Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Logique et paradoxes de la démission du gouvernement

Logique et paradoxes de la démission du gouvernement

Les salves d’Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sur la politique économique de la majorité ont provoqué une grave crise politique qui a poussé François Hollande et Manuel Valls à démissionner le gouvernement. Une issue assez logique, à l’organisation chaotique, mais plus paradoxale qu’on peut le penser.

Le fil a fini par casser
 
Depuis sa nomination au gouvernement, Arnaud Montebourg a entretenu une parole assez libre pour un ministre, faisant fi de la maxime chevènementiste « un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne  ». Les propos qu’il a tenus dimanche, entre critique de l’austérité et volonté de soutenir la demande, sont justes. Même le FMI est revenu de ces potions amères européennes, violemment dénoncées par le New York Times récemment. En outre, l’inflexion eurolibérale du discours du président accentue le fossé qui existait déjà entre les deux hommes. Dès lors, on peut considérer que le président a raison de se séparer de ce ministre trop remuant qui ne cesse de critiquer sa politique, qui n’était que le ministre de la parole, qui a laissé Alstom se faire dépecer par General Electric en juin.
 
Mais, malgré la rapidité de la réaction, on peut néanmoins considérer qu’encore une fois, la séquence n’a pas été bien gérée. En effet, quelle drôle d’idée de démissionner l’ensemble du gouvernement plutôt que de purement et simplement débarquer les ministres déloyaux. Cela a permis aux rebelles d’occuper les ondes lundi et, pour trois d’entre eux, d’avoir l’inélégance républicaine d’annoncer leur départ en avant-première ou même pour certains d’avoir le culot de présenter leur départ comme une initiative personnelle plutôt que d’accepter la réalité de leur pur et simple renvoi. Ce faisant, la ligne eurolibérale de François Hollande devrait sortir renforcée de cette séquence puisque le gouvernement devrait désormais présenter une ligne plus cohérente et uniforme, même si le débat subsiste au PS.
 
Les paradoxes de la crise

Cependant, même si on souligne les divergences idéologiques qui ont mené à la crise, il y a malgré tout un sacré paradoxe. En effet, Arnaud Montebourg a appelé à desserrer la contrainte budgétaire, à soutenir le pouvoir d’achat des ménages et à davantage affronter l’Allemagne. Or, c’est ce que le gouvernement fait depuis un an. Déjà, il y a un an, le gouvernement a obtenu un délai de 2 ans pour réduire le déficit public à 3% du PIB. Et il y a quelques jours, Michel Sapin a déjà annoncé à nos partenaires que ce délai ne serait sans doute pas suffisant puisque le déficit 2014 sera deux fois plus loin de l’objectif que prévu. La majorité met également en place des mesures de soutien au pouvoir d’achat et cet été encore, le président a critiqué la politique allemande, s’attirant les foudres de Berlin.

Du coup, il semble un peu paradoxal d’avoir une telle crise alors que les propos incriminés ne sont pourtant pas si éloignés que cela de la ligne que suit le gouvernement depuis un an, même si la forme est critiquable. Il aurait été plus cohérent de sanctionner Arnaud Montebourg s’il avait défendu le protectionnisme, ou remis en cause la baisse du coût du travail. Ce faisant, François Hollande continue son travail de recentrage en vue de 2017. Et si le spectacle de la dernière journée ne semble rien présager de bon, à moyen terme, on peut quand même se demander si ce pari ne peut pas être gagnant, en restreignant l’espace politique de l’UMP, qui aura un peu de mal à se distinguer de Valls, si l’aile gauche du PS conserve sa confortable position au soleil tout en permettant au parti de ratisser large.
 
D’une part, il est paradoxal qu’Arnaud Montebourg quitte le gouvernement, alors même que son discours se rapproche sensiblement de la politique suivie. Mais de l’autre, cela pourrait créer une équipe plus cohérente, à défaut de mener une bonne politique ou même de la mener de manière professionnelle.

Moyenne des avis sur cet article :  2.23/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 26 août 2014 12:23

    La crise de ce gouvernement couve depuis des mois...En fait depuis son élection comme président..Tout le monde savait (sauf les 38% de votants inscrits sur les listes électorales)..
    Hollande est un pur produit de la IV république..du passé..incompétent et stupide sans idées..sauf à faire des cadeaux (en milliards) aux patrons qui n’embauchent pas..ils délocalisent et place cet argent en bourse.. !
    Cela montre que c’est un gros couillon tout simplement..chef d’un clan de couillons.. !


    • Rensk Rensk 26 août 2014 13:44

      Drôle de point de vue depuis Paris...

      Vous oubliez qu’en Allemagne ont se félicite pour avoir gagner encore des points...

      Que Lagarde dis en gros la même chose que Montebourg

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès