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Accueil du site > Actualités > Politique > Les politiques au Mondial : supporters ou simulateurs ?

Les politiques au Mondial : supporters ou simulateurs ?

L’enjeu montant au cours du Mondial, on voit de plus en plus d’hommes politiques supportant leur équipe nationale. Il y a ceux qui se sortent remarquablement bien de cet exercice de style, comme Angela Merkel, en montrant un certain enthousiasme non feint. D’autres qui donnent l’impression d’aller au stade comme au zoo, dans l’espoir de remonter leur cote de popularité (comme nos politiques) et se font prendre par les supporters pour simulation d’un vague intérêt pour le sport...

Un bon chef d’Etat doit-il être un passionné de sport ? On se souvient de de Gaulle renvoyant des tribunes présidentielles le ballon rond qui y avait atterri lors d’une finale de Coupe de France, ou poussant une gueulante après la débâcle des sportifs français aux Jeux olympiques de Rome en 1960 (Jacques Faisant avait caricaturé mongénéral en survêtement poussant un : "Décidément, dans ce pays, il faut que je fasse tout moi-même !"). On se souvient de Miterrand échangeant une bise avec Jean-Pierre Papin en finale de Coupe de France ou faisant la ola aux Jeux olympiques d’Albertville en 1992. On se souvient de Chirac, maillot bleu sur les épaules (mais sous la veste quand même, il ne faut pas pousser avec le protocole) scandant les noms des joueurs français (euh... en fait, il ne scandait que le nom de Zidane, faisant du playback pour les autres joueurs qu’il connaissait moins...) lors de la finale du Mondial 98. Mais on se souvient aussi d’Edouard Balladur, venu regarder un match de rugby France-Ecosse en précampagne présidentielle de 1995 pour un résultat mitigé, Balladur ayant été plus souvent filmé en train de regarder sa montre que se passionnant pour le match... C’est un fait, manifester de l’intérêt pour le sport est à double tranchant, car il faut que nos politiques supportent et ne simulent surtout pas sous peine de se mettre les vrais supporters à dos !

A ce petit jeu-là, Angela Merkel a été la plus redoutable de ce cas particulier de supporters... Au printemps, elle surprend en étant l’une des rares à apporter un soutien inconditionnel au sélectionneur national Jürgen Klinsmann, victime d’une presse déchaînée à la suite d’une débâcle 4-1 en Italie. Klinsi lui retournera cette marque de soutien, et le succès ayant été au rendez-vous pour une Mannschaft qui a atteint le dernier carré de son Mondial en produisant du beau jeu (alors que les critiques pronostiquaient, comme dans un pays frontalier, une sortie rapide), on peut penser que Merkel capitalisera son coup de flair...

Autre intérêt pour Mme Merkel : dans un pays coupé en deux par des législatives extrêmement serrés, le Mondial a été l’occasion de la fête de l’Allemagne, avec des démonstrations nationales que l’on avait pas vu même lors de la chute du mur de Berlin... Pour voir un tel défilé de drapeaux allemands et une telle reprise du Deutschlandlied, l’hymne national, il faudrait remonter aux heures les plus sombres de l’histoire allemande... sauf qu’ici, le patriotisme est bon enfant, et nullement raciste et xénophobe. Les ressortissants turcs se consolent de la non-qualification de leur équipe en se mêlant à la fête de la Mannschaft. Les fils d’immigrants polonais, déçus par la débâcle de l’équipe de leurs parents, se consolent en voyant deux fils d’immigrants comme eux, Miroslav Klose et Lukas Podolski, en tête du classement des buteurs. Les noirs ont pu trouver en David Odonkor, le rapide meneur de jeu du Borussia Dortmund (né de père ghanéen et de mère allemande), le représentant de leur minorité. Une fête de l’Allemagne noire-rouge-jaune mais également black-blanc-beur, comme la France en 1998, et, en grande organisatrice de l’évènement, Angela Merkel qui a assisté à tous les matchs de la Mannschaft avec parfois des démonstrations de joie assez expressives, saura capitaliser cette victoire auprès des 6 millions de licenciés et des 29 millions de téléspectateurs du pays...

Autre vainqueur, dans un autre registre : l’Italien Romano Prodi. Lui aussi, comme Merkel, profite de "L’union nationale" pour ressouder un pays coupé en deux lors des législatives autour de la Squaddra, même si Prodi avait avoué lors de la campagne être plus branché cyclisme que ballon rond, le terrain de jeu de son prédécesseur et grand rival, Silvio Berlusconi. Sauf que... pendant que Berlusconi est éclaboussé par le scandale des matchs truqués (son club, le Milan AC, étant menacé de relégation judiciaire), Prodi, lui, vient assister à la demie-finale de la Squaddra, où il ne fait montre ni d’ennui, ni de démonstraton de joie excessive (le chauvinisme de son prédécesseur ayant été maintes fois critiqué...), se réconcilie discrètement avec sa voisine Merkel et le pays qu’elle représente (le prédécesseur en question ayant déchaîné la presse allemande après avoir traité un député européen allemand de Kapo, c’est à dire d’officier SS...) et va après match casser son image de "Professeur Mortadelle" en allant chanter O sole mio dans les vestiaires transalpins, avec des joueurs dont certains évoluent au Milan AC, le club de son rival. Les Thierry Roland de la politique auront apprécié le parfait travail tactique de Prodi : ni trop chauvin pour ne pas vexer les milliards de téléspectateurs qui par le monde ont pu voir un représentant italien qui n’en fait pas trop, mais bon déconneur pendant la troisième mi-temps, histoire de casser son image d’économiste rasoir auprès de ses électeurs.

Il y a des politiques supporters pour le bien de l’union nationale (on peut citer comme autre exemple le président ukrainien contesté Iutchenko, venu soutenir son équipe en quart de finale après l’appel insistant du sélectionneur national et... député d’opposition, Oleg Blokhine), et il y a aussi les critiqueurs, à leurs risques et périls. Le président brésilien Lula avait trouvé Ronaldo un peu trop enrobé, réponse de l’intéressé : Il y a des rumeurs qui disent que je suis trop gros, et il y a des rumeurs qui disent que le président est un alcoolique ! Alors il n’est pas vrai que je sois trop gros, comme il n’est pas vrai que Lula soit alcoolique ! Bigre ! Il ne fait pas bon se mettre les vedettes à dos, heureusement pour Lula, Ronaldo, s’il a battu le record de buts inscrits en plusieurs coupes du monde avec 15 réalisations, ne dépassera pas les quarts de finale... Enfin, quand je dis heureusement pour Lula, le football est une bonne diversion pour les dirigeants sud-américains (dixit Maradonna : Quand je vois le nombre de voleurs et d’incompétents que mes succès ont servi...), et Lula comme Kirchner, le président argentin, espérait sans doute un parcours plus "divertissant" pour les masses.

Bien sûr, ce regain de popularité est éphémère, tout au plus permettra-t-il à Angela Merkel et à Romano Prodi de passer un été tranquille en ayant réussi à remonter leur cote de popularité auprès de leurs électeurs jusqu’à la prochaine crise politique... En revanche, le football ne peut rien pour des politiques français déjà englués en plein marasme. A l’inverse de 1998, où Chirac en pleine cohabitation n’avait rien d’autre à faire que d’aller au stade, où Jospin jouissait (comme Merkel et Prodi actuellement), de l’image positive du nouveau chef de gouvernement, et où les deux bénéficiaient du statut d’organisateurs de la fête, les cotes de popularité des supporters ne montent pas. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy peuvent dormir tranquilles malgré les klaxons : lors du match Portugal-France, dans les bars de supporters et au Parc des Princes, chaque apparition à l’écran de la vedette lusitanienne Cristiano Ronaldo et de... Dominique de Villepin a été largement conspuée. Les membres du gouvernement ont beau dire que l’équipe de France leur ressemble (poussive au départ, brillante en fin de compétition), on n’y croit pas trop, les députés ayant retiré le surnom de "Domenech de Villepin" par respect pour un sélectionneur plus brillant que les deux premiers matchs ne le laissaient penser, et visiblement plus brillant que l’hôte de Matignon (qui selon Le Canard enchaîné a hésité pour aller voir la demi-finale, de crainte d’être traité de chat noir si la France perdait).

D’ailleurs nos politiques brillent par leurs bévues footballistiques : après la qualification face au Togo, Chirac (pourtant spécialiste en la matière) promet d’être là pour une finale France-Brésil... sauf que le tableau a contraint les deux équipes à se rencontrer en quart de finale. Aillagon veut calmer les tensions gouvernementales par une métaphore : "Quand Trézéguet marque, Zidane se réjouit !". Sauf que Trézéguet n’a pas marqué le moindre but de la compétition et n’a jamais évolué aux côtés de Zidane qu’il a remplacé contre la Corée du Sud et lors de sa suspension face au Togo...

En parlant des supporters français, mais il est où, mais il est où, mais il est où le numéro deux du gouvernement, et grand supporter du Paris Saint-Germain ? Réponse : sur la route du Tour de France, son deuxième sport favori. Mais peut-être que Nicolas Sarkozy ira dimanche soir rejoindre sa copine Angela Merkel et qui sait, assister à la remise de la Coupe du monde aux coéquipiers de... Lilian Thuram, qui l’avait fortement critiqué lors de la crise des banlieues et qui fut le héros de la demi-finale face au Portugal. Aïe ! De quoi souhaiter que Thuram soit moins performant face à l’Italie, car si les retombées du sport sur la politique sont aléatoires, mieux vaut avoir leurs héros avec soi que contre soi !


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24 réactions à cet article    


  • ka (---.---.30.12) 10 juillet 2006 11:52

    Malheureusement la France n’a pas remporté la finale. Sarkozy n’était pas là mais Chirac oui il a même été interviewé mais perso je m’en fous ce que j’ai le plus retenu ce sont les larmes de Lilian Thuram qui comme d’habitude était grand mais ça n’a pas suffi puisque tout s’est joué sur les tirs aux buts assassins cette fois-ci pour la France.


    • Gourouni (---.---.38.140) 10 juillet 2006 13:09

      On ne peut pas accuser un roi ( en cas de monarchie parlementaire) de cela, il est au dessus des partis politiques de gauche et de droite, il incarne avant tout sa nation. C’est la différence avec un président de la république.


      • jcm (---.---.0.12) 10 juillet 2006 13:29

        Détestable mélange que celui du foot et de la politique qui semble donner le droit à tout politique de se valoriser à coup de petites phrases et métaphores douteuses.

        Très heureux qu’ils ne puissent faire feu du bois d’une victoire qui a échappé aux « bleus » et qui n’aurait de toutes façon eu aucune « signification politique » !

        Politique, médias et foot : ce que nous avons gagné à la défaite de l’équipe de France

        Pas de « récupération » en vue et peut-être un peu plus de « véritable info » aux JT ?

        Encore que... reste « le tour » ?


        • Frédéric (---.---.25.186) 10 juillet 2006 13:41

          La réalité de l’intérêt que tel ou tel personnage politique peut porter au foot me laisse totalement infifférent.

          Ce qui retient en revanche mon attention c’est le fait que le foot est bel et bien devenu principalement un objet financier, politique, idéologique, et un formidable instrument d’abrutissement de masse.

          La chose n’est pas nouvelle... Tous les pouvoirs ont utilisé les ’sports’ (j’inclus les combats de gladiateurs à Rome, les courses de char à Byzance etc.)comme instruments de manipulation de masse.

          Enfin, un opium en vente libre et dont la consommation (sans modération) est même encouragée !!


          • Serge (---.---.221.43) 10 juillet 2006 13:56

            Le sport est un enjeu important pour qui applique les sciences politiques de Machiavel. On encourage la cohésion du troupeau avec les jeux du cirque, dans leur version du 21ème siècle.

            Bravo quand même à Amélie Mauresmo, à Zinedine Zidane et aux bleus.

            Ils sont manipulés par les politiques, mais ça n’enlève pas leur mérite.

            Du reste on peut se demander si ces moments d’exaltation ne nous plaisent pas à tous, comme une sorte de drogue, cousine de la méthode Coué smiley


            • Canavarro (---.---.57.227) 10 juillet 2006 14:25

              Il paraît que les sportifs d’élite doivent servir d’exemples pour les jeunes générations. En vertu de cet impératif, Zidane au comportement de voyou des bas-fonds, est désigné comme meilleur joueur de la Coupe du Monde 2006.

              Nous sommes bel et bien en pleine décadence !


              • Seb in London (---.---.64.83) 10 juillet 2006 17:36

                Et la critique vient de quelqu’un avec le surnom de Cannavaro ce qui la rend tout de suite plus crédible...

                Hier le cher Fabio a réussi à mettre K.O Henry et démettre l’épaule de Zidane sans avoir l’air d’y toucher. Si Zidane a un défaut, c’est de ne pas être aussi « furbo ».

                Suspecté notamment d’avoir levé le pied pendant certains matches pour accélérer son transfert à la Juve, Cannavaro a été récemment entendu dans le cadre de l’affaire Moggipoli.

                Enfin, pour ceux qui ont la mémoire courte, souvenez-vous de la vidéo amateur qui avait été tournée dans l’hôtel des joueurs de Parme avant la finale contre Marseille en 1999. On y voit Cannavaro s’y faire injecter un produit suspect...

                http://www.youtube.com/watch?v=_EjsYGkuX1g&search=cannavaro

                Pas vu, pas pris.


              • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 10 juillet 2006 17:44

                Il y a pleins d’articles sur l’attitude de Zidane et de ses anciens ’partenaires’ transalpins. Merci de ne pas soulever ce genre de polémiques ici, elles n’ont rien à voir avec le sujet de l’article...


              • moniroje (---.---.246.62) 10 juillet 2006 14:33

                Vrai que Angela Merkel était trop mimi dans sa joie de voir son équipe gagner : une vraie gosse !

                Quant à Chirac, hier, il a eu pour notre équipe des mots dignes d’un ami dans les coups durs. Et rien, mais alors rien, pas un soupçon de politique...

                Alors, je trouve plutôt moche de voir ces commentaires qui mélangent le sport et la politique, qui prêtent des arrières-pensées aux gouvernants ou opposants qui manipuleraient les joueurs... Ce n’est pas de la lucidité, c’est du venin...


                • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 10 juillet 2006 14:45

                  De toutes façons, le contexte est différent d’en 1998, et je pense que les Français ne feront pas le bilan du gouvernement actuel sur les résultats sportifs (ou alors c’est vraiment à desespérer...). Je pense que cela aidera juste quelques uns comme Merkel ou Prodi à avoir quelques semaines tranquilles avec une majorité étroite et/ou divisée qui se sera réconciliée le temps de quelques matchs... Mais ça n’ira pas plus loin que cela. On se souvient de la France black-blanc-beur de 1998 et des présidentielles qui ont suivi...


                • Yannick MOREL (---.---.25.117) 10 juillet 2006 15:33

                  « Pour voir un tel défilé de drapeaux allemands et une telle reprise du Deutschlandlied, l’hymne national, il faudrait remonter aux heures les plus sombres de l’histoire allemande... sauf qu’ici, le patriotisme est bon enfant, et nullement raciste et xénophobe. »

                  C’est exactement le genre de propos journalistiques qui me mets hors de moi !!!!

                  Oui il y a eu des nazis en Allemagne mais entre 1933 et 1944. Cela fait plus 60 ans que la guerre est finie. De plus si on prend une personne de 20 ans en allemagne, les gens qui ont été concernés sont ses arrières grand-parents.

                  Je vous rappelle que l’Allemagne, Elle, est à la point de la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes et depuis plus longtemps que la France.

                  Aux dernières élections le NPD (l’extrème droite Allemande) a fait 2,2%, je vous rappelle qu’à la dernière présidentielle JM Le Pen était au 2ème tour et sauf erreur de ma part le FN c’est notre extreme-droite.

                  Alors pourquoi dès qu’un Allemand agite un drapeau ou est fier de son pays, les français voient un nazi [potentiel] ?

                  Je pense pouvoir dire qu’en France nous avons beaucoup plus de racistes qu’en Allemagne, alors avant de critiquer les Allemands nous devrions faire le ménage chez nous. Et je trouve ce genre de propos sont totalement insultants, diffamatoires et blessant pour nos amis outre-Rhin.


                  • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 10 juillet 2006 16:05

                    « Alors pourquoi dès qu’un Allemand agite un drapeau ou est fier de son pays, les français voient un nazi [potentiel] ? »

                    Je n’ai jamais dit cela, mais les Allemands ont simplement souvent fait un complexe vis à vis de leur lourd passé. Il suffit de regarder le faible nombre de films que les Allemands ont tourné vis à vis du nazisme et de l’occupation, jusqu’à ’La Chute’, ce sujet était tabou (et encore, Wim Wenders a considéré que ’La Chute’ déresponsabilisait le peuple Allemand...) Depuis, ils arrivent à assumer leur histoire, et, au contraire d’autres pays, ils savent qu’une vision objective de leur Histoire (les grandes heures comme les pages les plus sombres) est le meilleur moyen de surmonter le passé et d’assumer le fait de vivre sous une même bannière et un même hymne !


                  • Internaute (---.---.75.131) 11 juillet 2006 10:46

                    Le point GodWin a été dépassé avant le premier commentaire. Ce fil est donc un authentique troll depuis son origine.

                    Pourquoi y-a-t’il tant de journalistes qui sont incapables d’écrire un article sans faire une référence biaisée à Hitler. Moi, je trouve que l’auteur a oublié de nous montrer la relation possible entre la défaite du Brésil et les Protocoles des Sages de Sion.


                  • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 11 juillet 2006 12:03

                    Hola, excusez-moi, pauvre journaliste amateur écrivant dans le but de faire partager ses analyses, sans méchanceté aucune, d’avoir repris une analyse du Monde !!!

                    J’ai juste souligné le fait que les Allemands, scindés en deux pendant 45 ans, avaient parfois du mal à assimiler leur très lourd passé, et ont pendant longtemps refusé d’admettre qu’on pouvait être fier d’être Allemand, sans que cela signifie nier son passé et le rejeter... Il n’y a aucune insulte au peuple Allemand que je respecte, et j’admire le courage dont ils font enfin preuve en acceptant le passé et en n’ayant plus honte d’être Allemand. Mon expérience de globe-trotter me pousse à avoir sûrement plus de respect envers les autres nations européennes et notamment nos voisins Allemands que certains paranoïaques d’Agoravox...

                    Maintenant si les paranos en question aime à extraire une phrase d’un article (qui n’a pourtant rien d’offensant si on prend le temps de la lire et de la comprendre, un effort intellectuel que ni vous, ni votre prédecesseur ne semble avoir voulu faire...) pour dénigrer un auteur bénévole, libre à eux, je ne vais pas m’amuser à perdre du temps en réponse... Juste une remarque pour éviter les trolls : RELISEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES, et apprenez à ne pas juger un auteur bénévole sur une maladresse... (et en l’occurrence, il me semble avoir été assez précautionneux sur la phrase en question. Y a-t-il un Allemand que ma phrase a réellement choqué ????)


                  • coco rico (---.---.213.66) 10 juillet 2006 18:27

                    On n’en serait pas là sans un système d’information - ou plutôt de désinformation - des plus complaisants pour les femmes et les hommes politiques qui en jouent quotidiennement. Malgré sa bonne volonté démystifiante, cet article y contribue paradoxalement en s’attardant sur l’anecdotique - la présence ou non de politiques à un événement sportif - plutôt que sur le fond, la place du sport dans notre société, les moyens que l’Etat y accorde. Qu’est-ce que le sport et les sportifs ont à gagner de cette guéguerre de tribunes VIP ? Le budget de la jeunesse et des sports va-t- il enfin atteindre 1% du budget national si Ségolène décroche la timbale élyséenne ? Et l’EPS (re)trouver toute sa place à l’école si Nicolas décroche le pompon présidentiel ? ... Poser ces questions c’est déjà hélas y répondre !


                    • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 10 juillet 2006 18:46

                      « Malgré sa bonne volonté démystifiante, cet article y contribue paradoxalement en s’attardant sur l’anecdotique - la présence ou non de politiques à un événement sportif - plutôt que sur le fond, la place du sport dans notre société, les moyens que l’Etat y accorde. »

                      Je n’y suis pour rien dans cela. Le but des politiques n’étant pas de montrer leur programme en matière de sport, mais bel et bien de jouer de l’image du ’J’ai des passions populaires’. On aurait montré Merkel ou Chirac dans une exposition au centre Pompidou, cela n’aurait pas eu le même impact.


                    • BEAUNE (---.---.198.103) 10 juillet 2006 18:50

                      Les chefs d’états quel que soit leur bord ont pour devoir de soutenir les entreprises nationales.

                      Les équipes de France, tous sports confondus, entreprennent des projets grandioses dont le pays tout entier bénéficie ; elles sont de magnifiques et de généreux porte-drapeaux de la nation française.

                      En ces circonstances, il est consternant de voir des « supporteurs » des équipes de la France prétendre encourager la France tout en conspuant les dirigeants de la France et en dénigrant l’authenticité du soutien apporté par ces politiques, hommes et les femmes, quelles que soient leur opinions.

                      L’amour de son pays ne se mesure pas au volume des vociférations dans les stades ou dans la rue. Le patriotisme n’a rien à voir avec le chauvinisme, le sectarisme ou le fanatisme. La moindre décence nous invite à saluer la présence de nos chefs d’états et de gouvernements aux côtés des citoyens pour exhorter nos représentants à bien nous représenter dans la compétition internationale.

                      Poser la question « Les politiques au Mondial : supporters ou simulateurs ? » porte en elle les germes de la querelle partisane et nuit ainsi à la cohésion et à la solidarité nationales, indispensables pourtant pour réaliser, ensemble et malgré l’adversité, de grandes et belles choses.

                      Dommage !

                      MB


                      • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 11 juillet 2006 10:57

                        Maurice, votre message me fait sourire. De l’authenticité dans la présence des politiques ???? J’en doute un peu. Angela Merkel est authentique, passionné par son équipe, soit. Mais franchement, pour De Villepin, j’ai un doute. Si Sarkozy avait été dans les tribunes, même si je ne l’apprécie guère, je n’aurais pas remis pas en cause sa passion du football vu qu’il suit tous les matchs du PSG (le pauvre...).

                        Il est normal que l’Etat montre son soutien pour son équipe nationale, et c’est notamment le rôle premier de Jean-François Lamour (qui ensuite, a dû céder sa place à Chirac et De Villepin...). Il est plus dommageable que certains se sentent obligés d’être là pour faire populaire, et c’est là plus l’ambition de Chirac et De Villepin. Et il est incroyable de voir que leurs présences au stade aient pu permettre à Chirac et Jospin de gagner 10 points d’opinion favorable en 1998, alors qu’ils n’étaient pour rien dans la performance de l’équipe !!!!


                      • ffi (---.---.233.8) 10 juillet 2006 20:22

                        chirac etait un pantin au milieu de quelque chose qu’il n’a pu condamne , evidemment cela le remettais en question .

                        quand a 86 % des français etaient derriere zidane suivant ses dire cela prouve bien qu’il est a la masse le pauvre elu par peur de quelqu’un .

                        adieu chirac


                        • (---.---.189.166) 10 juillet 2006 23:22

                          D’une part on condamne les salaires, stock options et autres revenus des grands patrons, de l’autre, pour un salaire identique on encense des messieurs en petites culottes qui courrent aprés un ballon et qui échouent dans leur entreprise. Il y a surement une erreur qq part.


                          • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 11 juillet 2006 11:00

                            La différence entre les ’messieurs en culotte’ et vos exemple est qu’ils sont rémunérés au résultat, pas en fonction des délits d’initiés comme les notables d’EADS. Et si Zidane avait été aussi nul que l’ancien PDG de Carrefour, il ne se serait pas tiré avec un parachute de 25 millions d’Euros... Enfin rappelons que Zidane prend sa retraite à 34 ans, là où certains (Chirac, Le Pen, Jospin...) continuent à s’aggripper au pouvoir à un âge où ils feraient mieux de prendre leur retraite...


                          • Adolphos (---.---.59.170) 11 juillet 2006 07:10

                            Article bien long pour dire que les hommes politiques cherchent à flater les gôut du peuple, ce qui est une évidence dans un démocratie.


                            • www.jean-brice.fr (---.---.110.123) 11 juillet 2006 09:55

                              Il est bon que le sport soit soutenu par les politiques : mais n’y a t il que cela ; en fait ce sont les médias qui utilisent le sport pour manipuler les masses ! de toutes façons, le véritable problème est ailleurs ...


                              • joë (---.---.57.206) 18 juillet 2006 17:29

                                Le sport comme sphère autonome et apolitique est un mythe tenace qui permet d’occulter la réalité peu reluisante du spectacle sportif contemporain (dopage, violences...), ses nombreuses collaborations avec des régimes politiques totalitaires et son parti pris idéologique réactionnaire.

                                1) Le sport est indissociable du système capitaliste dont il est pétri des valeurs : lutte de tous contre tous, sélection des meilleurs, éviction des moins bons, transformation du corps en une force productive, recherche du rendement maximum, de son exploitation optimale.

                                2) il est une « dépolitisation des réalités du monde.

                                Les grandes rencontres sportives servent de paravent et de caution à des régimes bafouant en toute impunité les droits de l’homme et les droits démocratiques les plus élémentaires :

                                - J.O.Berlin (1936) : Soutien moral et financier au régime nazi (qui venait de promulguer les lois de Nuremberg) et servirent à camoufler la mise en place du génocide juif.

                                - Mundial Foot Argentine (1978) : la junte fascite du général Videla remporta-là un formidable succès.

                                - J.O.Moscou (1980) eurent lieu alors que les russes envahissaient sauvagement l’Afghanistan et que les dissidents soviétiques étaient massivement déportés dans les goulags.

                                - Jeux asiatiques (1990) ont redoré le blason de la Chine terni par le massacre de la place Tien Anmen et les centaines de victimes de la répression du printemps de Pékin.

                                - J.O. Mexico (1968) ont recouvert sous les fastes de la « fête ede la jeunesse » les corps des étudiants massacrés quelques jours auparavant sur la places des Trois-Cultures).

                                (Le rallye Paris Dakar, aventure néo-coloniale et paramilitaire ultra-médiatisée, permet à quelques nantis sponsorisés par des multinationales de d’adonner en toute impunité à une course poursuite destructrice et mortifère dans des régions déchirées par la misère et la famine.)

                                Tous ceux qui défendirent le maintien de l’organisation de ces manifestations se sont rendus objectivement complices des crimes contre l’humanité perpétrés sous le couvert de ces festivités sportives. Par une présence apparemment neutre, ils les ont cautionnés et entérinés, ils ont permis à des régimes dictatoriaux d’asseoir leur prestige et de continuer leurs exactions après avoir reçu l’absolution sportive.

                                Aujourd’hui, la pratique du sport de haut niveau devient en elle-même une atteinte aux droits de l’homme : le corps du sportif est chosifié, transformé dès le plus jeune âge en chair à records (voir les ravages causés par ce que l’on appelle l’Entrainement Sportif Intensif Précose !), en « morceaux de viande » (selon l’expression du gardien du but Pascal Olmata). Les sportifs de haut niveau ne sont plus que des instruments aux mains des multinationales, des holdings financiers et des politiques de prestige national. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que certains sportifs se transforment en mercenaires, en parfaits hommes de main dont l’objectif est de détruire l’adversaire, de l’anéantir au besoin en le brisant physiquement.

                                Dans une arène sportive de plus en plus militarisée, massivement quadrillée par des unités spéciales, les brutalités, les violences ouvertes deviennent coutumières, elles font partie du spectacle.

                                Le spectacle sportif - intercepteur de foule exceptionnel - a toujours rempli des fonctions socio-politiques pour le maintien de l’ordre : 1) contrôle social des populations ; présenté comme un remède, un antidote, une solution immédiate à tous les maux sociaux. 2) occultation des conflits politiques et sociaux, dépolitisation et adhésion à un idéal commun, orientation de la pensée vers des zones stériles (crétinisation et lobotomisation des meutes sportives, vociférantes et trépignantes).

                                Le spectacle sportif endort la conscience critique, l’occupe, la détourne en faisant rêver, en apportant un bonheur illusoire, et via le petit écran est devenu un puissant hypnotiseur.

                                Le sport a toujours été l’enfant chéri des gouvernements dictatoriaux, fascistes et nazis (« au point de devenir un élément constitutif indispensable de ces régimes » - Jacques Ellul, sociologue).

                                RIEN D’ETONNANT :

                                - qu’en 1936, Pierre de Coubertin ait été délicieusement conquis par l’organisation des « jeux de la croix gammée »...

                                - que Juan Antonio Samaranch, président du CIO, ait été un membre important du parti franquiste, que cet ancien dignitaire fasciste supervisa tout au long des années 1974 et 1975 la mise au pas de la Catalogne ( la répression atteignit une ampleur jamais vue depuis les années 40, avec arrestations massives, tortures, exécutions)...

                                - que Joào Havelange : président de la Fédération internationale de football, mais également fabricant d’armes ait eu un penchant notoire pour les dictateurs et les potentats africains...

                                Pour Jean-Marie Le Pen, dealer des idées d’extrême droite en France, il ne fait d’ailleurs aucun doute que « le sport est de droite », car il nécessite bon nombre de qualités, « loyauté, sens de l’effort, générosité, etc qui sont celles de droite ». Et il ne faudrait pas trop longtemps pour faire resurgir du « etc » la bête immonde...

                                LECTURE :

                                Jean-Marie Brohm (Le Mythe olympique, Christian Bourgois Ed. 1981) ; (Jeux olympiques de Berlin 1936, Editions Complexe, 1983) ;

                                Frédéric Baillette et Jean-Marie Brohm (Critique de la modernité sportive, Editions de la Passion, 1995)

                                Youcef Fatès (Sport et Tiers-Monde, PUF, 1994)

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Brady


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