• jeudi 23 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > M. le Président, de Franz-Olivier Giesbert
67%
D'accord avec l'article ?
 
33%
(30 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

M. le Président, de Franz-Olivier Giesbert

On nous explique que la presse et les ondes françaises, dont plusieurs patrons comptent parmi ses amis, sont depuis 2007 à la botte d’un petit Napoléon qui ferait et déferait les carrières. On a pourtant rarement vu président de la République si constamment étrillé et moqué de tous bords. En tous cas M. Giesbert, rédacteur en chef d’un magazine qui ne ménage guère Sarkozy, semble fort bien se porter, et la verve cruelle de son dernier ouvrage, M. Le PRESIDENT, Scènes de la vie politique 2005-2011 , ne lui vaudra sans doute d’autre disgrâce que de ne plus rencontrer son modèle. On suppose qu’il s’en consolera.

Ni portrait biographique en pied, ni analyse politique savante, l’ouvrage procède à petites touches juxtaposées -cinquante chapitres de quatre ou cinq pages- s’inscrivant dans une problématique formulée ainsi dès l’Avant-propos : « Pourquoi tant de haine contre cet homme ? On a rarement vu un pouvoir autant vomi, moins pour sa politique que pour la personne de son chef. J’ai cherché à comprendre. » La technique pointilliste adoptée par l’auteur défie le compte rendu méthodique, même si l’on reconnaît au fil des pages une chronologie : essentiellement de la campagne de 2007 à ces derniers mois, et un approfondissement progressif à la recherche des causes secrètes. Cette écriture à sauts et gambades, de saynète vécue en anecdote de seconde main, évite l’ennui sinon l’éparpillement, mais tout y passe et les contempteurs de Sarkozy ne seront pas déçus.

Voici en vrac le balourd dédaignant la truffe et le bon vin : « Je préfère le Coca light. » ; le plouc en amour : « Tournis de caresses, de baisers, de regards de merlan frit » sous l’œil des paparazzi, avant le fameux « Carla, c’est du sérieux » en pleine conférence de presse ; le parleur incontinent, « pipelette du PAF » : « Quand il ne parlera plus, il faudra s’inquiéter, c’est sans doute qu’il sera mort » ; l’ingrat en amitié, par exemple avec Mariani ou Devedjan ; le tourmenteur de ministres « qui paraît se complaire dans l’avilissement des siens » ; le mâle dominant, de son aveu même à Villepin ; « le petit frère des riches » : « Quand je ne serai plus président, vous savez ce que je ferai ? Du fric et encore du fric » ; l’opportuniste sans doctrine : « Vérité un jour, mensonge le lendemain » ; l’enfant-roi, « foutriquet qui veut la plus belle femme et le plus gros avion du monde pour épater la galerie » ; et même, ce qui surprend le plus, le mauvais communicant, « déplorable publicitaire de lui-même », voire le piètre tacticien, notamment dans sa gestion du remaniement.

On voit que la charge est rude. F-O.G ne tombe pourtant pas dans le dénigrement hystérique. Il reconnaît à Nicolas Sarkozy de grandes qualités d’intelligence -« un surdoué »-, une mémoire prodigieuse, une grande capacité de travail, l’énergie, la souplesse, la ténacité, la rapidité d’exécution. L’œuvre accomplie en quatre ans ne lui paraît pas négligeable : l’autonomie des universités, le renforcement des droits du Parlement, la simplification de la vie des PME, l’adaptation de la carte judiciaire, le RSA, l’élagage d’une administration pléthorique, et le QPC, question prioritaire de constitutionnalité, qualifiée de véritable « révolution institutionnelle ». S’il ne prend pas partie sur la réforme des retraites, le journaliste à la dent dure met aussi au crédit de ce président une réactivité saisissante lors de la crise financière. Et de reprendre à la fin la question initiale : « Que s’est-il passé pour que la grande majorité des Français l’ait rejeté ? C’est à lui, d’abord qu’il faut imputer ce désamour. A son amour-propre, ses rodomontades, sa recherche de la gloriole et ses manières de tyranneau malappris. »

La fracture est inscrite dès le sacre avec « le doigt d’honneur du Fouquet’s ». Franz-Olivier Giesbert croit pouvoir en chercher la cause dans l’enfance, et faire dépendre de sa réduction l’éventuel sursaut : « S’il veut rebondir et reconquérir la France, il faudra bien que Sarkozy rompe avec la marionnette dont il tire les ficelles derrière le rideau. Il faudra aussi qu’il consente à se poser, maintenant qu’il a pris toutes ses revanches. Contre ce père qui, en divorçant, l’a quitté avant de l’oublier, et qu’il n’arrive toujours pas à aimer. Contre sa jeunesse désargentée dans les beaux quartiers de Neuilly, sous les regards humiliants des enfants de la haute. Contre son frère Guillaume qui l’a toujours méprisé. Contre les aristocrates de la politique qui l’ont toujours toisé, lui, le petit Hongrois bancal. Contre les attaques si basses sur son physique, ses talonnettes, sa jambe un peu plus courte que l’autre. Contre le monde entier, en vérité. »

Sarkozy est-il fini ? Et si oui, dans quel sens du mot ? L’auteur se garde de trancher, au terme d’un livre sans douceur et sans haine. « Parfois, il faut cinquante ans pour faire un homme. Parfois, soixante. Nicolas Sarkozy n’est plus tout à fait le même. Il a peut-être enfin commencé à se trouver. Il est fait ; il est fini. »

Arion

Le blog




par jlhuss vendredi 15 avril 2011 - 29 réactions
yahoo
67%
D'accord avec l'article ?
 
33%
(30 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Daniel Roux (---.---.---.142) 15 avril 2011 10:29
    Daniel Roux

    Quel est le sujet de l’article ? Sarkozy ou la promotion du bouquin de Giesbert ?

    S’il s’agit de Sarkozy et de sa faillite politique, pourquoi passer sous silence l’affaire de Karachi, les rétro commissions, les guerres néo coloniales, la gabegie des finances publiques, le sabotage de la Sécu, des hôpitaux et des services publics, le communautarisme anti laïc, les cadeaux aux plus riches aux dépens de la classe moyenne, la débacle sécuritaire.... et se limiter à ce qu’il y a de plus insignifiant, la personne de Sarkozy et ses petits malheurs ?

    S’il s’agit de vendre le bouquin, Giesbert l’a déjà fait sur tous les médias, télés, radios, journaux... jusqu’à la nausée.

  • Par non666 (---.---.---.176) 15 avril 2011 13:57
    non666

    Merci pour le resumé qui nous evite de payer un bouquin que nous n’aurions de toute façon pas acheté vu le caractere vendu de son auteur...

    FOG a fait parti de ceux qui ont contribué à la mise en notorieté de Sarkozy, de 2002 à 2007.
    Aujourd’hui, juste avant le naufrage , il fait comme tous les collabos en 1944 : il nous livre son boche...ou plus precisement son austro-hongrois.
    On pourrait penser que la communauté juive manque singulierement de solidarité entre elle si BHL n’avait fait le chemin inverse a l’occasion d’un appel à la ratonnade en Lybie.
    Un arabe qui ne sert pas inconditionnelement les interets de la clique judeo-anglo-saxonne est un arabe a abattre.
    L’emir jaber du Koweit et la royauté seoudienne, tout aussi democrate que Khadafi, se portent eux, comme des charmes...


    FOG , insensible aux efforts desespérés de Sarkozy pour se racheter une conduite aupres des « decideurs auto-proclamés » va nous vendre du DSK par ricochet.
    Il est frais mon poisson, davantage que la morue de l’etal d’en face !
    Rien de se qu’il ecrit n’etait imprevisible vu ce qu’etait Sarkozy, dès 2007
    FOG a donc été un borgne consentant à un moment (en 2007)et maintenant, il nous livre la vision de l’oeil qui voit encore.



  • Par Vilain petit canard (---.---.---.225) 15 avril 2011 15:21
    Vilain petit canard

    Aah bah, FOG change de mangeoire. Ce grand dadais louchon et prétentieux, après avoir léché et sucé la cause sarkozienne, se retourne en urgence, vu que pour 2012, il va falloir plaire aux futurs maîtres.... ceux qui remplaceront Sarkoléon. FOG est le type même du petit marquis parisien, persuadé d’être indispensable au pays, aux Belles-Lettres, et la vie intellectuelle du café de Flore. Donc son avis est évidemment primordial, et il nous le balance en continu depuis 2 semaines.

    Maintenant, il montre qu’il sait retourner sa veste avec une grande ardeur. et en lus, il nous vend sa soupe - cher. je vais vous dire, et ça va paraître énorme, je sais, mais par contraste, ça me rendrait presque Sarko sympathique....

  • Par tomatoketchup (---.---.---.143) 15 avril 2011 15:14

    fog et le prototype même du journaleux opportuniste.
     le voila maintenant dans l’opposition
    il n’est évidement pas le seul il y en a une bonne flopée comme lui,malheureusement

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération