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Accueil du site > Actualités > Politique > Les mensonges sur le « protectionnisme »

Les mensonges sur le « protectionnisme »

Le protectionnisme a mauvaise presse, ça se sait. Nos polititiens font tout pour l’éviter, nos économistes aussi. Mais est-il ce diable cornu, ce bouc émissaire que tout le monde montre du doigt ? J’en doute fort.

 
Premier mensonge : confondre le protectionnisme et l’isolationnisme
 
Le protectionnisme ne consiste pas en l’idée de fermer les frontières à toutes choses mais à protéger (comme son nom l’indique) les professions menacées par de la concurrence déloyale comme par exemple des salaires dix fois plus bas, l’absence de protection sociale ou de système de santé, ou même parfois, de formation adéquate. A l’heure actuelle, nos esclaves chinois n’ont rien des ouvriers qualifiés français qui sont assez bien formés. Mais on accepte, de ce fait, tout aussi bien la concurrence avec les salariés allemands, par exemple. Il s’agit plus d’organiser un "échange juste" ou "fair trade" comme le disait Franklin Roosevelt, que de refuser toute forme d’échange.
 
Deuxième mensonge : le libre-échange favorise la liberté
 
Faux ! Archi-faux ! Le libre-échange est coupable de crimes crapuleux aussi destructeurs que la Shoah : le commerce d’opium en Chine et les guerres qui ont suivi sont liées à l’application forcenée du "free trade" par la couronne britannique, de même que le commerce triangulaire.
les "Chicago Boys", économistes libéraux, seront les conseillers économiques de la dictature Pinochet.
 
Troisième mensonge : le protectionnisme est d’extrême droite
 
Comme je l’ai déjà dit sur ce site, l’histoire elle-même fait mentir cette assertion : Abraham Lincoln avait lui-même fait dresser des barrières douanières pour protéger les industries américaines, et fait émettre des "green back" (monnaie sous forme de billet) par l’Etat, ce qui est autorisé par la Constitution américaine (Article 1 Section 8 et 9), ce qui est l’horreur même pour un libéral ( un Etat qui contrôle lui-même la monnaie ? Mais pourquoi pas un régime communiste tant que vous y êtes). Plus sérieusement, demandez à la BCE comment elle a réagi lorsque Sarkozy a demandé à avoir seulement des comptes rendus de ses activités, et vous serez servis (pour une fois qu’il dit quelque chose de bien celui-là !). A l’inverse, ses adversaires sudistes était favorables au "free trade" qu’ils pratiquaient assidûment avec le commerce triangulaire (commerce d’esclave). Quant à Le Pen, il n’est devenu protectionniste que pour attirer de l’électeur : il était fan de Friedrich von Hayek dans les années 80, et voulait l’abolition de l’impôt sur le revenu...
 
Quatrième mensonge : le protectionnisme défavorise les économies extérieures
 
Encore faux ! En fait, le libre échange a détruit les marchés intérieurs de beaucoup de pays d’Afrique ou d’autre encore, en faisant chuter les prix du peu de production qu’avaient les pays en question. Aujourd’hui, il détruit les capacités de production des pays occidentaux, tout en ne les remplaçant pas, les salariés des pays émergents étant plus esclaves qu’ouvriers qualifiés (ça coûte cher, un ouvrier qualifié)
 
Voila. Cette liste est non-exhaustive, elle demande donc à être complétée, et elle le sera. Mais je pense qu’elle provoquera une grosse tempête de cerveaux.
 

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17 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 4 juin 2009 11:27

    Je pense qu’elle provoquera une grosse tempête de cerveaux.

    Ca m’étonnerait. Tout ça est connu depuis bien longtemps, et décrit par exemple par Emmanuel Todd il y a plus de 15 ans dans un ouvrage sur « l’illusion économique ». Rien de nouveau ici.

    Quelques remarques de détail.

    Le protectionnisme consiste à protéger les professions menacées par de la concurrence déloyale.

    Non. Ca c’est une forme de protectionnisme, celle que vous souhaitez. Mais il y en a des tas d’autres. Par exemple, celle des US que vous citez était plus du « cocooning », consistant à protéger le développement d’industries pas encore concurrentielles. Ca peut être vu comme une forme de concurrence déloyale.

    Le libre-échange est coupable de crimes crapuleux aussi destructeurs que la Shoah : le commerce d’opium en Chine.

    Point Godwin, allègrement.

    un Etat qui contrôle lui-même la monnaie ?

    Euh ... c’est ce que font 95% des états depuis 3000 ans. Il me semble me souvenir qu’on a trouvé des monnaies royales sumériennes.

    ses adversaires sudistes était favorables au « free trade » qu’ils pratiquaient assidûment

    Cela simplifie par trop l’histoire de la guerre de sécession. Le sud était un grand exportateur agricole (coton, tabac, tout ça ...). Le nord voulait du cocooning industriel. Le sud craignait qu’en rétorsion les pays européens ferment leurs marchés. En tout cas, un truc certain : tout le monde se foutait du sort des esclaves.

    Sur le fond, j’imagine que vous commettriez la même erreur que la plupart des commentateurs de la crise de 1929. Le protectionnisme aurait effectivement permis de l’éviter. Par contre, son déchaînement après la crise l’a considérablement aggravée en prenant à la gorge les exportateurs. L’avenir politique de la Chine à court/moyen terme est tout sauf évident.


    • Gandalf Tzecoatl 4 juin 2009 11:36

      Le protectionnisme ne se justifie que dans le cadre de l’anti-dumping. Et il y a du travail à faire. La France n’a pas à imposer son modèle social-législatif à l’extérieur, et surtout vice-versa.

      Car les pays à faible coût de main-d’oeuvre, à faible protection sociale, à faible législation écologique, et à valeur monétaire manipulée, sont bel et bien protégés dans leur activité économique, pratiquant pour citer Frédéric Lordon une forme de protectionnisme avidemment recherchée par toutes les entreprises, que l’on pourrait appeler protectionnisme passif ou protectionnisme de dumping.

      Evidemment, la voie politique privilégiant l’accord à la rétorsion a éminement plus de chance de succès. Mais il suffit de voir tout les échecs américains pour que la Chine relève un tant soit peu la valeur de sa monnaie, de considérer que la décision unilatérale peut être envisagé comme le seul recours salvateur.

      « les »Chicago Boys« , économistes libéraux, seront les conseillers économiques de la dictature Pinochet. »
      Nous sommes bel et bien en régime international de dictature libérale, extension du Chili de Pinochet, et toutes les gouvernances peu démocratiques prennent des mesures de libéralisation économique contre l’aval citoyen. Le retour keynésien accompagnant la crise risque fort de n’être qu’un épiphénomène.


      • Stéphane Bouleaux 4 juin 2009 11:54

        bel article.

        L’actualité nous montre tous les jours que le protectionnisme est indispensable.

        Mais ceci ne fait pas l’affaire de gros capitaux, les memes qui dirigent les medias et manipulent le gouvernement.

        Seule solution : voter pour les partis nationalistes et donc protectionistes.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 juin 2009 13:19

          Bonjour,

          Sur ce lien, vous trouverez les parincipales entreprises qui quittent le teritoire français : http://maps.google.com/maps/ms?hl=fr&ptab=2&ie=UTF8&oe=UTF8&msa=0&msid=106468196104779563781.00045a2a5e1c2cf69d5d4&ll=46.988988,1.955652&spn=8.033979,11.664219&source=embed détail : les laboratoire pharmaceutiques étasuniens, les ateliers de confection du luxe, les équipementiers automobiles à l’ancienne, c’est à dire boites de vitesse, asp, asr, ponts, transmission ( Dans tous les cas, la voiture électrique qui arrive sur le marché n’a nullement besoin de ces équipements puisqu’elle a sonmoteur directement dans la roue)....etc...c’est à dire la branche étrangère du CAC 4O.

          La crise, qui touche l’ancien n°1 mondial automobile GM au profit du second, Toyota, lequel sort sa quatrième version de sa Prius, qui elle même annonce 235O km avec un plein, annonce la fin de l’ancien système pour un nouveau assurant la fin de l’interdépendance énergétique. Il ne manque plus qu’aux investisseurs de se tourner vers ces nouvelles technologies pour voir redémarrer immédiatement l’économie.


          • tmd 4 juin 2009 13:32

            Première évidence : le protectionnisme, c’est s’isoler des produits bon marché.
            Puisqu’en protégeant les professions menacées (c’est à dire en taxant les importations de même produits) vous alignez les prix sur les produits indigènes plus chers : disparition des pneus importés à 30 euros.

            Deuxième évidence : le libre-échange, c’est la liberté
            C’est la liberté pour chacun de pouvoir choisir entre acheter un pneu Michelin (fabriqué en France) à 80 euros, ou un pneu importé à 30 euros.

            Troisième évidence : le protectionnisme est avant-tout populiste
            Il est toujours très populaire auprès des professions concernées ...

            Quatrième évidence : le protectionnisme tue l’économie
            Ce n’est pas le libre échange qui maintient les pays d’Afrique dans la pauvreté. C’est en tout premier lieu le protectionnisme US et EU sur les produits agricoles qui sont subventionnés à outrance.


            • Stéphane Bouleaux 4 juin 2009 17:12

              tout faux !

              « Première évidence : le protectionnisme, c’est s’isoler des produits bon marché. »

              Peu importe, puisque que le protectionnisme permet de faire tourner nos entreprises, donc de reduire le chomage, donc les taxes et impots, et donc d’avoir un meilleur salaire. On peut donc acheter des produits plus « chers ».

              « Deuxième évidence : le libre-échange, c’est la liberté »

              La liberté d’acheter uniquement des produits chinois, vendus aussi chers que les autres produits. Mais aussi de supprimer l’emploi en france.

              « Troisième évidence : le protectionnisme est avant-tout populiste »
              « Populiste »... sauf erreur de ma part, le pays et la politique sont faits pour satisfaire le peuple.

              « Quatrième évidence : le protectionnisme tue l’économie »
              Croyez vous ? Pourtant l’economie se portait très bien du temps ou le protectionnisme existait encore. Mais peut etre les grandes compagnies gagnaient moins de dividendes...
              La situation actuelle montre bien que sans protectionnisme le pays croule. C’est un fait !!!


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 4 juin 2009 17:34

              @tmd

              " Première évidence : le protectionnisme, c’est s’isoler des produits bon marché.
              Puisqu’en protégeant les professions menacées (c’est à dire en taxant les importations de même produits) vous alignez les prix sur les produits indigènes plus chers : disparition des pneus importés à 30 euros. "

              Si je puis me permettre de vous le rappeler, l’Europe s’est chargé de remédier au problème. En taxant de A à E selon la qualité environnementale des pneus, ils arrivent aux résultats suivants : Plus votre pneu est de bonne qualité, moins il est taxé et plus il dure...Résultat, acheter un pneu bas prix coûte aussi cher au bout du compte puisqu’il dure moins longtemps, et en plus, vous courrez plus de risques d’accidents.

              " Deuxième évidence : le libre-échange, c’est la liberté
              C’est la liberté pour chacun de pouvoir choisir entre acheter un pneu Michelin (fabriqué en France) à 80 euros, ou un pneu importé à 30 euros. " 

              Les bonnes marques ne s’y trompent pas et équipent d’entrée leurs modèles de cette marque ; Ce n’est pas par hasard ! http://www.naturavox.fr/Pneu-Sacrifier-la-securite-a-l-environnement.html


            • Daniel Roux Daniel R 4 juin 2009 13:37

              C’est toujours positif de remettre en question un dogme.

              Il y a une grande hypocrisie sur le protectionnisme, tous le dénoncent officiellement et tous le pratiquent en catimini, utilisant des stratégies diverses pour protéger des intérêts privés proches du pouvoir surtout, nationaux parfois.

              Lire ce très bon article d’un modeste auteur, sur ce sujet :

              http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/un-protectionnisme-europeen-assume-39817


              • unandeja 4 juin 2009 13:40

                A qui sert le libre échangisme (je sais c’est libre échange mais bon)...uniquement aux entreprises qui font des hommes un un outil de travail interchangeable....et vont au moins couteux.

                Le protectionnisme consiste seulement à rétablir une réelle concurrence libre et non faussée. Ce qui fausse la concurrence c’est le prix de la main d’œuvre...la seule solution pour moi est le protectionnisme


                • dup 4 juin 2009 13:49

                  les frontères sont comme les écluses sur un cours d’eau . Personne doute de leur utilité. elle permettent à chacun de naviger et ce sont des barrieres qui évitent que l’eau disparaisse dans certains tronçons. Des politiciens géniaux nous ont dit que les éclusent étaient ringardes , xénophobes et des obstacles pour que le consomateur ait un produit moins cher. Maintenant certains produits sont tellement pas chers qu’on a pas éles moyens de se les payer , faute de boulot


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 4 juin 2009 17:08

                    Bonjour,

                    J’ajouterais un autre point qui est souvent monté en épingle par les libéraux : le protectionnisme n’est pas l’autarcie.

                    Trop souvent les détracteurs du protectionnisme avancent des arguties confondantes de déraison. En effet, le protectionnisme ne vise pas à se fermer aux autres mais à protéger temporairement les entreprises en pleine croissance pour leur permettre d’affronter les marchés extérieurs en pleine possession de leurs moyens et à armes égales avec leurs concurrents. De plus le protectionnisme n’est pas un concept vaseux puisqu’il est évolutif sectoriellement et temporellement.

                    Cordialement


                    • herve33 4 juin 2009 17:28

                      Ceux qui dénoncent le protectionnisme sont ceux qui ont des intérêts à ceux que les délocalisations et le transfert de nos industries continuent , afin de toujours gagner plus d’argent , c’est en fait une toute petite minorité dont une certaine classe politique et le monde financier font partie . 

                      Mais , cette élite n’a encore compris que la mise en concurrence de nos emplois avec ceux des pays de main d’oeuvre à bas cout , a des limites , et sur le plan macroscopique , la disparition des emplois en Occident , provoque à terme une baisse générale de la consommation et une précarisation de la population

                      Seules les entreprises multinationales bénéficient réellement de cette situation alors que la plupart des PME doivent se battre pour trouver des idées innovantes pour simplement survivre .

                      En résumé , le seul moyen de préserver notre tissu économique serait une simple taxe sur les produits importés extérieurs à l’Europe pour financer nos services sociaux 


                      • SURVEYOR 4 juin 2009 21:26

                        Bien sur pas un protectionnisme acharné mais juste, cette mondialisation sous prétexte d’ouvrir le monde : mon c.., juste pour profiter du pays où les charges sociales sont au raz des pâquerettes, je ne croit plus aux politicards......BEURKKK..... à vomir. Vous me dégoutez et vous me fatiguez, bande de chacals...Vous nous poussez à l’anarchisme. Prenez bien garde.


                        • SURVEYOR 4 juin 2009 21:35

                          Ce libre « échangisme » porte bien son nom, cela me laisse un sentiment de pornographie...


                          • proeur 4 juin 2009 23:09

                            Les pays qui n’ont pas assez soutenu leurs activités les ont vues disparaître. Le plus fréquemment ça arrive à cause d’un avantage technique chez le pays concurrent ou à cause d’un traité imposant des restrictions dans certaines activités économiques.

                            Mais il est rare que ça arrive par des décisions internes. Ainsi l’Inde s’est vue désindustrialiser (cotonnades, ) aux 18è et 19è siècles au profit des Anglais qui la gouvernaient. La même chose se produit actuellement en Europe de l’Ouest à cause de la politique de surévaluation de l’euro et de délocalisation des activités réelles vers les pays à salaires misérables. Cette politique d’inspiration anglo-saxonne voulue par Bruxelles est menée tellement plus rapidement que celle imposée autrefois par les Anglais à l’Inde, qu’elle provoque

                            en France et chez nos voisins les drames sociaux des licenciements et restructurations accélérés.

                            Cette politique est acceptée et mise en œuvre par la plupart des partis et principalement par l’UMP, mais aussi par le PS, car ils sont endoctrinés par les mêmes dogmes de la financiarisation et du court terme, qui ont provoqué la crise mondiale.

                            Pour ne pas plonger encore plus profond dans la crise comme la France de 1931 parce qu’elle maintenait sa monnaie surévaluée. Pour ne plus surajouter en Europe de l’Ouest cette crise de désindustrialisation à la crise mondiale, il est urgent de remettre nos gouvernants européens au service des principales économies européennes et pas comme aujourd’hui au service d’économies extérieures comme la Turquie, la Chine , la Grande Bretagne, les Etats Unis, .


                            • Montagnais Montagnais 5 juin 2009 00:44

                              « ...menacées par de la concurrence déloyale comme par exemple des salaires dix fois plus bas »...

                              Déloyale ?

                              Absurde mot.

                              Comme si le cochon bouffé par la vermine gueulait à l’absence de loyauté dans la transaction..

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