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Accueil du site > Actualités > Politique > Manipulation médiatique d’État ?

Manipulation médiatique d’État ?

Pourquoi tant de différence entre les chiffres publiés par les ministères et les syndicats lors des manifestations d'envergure nationale ?

Pour la première fois depuis 1908, la grève du 27 septembre 2011 est organisée par les syndicats d'enseignants du public et du privé rassemblés dans une action nationale pour s'opposer à la casse du service éducatif.

Comment expliquer que le Ministère de l'Éducation Nationale, dont le ministre en exercice est Monsieur Luc Chatel, UMP, publie des prévisions de grévistes de l'ordre de 20% alors que les syndicats prévoient plus de 50% ?

La dépêche de l'AFP, reprise par nombre de quotidiens ainsi que les chaînes de télévision, indique : « Vendredi après-midi, le ministère a annoncé que 20,5% des professeurs des écoles primaires feraient grève, tandis que le SNUipp-FSU estime qu'ils seront 53,75% sur la base des remontées de 87 départements. »

Très simple, Un professeur interrogé sur ce point nous a en donné l'explication. Les professeurs des écoles primaires (anciennement baptisés instituteurs) ont l'obligation de se déclarer grévistes auprès de l'administration 48 heures à l'avance. Nombre de professeurs des écoles préviennent les parents mais ne se déclarent pas grévistes auprès de l'administration.

Le pourcentage de grévistes est calculé dans les services du Ministère de l'Éducation Nationale en considérant le nombre de professeurs grévistes comparé au nombre total d'enseignants, y compris ceux n'ayant pas cours ce jour-là.

Les chiffres publiés par le syndicat SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des Instituteurs et Professeurs des écoles et PEGC) sont la compilation des prévisions des syndicats de 87 départements.(*1)

Dans certains départements, comme la Corrèze, la Drôme, le Finistère, la Haute-Garonne, le Gers, l'Indre-et-Loire, les Landes, la Lozère, le Puy-de-Dôme,...le taux prévisionnel de mobilisation dépasse les 70%, le record étant détenu par l'Aveyron et la Meurthe-et-Moselle qui prévoient 80% de grévistes.

Mais, droit dans ses bottes, le Ministre Luc Chatel déclare : « "Une grève fin septembre dans l'Éducation nationale, ce n'est pas révolutionnaire", a-t-il dit, soulignant la proximité des élections professionnelles (13 au 20 octobre). Chatel, qui "assume" les suppressions de postes, assure que "la vraie question aujourd'hui, c'est le sur-mesure" des enseignements et non "la quantité". »(*2)

Monsieur le Ministre, il nous semble que vous ne pouvez pas adopter des propositions de spécialisation des enseignements en programmant 14 000 suppressions de postes au prochain budget.

Vous aurez beau tenter de rabaisser continuellement le niveau intellectuel des citoyens français, pas de chance, Monsieur le Ministre, nous sommes tous devenus intelligents, grâce à ce formidable système éducatif français que vous tentez de détruire au nom d'une politique économique libérale aujourd'hui dépassée.

*1 source : http://www.snuipp.fr/IMG/pdf/2011_09_23_taux_de_grevistes_27_septembre.pdf

*2 source : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20110926.OBS1150/education-greve-des-enseignants-contre-la-degradation-de-l-ecole.html


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8 réactions à cet article    


  • eric 28 septembre 2011 10:54

    Est ce que la dépense par enfant scolarisé a doublé en euro constant depuis 30 ans Oui !
    Est ce que dans l’ensemble le nombre d’enfant par classe a diminué Oui http://www.r-d.paris-montagne.org/wp-content/uploads/2010/06/evolution_nbeleves_primaire.png
    Est ce qu’en tendance le nombre de profs par élève a augmenté ? Oui !

    Est ce que les résultats de cet immense effort quantitatif se sont traduit par une amélioration du niveau ou une augmentation des chances pour les plus défavorisés ? On peut en discuter, mais le diagnostic de l’ensemble des syndicats, c’est plutôt non ! Au contraire !

    A l’inverse, la fuite des parents vers le privé n’est limitée que par l’interdiction tacite négociée avec les syndicats de financer plus de 20% des places en privé. Les profs y sont ils moins diplômés, la dépense par enfant et le nombre de m2 par gosse y est elle inférieure, le nombre d’élève par classe supérieur etc... Réponses affirmatives à toutes ces questions.

    Si on ajoute que dans une famille, on met en général dans le privé les gosses qui ont des difficultés ou sont intenables, l’argument qu’il faudrait encore plus de prof parce que les enfants d’aujourd’hui seraient plus difficiles que ceux d’hier, ne parait pas très sérieux.

    Conclusion quand Chatel dit que le problème est sans doute plus qualitatif que quantitatif on peut évidemment dire que c’est ultralibéral, mais c’est marquer un désintérêt certain pour les vrais problèmes de l’école.

    SI on ajoute que sur les même trente ans, les dit syndicats se sont mis en grève contre toutes les réformes de droite ou de gauche, on ne peut qu’en conclure qu’ils sont pour l’essentiel à l’origine du problème. Quelles autres organisations en France auraient la prétention de ne pas évoluer sur trente ans et de répondre à toutes les évolutions par le seul slogan, des crédits des postes ?

    Nous avons les programmes et les horaires les plus lourds d’Europe,parce qu’il ne saurait être question de toucher à une matière à un horaire.
    Du coup nous avons aussi le plus de redoublement en Europe,alourdissant les coûts, sans améliorer les résultats.
    Les syndicats refusent systématiquement toute mesure visant à envoyer les bons profs là ou il y a des élèves en difficulté, au nom de l’égalité entre prof !
    Et tout est à l’avenant.
    L’effet le plus comique est sans doute celui des mêmes syndicats qui trouvent que 35 heures pour des adultes, c’est déjà beaucoup, mais ne se demandent pas combien d’heures par semaine un ado doit bosser pour suivre en première S ;
    Sans parler des changement de programme ( genre, Clovis développement durable) dont on peut penser ce que l’on veut sur le fond, mais qui ne sont pas c’est le moins que l’on puisse dire, discutés avec les parents ; les usagers.

    La réalité, c’est que notre école publique a été privatisée par des organisations syndicales partisanes qui la gèrent comme ils l’entendent au grée de leurs prurits idéologiques et de leurs intérêts corporatistes, en prenant les enfants en otage chaque fois que l’on essaye de faire avancer les choses.

    La preuve, ? Pour en rester à des aspects purement quantitatifs, on connait les solutions : alléger les programmes, diminuer les horaires, diminuer les vacances et les redoublements. Comme dans toute l’Europe. Essayer d’aller proposer cela aux syndicats.


    • Moïse Moïse 28 septembre 2011 16:14

      Réponse à eric,


      Il y a un document intéressant, qui date malheureusement de 2008 sur le net.

      Il s’appelle « la situation éducative de la France comparaison. »

      Cela te permettra de te documenter de façon approfondie, tu y découvriras que :
      - Les dépenses par élève semble se situer en-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE,
      - La France fait partie des pays ou le nombre d’heures cumulé est le plus élevé,
      - Les enseignants débutants du primaire perçoivent un traitement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE,
      - Le taux brut de scolarisation est élevé en France, (troisième position dans les pays de l’OCDE),
      Document très instructif, un peu long je te l’accorde, mais pour conserver un niveau d’éducation supérieur à celui de l’inde ou de la chine, il me semble à titre personnel que les enseignants ont raison de manifester.

      Mais il reste le plus important, c’est que le budget de l’éducation en France est bien inférieur au montant annuel des intérêts de la dette de la France. C’est donc les banquiers qui devraient à mon sens fermer quelques agences et supprimer des emplois, et cela, le gouvernement ne semble pas vouloir le préconiser.

      Bonne lecture.




    • bnosec bnosec 28 septembre 2011 12:43

      Luc Chatel déclare : « « Une grève fin septembre dans l’Éducation nationale, ce n’est pas révolutionnaire »

      En même temps il n’a pas tout à fait tort la dessus, non ?


      • Kalki Kalki 28 septembre 2011 12:52
        • fait que l’éducation, va disparaitre, en fait il n’y a pas besoin de professeurs ...

        Du libre échange à l’éducation libre, et inversement

          • Renaud Séchiant 28 septembre 2011 14:51

            En temps de crise peu de monde peut se permettre de perdre une journée de salaire.


          • Moïse Moïse 28 septembre 2011 16:19
            Réponse à alchimie

            Et le nombre réel de grévistes ? 
            Ceux qui ne sont pas syndiqués et qui ne se sont pas déplacés pour manifester.

            As-tu une source sur ce dernier point ?

          • cybitnap cybitnap 28 septembre 2011 18:10

            Ce débat a déjà été tranché lors des manifestations contre la réforme des retraites lorsque des médias ont, à plusieurs endroits en France, décidé de compter eux-mêmes les manifestants. Le résultat a été catastrophique pour les Syndicats puisque même Mediapart avait titré quelque chose comme « Les policiers surévaluent le nombre de manifestants ». Tous les médias avaient conclu que les chiffres des policiers étaient les plus proches de la réalité tandis que ceux des syndicats étaient aussi bidons que leur démagogie.

            D’ailleurs, certains journalistes indépendants ont décidé de ne plus utiliser les chiffres des syndicats. Il en va de leur crédibilité.

            Un reportage sur cette escroquerie mais tu peux en trouver un tas sur dailymotion ou yotube : http://www.youtube.com/watch?v=fWgWZNFgQJM

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