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Les nouvelles classes populaires

Dans deux tribunes parues aujourd'hui dans Libération, Olivier Ferrand et Étienne Schweisguth répondent aux réactions suscitées par le rapport de Terra Nova "Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?". Pour Olivier Ferrand, il n'a jamais été question de "dire adieu" aux classes populaires, mais de reconnaître en leur sein le clivage opposant les classes populaires intégrées, travaillées par la peur du déclassement, et celles subissant le précariat, le chômage ou l'exclusion : Français des quartiers populaires, minorités, jeunes peu qualifiés, femmes en situation précaire. C'est à la gauche de défendre ces nouvelles classes populaires. Selon Étienne Schweisguth, qui rappelle la nature culturelle, et non pas seulement économique, du clivage droite-gauche, c'est également à la gauche d'être suffisamment attractive pour répondre aux attentes économiques et sociales des classes populaires, et les détourner de la voie du repli national.

La tribune d'Olivier Ferrand :
 
La gauche doit défendre les nouvelles classes populaires
 
Cynisme électoral, trahison de classes, boboland contre les prolétaires… Une vive polémique – le venimeux article de Frédéric Sawicki paru dans Libération en est un nouveau témoignage - a accueilli le dernier rapport de Terra Nova[1] : nous proposerions à la gauche de « dire adieu » aux classes populaires. Rien n’est plus absurde. Cette polémique révèle toutefois un impensé fondamental : les classes populaires (ouvriers, employés) sont toujours au cœur électoral de la gauche, mais ce ne sont plus les mêmes qu’en 1981.
 
Dans la société du plein emploi d’hier, les classes populaires étaient toutes au travail, unifiées autour du monde ouvrier. Dans la société de crise d’aujourd’hui, une ligne de fracture fondamentale est apparue en leur sein.
 
Il y a d’un côté les classes populaires intégrées : plus diverses qu’hier (déclin des ouvriers de l’industrie, montée en puissance des ouvriers des services et des employés), elles ont en commun un emploi stable, en CDI, mais, travaillées par la crise, elles ont peur du déclassement et sont tentées par le repli identitaire. Une partie de cet électorat, qui votait hier communiste, a basculé Front national. 
 
Il y a de l’autre côté une population nouvelle, qui n’existait pas sous les Trente Glorieuses  : les classes populaires déclassées, outsiders sortis du marché du travail, victimes du précariat, du chômage, de l’exclusion. On y trouve les habitants des quartiers populaires, les minorités, les jeunes peu qualifiés, les femmes en situation précaire – avec la jeune mère célibataire comme figure moderne de la pauvreté. Ouvriers au chômage, jeunes en galère de petits boulots en CDD, employées à temps partiel subi, blacks et beurs discriminés à l’embauche : ce sont eux, les nouvelles classes populaires. Et ils votent massivement à gauche : 80 % pour les quartiers populaires, 70 % pour les jeunes, 60 % pour les femmes. Ils sont au cœur du nouveau socle électoral de la gauche.
 
Ces Français sont aujourd’hui violentés, en butte à la vindicte populiste du FN et d’une UMP radicalisée. Sous les coups de boutoir du sarkozysme, le virus anti-assistanat a métastasé au sein de la société française. Les chômeurs sont devenus des « assistés », des « profiteurs », des « fraudeurs », à qui il est urgent de couper l’accès à l’Etat-providence. De fait, la solidarité décline rapidement : les minimas sociaux représentaient 50 % du revenu médian il y a dix ans, ils n’en représentent plus que 40 %. Et 466 euros de RSA-socle pour survivre, c’est encore trop, nous dit Laurent Wauquiez. Contrairement à une légende politique, la France n’est pas le pays le plus solidaire du monde, c’est l’un des moins solidaires d’Europe : les minimas sociaux en Europe atteignent en moyenne 60 % du revenu médian, 75 % dans les pays les plus solidaires – Allemagne, Pays-Bas, pays nordiques, Angleterre. La France cultive ainsi une exception délétère : paupériser les plus pauvres de ses concitoyens.
 
Ces Français sont aussi attaqués dans leur identité. Ce sont les « jeunes » fainéants, la « racaille » de banlieue… Et naturellement les Français d’immigration récente. A ceux-là, on fait comprendre qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. Que leur religion allogène n’a pas sa place dans la République. Que, tout simplement, ils ne devraient pas être là : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ».
 
C’est à la gauche de défendre ces nouvelles classes populaires (ce qui, au passage, ne signifie pas abandonner les anciennes !). Parce que c’est juste : il s’agit des Français les plus modestes, en situation la plus difficile – ceux que la gauche a vocation à soutenir en priorité. Et, bonne nouvelle, parce que c’est payant électoralement. Au premier tour : face au risque d’un nouveau 21 avril, la mobilisation de l’électorat de gauche est cruciale. Et au second : toute la population française ne glisse pas à droite, au contraire une majorité progressiste émerge en rupture avec la radicalisation populiste, en phase avec les valeurs de la gauche – la solidarité sociale, l’humanisme.
 
Or la gauche ne les défend que très timidement. C’est un angle mort de son discours politique : dans son imaginaire ouvriériste, les classes populaires sont toujours celles de 1981, les travailleurs hommes à l’usine. Elle pense que c’est un électorat peu nombreux : c’est faux, il y a dix à quinze millions d’électeurs en jeu. Qu’il ne vote pas : c’est faux, il vote par intermittence, il vote massivement si on le mobilise, comme en 2007. Elle le traite parfois avec malaise ou mépris : comme Frédéric Sawicki, qui le compare à un « lumpenproletariat » marginal réunissant « trimardeurs, filous, prostituées » - la lie de la société. Surtout, elle recule face au populisme. Recul lors du débat sur l’identité nationale et la laïcité : nous avons tous signé des pétitions pour dire qu’il ne fallait plus en parler, retourner à la question sociale. Défendre la France métissée, la place de l’islam dans la République, ce serait faire le jeu du FN. Recul lors du débat sur l’assistanat (c’est pourtant bien la question sociale) : défendre les assistés, ou le bilan de la gauche (RMI, CMU), ce serait, là aussi, faire le jeu du FN.
 
Cesser de reculer, lutter pied à pied contre le populisme : la gauche ne doit pas basculer du surmoi marxiste au surplomb lepéniste. Tel est le vrai enseignement du rapport de Terra Nova : la gauche ne gagnera pas les élections en reniant ses valeurs, mais en les affirmant.
 
 
La tribune d'Etienne Schweisguth :
 
Les valeurs culturelles sont au cœur du clivage droite-gauche
 
Nombre de ceux qui ont réagi négativement au rapport de Terra Nova « Gauche : quelle majorité pour 2012 ? » estiment que ce rapport présente les classes populaires de manière « caricaturale et insultante », trahit un « mépris » à leur égard, voire même reprend à son compte le stéréotype de l’ouvrier « sale et méchant ».
 
De tels reproches, en fait, s’inscrivent dans la tradition marxiste de glorification de la classe ouvrière. Ils traduisent une vision simplificatrice et manichéenne de la hiérarchie sociale dans laquelle le mal est nécessairement du côté des dominants et le bien du côté des dominés. Désacraliser tant soit peu la classe ouvrière, c’est, à leurs yeux, remettre en cause ce qui constitue la clé de voûte de leur système idéologique. D’où la vigueur de leurs réactions… Ces reproches visent en outre évidemment à disqualifier les auteurs du rapport de Terra Nova – on ne prend pas au sérieux des gens qui méprisent les ouvriers – et à esquiver le débat sur les faits et les arguments présentés dans le rapport.
 
Cette manière de vouloir à tout prix préserver la pureté morale et politique des classes populaires, au risque de nier les évidences, a pour inconvénient majeur de faire obstacle à une analyse sociologique et politique réaliste du lien entre structure sociale et orientations politiques, ce qui a été l’objectif du rapport de Terra Nova. S’appuyant sur les travaux de la sociologie politique depuis une trentaine d’années, le rapport souligne deux faits.
 
Le premier est que le clivage gauche-droite ne correspond pas uniquement à des enjeux économiques, comme le voudrait les modernes héritiers du marxisme, mais aussi à un clivage sur des valeurs culturelles (libéralisme des mœurs, autorité, sécurité, tolérance, etc.). Il n’y a d’ailleurs là rien de nouveau : historiquement, avant de correspondre à un clivage sur les questions économiques et sociales, le clivage gauche-droite a correspondu à un clivage sur le régime politique et sur la question religieuse.
 
Le second est que les valeurs d’humanisme et de tolérance sont davantage présentes dans les milieux sociaux où le niveau scolaire est élevé que dans les milieux populaires. On peut formuler cela de nombreuses manières différentes avec quantité de connotations différentes. Mais quelle que soit la manière dont on l’exprime, et bien que cela soit à l’évidence désagréable à admettre pour des gens de gauche, force est de reconnaître que les tendances xénophobes et le rigorisme sécuritaire sont plus répandus dans les milieux populaires que dans les classes supérieures.
 
Du point de vue de la stratégie électorale, qu’on ne saurait oublier si l’on veut être efficace politiquement, cela a d’importantes conséquences, car cela rappelle que les électeurs ne sont pas nécessairement politiquement homogènes, selon que l’on considère leurs opinions sur la dimension des valeurs économiques ou sur celle des valeurs culturelles. Certes, les électeurs les plus politisés se situent souvent de la même manière, soit à droite soit à gauche, sur chacune des deux dimensions : ils sont, par exemple, à la fois xénophobes et partisans du libéralisme économique, ou bien à la fois tolérants à l’égard des immigrés et partisans d’une redistribution égalitaire des revenus. Mais l’analyse des enquêtes d’opinion montre que, dans de nombreux cas, les membres des classes supérieures ont tendance à être à gauche du point de vue des valeurs culturelles et à droite du point de vue des valeurs économiques, l’inverse étant vrai pour les membres des milieux populaires.
 
La question de stratégie électorale qui se pose pour 2012 est de savoir à partir de quelle dimension de valeurs les différentes catégories sociales se détermineront pour décider de leur vote. Une gauche peu attractive pourrait amener les milieux populaires à se déterminer en fonction de leurs valeurs culturelles et à choisir la voie chauvine et xénophobe du repli national. Si, en revanche, les propositions de la gauche leur paraissent crédibles, on peut penser qu’ils se détermineront en fonction de leurs attentes économiques et sociales et que la gauche retrouvera une grande partie de l’électorat populaire. Inversement, les diplômés se détermineront sans doute largement en fonction de leurs valeurs d’humanisme et de tolérance et auront tendance à rejeter un candidat sortant qui a beaucoup pratiqué une pêche aux voix sur des thèmes sécuritaires flirtant avec la xénophobie.


[1] « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? » : http://www.tnova.fr/essai/gauche-quelle-majorit-lectorale-pour-2012

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20 réactions à cet article    


  • Nanar M Nanar M 21 juin 2011 12:44

    Terra nova le machin néo libéral qui glose sur la gauche.
    On s’en fout de tes délires, la vraie gauche arrive !


    • Yohan Yohan 21 juin 2011 22:29

      ah ouais ! dis moi c’est quoi la vraie gauche ? 
      l’auteur
      Bon article, mais c’est pas ici qu’il fallait le déposer. Ic,i c’est le site d’une certaine gauche, celle qui n’a jamais bu au zinc avec un ouvrier du BTP mais qui prétend s’adresser à la classe ouvrière, qui déclare que l’immigration est un bienfait, mais qui n’a jamais bu un coup au zinc avec un immigré et qui place ses propres enfants dans des écoles sans immigré.
      La certaine gauche, c’est celle qui s’occupe surtout d’elle même, de ses petits avantages, de ses statuts, de sa caste, celle des fonctionnaires et qui se fout bien des petits salariés du privé, de leur salaires médiocres et de leur retraite médiocre.
      La vraie gauche, je ne l’ai jamais vue et d’ailleurs nul ne l’a vue.


    • kemilein 21 juin 2011 22:54

      t’es un drolosse toi...

      qui n’a jamais trimer avec des BTP ?
      j’ai participer au chantier, couvreur et plâtrier et plaqueur, j’ai aussi tâté de l’usine, j’ai pourtant une formation en dessin industriel.

      enfin bref y’a pas que du bobo grassouillet ici.
      alors ouais la vraie gauche ça a un sens.


    • Yohan Yohan 21 juin 2011 23:00

      Si ça te dérange pas, je veux bien te conserver dans un bocal de formol, on ne sait jamais smiley
       des fois que l’espèce se perde 


    • Nanar M Nanar M 22 juin 2011 07:51

      @yohan
      La vraie gauche est celle qui va mettre fin à la domination des « marchés » et permettre au peuple de décider de son destin.
      Ca te va ou tu veux que je te fasse un dessin ?


    • Alpo47 Alpo47 21 juin 2011 13:02

      L’auteur me fait penser à un « chercheur » qui dissèquerait une grenouille vivante, et explique, détaché, les réactions de l’animal aux élèves ébahis autour de lui ...

      Les « intellectuels » de Terra Nova se moquent bien des aspirations du « peuple de gauche », de la révolution populaire qui s’annonce, de la paupérisation du plus grand nombre ...etc... ils établissent une stratégie de conquète du Pouvoir. Tranches de populations, réactions aux stimuli ... juste du marketing ou de la cibernétique.

      Pourquoi faire, pourrait on se demander ? Juste pour prendre le Pouvoir et ... continuer une politique européenne et libérale.

      A quoi bon changer ? L’UMPS ne changera rien.


      • A RETENIR C EST SURTOUT LES SENIORS QUI VOTENT A 90% mais QUI VOTENT A DROITE...RAPPELONS LEUR QUE L APA CA VA PAS DURER ET QU ILS DEVRONT PAYER UNE GROSSE ASSURANCE PRIVEE CHEZ GUILLAUME SARKOZY PATRON DE m.m caisse des depots...cnp...

        PEUT ETRE QUE CA LES FERA REFLECHIR....ET QUAND ILS VERRONT QU ILS NE PAYENT PLUS 0.50 DE CDG.....MAIS 6.50....
         sur leurs retraites....

        QUANT AUX DAMES ....FAITES UN EFFORT....VOTEZ PLUS A GAUCHE...SAUF DSK ILS SONT MOINS MACHOS...rappelons leur que beaucoup des avantages auxquels elles ont droit....ont été données par la GAUCHE et QUE LES AMIS DU POUVOIR S ILS POUVAIENT REMETTRE EN ACTIVITE LE SERVAGE ET L ESCLAVAGE LE FERAIENT...et les femmes au foyer...ou au lupanar...

        NOUS AVONS EVITE LA CATASTROPHE DSK...NE COULONS PAS LE PAYS ET LA CEE EN VOTANT POUR UN AMI ATLANTISTE ET TROP PROCHE DES FINANCIERS DES USA...

        tousensemble


      • Robert GIL ROBERT GIL 21 juin 2011 13:35

        voici un autre groupe de reflexion, a decouvrir :

        http://2ccr.unblog.fr/2011/03/10/linstitut-montaigne/


        • kiouty 21 juin 2011 13:52

          Ouais bon, terra nova qui cherche à se rattrapper aux branches.

          Pas terrible. Rien à dire de plus, on s’en tamponne de Terra Nova, le bocal d’intellos à lunettes coupés des réalités...


          • LE CHAT LE CHAT 21 juin 2011 15:26

            vous verez ce que les prolétaires pensent de votre gauche complétement vendue à l’ultralibéralisme ! Aubry veut maintenant une gouvernance européenne  quand les français qui ont été trahi en 2005 rejette cette Europe !


            • foufouille foufouille 21 juin 2011 16:30

              « 466 euros de RSA-socle pour survivre »
              pour un sdf
              un bourgeois ca bouffe ca en un seul resto


              • kavulum kavulos kavulum kavulos 22 juin 2011 08:50

                La gauche a autant de chances de devenir attractive que Tartine-au-Brie de se transformer en sex-symbol. Dans l’absolu gauchiste, une gauche attractive ce serait le SMIC à 2000 €, l’abolition des jobs pourris au SMIC horaire, le plafonnement des hauts salaires, le plafonnement les loyers, la renationalisation de l’eau, du gaz, de l’électricité, de la poste et de la SNCF, une prise de distance progressive à l’égard de l’UE, une redistribution planifiée des profits du Capital. Mais le prolo n’irait jamais voter pour ça. Lui, ce qu’il veut, c’est qu’on vire les étrangers pauvres et colorés et visibles (les mafieux russes et les hollandais et les anglais et les ricains qui font exploser l’immobilier, il s’en tape le prolo) et qu’on lui donne les moyens d’accéder vite fait à la classe moyenne avec BM, smartphone, villa en lotissement surveillé par des cams, super télé plate et pompe à bière pour les soirées foot entre copains.
                Faudrait un peu en finir avec cette vision angélique du « prolétaire ployant sous le joug », éternelle victime sacrifiée à l’autel du profit. Le prolo est aussi véreux que le bourge, sa mentalité n’est pas moins pourrie que celle du patron-voyou, du zyva des banlieues moches, du proprio
                crapuleux qui engraisse sur ses loyers. L’opprimé ne pèse pas plus lourd que l’oppresseur est c’est en grade partie pour ça qu’on en est où on en est.
                Ceci dit je n’en ai rien à branler de boire un verre au zinc avec un ouvrier du BTP ou un immigré, on n’aurait rien à se dire et quand j’ai soif, je m’asseois de préférence à l’écart des conversations de zinc. Non je n’ai jamais bossé sur un chantier ni à l’usine et pourtant je ne suis pas né rentier ou possédant mais bel et bien dans un milieu dit populaire où je vous rassure, la solidarité n’existait pas plus il y a quarante ans qu’aujourd’hui, où personne ne se faisait de cadeau, où la dominante était à une ignorance crasse fièrement assumée. Où on était vachement content de sa R16 avec les deux bandes blanches et du dernier disque de Claude François.


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 22 juin 2011 19:09

                  @ l’auteur, quelle foirade, votre articule est complètement creux, votre jeu plein de vieilles cartes complètement usées qu’on voit la couleur à travers et dès le départ, il arpente le bas coté du caniveau, je me suis arrêté là. Mais, récompense, il déclenche des commentaires extrêmement riches et de poids. Laissez tomber la politique, par contre, allez à la pèche au bon sens populaire, c’est une valeur sure meilleur marché que toutes les bourse du monde de la finance politique.

                  POpeye, votre com en papier de verre donne envie d’encore, quand faite vous donc des articles ?


                • kavulum kavulos kavulum kavulos 22 juin 2011 20:14

                  Merci Lisa, mais je suis très occupé par la culture des épinards, vous savez !


                • nilasse nilasse 22 juin 2011 10:32

                  terra nova est la figure emblématique de la trahison des idées de gauche. depuis toujours les socio libéraux ont tenté d’amadouer le petit peuple avec un discours qui se veut de gauche tout en pratiquant une politique de droite. terra nova est le think tank qui voulait revenir sur les 35h,qui ne parle jamais d’augmentation de salaire et dont l’ultraliberalisme n’est plus a prouver. étant a gauche je voterais pour melenchon au premier tour des presidentielles et si il n’est pas au second tour et que c’est le ps,je voterais blanc,comme des centaines de milliers de gens d’ailleurs.


                  • Annie 22 juin 2011 19:27

                    Cet article est intéressant, mais je n’aurai pas tant décrit une certaine classe populaire comme étant intégrée mais plutôt cooptée, notamment par l’accession à la propriété, comme quoi tout le monde a un prix.
                    Margaret Thatcher qui était loin d’être stupide, avait accordé aux locataires d’appartements de HLM le droit de les acheter, avec des ristournes pouvant aller jusqu’à 60%. Ce qui a conduit à une modification des intentions de vote dans ces quartiers. 


                    • kavulum kavulos kavulum kavulos 22 juin 2011 20:28

                      Tu te faisais terriblement critiquer, à la grande époque de l’Union de la gauche, quand tu disais et écrivais que le rêve des classes populaires était d’accéder à la petite bourgeoisie, que dans sa vie de tous les jours le prolo ne cessait de singer le bourge, que ses idées même et sa morale étaient profondément conservatrice et qu’en somme il n’existait pas de culture ouvrière au sens où l’entendaient les intellos marxistes de l’époque. Ceux-là croyaient dur comme fer que l’ouvrier se complaisait dans sa situation de bête de somme, qu’il en faisait une idéologie, que l’idée de conscience de classe le nourrissait comme Popeye ses épinards.

                      Alors qu’il suffisait de grandir dans un milieu populaire les yeux grand ouverts pour se convaincre du contraire...

                      Thatcher avait misé juste dans l’épisode que tu cites. Et s’il y a quelque chose qu’on ne peut pas enlever à Sarko, à la base, c’est la perception pointue qu’il avait de ce qui se trame dans la tronche du prolo : il veut des sous, pas l’égalité. Il veut une baraque à lui et une grosse cylindrée et payer le moins d’impôts possible. Il est attaché aux « vertus » du travail, aux valeurs religieuses, à l’idée d’ordre et au respect de l’autorité. En fait, il ne lui manque qu’un semblant de culture et le pognon qu’il n’a pas pour faire un parfait petit bourgeois. Si Sarko a parfaitement compris ces choses-là, même s’il n’a pas su les exploiter, cela a totalement échappé aux cocos, à l’extrême-gauche et aux syndicats prétendument ouvriers.
                       


                    • Annie 22 juin 2011 20:52

                      La classe ouvrière n’a jamais été homogène, c’est là l’erreur. Sans vouloir idéaliser cette dernière, on a qu’une vie et comme les parents veulent que leurs enfants deviennent médecins, avocats ou ingénieurs, les ouvriers aspiraient non pas à singer la bourgeoisie, mais à avoir une part du gâteau. Je conserve une immense admiration pour ces travailleurs, souvent syndicalistes, qui n’ont jamais transigé avec leurs principes, mais c’était une minorité.


                    • kavulum kavulos kavulum kavulos 22 juin 2011 21:27

                      Ils singeaient la bourgeoisie dans leurs modes de vie, leur système de croyances, leur morale, le goût du paraître chez certains. Vouloir une ascension sociale pour ses enfants est une chose, se prévaloir de valeurs bourgeoises en imitant ce que l’on croit être une référence, c’est tout autre chose. Et puis ce goût forcené pour les stars, les vedettes, à travers la presse people et les programmes de variétés... L’engagement politique, syndical était plutôt le fait des cadres, des enseignants, des intellectuels venus de la classe ouvrière, c’est d’ailleurs toujours le cas pour ce qui concerne l’investissement associatif : ce sont moins les précaires et les ouvriers qui s’impliquent que les gens du tertiaire issus de milieux populaires.

                      Peut-être parce qu’ils possèdent plus de recul ? Ou qu’ils ont acquis une culture qui leur a permis de se défaire des opiacées que le système, déjà à l’époque, diffusait à l’intention de ces classes-là pour mieux les asservir ?

                       


                    • Annie 22 juin 2011 21:46

                      Je ne peux pas vous suivre dans vos arguments. Les syndicalistes que j’ai connus n’étaient pas des intellectuels, mais ils avaient un sens inné de ce qui est juste et injuste. Les intellectuels par contre, bien que possédant les armes pour se battre et débattre sont les premiers à rationnaliser et à justifier l’injustice. Autant je n’idéalise pas la classe ouvrière, autant il y avait et il y a encore aujourd’hui des êtres motivés , qui ne veulent pas changer le monde parce qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas le faire, mais simplement négocier par exemple les modalités d’un aller-retour à la Réunion pour des salariés. À ceux-là, je tire mon chapeau. 

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