien. Voilà. C’est une manière de dire que philosophiquement je me réclame plutôt du jus-naturalisme que de l’utilitarisme. Désolé de ne pas avoir été assez gros-bourrin dans ma façon de m’exprimer.

          • Rudolph 10 septembre 2010 10:56

            bien parlé !


          • Kalki Kalki 9 septembre 2010 13:50

            novlangue ; la guerre c’est la paix

            tout se paye un jour


            • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 9 septembre 2010 14:01

              Et moi qui croyais que la France était membre de l’UE, grand marché européen par excellence ???...

              Mais à quoi pourra bien servir cet « Observatoire du *fabriqué en France* » , sinon à servir des intérêts populistes et la démagogie ?
              Et que fera-t-on des données fournies par cet observatoire ? Comment les utilisera-t-on et à quelles fins ?

              On ne peut lutter contre les délocalisations industrielles qu’avec des arguments économiques concrets, pas avec des grandes phrases vides de sens.

              Soyons sérieux, une telle initiative c’est au mieux un miroir aux alouettes, au pire une manoeuvre de diversion ou une tromperie. Cet « observatoire » ne servira strictement à rien, sinon à observer ce que tout économiste sait déjà, à savoir qu’un produit doit être concurrentiel pour assurer sa viabilité.

              Imaginons un produit « X » fabriqué en France, qui serait plus cher qu’un produit identique « Y » fabriqué, disons en Allemagne. Du fait de la libre circulation des marchandises et de la liberté de commerce au sein de l’UE, comment voudriez-vous que la France protège son produit « X » à l’intérieur de ses frontières sans violer tous ses engagements, l’essence même de ce qui a fait l’UE ?

              Un produit fabriqué en France ne pourra assurer sa pérennité que s’il est économiquement viable, c’est-à-dire concurrentiel dans l’espace économique que la France partage avec d’autres pays. Prétendre le contraire, reviendrait à un retour à l’autarcie.

              Bravo à l’auteur de nous avoir rappelé quelques règles de bons sens !


              • titi 9 septembre 2010 21:37

                Peut être simplement une vision marketing...

                Ils espèrent, je pense, qu’à terme le label « fabriqué en France » fasse vendre comme le label « Swiss made ».


              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 9 septembre 2010 21:57

                @ titi :

                " Peut être simplement une vision marketing...

                Ils espèrent, je pense, qu’à terme le label « fabriqué en France » fasse vendre comme le label « Swiss made ». « 

                Peut-être avez-vous raison, je n’y avais pas pensé ?
                Toutefois l’auteur à la première phrase de son article parle de »... mesurer la production française ...", ce qui me paraît peu conforme avec une pure vision de marketing ?...


              • jako jako 9 septembre 2010 14:42

                Quelle journée ! cela fait trois fois que je vous plusse smiley
                C’est bien cela qui se passe Pasou, le moulinex est au même prix et la marque se gave sur le cout salarial.
                Autre chose les nouvelles dispositions légales permettent d’employer en CDI pour 50 heures mensuelles (salaire 400 ros nets) pour vivre le jeune reçoit alors un RSA (400) et une petite APL 140 ros (je parle du cas de mon fils ) donc pour une entreprise dans le créneau du non délocalisable (services hoteliers) on a roumanisé le salaire et c’est la communauté qui compense un peu pour que la personne puisse survivre et travailler.


              • rastapopulo rastapopulo 9 septembre 2010 14:52

                Et si il est pas content, un étranger nouveau venu prendra sa place pour moins.

                Les 30 glorieuses avait quoi comme crise financière et déficit publique que personne du haut de sa science ne s’en souvienne après 40 ans de lavages de cerveaux anglosaxons et de fuites en avant ?


              • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 9 septembre 2010 22:42

                @ Pasou :

                " NOn, le probleme n’est pas la concurrence saine entre l’Allemagne et la France,...« 

                Je ne sais si votre commentaire m’est destiné, c’est pourquoi je rebondis à vos propos.

                Bien d’accord qu’en Europe, les modèles socio-économiques dont vous parlez sont assez proches.

                Mais prenons le cas des produits chinois, puisque vous les évoquez.

                La Chine est souvent qualifiée »d’atelier du monde« et c’est exact !

                Toutefois, il faut rappeler que la libéralisation du commerce mondial découle d’accords internationaux conclus dans le cadre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), et dans le cas qui nous préoccupe, ils se sont déroulés entre la Chine et l’UE. Si l’UE, dont la France est membre, a conclu ces accords, c’est qu’elle y trouvait des intérêts. Quels sont-ils ?
                La Chine produit et s’enrichit. Elle constitue de ce fait un énorme marché de 1500 millions de consommateurs potentiels, susceptible d’intéresser les produits français. Ce n’est donc pas par hasard si M. Sarkozy se déplace à la foire de Shanghai avec toute une brochette de représentants de l’économie française.

                Si vous voulez exporter en Chine, il faut qu’en contrepartie la France, ainsi que l’ensemble des pays européens, acceptent d’importer des produits chinois.
                Je sais que cela n’est pas très agréable à entendre, mais c’est ainsi que cela fonctionne.

                Par ailleurs, bon nombre d’entreprises européennes sous-traitent de nombreux produits en Chine, sous leurs propres marques, avant de les réimporter en Europe. Pourquoi le font-elles, sinon pour rester concurrentielles ?
                A ce propos et pour rebondir sur l’article, comment »l’Observatoire« dont il est question pourrait-il recenser un produit »made in France", alors que celui-ci est lui-même constitué de composants fabriqués à l’étranger, dont en Chine ? Et ceci est la cas de la plupart des produits concernés.

                Au fil des années les conditions de vie des chinois s’améliorent, ceux-ci consomment mais deviennent également plus exigeants sur leurs conditions sociales, revendiquent davantage. Ainsi l’écart entre les coûts de production chinois et européens se résorbera, sans parler des coûts de transport entre la Chine et l’Europe.
                On a vécu la même situation il y a quelque 40 ans avec le Japon, pays qui jouit aujourd’hui d’un niveau de vie comparable à l’Europe.

                Non, le protectionnisme n’a aucun avenir pour le bien-être de quelque pays que ce soit ...

                Cordialement !


              • BlackMatter 9 septembre 2010 14:44

                « C’est que le commerce international, lorsqu’il n’est pas gêné par les taxes douanières, donne l’opportunité aux consommateurs d’obtenir des produits moins chers, et donc d’augmenter leur pouvoir d’achat, »

                Ca marche à condition qu’il n’y ai pas un fossé entre le fabriquant et l’acheteur et que donc le commerce marche dans les deux sens.

                Dans un premier temps, le consommateur y gagne : plein de produits par chers
                Dans un deuxième temps, les entreprises pour faire face délocalisent, mettent les salariés en concurrence.
                Il s’en suit des destructions d’emplois et un appauvrissement des classes actives.
                Finalement le consommateur n’ayant plus de revenu et les entreprise étant détruites, il ne consomme plus et nous n’exportons plus.

                Le commerce internationale a des avantages mais aussi beaucoup d’inconvénients qu’il convient de ne pas ignorer.

                Sans compter l’impact écologique lié au transport de marchandise à travers le mode.


                • BlackMatter 9 septembre 2010 15:00

                  J’ai oublier qu’en plus les services sont eux aussi de plus en plus industrialisé.
                  C’est particulièrement vrai pour les centres d’appels et pour l’informatique.

                  Bientot, ce qui ne sera plus délocalisables, ce sont les services à la personne (femme de ménage, geriatrie, etc).
                  Et quand il n’y aura plus de choix que faire du ménage ou changer les couches culottes, on fera quoi ?

                  Elle est belle la France que vous proposez smiley


                • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 15:05

                  Merci pour votre commentaire,


                  C’est un scénario qui, en plus d’être irréaliste, ne s’est jamais vérifié dans l’histoire. La preuve ? L’augmentation sans précédents du niveau de vie. Il y a 20 ans, combien fallait-il d’heures de travail pour être capable de se payer les calories nécessaires à une journée d’alimentations ? Une, peut-être deux, voir plus. Aujourd’hui ? Une fraction infime du taux horaire. Les français, et en particuliers ceux avec les plus petits revenus, s’enrichissent grâce à la mondialisation tout simplement parce que la division du travail est étendue. Plus de gens coopèrent économiquement, et meilleurs sont les résultats. Fermer les frontières en voulant « protéger les emplois » réduirait la division des tâches internationales et nous appauvrirait.

                • rastapopulo rastapopulo 9 septembre 2010 15:17

                  hahaha.... et la fraction pour se loger SVP ? De plus tirer vers le bas les prix de l’alimentaire a un coût caché pour la qualité et la diversité des produits !!!!

                  En bref, être totalement contre le protectionisme est aussi stupide que d’être totalement contre la concurrence. Vous supposez que le choix est entre 2 extrêmes, beau formatage pour les pseudo-experts actuels.

                  Je remarque que vous êtes pour la suprématie du marchand sur le savoir technique, ce qui nous ramène à List et Leibnitz. Grosses avancés vraiment, pendant vos 40 «  »«  »«  »«  »glorieuses«  »«  »«  »«  » dernière années (où déficit et financiarisation ont dominé) nous sommes revenu aux 18° siècle. 


                • rastapopulo rastapopulo 9 septembre 2010 15:47

                  au niveau théorie économique. merci.


                • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 15:49

                  « nous sommes revenus au 18e siècle. »


                  Le livre _Dr. Johnson’s London_ de Liza Picard décrit les conditions de vie au 18ième siècle. Dans ce livre on peut y lire que les rues de Londre était « un mélange riche et glutineux de crotins d’animaux, de chats et de chiens morts, de cendre, de paille, et d’excréments humains. » Plus loin : « Nous nous plaignons de la pollution causé par les engins à essence. Imaginez le volumes des excréments et d’urine émis par les moteurs du 18e siècle - c’est-à-dire les chevaux », sans compter les troupeaux conduits au marché et à l’abattoir.« 

                  L’eau des grandes villes était contaminée »par les feuilles d’arbre pourries et le plomb, sans mentionner les chiens en décomposition« .

                  Encore d’autres passages ;

                   »Le type d’espace que nous prenons comme acquis, comme séparation entre les enfants et les parents pour la nuit, et avoir une pièce pour s’asseoir et regarder la télévision et à faire leurs devoirs, était un luxe que seul les plus aisés pouvaient se permettre.« 

                   »Presque tout le monde avait les dents cariés, même les petits enfants.« 

                   »L’espérance de vie pour les femmes et les hommes d’Angleterre en 1751 était de 36,6 ans."

                  Vous croyez vraiment qu’on est revenu au 18e siècle ? Vous ne voyez pas tout le progrès réalisé grâce au commerce ?

                • rastapopulo rastapopulo 9 septembre 2010 15:57

                  Bon (comme marquer a posteriori), ce que je vise est la théorie économique enseignée sous protectorat anglo-saxon.

                  Je ne pense pas avoir besoin de répondre à ce type de sous-entendu du coup (quoique nier que c’est la science qui a fait progresser le commerce n’est pas mal non plus).

                  Donc pour moi, vous niez les économistes qui défende la souveraineté ce qui est très tendance « Compagnie des Indes » donc très 18° siècle ! Voilà ! 


                • Mathieu Bédard Mathieu Bédard 9 septembre 2010 16:17

                  Si vous prenez toutes les publications scientifique en économie les mieux classées par le CNRS, soit l’American Economic Review, le Journal of Economic Literature, le History of Political Economy, etc. etc. vous ne trouverez aucun auteur qui ne défende le protectionnisme. C’est dire à quel point les économistes sont unanimes à ce sujet (sauf quelques attardés franco-français comme d’habitude). Ou prenez encore les lauréats des Prix Nobel d’économie, qui malgré que le prix soit décerné quasi-uniquement aux économistes de gauche américains, sont très majoritairement en faveur du libre-échange. Je ne vois pas le rapport avec le 18e siècle. D’ailleurs, aux grands débats en faveur du libre-échange on pense plutôt aux 19e siècle en France (!) avec des auteurs comme Jean-Baptiste Say, Frédéric Bastiat, Antoine Destutt de Tracy, Charles Comte, Benjamin Constant, etc. etc. etc.


                • BlackMatter 9 septembre 2010 16:27

                  On n’a pas besoin de revenir aux années 1800, la mondialisation commencant réellement sont essor dans les années 80.

                  Tu crois que les gens étaient plus malheureux dans les années 60-70 ?
                  Oui la part de la nourriture dans les salaires étaient plus élévée.
                  Mais il y avait du travail et pas de chomage. On pouvait faire des projets.
                  On travaillait ensemble, pas les un contre les autres.
                  On avait des amis, pas du virtuel facebook.
                  Il y avait d’autres valeurs que celle de l’argent.
                  Et quand aux biens, et bien, ils étaient plus durables donc moins souvent nécessiter de les remplacer. Moins de gaspillage et donc moins de déchets. Et comme c’était cher, on les faisait dépanner au lieu de les jeter donc on créait des emplois localement (dépanneur par exemple).
                  On savait aussi se contenter de ce qu’on l’on avait sans être frustre de ne pas avoir le dernier modèle périssable à la mode.

                  Par ailleurs, avant les années 80, le pouvoir d’achat augmentait de 5 à 6% par an en moyenne malgré une inflation élevé (ce qui ne plait jamais aux rentiers, on connait la suite...). Aujoud’hui la tendance lourde est vers la stabilisation voir la baisse.

                  Les riches étaient certes moins riches mais les pauvres étaient aussi moins pauvres et... s’enrichissaient.


                • rastapopulo rastapopulo 9 septembre 2010 17:12

                  C’est le « bottom line » !!!

                  Les économistes main stream élimine arbitrairement un protectionisme raisonné qui peut niveler par le haut les minima sociaux et environnementaux tant que nous sommes le premier marché de consommateurs (taxe à l’import si non respect de minima : égouts, santé,...)

                  C’est de la concurrence déloyal mais le but est évident... la fin des nations.

                  Et il y aurait de quoi être fière d’avoir éliminer les mesures qui avait permit les 30 glorieuses (crédit publique productif, séparation des activités des banques pour les laisser couler sans prendre en otage les dépôts,...) parce que vous niez que des états entreprenants et une finance en laisse créent des économie physique fortes  ?

                  Quand aux prix Nobel (galvaudé mais puisque vous lancez la perche), expliquez nous en quoi vous êtes supérieur à Maurice Allais ?

                  « le protectionnisme entre pays à salaires comparables n’est pas souhaitable en général.

                  Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire »

                  « Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur »

                  "le chômage de masse des pays occidentaux est lié à la libéralisation incontrôlée des échanges. Cela n’a rien à voir avec la monnaie« .   »Il est dû à cette libéralisation totale du commerce  qui considère les échanges comme un objectif en soi alors qu’ils ne sont que des moyens ".


                • rastapopulo rastapopulo 9 septembre 2010 17:26

                  Maurice Allais doit vraiment énervé les mondialistes anti-nation pour être à ce point passer sous silence.


                • David Meyers 9 septembre 2010 16:38

                  Ecrire que Christian Estrosi (et son petit roquet de Ciotti) fait des imbécilités ne mérite franchement pas un article. Ces deux gugusses sont auto-carricaturaux.

                  Par contre vous semblez donner le choix unique entre un protectionnisme et le « libéralisme ». Votez pour l’un ou pour l’autre. Hum : election = piègac...

                  Que les habitants des pays « riches » puissent acheter « plus » avec « moins » n’est pas le résultat de la division du travail, ce n’est pas un succès mais la consequences de l’esclavagisme moderne du mondialisme.

                  Ces produits « moins chers » sont acquis « à crédit d’heures de travail » qu’il va falloir rembourser par le chomage pour les pays riches et par des conditions de travail « inacceptables » pour les pays « pôvres ».

                  Comme la pompe s’amorce facilement, c’est la joie pour les investisseurs qui peuvent se faire des marges à deux chiffres et... tant pis si le filon s’épuise, il suffit d’attraper un second filon (pas le 1er ministre hein !).

                  On retrouve l’idée colonialiste qui consiste à aller piller les ressources chez l’autres en faisant croire au colon qu’elles sont disponibles inépuisables et pas chères. Eh oui, le libéralisme ne signifie pas liberté mais esclavage des petits sous le joug des grands.

                  Présenter cette hérésie de court terme comme le pendant unique au protectionnisme reste parfaitement illégitime mais montre bien une certaine « pensée satisfaite » de comptable superficiel incapable de mesurer les conséquences planétaires (macro économiqtes ET sociales).

                  Faire transiter des biens d’un « monde » à l’autre, sans faire transiter dans l’autre sens les niveaux de vie et conditions de travail, c’est surtout cela le protectionisme.


                  • zelectron zelectron 9 septembre 2010 16:42

                    Y a-t-il un ingénieur dans les rangs des ministres, députés, sénateurs et autres élus présidents de conseils généraux ?
                    C’est comme si un économiste de la city voulait traire des vaches et donner des conseils !!!
                    Estrosi n’est pas à sa place comme bien d’autres d’ailleurs, y compris ceux qui écrivent avec de bonnes intentions...


                    • jef88 jef88 9 septembre 2010 19:59

                      "Les français, et en particuliers ceux avec les plus petits revenus, s’enrichissent grâce à la mondialisation tout simplement parce que la division du travail est étendue.« 
                      Vous avez déja éssayé de vous  »enrichir" avec 6 à 800 euros par mois ?
                      Au lieu d’en gagner 1500 en travaillant ?
                      Il faut descendre de votre tour d’ivoire blindée à l’or fin....

                      Dans ma ville natale il y avait 5500 habitants et 2000 emplois dans le textile en 1963.
                      Il reste 2500 habitants et le plus gros employeur c’est la maison de retraite : 300 emplois.
                      Personnellement j’ai émigré en 1971.
                      VIVE LA MONDIALISATION !

                      D’autre part le pays en pointe pour le libre échange c’est les USA .
                      Essayez de leur vendre un produit manufacturé français. MISSION IMPOSSIBLE vous ne pourrez jamais répondre conformément à leur normalisation.


                      • jef88 jef88 9 septembre 2010 20:00

                        Tout à fait d’accord !


                        • jef88 jef88 9 septembre 2010 20:01

                          erreur c’était pour David Meyers


                        • samuel baillaud 10 septembre 2010 00:38

                           L’article commence par imiter, consciemment ou inconsciemment, le mot de De Gaulle : « Le machin qu’on appelle l’ONU ». Mais ici, ce n’est plus l’ONU qui est un « machin », mais un label « made in France ». De Gaulle se retournerait dans sa tombe.

                           Un label « made in France », comme des mesures protectionnistes, seraient l’instrument du retour de la souveraineté de la population française sur son économie.

                           Alors que l’ONU, ainsi que l’Union Européenne, sont des « machins », car ce ne sont pas des institutions dirigées dans l’intérêt des populations qu’elles encadrent, car elles ne sont pas faites pour ça, et peut-être aussi car les espaces et les populations qu’elles encadrent sont trop vastes et trop hétérogènes.


                          • Krokodilo Krokodilo 10 septembre 2010 10:30

                            Quelle naïveté : tous les pays tentent d’obliger les autres à ouvrir leurs frontières tout en protégeant leurs propres produits. USA et Chine sont très protectionnistes, par exemple dans l’aviation pour les USA (en faisant financer les recherches par l’industrie militaire, en lançant des rumeurs contre les avions d’Airbus, en les bloquant politiquement), et la Chine en jouant l’obstruction.
                            Avoir des jeans délavés pas cher grâce au sacrifice d’ouvriers turcs qui inhalent des produits toxiques est une philosophie du commerce pour le commerce qui mène le monde au suicide.
                            Pour concurrencer les pays émergents, faisons travailler nos enfants dix heures par jour, et les ouvrières 80h par semaine comme les Chinoises.
                            La délocalisation est voulue par les actionnaires qui ne visent que la rentabilité maximum à court terme, sans se soucier de la désindustrialisation, du transfert de connaissances (TGV en Chine, Pasteur en Chine, etc.), de la pollution, de l’épuisement des ressources.
                            La libéralisation du commerce n’est pas la martingale magique d’une civilisation radieuse.

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