Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Les similitudes des parcours croisés de Michèle Bachelet et Ségolène (...)

Les similitudes des parcours croisés de Michèle Bachelet et Ségolène Royal

A quelques jours du second tour des élections présidentielles françaises, il est intéressant de noter les convergences des parcours politiques et personnels de Michèle Bachelet, la présidente élue du Chili et de Ségolène Royal.

Née à Dakar au Sénégal, Ségolène Royal est la fille d’un militaire de carrière, colonel d’artillerie, qui a changé plusieurs fois d’affectation avant de s’installer en France. On le sait, Michèle Bachelet est, elle, la fille d’un général, mort lors du coup d’Etat de Pinochet, emprisonné et torturé parce qu’il avait défendu jusqu’au bout la légalité démocratique.
Très jeunes, les deux femmes ont pris parti et se sont rebellées, l’une contre l’autorité du père qui ne tolérait pas qu’une fille suive des études poussées, l’autre contre la dictature militaire qui lui avait volé son enfance. Les deux s’engageront résolument à gauche de l’échiquier politique.
La première véritable lutte gagnée par Ségolène Royal a été celle pour sa liberté. Désireuse de s’engager dans des études supérieures, et pas les moindres (elle souhaitait s’inscrire à l’ENA), elle a dû batailler pour s’inscrire en prépa contre l’avis de sa famille. Et c’est ainsi qu’elle n’a pas hésité à trainer papa devant les tribunaux, où elle a obtenu une pension alimentaire et la signature du juge pour intégrer l’éducation supérieure.

Michèle Bachelet, très jeune lors du coup d’Etat militaire, s’est rapidement engagée dans la lutte pour la liberté avant de partir en exil en Allemagne, où elle suivra des études de médecine.

Lorsque François Mitterrand arrive au pouvoir en 1981, son conseiller Jacques Attali remarque la jeune Ségolène Royal qui, avec son compagnon lui aussi énarque, entre rapidement dans le staff de l’Elysée. François Mitterrand a toujours manifesté un grand intérèt pour la gauche chilienne et l’Unité populaire qui, il faut le rappeler, a accédé au pouvoir en 1972, au moment mème où l’Union de la gauche obtenait l’un de ses meilleurs scores aux élections législatives françaises.
Arrivée au pouvoir dans l’ombre de Ricardo Lagos, Michèle Bachelet a elle aussi gravi les échelons en montrant une grande capacité d’adaptation. Diplomée de médecine, elle s’est spécialisée en pédiatrie, et s’est naturellement orientée en politique vers les secteurs traditionellement réservés aux femmes (santé, social...) mais elle a aussi suivi un perfectionnement dans le domaine militaire aux Etats-Unis.
Au Chili, c’est Ricardo Lagos qui a fait le pari de propulser Michèle Bachelet au ministère de la Défense, une tâche extrêmement symbolique pour elle, fille de général assassiné. Elle ne s’est jamais départie de son humour en déclarant par exemple aux militaires médusés : "Je suis une femme, athée, divorcée... et je suis sùre que nous ferons du bon travail ensemble".

Mise en orbite par François Mitterrand, Ségolène Royal, qui elle aussi ne s’est pas mariée, a obtenu ses galons de femme politique en gagnant une région réputée imprenable pour la gauche.

Pour obtenir l’investiture de leurs partis respectifs, les deux femmes ont su surfer sur la vague médiatique, mais aussi arracher de haute lutte le droit de les représenter. Traitée de tous les noms d’oiseaux, accusée de sectarisme puis de mollesse, Michèle Bachelet a su imposer une nouvelle forme de faire de la politique, basée sur le concept vague de démocratie participative. Arrivée au pouvoir après des leaders charismatiques, hommes politiques à l’ancienne qui n’hésitaient pas à traiter les citoyens comme des enfants, elle fait le pari d’un passage à l’âge adulte de la société et refuse de se considérer comme une "mère". Attendue au tournant par ses ennemis politiques , mais plus encore par ceux qui, dans son propre camp, n’ont pas digéré son ascension, elle a gagné son procès en incompétence. Reste le plus difficile pour elle, maintenir le cap durant cinq ans, à la tête d’une coalition de partis politiques fatigués, menés par un troupeau d’"éléphants" qui ne pensent déja plus qu’à une chose, les prochaines échéances...

Décidément, quelle que soit l’issue du scrutin en France, les parcours de Michèle et de Ségolène se ressemblent à plus d’un titre.

www.ruevalparaiso.forumculture.net


Moyenne des avis sur cet article :  3.74/5   (19 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

LYonenFrance


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès