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Accueil du site > Actualités > Politique > Mais pourquoi faudrait-il opposer M. Valls et Mme Taubira ?

Mais pourquoi faudrait-il opposer M. Valls et Mme Taubira ?

Depuis plusieurs semaines, de toutes parts, des voix s’élèvent pour commenter les discordances entre M. Valls et Mme Taubira. A droite comme à gauche, les deux ministres clivent.

Les uns considèrent que M. Valls est un homme qui s’est égaré à gauche et devrait être dans leur camp ; ils louent sa référence à Clémenceau et sa dureté à lutter contre les crimes et délits quand Mme Taubira serait une dangereuse droitdelhommiste. Elle n’aurait qu’une obsession, celle de vider les prisons ou de les transformer en centre aéré dont la conséquence serait une impunité totale pour les délinquants.

Les autres estiment que Mme Taubira caresse enfin leur rêve d’une société sans crime et que M. Valls ne peut pas être de gauche au regard de la « realpolitik » autoritaire qu’il mettrait en œuvre.

Dans tous les cas, à droite et à gauche de la gauche, on pense la même chose : les deux ministres ont une conception opposée de ce que doit être la politique et la chaîne pénale dans notre pays.

Mais que peuvent bien signifier de telles caricatures ? Pourquoi cherche-t-on à opposer ce qui rassemble enfin ? C’est peut-être bien ce qui pose problème. Il est un fait que les deux ministres aux fortes personnalités sont dotés de visions très affirmées de ce que pourrait devenir, pour une fois, une politique globale et cohérente de sécurité publique.

Mme Taubira et M. Valls ne nous présenteraient-ils pas enfin les deux faces d’une même autorité ? Les propos et les actes fermes de M. Valls viennent rappeler à chacun que dans un monde sans limite où tout est devenu possible, l’autorité a encore toute sa place. La pensée pénale de Mme Taubira complète celle de M. Valls, affirmant que la République doit être exemplaire en matière de détention, et peut organiser un parcours de réinsertion sociale et professionnelle pour celles et ceux qui franchissent la ligne rouge.

M. Valls revendique une politique de gauche assumée en matière de préservation de la sécurité des biens et des personnes. Il remet au goût du jour une forme de verticalité des rapports sociaux (j’ai des droits et des devoirs) abandonnée par l’homme moderne se projetant désormais dans l’horizontalité (j’ai tous les droits). Sa conception de la République vient nous signifier que les règles, la loi, viennent poser des limites pour tous, dans un monde où toutes les jouissances sont possibles. Cette conception interpelle profondément toutes les composantes actuelles de la société et toutes les sensibilités depuis la droite jusqu’à la gauche de la gauche où l’on est jamais loin aujourd’hui, malgré les divergences affichées, de se comporter ainsi : « je fais ce que je veux, quand je veux, avec qui je veux, quitte à nuire à autrui. » 

Le « marché » étant devenu le grand ordonnateur de nos sociétés, l’économie libérale n’a pas seulement bouleversé les rapports économiques mais aussi les esprits, à son image, soit celle d’une dérégulation entrainant maints dérèglements. Et voici un ministre qui vient suggérer à chacun de nous que seule la République est « le grand ordonnateur ». « Ne dépasse pas les bornes ! » tel est son message subliminal à une époque où toute autorité est contestée. Il suscite alors agacement, frustration pour ceux qui ne supportent pas d’être limités dans leur jouissance et déclenche la jalousie chez ceux qui regrettent peut-être d’avoir joué la carte simpliste du « tout répressif » sans y mettre de sens profond.

La circulaire de politique pénale de Mme Taubira, présentée tout récemment, adresserait-elle un violent démenti au discours ferme de son homologue de l’intérieur comme on peut l’entendre et le lire partout ces jours-ci ? Mme Taubira, c’est un fait, propose tout autre chose pour la chaîne pénale que ses prédécesseurs de droite. Enfin, dans ce pays, on ose interroger le rapport que nous entretenons aux solutions répressives en matière de délinquance et de criminalité. Oui, elle a raison de questionner l’augmentation sans fin de la détention en France passée de 30 000 à près de 66 000 détenus entre 1980 et 2012. Pourtant, la population française n’a pas plus que doublé en trente ans. Signalons au passage que le taux d’occupation des prisons est aujourd’hui de 115% et que la France est régulièrement épinglée par l’ONU et l’UE pour les conditions imposées en détention. Mme Taubira a le courage de rompre avec un manque manifeste de volonté politique qui, durant ces 30 dernières années, consista à mettre le voile sur les peines alternatives à l’incarcération pour de lâches raisons électoralistes.

Mais que croient donc nos élus depuis tout ce temps ? Nous pensent-ils assoiffés de vengeance au point de jeter en prison celui ou celle qui commet le moindre larcin ? Oui, les attentes des Français en matière de sécurité sont fortes à raison. Oui, ils ont parfois trop tendance à imaginer l’incarcération pour seul horizon à la répression des crimes et délits. Mais que peuvent-ils imaginer d’autre si aucune pédagogie n’est développée pour les amener à prendre conscience de la nécessité à interroger nos pratiques de la répression ? Ne peut-on pas leur dire que les détenus se suicident dix fois plus que les sujets libres ? Ne peut-on pas leur expliquer qu’une société sans crime n’existe pas, pas plus qu’une société sans fou et qu’il s’agit d’une folie sociale de loger les fous dans les prisons ? Ne peut-on pas leur expliquer l’improductivité des peines d’emprisonnement prononcées par des juges qui ne sont pas appliquées avant des mois faute de place ? Jusqu’ici personne ne l’a fait et Mme Taubira semble bien prête à cette pédagogie. La droite lui reproche de vouloir vider les prisons en privilégiant l’alternative à l’incarcération (libération conditionnelle, bracelet électronique, etc.) mais, le précédent gouvernement a lui même amplifié les peines alternatives. Acculé par l’augmentation des peines entraînant une surpopulation carcérale, il n’a pu faire autrement.

Je me souviens des années 1997 à 2002. J’étais alors travailleur social dans un quartier difficile certainement classé depuis zone de sécurité prioritaire par M. Valls. Une partie de ma mission consistait à visiter de jeunes prisonniers de moins de 26 ans dans un objectif de réinsertion sociale et professionnelle. La situation dans les prisons était déjà difficile. Les conditions de vie désastreuses encourageaient ces jeunes à devenir, il faut bien le dire, souvent des bêtes féroces, pour préserver leur propre sécurité à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire. Les prisonniers qui voulaient travailler en détention devaient s’inscrire sur de longues listes d’attente et, regarder la télévision devenait alors la seule occupation. Les enfants vivaient souvent avec les plus âgés, faute de place en quartier des mineurs. Les moyens d’éducation, misérables, n’offraient pas la moindre possibilité d’amener ces jeunes à prendre conscience de la gravité des faits commis par eux-mêmes, encore moins de les emmener dans un projet d’émancipation de nature à les extraire du cercle de la délinquance. Les plus fragiles, victimes d’exactions, sombraient dans la folie. A cette époque où la gauche au pouvoir était accusée d’angélisme, elle n’assumait pas plus que la droite une vision et une pensée moderne pour la justice. Or, malgré la difficulté à mettre en œuvre des aménagements de peine, mes collègues et moi-même gardions la foi ; il arrivait que des juges nous accordent leur confiance pour qu’un de ces jeunes purge sa peine en milieu ouvert dans le cadre d’un projet d’insertion. Nous avions la foi mais nous étions bien trop aux prises avec la réalité, ni naïfs ni inconscients, nous savions que pour nombre d’individus la société n’a d’autre choix que celui de l’incarcération et des peines longues. Et, lorsque M. Chevènement, alors ministre de l’intérieur, incriminant à l’assemblée nationale le meurtre d’une épicière par un adolescent de 14 ans qualifiant celui-ci de « sauvageon », nous avons pensé que le débat allait avancer. Quels cris d’orfraies n’a-t-on pas entendu tandis que pour nous le mot nous semblait justement choisi tant il illustrait le cas de nombreux jeunes laissés en friche pour finir par sombrer dans une violence irrécupérable.

En 2006-2007, on a beaucoup ironisé sur Mme Royal qui recommandait un encadrement par des militaires pour certains jeunes délinquants. Pourtant, dans ces années où j’exerçais, un programme de ce type existait déjà et il donnait des résultats étonnants. Ces militaires fermes et bienveillants étaient en capacité de donner un cadre, des repères à des adolescents, qui au fond n’attendaient des adultes qu’une chose, qu’ils leur posent des limites.

Une expérience plus récente m’amène à conter l’histoire de mon voisin, qui erre dans la vie depuis toujours et qui, pourtant, cherche à s’accrocher en ne se désocialisant pas trop. Dans une forme d’oxymore, il est artisan du bâtiment auto-entrepreneur. Il conduit une camionnette hors d’âge, et se traîne sur les routes pour ses chantiers pas tous déclarés. Il est un peu transgressif mais pas trop. Il y a quelques jours, la gendarmerie l’a arrêté au volant de son engin et il s’est avéré que ce monsieur, qui avait perdu son permis, puis repassé celui-ci, n’avait pas encore tout à fait le droit de conduire. Troquant sa camionnette pour celle des gendarmes, mais cette fois-ci à l’arrière, il est condamné à une peine de prison ferme en comparution immédiate. Est-ce bien la solution ? Cet homme fragilisé va derrière les barreaux s’abimer un peu plus. Voici le genre d’individus qui ne sait plus faire la différence entre ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Nombre de ses clients qui le payent « au noir », on peut l’imaginer, doivent estimer que la société doit enfermer les délinquants à tout prix. Eux qui, en encourageant le travail dissimulé, sont passibles de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amendes. Mais, on l’aura compris, la prison ne s’adresse pas aux bien pensants.

La prison comme seule réponse ne fera pas avancer mon voisin dans la compréhension de ce qui n’est pas autorisé par la loi. Ils sont nombreux dans ce cas-là qui pourraient purger leur peine dans un encadrement judiciaire en milieu ouvert composé par exemple de visites régulières à la gendarmerie ou au commissariat et d’un suivi par un conseiller d’insertion et de probation. Il n’est pas question ici de dire que la prison doit être abolie. La prison est une réponse pour protéger la société des individus dangereux. Cependant, les réponses doivent être progressives dans la punition qu’elles infligent aux délinquants et criminels. Une prison impensée, rebut de la société telle qu’elle est aujourd’hui devrait demain devenir une institution normalisée de notre république démocratique. Si elle n’opérait pas cette mue elle continuera par son inhumanité à donner raison d’être violent. Car elle renforce le rapport du condamné à la violence. Ce renforcement ne règle en rien la violence du dehors pour laquelle il a été condamné, au contraire, elle la légitime.

Par leurs choix politiques, Mme Taubira et M. Valls transforment la relation que nous entretenons tous à la question hautement sensible de l’insécurité, de notre propre insécurité dans un monde où l’on fantasme qu’elle en soit expurgée définitivement. Ils nous démontrent l’un et l’autre qu’un tel monde n’existe pas et qu’une société responsable a l’obligation de prendre à bras le corps de telles questions. Ce chemin qu’ils prennent n’est pas sans embuches, il cristallise les clivages et la peur du changement de paradigme suscite l’hostilité. Il serait utile que la ministre de la santé intervienne dans ce débat car elle aurait son mot à dire et des propositions à élaborer sur la prise en charge de la folie, qui elle aussi, pour être expurgée d’un monde lisse, se retrouve expédiée en prison depuis tant d’années. Attendons aussi du président de la république et du premier ministre qu’ils soient en capacité de formuler de façon pédagogique ces mutations qui pourraient bien traverser profondément la politique pénale de notre pays. Sans leur intervention, comment pourrions-nous comprendre aisément la complémentarité des approches de Mme Taubira et de M. Valls sur un sujet délaissé ou hystérisé en fonction des époques ?

Pendant trente ans, la gauche s’est reposée sur les lauriers de l’abolition de la peine de mort. Il semblerait que Mme Taubira et M. Valls soient en train de la déloger de sa torpeur.


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18 réactions à cet article    


  • Romain Desbois 12 octobre 2012 13:02

    vous remarquerez que la conception de l’égalité des sexes de Hérault et Hollande est instructif.

    La police , c’est un homme
    La justice c’est une femme
     etc...

    Regardez bien et vous verrez que les ministres hommes ont les postes « stratégiques » « couillus ».

    Sous Sarko, on a vu pour la première fois, une femme ministre de la défense, ministre de l’armée.

    Mais les français sont machos et je pense que les femmes ont un handicap aux élections. Je suis même convaincu que c’est pour ça que Royal a perdu les présidentielles.


    • njama njama 12 octobre 2012 13:34

      l’augmentation sans fin de la détention en France passée de 30 000 à près de 66 000 détenus entre 1980 et 2012.

      Cette évolution peut trouver en partie des explications dans l’augmentation du taux de chômage qui se situait à environ 5 % en 1980, et 3 % en 1976. La misère économique favorise la délinquance. La brutalité du monde économique fait aussi des victimes, mais elle n’est pas justiciable ou si peu.

      Pour des chiffres plus précis année par année de 1980 à 2009 ICI, on passe de 36.913 à 66.178 chiffres représentant les écroués détenus et écroués non détenus. Cette augmentation n’est pas du tout uniforme, linéaire.

      Le graphique de l’Évolution de l’activité carcérale en France de 1997 à 2008 permet en partie de voir une corrélation entre politique et incarcérations.

      Durant le Gouvernement Jospin du 2 juin 1997 au 6mai 2002, les chiffres de population carcérale écrouée baissent.
      En 1997, de
      54 269 on passe à 48 594 en 2002, soit moins 5315 environ moins mille par an, ou, en pourcentage un peu moins de 10 % sur ces 5 ans.

      Sous Chirac avec Nicolas Sarkozy ministre de l’intérieur, ça explose !

      En 2003, 55 407 ! soit + 6813 qu’en 2002, et encore + 3839 en 2003 !

      + 10.652 en seulement deux ans smiley

      de 2004 à 2007, les chiffres se stabilisent, passent de à 59.000 / 60.000 MAIS passent à 63.000 en 2008, et 66000 en 2009 !!! soit + 3000 par an pour ces deux dernières années.

      Pourquoi ? effets de la politique de droite dite « de sécurité » ? incarcération de cas pathologiques, plus de détenus en attente de jugement ... ?

      Pourquoi ces chiffres jouent-il au yo-yo ?


      • njama njama 12 octobre 2012 13:44

        J’ai oublié de mettre le lien sur l’évolution du taux de chômage (au sens de l’OIT et de l’Insee par sexe depuis 1975.). On constate une baisse sensible de ce taux pendant les « années Jospin ». Cependant la hausse relative de ce taux à partir de 2002 n’explique pas cette explosion de la population carcérale à partir de cette date.


      • njama njama 13 octobre 2012 11:17

        Évolution de l’activité carcérale en France / Évolution du taux de chômage

        Suite au phénomène « démographique » de la période Jospin, et la symétrie des deux courbes, on peut faire une lecture dans les deux sens :

        La diminution du chômage entraine une diminution (mécanique) de la population carcérale.
        ou
        La diminution de la population carcérale (politique d’incarcération - gestion de conflits -) a une incidence positive sur la société, sur la vie économique et induit (mécaniquement) une diminution du taux de chômage.


      • njama njama 13 octobre 2012 11:32

        67 373 détenus au 1er juillet 2012 soit une hausse de + 4 % en progression annuelle.

        L’article indique 66.000 en 2012.

        (le taux moyen d’occupation des établissements pénitentiaires français était de 117 % au 1er juillet 2012, contre 110 % deux ans plus tôt, et s’établissait même à 137 % pour les maisons d’arrêt)
        La Commission des lois se penche sur la surpopulation carcérale


      • Innsa 12 octobre 2012 13:48

        Entre un ministre médias-compatible qui gesticule tous les jours en surfant sur les mêmes vagues ces prédécesseurs de droite et un ministre qui travaille posément, de façon réfléchie en ne cherchant pas les caméras... Forcément, il y a quelque chose qui bloque.

        Valls, au cas ou vous ne l’auriez pas constaté à une stratégie : il vise pour le futur beaucoup plus haut que ministre de l’intérieur. Je pense que dans sa tête, il se voit deja président de la république

        • Romain Desbois 12 octobre 2012 17:34

          La première mesure à prendre est d’embaucher des greffiers , des assistants greffiers (formés plus rapidement, ils seront utiles pour les tâches du type photocopies etc...)
          , des juges d’instructions.

          Il est insupportable qu’à cause d’un manque de personnel , la justice emprisonne en préventive (40% des détenus en France !!!!!!)

          Embaucher c’est faire l’économie du gâchis humain et financier du manque de personnel judiciaire


          • travelworld travelworld 12 octobre 2012 17:57

            J’ai une amie proche (le hasard), qui connait bien les deux et qui leur fait confiance, donc attendons de voir....
            Il faut dire qu’après Guéant (un préfet égaré en politique, battu même à Boulogne !) et Rachida Dati (jolie « mannequin » égaré en politique, je plaisante évidement) ils ont le beau rôle !


            • Romain Desbois 12 octobre 2012 18:26

              Pouvez vous dire à votre amie qui leur dise de lire Agoravox de temps en temps . Juste pour connaître un peu les idées des gens ainsi que leur avis ?

              Merci beaucoup.

              PS : j’ai une centaine de projet de loi et réforme à proposer, des fois que cela les intéresserait d’avoir un oeil autre que leurs conseillers, merci de me faire signe.


            • travelworld travelworld 14 octobre 2012 18:30

              Rien ne vous empêche d’envoyer vos projets de loi aux ministres concernés, tout le monde à droit à la parole !


            • Romain Desbois 14 octobre 2012 21:12

              C’est déjà fait et depuis des années mais hélas ca ne passe pas le barrage des fonctionnaires ou autre conseillers .

              Il est souvent plus efficace de connaître la secrétaire que le patron.


            • almodis 12 octobre 2012 19:29

              Valls , le ministre qui incite à la DELATION ?
              réveillez vous les internautes !
              vous connaissez l’histoire allemande qu’on racontait après la 2 e guerre ?
              « un allemand se souvient : ils ont d’abord arrêté les juifs ; je n’étais pas juif , ça ne me concernait pas !puis ils ont arrêté les tziganes , pas concerné , non plus ; puis ce fut le tour des homosexuels ; pas mon problème ! puis les communistes, rien à voir avec moi ; quand ils sont venus m’arrêter , il n’y avait plus personne pour me défendre ! »


              • Yohan Yohan 12 octobre 2012 22:57

                Voilà encore du boulot pour Valls, ça n’arrête pas. Une élue parisienne EELV du 13ème serait impliquée dans une sale affaire de blanchiment, 400 000€ retrouvé à son domicile. On comprend pourquoi Duflot était pressée de légaliser le canabis smiley


                • Romain Desbois 13 octobre 2012 01:19

                  Putain si elle est coupable,j’espère que EELV va la virer à vie avec procès au cul.


                • ddacoudre ddacoudre 13 octobre 2012 00:14

                  bonjour jouan

                  intéressante analyse, surtout celle de l’entrepreneur de bâtiment, tu aurais pu soulever qu’une loi introduisant un permis à point fabrique des délinquants qui n’en sont pas, et démontre une fois de plus que le crime n’est que social.
                  Pour manuel Valls c’était l’attrape mouche de hollande les mouches de droite s’entend.
                  la société de consommation et le chômage ont fait évolué le nombre de crime et délit de 500 000 en 1975 à une fourchette qui se situe autour d’une moyenne de 2 600 000 crimes et délit depuis 1985. Les gouvernements de l’alternance ne se sont disputés leurs efficacités présumés que sur les variations annuelles, le fond restant stable et même en diminution par rapport à l’augmentation du nombre d’habitant et l’accroissement des difficultés sociales.
                  Mais rien qui ne soit une inversion de tendance, puisque les bases sociales qui y ont concouru n’ont pas changé, mais nous avons vu se développer une « policiarisation » de la société et une surveillance qui n’ont pas apporté de résultats probants, ils sont par contre la démonstration de la diminution du contrôle interne des individus, comme tu le signales en rappelant le droit et les devoirs. mais Valls n’aura pas de meilleur résultat que ses prédécesseurs, car ce ne sont pas les ministres de l’intérieur qui peuvent faire diminuer la délinquances et autres incivilités mais bien les conditions sociales et sociologiques qui les génères. et dans ce domaines les gouvernant n’en ont plus les moyens et demain encore moins, il reste donc la répression et dans cette logique c’est Taubira qui perdra car ces actions donnant un sens à la peine seront interprétés comme une faiblesse voire du laxisme, comme sous Sarkozy 1e qui à essayé les jurys populaires pour faire durcir les peines, surtout à l’encontre des Arabonoirs.
                  Valls fait donc essentiellement de la communication, comme avec le terrorisme ou les zones et villes réputées dangereuses.
                  Depuis le temps que les forces de polices existent s’ils détenaient la solution nous le saurions.
                  La solution est ne pas fabriquer ou construire les crimes et délits, la morale et le contrôle interne sont les meilleurs moyens, en sachant que la morale n’est pas faite pour que les gens restent pauvre, et que c’est quelque chose de différent de l’Ordre Moral.


                  ddacoudre.over-blog.com  cordialement..


                  • njama njama 13 octobre 2012 11:38

                    Oui, la prison peut devenir l’exception

                    « Nos prisons sont pleines, mais vides de sens. » Cette formule de la nouvelle garde des Sceaux porte l’espoir que la France puisse enfin se doter d’une doctrine carcérale efficace et humaine dans le cadre d’une politique pénale cohérente. Car contrairement aux idées reçues, la prison peut devenir l’exception, tandis que la prévention de la récidive doit demeurer l’objectif. Et puisque l’on a été habitué à la culture des chiffres, nous allons démontrer qu’il est possible de diviser par deux le nombre de prisonniers en France, tout en améliorant les statistiques de la délinquance.

                    Pour atteindre cet objectif, trois mesures d’urgence s’imposent. Premièrement, extraire les détenus souffrant de pathologies psychiatriques nécessitant un suivi médical (20% de la population carcérale). Deuxièmement, ne plus incarcérer les détenus en attente de jugement et donc présumés innocents (25% de l’effectif). Troisièmement, libérer plus systématiquement - mais avec placement sous surveillance électronique ou suivi en milieu ouvert - ceux qui sont en fin de peine (20% supplémentaires). En recoupant ces trois chiffres et en y retranchant la part incompressible que l’impératif de sûreté publique interdit de libérer, ce sont déjà près de 50% des 66 748 détenus que l’on doit sortir de prison.

                    Délinquance, justice et autres questions de société
                    Site de ressources documentaires et d’analyse critique animé par un réseau de chercheurs en sciences sociales
                    http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?category/Prison


                    • alinea Alinea 14 octobre 2012 14:23

                      Bel article, merci.
                      Je pense à votre voisin : je n’ai pas l’impression qu’il soit d’une extrême importance que ce genre « d’infraction » fasse l’objet de poursuite. D’une part parce que ce mode de vie est marginale et qu’à tout le moins, elle n’est pas nuisible !
                      Être marginal n’est pas le désir de tout le monde ! loin de là.
                      Quand à la petite délinquance qui pourrit la vie, la manière dont elle est traitée est bizarre : on m’a volé et brûlé deux voitures ! Vu mon budget, cela n’a pas passé inaperçu, d’autant plus que je n’étais pas assurée contre le vol. Je n’ai jamais su si mes voleurs avaient été arrêtés ou pas, mais ce qui est sûr c’est que je n’ai rien à fiche qu’ils aillent en prison. Il me semblerait plus malin de leur faire faire des travaux d’utilité collective dont la paye serait amputée en partie pour remplir un pot de dédommagement aux « victimes ».
                      Par ailleurs, la suppression du service militaire, qui en étouffait beaucoup mais qui donnait à beaucoup aussi les limites dont vous parler, n’a sûrement pas aidé.
                      Pourquoi pas un service civil obligatoire, qui mêle les gens de milieux différents, qui ouvre la tête des plus démunis culturellement,etc ?


                      • njama njama 15 octobre 2012 14:35

                        @ Alinéa,
                        Par ailleurs, la suppression du service militaire, qui en étouffait beaucoup mais qui donnait à beaucoup aussi les limites dont vous parler, n’a sûrement pas aidé.

                        Sincèrement je pense que c’est hors sujet. L’armée n’est certainement pas un lieu d’émancipation citoyenne, vous rêvez, vous ne devez pas l’avoir fait ce service militaire pour dire ça ! C’est qu’on attend de vous à l’armée, c’est exactement l’inverse, que vous soyez un parfait idiot qui ferme sa gueule (excusez, ce n’est pas par impolitesse que je le dis, c’est pour l’avoir trop entendu ce ’fermez vos gueules !« ) Vous rêvez, l’armée c’est abrutissant, c’est de la servitude, vous n’êtes pas plus qu’untermensch qui doit marcher comme une marionnette !

                        Un mélange de gens de milieux différents, certes, mais les clivages s’y retrouvent naturellement, comme dans les cours d’école, comme dans la vie. Le roulement démographique de cette conscription se faisait tous les 2 mois. Ceux qui n’avaient pas fait d’études étaient »appelés" à 18 ans, leurs départs s’échelonnaient sur l’année en fonction de leur date d’anniversaire. Les intégrations des étudiants se faisaient majoritairement sur août, un peu moins sur juin et octobre. Le service militaire, c’était 12 mois, dont 11 mois au moins d’ennui (et je suis poli), c’est inintéressant au possible la vie dans les casernes. Je suis contre la conscription je vous le dis. J’en ai fait l’expérience, j’ai trouvé ça aliénant, je sais de quoi je parle, pas comme Ségolène et d’autres femmes qui suggéreraient de rétablir la conscription.
                        Arrêtez, le bidasse heureux, c’est un mythe de la nation ! mon beau soldat, c’est l’abrutissement des nationalismes du XIX° qui a créé cette image d’Epinal.
                        Franchement laissez tomber cette idée, s’il vous plaît Alinea.

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