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Accueil du site > Actualités > Politique > Les présidentiables, l’emploi et la lutte contre le chômage

Les présidentiables, l’emploi et la lutte contre le chômage

Plusieurs enquêtes d’opinion indiquent que les propositions concernant l’emploi et la lutte contre les précarités seront un déterminant majeur du choix des électeurs. A moins de quatre mois du premier tour de l’élection présidentielle, ces thèmes ont été abordés par tous les candidats, mais les différents programmes proposés n’apportent pas pour l’instant de réponse précise à nombre de questions essentielles. Cette première synthèse des premiers mois de campagne sera prochainement complétée par un second article.

L’objectif d’une réduction massive du chômage est affichée par les principaux candidats. L’objectif affiché de l’UMP est de ramener le taux de chômage à 5% en dix ans. Même objectif pour le PS qui, au pouvoir, compte diviser par deux le chômage d’ici à 2012. « Réussir le plein emploi dans un développement durable » est le premier titre du programme du PS. Pour les Verts, l’enjeu prioritaire est de mettre en place des dispositifs pour aller vers une société où chacun puisse articuler à son gré temps de travail et temps de vie pour soi, pour augmenter son autonomie tout en ayant une garantie de droits et de revenus. Pour le Front national, l’emploi disponible en France se doit d’être réservé, par priorité, aux citoyens français. De la même façon, un système de taxation du travail étranger doit être mis en place. Pour l’UDF, la question de la baisse des charges constitue un point essentiel.

Nicolas Sarkozy compte supprimer le contrat à durée déterminée (CDD) et le remplacer par un contrat unique à durée indéterminée (CDI) évolutif en fonction de la carrière du salarié. La modernisation du droit du travail serait réalisée afin que « celui-ci cesse de décourager les créations d’emplois ». Nicolas Sarkozy répète souvent son leitmotiv : « Travailler plus pour gagner plus », comme si c’étaient les salariés qui choisissaient leur temps de travail. Ségolène Royal affirme la primauté du CDI en proposant de moduler les cotisations sociales selon la durée des contrats de travail. Concernant les 35 heures, Nicolas Sarkozy propose de les maintenir avec la « possibilité pour les salariés et les chefs d’entreprise de s’en exonérer ». Au fil de la campagne, afin de donner un aspect social à son projet, Nicolas Sarkozy multiplie les propositions plus sociales : création d’un compte épargne formation doté d’un capital initial de vingt années, généralisation des "écoles de la deuxième chance " (une par département en cinq ans, et une par bassin de 100 000 habitants en dix ans), et création d’un "droit à la première expérience professionnelle" pour tous, assuré par l’Etat, les collectivités locales, les associations ou les entreprises bénéficiant de la commande publique. Nicolas Sarkozy propose aussi la mise en place d’une "Sécurité sociale professionnelle" sans que l’on sache précisément ce que le candidat met derrière cette formule.

Pour la candidate socialiste, la création d’une Sécurité sociale professionnelle doit permettre de garantir un droit à la formation tout au long de la vie, ainsi que des garanties de ressources : « L’heure n’est plus au rafistolage. Il faut repenser tout le système. Nous le ferons avec les partenaires sociaux dans une grande négociation sur la couverture professionnelle universelle (CPU). Elle assurera les trois éléments majeurs du travail : l’emploi, une garantie de ressources et la promotion professionnelle. Dans ce cadre, nous créerons un droit individuel à la formation tout au long de la vie d’autant plus élevé que la formation initiale aura été courte. Il prendra la forme d’une carte vitale professionnelle ». Concernant les 35 heures, la candidate socialiste propose de faire avec les partenaires sociaux l’inventaire de ce qui doit être amélioré et ensuite d’apporter des aménagements pour que ceux qui veulent travailler plus puissent le faire. Le Smic sera augmenté dans des limites à fixer avec les syndicats, et les emplois jeunes seront réactivés.

Enfin, pour les jeunes sans emploi, le projet socialiste propose le projet EVA (programme d’entrée dans la vie active) défendu par Martine Aubry au moment des discussions sur le projet. Cette allocation d’autonomie, associée à un suivi individualisé, devrait permettre d’assurer un minimum de ressources aux 18-25 ans privés d’emploi.

Les propositions concernant l’entreprise sont nombreuses. Ségolène Royal compte « réconcilier les entreprises avec le public en valorisant celles qui assument leur responsabilité sociale ». Conditionner les aides publiques à des engagements sur l’emploi et les salaires, moduler l’impôt sur les sociétés selon que les bénéfices sont réinvestis ou distribués, faciliter l’accès aux crédits pour les PME et, enfin, modifier les prélèvements sociaux afin qu’ils cessent de pénaliser l’emploi (prélèvements sur l’ensemble de la valeur ajoutée, et non sur le seul travail) ; telles sont les principales propositions de la candidate socialiste.

Nicolas Sarkozy propose d’exonérer de charges les heures supplémentaires. Il souhaite instaurer plus de concurrence dans la grande distribution afin de faire baisser les prix. Il promet la TVA à 5,5% pour les restaurateurs, au lieu des 19,6% actuels, et il souhaite poursuivre la simplification fiscale, avec un impôt à trois tranches au lieu de cinq, et un plafonnement à 50% (CSG comprise) du bouclier fiscal.

François Bayrou insiste sur le rôle des PME. Il propose un "small business act à la française" qui simplifierait les contraintes administratives et fiscales des petites entreprises. Il y aurait exemption fiscale des premiers bénéfices s’ils sont réinvestis dans l’entreprise. François Bayrou souhaite permettre à chaque entreprise de créer deux emplois sans charge, à l’exception des cotisations retraite.

Philippe de Villiers préconise une baisse de charges de 50% pour les PME-PMI et l’exonération de toutes les charges sociales pendant deux ans pour les entreprises nouvellement créées. De Villiers incitera aussi à la création de PME dans les zones rurales, et établira l’actionnariat populaire universel pour faire face aux OPA et aux délocalisations.

Tous ces partisans de l’exonération des charges devront nous dire comment ils financent les protections sociales collectives.

Quel doit être le montant des minima sociaux ? Faut-il exiger une activité des allocataires de minima sociaux en contrepartie de la perception du minima social ? Plusieurs candidats se sont exprimés sur ces deux questions.

Ségolène Royal propose de créer un "revenu de solidarité active" pour aider les travailleurs pauvres, bénéficiaires de minima sociaux, à mieux s’insérer dans le marché du travail. "Ça coûte cher, mais ça rapporte aussi", affirme Ségolène Royal à Strasbourg le 20 décembre 2006. "Les conservateurs n’ont pas compris l’essentiel : la justice sociale et la qualification sont les ressorts de la performance", affirme la candidate.

Pour Nicolas Sarkozy, « L’écart de revenu entre celui qui travaille et celui qui vit d’un minimum social n’est pas suffisant (...) Il faut demander à chaque bénéficiaire d’avoir une activité adaptée à sa situation. Il ne s’agit pas de sanctionner ceux qui sont obligés de vivre du RMI. L’immense majorité n’a qu’un désir : retrouver un emploi. Mais reconnaissons que la poursuite d’une activité, d’une formation, d’un travail d’utilité collective, d’une participation à un groupe de travail social collectif, est la meilleure manière de ramener progressivement vers l’emploi ceux qu’un accident de parcours personnel a mis de côté. C’est une question de justice et de responsabilité, responsabilité de la personne et responsabilité des pouvoirs publics. Le premier droit des exclus, c’est de bénéficier d’un accompagnement adapté pour sortir de l’exclusion.  »

Pour Dominique Voynet, les minima sociaux, ainsi que l’ASS (allocation de solidarité spécifique), seraient augmentés pour atteindre, pour une personne seule, le seuil de pauvreté à la fin de la mandature (650 euros en 2004). Il s’agirait, pour le RMI et l’ASS, d’une augmentation d’environ 50 % sur cinq ans. Les allocations des minima sociaux représentent environ 14 milliards d’euros en 2004, soit moins 0,9 % du PIB (1648 milliards d’euros en 2004).

Marie-George Buffet relèverait tous les minima sociaux (et les salaires) afin que les loyers ne représentent pas plus de 30% des budgets des familles. Olivier Besancenot propose notamment d’augmenter les salaires, les minima sociaux et les pensions de retraite de 300 euros nets par mois.

Ces dernières semaines, la question de la pauvreté et des sans-abri a fait irruption dans la campagne. Nul doute que les premiers flocons de neige de l’hiver verront revenir... les reportages télévisés dans les journaux de 20 heures sur ces sans-abri qui n’arrivent pas à se loger ou ne le veulent pas. Parmi ces sans-abri, un tiers environ sont titulaires d’un contrat de travail ! Les structures d’assistanat semblent désormais installées de manière pérenne et... l’éradication de la pauvreté au sein de notre société riche n’est même pas au programme des principaux candidats, pas formulée telle quelle, en tout cas.

En cette fin d’année 2006, le collectif ACDC (les Autres chiffres du chômage) tente de mettre en débat la statistique même du chômage afin que les « chômeurs invisibles » ne soient pas oubliés au cours de la campagne. Rappelons ici que le nombre de demandeurs d’emplois, médiatisé chaque mois, est un chiffre épuré qui ne recense pas l’ensemble des chercheurs d’emplois. Les indicateurs d’activité (solde des créations/destructions d’emplois) et de pauvreté devraient être aussi importants que le nombre de chômeurs en catégorie 1 pour déterminer les politiques publiques de lutte contre le chômage. Tous ces indicateurs existent déjà, aucun n’est à créer. L’importance accordée à un seul indicateur conduit à des politiques publiques de très court terme, visant à ne pas dépasser des seuils présentés comme symboliques (la barre d’un million de chômeurs, celle des deux millions et celle des trois millions). Le débat sur la statistique n’est en rien accessoire mais pour l’instant, aucun candidat ne s’est exprimé sur cette question. Quel candidat aura le courage de dire qu’il accepte de démarrer son quinquennat avec un peu plus de quatre millions de chômeurs au compteur ?

Autres questions non abordées pour l’instant par les candidats... L’assurance chômage... Ce système assurantiel indemnise, souvent mal, seulement la moitié environ des chômeurs. C’est le régime de solidarité de l’Etat (minima sociaux) qui tente de pallier cette défaillance. Ne faudrait-il pas aller vers un système unique ? Ne serait-ce pas là un premier pas important pour construire un système cohérent d’indemnisation du chômage ?

Enfin, la campagne ne saurait éluder des questions d’actualité : quelles sont les propositions des candidats pour lutter contre les discriminations à l’embauche et pour favoriser les créations d’emplois dans les quartiers défavorisés ? La réponse à cette dernière question ne saurait être éludée par le seul débat sur l’immigration économique... Les prochaines semaines de campagne devraient apporter, espérons-le, des éléments de réponse à ces questions.


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11 réactions à cet article    


  • mcm (---.---.121.18) 29 décembre 2006 12:53

    @Patrick Salmon,

    Question : « Quel candidat aura le courage de dire qu’il accepte de démarrer son quinquennat avec un peu plus de quatre millions de chômeurs au compteur ? »

    Réponse : Celui que votre manque de courage vous fait oublier !!!

    Je ne vous félicite donc pas pour votre lacheté intellectuelle.


    • jcm (---.---.20.235) 29 décembre 2006 13:59

      Si la croissance mondiale (épargnant notamment la France !) a été forte en 2006 de nombreux économistes s’inquiètent pour ce qu’elle sera dans les années à venir et nous savons que sans croissance il n’y aura pas de créations d’emplois, autant que nous savons qu’un taux élevé de croissance ne garantit pas que ces créations d’emplois puissent se faire en nombre.

      Un moteur essentiel de la création d’emplois risque donc de rester à un régime assez bas dans notre pays ou même d’atteindre un ralenti inquiétant.

      Dans ces conditions il faut douter qu’un certain nombre des mesures citées dans l’article puissent avoir quelque efficacité : est-il alors honnête de les proposer ?

      Sur le plan de l’honnêteté on doutera d’ailleurs de celle du gouvernement qui a créé 30 000 emplois assez artificiels, qui viendront à échéance juste après la présidentielle : Et hop, 30.000 emplois “électoraux“ !.

      C’était ma première objection, la seconde est également de taille : on examine systématiquement la question de l’emploi dans le droit fil d’une continuité de ce que nous avons l’habitude de faire, sans tenir compte des actions que nous devrions absolument entreprendre dans des domaines où existe une grande urgence et qui auraient un impact non négligeable sur l’emploi.

      La France a signé Kyoto et nous sommes tous (ou presque) conscients que s’en tenir à ce protocole sera nettement insuffisant pour nous éviter des désastres climatiques.

      Nous sommes tous également conscients que nos eaux de surface et souterraines sont gravement polluées (industrie et surtout agriculture, voir ces superbes algues vertes qui entourent la Bretagne dès les premières chaleurs...), une pollution dont il faut attendre qu’elle augmentera, et il semble que la culture d’espèces destinées à la fabrication des biocarburants a été en 2005 à l’origine d’une augmentation des ventes de produits phytopharmaceutiques (Produits phytopharmaceutiques, contexte économique 2005"), ce qui ne laisse rien augurer de bon...

      Conscients donc que de nombreux problèmes sont en attente, et jusqu’à quand ?

      Mais nous devrions tous être également conscients que le fait de s’attaquer à ces problèmes de façon tout à fait volontariste pourrait nous donner l’occasion d’une relance à la fois de l’économie, de l’emploi et de « la croissance », et d’une croissance bénéfique car mettant en place des systèmes polluant moins à tous points de vue et de ce fait instaurant des dynamiques « durables » (bien que je n’aime pas tellement ce terme...).

      Pour la seule conversion du bâtiment ancien à une grande économie énergétique il faut envisager sur un programme de 30 ans la création de plus de 100 000 emplois par an durant au moins 5 ans (avec tous les efforts de formation, en direction des chômeurs de tous âges par exemple), et des impacts économiques forts dans de multiples domaines.

      Et ce n’est pas le seul chantier à entreprendre : diverses approches sont disponibles sur le Net et une bonne évaluation a été réalisée par Corinne Lepage et son équipe (ayant discerné son rare attachement à l’honnêteté je pense qu’elle accepterait un quinquennat débutant avec 4 millions de chômeurs, si telle est la réalité !) qui donne un minimum de 273 000 créations d’emplois (non délocalisables) d’ici 2010.

      Régler la question de l’emploi, de la pauvreté, des sans abris, de la mauvaise répartition du travail et de ses revenus etc... doit donc aussi s’examiner en tenant compte de TOUT ce que nous devrions entreprendre pour améliorer l’état de notre société, de TOUT ce qui pourrait lui conférer un dynamisme nouveau, et les chantiers que nous devrions entreprendre seraient tout à fait propres à initier ce dynamisme.

      Ceci afin que dans quelques années les « Enfants de Don Quichotte » puissent prendre une retraite bien méritée et que l’occasion d’écrire cela : Ces Noëls brisés par la « justice », par l’état, par « le système », par notre ministre de l’intérieur... et un cadeau ! ne me soit plus donnée (voir dans ce texte quelques précisions sur l’évolution des ventes de produits phytosanitaires par rapport à l’évolution du revenu agricole).

      J’ai fort l’impression que tous ces gens nous font une « politique de bouts de cigares » tout à fait décousue, qui n’envisage pas les différents problèmes avec une vision transversale qui les relieraient et permettraient d’inventer des solutions qui mettraient en oeuvre des synergies fortes et bénéfiques.


      • www.jean-brice.fr (---.---.2.100) 30 décembre 2006 08:53

        Je conseille à l’auteur de l’article de lire RUEFF Jacques ou de cliquer : avant de chercher des solutions, il vaudrait mieux savoir les CAUSES qui nous ont amené à une telle situation. Vous pouvez également consulter mon site « www.jean-brice.fr » qui vous donnera quelques indications à ce sujet ...


        • Didier (---.---.198.142) 30 décembre 2006 11:16

          Et les handicapés ? que fera t’on pour eux, à part les laisser pour compte avec une allocation bien en dessous du seuil de pauvreté....

          Les dernière mesures prises récemment n’apportent aucune augmentation puisque des conditions, ont encores été imposées, qui excluent presques tous du champ d’application. En fait la nouvelle mesure n’apportera qu’à ceux qui on une faible pension de la sécurité sociale à condition toutefois qu’ils ne puissent plus travailler, mais à conditions aussi qu’ils aient au moins 80% d’invalidité, ce qui n’est le cas que d’une très faible minorité. Tous les autres resteront encore une fois de plus largement en dessous du seuil de pauvreté !!!

          Cela n’a été que de la poudre aux yeux afin d’éviter en fin d’année une révolte de cette tranche de la population, ce qui aurait fait tache dans le paysage des fêtes. Ensuite on va entrer dans les élections et le problème de l’exclusion des handicapés va retomber dans l’oublis.

          Il faut aussi donc tenir compte que les handicapés doivent aussi avoir un niveau de ressources correct et ne pas être aussi les laissés pour compte de la société.

          Personne n’a choisi d’être ou de devenir handicapé, et à ce titre on ne doit pas être rejeté et laissé avec seulement 610 euro pour vivre,lorsque l’on ne peut plus travailler, car avec cette somme on ne peut pas vivre, d’autant plus que contrairement à un demandeur d’emploi, pour nous les handicapés c’est sans espoir de revenir à meilleur fortune.

          Pour nous les handicapés, seulement 610 euro par mois pour survivre et non vivre, c’est l’assurance de passer toute notre vie dans la misère.

          Quand un gouvernement en prendra t’il conscience et inscrira t’il un projet pour y remédier ? C’est vrai les handicapés ne représentent pas une masse dangereuse pour la politique, on peut donc les laisser pour compte sans grand risques.... Comment d’ailleurs, pourraient-ils se rebeller les pauvres avec leur handicap ?


          • Briseur d’idoles (---.---.168.134) 30 décembre 2006 11:52

            Les nouveaux esclavagistes en action...

            Faire bosser tout le monde pour rien...

            Les esclavagistes ont besoin d’esclaves...


            • JR (---.---.153.129) 30 décembre 2006 12:39

              Bonjour, Je pense que nous devons cesser d’être hypocrites, et nous devons regarder ce qui se passe chez nos voisins. Ainsi, par exemlpe, en Allemagne, le gouvernement de grande coalition a pris les mesures qu’il fallait (investissement dans la recherche, baisse des charges sur les entreprises, encouragement à l’exportation...) et ça marche. En Grande-Bretagne, il y a 20 ans, les réformes ont été faites pour baisser les charges, assouplir le marché du travail, investir dans l’éducation, et ils sont dans le plein emploi, ils ont su transformer leur économie basée sur l’industrie en une économie performante basée sur les services, et ça marche ! En France, depuis 25 ans, le problème du chômage n’est pas résolu car il y a un carcan de réglementations qui décourage l’innovation et l’emploi, mais qui encourage l’assistanat. De plus, l’alternance permanente entre la gauche et la droite, avec une instabilité au niveau des lois fait qu’investisseur réfléchira à deux fois avant de créer un emploi chez nous. Donc, pour sortir de la crise, prenons notre courage à deux mains et faisons les choses suivantes :
              - cessons cette alternance et impuissance perpétuelle entre la gauche et la droite ;
              - rassemblons les hommes compétents de gauche et de droite
              - ayons une fiscalité qui encourage l’emploi, l’investissment et l’innovation (ainsi plus rentrera dans les caisses de l’Etat et on pourra résoudre les problèmes qui se posent) ;
              - ayons une politique qui place en priorité les questions d’éducation. Je pense l’archaïsme du programme PS n’est pas adapté pour lutter contre le chômage (le chômage avait baissé sous Jospin du fait de la très bonne conjoncture internationale, pas grâce aux 35 heures qui nous coûtent très cher). Quant à la droite, sa « rupture » risque de paralyser le pays dans des manif sans fin. Dès lors, j’invite à voter pour M. Bayrou qui est le seul qui a tout compris et s’inspire de ce que fait le gouvernement de grande coalition allemand et qui effectivement marche très bien (pour ce, voir www.latribune.fr). Il va falloir bien réfléchir l’an prochain ! Meilleurs voeux !!!


              • (---.---.186.157) 30 décembre 2006 12:47

                Vous écrivez, Didier : « C’est vrai les handicapés ne représentent pas une masse dangereuse pour la politique, on peut donc les laisser pour compte sans grand risques.... Comment d’ailleurs, pourraient-ils se rebeller les pauvres avec leur handicap ? » et c’est peut-être là le véritable problème...

                Puisque l’on constate que certaines questions restées pendantes semblent trouver soudain quelques solutions (ou pistes de solutions) lorsqu’il y a mobilisation : il faut « se montrer », sans relâche, s’unir, atteindre le devant de la scène.

                Alors montrez-vous souvent, partout, autant que vous le pouvez, rassemblez, constituez des réseaux (notamment sur internet), parvenez à une meilleure visibilité, mais aussi proposez des solutions sensées qui vous sembleraient convenables.

                Ne laissez pas cette campagne présidentielle se dérouler sans vous !

                Certes les handicaps rendent tout plus difficile, et les conditions que vous décrivez amplifient les difficultés, mais je ne vois pas d’autre solution face à l’incurie des pouvoirs publics, largement appuyée, il faut le dire, par un vaste silence général auquel je participe, n’ayant jamais rien fait de particulier pour appuyer la cause des handicapés...

                Rompez ce silence !


                • Lola (---.---.94.154) 3 janvier 2007 00:30

                  Quelques études bien venues pour alimenter les débats sur le chômage et l’emploi.

                  En neuf ans le nombre réel de chômeurs n’a pas baissé en France . . . http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel_1996_2005.htm

                  Gains de productivité du travail, durée du travail, chômage . . . . http://travail-chomage.site.voila.fr/produc/gain_productiv.htm

                  En France, la productivité du travail a augmenté de 17,22 % en sept ans, pour l’ensemble de l’activité nationale. Sans rien changer à la production de richesses du pays, le nombre d’emplois aurait pu être augmenté de 17,22 % en réduisant de 14,69 % la durée réelle du travail. En moyenne, avec des transferts d’emplois entre secteurs d’activité, le nombre d’emplois aurait augmenté de 4 284 500. Le chômage réel aurait beaucoup baissé.

                  Plus d’emplois créés en France qu’en Angleterre en 15 ans . . . . http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/emploi_15ans.htm

                  En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d’emplois (2 520 000 : +11,25%) que l’Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n’est donc pas supérieur au modèle social français.

                  Manipulation des chiffres du chômage dans un pays du nord . . . . http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm

                  En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d’un taux officiel de 6,38 %.

                  Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n’aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l’essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.

                  Durée du travail : apparences et réalité, France et autres pays . . . . http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm

                  Si l’on fait la moyenne de tous les emplois, à temps partiel et à temps complet, la durée de la semaine de travail est :
                  36,3 h en France
                  - 36,2 h en Italie
                  - 35,1 h au Danemark
                  - 33,6 h en Allemagne
                  - 33,2 h en Espagne
                  31,7 h en Grande-Bretagne
                  - 30,1 h en Suède (36,1 h pour ceux « au travail »)
                  - 29,2 h aux Pays-Bas
                  33,8 h aux Etats-Unis

                  La gauche crée plus d’emplois du secteur privé, à croissance égale . . . http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/5ans_emploi_prive.htm

                  Un site bien documenté, à consulter.


                  • www.jean-brice.fr (---.---.20.69) 5 janvier 2007 19:08

                    Au sujet du chomage, quand est ce que les intervenants comprendront qu’il est un problème MONDIAL ! Pour cela, lisez RUEFF, cela vous donnera une autre approche ...


                    • cambacérès cambacérès 17 janvier 2007 06:23

                      Dans une déclaration commune, à l’issue de leur réunion mensuelle, les partenaires sociaux, gestionnaires de l’Unedic, ont « exclu toute fusion avec l’ANPE ». L’ANPE fait partie du service public de l’emploi et s’occupe du placement des chômeurs.

                      L’UNEDIC, qui s’occupe de l’indemnisation des demandeurs d’emploi, relève quant à elle du droit privé. Elle est financée par les cotisations des salariés et des employeurs.

                      La gestion de celle-ci a donc tout intérêt aux diligences et performances de celle-là.

                      C’est donc un contre sens que de déclarer. « La gestion paritaire du régime d’assurance chômage, dans les modalités d’intervention fixées par les partenaires sociaux, ce qui exclut de fait une fusion avec l’ANPE, garantit l’indemnisation des demandeurs d’emploi et l’indépendance du régime ».

                      Les réactions que suscite cette proposition d’une bien nécessaire fusion ANPE/UNEDIC - tout particulièrement les réactions négatives - en confirment en réalité, le bien fondé, d’autant qu’elle constitue certainement le préalable et le point d’appui incontournables à la création d’une sécurité sociale professionnelle.

                      Quand on « vit du chômage », et comme tant d’autres organismes moins « célèbres », on n’a pas forcément envie de le voir trop baisser, ni de s’en donner les moyens par une synergie quelconque des opérateurs : moyens budgétaires, avantages acquis seraient susceptibles d’une remise en cause, ou, au moins d’une revue à la baisse....

                      Quant à ceux qui supportent la charge financière de l’assurance chômage, toutes considérations d’indépendance mise à part, ils n’ont pas forcément envie d’en voir alourdir les charges par un rapprochement avec un pan de service public dont la réputation n’est plus à faire, mais dont les coûts de fonctionnement relèvent d’une toute autre culture de gestion.

                      Il faut dépasser ces crispations premières, car il y a tout à gagner à cette fusion, en termes d’économies d’échelle, bien sur, comme en termes de synergies - fusion qui, de toute façon, sous une forme ou sous une autre, se fera, en vertu de cet incontournable principe selon lequel QUI PAIE EST MAITRE : or jusqu’à présent c’est bien l’UNEDIC qui paie.

                      La « sécurité sociale » professionnelle,celà peut etre assez simple : un compte individuel avec une traçabilité tout au long de la vie des fonds consacrés à l’embauche, la formation ou l’inactivité.

                      A cette heure où l’environnement est enfin largement perçu comme un enjeu économique et social majeur, il n’est certainement pas inutile de rappeler une préoccupation qui paraît bel et bien être la « mère de toutes les questions » : les enjeux globaux de la mondialisation et, les défis plus urgents encore de l’environnement, font du développement durable un impératif essentiel.

                      Pour autant que l’économie ait pour vocation de répondre aux besoins collectifs de la société, il est désormais clair que les enjeux d’environnement font nos plus importants besoins des temps prochains : dans l’industrie et les services métiers et qualifications vont devoir suivre.

                      Les changements à venir toucheront inévitablement le marché de l’emploi et de la formation professionnelle : ces mutations impliquent donc que l’on refonde la dépense autour d’une problématique combinée EMPLOI + FORMATION,

                      La sécurité professionnelle durable qu’attendent nos concitoyens passe donc par un effort structurel de qualification, et par un ciblage authentique de la dépense individuelle pour le retour à l’emploi : le principe d’une individualisation de l’intervention financière s’impose donc, intégrant à la gestion même de la recherche d’emploi celle de risque économique et professionnel car il n’est pas de « sécurisation des parcours professionnels » possible sans pilotage volontariste du retour à une situation de l’emploi, personnelle ou collective, plus saine .

                      Un traitement social individualisé constructif ne négligera donc plus la vocation économique collective des aides à l’accès ou au retour à l’emploi qu’il faut clairement réorienter au bénéfice de l’individualisation des aides en soutien à des parcours de retour au travail personnalisés, pertinents et efficaces

                      Il s’agit, désormais d’attacher au candidat, un niveau d’aide à l’embauche sélectivement défini comme un, véritable atout dans la négociation de son recrutement avec l’employeur, en fonction des contraintes diagnostiquées de son profil et de ses difficultés, à travers un ciblage professionnel régulier, précis et régionalisé

                      N’ayons pas peur, en effet, de clarifier le cadre général des interventions en faveur de l’emploi en personnalisant aides et crédits formation et emploi, sur des critères précis leur conférant la vocation économique qui doit être la leur, pour une pertinence accrue du traitement social individuel et collectif, avec les économies budgétaires substantielles découlant de cette rationalisation.

                      Envisageons alors, la création d’un outil collectif d’intervention aux missions élargies jusqu’aux politiques territoriales de création d’emploi, de formation professionnelle et de lutte contre le chômage,

                      Ces offices d’intervention régionalisés compétents en matière d’insertion/réinsertion, de formation professionnelle initiale et continue recevraient pour mission de préparer et mettre en œuvre les mesures de maîtrise des liens emploi-formation par secteur professionnel :

                      Leurs comptes recevrant en recettes des crédits spécialisés reçus de l’Europe, de l’état, de la région ou de l’entreprise (taxe formation, cotisations chômages, etc...) et enregistrerant en dépenses, celles qui concurrent directement à la sécurité professionnelle (financement des formations individuelles et indemnisation des périodes d’inactivité).

                      On aurait ainsi réuni les moyens de gérer la variable d’ajustement qui reste indispensable sur le marché de l’emploi, où les problèmes se posent en termes de rapport COUT-COMPETENCES, à travers les notions de salaire et de charges, sur le plan économique, et donc, en termes de liaison EMPLOI/FORMATION, collective et personnelle sur le plan professionnel et social.

                      Parce qu’il n’y a d’accès, de retour et de stabilité dans l’emploi que par la qualité de la formation, la sécurité sociale professionnelle doit aller jusqu’à l’ouverture d’un compte à chaque salarié, géré par un organisme d’intervention territorialisé qui puisse gérer avec une traçabilité complète, tout au long de la vie, les fonds consacrés à son embauche, ses périodes de formation ou de chômage.

                      Après quoi, cette individualisation aidant, on pourra même envisager qu’un employeur qui se délocaliserait abusivement rembourse les aides touchées pour les salariés concernés. !...


                      • cambacérès savonarole 17 janvier 2007 06:29

                        Comme autrefois, Mr SALMON fait-il de l’occupation des locaux ?

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