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Accueil du site > Actualités > Politique > Liberté, sécurité, lucidité - Les « valeurs de la droite » (2)

Liberté, sécurité, lucidité - Les « valeurs de la droite » (2)

Les primaires de la droite et du centre approchant à toute allure, je termine mon enquête sur les « valeurs de la droite », commencée dans un précédent article.

Liberté

Comme je l’ai dit dans mon précédent article, la gauche et la droite ont au moins un sujet de désaccord : la première est favorable à une diminution des inégalités économiques, sociales et politiques, alors que la seconde s’accommode très bien des inégalités existantes. Il y a mille manières de justifier ces inégalités. L’une des plus fréquentes consiste à dire qu’une politique égalitaire est nécessairement liberticide. Le but d’un gouvernement de gauche, en effet, serait d’empêcher les individus les plus intelligents, les plus courageux, les plus inventifs, de sortir du rang. Cela supposerait une surveillance bureaucratique constante de la société, et une répression de toutes les initiatives susceptibles de donner aux personnes les plus remarquables un quelconque avantage sur la masse des médiocres. Il semblerait donc que la liberté soit fondamentalement une valeur de droite, tout comme l’égalité est une valeur de gauche.

Mais cette opinion, si bien fondée apparemment, ne résiste guère à l’analyse. D’abord, elle ne saurait convenir à tous les gens de droite. Seuls les libéraux se disent très attachés à la liberté individuelle. Or, la droite est loin de se réduire à sa composante libérale. Il existe en elle des courants autoritaires ou/et étatistes, y compris dans ce qu’on appelle la droite républicaine.

Ensuite, être de gauche ne signifie pas vouloir une égalité parfaite entre les individus. Cela veut dire seulement réduire les inégalités à un niveau acceptable, de manière à ce qu’aucun groupe ou individu n’ait les moyens d’écraser les autres.

Par ailleurs, contrairement à une idée répandue, les gens de gauche ne sont pas tous des adorateurs de l’État. Ce dernier, comme le disait Max Weber, est l’institution qui a le monopole de la violence légitime. Les gens qui dirigent cette institution ont donc un pouvoir énorme sur leurs concitoyens, même dans un régime démocratique. Or, quand on est à gauche, on est partisan d’une réduction des inégalités entre les citoyens. Une personne de gauche considérera donc toujours l’État, sinon avec détestation, du moins avec beaucoup de méfiance. D’ailleurs, une gestion purement étatique de l’économie aboutit non seulement à des abus de pouvoir mais à une répartition inégale des richesses, l’appareil d’État étant utilisé par des individus ou des entreprises privées comme un moyen pour capter l’argent public au détriment de l’intérêt général. Bref, une personne de gauche n’est pas en principe favorable à une bureaucratie tentaculaire, toute-puissante et opaque. Elle a plutôt tendance à désirer une gestion démocratique des richesses, et ce à tous les niveaux : au niveau international, international, local et dans les entreprises.

Enfin, on peut constater qu’un accroissement démesuré des inégalités engendre nécessairement une diminution de la liberté. Quand les pouvoirs politique ou économique sont concentrés entre des mains peu nombreuses, comme c’est le cas aujourd’hui, il en résulte toujours une forme de tyrannie. Sous la pression des actionnaires et des patrons, les salariés ont de moins en moins d’autonomie réelle. La liberté, au fur et à mesure que les inégalités se creusent, devient ainsi le privilège d’une petite minorité. On comprend dans ces conditions que la notion d’émancipation ait été longtemps au cœur des discours de gauche. Il s’agit, quand on est à gauche, d’œuvrer pour une société plus libre, où les gens pourront véritablement travailler et vivre conformément à leurs désirs, sans être sans cesse contrôlés par une hiérarchie soupçonneuse. On peut d’ailleurs noter que le néolibéralisme, d’après l’économiste et anthropologue David Graeber, a contribué au développement d’une bureaucratie tatillonne et omniprésente, que ce soit dans entreprises privées ou dans les services de l’État.

Sécurité

Avec la sécurité, on pourrait penser qu’on a enfin trouvé une valeur propre à la droite. La gauche, souhaitant diminuer les inégalités entre les criminels et les honnêtes gens, serait favorable à des mesures humanitaires (abolition de la peine de mort, raccourcissement et adoucissement de l’emprisonnement, remplacement de la prison par des peines de substitution), au risque de se montrer complaisante envers le crime. La droite, au contraire, saurait se montrer ferme, parce qu’elle aurait davantage le souci de la protection des citoyens honnêtes.

Ce discours a fini par sembler évident à force d’être répété, mais correspond-il aux faits ? On peut en douter, et ce pour trois raisons au moins. La première, c’est que les politiques de droite s’attaquent à une forme de sécurité particulièrement importante : la sécurité sociale. Par ce nom, je n’entends pas seulement les dispositifs qui ont été regroupés sous ce nom après la guerre (assurance-maladie, assurance vieillesse, allocations familiales). Je veux parler de toutes les institutions publiques qui soutiennent les membres de la société en situation de faiblesse pour des raisons financières ou médicales. C’est un filet de protection que la société a tissé pour empêcher ses membres de tomber dans la misère et dans le désespoir. Les politiques de droite, préférant les assurances privées aux institutions sociales ou étatiques, ont depuis des décennies travaillé à détricoter ce filet de protection. Cela engendre, pour beaucoup de gens, un accroissement de l’insécurité sociale. Comme le disait l’ancienne secrétaire nationale du Medef, Laurence Parisot : « La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

Ensuite, on peut noter que les politiques sécuritaires mises en place par la droite (socialistes compris) s’attaquent principalement aux petits délinquants. La délinquance financière est fort peu poursuivie, comme l’explique notamment la sociologue Monique Pinçon-Charlot. Dans un système fortement inégalitaire, les dirigeants politiques et économiques constituent une oligarchie puissante, soudée, qui profite de ses privilèges pour accroître encore plus sa richesse au détriment de l’intérêt général et au mépris des lois.

 Or, cette délinquance financière n’est pas seulement un scandale moral : c’est un manque à gagner considérable pour la nation. Les milliards qui sont détournés par les oligarques sont autant d’euros qui n’iront pas renflouer les caisses de la sécurité sociale, rénover des hôpitaux et des écoles, etc. La délinquance financière contribue donc au renforcement de l’insécurité sociale dont je parlais plus haut.

Enfin, il n’est pas du tout sûr que les politiques dites « sécuritaires » soient efficaces en matière de lutte contre le crime et la petite délinquance. Ces politiques se résument à deux axes, pour l’essentiel : accroissement de la surveillance (vidéosurveillance, écoutes téléphoniques, surveillance de l’Internet…) et augmentation de la répression. De telles mesures ne résolvent aucun problème de fond. Une bonne partie de la délinquance et du crime a des liens avec l’accroissement des inégalités. Les plus riches se croient au-dessus des lois, et certaines personnes des milieux défavorisés sont tentées de s’adonner à des trafics illicites pour accéder aux biens de consommation dont ils sont privés. Seule une politique vraiment de gauche pourrait résoudre ce problème. Par ailleurs, il n’est pas évident que le recours systématique à la prison – pour ne rien dire de l’allongement de la durée de l’emprisonnement – soit le meilleur moyen de remettre les délinquants dans le droit chemin. On a souvent dit que la prison est l’école du crime. Il semble bien que ce soit le cas, surtout si rien n’est fait pour réinsérer les prisonniers une fois qu’ils ont purgé leur peine. Sur toutes ces questions, je recommande l’écoute de cette intéressante émission.

Encore une fois, nous avons pu observer qu’une des valeurs souvent attribuée à la droite est en fait partagée par tout le monde. Que l’on soit de gauche ou de droite, on aspire généralement à se prémunir contre certains risques indésirables. Un minimum de sécurité est désiré par tout le monde. Là où les points de vue divergent, c’est sur les moyens d’y parvenir.

Lucidité

« On ne vit pas dans un monde de bisounours ». Combien de fois ai-je pu lire cette phrase, dans des forums de discussion, sur Internet ? En général, elle est formulée par des gens de droite, qui reprochent à leurs interlocuteurs d’être naïfs, idéalistes, irréalistes. Dans le vrai monde, disent-ils, les gens sont égoïstes. Ils ne coopèrent pas spontanément et transgressent les lois s’ils pensent avoir intérêt à le faire. Il faut donc, pour que la société puisse tenir, faire marcher les gens à la carotte et au bâton : réprimer sévèrement les criminels et les délinquants, et récompenser ceux qui travaillent dur ou ceux qui contribuent à l’enrichissement global de la société. Cette dernière idée sert d’ailleurs d’argument pour justifier les fortes inégalités de rémunération qu’on peut observer dans la société. Réduire ces inégalités serait dangereux, car cela reviendrait à accorder une prime à la paresse ou à la médiocrité.

Dans le même ordre d’idées, les gens de droite reprochent souvent aux gens de gauche d’être aveuglés par leur idéologie, ou d’avoir une vision trop abstraite, trop générale du monde. Bref, la droite se fait gloire d’être plus lucide que la gauche. Parce qu’elle est plus conservatrice – sur le sujet des inégalités sociales, en tout cas – elle ne rêve pas à un autre monde. Elle est moins généreuse, peut-être, mais elle a au moins le mérite d’avoir les pieds sur terre.

Reprenons ces thèses une à une. D’abord, concédons un point aux personnes de droite : il est fréquemment arrivé, en effet, que des gens de gauche manquent de lucidité à cause de leur idéologie. En témoigne, notamment, l’aveuglement dont ont bénéficié des dictatures se réclamant du marxisme de la part de militants communistes. Mais on pourrait citer des contre-exemples, comme celui d’Orwell qui a fait une féroce critique du stalinisme dans La Ferme des animaux. Cette critique, il ne l’a pas faite malgré ses convictions de gauche, mais à cause d’elles. Le crime de Napoléon, le cochon qui instaure une dictature dans la ferme des animaux insurgés, ce n’est pas d’aller trop loin dans l’utopie révolutionnaire : c’est d’instaurer une contre-révolution. Le mot d’ordre initial – « Tous les animaux sont égaux » – est remplacé par un slogan grotesque : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que les autres ». Orwell a bien vu que le régime qui s’était installé en URSS n’était pas la dictature du prolétariat, mais celle d’un parti unique qui prétendait à tort agir et parler au nom des classes opprimées.

Par ailleurs, il faut rappeler que la gauche n’a pas le monopole de l’aveuglement idéologique. Dans La grande transformation, l’économiste Karl Polanyi a bien montré que la constitution d’un marché mondial, au 19ème siècle, n’était en rien une évolution « naturelle » du capitalisme, mais l’application autoritaire d’une utopie libérale. Le livre de Polanyi montre également que cette utopie ne pouvait pas fonctionner, que ce fût pour des raisons sociales ou économiques. La dépression des années 30 y a mis fin provisoirement… avant la grande renaissance néolibérale des années 70 et 80. Un autre exemple frappant, c’est celui de la récente crise financière de 2007-2008. La plupart des économistes « mainstream » – c’est-à-dire néolibéraux – chantaient les louanges de la dérégulation. La finance était censée s’« autoréguler ». Au moment de la crise, un vent de panique a momentanément balayé ces certitudes. On a parlé d’un retour à Keynes, et même à Marx. Puis, une fois la tempête passée, les gouvernants et les économistes ont repris leurs bonnes vieilles habitudes. Certains économistes dominants ont même le culot, en France, d’accuser leurs confrères hétérodoxes de verser dans le « négationnisme économique », c’est-à-dire de refuser la réalité empirique au nom de leur idéologie. On pourra, à se sujet, écouter avec profit ce débat entre Pierre Cahuc, coauteur de Le négationnisme économique – et comment s’en débarrasser, et l’économiste « atterré » Benjamin Coriat.

Qu’en est-il maintenant des « bisounours » ? La gauche idéalise-t-elle les êtres humains ? Ce n’est pas impossible. Mais que dire alors des gens de droite, qui ont souvent tendance à considérer la notion de lutte des classes comme « archaïque » ? N’ont-ils pas tendance, en gommant les conflits sociaux, à prendre leurs désirs pour des réalités ? Seul un milliardaire excentrique comme Warren Buffett peut aujourd’hui se payer le luxe de reconnaître que la guerre des classes existe, et qu’elle est menée par la classe des super-riches.

Si les gens de gauche idéalisent parfois l’humanité, ils reconnaissent généralement l’existence de l’égoïsme humain, et en particulier celui des classes dominantes. Loin de vouloir « refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail », comme le proposait Nicolas Sarkozy en 2008, ils veulent imposer aux capitalistes des règles contraignantes. Certains pensent même qu’il faudra mettre fin au capitalisme, et ce par une révolution plus ou moins violente.

Quant à l’idée qu’il faut récompenser les plus méritants et sanctionner les délinquants, elle peut-être vraie, mais elle n’est pas nécessairement choquante pour quelqu’un de gauche. Ce qui est beaucoup plus discutable, c’est de croire qu’un système fortement inégalitaire permet de sanctionner correctement les délinquants et de récompenser les individus les plus utiles ou les plus méritants. Dans une société comme la nôtre, la très grande bourgeoisie est tellement dominante – financièrement, politiquement, culturellement – qu’elle peut faire à peu près n’importe quoi sans craindre d’être sanctionnée. La délinquance financière jouit d’une complaisance incroyable de la part des pouvoirs publics. Quant aux rémunérations que s’octroient les dirigeants politiques ou économiques, elles ne sont en rien proportionnelles au mérite ou aux compétences de ces hommes. S’ils prennent la part du lion, c’est d’une manière arbitraire, tout simplement parce qu’ils sont les plus forts. Peu importe que leurs choix politiques ou économiques soient désastreux pour la société, ce qui compte c’est qu’ils soient aux commandes des entreprises ou de l’État.

Enfin, il serait abusif de réduire le réalisme à l’acceptation de la réalité telle qu’elle est. Ce n’est pas parce qu’il existe aujourd’hui d’énormes inégalités sociales, économiques, politiques et culturelles qu’elles sont naturelles ou éternelles. Dire : « Il en a toujours été ainsi, donc il en sera toujours ainsi », c’est commettre un sophisme. La réalité n’est pas immuable. Elle change, et elle change d’autant plus qu’on croit le changement possible. Qui aurait pu imaginer, il y a deux cents ans, que les femmes auraient un jour les mêmes droits – au moins sur le papier, ce qui n’est pas négligeable – que les hommes en France ? Il en va de même pour les progrès sociaux. En 2004, j’ai eu la chance d’assister à un débat avec le résistant et ancien communiste Maurice Kriegel-Valrimont. Il disait, à propos de l’instauration de la sécurité sociale en 1945, que beaucoup de gens jugeaient alors cette réforme totalement irréaliste – surtout dans un pays considérablement appauvri par la guerre. La suite leur a donné tort.

 

Conclusion

Il existe peut-être des valeurs propres à la droite, mais elles sont bien difficiles à trouver. Au fond, les gens de droite ont les mêmes désirs que ceux de gauche : ils désirent vivre libres et en sécurité, jouir d’un certain confort, être respectés, admirés, reconnus pour leurs mérites, etc. En revanche, ils n’ont pas le même point de vue quant à la réalisation de ces désirs. Pour eux, il serait inutile, voire dangereux, de chercher à lutter contre les inégalités. Il est tout à fait possible d’avoir la liberté et la sécurité dans une société fortement inégalitaire. Pour les gens de gauche, au contraire, une telle organisation sociale est non seulement injuste, mais aussi aliénante, insécurisante et dangereuse pour l’ordre public. 


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19 réactions à cet article    


  • Albert123 15 novembre 10:44

    le souci avec votre analyse gauche / droite c’est :


    que la droite n’existe plus depuis la fin de la 2eme GM suite à la purge sous tutelle US et que le gauchisme n’est pas le socialisme (bien au contraire et le PS est gauchiste pas socialiste).

    (D’ailleurs aux USA le gauchisme est défini comme il se doit alors que chez nous c’est sciemment rendu ambiguë)

    et que la notion d’égalitarisme ne s’oppose pas seulement à la notion de liberté mais également à celle de la justice,

    au final vous tirez à boulets rouges sur une idéologie qui n’existe plus vraiment depuis presque 70 ans et le tout pour défendre une idéologie de négriers et de va t’en guerre qui ne s’assument pas, car au mépris et à la haine s’ajoute la lâcheté propre aux médiocres.

    Le gouvernement actuel est un véritable gouvernement de gauchistes : méprisants, haineux, médiocres et ouvertement totalitaires.

    et ce n’est pas le rejets des résultats des élections US par la frange gauchiste de la population (à travers le monde) qui prouve le contraire.



    • JL JL 15 novembre 11:36

      @Albert123
       

       ’’le PS est gauchiste pas socialiste ... aux USA le gauchisme est défini comme il se doit alors que chez nous c’est sciemment rendu ambiguë’’
       
      Vous pourriez en dire un peu plus ?

    • JL JL 15 novembre 11:35

      Ce texte me laisse perplexe. 

       
      D’entrée, j’ai été interpellé par ça : ’’ Le but d’un gouvernement de gauche, en effet, serait d’empêcher les individus les plus intelligents, les plus courageux, les plus inventifs, de sortir du rang.’’  
       
       On peut voir dans cette phrase écrite au conditionnel, tout et n’importe quoi. De fait, ’’empêcher les individus les plus intelligents, les plus courageux, les plus inventifs, de sortir du rang’’ n’est ni de gauche ni de droite : c’est réac !
       
       Ce n’est pas le goût des uns pour l’égalité qui entrave la liberté des autres, c’est notre besoin à tous de sécurité. Il se trouve que l’argent procure la sécurité et celui qui n’en a pas est bien en peine. C’est là que le bât blesse.
       
       Quant à la lucidité, il est clair - c’est de circonstance - que les bénéficiaires du système réservent leur lucidité pour son maintien, cependant que ceux qui en souffrent font l’inverse : la lucidité des opposants à l’establishment est appelée par les possédants : ’complotisme’, ’gauchisme’, et tous ces vilains mots en ismes très mal vus dans les milieux conservateurs.
       
       L’égalité républicaine considère que la lucidité est l’affaire de tous, et c’est ce qu’enseigne l’école républicaine.

      Quant à la sécurité, elle est contenue dans le mot fraternité. Ce mot dans notre devise est un anti-poison aux communautarismes qui sont un danger pour la sécurité nationale. 

      • Jordi Grau Jordi Grau 15 novembre 11:50

        @JL

        Vous avez bien noté le conditionnel : la phrase que vous citez ne correspond pas à ma pensée. Elle exprime une critique fréquemment faite par des gens de droite, à savoir qu’une politique égalitaire favoriserait la médiocrité. L’enfer serait pavée de bons sentiments, en quelque sorte. J’ai trouvé encore tout récemment une telle critique sous la plume d’un auteur que j’aime bien, David Lodge. Dans Né au bon moment, son autobiographie, il critique certains aspects de la politique travailliste d’après guerre, et notamment le fait qu’il n’a pas pu passer un examen parce qu’il était un peu trop jeune pour cela. Lodge voit dans cette interdiction l’expression d’un égalitarisme idiot. (Par ailleurs, il reconnaît les mérites du système de sécurité sociale mis en place par Beveridge, ce qui montre qu’il n’est pas vraiment un homme de droite.)

        Quant à la question du rapport entre liberté et sécurité, je ne partage pas votre opinion. Selon moi, ces deux choses sont beaucoup plus liées qu’on ne le croit. J’avais écrit à ce propos un billet il y a un an et quelque.


      • JL JL 15 novembre 12:58

        @Jordi Grau
         

         j’avais bien compris, et c’est pourquoi j’ai relevé le conditionnel.
         
         Pour ça : ’’Quant à la question du rapport entre liberté et sécurité, je ne partage pas votre opinion’’, je crois que vous ne m’avez pas bien lu.

      • Le421 Le421 15 novembre 19:04

        @JL
        La gauche, souhaitant diminuer les inégalités entre les criminels et les honnêtes gens...

        Ah ??

        Tiens...

        Je ne le perçois pas tout à fait comme cela.
        Le sens du mot criminel est à définir.
        Celui qui ferme une usine en délocalisant, envoyant ouvriers, femmes et enfants à la détresse, causant souvent des morts, est aussi un criminel. Mais comme c’est en col blanc, ça ne fait guère de bruit.
        Et non, non et non !! Un criminel, qu’on soit de gauche ou de droite doit être sanctionné par la loi qui est plus dure selon qu’on est plus pauvre.
        Ca, oui, on le conteste.

        Réponse à l’auteur, bien sûr, et qui se rajoute à votre remarque, JL


      • Jordi Grau Jordi Grau 15 novembre 11:38

        Merci pour votre commentaire.

        Il est probable qu’une partie - mais une partie seulement - de notre désaccord vient de ce que nous n’accordons pas le même sens aux mêmes mots. J’ai défini la différence gauche/droite à partir de la question des inégalités sociales, économiques et politiques. Cette définition est sans doute contestable, mais elle ne me semble pas totalement déconnectée de la réalité.

         Quant à la mort de la droite il y a 70 ans, je ne suis pas entièrement d’accord avec vous. Il est certain que la droite d’avant-guerre a été très largement discréditée, et que plus grand monde n’osait se dire de droite en 1945. Mais les choses ont changé, me semble-t-il, avec la fin des Trente Glorieuses. La droite libérale est renée de ses cendres. Hayek, un penseur des années 30, a éclipsé Keynes. Aux États-Unis et en Europe, des courants xénophobes ont pris de plus en plus d’ampleur. Un grand nombre d’acquis sociaux ont été - peu à peu ou brutalement - remis en cause. A certains égards, on peut dire qu’il y a une résurrection de la droite des années 30. Bien entendu, l’histoire ne se répète jamais à l’identique. Les problèmes économiques, pour l’instant, sont différents de la grande dépression. La xénophobie et le racisme ne prennent pas des formes aussi caricaturales qu’entre les deux guerres. Mais il y a tout de même des parallèles.

        Quant au gauchisme, je ne sais pas très bien ce que vous entendez par là. Il est évident que le gouvernement actuel n’est pas socialiste, mais je ne vois pas en quoi il serait « gauchiste ». Peut-être faites-vous allusion au mariage pour tous, une des rares mesures de gauche prises par le gouvernement.... Sinon, je ne vois pas trop.


        • Jordi Grau Jordi Grau 15 novembre 11:52

          Le message ci-dessus s’adressait à Albert123, non à JL....


        • petit gibus 15 novembre 12:59
          @ l’auteur

          J’ai bien aimé ton exercice de retournement de nos chaussettes smiley

          Bien d’accord avec toi,
          méfions nous du trop clean entre le dehors et le dedans smiley



          • zygzornifle zygzornifle 15 novembre 14:49

            Vous avez oublié le principal : CUPIDITÉ .....


            • manu manu 15 novembre 14:52

              Ce texte est la preuve que les gens ne savent plus du tout ce qu’est la droite est la gauche, à juste titre, mais comme ils ont toujours cru savoir ils en arrivent à inventer n’importe quoi.
              Je suis nul en politique c’est pour ça que je donne pas beaucoup mon point de vue dans ce domaine et vous devriez en faire autant Jordi Grau, sans vouloir vous vexer ; vous écrivez bien, il y a d’autres sujets à traités.


              • petit gibus 15 novembre 18:04
                @manu

                « 
                Ce texte est la preuve que les gens ne savent plus du tout ce qu’est la droite est la gauche, à juste titre, »
                Pas du tout d’accord
                C’est pas parce qu’il y a des interconnections de valeurs comme l’a très bien
                démontré l’auteur que droite et gauche contrairement à ce que certains affirment
                c’est blanc bonnet et bonnet blanc

                On utilise ces deux mots aujourd’hui avec beaucoup trop d’hypocrisie

                sans porter aucun jugement moral
                une politique de gauche n’est pas une politique de droite
                appelons un chat un chat
                de part et d’autre smiley

              • Le421 Le421 15 novembre 19:08

                @petit gibus
                Je résume souvent avec les deux expressions « tout pour ma gueule » ou « partageux »...

                Vous ferez facilement la liaison de qui est de droite, qui est de gauche...
                A noter que c’est souvent ceux qui en ont le moins qui partageraient le plus. Encore que le FN vient de changer la donne en créant la lutte de ceux qui ont peu contre ceux qui n’ont rien.
                Pendant ce temps-là, on engrange le pognon tant que les gens regardent ailleurs !!


              • manu manu 15 novembre 19:27

                @petit gibus
                Je voulais dire on ne sait pas ce que son devenu (pardon) la droite et la gauche, en grosse partie parce que l’UE a beaucoup de pouvoir et que le président et ces potes ne sont que les serviteurs de quelques milliardaires américains, la lois travail, l’état d’urgence permanent, Valls et les roms ou les expulsions, les bombardements encore et encore, et les meurtres avec des drones de dirigeants africains, je sais pas si on peut parler de gauche traditionnelle.


              • petit gibus 15 novembre 20:38
                @Le421

                J’suis un peu moins abrupt que toi smiley

                J’dirais qu’être droitier c’est mettre son moi bien devant
                sans trop regarder ce qu’il y a derrière soi
                ce qui est une réac assez naturelle car bien humaine

                Etre gaucher s’est bien sur s’occuper de son moi
                mais en jetant de temps en temps un regard derrière soi
                ce qui demande un effort de contorsion
                qui n’est pas toujours très naturel smiley


              • manu manu 15 novembre 20:52

                @manu

                Pas de dirigeants, pardon, de soit disant terroristes.


              • petit gibus 15 novembre 21:01
                @manu

                woué

                l’EU est complètement partie dans les choux smiley

                Certains préconisent comme seule soluce sa sortie
                en retrouvant notre bac à sable pour résoudre tous nos problèmes

                D’autres veulent la défaire pour la refaire avec de nouvelles fondations
                perso je pense qu’ils ont raison

                mais les premiers affirment que non

                Un proche avenir nous dira qui à raison smiley



              • petit gibus 15 novembre 21:16
                @manu

                scuze Manu

                énorme bourde de ma part,
                j’ai cru que tu parlais de l’Europe
                et non des Etats Unis

                Les Etats Unis et tout ce blabla qu’on en fait
                me fait rire énormément
                on veut copier leurs manière de faire
                leur manière de vivre

                Honte à tous nos gouvernement smiley

              • ENZOLIGARK 16 novembre 03:13

                ... Flosse , Balkany , Gaymard , Chirac , Dassault , Cope , Narkozy , Gueant , ( ... ) , LIRE ou RELIRE « le bottin des PTT » des affaires de la mafia ripoublicrate versailliste extremiste de la cata ........... en toute LUCIDITE  ! . ... АФФ ИСС ...

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Jordi Grau

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