Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Les régionales en vue !

Les régionales en vue !

Les régionales arrivent à grands pas. Il convient donc de décrypter les enjeux de ces régionales, avant de présenter les candidats, leur programme, les régions et leur problématique particulière.

Les dernières élections :

Les dernières élections régionales ont eu lieu en 2004 et ont donné lieu à une victoire éclatante de la gauche, qui avait réussi à remporter 20 des 22 régions métropolitaine, et 24 des 26 régions en tout. La gauche gagnait donc pour la première fois les régionales et part pour cette année favorite, la tendance étant particulièrement difficile à inverser pour l’UMP.

Une configuration telle avait déjà profité à la droite qui avait gagné 20 régions en 1993, en concédant 7 à la gauche aux élections suivantes de 1999.

Le mode de scrutin :

Il faut d’abord noter que le mode de scrutin n’a pas toujours été le même pour les élections régionales. Le mode de scrutin actuel fut décidé par la loi du 11 avril 2003. Les listes ne sont plus départementales mais régionales, mais comportent tout de même des sections départementales.

Le but est d’élire le conseil régional par un scrutin de listes. Les listes sont déposées au niveau régional et comportent un certain nombre de candidats (ce nombre correspondant au nombre de siège au conseil régional).

Lors du premier tour, sil une liste obtient la majorité absolue, elle obtient le quart des sièges. Le reste des sièges et distribué en fonction de la proportionnelle entre toutes les lites qui ont au moins 5 pour cent. Si ce n’est pas le cas, un second tour a lieu la semaine suivante et concerne les listes qui ont au moins 10 pour cent des suffrages. Si une liste n’a pas les 10 pour cent requis, elle peut fusionner avec d’autres listes ayant au moins 5 pour cent des suffrages exprimés. Enfin, au second tour, la liste majoritaire obtient d’office le quart des sièges et le reste des sièges est réparti entre les listes ayant au moins 5 pour cent à la proportionnelle.

Petit historique de nos régions :

Les régions sont des entités très anciennes en France. En effet, on pourrait remonter à l’ancien régime pour situer leur origine. Elles se sont constituées en principautés territoriales lorsque la féodalité s’est établie en France à partir des IXème-Xème siècle (progressivement). Celles-ci ont évolué en forme, en taille, en statut. D’abord vassales mais concurrentes au Roi et à ses terres (le domaine royal), les régions se sont ensuite soumises lorsque des rois forts sont arrivés, notamment avec Philippe-Auguste, Philippe le Bel puis à l’époque moderne. Elles sont alors devenues peu à peu des entités aussi bien politiques (la noblesse existant toujours sous l’ancien régime, les principautés territoriales existent toujours) qu’administratives (avec les intendances et généralités qui permettent un contrôle du roi sur ses régions).

A la révolution, les régions furent démantelées par la création des départements français pour effacer le souvenir de l’ancien régime. Les départements n’ont pour aucun le nom d’une ancienne province de la monarchie (sauf les deux départements de la Savoie, qui sont arrivés après par référendum en 1860). L’idée de régions est alors enterrée pendant longtemps, la priorité de la IIIème république étant d’unifier la nation française. La région revient alors en 1955 en tant qu’échelon de l’état. Cependant, celle-ci n’est pas encore indépendante. Un premier référendum est organisé par le Général De Gaulle pour faire naître une collectivité territoriale au niveau de la région en 1969, mais c’est un échec. Ce n’est qu’en 1982 avec les lois Deferre que la région devient indépendante de l’Etat et dont le conseil régional est élu par ses habitants. Elle peut alors avoir un budget, des compétences, lever des impôts…

Compétences de nos régions :

Les régions ont des compétences dans plusieurs domaines dont 4 principaux : le développement économique, les transports et l’aménagement du territoire, l’éducation et l’amélioration du cadre de vie.

En développement économique, la région peut par exemple aider les entreprises à s’installer et à créer de l’empli (en leur octroyant des aides ou primes, en leur louant gratuitement des locaux et terrains…)

En aménagement du territoire, la région concentre surtout son action sur les transports comme le TER en Lorraine. La région s’occupe aussi de projets routiers ou autoroutiers.

En éducation, la région gère, créé et entretient les lycées. Elle prélève également une taxe de 1 pour cent de la masse salariale pour la formation continue.

En amélioration du cadre de vie, la région peut notamment agir avec les parcs naturels régionaux, le patrimoine, les logements (en donnant des subventions notamment pour l’installation de panneaux photovoltaïques).

Ressources de nos régions :

Les régions fonctionnent grâce à trois ressources :

-la DGF : Dotation globale de fonctionnement.

-la DGE : Dotation globale d’équipement.

-la DGD : Dotation globale de décentralisation.

Un tiers de ses ressources lui viennent de l’Etat, le reste venant des divers impôts locaux et taxes locales. Il y a par exemple les taxes additionnelles (composées de la taxe d’habitation, la taxe foncière et la taxe professionnelle), la Taxe locale d’équipement, la taxe des timbres fiscaux…

Les régions peuvent également emprunter de l’argent.

Les principales forces en présence :

Gauche :

Selon les sondages (à prendre avec précautions), la gauche réunirait plus que la droite à ces élections. Cela semble assez logique compte tenu du contexte politique.

La gauche parte toutefois en ordre assez dispersé, et les alliances sont assez complexes et différentes selon les régions.

Il y aura Lutte Ouvrière, ainsi que des alliances NPA-Front de Gauche dans certaines régions. Dans d’autres régions, il y aura le Front de Gauche seul sans le NPA qui sera également seul. Le PS s’allie dans certaines régions avec le PCF qui délaisse donc dans ces régions le Parti de Gauche. Le PS s’allier également avec le MRC et le PRG. Les verts partent eux seuls, sauf peut-être dans le Languedoc Roussillon où une liste commune est présentée contre Georges-Frêche (ex PS).

Droite :

La droite est un peu moins dispersée. Cependant, elle n’est pas complètement unie. L’extrême droite est assez dispersée avec d’un côté le FN, de l’autre la Ligue du Sud (seulement dans le PACA), et aussi des alliances PDF-MNR-NDP-ID dans certaines régions.

L’UMP a réunit autour d’elle le MPF, le CPNT, le Nouveau-Centre et le Parti Chrétien-Démocrate. Cependant, les listes ont eu du mal à se faire, le NC et le PCD menaçant de faire sécession s’ils n’avaient pas de bonnes places sur les listes.

Debout la République s’est entendu avec des Villepinistes et le CNI dans certaines régions pour mener des listes. Ils se présenteront dans 5 à 11 régions. 

Centre :

Le Modem, bien que peu confiant, présente ses listes et y associe parfois l’Alliance Centriste (qui a aussi fait quelques listes ou bien s’est associé à des listes Divers Droite).

Vincent Decombe


Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • Brath-z Brath-z 27 février 2010 12:39

    Un bon article qui explique bien les régions, tant dans l’aspect historique que dans la perspective des élections prochaines.

    A simple titre de précision, le journaliste Laurent de Boissieu détaille sur son blog dans cette note les différentes forces en présence (c’est un sacré travail que de démêler tout cela).

    Une remarque cependant, sur l’aspect historique des régions :
    Si, comme vous le précisez bien, les régions nous viennent des principautés territoriales de la monarchie carolingienne/robertienne et du début de la monarchie capétienne, les régions administratives existantes n’ont que bien peu de lien avec les régions historiques !
    De plus, le referendum de 1969 portait, il me semble, notamment sur la création de 7 grands ensembles régionaux, dont l’Île-de-France. On aurait ainsi eu une sorte d’équilibre des forces entre une région peu étendue (l’Île-de-France) et six régions bien plus étendues, toutes comportant sensiblement les mêmes moyens et potentiels, notamment une population comparable. Rien à voir donc avec la situation actuelle.

    Voila pourquoi il me semble abusif de faire remonter la filiation des 22 régions métropolitaines (je laisse de côté les 4 régions ultramarines... qui sont également des départements, d’ailleurs) à la volonté gaullienne d’intégrer dans l’exécutif national des exécutifs régionaux puissants et comparables, sans même parler des régions historiques (qui ont en effet été brisées par les départements : ma Brie natale, région historique, est séparée entre 6 départements, et encore est-elle plutôt bien traitée par rapport à d’autres « régions historiques » vue que la majeure partie de sa superficie se retrouve en Seine-et-Marne) dont elles se détachent totalement.


    • Reinette Reinette 27 février 2010 19:58


      sans vouloir être trop méchant avec nos hommes politiques, j’ai bien l’impression que de plus en plus de Français(e)s sont un tantinet dégouté(es) car victimes du charlatanisme de nos « très chers » élus

      http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/aide-et-therapie-des-victimes-de-70727

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès