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Les six points d’une grande politique

Au moment où les partis politiques pataugent dans les luttes d’ambitions personnelles pour la candidature aux présidentielles, peut-on évoquer quelques idées ?

Dans le n° de Libération du 18 janvier 2010, Jacques Julliard résume en vingt thèses le fondement de ce qu’il estime être une renaissance de la gauche française. Son analyse est un mélange de lapalissades, de constatations élémentaires et de vœux pieux.

Les lapalissades consistent à dénoncer la déréglementation de la production, la financiarisation de l’économie et les travers de la mondialisation, c’est-à-dire les éléments du néo-capitalisme prédateur à l’origine de la crise actuelle. C’est un truisme que de le rappeler : la faillite du libéralisme Reagano-Thatchero-Bushien est devenu une évidence.

Les constatations élémentaires évoquent la faiblesse de l’Europe ; le fait que les droits de l’homme et l’écologie, tout en étant des obligations ne sont pas des politiques, mais “des religions substitutives de salut” ; la nécessité pour le socialisme révolutionnaire, s’il veut se faire accepter par les masses, de prouver qu’il ne porte pas atteinte aux libertés civiques. On ne peut qu’être d’accord avec ces observations.

Les vœux pieux concernent la nationalisation du système bancaire, la formation d’un bloc syndical unifié et la création d’un “grand rassemblement populaire, ouvert à toutes les forces hostiles au néo-capitalisme” et ayant l’ambition “comme à la Libération, d’une réforme en profondeur des structures financières et économiques du pays.” Belles paroles. C’est bien dit, mais c’est loin d’être assez précis.

Il semble utile de compléter cette analyse en évoquant six points.

1) - Le premier est si évident qu'il semble inutile de le développer. C'est la redistribution de la richesse, la réaffectation des milliards de l'inégalité sociale. La colère qu'ont suscitée la découverte de sommes colossales réservées aux riches après avoir été refusées aux pauvres, les rémunérations indécentes des grands patrons et leurs parachutes dorés, la disproportion entre la recapitalisation colossale des banques et la maigreur de la lutte de l'ONU contre la sous-alimentation et la misère du Tiers monde, le gigantisme de la fortune dépensée à préparer ou à faire la guerre au lieu d'améliorer les conditions de vie, devrait inciter à des réformes autrement plus radicales que les exorcismes paternalistes de Washington ou l'aspirine velléitaire de la social-démocratie française (surtout si elle est représentée par Strauss-Kahn !). C'est de chirurgie dont on a besoin, pas de pansements. Et cette colère des défavorisés n'ira qu'en s'accentuant jusqu'à ce qu'un bouleversement profond leur donne satisfaction.

La lutte de classes n'a pas disparu. Elle s'est durcie. En ce sens que la classe dominante a des moyens de défendre ses privilèges qui n'ont aucune commune mesure avec ceux dont elle disposait dans le passé. La propagande s'est perfectionnée, le conditionnement de l'opinion publique est devenu d'une redoutable efficacité, les techniques de corruption atteignent des sommets d'habileté. Il ne faut pas se le dissimuler : combattre avec et pour le peuple sera un véritable apostolat, d’autant plus indispensable que l’ennemi et puissant.

2) - Le second est la lutte contre l'impérialisme et l'hégémonie de Washington. Cela veut dire s'affranchir des idées néo-libérales et de la toute-puissance du marché, traiter la crise financière non pas comme une suite d'erreurs à corriger mais comme la faillite d'un système à changer de fond en comble. C'est-à-dire ne pas se contenter de sauver les banques et les compagnies d'assurances en les regonflant avec l'argent des contribuables, mais profiter de l'occasion pour introduire une régulation efficace de l'économie et une réappropriation par l'Etat des organismes et établissements essentiels. Cela veut dire aussi ne pas se plier à la globalisation, refuser les mesures d'adaptation économique imposées par la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI). Entre autres, s'opposer aux privatisations abusives et aux braderies des industries locales, empêcher les grandes compagnies de s'emparer à bas prix des richesses des petits pays, réduits à la dépendance économique par leur pauvreté ou leur endettement. Cela suppose le soutien sans failles à tous ceux qui mènent le même combat, notamment en Amérique latine, comme Chavez au Vénézuéla ou Morales en Bolivie. Cela signifie nouer des liens sérieux avec les puissances qui émergent comme de forts contre-pouvoirs, comme la Russie, la Chine et l'Inde et s'élever contre les opérations américaines d'encerclement préventif d'ennemis imaginaires ou de multiplication de bases de l'armée US. Cela implique le refus de participer aux guerres néocoloniales de Washington, donc le retrait de nos troupes d’Afghanistan et d’Irak, et l’exigence d’utiliser l’argent des budgets militaires à la lutte contre la famine dans le monde.

3) - Le troisième est la préservation de l'indépendance nationale. Les grandes nations sont aujourd'hui attaquées par le haut et par le bas. Par le haut, elles sont dominées par le globalisme qui veut transcender les frontières au bénéfice de structures mondiales ou européennes. Par le bas, elles risquent d'être démembrées par le régionalisme qui veut les découper en ensembles locaux. On les coiffe par une gouvernance capitaliste et on les sape par une fragmentation géographique. Or une nation comme la France est un modèle de valeurs républicaines qui représentent des acquis fondamentaux de civilisation : le pluralisme des citoyens, l'égalité de droits, les avancées sociales, la neutralité religieuse entre autres. Il faut défendre ces valeurs contre ce qui les menace : le globalisme qui efface les histoires et les cultures nationales, le capitalisme transfrontières qui accumule les injustices sociales et le régionalisme qui n'est qu'une agglomération d'intérêts économiques sans consistance historique ou culturelle.

Cela implique de considérer l'OTAN comme un organisme qui n'a plus sa raison d'être et de s’en retirer. Cela implique de refuser l'Europe de la haute finance et des sociétés transnationales.

Il est intéressant de noter au passage que de telles positions sont loin d'être utopiques, ni même originales : elles étaient celles de la Résistance sous l'occupation allemande, durant la Seconde guerre mondiale, quand les forces clandestines ont été rassemblées dans le CNR par Jean Moulin. Le programme commun se dressait contre l'empire nazi de l'époque et militait pour la nation souveraine et sociale qui émergerait de sa chute. L'empire américain n'a bien sûr pas l'aspect violent de l'envahissement hitlérien, mais son infiltration sournoise aboutit à une forme comparable de domination.

L'éloge du nationalisme qui s'en affranchit ne touche en rien au sentiment d'appartenir à une civilisation commune, celle de l'Occident. Ni à l'amitié traditionnelle qui lie l'Amérique à l'Europe. C'est dans le cadre de cette amitié que la différence est à faire entre le singe qui imite son maître et le souverain qui accompagne son allié. Le Bureau Ovale n'a pas le monopole du patriotisme. Son occupant doit se rendre compte – et nous devons le lui faire comprendre – que les habitants d'autres nations ont le droit d'être patriotes, de tenir à leur indépendance, de vivre s'ils le veulent sous un régime différent. Qu'il foute la paix aux Cubains, aux Chinois, aux Serbes, aux Coréens, aux Ukrainiens, aux Biélorusses, aux Syriens, aux Iraniens, aux Vénézuéliens, aux Boliviens, qu'il arrête de vouloir tout réduire au modèle du parlementarisme évangélisé. A cette condition, Washington améliorera son image et retrouvera son aura, car le monde ne veut pas d'un gendarme étoilé, mais il est prêt à s'associer à un entrepreneur puissant. Nous dénonçons une politique, pas un peuple. Qu’Obama renonce aux guerres préventives, à l'ingérence, à l'imposition de la démocratie par la force, aux pressions économiques et à la stratégie antisociale, et respecte la souveraineté des autres nations au même titre que la sienne ; il trouvera alors des partenaires fiables parce que libres de leurs décisions, et fera de nouveau admirer ou envier son pays par le monde entier.

4) - Le quatrième est la nécessité de lutter contre ce qu'on pourrait appeler l'ethnicisme. C'est un point capital. Aujourd'hui, toute la géopolitique est vue à travers un filtre ethnique. On ne parle plus que de groupements liés par le sang. Les Basques, les Kurdes, les Bretons, les Flamands, les Catalans, les Gagaouzes, les Sicules, les Ouïgours et bien d'autres en Asie ou en Afrique. Une mode née d'un mécanisme simple : la globalisation déroute les gens en les privant de leur identité. Ils sont perdus dans une masse anonyme. Comme ils refusent en quelque sorte de disparaître, ils se replient des racines qui peuvent les définir.

Or les nations perdent de leur consistance devant les offensives mondialiste et régionaliste. Le nationalisme est montré du doigt comme un obstacle à l'adaptation réaliste à un monde qui a changé. Avec cette dénonciation du nationalisme, on discrédite la notion de citoyenneté. Difficile de se reconnaître citoyen d'un espace abstrait, lointain et inconnu comme l'Occident ou l'Europe ; inutile d'apprendre à devenir citoyen d'une entité dont on fait déjà partie en naissant. Qu'est-ce qui reste qui permette de s'identifier ? L'appartenance à un groupe de même origine. Une communauté ou une ethnie. C'est le communautarisme qui se sublime en culte des minorités. Le soi-disant respect des différences, et la soi-disant défense du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Chaque ensemble veut rester homogène et avoir sa petite nation. Et les maîtres du monde encouragent cette fragmentation, parce qu'elle affaiblit les grands Etats

C'est d'ailleurs l'absurdité du système : au moment même où l'on veut faire éclater les nations qui existent, on en encourage la naissance d'autres. Au moment où l'on clame la nécessité de faire l'Europe, c'est-à-dire d'entreprendre un processus d'unification, on multiplie les petits morceaux séparés en coupant la Tchécoslovaquie en deux, en fractionnant la Yougoslavie, en reconnaissant des Etats fantaisistes comme celui de la Bosnie, du Monténégro ou du Kosovo.

Cette absurdité a une logique. Ces nouvelles nationettes sont ethniquement homogènes, ce qui contribue encore au dépérissement de la notion de citoyen, et trop faibles pour ne pas dépendre de l'aide économique internationale, donc de la domination politique de l'empire. C'est en fait le but recherché. La vieille maxime divide ut regnes n'a jamais été aussi vraie. Toute une façon de voir la géostratégie est à remettre d'aplomb. Le monde est vu comme une collection de braises, que le globalisme et l'européisation essaient d'éteindre en les fourrant dans un même cabas. Mais comme des cailloux, ils ne se mélangent pas. Au contraire, ils continueront à brûler séparément et finiront par crever le fond du sac.

Une véritable gauche devrait s'opposer à cette conception ethnique du monde et y substituer la conception citoyenne. C'est-à-dire ignorer les origines qui différencient les hommes pour exalter les principes qui les rassemblent. Le pluralisme, la mixité, le métissage, tout ce qui s'oppose à l'isolement communautariste et à la coagulation des minorités. J'ai beaucoup insisté sur ce point dans mon livre "Le crépuscule des élites"(1)

5) - Le cinquième concerne l'anti-racisme, qui doit être une bataille permanente. Or la classe politique française n'a tiré aucune leçon de ses trahisons en ce domaine. Pendant plus d'une décennie, elle a participé à une campagne de racisme antiserbe comparable à celle dont ont été victimes les juifs en Allemagne au début du nazisme. Elle n'a cessé de traiter les Serbes de barbares, coupables des pires atrocités, alors que leurs adversaires croates ou musulmans baignaient dans le halo de l'innocence. Elle a contribué à broyer une Yougoslavie qui était un modèle de pluralisme, où cohabitaient une vingtaine de nationalités ou d'ethnies différentes. Elle continue à faire pression sur la Serbie, aussi multiethnique que l'ancienne Yougoslavie. Le tout au bénéfice de nations ethniquement purifiées, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, et tout récemment la caricature d'Etat musulman du Kosovo. Et le plus triste est de constater que cette haine des Serbes a été le leit-motiv de réquisitoires à sens unique, repris en chœur par une poignée d'intellectuels à majorité juive, oublieux des horreurs qu'avaient infligés à leurs parents d'autres racistes utilisant les mêmes arguments. La moindre des choses, pour un politicien honnête, serait de reconnaître cette indignité et d'en réparer l'injustice.

6) - Enfin le dernier point est celui de la laïcité. Là aussi, la politique française est contestable. Passons sur les entorses répétées à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, marquées par le financement gouvernemental de lieux de culte ou d'éducation religieuse. Un sommet symbolique de l'agenouillement national a été le titre de chanoine du Vatican décerné à Sarkozy par un des papes les plus réactionnaires de l'Histoire, Ratzinger, le théoricien de l'absolutisme confessionnel. La “fille aînée de l'Eglise”, représentée par son tuteur obséquieux de l'Elysée, a été couronnée pour sa bonne conduite. C'est dire qu'à Rome, on a considéré qu'elle faisait ce qu'il fallait pour mériter cette distinction.

Le soutien du gouvernement d'Israël, dans le sillage de Washington, fait aussi partie d'une certaine compromission cléricale. Le conflit du Proche-Orient a d'autres motivations qu'un affrontement de cultes, mais l'indulgence à l'égard des excès politiques et militaires de l'Etat hébreu témoigne d'une reconnaissance discutable des principes religieux revendiqués par son gouvernement.

Passons sur le Tibet, à propos duquel nos dirigeants se sont répandus en lamentations sur le sort des moines féodaux qui enserraient la province dans un corset religieux. Venons-en à l'islam, face auquel Marianne est à plat ventre. En Bosnie, la France s'est félicitée de l'armement par les grandes puissances des ennemis musulmans des Serbes, et n'a rien trouvé à redire à la création par Izetbegovic, l’ancien président de la Bosnie, d'un Etat musulman au cœur de l'Europe. En Irak, elle a salué avec joie le renversement de Saddam Hussein, qui était sans doute un despote, mais qui était aussi le plus fort bastion laïque du Proche-Orient. Au Kosovo, elle s'est rangée du côté des Albanais et a piteusement accepté la création du nouvel Etat-croupion à majorité musulmane. Enfin, soulignant une fois de plus sa désertion du front laïque, elle s'associe à la diabolisation du général Ratko Mladic, pourchassé comme criminel de guerre, alors qu'elle devrait lui élever une statue pour son courageux combat contre l'islamisation des Balkans.

Le communautarisme ethnique dénoncé plus haut est à combattre non seulement pour son contenu raciste, mais pour le tremplin qu’il offre à l’implantation religieuse. Quel meilleur ciment peut-on rêver pour ce genre de regroupement que l’homogénéité d’une conviction spirituelle ? Les grandes confessions veulent toujours que leur emprise sur la mentalité individuelle introduise à une influence sur l’action collective, c’est-à-dire que leur contrôle s’étende du spirituel au temporel et assujettisse la politique à la foi. Quel milieu peut être plus approprié à cette assimilation qu’un ensemble déjà soudé par son origine, qui ne peut que se renforcer en croyant au même dieu et en pensant de la même façon ! Les communautés sont les laboratoires de la fusion de l’Eglise et de l’Etat, et leur soutien, au nom du respect d’autrui, n’est que la simulation en petit de l’identification religieuse d’un peuple ou d’un pays. Les ghettos, les quartiers “nationaux” dans les grandes villes (chinois, italien, grec, etc.), les coagulations autour d’une mosquée, sont autant de modèles réduits de pays religieusement définis, comme la Russie orthodoxe, l’Irlande catholique, l'Israël sioniste ou l’Amérique protestante. Le culte y profite de la moindre faiblesse pour étendre son contrôle sur la société.

Ce prosélytisme est entretenu pat la confusion aberrante entretenue par les grands médias entre religion et peuple (confusion qui est précisément le but recherché par les grandes confessions). Déjà, du temps de la Yougoslavie, on ne parlait que de Serbes, de Croates et de musulmans, ce qui est aussi absurde que de comparer Français, Allemands et catholiques. Il y a la religion islamique, mais pas de “peuple” musulman (les Arabes, les Africains, les Indonésiens n’ont aucune parenté ehnique) ; il y a la religion hébraïque, ou le sionisme, mais pas de “peuple” juif (Les Falasha d’Afrique ou les Yéménites d’Asie mineure n’ont aucun sang commun avec les Ashkénases ou les Sépharades). Ignorer cette distinction conduire à au préjugé global exaltant ou dénonçant des ensembles qui ne sont pas homogènes, et ouvre donc la porte aux racismes d’une islamophobie antiarabe ou d’un antisionisme antijuif.

Enumérer ces reniements et ces dangers est tracer la voie à suivre : s’opposer à toute entorse à la laïcité, quel qu'en soit l'auteur confessionnel. La République doit permettre toutes les religions, mais n'en favoriser aucune.

Justice sociale et redistribution de la richesse, opposition à l'impérialisme, respect de l'indépendance nationale, combat contre l'ethnicité, rejet du racisme et défense de la laïcité, voilà les six piliers auxquels devrait s'arc-bouter une grande politique française. Ajoutons-y la protection de l'environnement et la défense à organiser contre le réchauffement climatique – des objectifs qui ne sont pas une politique mais des précautions nécessaires – et nous aurons le lourd plan de bataille à laquelle peuvent participer une gauche renouvelée et une droite lucide, au-delà des étiquettes. Ce sont des prises de position qui exigent de la hauteur de vue, de la volonté et du courage. Des qualités qu’on cherche à la loupe chez nos politiciens.

Louis DALMAS.

(1) Editions Tatamis, 2008


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10 réactions à cet article    


  • Louis Dalmas Louis Dalmas 24 janvier 2011 17:25

    Bien sûr, cher Ben Khabou, il ne s’agit pas, dans mon esprit, de supprimer les régions, ni même d’affaiblir certains de leurs pouvoirs. Il s’agit de résister à une offensive organisée de destruction des grandes nations pluralistes par une régionalisation ethnique. J’ai publié, dans notre journal B. I,, de remarquables articles du général Gallois qui décrivaient les officines spécialisées (souvent allemandes) qui se fixaient ouvertement cet objectif, et des cartes de Pierre Hillard montrant comment il était envisagé de carrément morceler des pays comme la France, l’Espagne ou l’Italie en territoires dont l’autonomie préluderait à leur indépendance.
    Je n’ai donc aucun désaccord avec ce que vous dites.


  • Louis Dalmas Louis Dalmas 24 janvier 2011 11:31

    Quelle étrange et dangereuse conception ! Qui sont les « nous » et « eux » ? Si nous sommes des êtres humains, « eux » sont quoi ? Des extraterrestres, des zombies, des soushommes, des animaux ? Cette différenciation est la porte ouverte aux pires formes de racisme.
    Quant à la conception « abstraite et artificielle », toutes les lois humaines qui régissent les sociétés sont aussi, à ce compte là, « abstraites et artificielles ». Sont-elles à ignorer pour autant ?


    • etychon 24 janvier 2011 17:24

      Gelone ? gelone ? C’est un avatar ? ca vient d’ou ?


    • Louis Dalmas Louis Dalmas 24 janvier 2011 17:44

      Vous avez, de toute évidence, une conception du monde que je ne partage pas. Le racisme, que vous dites inévitable, est le vivier de toute guerre, et je suppose que vous considérez la guerre aussi comme inévitable. Pour moi, elle est peut-être difficile à éviter, mais assez horrible pour qu’on tente à tout prix de l’empêcher.
      Quant aux « nous » dont vous parlez, j’aimerais bien savoir en quoi il consiste. En l’absurdité des « Français de souche », comme si la France était un peuple homogène ? Dans le fantasme des « occidentaux » ou des « européens » qui ont encore plus de différences entre eux qu’entre un Belge et un Bolivien (pour rester dans les B) ? Dans l’arrogance des « blancs » par rapport aux sauvages de couleur ? Je vous avoue que j’aimerais mieux vivre dans un joyeux foyer tahitien qu’au sein d’une secte intégriste catholique ! Alors où est-il, ce « nous » ?


      • Ferdinand_Pecora 24 janvier 2011 18:50

        Pour sortir de l’impasse épistémologique, rappelons que l’engagement envers un projet de reconstruction peut influer sur les conflits sanglants en cours, analogue à celui que le traité de Westphalie apporta, en 1648, à une Europe ravagée par les haines accumulées durant les guerres de religions de 1511 à 1648.

        En clair : si les intérêts financiers s’attaquent aujourd’hui de manière aussi frontale à l’ordre des Traités de Westphalie (pardon des offenses et avantage d’autrui), c’est la force de cet engagement westphalien sur lequel nous devons nous appuyer pour appeler à une nouvelle conférence de Bretton Woods : des parités fixes entre monnaies, permettant à des économies redevenues souveraines d’émettre du crédit productif pour s’engager mutuellement sur des projets sur 2 à 3 générations. En Afrique, par exemple, c’est tout l’enjeu du projet Transaqua dont la presse nigérienne a encore récemment parlé.


        • Louis Dalmas Louis Dalmas 24 janvier 2011 19:14

          C’est en effet ce que réclame le mouvement de LaRouche, « Nouvelle Solidarité ». Il évoque aussi une autre inspiration du passé qui n’est peut-être pas à négliger : la loi Glass-Stiegall qui établissait une cloison étanche entre les banques de dépôt et les banques de spéculatiion. Mais nos joyeux politiciens sont-ils prêts à entreprendre des réformes radicales ? Je doute qu’ils en aient le courage.


          • Ferdinand_Pecora 3 février 2011 14:35

            Nous sommes en guerre. Se contenter d’espérer que soit adoptée par nos ennemis une réforme qui coupe les vivre à ces derniers n’est pas vraiment une stratégie qui permet de remporter la victoire :)


          • bartelby 25 janvier 2011 18:38

            Bonjour,

            Votre analyse est juste mais vous ne donnez pas la clef du problème.

            Comment allez-vous redistribuer les richesses lorsque les règles économiques sont prises par l’UE ? 

            Comment lutter contre l’impérialisme de Washington dans une UE construite et piloté par Washington ?

            Comment préserver l’indépendance nationale dans l’UE qui réclame toujours plus de pouvoir ?

            Comment lutter contre l’ethnicisme dans une UE ethniciste (voir le bloc identitaire) ?

            Comment combattre le racisme dans UE qui fait une différence entre les européens et les autres ?

            Enfin comment lutter pour la laïcité dans une UE composé d’une majorité de nations possédants une religion d’état ?

            Allez je vous aide, la réponse à ses six questions est de sortir de l’UE en appliquant l’article 50 du traité de Lisbonne.

            Pourquoi cachez-vous cette réalité ?


            • Louis Dalmas Louis Dalmas 25 janvier 2011 19:32

              Mais, cher Bartelby, je n’ai pas du tout conscience de cacher cette réalité. Il me semblait qu’après tout ce que j’ai dit de l’Europe la conclusion allait de soi. Il est évident qu’il faut sortir de cette usine à gaz européenne qui n’a de sens que pour la haute finance, la grande industrie et les multinationales. C’est un édifice artificiel construit par en haut, sans base. En tous cas, merci de m’avoir obligé à le dire explicitement.


              • Iren-Nao 30 janvier 2011 10:02

                @ auteur

                Fort bon article ma foi et donc bienvenu a AV

                A part le chapitre « les Nous et les Eux » ou je suis fortement de l’avis de Gelone car j’aime les étrangers et vivre aussi chez eux
                Et si on veut être Nous on ne peut l’être sans des Eux
                Mais il faut bien que les étrangers le restent, et a bas la grande ratatouille des nations ou des ethnies.

                Pour le reste je vote pour vous cher Louis.

                Cordialement

                Iren-Nao

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