Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Les négationnistes de la blogosphère

Les négationnistes de la blogosphère

« Non, non, nous n’avons aucune influence » disent quelques blogueurs, dont souvent Versac, notamment dans ce papier (lisez ce papier et surtout les commentaires). Est-ce par excès de modestie ou pour prendre le contre-pied de la mode à tout prix ?

J’ai l’impression de les entendre crier : « Nous n’existons pas, ne nous lisez surtout pas, nous écrivons pour tuer l’ennui, nous sommes des fous... » Ce n’est pas crédible deux secondes, pas plus qu’un journaliste qui se voudrait objectif et non influent.

Si nous écrivons sur nos blogs, c’est parce que nous sommes persuadés que nous pouvons influencer, non seulement les hommes politiques mais l’avenir tout entier. Je ne vais pas faire preuve d’humilité déplacée et dire que je fais tout ce que je fais juste pour faire plaisir à quelques lecteurs, qui seraient coupés du reste du monde.

Justement, mes quelques lecteurs sont des gens ordinaires, des gens qui parlent avec leur famille, avec leurs amis... Il y a même parmi eux des journalistes qui, consciemment ou non, sont parfois influencés. Et quand ils écrivent ou parlent à leur tour, ils influencent des gens qui ne me connaissent pas et, peut-être, que je ne connaîtrais jamais.

J’en ai marre de ces blogueurs politiques qui ne cessent de dire que les blogs n’ont pas d’influence (c’est presque méprisant pour leurs lecteurs). Je me demande pourquoi ils bloguent politique. Je me demande pourquoi ils croient que les journalistes leur donnent la parole. Ce n’est pas pour leurs beaux yeux, ni pour leur prose magnifique, ni pour leurs analyses sublimes... c’est juste parce qu’ils émergent au sommet de la blogosphère et que les médias traditionnels, par souci de concision, doivent bien se focaliser sur quelques figures symboliques.

Oui, vous n’avez aucune influence, vous les blogueurs un peu à la mode, et moi avec vous, mais les dizaines de milliers d’autres blogueurs ont de l’influence, et même beaucoup, et pas seulement les blogueurs, mais tous les citoyens qui propagent l’information, l’analysent, la déforment, l’utilisent... que ce soit sur internet ou au café du coin.

L’important n’est pas ce qui se dit ou s’écrit ici ou là mais ce qui se passe entre. Les choses importantes prennent consistance dans le lien. Sur les blogs, les commentaires sont plus importants que les articles car ils manifestent les liens qui unissent et croisent des communautés.

Du masculin au féminin

À la fin du peuple des connecteurs, je disais que nous entrions dans l’âge des qualités après avoir quitté celui des quantités propre à l’âge industriel. Il faut bien intégrer ce point si on veut comprendre ce qui se passe aujourd’hui, si on veut comprendre les phénomènes viraux qui échappent à nombre de mesures quantitatives, notamment aux bons vieux sondages.

Je rappelle que Google, par exemple, n’a prospéré que par le bouche-à-oreille. C’est un pur fruit du buzz comme la plupart des autres services internet. En 2002, Terry Semel, le nouveau parton de Yahoo, qui venait d’Hollywood, ne l’avait pas compris. Les études voyaient encore Google tout petit mais il était déjà grand dans l’esprit de ses utilisateurs. Cette grandeur n’était pas mesurable suivant les critères traditionnels mais elle n’en existait pas moins comme Yahoo ne cesse de le mesurer depuis à ses dépends.

Ce n’est pas parce qu’une chose ne se mesure pas quantitativement qu’elle n’existe pas. À l’âge des qualités, les quantités comptent de moins en moins. Voilà pourquoi les médias top down seront de moins en moins efficaces, parce que par nature ils sont quantitatifs : pour eux, c’est l’audience qui importe.

Le coming-out de Bayrou

Certes, il sera impossible de démontrer si la blogosphère a aidé ou non Bayrou dans son ascension. Dans Le cinquième pouvoir, j’essaie de montrer pourquoi dans le chapitre sur la bataille de Borodino. J’y explique justement la différence entre le quantitatif et le qualitatif. La différence entre la prévisibilité et l’imprévisibilité. J’y explique pourquoi, heureusement, l’avenir n’est pas écrit (pas plus que le passé peut être décrypté de manière déterministe).

Consacrer du temps à dire que nous n’avons pas de preuve de l’influence du cinquième pourvoir, c’est une perte de temps car c’est une évidence. Maintenant nous ne devons pas oublier que nous avons des lecteurs, que nous avons avec eux des échanges de qualité et non de quantité, et que de ce fait nous avons une influence. Quelle soit minime n’a aucune importance. Dans une réaction en chaîne, la taille de l’étincelle initiale n’a aucune conséquence.

Peut-être que pour mettre fin à ce débat au sujet de Bayrou faut-il demander à Bayrou lui-même de se prononcer. « Avez-vous oui ou non été influencé par la blogosphère ? Par nos articles et nos rencontres de l’automne dernier, n’avons-nous pas contribué à vous donner du courage, à vous donner une nouvelle base sur laquelle vous vous appuyez maintenant ? Peut-être même avons-nous glissé quelques idées dans votre esprit. »

À l’âge des qualités, c’est aux hommes de s’expliquer et d’exprimer leur ressenti. Notre cerveau, totalement irrationnel, reste le meilleur instrument pour mesurer ce qui échappe aux sondages. Heureusement !

Alors, oui, je demande à Bayrou de nous donner son éclairage sur cette affaire. Elle ne nous révèlera pas la vérité mais mettra plus de qualité dans ce que nous faisons.

Ce n’est pas internet ou les médias qui feront la prochaine élection présidentielle mais chacun des hommes libres de ce pays, c’est eux, tous ensemble, qui forment le cinquième pouvoir.

Et si Bayrou ne répond pas, ou n’entend même pas cette question, ce sera peut-être la preuve que nous n’avons effectivement aucune influence... sur lui mais ça ne nous empêchera pas de façonner le monde de demain.


J’ai publié ce billet sur mon blog et Versac a immédiatement réagit :

Tu y vas quand mêm très fort, là, avec le négationnisme. Je ne nie pas l’influence des blogueurs, mais crois qu’elle se niche dans des rôles un peu plus fins que "faire monter Bayrou" ou que "c’est X qui fait l’opinion". Je ne suis en aucun cas dans la négation, j’essaie de creuser au delà de "l’élection se jouera sur internet".

A titre personnel, je n’ai pas d’ambition d’influence sur le débat, comme des tas de personnes. Je ne rêve pas de modifier à tout prix l’agenda, et je pense que l’immense majorité des blogueurs sont comme ça. Les blogueurs que je connais, ppur leur immense majorité, sont animés par le plaisir de l’échange et du débat, pas par le fait de convaincre, transformer, orienter leurs pairs.

Il suffit pour s’en convaincre de fréquenter des blogueurs "normaux", qui n’ont pas d’entreprise ou de livre sur le sujet ou qui ne sont pas venus au blog pour soutenir tel candidat : leur enjeu est ailleurs. Leur pratique est celle d’un échange social, entre pairs, leur ambition est souvent mesurée.

Cela ne les empêche pas de se mobilsier, de temps à aute, pour telle cause, ou de
participer à l’émergence, consciemment ou non, d’un thème, d’un cadrage, d’un candidat...

Sur Bayrou, si l’influence consiste en lui avoir donné quelques signaux d’attention ert de potentiel qui lui ont donné du courage, tu donnes toi même des gages aux sceptiques du cinquième pouvoir.

Je partage ta passion pour cet espace fantastique que constituent les blogs. J’essie d’approfondir, comme toi, où se nichent ces changements, ces ruptures, pas de nier quoi que ce soit.

Ma réponse :

Mon défaut est de toujours exagérer :-)

Moi, aussi, je ne cesse de le répéter que cette élection est un détail dans ce qui est en train de se jouer dans le monde aujourd’hui. Le cinquième pouvoir n’est pas le mieux placé pour jouer un rôle dans cette élection car elle est d’un autre temps (élire un mec qui sera en haut de la pyramide).

Peut-être que ce qui nous différencie, toi et moi, c’est l’ambition personnelle. Je veux vraiment influencer, je veux vraiment que les choses changent parce que je ne les vois pas aller dans le bon sens. Je suis un militant de l’avenir. Je me moque de savoir qui sera élu pour peu qu’il ouvre les yeux sur ce qui se passe. Et je ne crois pas au pouvoir des hommes politiques placés tout en haut de la pyramide, je ne crois qu’au pouvoir des hommes libres. C’est nous qui avons fait internet. Je crois que nous pouvons faire beaucoup plus. C’est mon espoir. Une utopie qui réunit déjà un milliard d’êtres humains ce n’est plus une utopie.

Quand tu dis « Leur pratique est celle d’un échange social, entre pairs, leur ambition est souvent mesurée. », je suis d’accord avec toi. C’est essentiel, mais c’est là que tout se joue, que le nouveau discours se construit, que la nouvelle conscience du monde se cristallise. Je ne suis pas un blogueur important, toi non plus, personne... mais tous ensembles nous créons quelque chose de neuf.

Par rapport à Bayrou ma position est claire. Nous ne sommes pas là pour le soutenir mais pour lui glisser, à lui comme à ses adversaires, des idées nouvelles. Que les uns et les autres s’appuient sur ces idées pour rebondir et nous sommes tous gagnants.


Moyenne des avis sur cet article :  3.75/5   (51 votes)




Réagissez à l'article

32 réactions à cet article    


  • D. (---.---.7.151) 28 février 2007 13:23

    Les bloggueurs sont influents, mais le lecteur a le choix de ne pas se laisser influencer. Ca s’appele au moins le recul sur le contenu...


    • lau1982 28 février 2007 14:17

      Les blogs ont certes une influence. C’est comme l’a dit Versac dans sa réponse un échange de débats. Les blogs sont un espace d’échange qui permet de donner son avis, écouter celui des autres et des fois changer d’opinion.

      Ce « cinquième pouvoir » n’est cependant pas nouveau. Je ne vois pas de grande différence avec une discussion dans un café, avec des amis, avec des collègues.

      Cependant, quand Guy Birembaum provoque l’éviction de Duhamel de RTL et F2 et qu’il affirme n’y être pour rien, je suis d’accord pour dire que c’est du négationnisme et de la mauvaise foi.

      Au moins avec les blogs, on peut dire à l’auteur qu’on est pas d’accord avec lui et lui dire pourquoi.


      • ZJP (---.---.121.76) 28 février 2007 17:23

        A lau1982 « Ce »cinquième pouvoir« n’est cependant pas nouveau. Je ne vois pas de grande différence avec une discussion dans un café, avec des amis, avec des collègues. »

        Je suis en Martinique. Je n’aurais pas pu vous rencontrer a votre café. Ni vous, ni un homme politique important, ni un capitaine d’industrie, ni un chinois ou un russe ou etc.. etc..

        C’est la GROSSE différence avec le Net et donc avec les blogs. smiley

        JP


      • (---.---.140.83) 28 février 2007 15:08

        Merci, Thierry d’expliquer si bien ce que nous percevons du 5° !

        Nous sommes le monde vivant ni plus ni moins. Et nous nous devons de défendre nos libertés de conscience, même si elles dérangent...

        Pour Bayrou, ce n’est pas cette question que j’attends de lui, mais une position claire et déterminée en faveur d’une Liberté sur le réseau sans condition !

        Le monde bascule et nous cherchons à préserver nos acquits sans nous remettre en question ! Les solutions sont dans l’ouverture des esprits et l’échange des idées, pas dans du protectionnisme sans avenue.

        Avec Dadvsi nous avons perdu un temps précieux ! Maintenant de nouveaux conflits sont à prévoir. Et l’Open Source se retrouve montré du doigt, alors qu’elle apporte des solutions !

        Personne n’ira à l’encontre du progrès sans s’y casser les dents, voir plus...


        • versac (---.---.136.1) 28 février 2007 15:09

          Comme je l’ai déjà dit chez toi, tu me prêtes des propos que je ne tiens pas et caricature volontiers mon propos, là. Ce n’est pas parce que je tente de placer internet dans une comparaison avec l’impact des media et autres intermédiaires traditionnels du débat que je n’y vois aucune influence.

          J’essaie de dépasser le niveau du « tout va se jouer sur internet » pour passer à « en quoi internet, les blogs, peuvent-ils avoir une influence ? ». Et ce, certes, de manière critique, par itérations.


          • machinchose (---.---.168.64) 28 février 2007 16:20

            oh mon nombril que tu es beau !


            • candidat 007 (---.---.41.75) 28 février 2007 16:25

              C’est une discussion oiseuse. je ne comprends pas votre terme « négationiste » sauf à admettre comme vous que vous surfez sur une mode.(première phrase de l’article).

              Vous ne voulez pas comprendre qu’internet est surtout un outil de communication. Vous voulez a tout prix lui affubler le rôle d’un cinquième pouvoir « politique ». Pourquoi ?

              Que pensez vous du pouvoir de l’association les Don-Quichote qui a réussi en distribuant des tentes aux SDF à faire écrire une loi ( droit au logement opposable).

              Que pensez vous du pouvoir de Nicolas Hulot qui grace à son aura d’animateur télévisuel, et ses entrées-contacts dans les médias, à réussi à faire signer un pacte écologique à tous les candidats de la présidentielle. (plus personne n’en parle d’ailleurs . quel a donc été ce pouvoir de Hulot ?) Un buzz médiatique avant de repasser à un autre buzz médiatique.

              Les citoyens utilisent internet pour multiplier leurs contacts en espérant créer une attente, un besoin, une réflexion chez certains décideurs peut être. Internet peut donner une ampleur insoupçonnée à un tract, une idée, c’est tout. Internet peut faire des buzzs comme on dit. mais un buzz ne veut pas dire qualité de l’idée, c’est d’ailleurs bien souvent le contraire, car on ne change pas les gens. ( buzz Duhamel !!) Et les indiscrétions, la rumeur, la délation sont toujours plus faciles a propager qu’un vrai argumentaire sur une idée politique.

              Une mobilisation, c’est ce que font les associations localement en distribuant tracts, et autres et en faisant des réunions d’information, de concertation, des manifestations). Une mobilisation sur internet c’est moins facile. On peut écumer les forums, multiplier les contacts, mais on se heurte souvent quand vous voulez toucher les pouvoirs, à des droits d’accés (êtes vous adhérent ?) à des modérations (tu passeras pas !) à des sondages orientés même sur internet, a des pseudos, a des trolls, à des préjugés,à des manipulations, à la hargne de militants des autres pouvoirs que tu gènes.

              Sur internet, l’expression de la multitude a aussi pour premier effet de diluer les bonnes idées qui ont besoin de textes explicatifs assez longs et les rendre ainsi innopérantes, s’il n’y a pas un trés gros travail de populatisation. Et plus ça ira, plus les idées et débats vont se diluer et se perdre dans l’infini du brouhaha des slogans et posts à la va vite. A mon avis, ce sera la cacophonie, faite d’invectives, de rumeurs, de disputes militantes non argumentées. L’idée sera ainsi le slogan. C’est d’ailleurs ce que l’on fait avec « Internet le cinquième pouvoir ». C’est un slogan pour s’imposer dans le paysage médiatique et prendre des places de marché peut- être !!!

              Je ne vois pas ce qu’il y a de nouveau, sauf l’espoir de toucher beaucoup de monde. Mais tu en reviens et tu constates qu’il faut se rapprocher des gens qui partagent un peu les mêmes idées pour rechercher une communauté d’idées et ne pas te lasser.

              le pouvoir d’internet n’est justement pas dans ce travail plus ou moins politicien. le pouvoir d’internet est dans la facilitation du travail en commun des communautés de scientifiques, de chercheurs, d’environnementalistes, ou de toutes autres passionnés ou professionnels qui veulent échanger, apprendre des autres passionnés du secteur en cause. Par ex, les sites environnementalistes sont extrémement riches. Vous pouvez apprendre, echanger, discuter, évoluer, trouver des pistes de travail, faire avancer des idées. Internet , c’est un formidable outil de communciation et une bibliothéque gigantesque et vivante. POINT.

              Internet n’est pas le pouvoir, le pouvoir c’est la connaissance.


              • Bois-Guisbert (---.---.104.51) 28 février 2007 18:02

                Les blogs n’ont absolument aucune influence. On ne change radicalement, et définitivement, d’idée qu’à partir d’expériences personnelles, n’ayant rien à voir avec de savantes argumentations aussi rationnelles soient-elles : la part de la Raison dans les choix politiques des électeurs est infime...

                Les gens qui se rallient à un candidat à cause d’un blog, se seraient ralliés au même candidat sans les blogs. Quant à la vogue actuelle de Bayrou, elle est bien trop soudaine pour s’inscrire dans l’enracinement et la durée.

                Je suis de ceux qui pensent, en se basant sur la psychologie de l’électeur moyen et blogs ou pas blogs, que le soufflé retombera bien avant le premier tour...


                • françois bayrou (---.---.54.169) 28 février 2007 18:50

                  Je suis persuadé que internet en général et les blogs en particulier ont joué un rôle déterminant dans le renversement de situation de la campagne présidentielle. Les médias classiques présentaient la campagne comme jouée et la réduisaient à un deuxième tour décidé à l’avance. Comme la plupart des Français, les internautes et les blogueurs ressentaient cette situation comme pesante et ne l’acceptaient pas. Mais la communauté internet avait les moyens de donner à sa protestation (j’allais écrire à sa résistance) un écho que les électeurs individuels ne peuvent pas obtenir. C’est le réseau qui est une chambre d’écho et un accélérateur. En ce sens, je suis d’accord avec Thierry Crouzet, c’est bien un « cinquième pouvoir », dont les règles ne sont pas les mêmes que celles du quatrième. Mais il est vrai aussi que cette démultiplication ne peut réussir que si elle représente un mouvement authentique, une vérité... Sur ce sujet comme ailleurs, il faut comprendre que la manipulation sur internet est impossible : en tout cas qu’elle est plus difficile que partout ailleurs, parce que chaque réémetteur est lui-même un filtre et un garant...


                  • Axel Karakartal Axel Karakartal 28 février 2007 20:01

                    « Les blogs n’ont absolument aucune influence. On ne change radicalement, et définitivement, d’idée qu’à partir d’expériences personnelles »

                    Encore faut-il avoir connaissance des diverses alternatives. Lorsque les grands médias ne diffusent qu’un seul message, le choix est limité. Internet permet de faire connaître d’autres alternatives. Après chacun choisit en comparant.

                    Il y a aussi le cas où Internet est un outil de mobilisation permettant à un candidat de trouver une légitimité pour entrer dans la course à la présidentielle. C’est le cas de José Bové, candidature rendue possible par une pétition en ligne, relayée par de nombreux blogs.


                    • Lartiste (---.---.22.230) 28 février 2007 20:24

                      @ Bois-Guisbert

                      « Les blogs n’ont absolument aucune influence. On ne change radicalement, et définitivement, d’idée qu’à partir d’expériences personnelles, n’ayant rien à voir avec de savantes argumentations aussi rationnelles soient-elles : la part de la Raison dans les choix politiques des électeurs est infime... »

                      C’est pas complètement faux, mais la mémoire et les expériences personnelles ont besoin d’un écho pour exister. Cet écho peut se retrouver dans les oeuvres cinématographiques par exemple.

                      Pour qu’un écho se propage, il lui faut une caisse de résonance et les Blogs agissent précisément comme une caisse de résonance.

                      L’information empilée sur un disque dur ou dans les livres d’une bibliothèque, n’a d’influence qu à partir du moment ou elle partagée ou qu’elle est destinée comme telle.

                      Pourquoi écoute t-on de la musique ? une mélodie, pour harmoniser nos petites cellules sur un rythme unique.

                      Les Blogs sont la synthèse entre la communion avec une idée et sa communication.

                      Un problème sous-jacent apparaît, le code prédomine le mot. Ce ne sont pas les mots qui influencent, mais le sens de la phrase. Et bien, il en est de même pour le code informatique...

                      En resumé, une information objective passe aujourd’hui obligatoirement par le Blog avant de passer par la presse ??? (eh oui) Donc on peut hiérarchiser le monde de la communication en trois composantes :

                      1. Le code informatique (itération, réitération, boucles etc)

                      2. Le code littéraire associé aux Blogs.

                      3. La presse papier en général.

                      Pour que les éléments que je viens d’exposer soient validés, il faut qu’ils soient acceptés ! on va m’opposer le fait que le code informatique ne parle pas et donc n’influence pas les gens.

                      C’est mal le connaître.


                      • Thierry Crouzet Thierry Crouzet 28 février 2007 20:38

                        Brillant... Aujourd’hui le code informatique façonne notre pensée car il est derrières nos outils.


                      • roumi (---.---.74.206) 28 février 2007 21:15

                        ah bon th Crouzet

                        autre arguments !


                      • Lartiste (---.---.22.230) 28 février 2007 22:27

                        Salut Thierry,

                        Je viens de cliquer sur « le peuple des connecteurs », excellente analyse, dans la droite ligne des ouvrages de Joel de Rosnay, écrivain scientifique très digeste, déjà lu et surfeur.

                        ... et un click plus loin, je me rends compte que vos livres sont déjà passé entre mes mains. smiley


                      • Lartiste (---.---.22.230) 28 février 2007 23:24

                        @ Thierry

                        Je suis entrain de surfer sur votre Blog.

                        C’est assez drôle, y a 2 ans je me suis disputé avec une amie qui travaille dans l’édition. Lorsque je lui ai parlé des Blog, elle m’a ri au nez... J’avais comme projet de Francisé et d’Ajaxiser Blog-CMS, un dérivé de Nucleus (conccurent direct de Wordpress sur la scène internationale des Blog et de Dotclear sur la scène française).

                        Nous sortions de 2 jours de tournage d’un court métrage.

                        Voyez où nous en sommes aujourd’hui : les Blogs Video on fait leur apparition et il ne se passe pas un jour sans que l’on soit amené à visionner pirouettes et grimaces de nos Clowns favoris.

                        Blog Power-Le cinquième pouvoir

                        « le cinquième pouvoir, un pouvoir émergeant, mal dégrossi, cherchant encore ses marques mais déjà capable de peser dans la vie économique et politique. »

                        Je suis tout à fait d’accord, même si une longue période de marginalisation fut nécessaire pour apprivoiser la bête. Et que nous en sommes qu’aux balbutiements des nombreux « Numéros de Cirque » possibles et susceptibles d’émerveiller tous les Internautes.

                        Les limites d’Internet ? Je n’en connais pas ! alors que pour ce qui concerne la conquête spatiale, je suis plus nuancé sur nos aptitudes organiques.


                      • Bois-Guisbert (---.---.104.51) 28 février 2007 22:16

                        Pour qu’un écho se propage, il lui faut une caisse de résonance et les Blogs agissent précisément comme une caisse de résonance.

                        Si je disais que 5 % de l’électorat est susceptible d’être influencé par les blogs - je dis bien « susceptible d’être influencé » par les blogs, pas simplement « influencé » - je suis très optimiste.

                        Alors, attribuer le feu de paille Bayrou - parce que je pense très sérieusement que ce ne sera qu’un feu de paille - à l’influence déterminante de quelques blogs, sur trois ou quatre millions d’électeurs (nouveaux, par rapport au mois de janvier), me paraît pour le moins présomptueux...


                        • frédéricLN (---.---.244.231) 1er mars 2007 00:23

                          Combien de % des Français, électeurs des années 1788 à 1792, ont été influencés par les « salons », les « cafés » et les débats des encyclopédistes ? Pas loin de 100%, non ?


                        • Bois-Guisbert (---.---.186.156) 1er mars 2007 09:57

                          Combien de % des Français, électeurs des années 1788 à 1792, ont été influencés par les « salons », les « cafés » et les débats des encyclopédistes ? Pas loin de 100%, non ?

                          On ne peut pas comparer smiley. L’époque était insurrectionnelle et s’il y a 1 % des Français - électeurs ? - qui connaissaient l’existence des salons, des cafés et des encyclopédistes, c’est le bout du monde !

                          Mais c’est de ce pour cent que sont issus les meneurs qui ont manipulé le peuple, en lui faisant miroiter - les politicards sont depuis toujours égaux à eux-mêmes - des perspectives mirifiques, dont aucune ne s’est concrétisée...

                          Ce n’est pas ce qu’enseigne l’école de la République, mais on ne peut pas lui reprocher de propager les légendes qu’elle propage. C’est une des conditions de la survie de la République, au même titre que la crédulité de ceux qui croient que la révolution a été accomplie par un peuple ivre d’idéaux démocratiques smiley

                          P.S. - Il était où, le peuple ivre d’idéaux démocratiques, quand Napoléon a pris le pays en main de sa poigne de fer, avant d’envoyer ses fils se faire étriper aux quatre coins de l’Europe, pour sa plus grande gloire à lui tout seul ? Vous devriez être plus critique dans votre approche de l’histoire, frédéricLN.


                        • iza (---.---.204.100) 28 février 2007 22:33

                          « Internet , c’est un formidable outil de communciation et une bibliothéque gigantesque et vivante. POINT. »

                          Pff... et l’imprimerie aussi... qui n’a donc rien changé au monde ?

                          Ok, Thierry est enthousiaste et écrit des livres. Vous vient-il à l’idée que peut être il croit à ce qu’il dit ? Qu’il y croit si fort qu’il s’enflamme. POINT.

                          Cette « forme » n’altère pas le fond.

                          J’avoue que j’ai du mal à comprendre l’acharnement de certains à ne voir dans ce qui se passe « QUE » ceci ou cela... « ne soyons pas ridicules voyons »...et autres « effets de mode »...

                          Quelle importance ?? si les utopistes et les exaltés se trompent, et bien vous serez contents, et voilà. Pourquoi tant d’énérgie à ne pas y croire ??? Qu’y a-t-il à perdre dans notre vieux monde ??

                          Des militants associatifs ? d’autres formes d’engagement ??? tsss... cela fait bien longtemps que ce secteur est en crise, ce n’est pas Internet qui va menacer cela. peut être même Internet relance t-il l’engagement de certains. Peut être pas les mêmes certes...

                          Pour en revenir à l’extrait que j’ai copié... bien sûr un outil est un outil, mais l’USAGE qu’’on en fait peut changer le monde.

                          « le pouvoir c’est la connaissance »

                          Meuh non. certainement pas, certainement plus. Le pouvoir c’est l’USAGE qu’on fait de certaines connaissances. La nuance est de taille.


                          • candidat 007 (---.---.41.75) 1er mars 2007 01:12

                            Effet de mode ! ce n’est pas moi qui le dit, c’est Thierry Crouzet quand il critique Versac. C’est une des premières phrases de l’article :

                            « Est-ce par excès de modestie ou pour prendre le contre-pied de la mode à tout prix ? »

                            « le contrepied de la mode.. »

                            Pour le reste, je donne mon avis sur cette appelation « cinquième pouvoir ». C’est tout et sur cette exaltation qui me semble dénuée de tout fondement, sauf commercial. Et là, il a sans doute raison-intérêt de le faire mais je trouve que tous ces articles commerciaux confinent à un bourrage de crâne. D’ailleurs ça en devient pathétique. (relisez le paragraphe sur les questions à bayrou, c’est d’un drôle !!) La preuve du cinquième pouvoir serait dans le fait que « c’est que nous avons sans doute contribué à faire passer quelques idées dans son esprit (de bayrou) et peut être à le propulser la où il est. .. » . Je crois que ce qui a beaucoup fait pour Bayrou, c’est sa propre critique des médias dominants qui privilégiait sarko et ségo, avec un ras le bol des partis dominants. Sa critique n’était pas nouvelle mais les gens se sont plus reconnus dans Bayrou que dans le Pen qui disait la même chose depuis longtemps. Mais il est plus facile d’acquiesser à Bayrou qu’à Le Pen parce qu’on ne veut pas donner raison à un « paria » politique. Et puis les journaux ont aussi besoin de se vendre, donc monter un suspense du « troisième homme » plus acceptable c’est quand même plus payant. La politique fait vendre, mais encore plus avec un suspense renouvelé. Peut être que les bayrouistes sont ainsi le jouet des cabinets de marketting des journaux du 4 éme pouvoir ? Marianne marche trés bien actuellement. Voilà pour bayrou. Mais je ne suis pas contre Bayrou, au contraire même je crois qu’il aide beaucoup au combat pour renouveler la démocratie ne serait-ce qu’en bousculant les pouvoirs installés et en les poussant dans leurs retranchements.

                            Internet c’est un média. Il fait donc partie du 4eme pouvoir et c’est déjà beaucoup. Mais vous savez j’aime bien les blogs, les journaux internet, les wikis, forums et tout ça...et je les utilise ou j’essaye. Il n’y a pas de souci.


                          • Lartiste (---.---.15.59) 1er mars 2007 03:28

                            @ candidat 007

                            « Internet c’est un média. Il fait donc partie du 4eme pouvoir et c’est déjà beaucoup. »

                            Ne soyez pas ridicule. Nous vivons dans un monde d’expertise. Pas un monde d’expertise des idées ou des concepts, puisque le monde est « construit » à l’image de l’homme, mais un monde d’expertise dans l’usage des machines.

                            Qui dit machine, dit mode d’emploi, et matériaux. La composante essentielle de nos sociétés modernes, c’est le progrès et la vitesse, hors les éléments que je vient d’énoncer sont indissociables d’Internet.

                            Il y a des mouvements corporatistes qui tiennent le même discours que vous sur Internet, les blogs et les forums. Ils disent qu’Internet n’est qu’une composante du 4ème pouvoir. Ces gens veule faire d’Internet leur pré-carré ou luttent pour rattraper leur retard parce qu’ils tiennent à leur pré-carré virtuel dans la société civile.

                            Les exemples abondent, et les victimes de tels comportement dignes d’une aristocratie assommée, se comptent par milliers. Cela touche tous les domaines tant médicaux, que sociétaux, politiques, l’agronomie, absolument tous les domaines.

                            Internet peut être le terrain d’une oeuvre collective ou thèse et antithèse s’affrontent dans une logique de guerre économique et idéologique ayant pour point d’orgue la gestion des énergies. Mais Internet peut aussi être l’instrument qui délimitera encore davantage les castes sociales. A vous de choisir, si tôt ou tard il vous faudra un mot de passe pour accéder à la page d’acceuil de votre Blog.

                            « le concept fumeux de »démocratie participative«  soit mis à toutes les sauces »

                            ...Aille, ouille...

                            On tombe des nues. Il faut croire que «  »Nicolas Hulot«  » n’a rien fait ! effectivement il n’a rien fait !

                            Résumons, si Aujourd’hui vous souhaitez construire un Avion commercial hypersonique.. vous devez vivre avec cette idée jour et nuit et avec les hommes et les femmes attachés au même projet jour et nuit.. il vous faudra Internet. Mais surtout il faudra que les gars responsables à la fois de la conception et de la mise en place du système de ventilation se mettent d’accord.. « donc il faudra que la souveraineté du projet émane de l’ensemble des partenaires » sinon !!! vous connaissez le résultat !

                            Je cite : Démocratie participative = THERAPIE DE GROUPE-LEURRE DEMECRATIQUE-ARNAQUE DEMOCRATIQUE

                            Ce qui est inquiétant, c’est que ce discours et tenu par ceux qui sourtiennent Nicolas Sarkozy, celui là même qui aime et valorise l’Amérique.

                            Chaque jour, on demande à des milliers de salariés de se consacrer corps et âme à leur travail. Ce qu’ils font, pas parce qu’on leur dit mais parce qu’ils sont fiers de l’oeuvre collective à laquelle ils participent.

                            Finalement, on comprendra que Nicolas S. est le candidat du drapeau tricolore. Alors que Ségolène, en introduisant l’idée du débat participatif, est la candidate du drapeau tricolore associé à la bannière étoilée Européenne. Dissocié l’un et l’autre de ces 2 Drapeaux, c’est dissocier le peuple de la monarchie et nous mener tous droit à la Révolution, mais pas celle que l’on est en droit d’attendre.

                            Internet n’est pas que l’ordinateur et la boite dont on fait l’acquisition au supermarché pour bloguer, jouer ou s’informer. Internet participe au formatage de chacun pour qu’il apporte sa rime au quotidien à l’ensemble de la société civile.

                            Avant Internet, il y avait la Communauté Scientifique Internationale, des communautés de philosophes et d’éthiques, des industrielles et producteurs. Le jour où il fut possible de mettre un visage sur les personnes qui participaient aux chiffrage des données, Internet est devenu le lieu ou communient tous ceux qui participent au «  »Monde Moderne«  ».


                          • Lartiste (---.---.15.59) 1er mars 2007 04:20

                            Je relativise mon comment, le blog du candidat007 est très bon !


                          • Démos II (---.---.179.173) 28 février 2007 22:50

                            Nous, nous avons le gland bleu comme négationniste, hein cher demian t’es d’ac ?


                            • Iza (---.---.23.206) 1er mars 2007 08:43

                              @candidat 007

                              je citais « effet de mode » parce que je le lis souvent mais effectivement je ne faisais pas spécialement référence à votre com.

                              J’ai bien compris votre position. mais je ne suis pas d’accord. que vous jugiez les arguments de Thierry ridicules concernant Bayrou Soit. c’est ce que j’appelle son « exaltation ». Il y croit à ce point, vous jugez cela ridicule. Bon.

                              Par contre ensuite, vous allez plus loin en invalidant toute entière l’idée que les nouveaux usages (vous ne me répondez pas sur ce point) pourraient bien changer le monde.

                              Et pour cela vous n’avancez aucun autre argument que votre opinion, finalement pas beaucoup moins « pathetique » que celle de Thierry.

                              @l’artiste : j’adhère complètement à ce que vous dites là :

                              « Et que nous en sommes qu’aux balbutiements des nombreux »Numéros de Cirque" possibles et susceptibles d’émerveiller tous les Internautes.

                              Les limites d’Internet ? Je n’en connais pas ! alors que pour ce qui concerne la conquête spatiale, je suis plus nuancé sur nos aptitudes organiques"

                              Du coup... je me prends souvent à rêver parce que j’entrevois quelques possibles.

                              ça produit chez moi quelques exaltations qui font que je pardonne volontiers les excès de Thierry et que j’adhère souvent à ses thèses.


                              • Bois-Guisbert (---.---.186.156) 1er mars 2007 09:56

                                Iza,

                                Vous m’avez donné envie de lire « candidat 007 », et cette simple constatation indique déjà les limites du pouvoir d’Internet : il contient trop de choses, personne n’a matériellement le temps de tout lire pour se faire une opinion, ou pour éviter les redites.

                                En outre, il y a tant d’interventions superficielles, qu’elles dissuadent de rechercher longuement s’il y en a de consistantes. C’est ce qui fait que le 28 février à 18h02, j’ai écrit :

                                « On ne change radicalement, et définitivement, d’idée qu’à partir d’expériences personnelles, n’ayant rien à voir avec de savantes argumentations aussi rationnelles soient-elles... »

                                ... tout de suite après que Candidat 007 a observé (16h25) : « Internet peut faire des buzzs comme on dit. Mais un buzz ne veut pas dire qualité de l’idée, c’est d’ailleurs bien souvent le contraire, car on ne change pas les gens », ce qui revient pratiquement au même.

                                C’est dire que si nous ne partageons pas les mêmes convictions politiques, nous sommes en parfait accord sur le fond. Et je suis mort de jalousie - smiley - de n’avoir pas su formuler avec la même concision et la même clarté, ce que je pense à la virgule près, de la principale caractéristique d’Internet (qui ne fait qu’entretenir une illusion de liberté d’expression).

                                Oyez, oyez ce que dit Candidat 007, ça devrait être gravé dans le bronze et reproduit en tête de tous les blogs et de tous les sites consacrés à la politique :

                                - Sur internet, l’expression de la multitude a aussi pour premier effet de diluer les bonnes idées.

                                - ...plus ça ira, plus les idées et débats vont se diluer et se perdre dans l’infini du brouhaha des slogans et posts à la va vite.

                                - ...ce sera la cacophonie, faite d’invectives, de rumeurs, de disputes militantes non argumentées. L’idée sera ainsi le slogan.

                                A la réflexion, il y a juste un point, sur lequel j’aurais, peut-être, un léger désaccord, c’est sur le choix de la forme verbale, en remplaçant le futur simple par l’indicatif présent. Peut-être, oui, serait-il un peu plus judicieux d’écrire :

                                - plus ça va, plus les idées et débats se diluent et se perdent...

                                et

                                - c’est la cacophonie, faite d’invectives et de rumeurs...

                                Tous mes compliments Candidat 007... Je visiterai longuement votre blog, promis.


                              • Bois-Guisbert (---.---.186.156) 1er mars 2007 10:14

                                Désolé, une mise en page que j’espère un peu plus claire, sur un site qui n’a rien gagné avec l’utilisation systématique des caractères gras et le refus partiel du langage html.

                                Iza,

                                Vous m’avez donné envie de lire « candidat 007 », et cette simple constatation indique déjà les limites du pouvoir d’Internet : il contient trop de choses, personne n’a matériellement le temps de tout lire pour se faire une opinion, ou pour éviter les redites.

                                De plus, il y a tant d’interventions superficielles, qu’elles dissuadent de rechercher longuement s’il y en a de consistantes. C’est ce qui fait que le 28 février à 18h02, j’ai écrit :

                                « On ne change radicalement, et définitivement, d’idée qu’à partir d’expériences personnelles, n’ayant rien à voir avec de savantes argumentations aussi rationnelles soient-elles »

                                tout de suite après que Candidat 007 a observé (16h25) : « Internet peut faire des buzzs comme on dit. Mais un buzz ne veut pas dire qualité de l’idée, c’est d’ailleurs bien souvent le contraire, car on ne change pas les gens », ce qui revient pratiquement au même.

                                C’est dire que si nous ne partageons pas les mêmes convictions politiques, nous sommes en parfait accord sur le fond. Et je suis mort de jalousie - smiley - de n’avoir pas su formuler avec la même concision et la même clarté, ce que je pense à la virgule près, de la principale caractéristique d’Internet (qui ne fait qu’entretenir une illusion de liberté d’expression).

                                Oyez, oyez ce que dit Candidat 007, ça devrait être gravé dans le bronze et reproduit en tête de tous les blogs et de tous les sites consacrés à la politique :

                                --- Sur internet, l’expression de la multitude a aussi pour premier effet de diluer les bonnes idées.

                                --- plus ça ira, plus les idées et débats vont se diluer et se perdre dans l’infini du brouhaha des slogans et posts à la va vite.

                                — - ce sera la cacophonie, faite d’invectives, de rumeurs, de disputes militantes non argumentées. L’idée sera ainsi le slogan.

                                A la réflexion, il y a juste un point, sur lequel j’aurais, peut-être, un léger désaccord, c’est sur le choix de la forme verbale, en remplaçant le futur simple par l’indicatif présent. Peut-être serait-il un peu plus judicieux d’écrire :

                                --- plus ça va, plus les idées et débats se diluent et se perdent

                                et

                                --- c’est la cacophonie, faite d’invectives et de rumeurs


                              • Yves (---.---.95.151) 1er mars 2007 10:32

                                Bonjour ,

                                Les « personnalités » , les « V.I.P. » ... de l’intelligentsia réelle et préfabriquée ... durable ou éphémère ... , ont les plateaux de téloche ... , les ondes des grandes radios , ou les tribunes des grands quotidiens ou magazines à leur solde ou à leur dévotion pour s’exprimer et se faire valoir ......

                                INTERNET , comme dit très justement dans l’article , permet aux citoyens lambda , aux gueux ... , de se connecter et d’échanger , de s’informer et d’apprendre autrement que par l’info accréditée ... , de compléter ses connaissances ou de les réviser ... etc. , bref , d’éviter autant que possible la lobotomisation ......
                                - Le gueux peut faire son choix dans l’immense catalogue d’infos d’INTERNET ... , en comparaison avec la pitance quotidienne qui lui est servie par le 4ème pouvoir de l’Intelligentsia ...
                                - Un exemple = pour l’info au jour le jour , comparez les nombreuses dépêches qui sont publiées sur YAHOO ... avec le gavage des J.T. ... ( le moyen de s’informer d’une très grande majorité de citoyens )

                                C’est bien pour ça que certains , notamment sur AGORAVOX , parlent aussi de « révolution du proNETariat » ......

                                Sinon , Nicolas DUPONT - AIGNAN se plaint lui aussi du 4ème pouvoir ...... http://fr.news.yahoo.com/26022007/5/pour-nicolas-dupont-aignan-tf1-est-aux-ordres-de-nicolas.html


                                • Iza (---.---.23.206) 1er mars 2007 11:08

                                  @bois guisbert

                                  Ma foi, je trouve ça extra de vous avoir donné envie de lire candidat 007. ça me parait parfaitement représentatif de la façon nouvelle dont les infos sont discriminées sur Internet. par le hasard le plus souvent, et de petites micros interventions véritablement humaines et portées par des « gueux ».

                                  Ceci moi me donne de l’espoir et me parait radicalement différent de ce que l’on trouve dans le 4ème pouvoir.

                                  OK, cacophonie, dilution, voire invectives... l’enjeu est donc bien le tri, la façon d’y voir clair là dedans. Joël de Rosnay dans « la révolte du pronetariat » dit que le nerf de la guerre du futur sera cette aptitude à trier, décoder, juger de la fiabilité.

                                  Je suis bien d’accord. Il nous faut développer (et aider à développer) cette chose indispensable : l’esprit critique.

                                  Car dans les médias traditionnels, ce tri est tout simplement fait par d’autres. Nous sommes donc soumis à leur vision des choses. Ce que nous absorbons est le reflet de l’expression de leur esprit critique à eux. Sans être particulièrement méfiante, j’ai toutes les raisons de penser que celui-ci n’est pas toujours alimenté par les mêmes intérêts que celui des « gueux », ne serais que par la proximité du pouvoir.

                                  Je suis donc tentée de croire que cette cacophonie reste malgré tout un progrès... que ce désordre est préférable à un ordre que l’on m’impose. Et qu’il est en plus le vrai reflet de la vraie vie... le chaud vivant joyeux bordel de la vie... et pas l’affreuse pâle image de la vie véhiculée par les médias traditionnels.

                                  Concernant ensuite ce ceci que vous soulignez :

                                  « On ne change radicalement, et définitivement, d’idée qu’à partir d’expériences personnelles, n’ayant rien à voir avec de savantes argumentations aussi rationnelles soient-elles »

                                  Je suis très parfaitement d’accord. Il faut absolument expérimenter les choses pour qu’elle fassent sens. mais ne pensez vous pas que je peux lire un truc, expérimenter un autre, puis relire un autre truc qui me fait penser que... puis un jour enfin connecter toutes ces infos et me dire « bon sang mais c’est bien sûr !! ».

                                  Je le crois, et j’ai personnellement changé beaucoup de choses dans ma vraie vie, à partir ou avec ou à la croisée des chemins parcourus sur Internet.


                                  • Bois-Guisbert (---.---.186.156) 1er mars 2007 22:04

                                    Iza,

                                    Vous écrivez : « OK, cacophonie, dilution, voire invectives... l’enjeu est donc bien le tri, la façon d’y voir clair là dedans. Joël de Rosnay dans « la révolte du pronetariat » dit que le nerf de la guerre du futur sera cette aptitude à trier, décoder, juger de la fiabilité. »

                                    Et, plus loin, vous ajoutez : « ...dans les médias traditionnels, ce tri est tout simplement fait par d’autres. »

                                    Quels autres ? Des gens qui sont payés pour ça, ce qui signifie qu’ils ont le temps d’opèrer ce tri. Mais nous ? Non seulement, nous devrions trier, mais encore décoder et juger de la fiabilité ? La masse est telle, et elle ne cesse d’augmenter que c’est matériellement impossible.

                                    Voyez un débat que vous découvrez dans AgoraVox, cent vingt interventions, qui a donc le temps de tout lire, puis de prendre en compte tous les points de vue, avant de s’exprimer à son tour ? Personne, bien sûr. Et chacun est rellement pressé de dire son mot, plutôt que de s’attarder sur ceux des autres...

                                    « Nous sommes donc soumis à leur vision des choses. »

                                    Comme nous sommes aussi en permanence soumis à la nôtre, de vision des choses, je ne suis pas certain que ce soi de loin préférable smiley

                                    Je m’explique. Qu’est ce qu’un très bon texte ? C’est celui (je ne parle pas de qualités littéraires ou d’intérêt stylistique) dont l’auteur dit ce que j’ai envie de lire, parce que ça me conforte dans ma manière de penser. A l’opposé, qu’est-ce qu’un mauvais texte ? C’est celui dont l’auteur affirme des choses que je tiens pour stupides, fausses, néfastes ou dangereuses...

                                    Je schématise un peu, mais c’est pour bien faire comprendre que nous avons tous nos conditionnements et qu’ils ne changeront pas, que le support du média soit le papier ou l’écran d’un ordinateur : nous approuverons toujours ce que nous avons envie de lire, et nous désapprouverons toujours ce que nous n’avons pas envie de lire, indépendamment d’une qualité de l’information, que nous ne sommes que rarement à même d’apprécier par nous-mêmes.

                                    « Je suis donc tentée de croire que cette cacophonie reste malgré tout un progrès... que ce désordre est préférable à un ordre que l’on m’impose. »

                                    Mais alors il s’agit d’un progrès purement individuel et il y a finalement autant de progrès individuels qu’il y a d’individus s’abreuvant à des sources d’informations différentes. Je n’ai pas l’impression que ça apporte quelque chose à la société en tant que société... Ni dans son fonctionnement ni dans son évolution, bonne ou mauvaise au demeurant.

                                    « ...j’ai personnellement changé beaucoup de choses dans ma vraie vie, à partir ou avec ou à la croisée des chemins parcourus sur Internet. »

                                    C’est-à-dire que vous avez progressé, comme nous le faisons tous et tous les jours, avec Internet parce qu’Internet existe, alors que vous auriez, que nous aurions, progressé, avec d’autres « véhicules » si Internet n’existait pas. Non ?


                                  • iza (---.---.201.128) 2 mars 2007 09:55

                                    @Bois guisbert :

                                    « Quels autres ? Des gens qui sont payés pour ça, ce qui signifie qu’ils ont le temps d’opèrer ce tri. Mais nous ? Non seulement, nous devrions trier, mais encore décoder et juger de la fiabilité ? La masse est telle, et elle ne cesse d’augmenter que c’est matériellement impossible »

                                    Ce que je veux dire, c’est que cette masse est bien plus réelle et représentative de la réalité. La réalité est complexe, le monde quand même bien grand et peuplé de beaucoup de monde qui pensent des choses différentes.

                                    En réalité le journaliste « traditionnel » bien que payé pour, n’accorde pas beaucoup plus de temps que le bloggueur passionné (parfois moins) à ses papiers. Son travail consiste à simplifier (à l’extrême) et à rassurer le client grâce à sa légitimité.

                                    Simplification, et fiabilité supposée de la source.

                                    Ceci n’a donc pour moi que peut de valeur. c’est une illusion de qualité, mais ce n’est que ça. Quand je lis le papier de Pierre, Paul ou Jacques, simples quidams sur leurs blogs... au moins les choses sont claires. C’est l’expression de leur opinion. Fiable, pas fiable ??? à moi d’en juger... au moins le principe m’en laisse le choix.

                                    Les médias traditionnels me proposent de leur accorder la fiabilité à priori.

                                    Or voyez-vous, j’ai quelques raisons (voyez là : http://blog.tcrouzet.com/2007/02/21/le-retour-des-histoires/ mon com du 27 fev à 22h45) de douter de celle-ci.

                                    « qualité de l’information, que nous ne sommes que rarement à même d’apprécier par nous-mêmes »

                                    Vous avez raison de mettre ces bémols. bien sûr le risque est celui-ci : que je n’aille que vers ce qui m’arrange, que je me tricote une vision du monde bien adaptée à mes valeurs ....

                                    Je ne crois pas à ça. Regardez ce qui se passe là. Nous ne sommes pas d’accord. mais quelque chose fait que nous entamons le dialogue. Nous ne pouvons lire toutes les discussions certes, mais parfois, un petit quelque chose nous accroche... et l’échange se fait.

                                    Sur les médias traditionnels, ceci n’est tout bonnement pas possible ; pas de cette façon. Avez vous essayé de participer à une émission de radio ? d’écrire à un journal ? Non seulement l’auteur est innaccessible, mais l’interaction entre ses lecteurs est impossible.

                                    Pour moi c’est un réel progrès que ce le soit sur Internet.

                                    Enfin, je préfère courir le risque de me tromper que de prendre pour argent comptant ce que me dis quelqu’un qui se prétend neutre et objectif (le journaliste), parce qu’il ne l’est pas davantage que moi mais il croit l’être. Je trouve ça très grave (et croyez moi, j’ai pratiqué !).

                                    « il y a finalement autant de progrès individuels qu’il y a d’individus s’abreuvant à des sources d’informations différentes » « nous aurions, progressé, avec d’autres « véhicules » si Internet n’existait pas. Non ? »

                                    Qu’il y ait beaucoup de progrès individuels me semble tout de même un progrès tout court, d’autant que souvent ces progrès sont le fruit de manifestations ou d’expériences d’intelligence collective.

                                    Ce « progrès », c’est pour moi bien ce développement de la curiosité, de l’autonomie, de l’esprit critique. Seules ces qualités permettent à mon sens d’être un réel « acteur » de la société. Que toujours plus de gens soient « acteurs » est un progrès.

                                    Quand Internet n’existait pas, nous ne progressions pas de la même façon. Certes, il y a toujours eu des gens dotés de cette qualité que je décris (à même d’aller chercher des sources d’info alternatives). mais disons qu’avant, ceci était réservé à des privilégiés. Et l’éducation nécessaire pour y parvenir si l’on n’avait pas eu ça dans son berceau était tout de même difficile.

                                    Tout ceci est plus facile, plus libre et à la portée de bien plus de monde. Non, je persiste, pour moi ça change tout. Mais j’ai trouvé vos commentaires très constructifs !


                                  • grangeoisi (---.---.159.100) 1er mars 2007 12:50

                                    Superbe commentaire de candidat 007.Bravo !


                                    • Reinette (---.---.149.92) 1er mars 2007 17:17

                                      Nombrils électroniques

                                      C’est le nouveau média que les médias adorent : le blog, ce carnet de bord personnel que chacun peut publier ou commenter sur Internet. Fascinés par les 100 millions de blogueurs escomptés dans le monde au premier semestre 2007, les médias ont récupéré cet outil.

                                      « Internet est par essence un média démocratique. [...] Tu peux devenir toi-même reporter. » John Paul Lepers, l’ex-journaliste de Canal Plus qui ne tire que sur les ambulances en panne

                                      Factotum d’Arnaud Lagardère et PDG d’Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach partage cet enthousiasme : « Grâce aux forums, aux blogs et à l’Internet participatif, [...] enfin les paroles des uns et des autres cessent de s’ignorer. Elles commencent à se croiser. »

                                      D’après le journaliste multicarte Sylvain Attal (RTL, Public Sénat, France 24...), la polyphonie métissée des citoyens en réseau annoncerait le crépuscule du temps où « une petite élite journalistique décidait de ce qui se dit et ne se dit pas et de qui a le droit de le dire ».

                                      Décrédibilisés, ces petits soldats des médias ont investi Internet pour s’y refaire une virginité. La manœuvre est habile. Il suffit d’ouvrir un blog pour prétendre régénérer le journalisme sur un pied d’égalité avec la multitude des blogueurs prompts à « poster » leurs commentaires critiques.

                                      Mais le combat est inégal. D’un côté, la notoriété préalablement acquise dans les médias dominants offre aux barons de l’information traditionnelle une visibilité immédiate sur la Toile.

                                      De l’autre, les Narcisse anonymes attendent qu’un internaute échoue sur leurs pages.

                                      ...Aux États-Unis, explique le « Rapport sur les médias 2006 » du Project for Excellence in Journalism, « parmi les 20 sites les plus visités en 2005, 17 étaient liés à des groupes d’information traditionnels » ; de la même façon, les blogs les plus cités dans les médias sont rédigés par..........des journalistes.

                                      Parasitée par les journalistes vedettes - qui rachètent les sites à prix d’or pour les transformer en sacs à pub comme il s’emparait naguère des radios libres -, la « blogosphère » reproduit en ligne les caractéristiques de la presse dominante :

                                      connivences et narcissime,

                                      course à l’audience

                                      et panurgisme.

                                      Sur son blog, Christophe Barbier conseille : « Faites un tour par le blog de Laurent, il est excellent... » Laurent Bazin, lui, souligne sur son blog qu’il « connaît bien [...] Jean-Marc [Morandini] », ou que Guy Birenbaum est son « ami ». Un ami qui, de son côté, recommande les blogs de John Paul Lepers, Karl Zéro, Jean-Michel Aphatie ou Daniel Schneidermann. Lequel co-anime « bigbangblog », un site qui renvoie sur les blogs de Jean-Michel Aphatie, John Paul Lepers, Sylvain Attal..

                                      « les foules ne sont pas toujours sages, elles appellent parfois au lynchage et peuvent être plus conformistes qu’il n’y paraît ! La profusion de faits ou d’opinions approximatives crée parfois la confusion... et une menace pour la démocratie que nous ne pouvons accepter » (Le Monde, 5.01.2007) pleurniche Jean-Pierre Elkabbach

                                      (Heureusement, la presse traditionnelle, qui n’a jamais véhiculé ni conformisme, ni approximations, ni appels au lynchage - notamment lors des affaires du bagagiste de Roissy, d’Outreau ou de la fausse agression du RER D -, veille au grain.)

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès