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Lionel Jospin : L’aveu

Dans un livre confession appelé " Lionel raconte Jospin", l’ex-candidat socialiste de 2002 tombe l’armure et nous montre l’homme politique tel qu’on le soupçonnait, du moins ceux qui n’étaient pas conquis ou sous la coupe de son imposante stature. Soi-disant stature d’ailleurs si on se réfère aux extraits publiés de son livre par l’AFP.

Lionel Jospin fût une grande figure du socialisme passé à l’instar d’un Fabius, Rocard ou d’un DSK. Mais il fût aussi le représentant d’un socialisme n’ayant pu accéder au pouvoir présidentiel. Il a manqué quelque chose. Quelque chose d’indéfinissable que l’on pourrait qualifier de présidentialité...

Lionel Jospin s’est imposé lors de l’après-Mitterrand. Il a su circonvenir ses rivaux que furent Emmanuelli, Delors ou Fabius. C’est lui qui a mené les socialistes aux batailles électorales. Bilan ? Il n’aura gagné que sur une faute impardonnable de la chiraquie en 1995. il aura été un des plus mauvais représentant socialiste aux élections nationales de la Vème république. Surtout depuis que Mitterrand avait au moins permis dans l’esprit des gens d’instaurer l’alternance. Il n’a jamais su redonner envie de voter socialiste.
Cela tient à deux raisons essentielles : sa personnalité et son programme.

Sa personnalité comme on le subodorait, est celle d’un psycho-rigide autoritaire et intellectuel. Un homme de valeur assurément mais qui n’a pas su se mettre au niveau des autres pour évoluer avec eux. Assis sur son trône de compétences supposées il s’est entouré de courtisans et s’est coupé de la société. Comme le parti socialiste d’ailleurs et c’est là que sa personnalité rejoint son programme. Il a fait du social-libéralisme son idéologie. Il a très fortement orienté le socialisme vers une perception libérale de la société qui protège les puissants et compassionne avec les modestes. Sa politique menée ne s’est pas distinguée de ce que faisait auparavant la chiraquie. Certes il y a eu des avancées sociales indéniables, quand même !, mais insuffisantes pour imprimer dans l’esprit citoyen qu’un autre modèle de société était à l’oeuvre. En conséquence il n’a pas insufflé de souffle d’espérance citoyen. Bien au contraire. Il allait connaître l’affront suprême de disqualifier la gauche pour le deuxième tour présidentiel, devancer qu’elle fût par l’extrême-droite.

A l’aune de ce jugement, impitoyable pour le jospinisme je l’avoue, on peut mesurer combien fût grande sa souffrance de voir l’avènement de Ségolène Royal en 2006. Plébiscitée par les militants et porteuse d’une espérance nouvelle pour la gauche. On comprend mieux le rejet viscéral de cette candidate qui ne lui ressemblait sur aucun point et était porteur d’un projet de société d’avenir pour le pays qui clivait véritablement avec la droite. Cette candidate battue fût remerciée chaleureusement par les militants présents ce 6 Mai 2007 parce qu’elle avait suscitée un espoir citoyen et cet espoir n’est pas retombé.

On comprend mieux dès lors son manque de soutien, et celui des Jospinistes en général, lors de la campagne 2007. L’objectif étant de laisser retomber ce soufflé qu’ils qualifiaient de populisme pour continuer à mettre la main sur le parti socialiste. C’est ce qui s’est passé réellement à Reims. On a eu une union de tous les anciens Jospinistes pour faire barrage à la nouveauté incarnée par Ségolène Royal. Les Aubry, Hollande, Delanoë, Hamon se sont tous retrouvés pour faire barrage mais pas pour susciter un espoir. Le résultat des européennes est là pour le prouver. Depuis les Jospinistes ont compris que la voie de l’avenir était Royal et qu’il fallait l’emprunter pour perdurer. Mais ils le feront sans convictions car ce n’est pas dans leurs gènes. Ils ne conçoivent pas la démocratie comme participative et citoyenne, mais comme est le Jospinisme : une arrogance compétence des élites sur le peuple. Comme un esprit de droite finalement.

Le PS arrive donc à la croisée des chemins et il devra faire le bon choix pour son avenir. Soit il continue sur la voie du Jospinisme et alors il sera emporté dans les limbes de l’histoire, soit il choisit la voie du renouveau et cette voie sera Royal car elle incarne la voie militante et citoyenne indispensable au renouveau démocratique attendue pour la gauche. C’est ce que j’ai appelé le grand schisme socialiste et je l’appelle de tous mes voeux en cette année 2010.
 
 
par Le citoyen engagé (son site) mercredi 6 janvier 2010 - 37 réactions
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