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Accueil du site > Actualités > Politique > MAYOTTE : « Ne m’appelez plus jamais France... » (2)

MAYOTTE : « Ne m’appelez plus jamais France... » (2)

Concernant le 101ème département français, comment assumer notre passé et prévoir pour demain quand l'exercice dévoyé de la politique donne une image peu flatteuse de l'Etat, trahit la République et amène à bafouer les principes de base d'une démocratie ?

IMMIGRATION CLANDESTINE.

Le sénateur à Paris s’engage fermement contre l’immigration clandestine, alertant le pays sur la potentialité de suites graves (le silence est enfin rompu). 

(Source KweziFM / 21 février 2013, 7h 50 locales [-3 GMT])

MAYOTTE : « NE M’APPELEZ PLUS JAMAIS FRANCE ... (2)

Jouant sur la mémoire courte de la population, les autorités voudraient aussi faire oublier les émeutes des Comoriens de Mayotte en 2008 qui s’en sont pris aux Blancs (caillassages de véhicules, passages à tabac et prises d’otages)(1). La France donnait alors asile à Mohamed Bacar (2), président sécessionniste des Comores que nous avions contribué à arrêter après l’avoir armé... Cherchez l’erreur, vous ne trouverez pas : ça pue seulement des relents de la Françafrique à Foccard, Denard et le SAC, cette association de truands et d’assassins. Et par-dessus tout ça, un mépris cynique de ce qui aurait pu advenir puisque les RG, comme n’importe qui d’ailleurs, savaient que les émeutiers avaient pris soin d'acheter des machettes...

Nous nous devons aussi de rappeler l’incendie volontaire par la mairie de Bandrélé des cabanes de pêcheurs de Hamouro squattées par des clandestins, suite à une descente de la gendarmerie (27 octobre 2003) (3). En 2001, à Sada, ce sont des centaines de femmes qui avaient provoqué l’exode de sans papiers (4). En 2000, 10.000 Anjouanais ont manifesté à Mamoudzou contre l’embargo (un document de travail au Sénat mentionne « ...ce qui est considérable »).

Les sénateurs justement, qui avec les députés sont à même de mettre en branle l’appareil d’Etat. En 2008, une énième visite a amené un Rapporteur Spécial pour des journées d’entretiens et de travail (pas de plage !). L’Internet à notre portée nous apprend bien des choses, par exemple que les moyens contre l’immigration clandestine se montaient à 2,3 millions d’euros en 2007, que les soins aux clandestins et le surcoût scolaire s’élevaient respectivement à 30 et 32,4 millions €. Des sommes pour les contribuables, certes mais à relativiser quand on lit par exemple que les subventions pour les enfants, les loisirs, les vacances des fonctionnaires de Bercy atteignent 75 millions d’euros ! (versés aux associations ALPAF, EPAF, AGRAF et ATSCAF /Atlantico / 8 fév 2013).

Reconnaissons cependant que l’intégration progressive de Mayotte dans le concert démocratique national (2 députés, 2 sénateurs) est à relever en tant qu‘évolution positive. De même, la mission du Sénat évoquée ci-dessus ne mentionne qu’une seule fois « l'argent du contribuable doit être bien employé », ainsi que « la progression constante » des moyens Dans un passé proche, pour cause d’ignorance, d’inconscience et de mépris, combien de parlementaires et de ministres ont osé ressasser les « moyens considérables » comme si Mayotte relevait d’un corps étranger alors que pour les siens, on n’en fait jamais assez ?! Attention néanmoins monsieur le Rapporteur Spécial aux maladresses : « ...des effectifs de gendarmerie en augmentation.../... Seuls 3 à 4 gendarmes suffisent d'ailleurs à intercepter et à ramener sur le territoire français des embarcations qui peuvent contenir jusqu'à 45 passagers... /... Selon les informations recueillies sur place par votre rapporteur spécial, un nombre réduit de 3 à 4 policiers suffit aussi pour prendre en charge la reconduite à la frontière de 80 clandestins, sans que cette opération ne donne lieu à des incidents, que ce soit au moment de l'embarquement en France où au moment du débarquement aux Comores... ». Ce pourrait être mal interprété et en contradiction avec l’idée qu’il faut toujours en faire plus pour les siens !

Après l’Etat, son appareil, sa représentation parlementaire, un mot cependant sur les défenseurs des Droits de l’Homme. Si leurs propos sont souvent partiaux et réducteurs, c’est sûrement pour stigmatiser le non respect des droits ; c’est aussi en réponse aux réactions pas toujours contrôlées des autorités légales. Dans tous les cas, ils doivent être entendus même si leurs propos irritent et provoquent parce que tout semble dit contre la population mahoraise. Un parti pris apparenté à celui affiché par l’émission « Là-bas si j’y suis » de France Inter pour qui ne comptent que les fiers Comoriens vivant en France et qui n’ont jamais mis les pieds dans leur pays ; le journaliste Mermet n’hésitant pas à faire aussi dans le mélo lyrique avec son image de l’étranger partant avec son matelas sous le bras. Le regretté Président Bamana avait son anecdote sur le fameux matelas et l’arrière pensée du PAF chargé de reconduire le proscrit :

« Laisse donc ton matelas puisque tu reviens dans quelques jours ! »

Malheureusement cet humour tombe mal aujourd’hui tant la situation s’est dégradée. Ahamed de Vahibé m’a confié qu’ils savent, à Paris, que les clandestins seraient plus nombreux que les nationaux à Mayotte. Il craint, alors que les médias et les bonnes âmes focalisent sur la maltraitance faite aux immigrés illégaux, un "lynchage" de la population mahoraise sur son propre sol ! Il regrette de ne pas avoir acheté le révolver proposé par un trafiquant dans le stock d’armes qui a navigué entre les îles au moment de la sécession d’Anjouan. Il reconnait employer un Anjouanais pour ses zébus mais se défend aussitôt en citant une conseillère municipale qui a à son service au moins une employée de maison non déclarée...

En conclusion, l’impéritie de l’Etat devient aussi anachronique qu’inacceptable pour des "braves gens" qui ne sont plus ceux que fustigeait Brassens. Qu’il profite, fût-ce à l’insu de son plein gré, des critiques et de l’ouverture d’esprit offerte aux citoyens qui, moins candides qu’autrefois constatent que ses représentants laissent faire et ne font pas. Les bons orateurs qui parlent fort et mentent bien sont désormais confrontés à moins de crédulité. Monsieur le préfet n’est plus crédible avec sa « mutualisation des moyens », pas plus que le rapporteur Spécial qui semble admettre qu’il soit impossible pour les forces de l’ordre d’empêcher un radio de communiquer avec les passeurs d’Anjouan depuis une colline de Mayotte. La gravité de la situation est telle qu’on ne peut plus se permettre d’envisager une "mission" ou quelque "étude" quand viendra l’heure des comptes. Avec la mer et la barrière de corail qui causent déjà tant de disparus, nous serions irresponsables d’attendre des violences sanglantes sur la terre de Mayotte, département depuis peu mais française depuis plus de 150 ans. 

  1. Les Comoriens en voulaient à la France de ne pas extrader Mohamed Bacar.
  2. Accompagné de sa garde rapprochée armée. Plutôt que de les condamner, on les a expulsés au Bénin. Qui paye la pension ?
  3. Ah ! le lyrisme de Ronan Ponnet (RFO) ! Et la photo du petit chat brûlé vif pour ébranler les bonnes âmes ! Pour le maire, la peine de 2 mois d’inéligibilité se réduira à du sursis en appel et il sera réélu à Bandrélé en 2008. 
  4. Les clandestins avaient demandé à être rapatriés sur Anjouan. Quant au maire de Sada qui était bien le seul à Mayotte à vouloir faire appliquer la loi contre l’hébergement et le travail non déclaré des clandestins (loi volontairement peu appliquée), il s’est retrouvé avec une DGF amputée pour cause de diminution de la population.

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20 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 23 février 2013 14:00

    Article très très très très ambigu,

    comme son titre d’ailleurs, dont on n’arrive pas à démêler si l’auteur regrette que la France
     n’agisse pas plus, ou qu’elle en fait trop, ou pas assez dans un domaine et trop dans l’autre.
    Le choix de la photo, d’ailleurs, bien en vue à côté du titre, nous embrouille tout autant :
    elle suggère que France = état policier,
    pourtant l’article faisant état des sommes déversées sur Mayotte (tout en les comparant quand même très habilement aux sommes allouées aux .. fonctionnaires de Bercy !) on aurait pu avoir une photo de bureau de vote de ceux qui ont voté pour être français, ou la queue devant un bureau de la C.A.F. etc..
    Bref, des dénonciations qui n’en sont pas vraiment, très habilement tempérées par l’accusation habituelle des fonctionnaires de l’éducation nationale : l’état est méchant, céssafaute.
    Il y a des similitudes entre Mayotte et l’Algérie, 
    et il y a des différences aussi, notamment le fait que pour larguer l’Algérie et les algériens, qui dans leur grande majorité voulaient rester français, De Gaule a fait voter tous les français, qui ont abaissé leur pouce vers le sol. 


    • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 23 février 2013 14:56

      Réaction « Très très très très » discutable de votre part !

      A parler d’ambiguïté, l’article le serait moins si la première partie n’avait pas été bloquée « en voie de rédaction ». Quant à la carte de Mayotte, je me demande encore ce qui la fait associer à « France = état policier » (sic).

      Les politiques qui sont aux commandes sont en cause comme ils le sont en métropole pour nous avoir menés dans le mur de la récession et du chômage (mais c’est un autre débat). Et la langue de bois du préfet n’est pas inventée ; la télé et radio d’Etat sont en cause aussi.

      Concernant « l’accusation habituelle des fonctionnaires de l’Education Nationale », vous vous permettez de généraliser, ce qui n’est pas à votre honneur. Et à propos de Mayotte justement, les enseignants sont plutôt de l’autre côté (droits de l’Homme comorien, « Là-bas si j’y suis », reprise de la condamnation de l’ONU, Mayotte n’est pas la France...).

      En fait de similitude avec l’Algérie, je vois surtout une grande différence à savoir que les Mahorais n’ont heureusement pas été abandonnés comme les Harkis. Enfin, je ne comprends pas, sauf erreur de ma part, votre comparaison avec la mise à mort des Romains puisque les Français n’ont eu à se prononcer que sur l’autorisation donnée aux Algériens pour s’autodéterminer, deuxième vote qui a eu lieu en Algérie...


    • voxagora voxagora 23 février 2013 17:52

      J.F.D,

      Au fur et à mesure de ma lecture de votre article, je faisais des aller-retours : de votre texte, vers d’autres sites internet, pour vérifier les chiffres, les noms etc.. car Mayotte était pour moi un sujet quasiment inconnu. En écrivant mon commentaire, j’avais à l’esprit l’illustration d’un autre article ; une vedette de gendarmerie arraisonnant des clandestins. J’ai oublié la vôtre, désolée.

      Je vais lire votre article premier en espérant que cela me rendra plus clair le deuxième,
      bien qu’à la lecture de vos réponses aux commentaires je persiste dans ma première impression d’une volonté de dénonciation pas vraiment assumée.

      Et je vais poursuivre ma réflexion sur le parallèle avec l’Algérie qui me semble très enseignant sur comment se fait l’histoire, comment se fabriquent les haines à partir des mensonges d’état. 
      Et les détails des discours sont extrêmement révélateurs, sinon de la vérité, du moins de l’existence d’un embarras : parlant du drame de l’abandon de l’Algérie vous vous désolez du sort des harkis. Vous avez bien raison. Mais les autres ? les espagnols, les français, les italiens, les juifs, les chrétiens dont les ancêtres, pour 80% d’entre eux, avaient fui la misère et/ou les persécutions politiques ? 

      Concernant le traitement de l’histoire, et ses effets sur la mémoire, donc, Mayotte, son histoire et ce qui s’y passe actuellement sont un excellent élément de comparaison avec l’histoire de l’Algérie 



    • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 23 février 2013 19:12

      Xxx xxx xxx 162, merci d’avoir vérifié que mes chiffres sont communément admis ; vous m’en voyez rassuré. Et pour les mensonges d’Etat, réjouissons-nous de ce que l’Internet jusqu’à présent libre nous permette d’en apprendre comme jamais. Restons vigilants (c’est d’ailleurs la devise de Mayotte).

      Par contre, je crois que tout oppose les trajectoires de l’Algérie et de Mayotte : les Mahorais ont voté pour rester français et n’ont pas été abandonnés, par chance. Et si je partage la même compassion pour les populations autres que berbères et arabes, ma référence aux Harkis n’était que ponctuelle (je n’oublie pas non plus les Juifs séfarades qui, contrairement aux autres communautés, avaient bénéficié de la nationalité française).

      Finalement notre désaccord porte sur ma « dénonciation pas vraiment assumée » dites-vous. Si, si, je suis pour Mayotte française, je respecte le combat mené par les Mahorais. Cela ne m’empêche pas de regretter les naufragés qui périssent entre Anjouan et Mayotte, cela ne m’oblige pas à être outrancier. Et si l’Etat mené par des politicards professionnels est trop souvent blâmable, si les « droits de l’hommistes » sont partisans, j’appartiens au même pays, à la même communauté. Ce n’est pas en braquant les gens qu’on les fait évoluer. Je suis prêt aussi à assumer mes erreurs et si l’illustration que vous avez oubliée pour ne voir qu’une barque de clandestins fustige notre « Etat policier », je vous prie de m’en faire la démonstration.  


    • gonehilare gonehilare 23 février 2013 15:09

      @Voxagora  « Ambigu », c’est pas peu dire...

      « De Gaule a fait voter tous les français, qui ont abaissé leur pouce vers le sol »

      Les kleptocrates de la Sarkollandie, en dépit de l’indigence consternante de leurs scores électoraux, entendent parler et agir au nom de la totalité des français.

      Inutile donc de consulter ceux-ci sur de vulgaires problèmes de société puisqu’ils sont réputés d’accord ...

      L’aurait on fait tout de même concernant la départementalisation de Mayotte, je ne doute pas de la position du pouce (genre sourire Kabyle...) des métropolitains sur ce « fardeau de la méduse » musulman accroché à leurs basques, mahorais rendus miraculeusement « éligibles » aux minimas sociaux par la simple magie d’un bulletin de vote que l’on aura refusé aux cochons de contribuables-électeurs que nous sommes.  


      • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 23 février 2013 15:56

        « ... Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des populations intéressées. » Article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958.

        « Les Français qui ont abaissé leur pouce vers le sol », c’est avant tout du lyrisme approximatif... On pourrait dire de l’histoire-fiction mais comme tout et son contraire sont politiquement possibles par l’interprétation, par exemple « des populations intéressées »...


      • alone alone 23 février 2013 15:15

        Les raisons d’état qui font que la France se maintient dans l’océan indien, sur ce conffeti, sont certainement géostratégiques.

        D’un coté La Réunion (avec les mêmes problèmes sociaux..) de l’autre coté à l’ouest de mada, Mayotte au beau milieu du Canal de Mozambique. C’est pas mal comme points d’écoute ou d’observation.

        Le « centre de gravité » de la planète c’est déplacé de la vieille europe vers la mer de Chine, où l’équilibre Chine USA est en train de mesurer.

        Donc il faut être dans le coin, peu importe les détails.

        Cynik

         

         


        • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 23 février 2013 16:18

           Faut-il y être ou pas ? Jusqu’à preuve du contraire nous y sommes et nous devons assumer. Est-ce que la géostratégie constitue une justification convenable ? Les rapports internationaux ne sont plus les mêmes que lors de l’affrontement Est-Ouest et nonobstant le rang de la France dans le monde, les terres de l’Outre-mer nous valent la deuxième ZEE derrière les EU. Dans quelques mois, une quarantaine de thoniers vont revenir piller la ressource pour (5000 tonnes pour 300.000 € de licences / pas cher le kilo de thon). Ce sera l’objet d’un prochain article.


        • gonehilare gonehilare 23 février 2013 16:21

          « C’est pas mal comme points d’écoute ou d’observation »

          Observer, c’est malheureusement tout ce à quoi l’on peut prétendre, particulièrement quand on est à peine capables de contrer les quelques loqueteux déterminés armés de pétoires qui arraisonnent navires et pétroliers sous notre nez...

          Quant à la géostratégie, nous n’avons pas annexé tous les pays de la planète où nous avons installées casemates et tours de guet. Jusque là !


        • Rémi Manso Manso 23 février 2013 15:27

          Comment parler de Mayotte sans parler de sa démographie galopante ? 

          525 hab/km² aujourd’hui (à comparer avec les 115 métropolitains !) et 1.250 hab/km² dans 37 ans (en 2050) soit une densité de population supérieure à celle du Bangladesh aujourd’hui !

          Sans une politique draconienne de contrôle des naissances et de l’immigration, comme celle préconisée par Démographie Responsable, Mayotte n’a aucun avenir. 
          Et comme il y a fort à parier que les autorités ne feront rien dans ce sens...

          • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 23 février 2013 16:40

            Vous avez raison mais votre avis doit être nuancé :

            1. le développement amène la transition démographique comme ailleurs généralement.

            2. Mamoudzou, 1ère maternité de France ? Oui mais en tenant compte des 70 % de naissances dues aux Anjouanaises (le droit du sol posant un vrai problème). N’abondons pas dans le mépris cynique d’un triste vice-recteur nommé Perrin « Le rythme des constructions scolaires ne pourra jamais suivre le rythme des utérus des Mahoraises… », personnage qui nous aura par ailleurs rappelé un passé raciste peu glorieux « Il y a aussi la problématique de l’accent » avant de s’enfoncer davantage dans son ignominie.

            3. Les Mahorais sont plus nombreux en dehors de Mayotte (La Réunion, métropole).

            4. Les étrangers seraient plus nombreux à Mayotte que les Français.  


          • Sacotin Sacotin 23 février 2013 16:58

            Bien confus cet article ! L’auteur s’est-il relu ?


            • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 23 février 2013 17:03

              Un contretemps a fait paraître la partie (2) avant la (1). En espérant que ce sera plus clair.


            • thierry3468 23 février 2013 22:41

              J’ai eu la chance de vivre à Mayotte et j’aime cette ile qui m’a tant donné.Mais ,les discours sur l’immigration clandestine ont tendance à me hérisser les poils car très souvent ,ils méconnaissent la réalité du terrain .En effet ,Mayotte attire les Comoriens qui rêvent d’une vie plus agréable que dans leur archipel .Mayotte est l’eldorado pour lequel ils risquent leur vie .Certains Mahorais fustigent les clandestins quand ceux ci menacent leurs privilèges mais étrangement encouragent leur présence pour disposer de main d’œuvre bon marché ,de femmes plus dociles ...Les clandestins sont souvent accusés de tous les maux mais qui les exploitent ,qui profitent d’eux ??Les tensions entre clandestins et Mahorais existent et menacent l’avenir de Mayotte .Ce qui est étonnant ,c’est la virulence de certains Mahorais (qui furent jadis clandestins) envers ces nouveaux venus qui menacent leur toute nouvelle prospérité .Mayotte est une poudrière et peut basculer dans la violence .C’est le résultat d’un certain laxisme des autorités qui ont laissé pourrir la situation dramatique de cette ile du bout du monde .


              • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 24 février 2013 08:43

                Merci d’avoir décrit avec justesse plusieurs aspects du problème de l’immigration clandestine. Si Ahamed, le confident de Vahibé reconnaît que certains, dont lui, profitent de la situation, et que tout le monde comprend aisément pourquoi les clandestines sont des femmes dociles, les conséquences sont pires en ce qui concerne les exploiteurs. Il est de notoriété publique que certaines femmes sont violées par des prédateurs sexuels entre le moment où elles abordent et celui où elles trouvent un transport pour rejoindre leur point de chute. Et pour ce qui est de l’économie souterraine, dans les années 90, je me suis laissé dire qu’un exploiteur avait demandé un pot-de-vin avant d’embaucher un clandestin et que le 29 du mois, l’ouvrier non déclaré avait été mis dehors sans être payé parce que menacé d’être dénoncé aux gendarmes.
                Bien sûr, en amont, les autorités ont leur part de responsabilité : je vous rejoins entièrement dans votre conclusion. Et cela met mal à l’aise les tenants des lois mémorielles qui fustigent seulement les Blancs esclavagistes et colonialistes alors que l’exploitation de l’homme par l’homme demeure le fait de l’espèce humaine où qu’elle se trouve sur la planète.


              • thierry3468 24 février 2013 14:55

                Sans oublier le racisme qui existe entre Mahorais et clandestins car très souvent les clandestins sont plus sombres de peau (souvent assimilés à des singes pour certains Mahorais racistes)


                • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 24 février 2013 19:45

                  Historiquement, la peau plus claire pour cause d’ascendance arabe a toujours été considérée comme un signe de noblesse. Encore aujourd’hui, les plus foncés des locaux sont encore traités avec « humour » de « Chambaras » ou « Makouas », du nom des peuples originaires du Mozambique et qui formaient l’essentiel des esclaves vendus et revendus par les trafiquants arabes puis par les Européens.   


                • périscope 24 février 2013 17:05

                  Je remets ici mon commentaire (plutôt une question) mis à tort en première partie.

                  Pourquoi donc, sans demander l’avis des Français, a t’on donné le statut de département à cette ile qui fait partie de l’archipel des Comores ?
                   Ne pas s’étonner, surtout, qu’elle constitue une formidable pompe aspirante !

                  Est il vrai que cette départementalisation qui étend notre zone côtière, faisait, surtout, les affaires de Jacques-Armand de Château-Vieux, ancien propriétaire des Sucreries de la Réunion, et, à présent, riche armateur (+ propriétaire immobilier, etc.) ?


                  • périscope 24 février 2013 17:13

                    Je corrige :
                    . . la départementalisation qui. .  étend nos zones de pêche

                    car vous l’avez compris, il a une flotte de pêche


                  • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 24 février 2013 20:20

                    « ... Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des populations intéressées. » Article 53 de la Constitution du 4 octobre 1958. Heureusement qu’on ne demande pas aux uns d’exclure les autres et que toutes les composantes du peuple français sont ainsi tenues de cohabiter !

                    Concernant la Zone Economique Exclusive, dans l’espace tropical de l’Océan Indien, Mayotte ajoute sa part (c’était déjà le cas en tant que Collectivité territoriale puis Collectivité Départementale) à celles de La Réunion et des Iles Eparses tout autour de Madagascar : thons et peut-être pétrole (Total est sur Mayotte et prospecte autour des autres îles françaises).

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