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Accueil du site > Actualités > Politique > Les mensonges de la réforme de l’école primaire

Les mensonges de la réforme de l’école primaire

Les enseignants de l’école primaire rejettent dans leur immense majorité la réforme Darcos.
Mais pourquoi cette nouvelle réforme de l’école fait-elle l’unanimité contre elle ?

L’argument premier de cette réforme est de lutter contre l’échec scolaire. Voici une cause qui devrait pourtant entrainer l’adhésion du monde enseignant. Mais derrière de belles paroles se cache une réalité bien plus sombre :

- La réforme a entrainé un alourdissement des programmes, le recentrage sur les matières fondamentales a consisté essentiellement à supprimer du contenu en histoire, géographie, en sciences et dans les matières artistiques, et à en ajouter en mathématiques, français et langues étrangères.

- Ce programme plus lourd doit être effectué en moins de temps, la durée d’enseignement hebdomadaire ayant été réduite par la suppression du samedi matin.

- La mise en place de 2 heures de soutien hebdomadaire pour aider les élèves en difficulté est le prétexte pour supprimer les RASED, dont la vocation n’a jamais été de faire du soutien.

- Les suppressions de postes vont rendre l’enseignement plus pénible (plus d’élèves par classe, non remplacement en cas de maladie, absence de formation professionnelle)

- les attaques répétées contre la maternelle augurent mal quant à son avenir. La scolarisation des 2 ans sera déjà fortement réduite à la rentrée 2009 et est promise à disparition. L’avenir de la petite section, très incertain, est dans la ligne de mire de la prochaine réforme.

Il apparait alors que la lutte contre l’échec scolaire est un nuage de fumée destiné à masquer les objectifs réels de la réforme : faire des économies.
Pour faire des économies dans un ministère dont le budget consiste essentiellement à payer ses employés, il faut réduire la masse salariale. On voit alors apparaître derrière chaque ligne de la réforme, un moyen de réduire les coûts :

- La réduction de la durée hebdomadaire conduit par effet secondaire à la suppression des RASED.

- La suppression de la scolarisation des 2 ans va réduire les effectifs des maternelles et conduire à des fermetures de classes. Les menaces sur la petite section vont dans le même sens, mais à une échelle bien plus grande.

- La suppression des IUFM va permettre de ne plus rémunérer pendant 1 an la formation des futurs enseignants reçus au concours de professeur des écoles.

- Le recrutement au niveau master permet de reculer d’un an l’entrée dans la vie active des enseignants et donc de reculer d’un an l’âge de la retraite à taux plein.

Et pendant ce temps là, que deviennent les élèves en difficulté ?
Il faut faire la différence entre deux types de cas :

- les élèves qui rencontrent des difficultés ponctuelles dans leur études (par exemple pour maitriser le passé composé si cher à M.Darcos). Ceux-ci continueront à être aidés par leur enseignant, sur temps scolaire où hors temps scolaire (en soutien). Contrairement à ce que dit M. Darcos, ce type de difficulté n’a jamais été pris en charge par le RASED. On peut penser que M. Darcos connait son sujet et qu’il ment donc en toute connaissance de cause. ([voir la vidéo de M. Darcos à l’assemblée->http://www.youtube.com/watch?v=jaXMYYbRr_4])

- les élèves en difficultés lourdes, comportementales ou psychologiques (incapacité à trouver sa place en tant qu’élève dans l’école, absence de motivation pour apprendre, incapacité à appréhender une notion par des moyens classiques, comportement dangereux...). Ceux-là vont être abandonnés à leur sort, c’est à dire abandonnés dans leur classe sans aide spécialisée. L’enseignant se retrouvera alors devant la double difficulté de gérer cet élève en souffrance tout en faisant cours au reste de la classe. Une équation sans solution.

Alors certes, l’éducation coûte cher et il n’est pas interdit de penser qu’il est possible de faire mieux. Mais la remise en cause du système éducatif français mériterait un grand débat national et non ce sabordage en catimini.


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39 réactions à cet article    


  • irukandji irukandji 22 novembre 2008 15:09

     Roda, en tant que directeur, tu n’as pas parlé de la charge administrative des directions d’écoles, et de celle des enseignants, PPRE, PAI, projets divers etc.
    Que de paperasses...
    Attention, le service de surveillance doit savoir qui tu es !
    Si avec plus de 200000 euros, ils ne font pas leur travail....


    • Antonin Moulart Antonin Moulart 22 novembre 2008 16:04

      Les futurs professeurs étaient payés pendant leur formation à l’IUFM ? En quelle honneur ?

      Sinon, le constat est dramatique. Il est effectivement urgent de réagir, sans tout mélenger. 

      Si la suppression des postes et l’allongement des programmes me semblent totalement contradictoire, je ne mettrais pas dans le même pagnier la réforme de l’IUFM qui peut partir d’un bon principe : avoir des enseignants qui connaissent leur matière.


      • foufouille foufouille 22 novembre 2008 18:18

        pourquoi ?
        vous voulez que les stages soit gratuit ?
        une formation sans argent = reserve aux riches


      • Surya Surya 23 novembre 2008 14:57

        Comme dans tout concours de la fonction publique, les professeurs ayant passé et réussi un concours de l’éducation nationale sont payés durant un an en temps que professeurs stagiaires (ils ne sont plus considérés comme futurs profs, donc), avant d’être définitivement titularisés dans leurs fonctions et payés alors en temps que fonctionnaires. Les futurs professeurs ne sont pas payés pour préparer ce concours, sauf à une certaine époque lointaine, aux tout débuts de l’existence de l’IUFM, où des bourses ont été attribuées sur critère de réussite universitaire, ce qui a très vite été supprimé d’ailleurs.

        Supprimer les RASED sera catastrophique sur le long terme, et cela s’appelle du mépris envers les gamins en difficulté. Débrouille toi, voilà ce que ça veut dire. Après que le gamin ait décroché pendant une journée entière (et un gamin qui décroche sème souvent la zizanie en classe en plus), on va ensuite l’expédier en soutien pour se donner bonne conscience et lui faire croire que cela va rattraper les dégâts ? Quant au soutien scolaire privé, inutile de rappeler que seules les familles à niveau de vie élevé peuvent se permettre d’y avoir recours.

        Pour le reste, classes encore plus surchargées qu’elles ne le sont déjà, etc... c’est aussi du mépris envers les enseignants. Et puis, ce n’est pas parce que l’on recrute quelqu’un possédant un bac+5 que cela prouve que l’on a de la considération pour cette personne. C’est juste une façade, du tape à l’oeil.

        J’ai l’impression que cette réforme est l’une des pires qui ait été imposée à l’éducation.

        Merci pour cette article très intéressant.


      • val 23 novembre 2008 18:27

        Dans les pays où le système fonctionne très bien , une place prépondérante est donnée à la formation pédagogique.
        Chez nous, on veut la faire disparaître.


      • Jes68 Jes68 22 novembre 2008 18:29

        Toutes les réformes de Darcos ont pour but de supprimer des postes. Si certaines de ses réformes sont positives c’est du pur hazard, ce n’etait pas le but 1er.
        C’est une attaque généralisée sur l’ensemble des services publics. Je suis enseignant en lycée. La réforme des lycées de Darcos est un pur cauchemar.

        Il y a des centaines de raisons pour etre contre cette réforme des lycées mais une des première est qu’il n’est pas sérieux de vouloir que cette réforme s’applique en septembre.

        Toute l’architecture de la seconde change avec un tronc commun, des modules complémentaires, des modules exploratoires sur une base semestrielle. Darcos veux seulement parler de la structure de la nouvelle seconde. Quand on veux parler des programmes il répond on verra ça plus tard. la classe de 1ere, la terminale ..... on verra plus tard. Le bac..... on verra plus tard

        Alors que la seconde est la première étape pour préparer le bac on ne sait même pas comment elle sera liées aux classes de 1ere et de terminale.

        L’orientation des élèves de 3eme commence maintenant mais ils doivent choisir des modules qui n’existent pas encore et dont personne ne sait se qu’ils contiendront
        Un des module complémentaire s’appelle pour l’instant Littérature est-ce que cela veut dire que dans le tronc commun il n’y aura pas de littérature ???

        Et quand les programmes vont paraitre il faudra faire les livres scolaires (qui seront nuls car fait à la va-vite), les cours. Les TP (faire de nouveaux TP cela ne se fait pas en 15 jours) etc... Ce n’est pas sérieux
        Darcos veut que cela s’applique en septembre car cette réforme permet de supprimer beaucoup plus de postes et que le gouvernement est en retard sur son objectif de 80000 postes d’enseignants dans la legislature.

        Je soutient mes collègues du primaire et les étudiants qui sont actuellement à la fac et qui veulent devenir enseignants Bon courage !!

        Ayant fait un stage à la maternelle je soutient aussi l’école à 2ans . Les enseignants des petites sections font un travail extraordinaire bien loin de ce que dit le plus gros menteur du gouvernement



        • Marilou 22 novembre 2008 21:12

          Très bon article.
          Ce sont tous les corps de métiers qui devraient aller battre le pavé ! Pas chaque secteur (SNCF, LAa Poste, les chercheurs...) dans son coin, tellement la situation se dégrade de jours en jours !
          Et puis, concernant l’Education Nationale particulièrement, il me semble que nous, parents, avons notre mot à dire et soutenir les enseignants.La mobilisation des parents et des associations de parents d’élèves peut être un appui supplémentaire.
          Le "dégraissage du mamouth" est bel et bien en route ! et partout, pas seulement dans l’Education Nationale.
          Comment Darcos peut-il dire que les slogans scandés dans la rue sont les mêmes depuis trente ans, sans avoir l’idée de se remettre en cause une seconde !! et sans avoir l’idée de remettre en cause le travail de ses prédécesseurs ?!
          Quel mépris !
          Je vous encourage, Roda, à publier votre article partout où il serait susceptible d’être lu !! (associations de parents d’élèves notemment, à moins que ce ne soit déjà fait) Car, nous sommes "tous" concernés, en tous cas un grand nombre,quel que soit l’âge de nos enfants, ou petits enfants !


          • Blé 22 novembre 2008 22:04

            L’attaque du gouvernement va bien au delà des services publics, il s’attaque au peuple.

            Les ministres ne font que mettre en place le choix politique de Sarko et Sarko en définitive relance la lutte des "classes" en voulant entre autre chose fermer les classes de maternelle.


            • jak2pad 23 novembre 2008 00:35

              Cet article reprend le lamento habituel des enseignants du primaire, et plus ou moins les autres aussi, et les thèmes éculés de cette corporation détestée :

              comment en faire le moins possible, comment rejeter l’échec sur les autres ou sur la société,comment pleurnicher sur e manque de moyens, etc, etc ,etc, .....

              tout cela est plus qu’archiconnu, et ne fait avancer en rien

              le constat est lui aussi archiconnu : 30% d’analphabètes après 5 ou 6 ou parfois 7années d’études...( de la maternelle à la 6°)

              pourquoi n’allez-vous pas faire un autre métier ?

              un coiffeur nullard ou un traiteur désolant changent de métier, un enseignant mauvais ou désespérant ou pire encore - et nous avons tous connu ce genre de catastrophe - hurle à la mort, accuse le manque de moyens, Sarkosy ou les comètes intersidérales, la mondialisation et le terrain glissant, et va essayer avec une obstination incroyable de rejeter la reponsabilité de sa nulité sur tout ce qui se présente.

              Changez donc de métier, et essayez enfin de réussir quelque chose !


              • Jes68 Jes68 23 novembre 2008 09:41

                Il y a 3ans j’ai enseigné en 1ère SMS d’adaptation (Sciences Médico Sociales). J’avais des élèves de BEP qui reprenait des études générales. Pour les aider a rattrapper le niveau des élèves avec un cursus un peu plus classique , j’avais 1heure de plus en 1/2 groupes.

                J’ai vu ces élèves progresser a vu d’oeil (commencer avec 4/20 et finir l’année avec 14/20). La plupart d’entre elles sont maintenant en école d’infirmière ou en BTS. Cette année là, le Major Régional au bac SMS venait de ces sections d’adaptations.

                Dans l’éducation nationale, contrairement à ce que vous dites on sait former nos élèves quand on nous donne les moyens humains. Malheureusement ces sections coutent trop cher (vous ne vous rendez pas compte des 1/2 groupes). Elles ont été supprimée.

                Les éleves qui vienne de BEP sont maintenant eparpillés dans des classes hétérogènes contenant 35 élèves par classes

                La plupart des enseignants sont consciencieux et veulent la réussite des élèves. D’ailleurs aux USA ou j’ai vécu 2 ans les diplomés francais sont très bien vu car bien formés et adaptable.


              • val 23 novembre 2008 11:52

                Le manque de moyens est criant :
                selon l’OCDE, la France consacre 4401 euros par an par élève du primaire contre 5051 euros en moyenne pour les autres pays de l’OCDE, pays en voie de développement comme le Mexique et la Turquie compris.
                Sources Regards sur l’Education, OCDE 2007.


              • ektin 23 novembre 2008 13:40

                Euh, jak2pad, dans ton cas, il me semble que c’est le personnel de l’asile qui t’héberge qui est défaillant : Jamais tu n’aurais du avoir accès à un clavier, tu pourrais risquer de t’étouffer en mangeant les touches smiley


              • tiptop 23 novembre 2008 11:20

                Je ne peux qu’être d’accord avec cet article. voici ce que j’écrivais dans "Darkos :l’empire de la soustraction"


                Depuis un an, l’école est sens dessus dessous. Chaque jour l’accumulation de réformes peu ou mal appliquées fragilise l’édifice. Les enseignants sont sommés parfois de manière extrêmement brutale de marcher au pas. Beaucoup aujourd’hui se posent la question : est-ce l’éducation nationale en tant que service publique qui est visée ? Discours de militants ou d’ultra gauche comme voudrait le faire croire le gouvernement (voir la lettre de Devedjian adressée aux militants UMP) ? Pas si simple. La protestation dépasse largement les opposants naturels de M. Darcos.
                 
                Partout des appels à la désobéissance pédagogique se multiplient. Des motions circulent demandant la suspension de l’aide personnalisée. La grève du 20 novembre a été massive.
                Examinons par le menu les sujets qui fâchent. La liste n’est pas exhaustive. A vous de la compléter.
                 
                Alourdissement de la journée scolaire.


                Je suis professeur des écoles en REP depuis 15 ans. Arrivé à 7h30, sorti à 17h 30 je travaille 10 heures par jour les lundi mardi jeudi vendredi. Peu de pauses. Corrections, préparations, concertations diverses et réunions rendent extrêmement denses les journées. Je ne me plains pas. Le hic est que ces journées de dingues sont aussi celles des enfants. Jusqu’à 10 h de présence à l’école et 7h 40 d’activités encadrés pour certains !! Sans même parler des devoirs le soir ! Je suis prêt avec beaucoup de mes collègues à réduire mes vacances, travailler le mercredi matin pour faire bénéficier à nos enfants , comme dans de nombreux pays, des journées allégées 8h- 15h, les municipalités prenant le relais par la suite. On en est très loin.
                 
                Le rythme des enfants est le cadet des soucis d’un ministre affairé à vendre son « aide personnalisée » et ses stages pour mieux faire passer la suppression des autres dispositifs d’aides. Depuis des années, nous marchons sur la tête en terme de rythme scolaire. Les rapports des chronobiologistes, les enquêtes PISA qui dénoncent le niveau de stress chez les élèves français, prennent la poussière. Un CP travaille autant d’heures qu’un lycéen !
                 
                Suppression de postes à tous les étages
                 
                Dans notre établissement, cette année nous avons perdu nos EVS après notre aide éducatrice. Conséquence : les activités en demi-classe (précieuses pour gérer la difficulté scolaire et mener à bien certains projets) ne sont plus assurées. Les remplaçants se font rares. Une institutrice de l’ école voisine n’a pas été remplacée pendant 15 jours. Pire, l’éducation nationale a l’intention désormais de demander aux municipalités de remplacer au pied levé (Source : le délégué à l’éducation de ma commune). Avec du personnel non qualifié cela va sans dire…
                 
                11 000 postes en 2008… Voilà le principal objectif affiché par le ministre de l’éducation nationale, le fil rouge de sa politique. Le « toujours plus » ne garantit pas l’amélioration des résultats nous assène-t-il. Oui, des moyens pour l’éducation nationale, c’est ce qu’on appelle en bonne logique une condition nécessaire mais pas suffisante…Il faut aussi des réformes structurelles et des pratiques pédagogiques adaptées. Mais alors il faut en déduire que le « toujours moins » à l’œuvre ne peut produire que le pire, surtout avec un tel niveau de désorganisation actuel. Darcos parie-t-il sur le pourrissement de la situation ? Qu’il se rassure, il est à l’œuvre…
                 
                Suppression de l’aide spécialisée (Rased)
                 
                J’ai dans ma classe 3 enfants du voyage en grande difficulté, deux ENAFs (élèves non francophones) deux élèves diagnostiqués hyperactifs, deux dyslexiques, et deux posant de graves problèmes de comportement. C’est la réalité d’une classe en REP aujourd’hui. Plus que jamais nous avons besoin de poser les bons diagnostics pour proposer des aides adaptées mais cela ne peut se faire qu’en équipe. Supprimer le RASED reviendrait à faire reposer toute la charge sur le seul instituteur. 
                 
                L’aide personnalisée est en train de se mettre en place au prix au prix d’une surchauffe sans précédent dans les familles, les écoles et les municipalités… Quid des enfants dont le dispositif d’aide n’est pas pertinent et qui ont besoin d’une aide plus spécialisée ? 2000 postes RASED vont être supprimés dès la rentrée 2009.
                 
                Flicage des profs dans la blogosphère et les forums.
                 
                Internet est le seul espace où nous pouvons encore nous exprimer et être entendu. Dans les grands médias la cause est déjà entendue ; les journalistes du PAF ne font le plus souvent, à de rares exceptions près, que la communication du gouvernement. Avez vous déjà vu au JT un enseignant en grève s’exprimer plus de 10 secondes ? Les grands médias se fourvoient dans des faux débats (faut-il revenir à l’école d’autrefois) et présentent l’école d’aujourd’hui de façon souvent caricaturale. Certains éditorialistes (comme Natacha Polony. Marianne n’est pourtant pas un journal qui peut être soupçonné de Sarkozysme) défendent les thèses populistes des Brighelli et consorts et font parti de lobbies (« sauvons les lettres ») à l’origine des nouveaux programmes.
                 
                Cette décision de confier à une entreprise privée le flicage des profs sur le net est d’une violence inouïe. Darcos prétend "anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise". Personne n’est dupe, un enseignant auteur d’un blog contestataire s’est déjà vu attribué un blâme. On s’attaque à la liberté d’expression. Dans quelle démocratie vivons nous ?
                 
                Rémunération à la prime
                 
                Enseignant de Cm2, je vais toucher une prime de 400€ pour faire passer les évaluations nationales en Janvier. Mes collègues sont super contents pour moi. Eux ne toucheront pas un centime et passeront plus de temps à préparer eux-mêmes leurs évaluations…Et bonjour la zizanie lors de l’attribution des classes à la prochaine rentrée !
                 
                Les nouveaux professeurs des écoles ont paraît-il touché une prime de 1500€. Je suis content pour eux. Ce ne les empêchera pas de se retrouver dans les quartiers les plus difficiles sans y être préparé (voir Formation professionnelle). Ils vont pouvoir se payer des vacances.
                 
                Diviser pour mieux régner ? Une vieille stratégie de guerre du maréchal Lyautey.
                 
                 On prépare les enseignants à la rémunération au mérite. Sur le principe, pourquoi pas ? Mais comment évaluer les profs de façon équitable ? Temps de travail (investissement dans des projets) , qualité de l’enseignement, résultats des élèves ? Quel que soit l’angle choisi (Darcos a choisi le troisième) l’équation est d’une complexité inouïe. Nous travaillons sur de l’humain, les enfants ne sont pas des machines à apprendre. L’humilité est de mise dans ce dur métier où quoi qu’on dise les réussites et les échecs de nos élèves ne dépendent que pour une part de notre action. « Il y a trois métiers impossibles : celui de parents, d’enseignants, et de politiques ». Cette phrase de Freud devrait inquiéter Darcos, il cumule les trois…
                 
                Evaluation nationale bilan et non plus diagnostic.
                 
                Avant l’ère Darkos, nous faisions passer des évaluations nationales diagnostics. Dès septembre, nous avions des données précises sur les points faibles et points forts de nos élèves que nous pouvions exploiter en équipe et communiquer ensuite aux parents.
                 
                Aujourd’hui, on change radicalement de logique. Il ne s’agit plus d’outiller les enseignants pour gérer la difficulté scolaire car en janvier les dés sont jetés depuis longtemps. On met les écoles en concurrence puisque les résultats globaux de chaque école seront accessibles par le bouche à oreille. Cela participe à l’actuel démantèlement de la carte scolaire.
                 
                Assouplissement de la carte scolaire :
                 
                Les exemples en Europe sont nombreux et les effets convergents. Une fois la digue rompue (elle était déjà fissurée de part en part), la nécessaire mixité sociale prend l’eau et des écoles dans certains quartiers se ghettoïsent.
                L’escroquerie consiste à dire que ce sont les parents qui choisissent. Les chefs d’établissement qui croulent sous les demandes d’inscriptions et les dérogations savent qu’il n’en est rien. Ce seront toujours les mêmes qui iront dans les établissement de leur choix.
                 
                Nouveaux programmes. Tromperie au sujet des évaluations internationales PISA
                 
                « Les connaissances et capacités s’acquièrent par l’entraînement » Cette phrase sentencieuse répétée à longueur de programme est un non sens pédagogique dénoncé par tous les professionnels. L’entraînement n’est qu’une étape dans le processus d’apprentissage. Le comble est que les petits français, si on en croit les résultats PISA, sont plutôt performants pour résoudre des exercices mécaniques. En revanche ils manquent d’imagination, d’initiative face à la résolution de problèmes.
                 
                C’est dire si on fait fausse route avec des programmes plus lourds (introduction de l’histoire de l’art, réduction de 108 heures) et centrés sur l’accumulation mécanique de savoirs. Ils sont, contrairement à la propagande officielle, moins ambitieux et décentrés par rapport au fondamentaux. (je suis d’accord sur ce point avec Luc Ferry et Jack Lang). Ils induisent une pédagogie purement transmissive qui ne répond en rien à la difficulté scolaire. Si ce catalogue indigeste est réellement appliqués (rassurez vous les enseignants font encore preuve de bon sens !), la liberté pédagogique est un leurre. Mais alors que faire de programmes inapplicables ?
                 
                Mais la véritable escroquerie est plutôt dans l’interprétation des données PISA par le ministre. Il prétend que les résultats désastreux de la France en matière d’éducation justifie l’abandon des programmes de 2002. Tout d’abord la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE. Ce n’est certes pas glorieux mais ce n’est pas non plus la Berezina annoncée. De plus cette évaluation internationale se fait par tranche d’âge (15 ans) donc il faudrait attendre au moins 2012 pour commencer à avoir du recul sur les programmes 2002.
                 
                Précisons que ces derniers faisaient l’objet d’un large consensus au sein de la communauté éducative. Les nouveaux programmes nous ont été présentés en mai 2008 lors d’une « consultation » grotesque (« Trouvez vous les programmes lisibles ? »). Les éditeurs, eux, n’ont pas attendu et nous avaient déjà proposé des manuels révisés 2008 ! Devant la gronde généralisée, le ministre en a retiré les aspects les plus grotesques. Mais l’esprit a été conservé.
                 
                Réforme de l’inspection.
                 
                Fini l’inspection des pratiques pédagogiques. Désormais ce sont les inspecteurs qui prendront la classe pendant une heure avec l’instit comme spectateur ! Objectif : vérifier l ‘acquisition des connaissances. On imagine la tête d’Amandine ou de Mouloud si on leur demande hors de tout contexte de réciter le passé antérieur ou de montrer qu’ils maîtrisent la règle de trois ! Bonjour le ridicule. Ce scénario surréaliste a été présenté aux inspecteurs lors d’une réunion académique particulièrement houleuse. Je plains ces derniers, leur métier, déjà extrêmement difficile, va devenir impossible.
                 
                Fin programmée de l’école maternelle ?
                 
                Plusieurs éléments convergents sont sur ce site : http://asso.nordnet.fr/ecole.et.territoire/fin%20de%20la%20maternelle.html
                 
                Si Xavier Darcos ne veut pas être surnommé « le ministre de la sieste et des couches culottes », qu’il mette le paquet sur la maternelle au lieu de mettre les maternelles en paquet de 30 (rapport du HCE 2007) !
                 
                Réforme des IUFM : fin de la formation professionnelle
                 
                Tout est cohérent : les nouveaux programmes étant essentiellement fondés sur la transmission, il suffit de recruter des professeurs des écoles à bac +5
                 
                La deuxième année d’IUFM consacrée à la professionnalisation des professeurs est supprimée. Les étudiants ayant décroché leur concours seront affectés directement dans les classes avec pour seule formation une sorte de tutorat assurée par un conseiller pédagogique. Cette réforme se base sur le principe que toute personne qui possède les compétences requises est à même de les transmettre !
                On imagine les dégâts à venir. 
                 
                Mépris des enseignants
                 
                C’est certainement la raison qui fait de Darcos le ministre de l’éducation le plus impopulaire de la 5ème république parmi les professeurs. Les exemples sont trop nombreux pour être cité ici. Le clip où il se demande s’il faut bac +5 pour changer les couches en maternelle nous a fait rire jaune. Voilà un ministre qui ignore que les enfants sont accueillis propres.
                 
                Ce mépris, nous lui rendons bien.

                • jeanclaude 23 novembre 2008 11:41

                  Article clair et éclairant.


                  • Marilou 23 novembre 2008 12:01

                    Merci à Tiptop pour ce rappel . Il trouve effectivement sa place dans ce fil.

                    Par contre, jack2pad....pas du tout d’accord avec vous.. ;C’est vous qui devriez changer vos commentaires car, ils se ressemblent !! Il suffit d’aller consulter votre liste !

                    Ce que vous ne semblez pas réaliser, c’est que ces enseignants dont vous parlez sont solidaires non par pour leurs acquis, mais pour l’école dans son sens large que l’on va proposer à nos enfants.Car l’enjeu est là.
                    Ces enseignants sont capables de voir plus loin que le bout de leur petit nez pour réaliser que de réels enjeux éducatifs sont en jeu, de la maternelle, jusqu’à l’enseignement supérieur...
                    Je pense que vous avez loupé une marche dans ce qui est en train de se jouer...ou alors vous restez pépère à faire vos cours ...le cul tranquillement sur votre chaise...Sans vous sentir concerné par ce sui se passe.
                    C’est votre choix et je le repscte...
                    Mais, à mon avis, vous vous trompez de cible en accusant les enseignants de redire leur sempiternel discour !
                    Le véritable enjeu, c’est "quelle éducation et quels moyens pour les enfants, pourles collégiens, pour les lycéens, pour les étudiants...Quels contenus, et avec quels moyens."et je le redis : il s’agit de l’intérêt des enfants . MAis, peut-être n’en n’avez vous pas encore pour ne pas vous sentir concerné...
                    C’est pour eux qu’on se bat ! On ne va tout de même pas leur demander d’aller dans la rue du haut de leurs 2 ans ou 8 ans...

                    Dans la mainif de jeudi dernier,j’ai été heureuse de voir que justement, les personnes présentes étaient âgées de 2 à au moins 70 ans !! Et oui ! Les maternelles étaient là, les parents, les enseignants, les Rased, les responsables de l’enseignement supérieur, les collégiens, les lycéens...les retraités...
                    Alors...mettez le nez dehors de temps en temps !! Et...changez votre leidmotiv ! Car, les enseignants ne changeront pas de métier ! Comme l’évoque votre injonction !! Il y en a même qui sont passionnés par ce travail ! Et oui, cette catégorie existe aussi !!
                    Peut-être avez-vous loupé une carrière d’inspecteur...justement, pour sanctionner ces vilains instits qui n’en foutent pas une rame !! ah là là....Désolée d’être virulente...mais vous avez touché une corde sensible !!
                    Bien cordialement



                    • jak2pad 23 novembre 2008 12:35

                      @marilou,

                      merci d’avoir été consulter mes oeuvres complètes, vous êtes l’une des rares à l’avoir fait- même moi ça me fatigue
                      mais pourquoi critiquer le fait que je ne change pas d’avis ? c’est le contraire qui est un peu troublant, non ?

                      les gens versatiles et influençables....

                      je vous rassure : je suis dans l’Education Nationale, mais pas prof, ni instit, ni surtout pas inspecteur, grand dieux non

                      j’en ai été usager comme parent d’élève, il y a assez longtemps, quand cela fonctionnait encore à peu près, pas grand’chose à dire, j’ai fait une bonne part du boulot tout seul ( on est un peu inquiet quand votre gosse en 4° ne sait pas ce que c’est une fraction, on pense qu’il relève d’un solide RASED, mais quand on constate que tous ses copains réunis n’en savent pas plus, ça ne rassure pas vraiment)

                      donc bon, à l’époque c’était acceptable, avec des hauts et des bas, surement pas la meilleure école du monde ( il n’y a que les Français pour croire ça), mais ça tenait à peu près la route

                      et là, dix ans plus tard, c’est quand même assez effrayant

                      donc je le dis, et je me répète, mais je pense qu’il est urgent de changer

                      les profs refusent tout changement, je suis triste, mais je pense qu’il faut parler de sclérose

                      voilà,Marilou, mais c’est en toute amitié


                      • val 23 novembre 2008 18:15

                        Donc, c’est maintenant, alors que vous n’avez plus du tout de relation avec le système scolaire que vous le jugez totalement inefficient.
                        Ceci correspond très bien à la situation : nous sommes très largement soutenus dans notre mouvement de protestation par les parents d’élèves et décriés par ceux qui n’y connaissent plus rien.


                      • val 23 novembre 2008 18:37

                        Par ailleurs, vous y connaissez que dalle au système éducatif : y pas et y a jamais eu de Rased dans le second degré.


                      • Marilou 23 novembre 2008 13:57

                        Jack2pad,
                        Je suis d’accord qu’il faille un changement, c’est évident. Là où la chose est délicate, c’est dans la façon dont ce changement est envisagé. Si on l’impose d’en haut, c’est à dire de la Présidence et des ministères, ça passe déjà moins que lorsqu’on sent que les corps de métiers sont consultés et preuvent prendre part aux discussions concernant leur avenir.. ;Mais, je crois que je suis une idéaliste !!
                        Imposer le changement n’a rien à voir avec participer au changement !
                        Tout est question de liberté.. Car, plus ça va, moins j’ai l’impression que cette valeur signifie encore quelque chose aujourd’hui.
                        Je rêve d’une grande discussion nationale où "le bas de la pyramide" est consulté, entendu, respecté dans ses convictions et ses avis, car l’école est en crise,c’est vrai, mais, au delà, n’est-ce pas tout simplmeent le rapport à l’humain qui a subi une cruelle mutation ?
                        Sait-on encore ce qu’est un être humain, sans y accoler d’emblée sa valeur mercantile, que ce soit aussi bien en terme de rendement qu’en terme d’économie ?
                        Car, c’est bien la loi du fric, du rendement, du toujours plus avec toujours moins... qui a pris le dessus sur l’humain ces dernières décennies .
                        C’est tout simplement catastrophique !
                        Et la privatisation souhaitée de l’Education Nationale n’arrangera rien !
                        Plus d’égalité...donc, encore moins de fraternité...Quant aux libertés....je suis de plus en plus sceptique, pour ne pas dire inquiète.
                        C’est bien la première fois que je me sens mal dans la société dans laquelle je vis ! Et pour en discuter autour de moi, je suis "rassurée" de voir que je ne suis pas la seule !
                        Je vous remercie pour le ton amical de la discussion.




                        • mara 23 novembre 2008 17:20

                          @Jack2pad

                          Les parents d’élèves devraient entreprendre un stage d’un mois dans une classe pour se faire une véritable idée du travail entrepris par les équipes éducatives et ainsi apprécier de leurs propres yeux comment le ministère de l’éducation nationale est entrain de mettre des bâtons dans les roues des personnes travaillant en milieu scolaire et semer la zizanie et la méfiance des parents.
                          Comment un enfant peut-il se concentrer, assimiler des connaissances et ramener des résultats corrects dans une classe de 30 élèves avec des programmes surchargés ?
                          En élémentaire, par exemple, les enfants doivent, en plus d’étudier les matières principales français et mathématiques, faire du sport trois fois par semaine, être initiés à une langue étrangère, étudier l’histoire, la géographie, les sciences naturelles, participer à des séances d’arts plastiques, aller à la BCD ( bibliothèque pour emprunt de livres), assister, pour les plus faibles, à l’aide personnalisée, pour les autres à l’étude du soir, sans parler des devoirs (non obligatoires, enfin, l’aide supplémentaire à la maison fait tout de même la différence, il ne faut pas se leurrer ), sans parler également, des évaluations nationales qui prennent un temps fou..). Et tout cela doit être entrepris sur quatre jours et souvent sans aide d’intervenants et avec des classes surchargés.
                          On nous annonce alors que les résultats en production écrite sont insuffisants, que nos enfants sont incapables de résoudre des problèmes mathématiques, qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent, qu’ils sont incultes... Il s’agit ainsi de renforcer les savoirs scolaires en faisant davantage travailler les enfants sur la grammaire et la conjugaison, sur la production d’écrit, sur la résolution de problèmes mathématiques, sur la mémoire et la culture avec les poésies et j’en passe... C’est bien beau comme perceptive mais il faudrait rajouter encore quelques heures supplémentaires aux journées pour que cela soit possible. Néanmoins, il est vrai que le leitmotiv ambiant c’est la polivalence, le toujours travailler plus, la quantité écrasant la qualité finalement

                          Je précise, je ne suis pas enseignante mais je comprends et compatis.


                          • jak2pad 23 novembre 2008 17:46

                            @ marilou,

                            je vous ai mis un plus parce que vous êtes une idéaliste qui s’interroge honnêtement et qui doute, et que j’aime bien ce genre de personne

                            mais quand même, ne trouvez-vous pas bizarre de toujours revenir s’accrocher à cette vision d’une école où tous sont censés apprendre obligatoirement la même chose, une école tellement centralisée, avec des programmes rédigés dans des bureaux ministériels par des gens qui ont perdu le contact avec les réalités de terrain, qui ne savent même plus à quoi ressemble un élève

                            et les profs,en face, réclament des tas de moyens, alors que clairement le pays est en faillite financière ?

                            si vraiment 30% des élèves décrochent dès le primaire, et qu’au lycée, où parviennent les meilleurs et les plus dociles, il y en a encore 30% qui ne comprennent pas ce que le prof raconte, et bien c’est simple :

                            au lieu d’essayer dans la souffrance et l’amertume de faire monter tous ces élèves à un hypothétique "niveau" que la plupart n’atteindront jamais, il suffit d’abandonner un certain nombre d’exigences de toute manière inatteignables, et de faire des choses claires, simples et réalisables.

                            Au lieu d’essayer d’adapter l’élève à un" niveau" ( c’est quoi, un niveau ?), adaptons le niveau à l’élève, mais cela demande une vraie réflexion, sérieuse et approfondie.

                            C’est cette voie qu’ont choisi la plupart des pays européens, et ils n’ont l’air ni plus stupides, ni plus incultes que les jeunes français.

                            Une autre idée, qui peut se combiner avec la première, ce serait de prendre acte une fois pour toutes que les établissements ne sont pas identiques, et n’ont pas le même niveau d’exigence, et de leur permettre de diversifier et de consolider leurs différences, au lieu d’affirmer une égalité de façade dont chaque parent et chaque élève sait parfaitement que c’est du pipeau.

                            Il y a des écoles actuellement où tout le monde veut aller, d’autres où personne ne souhaite se retrouver, comme il y a des profs que tout le monde réclame, et d’autres qui vous font regretter de ne pas être au foot-

                            et on voudrait faire croire aux gens que tout cela se vaut ?

                            je m’intéresse beaucoup aux autres systèmes éducatifs, le nôtre n’est pas le pire, mais il n’est certainement pas le meilleur, et surtout ( sacrilège pour des oreilles d’enseignants) il régresse, mais pa s depuis Darcos.....il régresse depuis 30 ans.

                            C’est cela qui est triste, et c’est pour cela qu’il y a urgence


                            • val 23 novembre 2008 18:24

                              C’est aussi parce que Darcos veut revenir à une pédagogie centrée autour des savoirs et non de l’élève que les enseignants du primaire manifestent.
                              Vous êtes-vous réellement intéressé aux raisons de notre mouvement de protestation ?


                            • 5A3N5D 24 novembre 2008 09:56

                              @ Jack2pad,

                              adaptons le niveau à l’élève.

                              C’est ce qui se fait depuis trente ans. Cela s’apelle le "nivellement par le bas."
                              Si c’est le seul programme que vous ayez à proposer, c’est pitoyable. 


                            • Bof 23 novembre 2008 19:03

                              ...et pendant ce temps, le monde se meurt....


                              • oncle archibald 23 novembre 2008 19:35

                                 
                                Pourquoi faudrait-il croire que l’instituteur qui prendra en charge les enfants de sa classe en difficultés hors heures "normales", c’est à dire qui donnera des cours particuliers à des élèves dont il connaît parfaitement les lacunes, aura moins de résultat qu’un "razed" qui voit les élèves en difficultés une fois tous les jamais et sans les connaître vraiment car il en voit des tas dans des tas d’établissements différents ?

                                Si vous avez une réponse logique je suis preneur.

                                Je parle bien entendu des enfants qui présentent des lacunes scolaires, pas de ceux qui ont des troubles comportementaux ou qui relèvent carrément la médecine psychiatrique.


                                • val 23 novembre 2008 19:58

                                  Parce que les difficultés scolaires sont multiformes et pas toujours décelables par quelqu’un de non spécialisé.
                                  L’enseignant du Rased saura, par sa formation , préciser les troubles dont souffre l’élève et y remédier.
                                  Par ailleurs, avoir des regards croisés (enseignant de la classe + membre du Rased) sur un élève permet, en général, de mieux le comprendre et, ensuite, de mieux l’aider.


                                • Polemikvictor Polemikvictor 23 novembre 2008 19:52

                                  Il y a 2 choses que l’on entend au mois de Novembre chaque année :

                                   Le Beaujolais nouveau est arrivé. On trouve des "experts" pour proclamer à chaque fois qu’il est meilleur que l’année précédente. Il suffit d’y gouter pour juger de la nullité de ces propos.

                                  La nouvelle réforme de l’éducation nationale est arrivée. Les "experts" proclament qu’elle est encore plus mauvaise que la précedente. Je ne sais pas si toutes les réformes ont été mauvaises ou si c’est la réticence voire l’incompétence de ceux qui doivent la mettre en oeuvre qu’il faut incriminer mais notre systeme éducatif se dégrade et de plus en plus de parents se tournent vers l’enseignement privé et donc payent 2 fois pour l’éducation de leurs enfants. Ce n’est pas acceptable. Un jour comme cela se passe en Suède et comme cela est à l’étude en Angleterre, chaque foyer disposera d’un coupon pour financer l’école de son choix. Vous pourrez proclamer une derniere fois que cette reforme est encore plus mauvaise que les précédentes, mais cela n’aura plus d’importance.....


                                  • val 23 novembre 2008 20:01

                                    L’idée que de + en + de parents se tournent vers le privé est fausse : - 5 % de demandes en moins en 2008 qu’en 2007.


                                  • Polemikvictor Polemikvictor 23 novembre 2008 20:20

                                    Faux !!! un lien sur Paris qui annonce le contraire " ac -paris " vous savez qui c’est ?

                                    Avec un coup de Google vous trouverez les memes documents pour toute la France.





                                    http://www.ac-paris.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2008-05/1dpr_r_2007.pdf


                                  • val 23 novembre 2008 20:40

                                    Ben non, il n’y a pas que Paris en France et les chiffres nationaux sont différents.


                                  • mara 23 novembre 2008 21:26

                                    Ce qui a des répercussions sur le système de l’éducation ce sont les économies faites par le ministère de l’éducation nationale sur le coût d’un enfant scolarisé. Soit suppressions d’enseignants = suppressions de classes = plus d’élèves dans une classe = système de garderie = instruction illusoire = mensonge


                                    • galapiat 23 novembre 2008 21:30

                                      un petit tour sur ce site pour avoir un avis contradictoire sur les nouveaux programmes smiley

                                      car je trouve cet article un peu trop partial ...

                                      www.lire-ecrire.org/dossiers/refondation-de-lecole/programmes-2008-du-primaire/nos-commentaires-sur-les-nouveaux-programmes-de-lecole-primaire-2008.html

                                      respectueusement galapiat


                                      • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 23 novembre 2008 21:48

                                        Chaque enfant est différent, et en tant que tel, il reçoit l’enseignement de manière unique.

                                        Conclusion : l’idéal est un enseignant par élève. Un adulte qui accompagne le jeune dans sa construction d’un être citoyen.

                                        Seulement voilà, révolution industrielle oblige, société de marché à la clé, les parents sont contraints de bosser plus pour... (pour quoi au fait, puisque le pouvoir d’achat recule, même en bossant le dimanche ?). De leur côté, les profs se trouvent, boom démographique oblige, avec de plus en plus de mômes en classe, et de moins en moins de moyens pour rattraper l’absence des parents (sans compter l’éclatement familial).

                                        Résultat des courses : des classes de jeunes sans repères autres que la connerie télévisuelle, sans centres d’intérêt autres que la violence et le foot (pour le garçons), ou la violence et la mesquinerie (pour les filles).

                                        Un bon début pour sortir de là, ce serait de financer enfin une réelle éducation (ça occuperait pas mal de désoccupés), et de supprimer les chaînes de télé privées qui déversent leurs immondices dans les jeunes cervelles par trop disponibles (et pas la peine de venir me parler de "faillite de l’Etat français" : si faillite il y a , c’est celle d’une idéologie de la "monnaie privée qui fait mieux que la monnaie publique").

                                        Quand je pense qu’en plus de ce petit souci éducatif, nous avons aussi sur la planche la crise économique, la crise écologique, la crise alimentaire, la crise démographique, la crise sociale, la crise climatique, la crise énergétique... et que le bon peuple passe plusieurs dizaines d’heures par semaine à mater des stupidités télévisuelles ! Jetez votre boîte à cons ! Brisez votre antenne, massacrez votre décodeur TNT et votre parabole au TNT ! Brisez les chaînes de votre esclavage intellectuel, et utilisez enfin le temps de cerveau ainsi libéré pour PENSER !!!!

                                        Le slogan ambiant est "Ne pensez plus, DEPENSEZ !" Eh bien ! moi, je vous propose de faire exactement l’inverse.


                                        • Marilou 23 novembre 2008 23:47

                                          @BLF,
                                          Il me semble que là, on s’écarte quelque peu du sujet de départ....
                                          Le gestion des petits écrans ne relève en rien du boulot d’enseignant. 
                                          Maîtriser l’outil informatique avec la préparation tout au long de son cursus , au diplôme B2I, oui, ça ça fait partie des attributions des enseigants du primaire comme du secondaire. Et bien au delà selon les filières, évidemment.
                                          Après, ce qui se passe sous le toit des chaûmières concernant l’utilisation des écrans, relève de l’entière responsabilité des parents.Non ?
                                          Ne confondons pas tout.

                                          Et, si je puis me permettre, qu’entendez-vous par "réelle éducation" ?...
                                          L’actuelle éducation serait-elle un leurre, de la poudre aux yeux...une illusion ?!! Diable, c’est que je rêve éveillée quand j’envoie mes propres enfants dans leurs établissements respectifs !
                                          Alors, pensons, oui, tout à fait d’accord, mais si la pensée n’aboutit pas sur des actes...la crise peut durer longtemtps !
                                          Le "métier " de parent n’a rien à voir avec celui d’enseignant et pourtant, ils sont complémentaires. Je préfère considérer la chose sous cet angle là.
                                          Un enseigant, comme un parent, est à même de mettre les "enfants-élèves" en garde contre les dérives , les dangers d’une utilisation abusive des petits écrans.Ils ont une pleine responsabilité par rapport à cela.Un devoir moral, même.Enfin, il me semble !
                                          De même qu’ils ont le devoir de les éveiller à l’esprit critique, en les faisant parler sur ce qu’ils ont vu et en leur faisant prendre conscience de l’impact positif ou négatif que telle ou telle pratique (des petits écrans j’entends) a sur eux.
                                          Quand vous dites "jeunes sans repères"...ne vous êtes-vous pas posé la question de savoir pourquoi ils sont sans repères ? Non..parce qu’ils ne naissent pas comme ça, et à vous lire, on a l’impression que oui...Enfin, j’exagère peut-être, mais...ça sent un chouilla le cliché...l’expression toute faite...
                                          Alors, agissons pour leur en donner, non ? ce serait déjà un pas de plus en avant !

                                          Et puis, nous, adultes, ça nous arrive aussi de regarder des daubes, tout simplement parce qu’on a besoin d’arrêter de penser à un moment donné, et de se détendre...
                                          Alors, chez les enfants, il est également important de leur laisser une petite bulle pendant laquelle ils se détendent et laissent de côté le stress du quotidien répété de mois en mois, d’année en années.Et même si c’est pour de la daube, ça ne mettra pas leur avnir en danger tant qu’elle est pratiqu"e avec modération !
                                          Un temps pour tout donc : le boulot, la détente !

                                          Bon, mais ceci dit, je regarde très très peu cette espèce de chose qu’on nomme télé...et je suis entièrement d’accord avec vous quand vous évoquez la vacuité de certaines émissions !
                                          Cela prouve qu’il faut de tout pour faire un monde !
                                          Et que l’Education est un labeur sans fin...




                                          • jak2pad 24 novembre 2008 15:55

                                            @ val

                                            voue êtes un joyeux polisson manipulateur : votre histoire de baisse de la demande vers le privé, c’est du pipeau et de l’intox

                                            et vous savez quoi :

                                            je l’ai vérifié, dans les écoles privées, une bonne moitié, ce sont des gosses d’enseignants du public

                                            et vous savez pourquoi ?

                                            c’est simple, c’est parce que ce sont ceux qui connaissent le mieux la maison où ils "travaillent""

                                            vous ne le saviez pas ?

                                            quand à cet argument stupide et mille fois ressassé, que ce serait le nivellement par le bas, il suffit de voir les résultats de 30 ans d’"aspiration vers le haut " pour avoir une crise cardiaque :

                                            quatre fois moins d’enfants issus de milieux défavorisés dans les études supérieures valables, celle qui rapportent quelque chose

                                            ils sont presque tous en échec, ou déscolarisés, ou parqués dans des filières sans débouchés

                                            vous trouvez que c’est du bon boulot, ça ?


                                            • bastouille 25 novembre 2008 23:06

                                              Description très claire et synthétique de cette dégradation alarmante de l’école qui révolte l’immense majorité des enseignants du primaire.
                                              A tel point que bon nombre d’enre eux finissent par déclarer leur désobéissance à leur hiérarchie (http://resistancepedagogique.blog4ever.com/blog/index-252147.html) voire directement à notre cher président (http://uneecolepourvictorethugo.hautetfort.com/).
                                              En plus, ce qui se trame pour l’avenir (dès la rentrée 2009) est loin d’être rassurant !!!
                                              Malheureusement, pour l’instant, l’opinion publique ne réagit pas beaucoup...



                                              • PUCK 26 novembre 2008 15:21

                                                La dégradation de l’école a lieu depuis très exactement 34 ans ,càd depuis le fameux "tronc commun "de R.Haby et la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans . Je ne vais donc pas taper sur la gauche systématiquement puisque c’est sous un président centriste qu’elle a commencé .

                                                Pour la suite ,certains ministres ont essayé de faire quelque chose ,mais ,franchement ,à part Devaquet ,peut être Chevènement ,et Allègre ,ah si ,Luc Ferry était très bien ,je ne vois rien qui ait été fait pour améliorer les choses et ,si par hasard ,ç’avait été le cas ,tout le monde est toujours dans la rue pour n’importe quoi .


                                              • bastouille 25 novembre 2008 23:09

                                                ’’ac-paris’’ c’est l’académie de Paris ! Alors peut-être que c’est faux là-bas mais il n’y a pas que Paris en France...

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