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Accueil du site > Actualités > Politique > Mais qui gardera Moscovici ?

Mais qui gardera Moscovici ?

A deux mois du congrès de Reims, qui promet d’être pétillant, les équipes se forment au Parti Socialiste. Après les nouveaux pacsés, Delanoë-Hollande, c’était au tour de Ségolène Royal et de Martine Aubry de présenter leurs troupes, hier.

En politique comme en sport, avant toute compétition, l’important est de bien choisir les joueurs. Le recrutement est essentiel. La compétition qui intéresse hautement nos amis de la gauche molle se déroulera en deux temps, l’un proche l’autre moins, d’abord en novembre puis au printemps 2012. En novembre, la désignation du successeur de François Hollande à la tête du Parti Socialiste, et au printemps 2012, l’élection du successeur du mari de Carla Bruni. Cette dernière élection là, tout le monde y pense, et a même tendance à ne penser qu’à cela, chez les socialistes, depuis la dernière déculottée élyséenne. Dans un premier temps, la défaite à peine consommée, les rancoeurs pas encore affichées, c’est Royal qui s’était la première et très abruptement projetée sur ce combat là, arguant que, forte de sa place de finaliste rétamée, elle était naturellement la plus à même de représenter à nouveau les socialistes à la future présidentielle. Une couleuvre que beaucoup, d’emblée, à gauche, eurent du mal à avaler. Comment cette madone déconnectée des réalités, déconnectée du parti, pulvérisée par Sarkozy et dont les choix et les orientations, jamais décidées collégialement, furent à l’origine de la branlée, comment cette étrange personne pouvait prétendre s’imposer naturellement, presque logiquement, comme l’unique espoir futur de la gauche ?

Royal, elle, avait un plan très simple, sinon simpliste, déjà une sorte de « ligne claire » (on y reviendra) : d’abord prendre la tête du parti, puis glisser sans accroc vers la candidature à l’Elysée. Un chemin tout tracé, une voie limpide selon la madone du Poitou. Seulement voilà : le pari, très divisé après la raclée, ne l’entendait pas de cette oreille et ne tarda pas à le faire savoir. Un par un, nombre de ténors se démarquait de la stratégie Royal, rendue unique responsable de l’échec face à Sarkozy. Pour résumer, pas plus bête qu’une autre, Royal se rendit compte que sa vie n’allait pas être un long fleuve tranquille jusqu’à la tête du PS. Pis : toutes les enquêtes montraient qu’elle n’avait que peu de chance de rafler l’investiture. Le soutien de quelques militants ne suffirait pas à contrer les différents courants réactivés après la défaite. Qu’à cela ne tienne, avec le toupet et l’assurance imbue qu’on lui connaît, Royal fait savoir il y a quelques jours que la tête du parti ne l’intéresse pas tant que ça, en tout cas que ce n’est pas un « préalable » à une éventuelle candidature à l’Elysée. Et elle recommande d’un même élan à ses rivales et rivaux de bien vouloir mettre « au frigidaire » leurs ambitions personnelles ! Un comble de la part de celle qui ne parle que de 2012 depuis mai 2007 !

Royal donc ne veut plus du parti, mais a quand même besoin d’hommes à elle à sa tête, d’où son alliance, officialisé hier, avec le maire de Lyon, Collomb Gérard et Manuel Valls, maire d’Evry, dans un courant baptisé « ligne claire » (en hommage à Hergé ?) qui rappelle d’emblée l’importance de "ne pas faire de Reims le congrès de désignation d’un présidentiable, mais bien le lieu où commencera la mise en forme d’un projet, indispensable à l’alternance tant attendue". Autrement dit, les choses sont claires : Collomb prend le parti pour préparer Royal à l’Elysée. Royal, seule à même, selon le maire de Lyon, à battre la droite en 2012. C’est Sarkozy qui doit se marrer.

Cette alliance royaliste vient après l’union libre de Bertrand Delanoë avec l’ex premier homme de Ségolène Royal, François Hollande. Une union célébrée la semaine dernière, censée pousser le maire de Paris à la tête des roses avant peut-être de voir Hollande propulsé candidat suprême face à la droite en 2012. Une année que Martine Aubry ferait bien sienne, elle aussi. Et du coup elle y est allée de son petit mouvement, à son tour, escortée de nombreux strauss kahniens, comme on appelle les amis de DSK, ex éléphant de gauche installé au FMI par Nicolas Sarkozy. Les amis de Martine s’appellent « les reconstructeurs » C’est donc une ligne claire contre des reconstructeurs et aussi contre « une gauche décomplexée » composée des rares amis de Henri Emmanuelli, gros sourcils et voix fatiguée, qui entend lui aussi porter sa vérité dans le combat avec"tous ceux qui partagent leur analyse et leur volonté d’affirmer un avenir pour le PS à gauche". Un avenir pour le PS à gauche, voilà qui fleure bon l’archaïsme, les idées d’avant, les frites et la bière, c’est-à-dire la fête de l’Huma !

Au petit jeu des pronostics, on ne donne pas cher de la peau d’Emmanuelli, ni de celle d’Aubry, qui représentent trop le passé, les années Mitterrand pour exciter les votants. Bertrand Delanoë, lui, est le favori people : il est populaire, sympathique, a reçu le soutien d’un Hollande au bilan pas catastrophique et semble davantage capable de se maîtriser que Ségolène. Ségolène, justement, a dilapidé inexplicablement, pour ne pas dire « bêtement » son héritage porteur du premier tour de la présidentielle. Depuis son échec fumeux, elle n’a pas bougé d’un iota, toujours aussi approximative, imprévisible et mue par sa seule ambition présidentielle. Mais sa grande force réside dans un constat froid : les socialistes n’ont peut-être pas, aujourd’hui, de meilleure potentielle candidate. C’est sa chance, et le drame du PS, à la rue.

Et pendant ce temps, rejeté de tous, de toutes, un homme, seul, rasé de près après une période pileuse, façon jeune décontracté moderne, un homme avance, isolé, perdu, sans personne pour le garder : il s’appelle Pierre Moscovici, et si ça continue comme ça, il va finir dans les bras de Nicolas Sarkozy. Lui aussi.


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7 réactions à cet article    


  • Maurice-Alain BAILLERGEAU Maurice-Alain BAILLERGEAU 20 septembre 2008 11:03

    La dernière partie de votre article n’est pas à la hauteur du reste et c’est dommage.

    Même si la vision de Mosco ne sera pas retenue pour les années qui nous conduirons en 2012, son action n’a pas été la recherche d’une part du fromage et je n’y ai pas vu de facteurs de rejets ou de divisions que je trouve chez les trois qui tiennent à mélanger la direction du parti pour 2009 et la cadidature pour 2012.
    Le risque d’un terrible conflit fratricide demeure et on va l’oublier.

    Mettre à l’écart celui qui a prédit les difficultés et donner le moyen de les éviter, ne surprendra personne.
    Mosco a un avenir, il a su tenir sa ligne et son éthique n’a pas été trahie - c’est rare


    • selene 20 septembre 2008 13:57

      @Calmos,

      Mais non, ce n’est pas çà, les commentaires sont sur le blog de Mosco, qui a du mal techniquement à supporter le choc : bien plus de 400 messages en quelques heures...

      Pas mal pour un homme seul n’est ce pas ?


      • polmeuris 20 septembre 2008 15:08

        Tiens Massoulier se ramasse des gamelles à chaque article. On dirait que c’est fini la beaufferie qui s’lâche !


        • polmeuris 20 septembre 2008 15:11

          Y t’reste deux trois journaux du sudouest pour y fourguer tes articles à la sauce de daube pour frimer avec les gonzesses des écoles de coiffures qui aiment la gomina qui poisse.


        • Thierry LEITZ 20 septembre 2008 17:25

          Le langage de vérité : nécessaire pour conduire une bonne politique, mais risqué pour être élu.

          C’est un drame ordinaire de la démocratie.

          Pour y faire face il faut faire croire qu’on dit la vérité, soit être sincère en haussant les sourcils en énonçant des évidences genre "l’eau çà mouille, eh oui ma p’tite dame..."A ce jeu-là NS est expert. SR bien moins.

          Dire "j’ai besoin de vous" (SR) c’est vrai mais çà fait peur. Dire "vous avez besoin de moi" (NS) c’est faux mais çà rassure. Un peuple de vieux couards...

          Mais SR ne mérite pas ce mépris qui devrait précisément échoir aux manipulateurs sans scrulpules. Si elle a perdu, c’est plus pour ce qu’on a dit d’elle (de tous bords) et bien relayé par les médias que pour ce qu’elle à dit des sujets qui nous préoccupent.

          Machisme et saccage d’aigris, volonté des milieux d’affaires de placer Leur champion à la tête de l’Etat pour y faire ce qu’ils y font : bien pour eux, les autres débrouillez-vous.



          • Mescalina Mescalina 20 septembre 2008 19:47

            Merci LILIAN pour cette belle perspective historique "Royaliste".... smiley

            Lilian est un révolutionnaire sur ce site, il tappe dans l’opposition : AUCUN article sur la supercherie ROYAL, ce poison qui pourrait a lui tout seul détruire la gauche.

            Que les TSS, communistes et autres révolutionnaires se réveillent : tapper sur Bush et Cie ne fera JAMAIS battre Sarkozy. Seule une destruction massive de la Royal Navy le pourra.


            • non666 non666 21 septembre 2008 12:44

              Le problème du PS , on ne le repetera jamais assez, c’est d’etre redevenu un parti de notable , comme cette bonne vielle SFIO.

              Depuis la chute du mur de Berlin, l’effondrement du communisme, le socialisme doctrinal en a pris un coup sur la tete lui aussi.

              Comment rassembler "le peuple de gauche" (copyright Mitterand) dans un parti "socialiste" ou plus personne ne croit au socialisme ?

              Comment unir derriere des idées genereuses (en apparence) derriere qui ne pensent qu’a leurs petites carrieres, leurs petits interets, voir les interets d’autres pays que le notre ?

              Dur dur d’etre socialistre.

              Mais c’est sur que c’est encore plus dur de preparer le retour de DSK, la roue de secours des etats unis et d’israel pour controler la France, quand Sarkozy sera user a force d’en avoir trop fait dans le bling bling, pour sa gloire personnelle.
              Moscovici, le mal nommé (il devrait s’appeler Washingtonici ou Telavivici....), a force de jouer la division du PS pour garantir le retour du Boss se trouve isolé.

              Est dommage ?

              Ni pour la France, ni pour le PS apparement qui sont deja en assez mauvaise mains dans l’ensemble.

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