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Louis Nicolas Sarkozy ?

Sarkoléon, Nicolas III, Napoléon IV... Nicolas Sarkozy serait-il un nouveau Napoléon III ? Pas si sûr que cela... Retour historique.

Budget de l’Élysée augmenté, classe politique impopulaire, inconsistance de l’opposition, jeunesse, sport ostentatoire, volontarisme présidentiel, peoplisation présidentielle... Certains ont perçu beaucoup de points communs entre Nicolas Sarkozy et Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III.

Il n’est pas question ici de faire un parallèle trop anachronique, même si la nostalgie de la grandeur napoléonienne encore très présente à l’époque (la fin du Ier Empire avait eu lieu trente-trois ans auparavant) pourrait être comparée avec la nostalgie de la France gaullienne (la fin de la présidence de de Gaulle a eu lieu il y a 38 ans).

Déjà, parce que justement, cette nostalgie ne s’est pas beaucoup exprimée en 2007, l’UMP ayant été le fossoyeur du gaullisme politique.

Et ensuite, parce que le contexte institutionnel était fort différent : les pouvoirs présidentiels de Louis Napoléon étaient inexistants, sa popularité très élevée (et exclusive, ne permettant à aucune autre personnalité de se dégager du lot, ce qui n’est pas le cas en 2007) et le régime qui avait voulu copier la Constitution américaine était l’un des régimes d’Assemblées qui ont le plus paralysé la France.

Retournons à cette époque républicaine très particulière et très brève.

Voici donc le renversement du vieux roi Louis-Philippe. Il n’a pas insisté, trois jours d’émeutes et il s’enfuie. La République est proclamée en février 1848. On commence à élire des députés.

Louis Napoléon, seul à vraiment comprendre la situation

Louis Napoléon, prudemment de Londres, fait savoir qu’il approuve le nouveau régime. Il se fait élire spontanément dans quatre départements, puis trois autres.

L’Assemblée n’est pas géniale. Elle est truffée de politiciens sans notion d’intérêt général. Plus une Assemblée de type fin IIIe ou IVe République. Surtout dominée d’ailleurs par les conservateurs (légitimistes, orléanistes).

Les républicains, comme Ledru-Rollin, sont plutôt taxés d’extrémistes, et les socialistes sont qualifiés d’affreux dangereux (ça a changé).

Les plus brillants des républicains comme Tocqueville n’ont pas eu beaucoup d’influence sur le cours des événements.

Une élection présidentielle est prévue en décembre 1848, au suffrage universel direct. C’est tout nouveau. Doublement. Le principe même d’un président de la République : ni Lafayette, ni Lazare Carnot n’ont réussi à instituer cette fonction depuis 1792. Et la désignation par tous les Français. Novateur.

Le général Cavaignac, qui est candidat, n’a aucune inquiétude. Il sait qu’il va être élu. Connu à Paris comme celui qui a rétabli l’ordre, conservateur, rassurant. Lamartine, ministre, lui, se base aussi sur sa notoriété. Ledru-Rollin y croit...

Et Thiers, monarchiste, ancien jeune président du Conseil de Louis-Philippe (à 39 ans), refuse de se présenter, car il est « trop honnête garçon pour épouser une si mauvaise fille » et soutient Louis Napoléon avec le Parti de l’Ordre, convaincu à tort que « c’est un crétin que l’on mènera ».

C’est là que Louis Napoléon Bonaparte y voit l’avantage de s’engager. Cela faisait depuis longtemps qu’il professait des théories sociales assez audacieuses. Il a été élu déjà député, il n’a pas de parti, pas beaucoup de proches mais beaucoup de gens l’encouragent, crient « Vive l’empereur ! » à son passage.

Finalement, c’est le seul candidat qui fait vraiment campagne, qui a compris ce qu’est une élection directe. Dans les régions, partout, des relais l’aident à faire sa propagande.

C’est donc tout naturellement qu’il est élu triomphalement (74%). En fait, la notoriété de son patronyme a beaucoup aidé. Beaucoup d’anciens combattants de l’époque napoléonienne sont nostalgiques de la gloire impériale.

Une présidence fantoche

Mais très vite, Louis Napoléon Bonaparte (qui a quarante ans) déchante. On l’a casé dans un palais loin de tout, à l’Élysée. Le pouvoir se situe à l’Assemblée nationale, et dans le gouvernement qui provient de l’Assemblée.

Alors, l’homme se recentre sur l’apparat, sur la vitrine, l’apparence. Dédaigné par la classe dirigeante, il est vite apprécié par les gens du peuple car il prend le temps de les saluer, de les écouter. Il relooke sa garde personnelle, s’habille d’un bel uniforme, fait de l’équitation au bois de Boulogne, ou au parc de Saint-Cloud.

Pendant ce temps, le régime d’Assemblée est de plus en plus enlisé. Les républicains sont gênés car nous sommes en république, les majoritaires sont monarchistes mais ont le pouvoir. Il n’existe pas de parti bonapartiste et Louis Napoléon s’est bien gardé d’en créer, se disant représentant de tous les Français.

Disputes parlementaires, polémiques, décisions insensées... et aussi ce régime, qui interdit au président de la République de se représenter après quatre ans de mandat.

Or, au fur et à mesure qu’on se rapproche de décembre 1852 (et même, de mai 1852, car l’Assemblée voulait changer le président en même temps que son renouvellement), on constate qu’il n’y a personne d’autre que Louis Napoléon qui peut se prévaloir de représenter le peuple, car il est très populaire.

Un coup d’État inéluctable
contre un régime englué dans ses contradictions

L’idée d’un coup d’État est dans toutes les bouches, coup d’État napoléonien ou coup d’État républicain, ou encore coup d’État monarchiste...

Président sans pouvoir, Louis Napoléon multiplie le nombre de réceptions à l’Élysée, rencontre du beau monde... et obtient de l’Assemblée des rallonges budgétaires.

À l’époque, Victor Hugo juge Louis Napoléon intéressant. Républicain, il voit en lui celui qui s’occuperait des gens, qui ferait du social. Louis Napoléon a beaucoup d’estime pour lui aussi. Mais comme il ne sera pas nommé ministre, vexé, Hugo s’attachera à s’opposer à Napoléon le Petit, et surtout à le ridiculiser par rapport à son oncle.

Quant à Adolphe Thiers, il est l’un des représentants de ceux qui ont actuellement le pouvoir.

La situation se dégrade notablement avec la décision du suffrage censitaire : les parlementaires bourgeois retirent aux ouvriers leur droit de vote. Le prince président prend alors leur défense, en soutenant le suffrage universel.

Le 24 janvier 1851, Louis Napoléon change le gouvernement et nomme ses propres ministres, plutôt hauts fonctionnaires « aussi dévoués qu’inconnus ». Il fait une tournée triomphale en province. C’est le début des petits coups politiques du prince.

Qui finissent au 2 décembre 1851 où, tout naturellement, il dissout l’Assemblée, nomme Morny à l’Intérieur, s’aide de Maupas, Magnan, Saint-Arnaud et Persigny (lui, assez timoré dans ses engagements).

Peu de résistance. Morny refuse cyniquement d’intervenir trop tôt et attend le 4 décembre pour ensanglanter Paris (contre le souhait de Maupas qui préfère moins d’effusion de sang) et impressionner les gens. Mais globalement, pas beaucoup de résistance, pas beaucoup de victimes, estimées au nombre de 600 à comparer aux 20 000 de la répression de la Commune par Thiers.

Fastes, autoritarisme et prospérité

Il déménage alors au château des Tuileries, qui, comme le château de Saint-Cloud, autre résidence napoléonienne, sera détruit en 1870 et jamais reconstruit par la République.

Et place son oncle, le vieux roi Jérôme à la présidence du Sénat (Morny, après une disgrâce qui le renvoie dans son affairisme prospère, reprendra pied en politique en prenant la présidence du Corps législatif en 1854).

Tout le monde approuve le retour à un État autoritaire. Au départ, Louis Napoléon s’octroie un mandat de dix ans, envisage un mandat à vie (comme le Premier Consul, son oncle), puis, alors que tout le monde l’attend, fait un nouveau plébiscite pour restaurer l’Empire le 2 décembre 1852. Sous le nom de Napoléon III.

Commence alors une période de près de deux décennies de privation de liberté politique mais aussi de progrès économiques et industriels indéniables, avec la mise en place d’infrastructures nouvelles sur le territoire français (routes et voies ferrées).

C’est pourquoi les constituants républicains des trois Républiques qui suivront ont toujours refusé la mise en place d’une élection présidentielle au suffrage universel direct, craignant un nouveau Napoléon III. De Gaulle le restaurera en 1962, à la suite de l’attentat du Petit Clamart, et depuis 1965, le suffrage universel direct sera adopté définitivement par la population.

En finir avec le célibat

Pour revenir sur la peoplisation, une anecdote pour la fin.

En fait, sur le début de l’Empire. Basé désormais sur l’hérédité, le régime nécessite donc que Napoléon III se marie et enfante.

Son choix est fait sur la seule femme qui se refuse à lui (l’homme a séduit de très nombreuses femmes). Il choisira pour épouse contre les avis de sa famille celle qu’il aime et qu’il trouve jolie (ses proches la trouvent une bonne « maîtresse », mais pas une épouse).

Peu avant sa déclaration d’amour, le nouvel empereur, dans la cour du château de Fontainebleau, la voit au balcon de ses appartements, et lui demande s’il peut venir la rejoindre dans sa chambre. Et la belle Eugénie de Montijo de répondre : « Par la chapelle, Sire ! »

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Louis Nicolas Sarkozy ? Louis Nicolas Sarkozy ?

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25 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 15 novembre 2007 14:12

    Bien narré et vivant. Il manque la face noire, les expéditions, en particulier coloniales, le Mexique, etc ...


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 15 novembre 2007 18:35

      La IIIe République, avec notamment Jules Ferry, a poursuivi ces expéditions coloniales, sous la bienveillance de l’Allemagne qui préférait que les pays européens fussent préoccupés par l’Afrique plutôt que par l’Alsace-Lorraine.

      Ce qui n’enlève rien aux avancées de Jules Ferry dans l’Instruction publique. L’histoire n’est pas manichéenne et il y a toujours des parts d’ombre et de lumière dans les différentes époques (même si la proportion peut être très différente d’un régime à un autre).

      Bien cordialement.


    • Le péripate Le péripate 15 novembre 2007 14:31

      J’ai bien lu, et je n’ai vu aucun parallele. Mais de toutes façons la polémique se nourrit d’arguments réthoriques, qui ne sont pas le problème.

      Sur cette question, la comparaison avec Thiers a été traité avec, me semble t-il plus de pertinence, ici. http://www.rue89.com/2007/11/12/nicolas-sarkozy-cest-badinguet-ou-foutriquet


      • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 15 novembre 2007 18:23

        Effectivement, c’est ce que je dis dès le début de mon article, la situation institutionnelle était très différente, la fonction présidentielle ne contenait à l’époque aucun pouvoir à l’origine.

        La comparaison avec Thiers, qui est envisageable depuis plusieurs mois, est en effet plus pertinente, mais là encore, la situation politique est très différente et la répression des communards est sans équivalent.

        Même si les personnalités peuvent être similaires (besoin de reconnaissance et ambition très forte), Thiers est resté dans l’opposition pendant tout le Second Empire (près de 20 ans), ce qui pourrait aussi le rapprocher de François Mitterrand, ambitieux mais dans l’opposition à la Ve République pendant 23 ans (1958-1981).

        Bien cordialement.


      • ZEN ZEN 15 novembre 2007 14:52

        Bonjour Sylvain

        Le parallèle serait peut-être à trouver ici, si...

        http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/11/marie-anne-cohe.html


        • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 15 novembre 2007 18:30

          Bonjour Zen,

          Oui, l’article que vous citez est excellent dans le sens qu’il explique précisément que les propositions du Comité Balladur renforceraient le pouvoir du Président de la République.

          C’était aussi le sens de mon article sur le sujet :

          http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30978

          En revanche, à en juger par la lettre de N. Sarkozy adressée à F. Fillon le 12 novembre dernier, la proposition de donner au Président le pouvoir de définir la politique de la nation serait abandonnée.

          Mais il n’y a aucune comparaison entre la IIe République de 1848 qui était un véritable régime d’assemblées (dans le sens détestable, où se discutent surtout des intérêts particuliers dans l’oubli de l’intérêt général), et cette Ve République dont le pouvoir du Président n’est plus à façonner.

          Bien cordialement.


        • morice morice 15 novembre 2007 18:47

          Décidément, monsieur, quand ce n’est pas faire les louanges de Charles Pasqua, voilà que vous réécrivez l’histoire à VOTRE façon : « Louis Napoléon, seul à vraiment comprendre la situation » dites vous...permettez-moi d’en sourire. S’il y a bine un trait à retenir chez le personnage, c’est son incapacité à comprendre le siècle qui l’entoure. Victor Hugo n’a jamais trouvé l’individu « intéressant » comme vous osez le prétendre. Thiers, cité également, est un boucher en histoire... on lui doit au moins 25 000 morts, et vous envoyez ça d’un revers de la main « il est l’un des représentants de ceux qui ont actuellement le pouvoir » en en faisant in vague UMP.. vous délirez, là, monsieur. Ou alors Devedjian est un mec sympa aussi, c’est vrai qu’il maniait le bâton mais il n’a pas fusillé, lui. Demain vous allez nous conter qui ? Pétain en 1917, cet autre mec sympa qui a remis de l’ordre à Craonne ? Et pourquoi chez vous cette fascination pour les hommes à poigne ou de droite ? Rien sur Miss Howard, sa maîtresse, à ce mollasson de Napo 3, mais des proverbes style almanach vermot pour conclure... décidément, monsieur, l’histoire n’est pas votre fort. Je vous conseille plutôt la Physique, vous devriez y exceller. Allez, une autre citation pour montrer le côté fallot de cet abruti qui ne comprend rien à ce qui lui arrive : il est réfugié en angleterre, parti la queue entre les jambes, pitoyable : « Je ne saurais, précise-t-il, me maintenir huit jours sur le trône après une paix conclue sur ces bases ». Eugénie s’efforce en vain de le faire revenir sur sa décision : « Alors, soupire-t-elle, notre fils ne régnera pas ». « Qui sait », se borne à répondre l’Empereur en lissant sa moustache. Lisser sa moustache tout ce qu’il savait faire, ce « napoléon le petit ». Même pas fichu de savoir ce que son gosse va devenir. Génétiquement, il est vrai, il démarrait avec un gros handicap, le petit. Pour terminer, pas une seule fois son surnom : Badinguet..pourtant, si vous vouliez comparer à notre petit Napoléon actuel, il y avait de quoi : http://www.rue89.com/2007/11/12/nicolas-sarkozy-cest-badinguet-ou-foutriquet Il ya des jours où vous donnez envie, malheureusement, de quitter Agoravox pour lire Rue 89, qui semble d’avantage s’y connaître question Foutriquets. Vous auriez pu citer Valance aussi ’(« Thiers, bourgeois et révolutionnaire »), plutôt que des blagues d’Almanach Vermot.


          • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 15 novembre 2007 19:04

            J’évoquais la IIe République et la période entre 1848 et 1852. Et j’ai malgré tout évoqué la répression des communards...

            Quand j’écris à propos de Thiers : « il est l’un des représentants de ceux qui ont actuellement le pouvoir », « actuellement » reprenait 1848, pas 2007 !!! j’ai raconté l’histoire au présent...

            Mais vous ne semblez savoir lire que ce qui vous intéresse, donc inutile de débattre avec vous.


          • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 15 novembre 2007 19:12

            J’ajoute également que seul Louis Napoléon a compris la situation politique en automne 1848 et notamment qu’il fallait faire une campagne pour être élu, alors que Cavaignac et Lamartine n’avaient pas compris cette nécessité.

            Mon propos n’était pas de faire l’analyse du Second Empire, je parle de la IIe République, et il y a suffisamment de bons ouvrages sur Napoléon III (et Thiers n’était pas mon propos).


          • catso 16 novembre 2007 11:26

            Mais pas de la seconde République qui applique ses idéaux généreux,celle d’aprés les journées de JUIN de l’ordre moral et du discours de THIERS qui réstreintnle suffrage universel masculin sans rétablir le suffrage censitaire...Erichissez vous c’est Guizot.


          • tvargentine.com lerma 15 novembre 2007 18:52

            Encore une personne atteinte par la réthorique développée par les troskistes sur le TSS,qui produit toujours autant de dégats dans les esprits faibles.

            Nicolas Sarkozy est votre président et vous devez l’accepter car c’est le choix de la majorité du peuple français à la derniere élection présidentielle

            A quoi bon écrire des phantasmes qui ne portent que la haine derrière des articles comme le votre.

            Faites le choix des idées plutot que celui de la haine


            • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 15 novembre 2007 18:59

              Relisez ce que je dis à 18h23, ci-dessus !


            • CAMBRONNE CAMBRONNE 15 novembre 2007 19:00

              BONSOIR A TOUS

              Merci à l’auteur pour son excellent article .

              certes il existe de bons ouvrages sur le second empire qui rendent justice à Napoléon III mais Sylvain nous l’a fait court et percutant .

              Deux modestes remarques de ma part : C’est victor Duruy ministre de Napoléon III qui fut le vrais fondateur de l’ecole publique gratuite . Elle n’était pas encore rendue obligatoire et ne le fut pas en raison du revers de sedan mais l’essentiel était lancé.

              Par contre c’est bien Jules FERRY qui fut le plus grand colonisateur de l’histoire de france .

              Napoléon III ne voyait au Mexique qu’un moyen de limiter la domination des Etats unis en Amérique du nord puis du sud et de déveloper une zone d’influence européenne .

              Il n’a jamais été question de coloniser le mexique à la manière de l’algérie ou de ce qui fut fait par la suite sous la troisième république .

              Vive la république quand même .


              • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 15 novembre 2007 19:16

                Il y a des périodes courtes de l’histoires politiques qui façonnent le pays pour de longues décennies. C’est toujours intéressant de bien comprendre la chronologie des faits.

                Au même titre que la nomination de Pétain en juin 1940 n’était pas inéluctable et était plutôt le fait d’un manque de discernement du Président Albert Lebrun (qui s’est montré l’un des plus médiocres de l’histoire).

                Bien cordialement.


              • brieli67 16 novembre 2007 13:53

                http://www.annales.org/archives/x/freysselinard.html un de ses arrière-petit-fils

                lisez son article très nuancé sur wikipedia et cette notice http://pagesperso-orange.fr/freysselinard/Albert%20Lebrun%20fichiers/Notice%20sur%20Albert%20Lebrun.html

                Contacté par la Résistance pour une exfiltration en Algérie, peut-être parce que Roosevelt voulait le remettre en fonction comme Président pour écarter le général de Gaulle qu’il n’aimait pas, Lebrun refusa.

                Passation de pouvoir [modifier]

                En 1945, il demande en vain à transmettre le pouvoir aux nouvelles autorités, en tant que président de la République élu jusqu’en 1946, et est reçu par le général de Gaulle qui dira de lui dans ses Mémoires : « Comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un État » ; cette citation est à nuancer car, sous la Troisième République, le pouvoir exécutif était détenu par le Président du conseil et le régime reposait sur une pluralité de pouvoirs.

                Une belle « vacherie » du sous-secrétaire d’État à la Guerre et à la Défense nationale de juin 4o.

                Albert Lebrun est fils et petit-fils de Maître-de-Poste http://www.museedelaposte.fr/Collections/Salle_2/index.htm sur Paris-Strasbourg.

                Que conclure ? Un peu léger après votre torchon « Pasqua »


              • armand armand 16 novembre 2007 11:10

                Il est toujours uile de rappeler des époques pas si lointaines que ça, et qui déchaînent encore des passions (n’est-ce pas morice ?)

                Le seul point de ressemblance est celui de la prise de pouvoir plébiscitaire, très discutable, évidemment, la 2nde république n’ayant pas que des tares et comportant de nombreux talents même s’ils n’arrivaient pas à se mettre d’accord.

                Sinon, Louis-Napoléon était à bien d’égards un visonnaire : projet de Nations unies avant la lettre, d’union monétaire ’latine’, de royaume ’arabe’ en Algérie qui nous aurait évité bien du grabuge plus tard. C’était de plus un syndicaliste convaincu, gardant de sa jeunesse ’carbonaro’ une certaine sympathie pour les révolutionnaires (il a tenté de sauver les têtes de ceux qui ont manqué de peu de l’assassiner à la sortie de l’Opéra en 1858), susceptible de comprendre les aspirations des peuples asservis. Quant à son autoritarisme, il se présentait comme ... le meilleur ’opposant’ à lui-même (disant avec humour qu’avec Eugénie monarchiste et lui-même socialiste il ne restait plus qu’un bonapartiste, Persigny, qui est fou...). Même l’intervention mexicaine, compte tenu des circonstances de l’époque (l’Amérique aux prises avec la guerre de sécession) n’était pas en elle-même une idée farfelue. La tragédie de son règne c’est qu’il a réellement tenté au cours des dernières années de laisser libre cours au débat politique, affirmant notamment qu’il s’occuperait de la sécurité extérieure laissant la politique aux élus. Malade, fatigué, il n’a pu s’opposer aux va-t-en guerre de 1870 - alors même que son homologue, Guillaume Ier de Prusse, ne voulait pas non plus d’un conflit.

                A mes yeux, un personnage bien plus sympathique que son oncle...


                • CAMBRONNE CAMBRONNE 16 novembre 2007 18:23

                  Bonsoir Armand

                  Nous sommes bien d’accord sur le personnage de Napoléon III qui est une figure marquante positivement de notre histoire . Sauf pour les imbéciles CF MORICE qui se contentent de la vulgate républicaine . La Troisième république qui a commencé dans le sang de la commune devait bien se trouver un faire valoir et Napoléon trois faisait l’affaire .

                  Que d’intoxication dans l’histoire officielle des LAVIS , Mallet et Isaac .......

                  Salut et fraternité .


                • armand armand 16 novembre 2007 23:18

                  Bonjour Cambronne,

                  J’étais certain que nous étions sur la même longueur d’onde sur ce point. Ce qui est cocasse, c’est que les futurs communards ont même été à deux doigts de tenter une insurrection avant que n’éclate la guerre de 70, tellement l’Empereur leur avait laissé les coudées franches.


                • La Taverne des Poètes 16 novembre 2007 11:11

                  Alors Sarkoléon Trois ou Sarkoléon le Thiers ? Il faut choisir.

                  Je ne sais pas si on peut réduire l’opposition de Victor Hugo au Troisième Empire à une question de vexation ni l’instauration du suffrage universel en 1962 à une question d’attentat. Ces deux aspects me semblent avoir fait ici l’objet de raccourcis.


                  • Leila Leila 17 novembre 2007 13:49

                    Trois différences entre Louis Napoléon Bonaparte et Nicolas Sarkozy :

                    1) Louis Napoléon plaisait aux femmes (pas seulement aux arrivistes).

                    2) Louis Napoléon n’a pas collaboré avec l’ancien régime.

                    3) Louis Napoléon a commencé par être un homme de gauche. Il a même écrit un livre : « L’extinction du paupérisme ».


                    • 5A3N5D 17 novembre 2007 17:02

                      ... ce qui le différencie radicalement du régime actuel ! La situation économique en 1848, n’était pas fameuse et l’exode rural drainait vers les grandes villes une foule de paysans allant grossir les rangs des chômeurs. C’est sans doute le seul parallèle qu’on puisse faire entre les deux époques.

                      En 1847, le secteur de la finance se portait mal ; ce n’est pas le cas aujourd’hui, et Napoléon avait une autre conception de sa mission : « La pauvreté ne sera plus séditieuse, lorsque l’opulence ne sera plus oppressive. »

                      Lui avait compris que le désespoir et l’injustice arrogante pouvaient renverser des trônes et qu’il y avait un remède à cela. A croire que les leçons de l’histoire ne sont jamais apprises.


                    • armand armand 17 novembre 2007 17:30

                      Et Napoléon III avait de l’humour en plus. Une anecdote me vient à l’esprit, un soir le marquis de Galliffet, alors son aide-de-camp, s’empare une grosse carpe dans un des bassins des Tuileries et l’installe non sans mal dans la baignoire de son appartement au palais pour honorer un pari. Le poisson qui se débat réveille Louis-Napoléon, qui envoie un page se renseigner sur l’origine du bruit. ’C’est Galliffet aux prises avec une carpe, Majesté’ lui rapporte le jeune homme. ’Ah bon ? Il les appelle des carpes maintenant’ répondit l’Empereur.


                      • Imhotep Imhotep 17 novembre 2007 19:49

                        Il serait assez intéressant de connaître la pertinence du titre car son intérêt c’est du tout vu : se servir de Sarkozy pour attirer le chaland.


                        • morice morice 18 novembre 2007 00:19

                          L’homme est un habitué : « ange ou démon » pour Pasqua, fallait oser mettre le mot « ange ». Ce n’est pas parce qu’il est d’origine corse que c’est un « ange » nécessairement.


                          • keiser keiser 18 novembre 2007 11:27

                            Il est vtai que la comparaison est tentante mais ce n’est pas nouveau et notre petite excellence en est parfaitement conscient , à tel point qu’il avait reuni un petit comité pour en discuter (suite à l’article de marianne).

                            Les points communs ne sont surement pas fortuits , le guide supreme du reve d’egemonie de 2007 , s’en est surement inspiré :« Sévissant d’une main, l’Empereur cherche aussi à séduire et à rallier de l’autre. » (wiki).

                            Cet article tendrait il à nous faire un petit coup de revosionnisme en gommant la face cachée du personnage par quelques artifices de progrés qui somme toute n’etait que le rattrapage d’un certain retard de la france ( encore un point commun ).

                            J’espere seulement que sarkopium du peuple est au courant des resultats insurrectionnels de cet empereur .

                            Le petit point interessant est que le mouvement anarchiste (ne pas confondre avec l’anomie) , est une peu redevable de cette fin de regne .

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