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Les trois chances de François Hollande

Il a déjà bénéficié de deux d’entre elles, il reste la troisième. François réussira-t-il là où Ségolène a échoué ? Allez savoir...

 La première chance de François Hollande date de mai 2011. Chacun garde en mémoire les images d’un homme hirsute et abattu, comparaissant tel un minable délinquant devant un juge de New York. Quelques heures plus tôt, Dominique Strauss-Kahn était encore le puissant patron du FMI et le favori de la présidentielle de 2012, l’homme dont tous les sondages indiquaient qu’il deviendrait le 7e président de la 5e puissance mondiale.

 Encore fallait-il, pour ce Français de Washington tout auréolé de son expertise financière, franchir l’obstacle de la « primaire citoyenne ». Et cette étape, nettement plus triviale pour un phénix planétaire au regard déjà tourné vers l’Élysée, s’annonçait paradoxalement plus difficile que de terrasser Nicolas Sarkozy. Au vu du très large électorat qui s’est déplacé pour aller voter lors de cette primaire inédite, et compte tenu du jeu des alliances au sein du Parti Socialiste, nul doute que le challenge eût été redoutable pour un François Hollande opposé à Dominique Strauss-Kahn. Et les chances de l’emporter bien minces pour l’élu corrézien face à un homme dont la voie semblait d’ores et déjà tracée.

 C’était compter sans les pulsions de DSK : oublieux durant quelques fatales minutes du prestigieux destin qui lui semblait promis, l’érotomane compulsif dont le portrait s’est dessiné depuis tout au long d’un feuilleton à rebondissements, s’est plus sûrement sabordé qu’un marin dément précipitant son navire sur les récifs. Dominique Strauss-Kahn coulé, l’horizon s’est soudain dégagé pour François Hollande, vainqueur de la primaire citoyenne face à une Martine Aubry enfermée par le « pacte de Marrakech » dans un statut de doublure de Strauss-Kahn.

 La deuxième chance de François Hollande est paradoxale mais pourtant bien réelle. Elle réside dans l’imbroglio de la négociation PS-EELV en vue de trouver un accord législatif pour 2012. Il en est résulté un texte plutôt équilibré qui acte notamment le nombre de circonscriptions promises aux écologistes et la fermeté du candidat socialiste sur la réduction du parc nucléaire français, la construction de l’EPR et la production de « mox ». Tout cela au prix d’une tragi-comédie pleine d’éclats de voix, de portes qui claquent et de déclarations tonitruantes, comme le veut cette tradition du boulevard si prisée du personnel politique français. Naturellement, la droite ne s’est pas privée d’exploiter ces bisbilles, et c’est à grand renfort de déclarations outrées, toutes marquées du sceau habituel des éléments de langage de la propagande élyséenne, qu’elle s’est répandue dans les médias en surjouant l’indignation.

 Comme on pouvait s’y attendre, ces cafouillages surmédiatisés, alliés à une communication élyséenne aussi mensongère qu’éhontée à la sortie du G20, se sont traduits, après l’euphorie engendrée par la primaire citoyenne, par un tassement significatif de François Hollande dans les intentions de vote. Un tassement pourtant normal et prévisible tant les niveaux atteints par le candidat du PS étaient en décalage avec la réalité sociopolitique du pays.

 Bien que relatif (Hollande l’emporte toujours de manière très nette sur Sarkozy au 2e tour), ce recadrage a évidemment donné du grain à moudre à une majorité en déshérence qui s’est prise à croire qu’en dépit de son bilan calamiteux, une réélection de son champion restait possible en 2012. D’où les coups portés par les porte-flingues de l’UMP en direction de François Hollande. Or, c’est précisément dans ces difficultés que réside cette deuxième chance du candidat socialiste : trop haut trop longtemps dans les sondages, il eût risqué de baisser sa garde au moment d’aborder la bataille décisive ; de même, l’incertitude d’une négociation à venir avec EELV eût-elle fait peser, dans le contexte nucléaire actuel, une menace sur la cohésion de la gauche à un moment clairement inopportun.

 L’accord avec EELV étant signé, et le candidat du PS étant par ailleurs ramené à des projections électorales plus en rapport avec le paysage politique français, François Hollande voit désormais sa campagne se dessiner sur des bases assainies. Ce qui ne veut évidemment pas dire qu’il s’agira d’une promenade de santé, bien au contraire. Mais comme l’a écrit Saint-Exupéry : « L’homme se découvre lorsqu’il se mesure à la difficulté ». Souhaitons pour la gauche que Hollande ne se découvre pas seulement lui-même, mais qu’il fasse découvrir à la nation qu’il a, comme tout porte à le croire en dépit d’une apparence débonnaire, le tempérament d’un battant et, au delà, d’un vainqueur. Soyons sûrs qu’il s’y prépare. Qui plus est, il y est aidé par Jean-Luc Mélenchon avec son « capitaine de pédalo », et par Eva Joly avec son « bois dont on fait les marionnettes » : en se livrant à des attaques outrancières contre le candidat socialiste, ces deux là, et surtout la candidate d’EELV, viennent lui prêter main forte en se coupant d’une partie importante de leurs électeurs potentiels dont la priorité est pourtant connue sans la moindre ambiguïté : battre Sarkozy, et par conséquent ne rien faire qui soit de nature à hypothéquer une victoire de la gauche en 2012.

 Précisément, la troisième chance de François Hollande se nomme... Nicolas Sarkozy. Eu égard à son comportement consternant, à ses innombrables mensonges, et à la désastreuse politique antisociale qu’il a menée depuis son accession à la présidence, le sortant continue de cristalliser le rejet d’une large majorité de Français. Même dans son propre camp, des pans entiers de l’électorat UMP de 2007 font durablement défaut, notamment chez les personnes âgées, les catholiques modérés et les héritiers du gaullisme social. Nicolas Sarkozy devra donc tenter de reconquérir les électeurs qui lui ont tourné le dos, soit pour se repositionner au centre, voire en soutien de François Hollande, soit pour se rallier à la crinière blonde de Marine Le Pen. Un défi qui risque d’être particulièrement ardu : brosser les frontistes dans le sens du poil par des mesures radicales, c’est évidemment se couper du centre-droit : quant à donner des gages trop visibles aux centristes, c’est à coup sûr interdire tout retour des néo-frontistes dans le giron de l’UMP.

 Il va de soi que rien n’est joué, et de nombreux évènements sociaux ou économiques peuvent encore influer sur le cours d’une campagne qui n’a pas encore réellement démarré. Mais François Hollande dispose d’un solide capital. Á lui de ne pas gaspiller ses chances par des initiatives intempestives ou des fautes rédhibitoires. Mais comme dit le proverbe avec sagesse : « Chat échaudé craint l’eau froide ! ». Gageons que la séquence qu’il vient de vivre permettra au candidat socialiste de resserrer les boulons dans sa propre équipe et de procéder aux indispensables réglages que nécessite une machine de guerre. Car c’est bien de cela qu’il s’agira : une guerre sans cadavre, certes, mais une guerre quand même. La preuve : les snipers de l’UMP sont déjà prêts !


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148 réactions à cet article    


  • impertinent3 impertinent3 24 novembre 2011 10:13

    En ce qui concerne sa troisième chance, il faut aussi rajouter une chose à propos de Sarko.

    Giscard n’a pas été réélu parce que sa politique était impopulaire et, aussi, mais de façon relativement accessoire, de l’affaire des diamants.
    Mais si la politique giscardienne était impopulaire, la personne de Giscard n’était pas spécialement aimée, mais pas détestée non plus.

    Par contre, Sarko soit faire face à des affaires (malheureusement souvent étouffées) infiniment plus graves que les diamants de Giscard.
    En plus, et c’est une première dans la Vem république, la personne même de Sarko est détestée, voire haïe, par passablement de gens.
    Une majorité de personnes ne supportent plus sa vulgarité grasse, sa totale inculture (voire les fautes d’orthographe du communiqué à propos de la mort de D. Mitterrand), son culte du fric, sa névrose, ses tics, etc.

    Le rejet est à un tel point qu’il rend sympathique le FN et Marine.


    • Fergus Fergus 24 novembre 2011 10:28

      Bonjour, Impertinent3.

      Vous avez entièrement raison de souligner ces deux points.

      Mais autant la détestation de Sarkozy peut jouer un rôle majeur dans le scrutin, autant les affaires ne peuvent, sauf coup de théâtre spectaculaire, influer que de manière marginale tant les Français se montrent falalistes en la matière, voire indifférent, d’où la réélection de nombre de sortants pourtant condamnés par la justice. Qui plus est, tout est fait, au niveau de la Chancellerie, pour bloquer ou retarder toutes les investigations. Disons que sur ce dernier point, je suis assez pessimiste...


    • SALOMON2345 24 novembre 2011 17:09

      Impertinent3

      Vous êtes OK et, arrêter tout ce qui se fait depuis 2007 (2002 en fait) n’est pas pratiquer de l’anti sarkozysme primaire - comme aime à se victimiser la droite (ni gaulliste - où sont-ils - ni démocrate chrétienne) - mais bien de faire renaître et revivre une LIBERATION !

      En plus des défauts évoqués parmi une liste encore inachevée, apparaît - l’homme qui emprunte les stylos Mont Blanc (qui va bien avec la Rolex) - celui qui osa sans gêne ni honte vouloir installer tel Kadhafi, son « surdiplômé » de fiston en haut des tours de la Défense. Audace népotique pire qu’une erreur qui fut une faute GRAVE, aussi grave que lorsqu’il offrit une Carte Bleue « République Française », tirée sur l’Elysée dont Cécilia se servit pour faire quelques courses dans le Faubourg St Honoré, avant qu’un haut fonctionnaire, effaré, ne vienne mettre fin à cette horreur de comportement anti-républicain, digne des pires monarchies en fin de règne !
      C’est à l’aune des actes de cette nature que toute la mesure du personnage apparaît et effectivement si Giscard ne fut pas aimé, il ne suscita jamais une haine de cette importance (hors de France également) au risque de détruire à ce point son image !...

      Les Français, contraints, « accepteraient » peut-être d’être un peu fauchés mais pas avec ces pieds nickelés au gouvernail dont les billets débordent des poches et s’envolent sans compter, sans même pas laisser espérer quelque « brioche ».
      Même si la gauche est parfois critiquable, y a pas photo ! Jamais, sous Jospin, l’atmosphère ne fut autant irrespirable qu’aujourd’hui, jamais une telle ambiance ni désunion populaire ne fut aussi présente  !

      « Avec les dents » qu’il irait le chercher, ce point de croissance, hâbleur comme d’habitude ! Mais c’est plus de 500 milliards qu’il a claqué en 4 ans (Cour des comptes), avec 13 remaniements de gouvernement, tel un pilote qui navigue à la godille ou au doigt mouillé et qui va, sans vergogne, s’évertuer dans les prochaines semaines, à traquer chaque paroles prononcées par la gauche puis, remontant sur son tas de fumier, va continuer - tous frais payés - à faire le coq et dénigrer toute opposition et ainsi se poser en sauveur de la France, de l’Europe (tous ces rdvs avec Merkel n’étant qu’esbroufes)...et du MONDE !!!

      Non, franchement, il nous faut respirer car la liste est longue...très très longue... de ce qui nous étouffe... mais plus que pour quelques mois encore !


    • Fergus Fergus 24 novembre 2011 17:55

      Bonjour, Salomon.

      Merci pour ce coup de gueule justifié et cette énumération de quelques-unes des dérives les plus aberrantes du Matamore élyséen. Comme vous l’avez souligné avec pertinence, « jamais sous un gouvernement de gauche l’atmosphère n’a été aussi irrespirable ».

      Cela dit sans même évoquer les résultats désastreux de Sarkozy, et sa calamiteuse fuite en avant en matière de finances publiques, principalement destinée à alimenter les cadeaux fiscaux aux amis du pouvoir UMP. Rappelons que Jospin avait, durant son passage à Matignon, stoppé l’infernale croissance de la dette et équilibré les comptes de la Sécu
       
      Sarkozy est un danger majeur pour le pays, et tel un virus pernicieux il doit être éradiqué du corps de l’Etat !


    • MAIS NON

      SA SEULE CHANCE DE PASSER PROMETTRE LE POSTE DE PREMIER MONISTRE A MELENCHON... (et on revient au prgramme commun comme en 81...) on PASSE...

      ou MONTEBOURG MINISTRE DU TRAVAIL ET SANTé OU L’ INVERSE.....

      ET...ET SEGO A LA FAMILLE ...EDUCATION....EVA JOLY A.LA JUSTICE ( la on pourra envoyer la moitié des élus corrompus ump+dsk au bagne de CAYENNE....)

      ILS ONT FAIT L ’ENA OU POLYTECHNIQUE...MAIS SONT NULS POUR S’ ALLIER....TROP INDIVIDUALISTES CETTE NOUVELLE GENERATION ????????????


    • caramico 25 novembre 2011 13:21

      Pour abonder dans votre sens, battre Sarkozy n’est pas une fin en soi, arrêtez de nous ballader de Charybde en Scylla, avec une hydre à deux têtes dont la deuxième, celle de gauche, a moins de dents pour déchiqueter le peuple, mais n’en reste pas moins, à l’image des Zapatero, Blair, Papandreou, et j’en oublie, sauveurs déboulonnés depuis, une chimère qu’on appelle démocratie mais qui n’est qu’un parti unique bicéphale.


    • Fergus Fergus 25 novembre 2011 15:10

      Bonjour, Tous ensemble.

      Le problème, c’est que cela ne fonctionne pas ainsi. D’une part les Français détestent que l’on se partage les postes avant d’avoir gagné une élection. D’autre part, annoncer un tel arrangement donnerait des armes à la droite et aux médias amis de l’actuel pouvoir.


    • Fergus Fergus 25 novembre 2011 15:20

      Bonjour, Caramico.

      Je ne supporte pas ce discours de « Charybde et Scylla » ou « Blanc bonnet et bonnet blanc ». Vous savez très bien que c’est faux, et il suffit pour s’en convaincre de comparer le bilan de Jospin avec celui des gouvernements de droite qui l’ont précédé et suivi. Quant au calamiteux bilan de Sarkozy, n’en parlons même pas !

      Désolé, moi aussi je considère que les socialistes sont très en dessous de ce que l’on pourrait attendre d’un véritable parti de gauche, et moi aussi je ne cesse de pester contre leurs insuffisances. Et ce n’est pas un hasard si, depuis des décennies, j’ai toujours voté au 1er tour pour une gauche plus radicale.

      Mais que fait-on lorsque cette gauche radicale est éliminée du jeu pour le 2e tour ? On reste au bord du chemin en huant les socialistes ? Ou bien l’on vote à regrets pour eux parce qu’ils ne reste plus que cette solution pour éviter le pire : une droite RPR ou UMP au pouvoir, avec pour mission de casser le plus rapidement possible les services publics et les acquis sociaux des travailleurs ?

      Personnellement, j’ai toujours choisi cette seconde voie et je continuerai, en espérant qu’un jour les Français seront suffisamment lucides pour porter au pouvoir des élus qui défendent réellement les intérêts des travailleurs...


    • Jean 24 novembre 2011 10:36

      En finir avec les partis donc les lobbies, les (fausses) luttes de la caste politique dont le citoyen a « soupé ». Ras le bol du "grenouillage de cette caste.

      Il faut en finir par la démocratie, et non un ersatz.

      La révolution a commencé en 1789, elle finira en 20..

      En finir avec les lobbies banquiers, pharmaceutiques, ..., medef, plus de prises pour eux sur les assemblées, plus de pouvoir personnel, de corruption (pas le temps, etc.)

      Depuis des siècles, nous sommes conditionnés à être dominés par des rois, pouvoirs personnels, ...

      On se fait croire à nous-mêmes qu’ il n’ y a pas d’ autres solutions (encouragés par l’ oligarchie et les obscurantismes religieux qui font bon ménage), des exemples contraires existent de plus en plus (démocraties même partielles) dans le monde, même si encore rares.

      Re : Il faut en finir par la démocratie, et non un ersatz.

      http://www.democratiedirecte.fr/

      http://www.dailymotion.com/video/xl...

      http://www.dailymotion.com/video/xi...


      Un parti sans étiquette
      pourrait rafler les voix des abstentionnistes, déçus etc.
      (y a du monde) ; un président alors élu est chef de la police et des armées, en outre il peut dissoudre les assemblées, donc bousculer l’ oligarchie et instaurer une nouvelle constitution, à la Suisse (même en mieux).

      On peut imaginer dans les petits bourgs, un conseil municipal sans élus, mais constitués des citoyens eux-mêmes, le maire est élu pour un court mandat en tant qu’ exécutant, et contrôlé.

      Les grandes villes ...un conseil de « tirés au sort », un maire élu (court mandat et non renouvelable ? ou une fois) exécutant et contrôlé.

      Idem au niveau de l’ Etat, un président élu (court mandat non renouvelable) exécutant des décisions d’ une constituante de "tirés au sort", aidé de ministres, et aux pouvoirs limités (par ex. urgence militaire avec compte à rendre), et très contrôlé.

      Bien étudier les thèses (liens) qui font leur chemin.

      Et les bienfaits de la démocratie, en perspective : les « jeunes » participent à la vie de la cité au lieu de brûler des voitures, parité homme/femme assurée (en moyenne par le tirage au sort), les luttes de classe disparaissent (ne reste que des sollicitations à la constituante), ...

      Manifestement un nouveau parti sans étiquette à voir...http://www.lepf.fr/


      • Fergus Fergus 24 novembre 2011 10:47

        Bonjour, Jean.

        Globalement d’accord avec vous. Mais nous devons tenir compte de la sociologie et de la culture politique de notre pays. Et force est de constater que le peuple français n’est pas mûr pour changer les régles, en tous les cas pas pour les échéances de 2012.

        C’est par conséquent au terme d’un long travail, à la fois sur le terrain et sur le net, que de tels changements pourront intervenir. Et il faudra des moteurs. Mais l’idée est excellente et mérite que l’on se batte pour elle.


      • Jean 24 novembre 2011 11:34

        Merci mais je pense que « tout va ensemble » : il faut énormément de pédagogie, mais il faudra bien aussi se lancer, et le peuple se mûrira en même temps.


      • wesson wesson 24 novembre 2011 10:41

        Bonjour Fergus,
        comme je le remarquait hier sous un autre article, je crois que l’élection du président est finalement assez secondaire.

        Et pour moi le super pessimiste, je doit reconnaitre que ce qu’a fait voter hier le sénat me fait entrevoir un réel espoir. Dans la loi de programmation Financière de 2012, le sénat a purement et simplement annulé pratiquement toutes les dispositions antisociales du quinquennat Sarkozy. Exit la TEPA, re-bonjour l’ISF, une nouvelle tranche d’imposition à 45%, etc etc... Ils ont dégagé pas moins de 30 milliards de recettes fiscales supplémentaires, sans toucher au moindre acquis social, au contraire, ils en restaurent un qui venait d’être supprimé (la non fiscalisation des indemnités pour maladie).

        Bref, le sénat déplace le centre d’intérêt politique de la présidentielle aux législatives. Si la droite tient à ses mesures, à toutes les exonérations fiscales faites aux plus riches, à ne pas taxer les transactions financières etc etc, la chambre des députés devra revoter tous ces trucs qui aggravent le déficit et font hurler les salariés, tout cela en pleine campagne électorale. Un boulevard pour se retrouver avec un vote à gauche historique à l’assemblée nationale.

        Dans ce contexte là (sénat + assemblée à gauche et qui légifèrent en temps que tel), qu’importe le président qui soit élu !

        C’est pourquoi je serai raisonnablement optimiste, quelque soit le nom du futur président.


        • Fergus Fergus 24 novembre 2011 10:53

          Salut, Wesson.

          D’accord avec toi, et cela d’autant plus que la monarchie absolue version sarkozyste aura sans doute péri avec son promoteur en 2012 si la gauche l’emporte. Nul dout à cet égard que le pouvoir sera plus collégial et le rôle du Premier ministre rétabli. Dans ces conditions, le nom du président importe finalement peu, pourvu qu’il soit de gauche et débarrasse le pays de son calamiteux chef d’état actuel.

          Quant à la bascule à gauche du Sénat, c’est effectivement une évènement de première grandeur, et les dispositions qu’il vient de voter sont réellement un espoir pour le pays que les choses puissent évoluer notablement vers plus de justice sociale et fiscale.

          Bonne journée.


        • Gérard Menvussa 28 novembre 2011 09:48

          Bonjour Wesson & Fergus,


          J’avais déjà souligné l’importance des législatives, totalement occultées par la présidentielle. La gauche a (largement) remporté TOUTES les élections locales depuis 5 ans, sans exception. Malgré le redécoupage des circonscriptions par l’UMP, rien ne devrait empêcher le scénario de se reproduire.

          Et je suis également heureux de voir comment le sénat préfigure l’alternance qui se prépare, avec une France qui retrouvera enfin sa dignité et qui renouera avec son héritage social.

          Cerise sur le gâteau, Sarkozy a sauté à pieds joints dans le piège tendu par le PS (preuve au passage qu’Aubry est une excellente tacticienne de campagne) sur le droite de vote des étrangers. Il tente comme c’était prévisible de nous refaire cramer une banlieue (cf Tarterêts), sauf qu’il faudra bien, du coup, s’expliquer sur son bilan sécuritaire, le Roi « Karcher » est finalement devenu un petit garçon avec un pistolet à eau. Il relance la machine médiatique (n’avez-vous pas remarqué la prégnance des thèmes sécuritaires dans les médias mainstream ces derniers jours ?), sans comprendre qu’un FN à 20% signifie son éviction dès le 1er tour, car l’électorat de gauche qui s’était fait avoir il y a 5 ans ne fera pas la même connerie 2 fois. De plus, une part non-négligeable des anti-sarkozystes les plus durs sont au FN.

          Et une fois cette immonde parenthèse de notre histoire refermée, même si je ne me fais pas d’illusions, on pourra enfin mettre un terme au populisme habituel du « tous pourris, tous pareil », tant il sera aisé de faire mieux dans tous les domaines.

          Ma vraie crainte, c’est cette politique de terre brûlée menée par l’UMP, qui va laisser le pays dans un tel état de délabrement que nous aurons des surprises rapidement après un petit audit des comptes publics. D’ici à ce que Hollande ne devienne notre Obama, il n’y a qu’un pas.


          Heureusement, 5 ans c’est à peine assez long pour laisser le temps à l’immonde Copé et à l’ignoble Sarkozy de se bouffer entre eux, et avec un peu de chance le candidat UMP de 2017 sera Fillon (mais là, ce que je raconte est du niveau de Mme Irma ^^).

          Bref, rien n’est fini, tout commence...

        • Fergus Fergus 28 novembre 2011 13:28

          Bonjour, Gérard.

          Vous avez raison de le souligner : la gauche, si elle gagne les élections de 2012, trouvera le pays dans un état lamentable après une décennie d’errements et surtout le catastrophique quinquennat de Sarkozy, tout à la fois calamiteux sur le plan économique et destructeur sur le plan de la cohésion sociale. Mais il semble que l’alternance soit sur les rails, si toutefois aucune faute rédhitbioire n’est commise par la candidat Hollande.

          Que Sarkozy ait sauté à pieds joints sur le vote des étrangers aux élections locales semble effectivement une erreur d’appréciation de sa part, et cela d’autant plus qu’un sondage montre aujourd’hui que 61 % des Français sont favorables à ce vote. Mais il faut se méfier des apparences : en combattant cette proposition, ce n’est pas les Français en général que Sarkozy veut flatter, mais les personnes âgées ou les sympathisants frontistes qui se sont détournés de lui. Peu de chance toutefois qu’il parvienne à en tirer profit, surtout quand on entend Guéant agiter le spectre de maires étrangers ce qui est en contradiction avec la proposition socialiste.

          Quant aux législatives, si Hollande gagne, elles donneront à l’Assemblée nationale une forte majorité d’élus de gauche, synonyme après la victoire au Sénat d’une chance historique pour la gauche de moderniser la Constitution dans le sens de l’efficacité et de justice sociale. Croisons les doigts pour vivre cela, et surtout pour que la gauche socialiste comprenne qu’elle doit impérativement se remettre au service de son électorat naturel des classes populaires et moyennes.

          Cordialement.


        • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 11:36

          Salut Fergus.

          Bien vrai, la chance de Hollande c’est d’avoir été opposé au pire président de l’histoire. Selon moi l’affaire est même déjà pliée. L’affreux président des riches se rendra chez ses juges plus tôt que prévu.

           smiley


          • Fergus Fergus 24 novembre 2011 12:11

            Salut, Peachy.

            Oui, la vraie chance de Hollande est là, mais je suis loin de croire que tout est plié tant l’UMP, les pouvoirs publics et les médias aux ordres mettront tout en oeuvre pour l’emporter.

            Néanmoins la chance est bien réelle. Encore faut-il, d’une part que Hollande recadre tout le monde en faisant preuve d’autorité, et d’autre part que cessent les attaques ad hominem imbéciles des candidats de gauche. Joly mise sous cloche, cela vaut surtout pour Mélenchon. L’adversaire est avant tout Sarkozy et Mélenchon doit concentrer ses « bons mots » sur lui, ce qui n’empêche pas de mettre en avant les différences du Front de Gauche avec le PS, mais sans les dérapages du genre « pédalo ».

            Mélenchon aurait d’ailleurs tort de croire que ce genre d’attaque est de nature à lui apporter des voix : en s’exprimant ainsi, il ravit les militants, mais il inquiète également les sympathisants dont le vote n’est pas encore acquis ; au risque de les faire fuir vers ce « vote utile » qui est précisément la hantise de Mélenchon. D’ores et déjà, j’ai constaté ce risque autour de moi et je m’en désole, moi qui suis toujours décidé, à ce jour, à voter Front de Gauche au 1er tour de la présidentielle.

            Bonne journée.


          • wesson wesson 24 novembre 2011 12:40


            « cela vaut surtout pour Mélenchon. L’adversaire est avant tout Sarkozy et Mélenchon doit concentrer ses »bons mots« sur lui, »

            Je croit que le « bon mot » de Mélenchon était une manière certe bourrue d’éperonner Hollande, ce à quoi je souscrit tout à fait. Mélenchon croit probablement comme Peachy - que je salue - que l’affaire est pliée pour Sarko, et donc se livre à une critique de la « mollesse » du programme PS.

            Et à mon sens, il a bien raison : lorsque je voit que l’on se préoccupe du « vote utile » depuis plus de 1 an sans parler du programme. Une fois les primaires passées, personne n’aurait remarqué que les engagements ont fondu, et que on nous promet en gros la même politique d’économies et d’austérité que la droite ... Le retour à la retraite à 60 ans, personne n’en parle plus, et les fameux 60000 fonctionnaires, plutôt que de les assumer comme étant plus utile que 30000 places de prison pour le même prix, les leaders socialistes passent leur temps à dire que finalement c’est peut-être une bêtise. Ensuite il y a pratiquement le même langage que la droite concernant la réduction du déficit et les économies à réaliser, etc etc.

            Pour ma part, et n’ayant jamais caché mes sympathies pour le programme du front de gauche, je ne voit à ce jour que des différences de pure forme entre ce qu’il reste du programme du PS, et ce que fait l’UMP à l’heure actuelle. Ne faisant pas d’antisarkozisme primaire, je ne voit pas de problème à ce qu’il reste à son poste si la seule alternative c’est la même chose, mais incarné par un personnage moins vulgaire.

            Pour le dire plus directement, le « vote utile » n’est pas un argument qui me fera pas voter pour Hollande au premier tour !


          • Fergus Fergus 24 novembre 2011 13:34

            @ Wesson.

            On ne peut pas dire et écrire que Hollande serait une sorte de clone moins vulgaire de Sarkozy, et tous ceux qui affirment que c’est « bonnet blanc, blanc bonnet » ou même, pour être moins négatif, « bonnet blanc, beige bonnet », font le jeu de la droite au pouvoir en démobilisant tous ceux qui craignent d’aller vers le Front de Gauche, trop radical pour une partie du « peuple de gauche ».

            On peut en effet penser qu’au moins sur le plan de la fiscalité et sur celui de la sauvegarde des services publics, Hollande et ses amis, s’ils sont élus, se démarqueront très nettement de la politique de Sarkozy.


          • Verdi Verdi 24 novembre 2011 16:56

            …………….Bonsoir Fergus,

             et Peachy

            Fergus, je partage globalement votre analyse. Je suis notamment d’accord avec vous lorsque vous voyez à François Hollande un capital indiscutable pour l’emporter.

            Les péripéties avec ses partenaires sont à ranger dans le jeu naturel du positionnement d’avant élection majeure. Et s’il en est une qui compte, et dont dépend grandement la notoriété et l’influence d’un parti (regardez les gesticulations de Boutin ou de Morin), c’est bien la présidentielle. Elle rythme autant la vie des partis que celle de l’Etat !

            Là où vous me permettrez deux bémols, c’est, d’une part, que François Hollande doit comprendre qu’il gagnera d’abord à gauche -d’où l’importance de ne pas renier certains engagements, retraite à 60 ans, en particulier.

            D’autre part, il doit être en mesure de neutraliser les couards et les poltrons (les purs produits de la télécon) qui ont assuré la victoire du fou en 2007. Ceux-là sont encore là et en nombre. Les sondages manipulés auront un effet direct sur ces cervelles de poule ! Sarkozy le sait parfaitement.

            Pour moi, le danger d’une réélection de ce psychopathe demeure. Il va de soi que Hollande a et aura mon soutien, au second tour, s’il ne se fourvoie pas dans une impasse centriste, qui le ferait revenir à un copier-coller de la politique sarkozyste. 

            J’espère bien que Mélenchon, qui a ma faveur au premier tour, en compétition avec Eva Joly, servira d’aiguillon à ce « bon » François !

            Cordialement,

            ...............................


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 17:11

            Salut Verdi.

            « ...il doit être en mesure de neutraliser les couards et les poltrons (les purs produits de la télécon) qui ont assuré la victoire du fou en 2007. »

            J’adore. +1

             smiley


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 17:14

            Salut Wesson.

            Selon moi le vote utile existe. Il consiste à virer Joe Dalton de l’Elysée.


          • wesson wesson 24 novembre 2011 17:28

            « Selon moi le vote utile existe. Il consiste à virer Joe Dalton de l’Elysée. »

            ça, je vais pas cacher ma joie si ça arrive !

            ça sera une très bonne chose de faite, mais pas essentielle. C’est tout mon propos.

            PS : J’ai bien rigolé ce matin sur France Inter lorsque Poutou (NPA) a été interrogé par Pascale Clark pour lui demander si il appelle à voter Hollande au second tour. Réponse (de mémoire) :

            « Pour faire dégager celui qui est à l’Élysée, sans aucun doute ... »

            Et le plus interessant en fait, c’est la réaction de la salle (Inter était en public à Bordeaux) : rire d’abord, puis applaudissement nourris ensuite !

            M’est avis que Juppé, si il écoutait France Inter ce matin, ne devait pas être trop triste ...


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 17:39

            « Et le plus interessant en fait, c’est la réaction de la salle (Inter était en public à Bordeaux) : rire d’abord, puis applaudissement nourris ensuite ! »

            Oui, ce n’est pas étonnant. La détestation de l’autre affreux est tellement partagée dans le pays que je m’en amuse parfois. Je l’avoue, j’ai un un petit jeu qui consiste à prononcer son nom dans un lieu public. Poilade assurée, effet garanti.

             smiley


          • Fergus Fergus 24 novembre 2011 17:45

            Bonjour, Verdi.

            Je souhaite que le positionnement de Hollande soit clairement à gauche, au moins sur les questions sociales et fiscales. Pour autant, il ne peut se permettre de mettre la barre à gauche toute sur des positions mélenchonistes car alors il se couperait d’un électorat plus centriste dont il aura impérativemenbt besoin pour gagner en 2012. N’oublions surtout pas la sociologie : en France, la gauche est globalement minoritaire. On peut, comme moi, le regretter, mais on doit pourtant en tenir compte.

            Espérons que Hollande saura trouver le bon positionnement, celui qui lui permettra de rassembler le plus grand nombre de nos concitoyens. Et une fois élu, s’il l’est, souhaitons qu’il se donne les moyens économiques et politiques de ramener au sein des forces de gauche les pans entiers d’ouvriers et d’employés qui s’en sont détournés.

            Cordialement.

            @ Wessson.

            Le plus drôle concernant Poutou est que Juppé, s’il nétait pas encore dans la salle à ce moment, était dans les coulisses car c’est lui qui était interviewé 25 minutes plus tard.


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 17:49

            Sinon, plus tordu, il faut prendre de vive voix sa défense en disant n’importe quoi. Par exemple, dans une boulangerie où le prix de la baguette vient encore d’augmenter, il convient de s’écrier « le Président Sarkozy a promis d’arranger tout ça ! »

            Entre ceux qui éclatent de rire et les autres qui l’insultent tu peux partir le moral gonflé.


          • Fergus Fergus 24 novembre 2011 17:58

            @ Peachy.

            Le fait est que cela fonctionne très bien : le seul nom de Sarkozy suscite soit les insultes soit l’hilarité. On comprend mieux qu’il n’aborde que des Français triés sur le volet, le tout sous la protection de la police, de l’armée, de la marine réunies !


          • wesson wesson 24 novembre 2011 18:43

            "On comprend mieux qu’il n’aborde que des Français triés sur le volet, le tout sous la protection de la police, de l’armée, de la marine réunies !"

            Tu crois pas si bien dire : Ce mardi, notre immense président était au CNES, soit à environ 1 Km à vol d’oiseau de là ou je bosse. Quand je suis arrivé, il fallait vraiment faire gaffe là où on mettait les pieds, de peur d’écraser un CRS !

            il y en avait partout : au moins 4 à chaque embranchement de ronds point - soit 12-16 poulets par rond point, une dizaine sur chaque pont qui enjambait la rocade, quelques uns à coté des radars automatiques prêt à les recouvrir d’un sac poubelle lors du passage du convoi, et même sur le canal du midi : à tout les coup ils ont dû y dépêcher un sous-marin nucléaire, des fois qu’une horde de terroristes de l’ultra-gauche aient voulu partir à l’abordage de notre président en tenu de plongée !

            Et j’ai même pu vérifier que sans invitation, ben tu ne pouvait pas t’approcher à plus de 800 M de la sauterie. Je te dit pas comment ils étaient tous sur les nerfs - il leur fout une pétoche d’enfer à nos pandores, notre considérable !

            Heureusement que la télé est là, capable de te faire passer 3 pelés et 2 tondus pour une foule en délire, tout en évitant de filmer les volailles en batterie !


          • Fergus Fergus 24 novembre 2011 18:54

            Bonjour, Sabine.

            Mélenchon et le Front de Gauche doivent évidemment se différencier de Hollande et du PS s’ils veulent réussir un bon score et tenter de se qualifier pour le 2e tour. Rien à dire là dessus, bien au contraire, mais ce qui est insupportable et qui est critiqué à juste titre par les sympathisants de cette gauche à laquelle j’appartiens, ce sont les attaques ad hominem contre le candidat socialiste car elles profitent essentiellement à Sarkozy. Dans un même camp, malgré les différences, on ne tient pas des propos blessants, insultants oui dévalorisants, le débnt doit se faire sur les idées et elles seules.

            Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, la sociologie ne plaide pas du tout en faveur d’une présence du Front de Gauche au 2e tour, et c’est pourquoi il est primordial de ne rien faire ni dire qui soit de nature à rendre les reports de voix plus difficiles sur le candidat du PS.

            Cordialement.


          • bigglop bigglop 24 novembre 2011 18:58

            Bonjour Fergus,
            Je lis avec toujours autant d’intérêt et de sympathie vos billets et commentaires.
            Quelques bémols cependant :

            Son équipe de campagne : je ne sais pas trop qui est candidat, l’appareil du PS ou lui, entouré qu’il est par des « strauss-kahniens » et l’aile droite en la personne de Manuel Valls donc un ancrage plutôt social-démocrate pouvant aller jusqu’aux « gaullistes-sociaux ».

            Le programme économique, social,... :
            Il n’y a, à aucun moment, de remise en cause formelle, à part les incantations des primaires, du capitalisme financier ultra-libéral qui fait des ravages.
            Je serais très intéressé de l’entendre s’exprimer dans le détail sur la gestion franco-européenne de la crise économique et financière et les solutions pratiques qu’il souhaite mettre en oeuvre (séparation des activités bancaires, aide aux banques, rôle de la BCE, sur l’Euro). Il est mal parti, car dans la négociation (trop précoce, à mon avis) avec EELV, est apparue l’influence politique déterminante du lobby nucléaire (peut-être pilotée par Sarkozy et ses affidés).
            A partir de là, on peut craindre que d’autres lobbies, notamment financiers, français et européens puissent influencer ses décisions politiques.

            Ces deux derniers jours des décisions pour « défendre l’Euro » ont été prises et sont lourdes de conséquences pour les citoyens européens, car elles s’appuient sur une « croyance quasi-mystique » de l’Euro, seul sauveur de l’Union Européenne qui va nous conduire à la catastrophe.
            Hier, le FMI a décidé de mettre en place des « lignes de précautions et de liquidités » afin de couvrir des besoins financiers urgents grâce à des prêts de six mois à deux ans ne faisant que retarder l’échéance de quelques mois.
            Aujourd’hui, Sarkozy a baissé son froc (et son pavillon) devant Merkel et Monti en acceptant une profonde modification notamment du Traité de Lisbonne et a renoncé à sa position d’un changement des statuts de la BCE pour qu’elle puisse monétiser la dette européenne.

            Mais cette modification du traité se fera en dehors de tout cadre référendaire européen, en utilisant l’article 48 du TFUE (Traité de Fonctionnement de l’Union Europe Européenne).
            Ce procédé avait déjà été utilisé le 16/12/2010 par le président du Conseil Européen, Herman Von Rompuy pour l’accord du 11/03/2011 de l’instauration d’un mécanisme permanent, le FESF et le MES.

            Si vous voulez vous faire « enfler », surtout ne bougez pas.

            Je suis curieux d’entendre la position de Hollande et des autres candidats sur cette décision d’aller vers une Europe Fédérale, avec un contrôle budgétaire des états par des « experts » venant de Bilderberg, la Trilatétérale, de Goldman-Sachs.

            Quelques liens :
            Art 48 TFUE : http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canisme_europ%C3%A9en_de_stabilit%C3%A9
            Blog Paul Jorion : http://www.pauljorion.com/blog/?p=31242#more-31242
             http://www.pauljorion.com/blog/?p=31288#more-31288
            Ces articles sont à consommer sans modération


          • Fergus Fergus 24 novembre 2011 19:48

            Bonjour, Bigglop.

            Merci pour vos commentaires et vos liens.

            En réalité, on ne sait encore pas trop quel sera le programme du candidat Hollande, de même qu’on ne sait rien de celui de Sarkozy. Pour ce qui est du candidat du PS, réponse en janvier ; en attendant, gardons nous de tout procès d’intention et laissons-lui le temps de bâtir ce programme.

            Pour ce qui est de son équipe, il est vrai qu’elle comporte des strauss-kahniens ou des libéraux façon Valls. Mais là aussi, il est trop tôt pour en déduire quoi que ce soit. N’oublions pas que jamais un candidat socialiste n’a été connu à une date aussi éloignée de la présidentielle. Quoi qu’il en soit, et compte tenu des enjeux (une nouvelle défaite serait cataclysmique) je ne doute pas que tous les caciques se rallieront à la ligne choisie par le candidat. A suivre par conséquent, et avec intérêt...

            Cordialement.


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 20:43

            @ Wesson, Fergus.

            A propos du délire sécuritaire qui entoure les déplacements de Joe Dalton je vous invite à relire mon article sur son déplacement ahurissant en Bretagne, en mai dernier. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/delire-securitaire-pour-la-93597

            « Dès l’aube, la localité de Port-Louis, paisible bourg de 3071 âmes, était investie puis bouclée par une armée de 800 policiers et militaires accompagnée de trois compagnies de CRS, tout ce joli monde étant soutenu par un appui aérien composé de deux hélicoptères de la gendarmerie maritime.
            (...)
            Un périmètre de sécurité de plusieurs kilomètres interdisait l’accès au mémorial et, comme on est jamais trop prudent, deux navires de guerre de la marine nationale mouillaient à proximité.
             »


          • Fergus Fergus 24 novembre 2011 22:39

            @ Sabine.

            Le problème avec des petites phrases comme celle de Mélenchon sur le « capitaine de pédalo », c’est qu’elles font les choux gras de la presse et du clan sarkozyste. Et le pire, c’est que l’on sait très bien qu’elles occultent totalement le reste du discours. Au final, Hollande est ridculisé, et les propositions de Mélenchon passent à la trappe dans des médias qui se polarisent sur cette seule petite phrase. Pas très productif, non ?
             
            Je TE souhaite une excellente nuit.


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 23:38

            Pareil que Fergus, avec une précision. Si Mélenchon, pour qui j’ai l’intention de voter au premier tour, continue de taper sur la gauche - celle qui va bientôt balayer l’autre enculé à talonnettes - alors je choisirai Hollande dès le premier tour.


          • bigglop bigglop 25 novembre 2011 00:59

            Fergus,
            Le sens de mon commentaire est que l’on assiste entre les candidats à un débat franco-français qui occulte, d’une certaine façon, tous les évènements qui se passent, aujourd’hui en Europe et dans le monde.
            Personne ne parle du prochain vote (avant le 31 décembre 2011) de nos parlementaires sur les modifications législatives concernant le MES et mesures l’accompagnant.
            L’activation du MES devrait avoir lieu au cours du premier semestre 2012 et non en juin 2013 comme prévu.
            En conséquence, nous irons voter pour des prunes (quelque soit le candidat élu) sans possibilité de revenir sur ce dispositif, avec l’abandon de la souveraineté restante des états de la zone euro (et de ceux qui vont y rentrer fin 2012)

            J’ai l’impression de parler à un mur, à des gens qui voient la catastrophe arriver et qui sont paralysés par son espèce de « beauté » assassine.

            C’est vraiment déprimant


          • Fergus Fergus 25 novembre 2011 18:41

            @ Sabine.

            Nous voterons donc pour le même, au moins au au 1er tour. Mais je crois qu’il est important de se faire entendre sur le fond, c’est pourquoi il faut impérativement éradiquer les petites phrases qui font certes plaisir aux militants mais prennent ensuite le pas sur tout le reste.

            Très bonne soirée.


          • Mylène 24 novembre 2011 12:32
            L’Allemagne à son tour victime de la crise de la dette
            v’la qui va rabibocher l’aura de la citée interdite qui avait aussi relégué le mauvais bébé à l’Allemagne... Il va « encore » devoir expliquer comment le pays sauveur de L’Allemagne est à son tour victime mercredi de la crise de la dette... Aggravation de la défiance à l’égard de la zone euro, en dépit des efforts de Bruxelles pour relancer le débat sur les euro-obligations ou la gouvernance économique en Europe.... Mais le coquin contourne avec l’éternelle intox sur le vote étranger, qui en plus concerne évidemment, les citoyens de la zone euro, projet qu’il avait bien évidemment accepté en 2005 ... Ajoutons à cela le dernier scoop sur les valoches de feu Bongo (mais motus à ce sujet jusqu’à présent) , Bref il est cuit !
            http://www.elwatan.com/une/l-allemagne-a-son-tour-victime-de-la-crise-de-la-dette-23-11-2011-148409_108.php

            • Fergus Fergus 24 novembre 2011 13:11

              Bonjour, Mylène.

              J’aimerais croire, comme vous, que Sarkozy est cuit. Mais d’une part ce n’est pas joué (voir réponse à Peachy Carnehan), et d’autre part il n’y aurait rien de plus dangereux que de s’en convaincre car les attaques de la droite vont êtrre virulentes et dénuées de toute éthique. En faisant une métaphore footballistique, c’est exactement le type de danger qui menace une équipe qui mène très vite 3 à 0 avant de s’endormir, sûre de sa victoire, et de se révéler incapable d efaire face au retour de l’adversaire. C’est encore arrivé dernièrement en championnat de France : une équipe menant 3 à 0 à 20 minutes de la fin du match a été barttue 4 à 3 ! Or, en politique comme sn sport, il ne faut jamais vendre la peau de l’ours...

              Je crains que l’affaire Bongo ne fasse qu’un buzz sans danger pour Sarkozy. D’une part en raison du discrédit qui frappe très largement les hommes de pouvoir africains dans le genre de Bongo, et par conséquent leur parole. D’autre part du fait de l’assourdissant silence des grands médias sur le sujet. Cela dit, c’est quand même une pierre de plus dans le jardin de Sarkozy où dominent les odeurs nauséabondes.

              Le coup de l’opposition au vote des étrangers est à hurler de rire tant il est emblématique de la pêche aux voix des sympathisants frontistes. Le problème pour Sarkozy est qu’il se déjuge une fois de plus.


            • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 24 novembre 2011 17:21

              Salut Mylène.

              Oui, l’Allemagne, Bongo, les valises, etc. Le problème c’est que nos médias aux ordres consacrent leur « une » à l’accident d’ascenseur de cet après-midi (un mort, un blessé). Quand il s’agit d’épargner l’affreux ils ont le sens des priorités.

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