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Accueil du site > Actualités > Politique > Mariage Pour Tous : Une victoire de la démocratie ?

Mariage Pour Tous : Une victoire de la démocratie ?

C'est en regardant les informations concentrées cet après-midi sur le vote définitif du texte autorisant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe, que j'ai entendu une journaliste dire : « Le mariage pour tous est adopté, c'est une grande victoire de la démocratie ! ». Mes yeux se sont alors écarquillés car quid si le texte avait été refusé par les parlementaires ? Quelle logique veut-on nous faire avaler ?

C'est fait. Le parlement a adopté le projet de loi permettant aux couples de même sexe de se marier et d'adopter des enfants, ce qui fait de la France, le 9ème pays européen et le 14ème mondial à autoriser le mariage homosexuel.

Loin de moi l'idée d'exprimer une opinion favorable ou défavorable par rapport à ce projet de loi, ce n'est pas ce qui m'a intrigué cet après-midi en regardant les informations à la télévision. Une journaliste a déclaré « C'est une grande victoire de la démocratie ». La démocratie représentative s'est exprimée au Parlement après 136 heures et 46 minutes de débats avec un score de 331 à 225 voix dont 10 abstentions en faveur de l'adoption du texte de loi. Mais on peut se poser la question de savoir, si la journaliste avait dit la même chose dans le cas où le résultat aurait été inverse.

En effet à 17h05, des jeunes opposants au droit au mariage pour tous ont brandit une banderole blanche depuis les tribunes du public, réclamant un référendum. Le président de l'Assemblée Nationale de 61 ans, Claude Bartolone, s'est alors exclamé : « Sortez-moi ces excités de l'Assemblée ! », avant d'ajouter « Pas de place pour les ennemis de la démocratie dans cet hémicycle ! ».

Qui sont les ennemis de la démocratie ?

Si on s'en tient à cette déclaration, les ennemis de la démocratie seraient-ils les opposants au texte de loi ? Ou alors seraient-ils tout simplement le peuple ? Car si la couleur politique du président de l'Assemblée Nationale n'est pas inconnue (Parti Socialiste, nldr), on peut légitimement se poser la question de savoir ce qu'est véritablement la démocratie pour Claude Bartolone. Etymologie du terme démocratie : La démocratie (du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, « souveraineté du peuple », de δῆμος / dêmos, « peuple » et κράτος / krátos, « pouvoir », « souveraineté ») est le régime politique dans lequel le peuple est souverain.

Les manifestants, qui expriment une opinion, sont-ils les ennemis de la démocratie ou les enfants de cette dernière ? Empêcher le peuple de s'exprimer n'est-il pas justement antidémocratique ? Encore s'ils avaient tenus des propos homophobes, mais déployer une banderole sur laquelle une requête de référendum populaire est exprimée...Il n'y a pas de quoi les qualifier d'ennemis de la démocratie, à moins que Bartolone veuille les envoyer à Guantanamo.

Alors cher président de l'Assemblée Nationale, la démocratie n'aurait-elle qu'un sens ?

Sources : AFP (photo) ; FranceTV Info (vidéo)


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122 réactions à cet article    


  • Al West 24 avril 2013 16:05

    A Achéron,

    De façon évidente, vous n’avez jamais réfléchi à la nature profonde des différents systèmes politiques. La combinaison de ce qu’il est coutume d’appeler démocratie représentative et une corruption facilitée à la fois par la délégation du pouvoir de contrôler la monnaie à une entité privée et l’absence de régulation des capitaux aux frontières prend bel et bien la forme d’une dictature.

    Nous ne sommes pas en démocratie, nous sommes en démocratie représentative. La nuance est de taille et les mots ont leur importance, malgré ce que les journalistes en font.

    Personnellement, je ne considère même plus la démocratie représentative comme étant une démocratie, et doute de la possibilité de l’existence-même de cette dernière.


  • gregolo 24 avril 2013 17:14

    autrefois on appelait les référendums des « plébiscites » car on n’y répond que par oui ou non avec question compliquée pour tromper le peuple, bien comme il faut.

    La démocratie parlementaire est le plus mauvais régime politique à l’exception des autres, tous les autres :« dictature du prolétariat », royauté absolue, théocratie,dictature d’un chef charismatique, etc , 
    quand à la fameuse représentation Proportionnelle, demandez aux italiens et autres israéliens ce qu’ils en pensent.
    quand à ces « jeunes » fachos tancés par Bartholone, méfions nous en pour nos libertés .

  • T.REX T.REX 24 avril 2013 19:19

    Non , ce n’est pas une victoire de la démocratie mais oui, une victoire de la démocratie « représentative » !

    Hélas nos représentants ne nous représentent guère ! Avec les moyens technologiques modernes on pourrait se diriger vers une démocratie directe . Un référendum sur internet permettrait de recueillir l’avis majoritaire du peuple souverain sur les questions importantes.

    Comme le fait remarquer l’auteur avec la démocratie représentative on est un démocrate que si l’on est d’accord avec le parti « majoritaire »....sinon on est plus proche du terroriste !

    Pourvu que Bartolone se barre alone !


  • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 24 avril 2013 20:29

    A l’attention d’Archéron.

    T’inquiète, il reste une manif...


  • Mmarvinbear Mmarvinbear 24 avril 2013 21:00

    Dans une vraie démocratie, à aucun moment une minorité peut imposer sa loi à une majorité : bien au contraire, c’est la minorité qui s’incline devant la majorité, c’est l’exacte signification du mot “commandement du peuple”.

    Or, par la représentation, qui n’est autre qu’un viol perpétuel de la démocratie, les minorités jubilent car elles se mettent vicieusement à égalité avec les majorités, et même plus qu’à égalité puisqu’elles arrivent, bien qu’extrêmement minoritaires, à imposer leurs lois aux majorités.


    Ce qui est absolument faux. En aucune façon, un mouvement minoritaire ne peut obtenir une majorité des sièges à l’ assemblée. L’orientation politique générale reste conforme à l’image du pays, même si la représentativité des divers courants pourrait être meilleure.


  • Raph78 Raph78 24 avril 2013 22:01

    En tout cas l’objectif de vos élites politique est atteint, détourner l’attention de la population des réel enjeux. Des mois de manif, contre-manif, débat et théâtre politique ! Des centaines d’articles, des milliers de commentaires pour un non sujet !

    Vu depuis l’étranger, difficile de ne pas prendre les Français pour des malades mentaux. En Suisse, quelques mois après le dépôt de l’initiative et suite à quelques semaines de débat, le peuple aurait simplement voté !!! Et la décision du peuple serait appliquée. Bien entendu la majorité n’a pas toujours raison, et rien n’empêche de re-voté sur le même sujet quelques années plus tard.

    Votre système politiques sous entend que le citoyen Français est trop stupide pour s’informer sur un sujet et prendre une décisions raisonnée.

       


  • Mmarvinbear Mmarvinbear 25 avril 2013 01:06

    Votre système politiques sous entend que le citoyen Français est trop stupide pour s’informer sur un sujet et prendre une décisions raisonnée. 


    Quand on voit les résultats d’audience de la télé-réalité et la popularité de Nabila, on se dit parfois que c’est le cas...

    « il ne faut pas prendre les gens pour des cons. Mais ne pas oublier qu’ils le sont quand même. »
    ( Les inconnus )

  • Folacha Folacha 25 avril 2013 07:33
    Et maintenant : malgré les dénégation indignées de ceux qui ont fait cette loi : PMA oui oui oui ! Enfant sans père , oh oui, oh oui oh oui !


  • gogoRat gogoRat 25 avril 2013 10:31

    @ Saint-just :

     une troisième voie ?

     Si vous aviez vraiment foi en la démocratie ( ie : en la capacité du peuple à se gouverner lui-même)
     vous sauriez qu’il n’existe pas Une « troisième voie » ... mais une infinité de « 3e voie » !
     C’est à nous, individuellement et collectivement, à inventer et à réaliser cette 3e voie ...

     Pour ma modeste part je persiste à suggérer une piste ( même si elle reste snobée avec une sidérante absence de contre-argumentation) :
     des cahiers de doléances officiels permanent dont chacune des propositions serait notée par chaque citoyen à l’aide de curseurs virtuels gérés par un logiciel libre et open source ...


  • Lucadeparis Lucadeparis 27 avril 2013 21:22
    Les seuls cas où il y a une « démocratie représentative », c’est statistiquement par tirage au sort de l’assemblée politique parmi la population, ou par constitution de cette assemblée par panel.
    De toute façon, il n’y a pas de réelle démocratie sans référendums (cette assemblée ne devant coordonner que ce qui est à voter par le peuple). Car, écrivait Jean-Jacques Rousseau :
     « La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. [...] Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi. Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde. [...] L’idée des représentants est moderne : elle nous vient du gouvernement féodal, de cet inique et absurde gouvernement dans lequel l’espèce humaine est dégradée, et où le nom d’homme est en déshonneur. » (Du Contrat social, livre III, chapitre 15 : « Des députés ou représentants »). 
    Notre régime n’est pas une démocratie, mais une aristocratie élective. C’est la novlangue des oligarques avec les premiers partis politiques aux Etats-Unis qui a dévoyé le mot il y a deux siècles alors que durant plus de deux millénaires, « démocratie » signifiait souveraineté du peuple :
    - Aristote écrivait qu’ « il est considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu’elles soient électives » (Politique, IV, 9, 1294 b 7-9) ; « Les élections sont aristocratiques et non démocratiques : elles introduisent un élément de choix délibéré, de sélection des meilleurs citoyens, les « aristoï », au lieu du gouvernement par le peuple tout entier. » (Politique, IV, 1300b4-5). 
    - Spinoza écrivit que si la politique « se fait par une assemblée sortie de la masse du peuple, l’État s’appelle démocratie ; si c’est par quelques hommes choisis, l’État s’appelle aristocratie  ; par un seul enfin, monarchie. » (Traité politique, chapitre II : « Du droit naturel », paragraphe 17). 
    - Pour Montesquieu, « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne ; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » De l’Esprit des lois, livre II : « Des lois qui dérivent directement de la nature du gouvernement », chapitre 2 : « Du gouvernement républicain et des lois relatives à la démocratie »).
    - Pour Jean-Jacques Rousseau, « Il y a donc trois sortes d’aristocratie : naturelle, élective, héréditaire. La première ne convient qu’à des peuples simples ; la troisième est le pire de tous les gouvernements. La deuxième est le meilleur : c’est l’aristocratie proprement dite. » (Du contrat social, Livre III, chapitre 5 : « De l’aristocratie »).
    L’abbé Emmanuel-Joseph Sieyès, dans son discours du 7 septembre 1789 opposa gouvernement « représentatif » et démocratie, avant que l’oligarchie ait voulu qu’on les confonde afin de tromper le peuple et désamorcer ses revendications :
    « La France ne doit pas être une démocratie, mais un régime représentatif. Le choix entre ces deux méthodes de faire la loi, n’est pas douteux parmi nous. D’abord, la très grande pluralité de nos concitoyens n’a ni assez d’instruction, ni assez de loisir, pour vouloir s’occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ; ils doivent donc se borner à se nommer des représentants. [...] Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. » (« Sur l’organisation du pouvoir législatif et la sanction royale », in Les Orateurs de la Révolution française. Les Constituants, Tome I, Paris, Gallimard, 1989, p. 1025 et 1027).
    Il n’y a que le conformisme des ours de garde pour les rendre aussi soumis aux maîtres qui les tiennent par des laisses auxquelles ils sont tellement aveugles (sur le 11 Septembre par exemple) qu’ils se croient «  ennemis[s] du politiquement correct  ». Qu’ils lisent Jean-Claude Michéa, par exemple : L’Empire du moindre mal (Essai sur la civilisation libérale) (tiens, la première citation est sur la « démocratie » selon un nouveau chien de garde...) ou Orwell, anarchiste tory. Les plus zélés esclaves ne sont -ils pas ceux qui se croient libres ?

  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 avril 2013 08:13

    « L’assemblée sortie de la masse » dans la citation de Spinoza, ça ressemble furieusement à une représentation non ? Quand même un peu non ?


  • Lucadeparis Lucadeparis 28 avril 2013 09:50
    Je recite Spinoza, selon qui si la politique « se fait par une assemblée sortie de la masse du peuple, l’État s’appelle démocratie ; si c’est par quelques hommes choisis, l’État s’appelle aristocratie  » (Traité politique, chapitre II : « Du droit naturel », paragraphe 17).
    Je cite le début de mon message :
    « Les seuls cas où il y a une « démocratie représentative », c’est statistiquement par tirage au sort de l’assemblée politique parmi la population, ou par constitution de cette assemblée par panel. »
    J’écris bien au début de mon message qu’il y a représentativité si l’assemblée est sortie du peuple par tirage au sort (d’un assez grand nombre de citoyens pour être statistiquement représentative) ou panel (« Échantillon de population censé être représentatif d’une population globale » ) ; mais pas par l’élection (surtout avec une Constitution Française scélérate qui déclare dans son article 27 que « tout mandat impératif est nul », c’est-à-dire que constitutionnnellement, « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. » !).
    Là il n’y a même plus à parler de représentation, c’est lorsque tout le peuple vote par référendum.

  • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 avril 2013 09:58

    OK, je comprends, la représentation n’est pas nécessairement le mal, si elle est construite aléatoirement et/ou mathématiquement de manière à être aussi représentative que possible de la population.

    Ce qui est antinomique de la démocratie, c’est la représentation élue.

    Moi, ça me va, mais il me semble néanmoins avoir entendu que c’est la représentation qui était en soit antinomique de la démocratie.

    Je comprends donc que cette antinomie n’est pas absolue.


  • Lucadeparis Lucadeparis 28 avril 2013 10:18

    C’est juste que le mot « représentation » est ambigü, et cette ambigüité a été utilisée, voire construite par les oligarques pour parler faussement de « démocratie représentative » pour ce qui est en fait aristocratie élective.

    La seule façon dont on peut parler vraiment de représentation ou de représentativité dans la démocratie, c’est comme on parle d’échantillon représentatif (à opposé à ce qui est délégatif mais en fait pas représentatif). Mais cette représentativité ne doit être utilisée que pour ce qui est nécessaire : ainsi toute la population ne peut pas rédiger les textes, contrairement à une assemblée (représentative), mais elle peut voter par référendum pour ou contre les textes que l’assemblée a coordonnés.


  • Lucadeparis Lucadeparis 29 avril 2013 17:40

    J’avais mentionné une citation de Jean-Claude Michéa dans L’Empire du moindre mal (Essai sur la civilisation libérale) et je n’avais pas encore pensé à quel point elle est pertinente, car il y écrit que ce que les oligarques et leurs journalistes et « philosophes » chiens de garde appellent dans leur novlangue « la démocratie », c’est le libéralisme.
    Or, il est vrai que la légalisation du mariage homosexuel est une victoire du libéralisme ; et cela n’aurait été « une grande victoire de la démocratie » que si cette loi avait été obtenue par la volonté populaire, en particulier par un référendum d’initiative citoyenne (ou à l’initiative d’une assemblée législative tirée au sort parmi la population), ce qui n’est évidemment pas le cas.
    Voici la citation de Michéa :
    « Dans le « Figaro magazine » du 6 janvier 2007, Alain-Gérard Slama écrit que « les deux valeurs cardinales sur lesquelles repose la démocratie sont la liberté et la croissance ». C’est une définition parfaite du libéralisme. À ceci près, bien sûr, que l’auteur prend soin d’appeler « démocratie » ce qui n’est, en réalité, que le système libéral, afin de se plier aux exigences définies par les « ateliers sémantiques » modernes (on sait qu’aux États-Unis, on désigne ainsi les officines chargés d’imposer au grand public, à travers le contrôle des médias, l’usage des mots le plus conforme aux besoins des classes dirigeantes). Ce tour de passe-passe, devenu habituel, autorise naturellement toute une série de décalages très utiles. Si, en effet, le mot « démocratie » doit être, à présent, affecté à la seule définition du libéralisme, il faut nécessairement un terme nouveau pour désigner ce « gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple » où chacun voyait encore, il y a peu, l’essence même de la démocratie. Ce nouveau terme, choisi par les ateliers sémantiques, sera évidemment celui de « populisme ». Il suffit, dès lors, d’assimiler le populisme (au mépris de toute connaissance historique élémentaire) à une variante perverse du fascisme classique, pour que tous les effets désirables s’enchaînent avec une facilité déconcertante. Si l’idée vous vient, par exemple, que le Peuple devrait être consulté sur tel ou tel problème qui engage son destin, ou bien si vous estimez que les revenus des grands prédateurs du monde des affaires sont réellement indécents, quelque chose en vous doit vous avertir immédiatement que vous êtes en train de basculer dans le « populisme » le plus trouble, et par conséquent, que la « Bête immonde » approche de vous à grands pas. En « citoyen » bien élevé (par l’industrie médiatique), vous savez alors aussitôt ce qu’il vous reste à penser et à faire. De là, évidemment, les Charles Berling et les Philippe Torreton. » (Climats, 2007, p. 85-86 ; Flammarion, Champs Essais, 2010, p. 84-85).


  • hans 6 mai 2013 17:45

    C’est vrai raph qu’à trop copier l’amérique on n’a pas avancé beaucoup...


  • Rounga Roungalashinga 24 avril 2013 10:18

    Il faut bien comprendre comment ça fonctionne dans la tête des « élites » : la démocratie n’est pas le pouvoir exercé pour le peuple et par la légitimité donnée par le peuple, mais un pack qui comprend un certain nombre de valeurs libérales, telles que le respect des différences, la liberté, la laïcité. Les intérêts et opinions réelles du peuple n’importent pas, car celui-ci a tendance à être considéré comme une foule imbécile incapable d^’identifier ce qui est bon pour lui et qu’il faut donc guider, parfois malgré lui. Ainsi cohabitent dans ces esprits les idéaux de démocratie et de déspotisme éclairé. La question de la légitimité est réglée par les élections, dont le ressort génial est l’alternance : le peuple comprend très vite que celui qu’il a porté au pouvoir est une calamité dont il faut se débarrasser, et vote contre celui qui se présente comme son opposant, même s’il représente en réalité l’autre face de la même médaille. Ainsi, la légitimité donnée par le peuple n’est pas un plébiscite, mais plutôt un rejet de l’autre candidat, et l’apparence est sauve. Je n’évoque pas ici le cas du référendum, car dans ce cas la légitimité du peuple est tenue pour rien si le peuple ne vote pas conformément au souhait des « élites ».
    Cependant, même si l’on dévoile aisément le fonctionnement réel de ce système qui n’a que les apparences de la démocratie, il faut aussi admettre que le peuple, qui a voté à 27% pour le pire président que la France ait jamais eu, et à 28% pour un autre qui est bien parti pour le surpasser, mérite quelque part ce qui lui arrive. Reste à savoir si cet état de lobotomie généralisée va se poursuivre ou si l’on va assister à un réveil dans les prochaines années.


    • Sarah Sarah 24 avril 2013 13:37

      « La question de la légitimité est réglée par les élections »


      La question de la légalité plutôt.

    • gogoRat gogoRat 25 avril 2013 10:38

       Il faut distinguer la légalité procédurière de ce qui est moralement légitime ...

       et si le logiciel de la légalisation procédurière est obsolète (voire structurellement foireux dès l’origine), non seulement il est possible de le changer, mais c’est même un devoir moral !


    • barbouse, KECK Mickaël barbouse, KECK Mickaël 24 avril 2013 11:03

      c’est une victoire à la pyrrhus pour l’oligarchie libérale qui a montré son vrai visage et a heurter l’instinct de survie élémentaire du peuple français, dorénavant, le prolongement naturelle
      de ce combat de civilisation se fera avec bcp moins de naïveté, le crédit des politiques était déjà trés limité, mais là, c’est le capital confiance envers les institutions qui va bientôt être pillé, accompagné de celui qui restait envers les médias.

      dorénavant, l’identité française n’est plus apte à la transcendance ni a donner de l’honneur puisqu’elle viens d’user jusqu(’a la dernière corde l’honneur de ceux tombé au front contre le nazisme pour mettre a genou l’esprit fragile et médiatiquement asservie de la jeunesse française dés 6 ans avec la théorie du genre
      pour mieux faire passé plus tard la moralisation de la location du ventre des femmes pauvres au bénéfice des caprices d’achats des riches.

      c’est une victoire à la pyrrhus pour les homosexuels qui, quand ils comprendrons qu’ils ont été utilisé par la bourgeoisie pour servir de cible en période de conflit économique, que leur paupérisation qui va découler du simple fait de la compétition économique entre les familles et les modèles familiaux, de leur prétention a rivaliser et donner des leçons de moral aux pères hétéros n’est plus un truc bénin et minoritaire, mais quelque chose qui tue le droit d’être père pour le naif qui a fait un gosse a une lesbienne.

      puisque par nature, il ne sera plus tolérable d’être identique, fini le temps où la mode gay peu devenir hétéro compatible, fini le temps où on emmène son enfant se faire couper les cheveux dans le salon « tendance » du moment, fini le temps où faire gagner de l’argent a un gay contribue a une certaine modernité festive et culturelle, maintenant on en est au temps ou enrichir un gay c’est lui permettre d’acheter un enfant, donner son sperme c’est créer un enfant sans père, faire un gosse a une fausse hétéro, être nié jusqu’au tréfond de sa paternité dans osn droit a aimer ses enfant en tant que père.

      et qui crois encore longtemps qu’il suffira d’en appeler aux spectres du nazisme encore longtemps pour justifier de détruire l’enfance française avec la théorie du genre, que même les suédois ont cesser de mettre en place et financer... se trompent, la confiance est perdue,
      et bien des parents sont déjà en train de chercher comment ne plus mettre leur enfant à l’école « laique », qui consiste dorénavant en l’école de la transformation de l’enfant en une valeur marchande sans accès à la foi autre qu’instrumentalisé au profit de l’ogarchie.

      amicalement, barbouse. 


      • HELIOS HELIOS 25 avril 2013 15:18

        *... si je lis bien votre dernier paragraphe, « ils » ont reussi a tuer la famille, et dans la foulée, l’ecole libre et publique. Une victoire pour le pire des capitalismes, le service public d’enseignement bradé sur l’autel de la volonté de quelques folles ou gouines, manipulés au demeurant ...
        On est loin du respect pour la « difference » des homos, les vrais !


      • barbouse, KECK Mickaël barbouse, KECK Mickaël 25 avril 2013 19:44

        le bilan sur l’école n’étant plus à faire, surtout que maintenant, c’est lui le véhicule de l’obscurantisme puisqu’il interdit de discriminer le vrai du faux au profit de l’émotionnel médiatique,

        par contre, maintenant que bcp de famille ouvre les yeux, est ce que les corps organisé avec une moral et une transcendance qui place encore des valeurs au dessus de l’argent vont réagir pragmatiquement en ouvrant des écoles, sous peine de disparaitre ou se voir réduit à l’état de secte de fonctionnaire spécialisé dans l’euthanasie bientot légal...

        on verra, d’un point de vue purement logistique, l’église et les musulmans de france peuvent ouvrir environ 400 écoles multiconfessionnel selon un vieux constat de 2008, et c’est sans compter sur le nombre de professeur qui quitterai volontiers l"éducation national qu’ils comparent au camps de la mort de la culture qui élèvent l’esprit et émancipe l’humain.

        soient ils sont lucide et conséquent après le vote de cette loi, soi décidémment trop soumis au systeme et naif, ils se réveillerons aussi tard que leur pétition n’a servie a rien...

        amicalement, barbouse


      • Ariane Walter Ariane Walter 24 avril 2013 11:23

        Pas de bonne humeur, ce matin, les Barjot !!

        Ca passera...

        Perso je me suis fait recaler sur tant et tant de manifs ! Les retraites, le TSCG, le MES et j’en passe.

        Vous n’étiez pas dans la rue à ce moment-là.

        Oui, c’est un moment d’égalité.

        Enjoy. 


        • Aldous Aldous 24 avril 2013 11:59

          Maastricht... Schengen... le traité constitutionnel... le lancement de l’Euro... Enjoy !




        • francesca2 francesca2 24 avril 2013 12:05

          Perte de souveraineté...dumping fiscal...fermetures d’usines...délocalisations...chômage.


          Enjoy.

        • louphi 24 avril 2013 13:12

          Ariane Walter 

          « Oui, c’est un moment d’égalité. »

          Egalité du fion et du gode avec le sexe ! Ces militants homos militant sont de vrais magiciens ! Quelle triste tartuferie !


        • Onecinikiou 24 avril 2013 13:20

          Un « moment d’égalité » Ariane, mais pourquoi ? Par ce que ton gourou l’a dit et que tu le répètes tel un perroquet, incapable de réfléchir par toi-même ?


          « Rupture anthropologique » selon les propres termes du conférencier : 


          « Changement de civilisation » selon ceux employés par la ministre Taubira. Idéologie de l’indistinction selon moi, de l’égalité pure et parfaite selon les délires de certains sophistes dévoyés et marchand de mort tel ton gourou. 

          Ruine de la société devenue décadente par le fait du compassionnel et de la dictature de minorités agissantes, pétries des désirs narcissiques les plus délétères, individualistes, foncièrement égocentriques. 

          Règne enfin du libéralisme le plus cristallin, à marche forcée. Pas un théoricien libéral au monde ne s’oppose à cette mesure, et pour cause. 

          Dans ces conditions, comment peux-tu t’enorgueillir de ta médiocrité intellectuelle et de ton potentiel infini de manipulation politique... ?

        • VICTOR LAZLO VICTOR LAZLO 24 avril 2013 13:42

          @Ariane Walter

          Vous dites :« Perso je me suis fait recaler sur tant et tant de manifs ! Les retraites, le TSCG, le MES et j’en passe.Vous n’étiez pas dans la rue à ce moment-là ».

          Erreur. Je connais des gens (et assez nombreux même s’ils ne sont pas « majoritaires ») qui ont fait les manifs contre le TSCG , entre autres, et qui ont été manifesté contre le mariage gay.

          Tous les manifestants pro-Barjot ne viennent pas du 16é ou de Neuilly. 

          Personnellement j’ai du mal à comprendre la rage qui s’est manifestée contre le mariage gay (même si je penses que les problémes liés à la filiation ont été traités par dessous la jambe). Du moins je considéres que les ami(e)s qui sont « anti » ne sont débiles, ni rétrogrades. Dans leur esprit , ce qu’ils considérent comme une attaque de la famille, du « dernier cercle » , participent du même esprit libéral-capitaliste que la casse des structures sociales ...


        • maQiavel machiavel1983 24 avril 2013 14:48

          Perso je me suis fait recaler sur tant et tant de manifs ! Les retraites, le TSCG, le MES et j’en passe.


          Je me demande s’ il n’ est pas plus noble de manifester pour des valeurs comme c’ est le cas ici que pour des raisons d’ argent ... c’ est juste une question.

        • AB Berurier AB Berurier 24 avril 2013 15:24

          Madame Walter une subtilité a du vous échapper.
          La loi Informatique et Liberté interdit d’enregistrer entre autre tout ce qui touche aux opinions politiques, religieuses et aux orientations sexuelles des citoyens.
          Vous pouvez m’expliquez comment on va gérer le nouveau livret de famille s’il vous plait ?
          Non seulement nous venons de perdre une liberté mais en plus il faudrait fêter ça !!!!

          Enjoy pendant que vous en avez encore le droit


        • Antoine Vermeersch Antoine Vermeersch 24 avril 2013 19:45

          @Ariane Walter
          Vous vous en êtes pris plein la figure ce matin avec votre article au triomphalisme nauséabond.
          http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/331-225-134745
          Et lorsque les réponses vous dérangent (pas seulement les miennes), vous les supprimez en les targuant d’homophobie !
          L’homophobie, au contraire, c’est vous qui l’attisez.
          Je me permets de reproduire ici cette réponse, en espérant que Laurent Deregnaucourt me prêtera asile et me pardonnera d’utiliser son espace.

          « Beurk !
          A vomir !
          Encore un article qui favorise les désirs égoïstes de quelques adultes au détriment du droit des enfants.
          Encore un article qui stigmatise la droite et l’extrême droite comme seuls opposants au mariage gay et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.
          Non, le mariage homo n’est pas une avancée des droits des homosexuels : C’est une régression du droit des enfants, relégués au rang de marchandise.
          Non, une réforme d’une telle importance, touchant à la famille dans sa définition même, touchant à l’éducation et à l’enfance, un tel bouleversement de nos institutions ne peut déontologiquement se décider à une majorité de 50% plus une voix.
          Ecoutez au moins vos amies sur ce point http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/331-225-134745#forum3698715.
          De jour en jour, à la lecture de torchons comme le vôtre, j’en viens à regretter ma solidarité passée avec les homosexuels, mes participations à la gay pride, à la techno parade …
          Finalement, l’homophobie montante, c’est vous qui la fomentez, qui l’alimentez, qui l’attisez. »

          Je persiste et je signe.


        • Folacha Folacha 25 avril 2013 07:34
          Et maintenant : malgré les dénégation indignées de ceux qui ont fait cette loi : PMA oui oui oui ! Enfant sans père , oh oui, oh oui oh oui !


        • ffi ffi 25 avril 2013 19:42

          Oui, c’est un moment d’égalité.

          Belle mathématique !

          anus = vagin.
          godmiché = bite.
          père = mère (= tante).
          faire l’amour pour engendrer = aller se faire inséminer par un médecin grâce à don de sperme acheté sur internet = aller engrosser une femme du tiers-monde et revenir avec l’enfant = payer une femme pour porter un enfant.
           
          A mon avis, c’est plutôt un moment de confusion...


        • Le421 Le421 26 avril 2013 19:20

          Ma pauvre Ariane, les sujets importants, ils s’en fichent. Ces gens ne sont fachés que lorsque l’on ouvre un droit. Quand on enlève des libertés, ils jouissent. Ils sont étriqués du cerveau. Tant pis !!
          Ne change pas, même si on te colle -280, ne change pas tes idées. Les grands génies sont rarement crus et souvent raillés.


        • voxagora voxagora 24 avril 2013 11:38

          .

          Tout le monde est défait, au sens que c’est une défaite pour tout le monde, 
          y compris pour la communauté homosexuelle, malgré les apparences.

          La conjonction d’un aveuglement narcissique et égoïste, par un groupe ne représentant que lui-même,
          et d’un pouvoir inscrivant, par la force et la manipulation, le déni d’humanité dans la loi,
          (le déni d’humanité n’est pas l’in-humanisme, c’est le déni de l’origine hétérosexuée de l’humain)
          ont produit une cassure qui va poursuivre son bonhomme de chemin.
          La précipitation pour pousser au vote n’a eu d’autre motif que le fait que plus le peuple prend conscience
          des implications de la loi, plus il se rend compte qu’il a été trompé avec la mise sur le devant de la scène d’un droit au mariage qu’au départ peu contestaient.
          Le fait que cette loi ait été portée par une femme qui, tout en ayant d’indéniables qualités,
          a aussi la caractéristique particulière de voir dans le monde qui l’entoure un ennemi à abattre et avec qui régler ses propres comptes, est une donnée qui n’est pas négligeable non plus.



          • COLRE COLRE 24 avril 2013 12:16

            Bonjour vox smiley

            Je te chope au passage sur ton comm.

            Je finis ma réponse interrompue l’autre jour.

            Là où tu fais fausse route, comme tant d’autres, me semble-t-il, c’est d’utiliser le terme « communauté » et d’en faire alors la cible d’une population particulière qui exige des « droits » que tu juges dans ce cas inacceptables (si tu es contre le « communautarisme »). 

            Si tu voyais les choses différemment, tu pourrais dire que les individus ne se réduisent pas, ni à leur genre, ni à leur sexe, ni à leur ethnie, ni à leur religion…

            Mettre les homosexuels dans une catégorie à part est de mon point de vue une erreur majeure.

            Je n’ai pas le temps de développer, mais je te donne en citation une analyse de Dounia Bouzar (une anthropologue, spécialiste des religions) pour expliquer les différences d’appréciation sur le mariage gay entre les catégories jeunes (18-34 ans, très favorables à la loi) et les vieux, plus de 60 ans : 

            « Les jeunes ne catégorisent pas les homos en ’personnes à part’. Ils les appréhendent dans leur entité d’individu, et l’orientation sexuelle apparaît peu importante (dans le sens peu déterminante). 

            C’est le contraire chez les plus vieux : l’homo efface tout le reste de l’individu, ils perçoivent une telle différence qu’ils focalisent dessus, ne pouvant plus rentrer en contact. Pour eux, la différence ’homo’ est une sorte de barrière infranchissable dans une relation. Ce sont ’les autres’. Par conséquent, ils ne veulent pas qu’ils aient les mêmes droits et quelque part deviennent ’leurs semblables’ ».


          • Agor&Acri Agor&Acri 24 avril 2013 12:42

            @ voxagora,

            je souscris largement à votre propos.

            @COLRE,
            je souscris également, mais partiellement, à votre propos.

            Je m’explique :
            Ce n’est pas le concept de COMMUNAUTE qui doit structurer l’analyse de la situation.
            Néanmoins, l’identification communautaire a été titillée pour jouer un rôle de vecteur de mobilisation et de rassemblement.

            Voici mon analyse :

            Point n° 1 :
            Le mariage était une revendication portée par une petite minorité active (association LGBT et autres groupuscules)
            mais n’était pas ne revendication forte et unanime d’une majorité d’homos.

            Certains se satisfaisaient grosso modo du PACS et bcp d’autres souhaitaient simplement un cadre juridique qui leur offre une meilleure protection (fiscalité, décès, héritage, garde de l’enfant du (de la) conjoint(e) décédé(e), ...)

            Et à ceci, il était difficile d’opposer d’opposer des arguments recevables (hormis idéologiques ou religieux).
            D’ailleurs, une large majorité de Français n’y était pas opposée
            et un projet de loi allant en ce sens n’aurait jamais mis des centaines de milliers de Français dans la rue = les homos auraient obtenu leur avancée sans gros remous.

            C’est plus ou moins à son corps défendant, qu’une large partie de la « communauté » homo s’est trouvée embarquée dans la revendication du mariage .
            = c’est ça (et pas autre chose) que le gouvernement leur proposait comme avancée, donc s’ils voulaient bénéficier d’ une avancée il leur fallait bien soutenir la cause du mariage.

            Point n° 2 :
            Si vous voulez bien comprendre et admettre le Point n°1, vous pourrez alors vous poser cette question = pourquoi absolument le mariage ?

            Et la réponse, paradoxale en apparence, coule de source = parce que l’objectif réel n’est justement pas le mariage
            mais l’adoption plénière (les 2 parents adoptent un enfant tiers).
            [et ceci n’est que la 1ère étape d’une évolution sociétale voulue au niveau planétaire...mais ce débat nous emmènerait trop loin)

            Sauf que,
            l’opinion publique n’étant pas favorable du tout à l’adoption plénière pour les couples homo,
            il n’était pas envisageable d’avancer à découvert et de présenter frontalement un projet de loi proposant d’ouvrir l’adoption aux couples homo.

            Or le mariage ouvre automatiquement l’adoption.
            Donc en axant tout la communication sur le mariage et en évoquant le moins possible l’adoption
            on obtient, par la ruse, le résultat souhaité = l’adoption.

            Nous venons d’assister à un épisode de propagande et de manipulation de l’opinion publique d’une rare ampleur.

            Et ceux qui croient simplement avoir défendu l’égalité et l’amour se trompent lourdement.

            Mais ça, ils ne s’en rendront certainement pas compte avant plusieurs années (ou décennies)

            Malheureusement. smiley


          • voxagora voxagora 24 avril 2013 13:59

            Euuuuh Colre, comment dire ?

            Je me souviens quand mes fils, il y a bien une vingtaine d’années de cela, ont commencé à employer une expression nouvelle : « Non non maman, tu es carrément à l’Ouest, mais alors, carrément ! »
            Et bien j’ai du mal à répondre à ton argumentaire tellement il est « à L’Ouest ».
            Je vais faire avec l’insatisfaction que me cause cette impossibilité.
            Elle est largement compensée par l’intérêt que je prends à lire le niveau atterrant de certaines argumentations, notamment ta citation de D.B. qui, telle que tu la rapportes, est d’une rare imbécilité. 
             smiley

          • Rounga Roungalashinga 24 avril 2013 14:21

            L’analyse de COLRE me semble contraire à la réalité. En effet, si des gens ont manifesté contre le mariage homo, c’est, en partie, parce que pour eux la sexualité, et partant l’orientation sexuelle est de l’ordre du privé. Un citoyen qui a une tendance homosexuelle n’est pas un citoyen homo, c’est un citoyen, point final. Jusqu’à maintenant, la loi ne mentionnait jamais l’orientation sexuelle, ce qui fait que les hétéros et les homos ont exactement les mêmes droits. Si le mariage était jusqu’à maintenant défini comme l’union d’un homme et d’une femme, c’est parce qu’il est une création anthropologique censé encadrer la reproduction et la filiation, et que pour faire un enfant, il y a toujours besoin d’un homme et d’une femme. Ainsi, le mariage n’était pas juridiquement défini comme une officialisation de l’amour (mais rien n’empêche les contractants de lui donner cette signification-là), et par conséquent il ne rendait pas public une orientation sexuelle particulière. Beaucoup d’homosexuels se mariaient et avaient des rapports extraconjugaux avec des personnes du même sexe, et d’autres restaient célibataire, le secret de la vie privée était conservé. Mais le mariage pour tous s’est fait au nom de la reconnaissance de l’amour des homosexuels et de l’égalité des droits. Si le second prétexte est fumeux, comme je l’ai déjà montré, le premier implique clairement que l’Etat est là pour valider une relation amoureuse. Nous avons donc à présent un mariage qui peut se faire selon deux modalités : soit avec une personne du même sexe, soit avec une personne de l’autre sexe. Cela implique donc que l’orientation sexuelle est officialisée par le nouveau mariage. Si vous contractez un mariage, l’Etat sait maintenant si vous êtes homo ou hétéro, puisque vous avez choisi la modalité de celui-ci en fonction de votre orientation, alors qu’auparavant l’hypocrisie bourgeoise qui sous-tendait cette institution impliquait qu’on pouvait avoir une orientation différente de celle affichée par son statut d’individu marié. A présent, quand vous remplirez un formulaire dans l’administration, en indiquant le nom de votre conjoint, vous direz automatiquement à celui qui lira le fichier de quel bord vous êtes, alors qu’il ne veut sûrement pas le savoir.

            Au contraire, chez les jeunes, la tendance à vouloir réduire son identité à ses goûts, ses orientations, ses tendances, qu’ils soient sexuels, politiques ou musicaux, et à les afficher, est beaucoup plus marquée. Les jeunes générations considèrent qu’il est positif de « s’affirmer » de la sorte, et émettent donc des signaux (par l’habillement, la coiffure, les tatouages, voire même des inscriptions sur les sacs à dos) pour exprimer dans l’espace public leur appartenance à tel ou tel mouvance. Les jeunes, moins sûrs d’eux et plus vulnérables sur le plan émotionnel que les adultes mûrs, trouvent réconfortant de trouver dans le regard d’autrui une acceptation sans réserve de l’identité qu’ils arborent*. D’où la valorisation du « coming-out », soit la révélation de son identité sexuelle à son entourage, identité qui fait donc partie intégrante de l’identité d’une personne, et qui se doit donc d’être sue, même par les gens qui n’en ont rien à foutre. D’où, également, la revendication de la reconnaissance de toutes les différences, dont le mariage homo, censé être la validation ultime, puisqu’émanant de l’Etat, d’une composante déterminante de l’identité des personnes.

            Il semble donc que l’analyse de Dounia Bouzar manque de subtilité : ce n’est pas que les vieux ne voient chez l’homosexuel que l’homosexuel, c’est plutôt qu’ils sont gênés qu’une chose faisant partie de l’intimité soit affichée publiquement, et qu’ils focalisent plus dessus que les jeunes pour qui cela fait partie du domaine public. Les appartenances déterminantes pour les vieux sont plutôt les appartenances liées aux traditions patriarcales : la nationalité, la religion, la classe sociale, et non pas les goûts musicaux, l’orientation sexuelle, ou l’appartenance à une ethnie exotique. Ce sont donc les jeunes, et non les vieux, qui réifient l’orientation sexuelle. Si on veut faire le parallèle parfait avec les vieux gênés par l’homosexualité, on pourrait prendre l’exemple d’un jeune qui, dans son groupe, affirmerait son catholicisme (c’est-à-dire le fait de croire en la résurrection et tout, pas l’appartenance, de fait, à un pays de culture catholique). La gêne occasionnée est la même dans les deux cas.


            *On ne dira rien, ici, de la manière dont le marché tire parti de cette faille typique de la jeunesse


          • cevennevive cevennevive 24 avril 2013 14:27

            Excellent commentaire Rounga ! C’est tout-à-fait cela...

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Jason Indigo


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