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Accueil du site > Actualités > Politique > Longue Marche des Harkis : La Gauche en question

Longue Marche des Harkis : La Gauche en question

Comme annoncé au mois de juillet dans les colonnes d’AgoraVox et sur le blog Fusionnisme, la Longue Marche des Harkis a commencé. Depuis le 22 août 2011, la caravane conduite par Zohra Benguerrah et Hamid Gouraï a quitté son point de départ, la préfecture de Montpellier, avec pour objectif, après 34 étapes à travers le pays, d’entrer dans Paris dans la nuit du 24 au 25 septembre prochains, flambeaux de la mémoire à la main. Pour faire plier Nicolas Sarkozy.

Après avoir assiégé l’Assemblée nationale et le gouvernement sarkozyen pendant près de deux ans et dans des conditions parfois extrêmement difficiles, Zohra Benguerrah et Hamid Gouraï, fille et fils de Harkis, ont décidé de passer la vitesse supérieure.

« Comme Sarkozy s’obstine à nous ignorer, explique Zohra, nous ripostons en l’accusant plus que jamais de parjure. Nous voulons maintenant coaliser les Harkis et les Pieds-Noirs, ainsi que tous les Français qui ont la mémoire tenace, pour forcer Nicolas Sarkozy à respecter enfin sa parole de 2007. »

De fait, Nicolas Sarkozy, sixième président de la Ve République blanciste, a commis un mensonge d’Etat.

Flash back. Avril 2007. L’ineffable Sarko, alors en grand besoin de voix pour battre son adversaire socialiste Ségolène Royal, ne reculant devant aucun cynisme et pratiquant sans vergogne le mensonge, n’hésite pas à faire vibrer la corde sensible :

« Les Harkis ont cru en la parole de la France, je serai celui qui tiendrai cette parole ». « Si je suis élu, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des Harkis et d'autres milliers de musulmans français qui lui avaient fait confiance. Afin que l'oubli ne les assassine pas une nouvelle fois.  »

Difficile de ne pas relever que pareils accents, hypocrites et électoralement intéressés, font étrangement penser à son illustre devancier, Charles de Gaulle…

D’ailleurs, depuis, le leader de l’UMP, qui a été élu, s’est bien gardé de tenir sa promesse. Hamid Gouraï, en fin juriste, corrige et souligne : « Ce n’est pas une promesse : c’est un engagement. »

On le sait, profonde est la confusion, immenses sont les contradictions qui frappent la classe politique française, dès qu’il s’agit de la « décolonisation », qu’il s’agisse en particulier de celle de l’Algérie ou de l’Afrique subsaharienne…

Résultat, à l’heure qu’il est, alors que la Longue Marche des Harkis devrait bénéficier du soutien de tous les partis politiques français, elle n’a reçu que celui… du Front National !

Pourtant, depuis les origines de leur combat, Hamid Gouraï et Zohra Benguerrah proclament qu’ils appellent tous les soutiens, d’où qu’ils viennent, dans une union sacrée de tous les Français contre le Système de la Ve République. Leur démarche, expliquent-ils, est apolitique, en ce sens qu’elle n’est ni de droite, ni de gauche, mais qu’elle se fonde simplement sur le droit, en particulier les Droits de l’Homme, l’Histoire, ainsi que sur les principes fondateurs de la République, Liberté, Egalité, Fraternité. Et, bien sûr, la mémoire de leurs pères et l’amour de la France, conformément à une certaine idée de la conscience citoyenne.

Zohra le rappelle : « La France, mais aussi l’Afrique, en particulier l’Algérie, ont été bafouées, trahies, exploitées et défigurées par Charles de Gaulle et ses successeurs, notamment Nicolas Sarkozy. »

C’est ainsi que fidèles à une haute conception de l’humanisme, de la dignité humaine et de la France, pendant leur long et parfois très difficile séjour sur la place Edouard Herriot, sous les fenêtres aveugles du Palais-Bourbon, Zohra et Hamid ont accompagné, soutenu et aidé à leur modeste échelle les sans-papiers africains, ouvriers arnaqués, c’est un comble, pendant l’aménagement des nouveaux bâtiments de l’Assemblée nationale… Des déshérités du Système impitoyable de la Ve République blanciste, qui cherchaient, épaulés par la suite notamment par la CGT, à sortir, eux aussi, du mépris d’Etat.

Ce soir, Zohra et Hamid bivouaquent du côté Saint-Pierre-le-Moûtier (Nièvre). Dans leur tente Quechua plantée devant la mairie, sous l’œil de la gendarmerie, ils ont déposé plainte contre le préfet, qui prétend n’avoir jamais reçu leur demande de manifester. En attendant, banderoles et drapeaux tricolores déployés, ils affirment, comme ils le répètent depuis bientôt trois ans d’action ininterrompue, qu’ils iront « jusqu’au bout ».

Il est temps que, fidèle aux encouragements que Marie-George Buffet (PCF), à l’instigation d’André Génissieux (Secrétaire régional du MRAP Languedoc-Roussillon), avait courageusement prodigués dans une lettre aux assiégeurs du Palais Bourbon, il est temps que la Gauche, le Parti Communiste Français, le Parti Socialiste ainsi que les Verts et, pourquoi pas, les partis de l’extrême-gauche trotskiste, apportent leur soutien aux Harkis dans leur lutte contre Nicolas Sarkozy, pour la reconnaissance des mensonges et des crimes de la Ve République blanciste.

La Gauche va-t-elle, une fois de plus, laisser au Front National le monopole de ce qui est bien plus qu’un symbole – comme jadis, on croit rêver, le monopole du drapeau tricolore et de la Marseillaise, pourtant emblèmes de la Révolution française et du peuple soulevé contre la tyrannie ? Alors même que l’élection présidentielle approche, et que les voix seront, comme toujours, âprement comptées. Car selon toutes les études d’opinion, une très large majorité soutient la cause des Harkis…

Reconnaissance de la responsabilité, non pas de la France, mais du gouvernement français, à commencer par son chef, Charles de Gaulle, dans l’holocauste de 60.000 à 200.000 Harkis et Algériens francophiles, ainsi que dans l’exode tragique d’un million de Pieds-Noirs, sur fond de martyre de toute l’Algérie : tel est le combat héroïque de Hamid Gouraï et Zohra Benguerrah.

Qu’il me soit permis d’ajouter, pour ma part : il doit être solennellement reconnu que l’Etat de la Ve République blanciste dirigé par Charles de Gaulle a largué les populations d’Afrique, y compris subsaharienne, en vue de préserver l’Hexagone de la « bougnoulisation » ; mais aussi, en refusant la citoyenneté française (ou franco-africaine) aux Africains et en les dépossédant, au mépris de leur volonté (Loi 60-525), de la démocratie et du cadre protecteur de la République, il a pu mettre en place les conditions du néocolonialisme et l’organiser sans entraves. Les Harkis furent immolés sur l’autel de ce dessein dément et monstrueux. Car ils étaient l’incarnation du rêve de l’unité franco-algérienne et franco-africaine, qu’il fallait, à tout pris, liquider.

En cette rentrée 2012, campagne présidentielle en ligne de mire, tandis qu’à travers Zohra Benguerrah et Hamid Gouraï, les Harkis marchent sur Paris et que la France est plus que jamais sous pression, puisse la Gauche oser défier ce Système tout-puissant qui, jusqu’à présent, tient Nicolas Sarkozy tétanisé.

Alexandre Gerbi


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23 réactions à cet article    


  • Catherine Segurane Catherine Segurane 14 septembre 2011 11:06

    Reconnaitre la responsabilité de la France ... j’aime bien les Pieds-Noirs et les Harkis, mais j’en ai mare qu’on soit les éternels bouc émissaires. Et que Sarko soit d’accord pour culpabiliser encore la France pour les crimes du FLN. On a atteint un tel degré de culpabilisation qu’on devient responsables des crimes de nos ennemis et des crimes dont des Français ont été victimes ! Cela suffit !

    D’abord, le massacre des Harkis et Pieds Noirs est de la responsabilité de l’Algérie, puisqu’elle venait d’obtenir son indépendance et était donc responsable du maintien de l’ordre sur son sol.

    Qu’aurait-pu faire la France pour empêcher ces massacres de grande ampleur sur un sol qui n’était plus le sien ?

    Elle aurait certes pu faire intervenir l’armée à grande échelle (celle-ci était encore sur place) ; c’est à dire, en d’autres termes : poursuivre la guerre l’Algérie. Cette dernière solution aurait-été envisageable sur un plan strictement militaire (la bataille d’Alger était gagnée militairement). Sur un plan politique, si la France avait maintenu l’ordre à la place des nouvelles autorités algériennes, se substituant à elles, cela revenait à se comporter en autorité du pays, donc à recoloniser. Une telle demande, de la part de personnes d’opinion « Algérie française », est logique et, pourquoi pas, défendable politiquement. Beaucoup de Pieds Noirs étaient pour l’Algérie Française ; on ne va pas le leur reprocher, mais il faut qu’ils le disent franchement.

    En revanche, Sarko n’est, en peincipe pas d’opinions « Algérie française » ; il n’y a donc aucune raison à ce qu’il préconise rétrospectivement une solution qui consistait, de fait, à poursuivre la guerre. Son reproche fait à la France d’avoir abandonné les Harkis et Pieds-Noirs est de la pure culpabilisation anti-France.
     
    S’agissant des massacres de 1962, le vrai courage consisterait à demander des comptes au gouvernement algérien.

    C’est d’ailleurs ce que préconise Marine Le Pen : elle se propose de demander au gouvernement algérien de rechercher ce qu’il est advenu des personnes disparues en 1962.




    • Mammon 14 septembre 2011 12:55

      Si beaucoup de reproches faites à la France sont injustifiés, l’abandon des harkis est en revanche une véritable honte.
      Les harkis ont fait le choix de combattre pour la France. Ils ont versé leur sang pour elle et beaucoup ont payé de leur vie ce choix.
      Ils ont largement prouvé leur patriotisme et leur loyauté, et on (le gouvernement de Gaulle) les a récompensés soit, en les abandonnant à leurs sort (en Algérie) soit en les traitant comme des chiens (pour ceux qui ont émigré en France)
      Il ne s’agit pas ici de se flageller mais de montrer que la France peut, même des années plus tard, se montrer loyale envers ceux qui ont été loyaux envers elle.
      Pour moi, tous ceux qui ont fait le choix de combattre pour notre pays sont des citoyens à part entière. Les harkis sont bel et bien nos compatriotes, n’en déplaisent à certains et s’il reste des injustices à leur égard, elles doivent être réparées au plus vite.
      En revanche, il serait bon de rappeler à l’Algérie ses responsabilités dans les massacres de 1962. Si les harkis demandent des réparations financières, ils savent à qui s’adresser en premier.


    • Alexandre Gerbi 14 septembre 2011 13:19

      Chère Madame Ségurane,

      A l’avenir, j’espère que vous serez bien aimable de lire les articles que vous commentez.

      Vous écrivez : "Reconnaitre la responsabilité de la France ... j’aime bien les Pieds-Noirs et les Harkis, mais j’en ai mare qu’on soit les éternels bouc émissaires. Et que Sarko soit d’accord pour culpabiliser encore la France pour les crimes du FLN. On a atteint un tel degré de culpabilisation qu’on devient responsables des crimes de nos ennemis et des crimes dont des Français ont été victimes ! Cela suffit !« 

      Or dans l’article, il est écrit : »Reconnaissance de la responsabilité, non pas de la France, mais du gouvernement français, à commencer par son chef, Charles de Gaulle, dans l’holocauste de 60.000 à 200.000 Harkis et Algériens francophiles (...)"

      Dans le précédent article sur la Longue Marche des Harkis, publié en juillet sur AgoraVox, Hamid Gouraï disait d’ailleurs clairement : « Il n’est pas question de laisser Nicolas Sarkozy entourlouper son monde. Ce n’est pas la responsabilité de la France que Sarkozy doit reconnaître, c’est la responsabilité de l’Etat français, en particulier celle de Charles de Gaulle et de son gouvernement. Car dans cette affaire, la France a été victime, comme les Harkis, les Algériens francophiles et les Pieds-Noirs. Accuser la France comme le fait Sarkozy, c’est à la fois insulter la Nation, et épargner les vrais coupables ! Le coupable, je le répète, ce n’est pas la France : c’est l’Etat français et son chef, Charles de Gaulle. C’est cela que Sarkozy doit reconnaître, et pas autre chose.  »

      Merci donc, à l’avenir, de bien lire les articles que vous prétendez commenter.

      Par ailleurs, quand vous portez des jugements sur l’époque, si je puis me permettre, vous devriez être plus prudente et creuser davantage un sujet que manifestement vous connaissez assez mal.

      Les massacres des Harkis et des Algériens francophiles étaient prévisibles de nombreux mois, et même des années avant l’indépendance survenue en 1962. Pour les éviter, il suffisait non pas de relancer une nouvelle guerre comme vous le dites (qui du reste a été « perdue » volontairement par de Gaulle, personne ne le conteste aujourd’hui), mais simplement de permettre aux Harkis et aux Algériens francophiles d’être « rapatriés » en métropole : ce à quoi de Gaulle et son gouvernement se sont opposés. Mieux encore, ils ont désarmé les Harkis et les ont même parfois directement livrés à leurs bourreaux... Dans cette affaire, la responsabilité de l’Etat français (et non pas de la France) est donc patente.

      Je ne saurais trop vous conseiller de lire La République inversée, Affaire algérienne (1958-1962) et démantèlement franco-africain (Ed. L’Harmattan), que j’ai publié en début d’année avec Raphaël Tribeca. Vous y apprendrez et comprendrez des choses bien différentes de ce que vous avez l’air de croire...

      Bien cordialement,

      Alexandre Gerbi


    • Catherine Segurane Catherine Segurane 14 septembre 2011 13:35

      Monsieur Gerbi, la tonalité de votre dernier message me convient parfaitement, mais je persiste à trouver l’article d’ouverture au moins ambigu.



    • baska 14 septembre 2011 13:40

      Miss blanchisseuse, même au fn on dénigre les harkis :

      Ni la blondasse encore moins son vieux père n’ont condamné les propos de ce cadre du parti, cet individu ne s’est même pas excusé. Le fn ne vaut pas mieux que le non regretté frêche qui a qualifié les harkis de « sous-hommes ». Le seul fils de harki du fn, Farid SMAHI, a été viré par votre copine marine :



    • Jude 14 septembre 2011 18:57

      @Mammon,

      Je n’aurais pas dit mieux !! Bravo et merci !


    • Iren-Nao 14 septembre 2011 15:06

      Qu’est ce que c’est que cette republique « blanciste »

      Nous avons, La France et son gouvernement, de Gaulle trahit les harkis c’est un fait qu’il n’est nullement necessaire de reconnaitre puisque c’est un fait.

      On peut reconnaitre au passage la vision juste de de Gaulle qui ne voulait pas de Colombey les 2 mosquees.

      Quant a l’execution du crime elle bel et bien le fait du FLN. Allez donc trainer le FLN devant un de ses grotesques tribunaux internationaux. On pourra aussi y ajouter les inombrables crimes du FLN contre son peuple.

      Je ne doute guere que vous soyiez de ceux qui font religion de salir l’Armee Francaise en Algerie, tout ce qui vous interesse est de salir les « blancistes ».

      Le Blanc ne vous salue pas et votre ton dessert la cause qui n’est pas sans fondement..


      Iren-Nao


      • Alexandre Gerbi 14 septembre 2011 15:59

        Madame ou Monsieur Iren-Nao,

        Si vous prenez le temps de lire mes ouvrages et mes articles (par exemple, L’Amor est morte, contribution au colloque Grand Symposium Franco-Africain, organisé au théâtre du Lucernaire en janvier 2010), vous constaterez que je ne cherche ni à salir, ni à défendre l’Armée française, pas plus que qui que ce soit : je cherche simplement à être le plus objectif possible et à approcher au maximum d’une vérité historique que d’autres s’emploient, depuis bien longtemps, à travestir.

        Bien que vous posiez la question, vous avez manifestement compris ce que j’entends par « Ve République blanciste », dont l’idéologie fondamentalement anti-républicaine et, de fait, anti-démocratique (voir, outre l’Affaire algérienne, l’Affaire gabonaise ou l’effarante Loi 60-525 par exemple, sur le blog Fusionnisme) a conduit au largage des populations d’Afrique puis à leur asservissement néocolonialiste, il y a cinquante ans.

        Je ne saurais trop vous conseiller, très cordialement et comme à Catherine Ségurane, d’approfondir un sujet dont vous avez manifestement, si je puis me permettre, une connaissance quelque peu superficielle...

        Alexandre Gerbi


      • Alexandre Gerbi 14 septembre 2011 16:12

        Et en guise de post-scriptum, concernant l’Armée française, voici ce que j’écris, par exemple, dans L’Amor est morte, De la « décolonisation » et de l’avenir franco-africain :

        " (...)

        L’Armée et l’Afrique

        Aux Africains, leaders et populations, et aux Français de métropole, pour aussi étonnant que cela puisse paraître, s’ajoutait une troisième force favorable à l’unité dans l’égalité : l’Armée. Car mère de l’Empire, l’Armée soutenait d’instinct l’unité franco-africaine.

        Il est vrai qu’historiquement, de Faidherbe à Lyautey en passant par Savorgnan de Brazza, les innombrables commandants de Cercle dont Amadou Hampâté Bâ a dressé une galerie de portraits haute en couleurs subtiles et ravageuses dans ses ouvrages de souvenirs (23), l’Empire était, dans une large mesure, le « bébé » de l’Armée (24).

        Pour cette raison, en plus de la fraternité des armes dont elle était le meilleur témoin, l’Armée des années 1950 était, par idéalisme ou par pragmatisme, ralliée sinon ouverte à l’idée d’égalité.

        Davantage encore, elle était favorable à la justice sociale au profit des « indigènes » (25). (...)

        Notes :

        (...)
        (23) Lire en particulier Oui Mon Commandant ! et L’étrange destin de Wangrin.
        (24) Au premier rang des fondateurs conquérants de l’Empire français, deux figures atypiques, Savorgnan de Brazza et Louis Faidherbe. Ce dernier, «  républicain (…), sympathisant avec les mouvements antiesclavagistes de surcroît, (...) offre une personnalité complexe, à mi-chemin entre Bugeaud dont il reprit les méthodes et V. Schœlcher avec qui il se lia d’amitié.  » in L’Afrique occidentale au temps des Français, Monique Lakroum, p. 164, La Découverte, 1992. « Louis Faidherbe (1818-1889), gouverneur du Sénégal (1854-1861 et 1863-1865), chef militaire et administrateur de haute valeur, il organisa la colonie, pacifia le haut Sénégal, où il (...) reconstruisit Saint-Louis et fut le véritable créateur de la ville et du port de Dakar (1857). » (Larousse) Faidherbe recruta des esclaves qu’il avait affranchis en les arrachant à leurs maîtres africains, et créa le corps des tirailleurs sénégalais, fer de lance de la conquête de la future AOF. Car l’Empire français en Afrique occidentale et saharienne fut en grande partie, aussi, une œuvre sinon de l’Afrique, en tous cas de très nombreux Africains, puisque les troupes qui conquirent la plus grande partie de l’AOF, jusqu’au Maroc, étaient essentiellement composées de soldats noirs.
        (25) « Nous pouvions conserver dans la France une Algérie, indépendante, sorte de dominion sans apartheid, sans exploitation de l’Arabe par l’Européen, sans favoritisme, sans paternalisme, quelque chose qui n’aurait plus été une province mais un pays libre où deux races auraient pu vivre dans l’égalité sinon dans l’identité, dans la compréhension sinon dans l’amitié, chacun étant citoyen français comme au temps d’Auguste où Grecs, Hébreux, Gaulois, Ibères et Germains étaient, au même titre qu’un Italique, citoyens romains » Raoul Salan, « Pourquoi ai-je rejoint le putsch d’Alger ? » in Historia n° 293 avril 1971. (...) « 

        A chacun de juger si cette analyse cherche à »salir" l’Armée française, ou à rendre compte, le plus objectivement possible, de ses positions de l’époque sur la question ultramarine.


      • Iren-Nao 15 septembre 2011 08:40

        Mr Gerbi

        Je ne crois pas du tout que ma connaissance de ces evenements soit superficielle, bien au contraire.

        Mais je dois vous faire justice quant au contenu de votre message complementaire et vous me pardonnerez de ne pas avoir lu vos ouvrages.

        Pour ce qui est du terme « blanciste » je persiste a le trouver pour le moins facheux.

        Qu’esperez vous donc de la gauche en l’occurance, comme si elle avait les fesses plus propre que les Gaullistes, elle a par ailleurs fournit son contingent de traitres qui eux s’en sont bien tires.

        Salutations donc

        Iren-Nao


      • Alexandre Gerbi 15 septembre 2011 13:54

        Monsieur ou Madame Iren-Nao,

        Merci pour votre bonne foi.

        Pour le reste, après lecture de mes ouvrages et/ou de mes articles, il est probable que l’expression « blanciste » vous semblera opportune...

        Car, si vous me le permettez, je persiste à croire que certains aspects de la « décolonisation » gaullienne (sans rien dire de ses prédécesseurs de la IVe République...) vous ont quelque peu échappé...

        Bien cordialement,

        Alexandre Gerbi


      • Hélène 14 septembre 2011 18:25

        Et le massacre de la France actuellement, vous en pensez quoi ?


        • Alexandre Gerbi 15 septembre 2011 13:46

          Chère Hélène,

          Permettez-moi, en guise de réponse, de vous conseiller de lire mes ouvrages (par exemple Histoire occultée (Ed. L’Harmattan, 2006) et La République inversée (avec Raphaël Tribeca, Ed. L’Harmattan, 2011)) ou, si vous préférez, le blog Fusionnisme, où sont réunis, en accès gratuit, la totalité des articles que j’ai publiés depuis cinq ans, où ce thème est souvent abordé...

          En résumé, je vous dirai que dans mon esprit, le « massacre » de la France et celui de l’Afrique sont flagrants et ne font qu’un, par-delà leurs modalités parfois diverses...

          Mais il faut croire que ces « massacres » arrangent beaucoup de monde ou, pour le dire autrement, ne dérangent pas grand monde...

          Bien cordialement,

          Alexandre Gerbi


        • Alexandre Gerbi 15 septembre 2011 16:05

          Et en complément, ce papier que j’avais publié, au sujet du combat des Harkis, sur le site Afrik.com en 2009 :

          Les Bougnoules du Palais Bourbon

          Bonne lecture...


        • sparte sparte 14 septembre 2011 19:41

          Par Catherine Segurane (xxx.xxx.xxx.162) 1 

          Reconnaitre la responsabilité de la France ... j’aime bien les Pieds-Noirs et les Harkis, mais j’en ai mare qu’on soit les éternels bouc émissaires

          ___________

          C’est une question très grave car les Harkis veulent que la trahison dont ils furent victimes leurs aïeux soit reconnue.

          Le problème est que l’ordre d’abandonner les Harkis fut donné par De Gaulle, après les voir désarmés, puis de renvoyer en Algérie ceux qui avaient franchi la mer. Des gradés ont témoigné : ceux qui ont contrevenu aux ordres : d’où la présence de Harkis sur notre sol. Des historiens ont aussi analysé les déclarations des responsables en place : des proches collaborateurs de De Gaule, comme Foucher, Messmer,etc.

          Finalement leur présence fait mémoire de cette trahison ; ce qui explique que les promesses ne sont pas tenues : il y aurait trop d’implications, et des dédommagements à accorder. Il faut attendre que l’Etat français et les responsables encore vivants ne risquent plus rien. ce sera réglé par les historiens pas par l’honneur.

          LIVRE :

          http://books.google.fr/books?id=0lnE5leMzPEC&printsec=frontcover&dq=%22Les+combattants+musulmans+de+la+guerre+d%27Alg%C3%A9rie%22&source=bl&ots=aFRSfrvMbA&sig=bM-sLS3HT1Kc416tLVcYwwMNUBc&hl=fr&ei=RWpSTOZEx8qMB-jmlMME&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBUQ6AEwAA#v=onepage&q&f=true

          ENTRETIEN : et http://lumiere101.com/2010/07/30/ce-que-revelent-les-archives-inedites/

          LIENS WEB : http://www.de-gaulle.info/temoignages/harkis.shtml

          http://www.denisdar.com/index.php?rub=news_pieds_noirs&p=46

          http://denistouret.fr/constit/harkis.html

          et le site des harkis : http://www.harkis.com/article.php3?id_article=25


          • sparte sparte 14 septembre 2011 20:03

            25) « Nous pouvions conserver dans la France une Algérie, indépendante, sorte de dominion sans apartheid, ... une province mais un pays libre ... citoyen français comme au temps d’Auguste où Grecs, Hébreux, Gaulois, Ibères et Germains étaient, au même titre qu’un Italique, citoyens romains » Raoul Salan, « Pourquoi ai-je rejoint le putsch d’Alger ? » in Historia n° 293 avril 1971. (...) "
            ____________

            merci, je ne connaissais pas cette déclaration de Salan
            C’était effectivement le projet et il était jouable : créer une deuxième France. Mais il fut au delà des forces de notre pays. Certains disent que 1962 marque la FIN de la France : qu’en pense l’auteur ?


            • King Al Batar King Al Batar 14 septembre 2011 21:00

              Ben voyons comme si les Allemands allaient s’amuser à organiser une marche des collabos !
              Les Harkis sont des traitres à leur nation qui ont fait le mauvais choix. L’Allemanagne a t elle nationalisé nos collabos.
              Faut arreter, dans un conflit chacun choisit son camps. Les traitres prennent toujours plus de risques, qu’ils en assume donc les conséquence. La France ne leur doit RIEN !


              • Mammon 14 septembre 2011 21:27

                Elle ne doit peut-être rien comme vous dites aux harkis, mais dans ce cas, elle peut aussi faire un doigt d’honneur à l’Algérie et aux sauvages du FLN qui les ont massacrés...
                Le plus grande erreur, finalement, était que si la France avait fait le nécessaire pour rapatrier tous les harkis d’Algérie, elle aurait moins eu besoin par la suite de faire venir du même pays leurs ennemis pour faire tourner son industrie, beaucoup parmi lesquels ne brillent pas par leur francophilie, contrairement aux premiers (mais il n’en restait plus beaucoup des harkis à faire venir, après 62, sauf en cercueils...)


              • Coeur de Lion Coeur de Lion 14 septembre 2011 21:31

                cher auteur, votre appel à la « gauche » pour la défense des harkis est pathétique.
                Marine est dans le respect envers cette « communauté » dans l’histoire.
                La FRANCE n’est en rien responsable tout comme DE GAULLE.
                Adressez vous à bouteflika et au FLN...le régime des généraux est au pouvoir en Algérie !


                • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 14 septembre 2011 22:41


                  Assez de pleurnicheries :

                  ° Le Crime colonial de la France en Algérie est une abomination. Honte éternelle à cette France là.

                  ° Les Harkis ne sont pas des français mais des algériens. Et ce sont des TRAITRES à leur propre patrie. Honte éternelle à ces collabos du fascisme colonial français.

                  Vu ?


                  • Alexandre Gerbi 15 septembre 2011 16:04

                    Et en complément, ce papier que j’avais publié, au sujet du combat des Harkis, sur le site Afrik.com en 2009 :

                    Les Bougnoules du Palais Bourbon

                    Bonne lecture...


                    • sparte sparte 17 septembre 2011 20:50

                      Les Bougnoules du Palais Bourbon - extraits :
                      La France dont je vous parle est celle qui a été assassinée, voici presque cinquante ans, mais qui existe encore dans le cœur de bien des Français du bas peuple, Africains compris. A fleur de peau, ou bien douloureusement enfouie…

                      ... Au milieu de pareil marigot, évidemment, les Harkis gênent  : ils demandent que l’Etat français reconnaisse officiellement ses éminentes responsabilités dans la tragédie des Harkis, des massacres aux camps. Or ce drame s’inscrit dans l’incommensurable scandale de la décolonisation franco-africaine. Mieux : il en est une sorte de quintessence…
                      ... Il faut le reconnaître, le scandale est tellement gigantesque, ses facettes à ce point multiples et ses conséquences gravissimes, qu’on peut comprendre que personne n’ose encore en parler…
                      _____

                      Excellent article ...
                      Et votre écriture est belle, ce qui ne gâte rien !
                      Merci

                      Oui, un image gâchis que ce retrait subit et subi, imputable à CDG.
                      je vais souvent en Afrique ... par le web : on y remarque un français toujours impeccable ; on lit de plus en plus que les Chinois font ceci, font cela ... et pas que du business, de l’aide aussi. A notre place : l’un et l’autre.

                      C’est un grand malheur que cette fin brutale de l’oeuvre française ; elle marque en quelque sorte la fin de la parole de la France : « liberté, égalité ... fraternité » ! Il faudrait ajouter : «  » abandon, trahison « . 

                      Nous payons cela notamment par les immigrations africaine et nord af. colossales vers la France. C’est Putine qui a écrit , lorsqu’il était au KGB : » la France deviendra la colonie de ses colonies « ...

                      Sans doute le projet était il trop grand pour nous ? Sans doute le rôle du PC, manipulé par Moscou, fut il déterminant encore une fois auprès de CDG ... alliance maudite !

                      P S pouvez vous expliquer ici :  » Affaire gabonaise (octobre 1958, refus de départementalisation du Gabon, article 76 violé) et la Loi 60-525 (mai-juin 1960, suppression du droit des populations d’Afrique subsaharienne à l’autodétermination sur la question de l’indépendance, par violation d’au moins quatre articles fondamentaux de la Constitution)." ? - merci par avance


                      • Alexandre Gerbi 18 septembre 2011 23:29

                        Cher Sparte,

                        Il me fait très plaisir que l’article Les Bougnoules du Palais Bourbon vous ait plu. J’espère que le petit dessin qui l’illustre vous a plu aussi...

                        Pour répondre à votre question, l’Affaire gabonaise est un épisode qui fut longtemps tenu secret. En 1958, Charles de Gaulle viola la Constitution (article 76) en refusant la départementalisation réclamée par le Gabon de Léon Mba. A chacun de se demander pourquoi, sachant que du pétrole y avait été découvert et que la population était à peine celle d’une grande ville : 450.000 habitants, nombre relativement faible en terme de « bougnoulisation », selon le mot de Charles de Gaulle...

                        Vous trouverez sur le blog Fusionnisme un article qui lui est consacré.

                        Quant à la Loi 60-525, qui consista, à la veille des indépendances africaines, en une quadruple violation de la Constitution par Charles de Gaulle, elle permit effectivement, in fine, de priver les populations d’Afrique subsaharienne du droit à l’autodétermination sur la question de l’indépendance.

                        Vous trouverez sur le blog Fusionnisme un article (un peu plus long et un peu technique) qui lui est consacré.

                        En espérant avoir répondu à votre question,

                        Bien cordialement,

                        Alexandre Gerbi

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