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Maurice Druon pas si immortel que ça

Auteur à succès, romancier, essayiste, homme politique mais avant tout, académicien, Maurice Druon était la « mémoire de l’Académie » selon les mots de son amie très proche, Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de cette monumentale institution.

L’écrivain, résistant, académicien et ancien ministre gaulliste Maurice Druon est mort ce 14 avril 2009 à dix-huit heures. Il allait fêter le 23 avril prochain son 91e anniversaire.
 
 
Un roc académique et politique
 
Maurice Druon était devenu lui-même une institution. Il personnifiait l’Académie française dont il était le doyen d’élection (depuis la mort d’Henri Troyat), entré le 8 décembre 1966 à l’âge de 48 ans au fauteuil de George Duhamel. Il en rêvait depuis l’âge de 10 ans. Il fut même le (provisoire) secrétaire perpétuel de l’Académie française de novembre 1985 à octobre 1999, laissant place à Hélène Carrère d’Encausse qui a annoncé son décès.
 
Succédant à un autre Duhamel, Jacques Duhamel, au Ministère des Affaires culturelles, Maurice Druon a goûté à la fonction ministérielle sous le gouvernement de Pierre Messmer avec un objectif d’image pour le Président Georges Pompidou : contrebalancer l’avant-gardisme du projet du Centre Beaubourg par la nomination d’un "conservateur".
 
 
Une œuvre littéraire immense
 
Homme de lettres et homme de la politique (plus qu’homme politique), Maurice Druon était avant tout un monument de la littérature française, très prolifique avec cinquante-cinq œuvres écrites à partir de l’âge de 24 ans sans compter d’autres textes lorsqu’il était plus jeune. Essentiellement des romans, mais aussi des pièces de théâtre et des essais, notamment sur le peintre Bernard Buffet (1964) et sur a colline de Vézelay (1968).
 
 
Des ancêtres… un peu comme lui
 
Son ascendance le prédisposait à la littérature et à la politique. Il avait pour oncle Joseph Kessel (également académicien), pour arrière-grand-oncle le poète Charles Cros également inventeur de ce qui est devenu le phonographe, pour arrière-grand-père Antoine Cros, un médecin et écrivain qui traduisait Eschyle et qui faillit périr d’une blague idiote d’Arthur Rimbaud (de l’acide sulfurique dans son verre de bière). Maurice Druon a eu aussi des ascendants brésiliens (notamment Odorico de Mendez, écrivain et homme politique devenu roi de l’éphémère Araucanie au sud du Chili) et russes (un grand-père qui exerça le métier de médecin en Argentine).
 
 
Résistant
 
Alors qu’il était au service militaire, il fut mobilisé en 1940, l’interrompant dans l’écriture de sa pièce de théâtre "Mégarée". Une fois démobilisé, il fit représenter cette œuvre le 3 février 1942 à Monte-Carlo (en zone libre) puis quitta clandestinement la France avec Joseph Kessel en passant par la péninsule ibérique pour gagner Londres où il travailla pour la Résistance jusqu’en 1944 (ils traversèrent les Pyrénées le jour de Noël).
 
C’est en début 1943 qu’à la demande d’Emmanuel d’Astier, il rédigea avec son oncle Joseph Kessel les paroles du célèbre et émouvant "Chant des Partisans" mises en musique le 30 mai 1943 par la jeune compositrice Anna Marly (qui disparut le 15 février 2006). Ce chant servit d’indicatif à l’émission "Honneur et Patrie" de la BBC de mai 1943 à mars 1944 et devint l’hymne des résistants.
 
 
Écrivain populaire
 
Le premier grand succès de Maurice Druon fut "Les Grandes Familles" publiés en 1948 couronné par le Prix Goncourt qui fut transposé au cinéma en 1958 par Denys de La Patellière et Michel Audiart avec, parmi les acteurs, Jean Gabin, Pierre Brasseur, Bernard Blier, Jean Desailly et Louis Seigner.
 
Son œuvre la plus connue fut évidemment "Les Rois Maudits" en sept tomes (de 1955 à 1977), histoire romancée des rois de France à partir de Philippe le Bel où il montra la "loi des trois frères", simple conséquence de la loi saliens qui interdisait aux femmes d’accéder au trône de France (trois fois dans l’histoire des Capétiens cette règle s’appliqua, la dernière fois avec Louis XVI, Louis XVIII et Charles X).
 
La célébrité vint surtout avec l’adaptation de cette saga à la télévision par Marcel Jullian et Claude Barma, diffusée du 21 décembre 1972 au 24 janvier 1973 avec Jean Piat et Louis Seigner entre autres. Un feuilleton télévisé qui fit mon bonheur d’enfant et qui rendit bien fade la seconde version, réalisée par Josée Dayan et diffusée du 7 au 28 novembre 2005. Dans sa préface, Maurice Druon admit que sa rédaction fut collective, à laquelle collabora Edmonde Charles-Roux, écrivaine et veuve de Gaston Defferre.
 
 
Gaulliste de gouvernement
 
Lors de l’arrivée de Jacques Chaban-Delmas à Matignon, Maurice Druon participa aux travaux de la Commission de réforme de l’ORTF qui éclata sous Valéry Giscard d’Estaing (donnant naissance notamment à Radio France).
 
Bien qu’engagé politiquement depuis la Libération aux côtés des gaullistes, Maurice Druon n’avait encore jamais été élu quand il fut nommé Ministre des Affaires culturelles le 5 avril 1973 (fonction qu’il quitta un mois avant la mort de Pompidou le 1er mars 1974, lors du dernier remaniement préparant l’élection présidentielle anticipée probable en plaçant Jacques Chirac à l’Intérieur).
 
Une nomination qui fit donc scandale bien que Pompidou lui-même ne fût pas élu lors de sa nomination à Matignon en 1962. Maurice Druon se justifia en déclarant le 3 mai 1973 : « Au fond, mes lecteurs ne sont-ils pas mes électeurs ? ». Il faut dire que sa nomination arrivait juste avec son très grand succès à la télévision, ce qui fit dire à Maurice Clavel le 14 mai 1973 : « Logique qui donne l’Élysée à Guy Lux et Matignon à Léon Zitrone » (argument que méditèrent par la suite des personnes aussi peu politiques que Jean-Noël Jeanneney, Alain Decaux, Luc Ferry et bien d’autres).
 
Maurice Druon stoppa l’élan réformateur et moderniste de son prédécesseur centriste Jacques Duhamel mais garda le directeur de cabinet de ce dernier, Jacques Rigaud, énarque centriste et futur président de RTL de 1980 à 2000.
 
Il tenta l’aventure électorale en se faisant finalement élire député de Paris aux élections suivantes, de mars 1978 à mai 1981 et fut même élu député européen aux premières élections au suffrage universel direct en juin 1979.
 
 
Conservateur pointilleux de la langue française
 
Partisan de l’ordre et conservateur, Maurice Druon le montra surtout dans la sauvegarde de la langue française, refusant non seulement les réformes pour une nouvelle orthographe (sollicité en 1990, il répondit au Premier Ministre Michel Rocard qu’il ne fallait aucune modification restrictive et que seul l’usage d’une nouvelle orthographe devait ratifier toute évolution) mais surtout la féminisation des noms de fonctions, préférant "Madame le Ministre" au pourtant ordinaire "Madame la Ministre" (Michèle Alliot-Marie refuse toujours d’être "la" Ministre de l’Intérieur).
 
 
À propos de Maurice Papon…
 
Sans risque de nourrir des ambiguïtés collaboratrices grâce à son passé de résistant incontestable, Maurice Druon prit la défense de Maurice Papon lors du procès de ce dernier en ne voulant pas « juger avec nos yeux instruits d’aujourd’hui » ce qui se juger avec nos « yeux aveugles d’hier ». Il prenait ainsi la même position que l’historien de Vichy Henri Amouroux (« L’histoire ne s’écrit pas en noir et blanc. ») sur laquelle se rejoignaient aussi les anciens Premiers Ministres Pierre Messmer et Raymond Barre.
 
 
Hommage présidentiel
 
Bardé de récompenses, prix, décorations et autres distinctions internationales, Maurice Druon va recevoir sans doute, au lendemain de sa disparition, de nombreux éloges de la classe politique et du monde littéraire. Cela n’en sera que mérité.
 
Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a ainsi rappelé que Maurice Druon « a risqué sa vie en résistant » et que « très tôt, il a compris le pouvoir de la télévision, et la nécessité d’en faire un média d’éducation et de culture populaire » en concluant sur deux mots que Maurice Druon avait utilisés pour qualifier Pierre Messmer et qui le caractérisent aussi : « le courage et l’exemple ».
 
 
Conservateur mais ouvert
 
Que ceux qui ne manqueront pas de critiquer ses positions politiques très conservatrices et son amour de l’ordre n’oublient pas la très grande ouverture dont il était la synthèse par la diversité de ses propres origines, sa passion de la liberté et son incroyable fécondité littéraire.
 
 
 
Sylvain Rakotoarison (15 avril 2009)
 
 
Pour aller plus loin :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Documents joints à cet article

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19 réactions à cet article    


  • morice morice 16 avril 2009 12:58

    Et hop, on encense le vieux réac... sacré Sylvain, va, il n’en rate pas un. Dès que c’est de droite bien appuyée, il répond présent. Au passage, on cite discrètement Amouroux, et on laisse entendre que Papon, benn, finalement... Bref, si vous voulez vous faire une idée sur le vieux réac, c’est pas chez Sylvain l’encensoir qu’il faut la trouver. Chez Libération, ils n’ont pas Sylvain. Et ne s’en portent pas plus mal, visiblement...`


    Sylvain a oublié des phrases comme «  « Ceux qui viennent à la porte du ministère avec une sébile dans une main et un cocktail Molotov dans l’autre devront choisir. » » c’est ce qu’un autre aujourd’hui appelle  « avoir compris le pouvoir de la télévision, et la nécessité d’en faire un média d’éducation et de culture populaire »... de DROITE, bien REACTIONNAIRE.

    • 16 avril 2009 18:19

      Un petit rappel pour Morice, notre dinosaure stalinien :

      A l’époque soviétique, Maurice Druon avait été surnommé "l’écrivain du papier à recycler" : comme pour d’autres articles rares, il n’était pas question d’acheter ses ouvrages, seulement de les échanger contre la « maculature », c’est à dire quelques kilos de vieux papiers qui seront réutilisés par l’industrie.

      http://www.lexpress.fr/culture/livre/maurice-druon-cheri-des-russes_754447.html


    • wesson wesson 16 avril 2009 14:28

      Bonjour Sylvain,

      je l’aurai parié ...
      je l’aurai parié que vous feriez cette nécro. Dès qu’un vieux réac casse sa pipe, qui c’est qui s’y colle sur Agoravox pour l’épitaphe : Ce bon sylvain.

      Quand je pense que vous avez des pudeurs lorsque l’on vous dit de droite !


      • Jojo 16 avril 2009 14:54

        Bonjour Wesson,

        Quitte à être « nécrophage », je préfère qu’il reste sur ceux qu’il estime être du même bord que lui, parce que quand ça n’est pas le cas, ça donne ça et ce n’est pas beau à voir : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lettre-ouverte-a-feue-chantal-37705

        Depuis cet article, il n’a jamais pu remonter dans mon estime. Comme si quelque chose s’était cassé et ça n’a rien à voir avec ses convictions quelles qu’elles soient.

        Un grand moment pour AV et pour lui... Cordialement.


      • wesson wesson 17 avril 2009 11:22

        Bonjour Jojo,

        en fait j’hésitais entre Druon ou Monory...

        mais peut-être l’auteur à trouvé que Monory était un peu trop gauchisant pour mériter l’écriture d’une hagiographie ...

        ce fut donc Druon


      • snoopy86 17 avril 2009 11:47

        On attend Wesson et Jojo de Constantine pour les nécrologies de Michel Polac et Bouteflika....


      • Jojo 17 avril 2009 12:51

        Snoopy,

        A Constantine honorer un mort c’est l’enterrer point barre… Pas trop le temps pour les nécros. Et ça m’étonne un peu que vous l’ignoriez, vu vos glorieuses références passées.

        Cela dit, j’avoue que je ferais bien une exception le jour de la mort d’Aussaresses (si elle précède la mienne). J’y prendrai un plaisir certain.

         

        Sinon, il serait grand temps que vous appreniez à lire, je ne m’en prends ni à Maurice Druon ni à aucun mort, bien au contraire, mon reproche à l’auteur concernait sa nécro scandaleuse de Chantal Sébire (une lettre ouverte dans laquelle il lui faisait des reproches sur ses choix, sur ceux qui l’auraient manipulée, de n’avoir pas écouté son altesse X et sa seigneurie Y, j’en passe et des plus viles). Chantal Sébire qui je vous le rappelle, n’était ni Constantinoise ni de gauche…

        PS : Rien à cirer de Boutef, trouvez autre chose…


      • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 16 avril 2009 19:23

        La nouvelle de la mort de ce personnage m’a beaucoup étonné, je le croyais décédé depuis longtemps. A classer donc dans les non-évenements contrairement au vacarme médiatique du monde peepolitique... Ce n’était qu’une vieille baderne réactionnaire après tout !


        • Cascabel Cascabel 17 avril 2009 00:55

          Merci Silvain Rakotoarison pour cette nécrologie.

          La France perd un grand homme là.

          Je regrette de voir des interventions déplacées de la part de certains sur ce fil. Tout d’abord on respecte un mort et ensuite on respecte Druont quand on est Français. Nous lui devons un de nos plus beaux chants quand même !
          Enfin je souris quand je vois nos grands moralisateurs de gôôôche, ceux qui voient des nazis partout, cracher sur un homme qui lui était un grand résistant !
          Je compare aussi l’attitude lâche de la victime du bus (vidéo désormais connue) adoptant après son agression un discours de collaboration et celle d’un Druont plein de fougue et de courage. Une immense nostalgie m’envahit soudain.


          • Jim 17 avril 2009 01:33

            Eh bien contrairement à certains, je la trouve très bien cette nécro.
            Et puis franchement, la progrès social par la « tolérance universaliste », c’est has been à mort !
            Être réac en 2009 c’est de l’avant-gardisme !

             Maurice au Panthéon !!!!
             Maurice au Panthéon !!!!
             Maurice au Panthéon !!!!
             Maurice au Panthéon !!!!


            • Gül 17 avril 2009 02:38

              Heu...Cher Jim,

              Permettez-moi d’avoir une légère crainte quant à votre volonté, toute auréolée d’humanisme, et contenue dans ce cri !

              Nous avons ici même un auteur qui ne rêve sans doute que de cette apothéose finale...Il serait dommage qu’il ait l’idée saugrenue d’accélérer un processus qui le ferait hypothétiquement arriver à une place à laquelle il ne pourra jamais ne serait-ce que postuler....

              Donc, nous feriez-vous l’obligeance de souhaiter ce que vous souhaitez à Maurice Druon, de manière moins ostentatoire afin de préserver sa dignité !

              Certains éta smileynt, à mon avis, trop pressés d’être reconnus pour laisser une âme, et laquelle !, s’apaiser en douceur.


            • Jim 17 avril 2009 08:30

              Mouais,

              Pas sà»r qu’il faille emprunter un style verbeux quelque peut désuet pour passer une idée méchante en prenant un ton gentil.
              la méchanceté c’est aussi, complètement has been ! Sylvain est peut être un Bisounours-réac, mais au moins il est gentil.
               Et être gentil, c’est trop tendance !!!!!

              Parfois, je me demande si le fait que Sylvain, étant issu de la Diversité, écrit des choses très belles sur Weil, Druon etc... ne nous ferme pas notre grande bouche, ànous, les non-divers, avec nos idées de gauche bien formatées et bien crétine..

              Sylvain est l’Obama d’Agoravox !!

              .


            • snoopy86 17 avril 2009 12:09

              Papy, je te recommande comme Léon « la chute des corps » ou « les grandes familles » , romans aujourd’hui oubliés mais où son talent est encore plus évident...


            • Cascabel Cascabel 17 avril 2009 14:47

              Et pour les enfants Tistou les pouces verts.


            • Lediazec Lediazec 19 avril 2009 10:36

              Merci Sylvain pour cette très larmoyante et authentique notice. Je ne savais point lire ni écrire à l’époque où fraîchement débarqué en France (dans une autre vie) on me donna à regarder ces têtes couronnées qui en magouillant, étripant, complotant avaient contribué à faire de la France ce qu’elle était au moment où je débarquais, un pays secoué par des convulsions estudiantines d’où le rasoir était banni.
              Bel hommage !


              • tonton17 19 avril 2009 17:48

                Sylvain très bon article
                Evidemment M. Druon ne plaisait pas aux soixantehuitards (morice , M. Assouline, M. Cohn-Bendit ...etc). Ceux qui disaient « élection piège à cons » ou bien « il est interdit d’interdire » : on voit ce que cela donne actuellement, les soixantehuitards peuvent être fiers. Et en plus M. Druon est français donc il faut l’abattre comme tout ce qui est français !


                • Lediazec Lediazec 19 avril 2009 18:32

                  Monsieur tonton m’a l’air aussi excessif que les gens qu’il cogne ! Dites-moi que je me trompe.


                  • Marsupilami Marsupilami 19 avril 2009 18:45

                    @ Sylvain

                    Bon article. Je suis de gauche mais j’aime bien l’écrivain Druon et tant pis s’il était de droite. Et puis un mec, un vrai Résistant qui a co-écrit le Chant des partisans ne peut pas être complètement mauvais.

                    • Lediazec Lediazec 19 avril 2009 18:59

                      Oui, avec tout ça, j’ai oublié de dire que comme Marsu, j’aime le Chant des partisans. En Espagne, sous Franco, l’air pouvait coûter 5 ans de taule à celui qui le fredonnait. Idem pour la Marseillaise. Rien d’étonnant, sous Franco tout était si cher !

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