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Accueil du site > Actualités > Politique > « Madame la présidente », ou le centrisme de caractère

« Madame la présidente », ou le centrisme de caractère

En cette période pré-électorale, tandis que les médias discutent les chances pour une femme d’accéder pour la première fois en France à la fonction suprême (Ségolène Royal, Michelle Alliot-Marie), après la diffusion d’une série télé légère, « Madame la présidente », France 3 s’intéressait en ce 11 novembre à un monstre sacré de l’UDF. Femme de courage et de caractère, Simone Veil devint, à partir de 1975, la personnalité politique la plus populaire de France. Présidente du Parlement européen entre 1979 et 1982, elle a gagné son titre de « Madame la présidente ».

Madame Veil s’est battue sept ans (1957-1964) au ministère de la Justice pour la dignité humaine des détenus et contre les prisons moyenâgeuses. Elle a été ensuite ministre de la santé, poste qu’elle a gardé entre 1974 et 1979 et ceci en dépit des changements ministériels. Entre 1993 et 1995, elle fut ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville. Si l’on ajoute, à ces différents domaines, l’expérience qu’elle a acquise comme présidente du Parlement européen et son mandat actuel de membre du Conseil constitutionnel, on voit à quel point la dame aurait pu, elle aussi, s’imposer dans le débat présidentiel, incarner le charisme au féminin.

Madame Veil représente un centrisme de caractère, comme Françoise Giroud en son temps ou François Bayrou aujourd’hui. Sa seule personne impose un démenti flagrant aux accusations de « centrisme mou » perpétrées par des partisans qui entretiennent le clivage violent entre droite et gauche. Gouverner au centre est un risque qui se paie. Giscard le dit dans son dernier ouvrage, c’est s’attendre à recevoir des coups violents des deux côtés. Mais, dit-il, sa conviction intime reste malgré tout que c’est au centre qu’il faut tenir la barre. Le documentaire de samedi dernier rappelait combien Simone Veil lutta contre forts courants et essuya de réactions violentes et d’injures lors du vote de sa loi sur la dépénalisation de l’avortement. C’est sans peur qu’elle fit face à ses nombreux adversaires, dit Monsieur Veil, son époux.

Cette absence de peur lui vient-elle des épreuves surmontées ou de sa forte nature ? Le reportage ne tranche pas. Simone Veil n’eut pas peur de secouer le microcosme politique non plus en déclarant : « Il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une réunion électorale. Un jour, je me suis endormie pendant mon propre discours. »

Le centre est un dépassement des clivages politiques. Est-ce pour cela que Simone Veil a choisi cette mouvance ? Elle, qui fut déportée et connut les pires humiliations de la part des Allemands, elle qui n’a pas oublié l’enfer du camp et cette « odeur atroce en permanence, du fait des crématoires, des corps qui brûlaient sans arrêt, une fumée qui faisait que le ciel n’était jamais clair », elle, la juive humiliée, s’est néanmoins engagée avec détermination dans la réconciliation franco-allemande au risque de côtoyer d’anciens bourreaux. (Elle évoque cette époque en disant qu’elle ne pouvait parfois réprimer une interrogation sur le passé de certains de ses interlocuteurs.) L’autre motivation, c’est sa mère qui la lui donne. « Maman est morte du typhus à Bergenbelsen [...] On me demande souvent ce qui m’a animée, ce qui m’a donné cette volonté : je crois profondément que c’est elle [...] Je suis sûre que maman aurait souhaité cette réconciliation, et que j’y participe l’aurait rendue très heureuse ! »

Si l’on peut réconcilier deux peuples après avoir vécu le pire, ne peut-on pas dépasser aisément les clivages politiques ? Madame Veil est présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Elle rappelle qu’elle se sent heurtée lorsque le nom de la Shoah est employé en des comparaisons douteuses aujourd’hui.

Je constate avec amertume la confusion que fait souvent Internet entre cette grande dame et une autre grande dame quasi homonyme, la philosophe Simone Weil (avec un « w » : 1909-1943). Ce qui est pardonnable sur Google l’est moins pour Le Figaro ou Télérama. Le site Internet du Figaro littéraire se fourvoyait dans sa mise en ligne du 13 juin 2006 et légendait
une photo du commentaire suivant, faussement attribué à Simone Veil : « Le PC s’est chargé de démontrer à la perfection la décadence et la nullité d’un parti. » Hier, en allant sur le site de Télérama, j’ai constaté avec dépit que le moteur de recherche mélangeait tout.

Simone Veil continue son travail discret au sein du Conseil constitutionnel. Les nouvelles générations la connaissent-elles bien ? Madame Veil, qui a été la première ministre d’Etat, la première présidente du Parlement européen, ne sera pas la première présidente de la République. Mais moi, je dis "chapeau, Madame la présidente !"

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18 réactions à cet article    


  • duong (---.---.123.107) 15 novembre 2006 12:38

    La confusion avec Simone Weil est effectivement très fréquente

    (c’est comme tous ces gens qui maintenant écrivent « hors » pour la conjonction de coordination « or »).

    Plus anecdotiquement, je l’ai croisée récemment, avec une tenue extrêmement élégante.

    Les jeunes générations ne savent pas toutes ce qu’elles lui doivent et ce qu’elle a enduré pour cela, concernant l’IVG notamment.


    • La Taverne des Poètes 15 novembre 2006 18:39

      Bonjour Duong,

      Simone Veil a une classe naturelle. C’est une très belle femme. L’envie de rédiger un article sur elle m’a pris spontanément en voyant le documentaire TV. Je fonctionne à l’instinct...

      La confusion avec Simone Weil, je tenais à la soulever car on voit là les limites de la monstrueuse technologie sans âme qui nous entoure et à laquelle j’oppose ici la femme, la vie...


    • lolokerino (---.---.41.177) 15 novembre 2006 13:39

      merci de cet exposé et rappel sur cette grande dame de la vie politique française

      Content de retrouver sur ce site les interventions du poete puisque le forum Udf a disparu (censuré ??)

      cordialement du Bihan


      • F. Lefebvre-Naré (---.---.244.231) 15 novembre 2006 14:45

        Sur ce point précis : les sites de l’UDF ont été rendus indisponibles suite à des attaques de pirates il y a quelques semaines. Certains ont pu être progressivement remis en route, mais ce n’est pas encore le cas des forums.


      • La Taverne des Poètes 15 novembre 2006 18:33

        Bonjour Le Bihan,

        comme on se retrouve ! Ce « merci » me va droit au coeur car j’aime quand les lecteurs tirent un bénéfice voire du bonheur dans la lecture d’un article.

        C’est ennuyeux cette panne du forum UDF. Le débat y était très libre, autant qu’ici. J’espère que ce sera réparé bientôt. Pour que je vous y retrouve et quelques autres.

         smiley


      • lolokerino (---.---.41.177) 16 novembre 2006 07:25

        Sur ce point precis, je trouve etonnant le temps necessaire pour retablir ce forum !

        Cela doit bien faire 1mois, 1mois et demi qu’il est fermé

        J’ose esperer que ce n’est qu’une question technique.... cordialement

        Laurent


      • roumi (---.---.74.206) 15 novembre 2006 13:54

        superbe article la taverne des poetes .

        et beau rappel de la carriere d’une personne politique charniere , et d’un engagement ou l’humain prime .

        avec de grandes prises de risque .aux bon moments .

        grande dame vraiment .

        lien de l’ina pour le debat sur l’ivg :http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=le+s%E9nat+et+l%27avortement&num_notice=1&total_notices=2


        • La Taverne des Poètes 15 novembre 2006 23:06

          Merci Roumi pour le lien vers ces archives de l’INA. Une grande dame, simple, discrète et efficace.

          Pour cette réforme, elle a essuyé des menaces et propos violents du genre « Vous envoyez les enfants au four crématoire ! ». Lui jeter cela à la figure, alors qu’elle a perdu sa mère en déportation et qu’elle a connu les pires humiliations...

          Alors oui, l’humain avant tout. Et même avant dieu.


        • Devinez qui vient dîner ce soir ? (---.---.255.112) 15 novembre 2006 18:36

          Savez-vous, Taverne, que vous avez une manière très tendancieuse de glaner des éléments pour les réunir et les présenter de façon édifiante pour soutenir votre idée déjà faite ?

          Savez-vous que vous vous y prenez à la façon d’un gros raciste ?

          D’autre part, si de nombreux faits cités sont vrais, l’ensemble est un gros mensonge éhonté et tout simplement tendancieux. Autrement dit de la propagande : on part de quelques éléments vrais (tirés du contexte), on y ajoute une bonne dose de vraisemblable, puis on fait monter la sauce.

          De nombreuses références d’articles manquent cependant (les dates de publication). Or, sur un sujet aussi sensible, le maximum d’objectivité est requis. Je doute que les journaux cités aient traité la question avec autant de légèreté.

          Vous répondez là comme un crétin et vous n’apportez rien au débat par ces propos infondés et excessifs.


          • roumi (---.---.74.206) 15 novembre 2006 20:05

            oh tu as ete replie .

            c’est bete !-8


            • Berger à Begère (---.---.22.162) 15 novembre 2006 20:45

              Oui, c’est ballot d’être replié, d’autant que ce texte pétri d’humanisme, a été intégralement écrit par Taverne des Poètes lui même en personne avec ses petits doigts musclés.

              L’humanisme de Simone Veil, à coté, c’est de la gnognotte !!.


            • roumi (---.---.74.206) 15 novembre 2006 21:10

              tant pis ma fonction ce soir c’est « gardien du Temple »

              ca n’enleve rien aux qualites de « simone veil » qui etais le sujet .

              donc je te connais mieux ; -1 , non mais .


              • BHL en personne (---.---.147.9) 15 novembre 2006 21:29

                Je tout d’abord à vous féliciter pour cette excellente initiative et votre brillant article et je tiens à apporter quelques précisions ou corriger quelques imprécisions.

                Je reste, bien entendu à votre disposition pour toute question que vous voudrez bien vouloir débattre.

                Recevez, cher Taverne, mes cordiales salutations et à charge de revanche bien sur.

                BHL

                Nous constatons une très forte implication des élus locaux quiquette dans les 367 projets qui ont été labellisés« , a certifié Catherine Vautrin le 10 octobre. 80 000 enfants auront bénéficié d’ici à la fin de l’année du dispositif d’appui éducatif personnalisé, hors temps scolaire, accompagnés par 390 équipes pluridisciplinaires. Sarkozy Potter et sa sécurité magique : Nicolas Sarkozy avait aussi tenté de récupérer la chanson, révèle Cali dans Le Monde 2. Là encore quiquette l’artiste a dit non. Mais cela montre bien que Nicolas aussi se prétendait l’artisan de notre bonheur. Sa méthode : quiquette le « sécuritarisme ». Evidemment, cela ne va pas sans quelques sacrifices sur le plan de notre vie privée, comme quiquette le fichage étendu et systématiqueEn France, le droit de pétition est défini par l’article 4 de l’ordonnance du 17 quiquette novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires et par les articles 147 à 151 du quiquette Règlement de l’Assemblée nationale. Mais le droit existe en fait de manière presque permanente depuis la Révolution quiquette française. C’est un »programme cousu-main qui place enfants et quiquette parents au cœur du dispositif ", a déclaré la ministre en quiquette donnant des exemples concrets : prise en charge des problèmes de santé, apprentissage des règles de vie en commun ou pratique sportive. comme on se retrouve ! Ce « merci » quiquette me va droit au coeur car j’aime quand les lecteurs tirent un bénéfice voire du bonheur dans la lecture d’un article. C’est ennuyeux cette panne du forum UDF. Le quiquette débat y était très libre, autant qu’ici. J’espère que ce sera réparé bientôt. Pour que je vous y retrouve et quelques autres.Il faut former les citoyens à remplir pleinement leur rôle pour qu’ils contrôlent vraiment l’action quiquette politique (sans toutefois exercer une sorte de tutelle sur les élus). Sans quoi nous resterons dans un système de pure démocratie représentative « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler quiquette ne mérite ni égards ni patience. » (René Char, Fureur et mystère)où les élus oublient la notion de mandat et ne quiquette raisonnent qu’en termes de carrière. Le populisme est aussi, selon moi, un moyen de contrôler la « révolte du quiquette pronétariat » et les influences de la sphère Internet où des citoyens d’un niveau d’instruction assez élevé et quiquette disposant d’assez de temps et de désir de débattre expriment leurs idées.Le premier à avoir entonné la chansonnette, c’est Laurent Fabius, qui a choisi comme thème d’entrée quiquette dans sa campagne le titre d’une chanson de Cali C’est quand le bonheur ?. Le chanteur s’est opposé après coup à l’utilisation de sa chanson à des fins politiques. Fabius propose plus de sous pour être plus heureux (augmentation quiquette conséquente du Smic) Simone Veil a une classe naturelle. C’est une très belle femme. L’envie de rédiger un quiquette article sur elle m’a pris spontanément en voyant le documentaire TV. Je fonctionne à l’instinct...La confusion avec Simone Weil, je tenais à la soulever car on voit là les quiquette limites de la monstrueuse technologie sans âme qui nous entoure et à laquelle j’oppose ici la femme, la vie...

                En attendant ce sont 1600 pétitions en tous quiquette genres qui sont diffusées par le site. Ironie du sort, il en existe même une qui réclame le rétablissement du quiquette recours à la guillotine. Fort heureusement, il en est une autre qui aussitôt dénonce le risque de remise en cause par certains de l’abolition de la peine de mort. Ainsi vont les quiquette choses, et les citoyens s’y combattent à coups d’idées mais jamais à court d’idées. mais nous verrons plus loin que quiquette l’augmentation de revenus n’induit pas systématiquement un sentiment de bonheur accru, passé le premier effet.Quelques quiquette moyens : introduire des procédés de démocratie directe ou renforcer ceux qui existent déjà comme la pétition, créer une troisième chambre sur la base du Conseil économique et quiquette social en y adjoignant une formation de gens issus de quiquette la société civile formés préalablement et rétribués pour la période de leur mission. Pour Ed Diener, d’une manière générale, les cultures ou les personnes qui privilégient les relations sociales plutôt que les biens quiquette matériels ont de meilleurs scores de satisfaction de vie. L’argent nous délivre des soucis, mais s’il devient obsessionnel (que l’on soit pauvre ou riche), il pourrit nos quiquette chances de bonheur. Cette chambre n’aurait pas voix délibérative, comme l’Assemblée et le Sénat, elle ne quiquette pourrait pas être dissoute par le chef de l’Etat, et elle quiquette serait à l’abri des pressions du gouvernement et des partis. « Nous constatons une très forte implication des élus quiquette locaux dans les 367 projets qui ont été labellisés », quiquette a certifié Catherine Vautrin le 10 octobre. 80 000 000 000 enfants auront bénéficié d’ici à la fin de l’année du quiquette dispositif d’appui éducatif personnalisé, hors temps scolaire, accompagnés par 390 équipes pluridisciplinaires. Il n’y a aujourd’hui pas d’évaluation au long cours de quiquette l’action publique. J’ai proposé de créer des jurys de citoyens qui évalueraient les politiques publiques, quiquette par rapport à la satisfaction des besoins, ou par rapport au juste diagnostic des difficultés qui se posent, non pas dans un sens de sanction, mais pour améliorer les choses. Ces jurys de citoyens pourraient être constitués par quiquette tirage au sort. Comme dans la Grèce antique. » C’est un « programme cousu-main qui place enfants et parents au cœur du dispositif », a déclaré la ministre en donnant des exemples concrets : prise en charge des problèmes de santé, apprentissage des règles de vie en commun ou pratique sportive. Arnaud a quiquette aujourd’hui 29 ans. Il a vu le jour dans une clinique parisienne. Sa mère biologique est kabyle, et l’a abandonné. Ce qui a entraîné l’adoption par les époux L. Arnaud a retrouvé sa « vraie » famille en 1997. Mais en 2002, l’une de ses sœurs est assassinée. Il a voulu se porter partie civile, mais sans filiation légale, cela lui a été refusé. C’est pourquoi, dit-il, il se bat aujourd’hui. Sa sœur Fatima vit à Caen. Elle est bien décidée à le suivre dans sa quiquette procédure de mariage. « Sa démarche est légitime. Il faut lui restituer son vrai nom. Mon frère souffre énormément de cette situation. », dit-elle.En tout cas, chers quiquette candidats aux élections présidentielles, ne nous promettez pas l’impossible ! Montrez-nous plutôt par l’action concrète ce qui peut améliorer notre quotidien. Méditez l’exemple de Coluche, et entonnez ce premier couplet de la chanson des Enfoirés :Ses membres ne seraient pas élus mais tirés au sort, afin qu’ils ne puissent pas se revendiquer de la légitimé des urnes pour contrer les pouvoirs du Parlement et du président.Madame Veil s’est battue sept ans (1957-1964) au ministère de la Justice pour la dignité humaine des détenus et contre les prisons moyenâgeuses. L’avantage pour celui ou celle qui manœuvre ce type de démagogie, c’est qu’il peut se situer hors clivage. Le populisme de Le Pen, par exemple, a capté des votes d’ouvriers bien éloignés du libéralisme défendu par le chef d’extrême-droite. Des pauvres de banlieue voteront pour Sarkozy, représentant du grand capital soutenu par les grands patrons. Du coup, plus besoin de s’en tenir à la ligne stricte définie par son propre parti, même quand cette ligne a été élaborée par des voies démocratiques internes.Elle a été ensuite ministre de la santé, poste qu’elle a gardé entre 1974 et 1979 et ceci en dépit des changements ministériels.

                C’est la thèse que défend Pascal Buckner dans le livre précité : « Le malheur n’est pas seulement le malheur : il est, pire encore, l’échec du bonheur » dans notre société où être heureux est une obligation morale qui pèse sur chacun. Ainsi dit-il : « Nous constituons probablement les premières sociétés dans l’histoire à rendre les gens malheureux de ne pas être heureux. »Entre 1993 et 1995, elle fut ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville. Si l’on ajoute, à ces différents domaines, l’expérience qu’elle a acquise comme présidente du Parlement européen et son mandat actuel de membre du Conseil constitutionnel, on voit à quel point la dame aurait pu, elle aussi, s’imposer dans le débat présidentiel, incarner le charisme au féminin. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793 disait dans son article premier : « Le but de la société est le bonheur commun. » C’est la seule constitution française qui ait fait porter sur l’Etat l’obligation de rendre le peuple heureux. Cette constitution n’a pu être appliquée, et l’on ne saura donc jamais si cette entreprise philanthropique envers le peuple français aurait abouti.Madame Veil représente un centrisme de caractère, comme Françoise Giroud en son temps ou François Bayrou aujourd’hui. Sa seule personne impose un démenti flagrant aux accusations de « centrisme mou » perpétrées par des partisans qui entretiennent le clivage violent entre droite et gauche. Gouverner au centre est un risque qui se paie. Le politique n’est pas en reste non plus ; elle aime bousculer. Les petites phrases font le miel des médias. Michel Charasse, sénateur socialiste, dévoile sur son blog les coulisses de ses interviews, dont celle donnée à RTL le 10 mai 2006 qui contenait ces propos hors antenne : « De toute façon, les militants socialistes ne veulent pas gagner l’élection présidentielle. Ce qu’ils veulent, c’est que leurs copains dirigent la mairie, ou le Conseil régional, pour que leur fils puisse avoir un poste de balayeur, ou alors qu’il puisse obtenir une affectation ici ou là pour être avec sa copine. » Plus efficaceGiscard le dit dans son dernier ouvrage, c’est s’attendre à recevoir des coups violents des deux côtés. Mais, dit-il, sa conviction intime reste malgré tout que c’est au centre qu’il faut tenir la barre Je suis de près, depuis quelques années les diverses formes et mécanismes de démocratie participative : les budgets participatifs, les jurys de citoyens, les conférences de consensus à la suédoise. J’organise, à Poitiers, depuis deux ans, un colloque annuel consacré a la démocratie participative. Avec des chercheurs, des praticiens et des chercheurs venus du monde entier. Tous ces dispositifs de démocratie participative ont en commun de reconnaître la capacité d’expertise légitime des citoyens et de créer les conditions d’une délibération informée. La démocratie participative ne s’arrête pas à la seule phase “amont” : préparation de la décision, décision, action : “écouter pour agir juste”. Pourquoi ne pas l’utiliser pour évaluer les résultats de l’action publique ? La responsabilité politique est mise en cause à chaque renouvellement électoral puisque les citoyens peuvent sanctionner les élus qui n’ont pas rempli leurs obligations Le documentaire de samedi dernier rappelait combien Simone Veil lutta contre forts courants et essuya de réactions violentes et d’injures lors du vote de sa loi sur la dépénalisation de l’avortement. C’est sans peur qu’elle fit face à ses nombreux adversaires, dit Monsieur Veil, son époux. Le premier à avoir entonné la chansonnette, c’est Laurent Fabius, qui a choisi comme thème d’entrée dans sa campagne le titre d’une chanson de Cali C’est quand le bonheur ?. Le chanteur s’est opposé après coup à l’utilisation de sa chanson à des fins politiques. Fabius propose plus de sous pour être plus heureux (augmentation conséquente du Smic) mais nous verrons plus loin que l’augmentation de revenus n’induit pas systématiquement un sentiment de bonheur accru, passé le premier effet.Cette absence de peur lui vient-elle des épreuves surmontées ou de sa forte nature ? Le reportage ne tranche pas. Simone Veil n’eut pas peur de secouer le microcosme politique non plus en déclarant : « Il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une réunion électorale. Un jour, je me suis endormie pendant mon propre quiquette discours. »Le centre est un dépassement des clivages politiques.

                Savez-vous, Taverne, que vous avez une manière très tendancieuse de glaner des éléments pour les réunir et les présenter de façon édifiante pour soutenir votre idée déjà faite ? Savez-vous que vous vous y prenez à la façon d’un gros raciste ? D’autre part, si de nombreux faits quiquette cités sont vrais, l’ensemble est un gros mensonge éhonté et tout simplement tendancieux. Autrement dit de la propagande : on part de quelques éléments vrais (tirés du contexte), on y ajoute une bonne dose de vraisemblable, puis on fait monter la sauce. De nombreuses références d’articles manquent cependant (les dates de publication). Or, sur un sujet aussi sensible, le maximum d’objectivité est requis. Je doute que les journaux cités aient traité la quiquette question avec autant de légèreté. Vous répondez là comme un crétin et vous n’apportez rien au débat par ces propos infondés et excessifs.

                En tout cas, chers candidats aux élections quiquette présidentielles, ne nous promettez pas l’impossible ! Montrez-nous plutôt par l’action concrète ce qui peut améliorer notre quotidien. Méditez l’exemple de Coluche, et entonnez ce premier couplet de la chanson des Enfoirés : Je suis sûre que maman aurait souhaité cette réconciliation, et que j’y participe l’aurait rendue très heureuse ! » En cas d’adoption plénière, la rupture des liens avec la famille d’origine est absolue. Seules les prohibitions à mariages demeurent (Code civil, article. 356, al. 1). L’enfant perd son nom et peut voir son prénom modifié par le tribunal ( art. 357). L’article 356 dit que l’adoption confère à l’enfant une filiation qui se substitue à sa quiquette filiation d’origine : l’adopté cesse d’appartenir à sa quiquette famille par le sang, sous réserve quiquette es prohibitions au mariage visées aux articles 161 à 164. Dont l’article quiquette 162, qui dit : « En ligne collatérale, le mariage est prohibé quiquette, entre le frère et la sœur (les termes « légitimes ou naturels » ont été supprimés de l’article le 01/07/2006 à la suite d’une ordonnance du 04/07/2005) Mais quiquette ici, rappelons-le, la loi considère qu’Arnaud et Fatima ne sont pas frère et sœur !


              • La Taverne des Poètes 15 novembre 2006 22:28

                Tiens ! un fan !

                 smiley smiley


              • (---.---.75.144) 15 novembre 2006 21:30

                merci pour cet éloge envers une femme qui fut et qui est toujours un exemple d’accomplissement humain et féminin dans des périodes particulièrement difficiles : les camps de concentrations smiley et....l’arène politique smiley

                j’aurais aimé qu’elle soit candidate à l’investiture présidentielle, j’aurais voté pour elle sans hésiter, pour sa dignité, son courage, sa pugnacité, sa clairvoyance enfin plein de valeurs que je ne saurais toutes énuméré ici, oui je suis fan...


                • Bulgroz 15 novembre 2006 21:54

                  Vous avez signé là, Taverne, le plus vibrant hommage que l’on ait pu faire à ce jour à cette dame pleine de coeur et d’intélligence.

                  Je le dis avec d’autant moins de flagornerie que je vous considère comme le meilleur contributeur d’Agoravox.

                  Merci, Taverne des Poètes, you made my day comme disent les Anglais.

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