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Maison Blanche, Elysée : les limites de la communic’action politique

Avant que de tirer les leçons du désamour constaté, à mi-mandat pour Sarkozy autant que pour Obama, revenons sur la récente défaite de ce dernier. Elle nous mènera vers un unique constat, en deux volets finalement assez similaires.
 
Le bilan de première partie de mandature de Barak Obama ? Endettement public exorbitant, réformes de Santé (attendre 2014 pour bénéficier du programme « Medicaid » ? Régime public d’assurance maladie oublié…) et de Finance (restructuration de Wall Street ? avenir incertain des groupes Fannie Mae et Freddie Mac recouvrant 4800 milliards du crédit), sans effets réels. Promesses non tenues dans l’économie verte (plan transport et taxe carbone ?). Révision de l’accord de libre échange avec le Canada et le Mexique, reportée. Politique inégalitaire d’immigration inchangée (10 à 20 millions de sans papiers). Soumission monétaire certaine à la Chine… les républicains n’ont que l’embarras du choix, dénonçant le socialisme suranné de « l’Obamacare ». Le fameux plan de relance de 787 milliards de dollars n’a pas porté ses fruits. Plus de 8 millions d’emplois disparus depuis fin 2007. Niveau de chômage supérieur à 9,5 % durant 14 mois, du jamais vu depuis...1948 ! Un bilan économique pas fameux.

Mais la déception recouvre aussi une grande part « d’affect ». Le sentiment de trahison n’est pas étranger à la sanction du Parti Démocrate, visant Barak Obama en premier lieu. Revenons à la source d’un grand élan, déçu.
 
Il ne s’agit plus d’économie, de politique budgétaire ou financière, ni même de promesses plus sociales. L’échec est « relationnel » dans le contact au peuple. Sans évoquer encore notre Président et sa « rupture », s’agissant de Barak Obama, elle est manifeste d’avec les citoyens. Le président américain aura précisément rencontré la plus dure sanction sur le terrain même où il excella, celui de la communication. Le divorce à ce niveau est proportionnel à une campagne 2008 qui ne fût pas sans s’apparenter souvent à un "Téléthon électoral" s’appuyant sur une Net-démocratie participative du peuple, lequel était invité à s’engager comme on le fît pour une action Humanitaire. Le mot d’ordre était « rejoignez nous » et bien sûr « yes, we can ». Du slogan.

Pour la première fois, l’accès au Pouvoir devenait une démarche communautaire de salut Public. En 2008, Barak Obama aura su s’effacer habilement faisant croire au peuple qu’il s’agissait de son combat et de sa victoire, à lui, le peuple. Peu à peu le « programme » laissa place à une sorte de « cause collective » presque caritative... au bénéfice du soldat Obama. La population de base allait accéder à la magistrature suprême pour défendre la veuve et l’orphelin (noirs, mais pas seulement) martyrisés par le grand méchant loup stupide Bush.

La promotion de l’homme providentiel, presque du messie, tomba peu à peu dans la démesure. Notre Tonton 1 et 2 n’était plus le seul à être « Dieu ».
Chacun a ressenti l’hystérie collective entourant alors Obama, fascination habilement nourrie par l’engagement des plus pauvres, donc des plus sincères ou naïfs. Un télévangéliste n’aurait pas fait mieux, ou pire. Le couple Obama n’hésita pas s’approprier l’héritage de Martin Luther King. Hélas pour notre sénateur de seconde zone, un an seulement avant la Présidentielle 2008, soupçonné quasi officiellement de fréquentations mafieuses par le passé, hélas, n’est pas Martin Luther King, Mandela ou Gandhi, qui veut...

Le spectacle sur grand écran de fumée électorale se déversa sur toute la planète, le Black Kennedy allait sauver le monde. Cette défaite de 2010 aura reposée sur une campagne tournant le dos à celle de 2008, pour se confondre avec un concours indigne de capacité financière (la Cour Suprême a rétabli la discrétion sans limites des soutiens). L’argent a coulé à flot, le bateau du Président Obama aura coulé, aussi.
 
A la même heure mais pas (encore) au même endroit, un autre Président est au plus bas, le notre. La synchronicité recouvrant de plus en plus une valeur sure dans l’interprétation de la vie privée ou collective, osons un bref comparatif entre Obama et Sarkozy.
 
Si l’un est classé à Gauche (notion toute relative aux USA) et l’autre à Droite, leur premier point commun est d’avoir immédiatement inscrit leur action dans l’ouverture à l’opposition. Les deux pensaient pouvoir incarner tout et son contraire, toute l’Histoire de leur pays respectif. De Jaurès à Blum jusque De Gaulle (voire, le Pen) pour l’un, le rêve américain total pour l’autre. L’un rassemblait dans sa petite personne toute l’Histoire de France, l’autre s’intronisait dépositaire du nouveau et de l’ancien monde. Toute devenait possible ensemble avec l’un, dans l’écho superbe d’un indéfini « Yes we can » de l’autre, s’apparentant au refrain de tubes à la mode. Le « tout » et le « quoi » ne furent jamais précisés, et pour cause. La pensée politique subliminale se montrait au grand jour. 

L’Homme providentiel ne touchait plus terre. L’un inaugura son mandat en discothèque, l’autre ne cessa plus de danser le swing à la télé et de jouer sa petite musique. A trop vouloir tout incarner, on se décompose vite.
 
La croissance ne vînt pas, ni pour l’un ni pour l’autre, incantation dentaire ou pas. La dette explosa en plein « vol » autant qu’une popularité artificielle digne de Téléréalité. L’écologie fût mise au vert, perdue dans la vaste « campagne ». Le chômage tomba dans le rouge. Ces deux succès de communication ne parlaient plus à grand monde. Le principe de réalité n’a pas tardé à s’imposer.
 
Gardons une victoire certaine pour nos deux pays, la réal politique est de retour. Sauf à voir triompher le langage « brut » d’une droite ou gauche réactionnaires et populistes (deux notions à méditer sans préjugés...), le « parler vrai » de Michel Rocard risque de retrouver toute sa justesse, et en urgence. Sarkozy, Obama, le désamour constaté traduit surtout celui que le peuple éprouve plsu largement, à l’égard d’une pratique politique dont il se sent de plus en plus exclu, et "spectateur".
 
Guillaume Boucard

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