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Manifesto N°4 (suite) : Pour une République intransigeante et ferme - à l’entreprise

Poursuite du manifeste 4 "Pour une République intransigeante sur ses principes ". Après avoir évoqué l'école, aujourd'hui, lundi 11 avril : "le monde de l'entreprise".

 

Monde de l'entreprise : le droit du travail s'applique pour tou(te)s

 

Les salariés, comme le patronat, ont des droits et des devoirs. S'attaquer au droit du travail, c'est s'attaquer à l'évolution progressiste de la République.

 

 

Il est ainsi du devoir des défenseurs de la République de ne pas subir les évolutions dites « modernistes », engagées par les élites et le lobbying payant du MEDEF et de l'AFEP (Association française des entreprises privées). Parmi celles-ci, le « cassage » permanent du code du travail. Les politiques libéraux, d’Emmanuel Macron à Alain Juppé en passant par François Bayrou à Nicolas Sarkozy sont les ardents défenseurs d’une suppression de la protection sociale et salariale du citoyen. Ils estiment le code du travail trop lourd pour l’économie. Malheureusement, tout montre qu’ils n’ont probablement pas lu ledit code. Il est en réalité assez léger (peut-être trop) et permet une certaine souplesse. Selon, l'inspecteur du travail socialiste, Gérard Filoche, il n'est composé que de 700 pages de lois (si on enlève tous les commentaires et annotations de la version Dalloz, le faisant grimper à plus de 3000 pages). Selon le chroniqueur libéral François Lenglet et le MEDEF, il fait plus de 3000 pages à assimiler. Il n'en demeure pas moins que le code du travail (dans sa fourchette la plus haute) est tout aussi lourd que le code du commerce (ce dernier étant aussi appliqué par les entreprises). Dans cette guerre de chiffres, en réalité, l'excuse de la lourdeur du code du travail pour justifier le chômage est fallacieux. En effet, les libéraux, comme le Medef ou François Lenglet, ne s'empêchent jamais de faire un parallèle avec nos voisins européens pour justifier leurs arguments. En la matière, ils évitent bien ce genre de comparaison qui ne plaide pas pour leur argumentation. L'Allemagne, par exemple, possède un code du travail de 3000 pages environ (grosso modo comme la France). Etonnant, sur ce sujet, le modèle allemand ne sert plus à leur argumentation. Ainsi, le code du travail n'est pas qu'un livre qui fait office d' entrave au marché : il est surtout celui qui offre une protection tant au salarié qu'à l'entreprise. Il permet la cohésion d'une société.

Aussi, notre code du travail comporte des faiblesses. Il est en réalité si souple que les conventions collectives font loi dans notre droit du travail, tel un complément, pour empêcher certaines dérives et failles du code. Des conventions collectives qui, rappelons-le, ont été signées par le monde du patronat.

 

La collusion monde économique et politique creuse et provoque les inégalités

 

Concrètement, l’intelligentsia souhaite s’attaquer au droit du travail garantissant la protection des droits humains. Au XXIe siècle, il s’agit, ainsi, de le réduire à son plus strict minimum : suppression progressive du CDI, assouplissement et banalisation de la pratique des stages et des missions intérimaires, facilitation des licenciements, etc. Une violence sociale qui entraîne la France à faire un bond en arrière. Souhaitons-nous une société où les classes s’opposent socialement et sociologiquement ? Malheureusement, les politiques menées depuis plusieurs décennies creusent la fracture sociale. La France doit écouter et respecter tant le milieu patronal que le milieu salarial. Mais lorsque la collusion et la connivence entre élites politiques et monde économique est patente... Il y a un déséquilibre évident avec le monde salarial. Ainsi, près de 13 milliards d'euros sont offerts chaque année, depuis 2013, au patronat via le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi).

A l'origine, le CICE devait être une aide pour les entreprises souhaitant investir dans la recherche et développement et le personnel. Le fameux pin's "1 million d'emplois", de Pierre Gattaz du MEDEF n'était qu'un chantage pour duper le citoyen lambda. Le CICE a été, clairement, bien souvent, détourné de son objectif. Un récent documentaire "Spécial investigation" (Canal+/Capa) dévoilait ce que Pierre Gattaz faisait de ce cadeau fiscal (de plus d'1 million d'euros), au sein de son entreprise Radial. Résultat : Aucune embauche. Pis, le CICE a permis d'augmenter les dividendes de ses actionnaires. Chiffres à l'appui.

Le lobbying patronal du MEDEF a réussi à poursuivre la fracture d'une société qu'ils (MEDEF, AFEP, etc.) veulent ouvertement fracturée. Cela, avec l'aide des élites conniventes, bras armé pour des politiques ouvertement inégalitaires. Il est quand même très antirépublicain de demander sans vergogne l'argent du contribuable pour remplir la panse à des actionnaires, qui n'ont, quant à eux, jamais connu la crise (celle de 2008 ? Depuis, les actionnaires des grands groupes se sont, en moyenne, enrichis - rapport OXFAM).

La CGPME, petit concurrent du MEDEF, est aussi responsable de cette fracture inique entre les individus.

Censée défendre la petite et moyenne entreprise, la CGPME reprend 90 % du programme idéologique du MEDEF. La CGPME, comme le MEDEF, a cette volonté de transformer la société avec deux classes distinctes : d'un côté, les salariés, bons à consommer, de l'autre, le monde patronal et les grands actionnaires. Ces deux organisations sont parvenus à rendre aimable "le grand patronat." Surtout lorsque celui-ci licencie pour la bonne santé de l'entreprise. Elles ont réussi à lisser l'image du patronat, largement écornée, à la fin des années 90/début 2000, par les affaires des licenciements boursiers. Des plans sociaux ont permis le maintien voire l'augmentation des dividendes (exemples médiatiques : Lu ou Michelin).

Le MEDEF, en tête, est parvenu à "victimiser" le grand patronat qui licenciait à tour de bras sans discussion préalable avec le monde salarial. Quel est le principe de ce nouveau paradigme : considérer les licenciements massifs des plans sociaux comme bons pour l'entreprise, ceux-ci permettant de protéger les dividendes des actionnaires. L'actionnaire est devenu une valeur ajoutée plus importante que le salarié. Une division de société qui est en train, petit à petit, de s'affirmer, contraire à l'unité et l'indivisibilité de la République. Pierre Gattaz, président du MEDEF, aura atteint ce que ses prédécesseurs n'ont pu réussir jusqu'à l'aboutissement : écraser, avec une main de maître, les syndicats. Affaiblis et au plus bas dans leur influence, les syndicats, subissant la longue pente descendante de la crise représentative, ont été mis à l'écart des décisions politiques. Seule la CFDT, au prix de renonciations idéologiques, a encore l'écoute des gouvernants. Renonciations que l'on peut aussi peut voir comme un opportunisme de ce syndicat, cherchant à détrôner la CGT comme première puissance syndicale.

La bataille idéologique a donc été, pour le moment, perdue, appuyée par le pouvoir politique davantage lié au monde patronal (exemples : Guillaume Sarkozy, frère de l'ancien président, ex-numéro 2 du MEDEF ; le ministre de l'économie, Emmanuel Macron toujours très souriant et amical avec Pierre Gattaz, ancien banquier d'affaires chez Rothschild. Le ministre qui a, d'ailleurs, créé son mouvement politique "En marche", à l'adresse du directeur de l'Institut Montaigne, cercle de réflexion réputé proche du patronat). Par quoi se traduit, dernièrement, ce succès idéologique ? Par la mise en place politique du CICE (cité précédemment), de la loi Macron (privatisations, baisse des charges sociales, réglementation du travail du dimanche), du projet initial de la loi du travail El Khomri (dont l'inspiration vient d'Emmanuel Macron)... 

Cette dernière est particulièrement intéressante. Si l'on prend l'exemple d'une seule mesure : le pouvoir politique a suivi la demande des organisations patronales d'assouplir les conditions de licenciement (aussi bien sur le fond que sur la forme, avec la mise en place d'un plancher pour les indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif et sans raison).

Mesure totalement contraire, là encore, aux principes républicains. Effectivement, l'idée de faciliter les licenciements pour provoquer l'embauche est une duperie (à l'image du pin's). Et ce ne sont pas simplement les syndicats de salariés qui l'affirment... Ce sont des économistes et des philosophes libéraux. Les mêmes qui, en règle générale, défendent et conseillent les élites économiques. L'intellectuel libéral, Gaspard Koenig, par exemple, n'a pas hésité devant Eric Naulleau et Eric Zemmour sur Paris Première, de déclarer que : "il n'a jamais été prouvé que faciliter les licenciements économiques créerait de l'emploi".

Ces penseurs, ont un idéal et un esprit construit. Ils ne veulent certainement plus être mêlés aux dernières fumisteries des élites politico-économiques.

 


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7 réactions à cet article    


  • alain-aaae (---.---.111.149) 11 avril 15:33

    excellent le gouvernement est obligé de trouver des solutions car se seront eux demain qui dirigerant la france donc ils faut les ménagér mais tout gouvernement ou patron ne feront rien pour trouvé une solution d étre licencié du jour au lendemain.c est pourquoi il faut tenir sur la code du tavail qui a été élaboré par un mec qui toute sa vie n as envoyé les gens pauvres en prison ce mec s apelle badinter milliardaire et qui touchera 4 retraites plus une retraite d ministre.


    • Aimé Diéval 11 avril 17:21

      En Suisse, le Code du travail fait trente pages.

      En mars, le taux de chômage était de 3,7 %. 

      Il y a 200’000 Français qui vivent dans le pays, et 200’000 autres qui franchissent chaque jour la frontière pour y aller gagner leur vie...


      • foufouille foufouille 11 avril 17:47

        @Aimé Diéval
        En Allemagne, le Code du travail fait trois mille pages.


      • Jonas Jonas 11 avril 18:48

        Article également disponible sur http://leblogdejonas.kazeo.com/manifesto-n-4-suite-une-republique-intransigeante-et-ferme-a-l-entrepr-a125620388


        @aimé Diéval En Suisse, il n’y a pas de code du travail. En revanche, vous oubliez qu’un chômage faible n’est pas signe d’absence de pauvreté pour un pays (Etats-Unis, Allemagne, etc.). Par ailleurs, la Suisse a des spécificités liées à sa nature économique. Je doute que vous enviez son « coût de la vie ».

        • Ouam 11 avril 21:19

          Ca en parlait tout à l’heure sur sur Radio ici et Maintenant (tres interessant comme ton article)

          Et l’auteur tu a carrément raison sur le code du travail on nous sort toujours cet espece de truc que en suisse (cf ci dessus) par exemple le code du travail est tres léger , c’est vrai, lorsqu’on regarde ca de loin, mais si on gratte un peu (les jurisprudences) il est encore plus renforcé et restrictif que le notre.

          Par exemple un peintre n’a pas le DROIT de demonter une prise electrique pour peindre autour, il doit appeller un électricien qui lui démonte et remonte la prise.

          J’imagine meme pas la tete que ferai le medef si ici on imposait cela (rire).

           

          Le seul point ou le patronnat / entrepreneurs etc ont raison (il ne faut pas etre obtu non plus) ca serait de le rendre plus simple dans sa « formulation » enfin plus « accessible », et faire une hot line gratuite pour aider les petits entrepreneurs à comprendre et se faire expliquer les parties un peu touffues, et hop, l’affaire du c d travail est réglée.

          Et ce faux débat n’aurait pas lieu d’exister (du code du travail super lourdingue)

          et en Allemagne c’est pareil faut voir le poids des syndicats, ca rigole plus !

          Aux US pareil, si t’est pas syndiqué... ben ....


          • Ouam 11 avril 21:35

            « En Suisse, il n’y a pas de code du travail. »

            https://www.ch.ch/fr/droit-du-travail/

            Oui enfin du droit au travail c’est juste terminologique - ;)

            Itou le salaire mini

            https://www.ch.ch/fr/salaire-minimum-et-salaire-moyen/

             

            L’egalité salariale qui au lieu d’etre inscrite dans le code l’est dans la constitution sur le droit à l’égalité (etcet...)

             

            Et les ultracapitalistes ici, ceux pour qui le droit du travail « défrise », que l’etat « défrise », que les impots « défrise », etc... dans le style

            Vous savez il existe des zones dans le monde ou vous n’aurez aucun de cet petits tracas qui vous « pourissent » la vie ici dans nos contrées « sur-administrées » (d’apres vous).

            Vos avez le Ghanna (paradis fiscal en plus)

            La Somlalie il n’y a plus du tout d’etat, ni de tracasseries administrative de toutes sortes.

            Bon voyage :-> ....


            • elpepe elpepe 12 avril 10:59

              la taille d un code en nombre de pages est d une cretinerie totale, en effet, il convient de traiter du cas general 10% et de tous les cas particuliers 90%, il faut etre un cretin total et parfait pour aller arguer que 3000 pages c est trop,

              maintenant tous les socialistes sont des parfaits crétins car liberaliser le marche du travail, et rendre ledit code caduque fait que :
              - les entreprises délocaliseront encore plus massivement
              - mettent une pression énorme sur les salaires
              - et ces connards de fonctionnaires et politiciens vont devoir immigrer au pole nord, car sans salaire élevé plus de taxe AH AH AH AH bande de connards
              - les retraites sont les seuls riches dans ce pays, mais si la finance arrête de subventionner la France, le Quatar et Arabie Saoudite ne sponsorisent que les mosquees, Valls et le salafisme, alors ils pourront dire très vite adieu a leurs belles retraites AH AH AH AH
              - tout le monde va l avoir in profodis in asino, et ça me rejouit, car ils le valent bien comme dit la publicite

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