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Accueil du site > Actualités > Politique > Même les Présidents de la République ont besoin de l’hôpital (...)

Même les Présidents de la République ont besoin de l’hôpital public

Le court séjour de Nicolas Sarkozy au Val-de-Grâce rappelle, s’il en était besoin, que chacun d’entre nous, quels que soient son âge et sa condition, est amené à fréquenter l’hôpital. La mécanique humaine est délicate même pour un hyperprésident. Nul ne sait si ce dernier aura pensé lors de son admission à la réforme, adoptée aux forceps ce printemps, des hôpitaux. Cet aléa offre l’occasion de revenir sur l’entrée en vigueur de la loi Bachelot dont les incidences ont été largement sous-estimées par l’opposition et les patients.

Face à des comptes publiques calamiteux Nicolas Sarkozy avait choisi la méthode forte en imposant d’aborder la gestion des hôpitaux à travers une logique économique. Si l’Elysée a soulevé les bonnes questions, il a apporté, avec le concept de rentabilité, la mauvaise réponse.

La santé à un prix. Si des économies sont possibles, et souhaitables, il est illusoire de penser que celles-ci sont aisées à réaliser. Elles ne peuvent dans tous les cas se faire sans la coopération des personnels soignants. Or ceux-ci submergés par le travail sont déjà dans une logique d’austérité.

Patrick Pelloux le président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) rappelait il y a quelques mois que “100.000 lits d’hospitalisation ont fermé au cours des dix dernières années” et que, “20.000 suppressions d’emplois sont en cours”.

Le cœur du débat c’est au fond de savoir si la réduction des déficits est compatible avec le maintien du niveau de qualité des soins . A cet égard les effets pervers de la tarification à l’acte ne sont plus à démontrer. Une “sélection des patients”, au détriment des “moins rentables” est déjà entrée dans les faits.

Malgré leurs nombreuses manifestations, les personnels hospitaliers n’ont pas été entendus. Pire il n’ont pas trouvé le soutien qu’ils étaient légitimement en droit d’espérer de la part de l’opinion publique et de l’opposition. Le PS, il est vrai, a toujours été mal à l’aise avec le milieu médical.

Le grand échec de la loi Bachelot, c’est de ne pas avoir donné suite à la demande naturelle de mise en place d’Etats Généraux de la santé. Comme si on pouvait se passer de l’avis de ceux qui font l’hôpital.

Cette absence de concertation pour dégager des pistes d’économies se retrouve désormais à l’échelon local. Illustration concrète avec l’hôpital de Guéret (Creuse). Bien que présidé par Michel Vergnier, député-maire socialiste, le CA du centre hospitalier aurait fait le choix de délocaliser son service de gériatrie dans les locaux moins adaptés de l’unique clinique privée de la ville…Un choix peut être rationnel économiquement mais incompréhensible pour le chef lieu du département le plus âgé de France.

La mesure témoigne de la tentation des gestionnaires de tous bords à faire porter l’effort sur les plus faibles et les moins bruyants. Au détriment de ce qui devrait constituer le ciment de notre système de santé : la solidarité.

 

 
 

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10 réactions à cet article    


  • Fergus fergus 28 juillet 2009 10:34

    Surtout lorsqu’ils ont fait un accident cardiaque (révélation involontaire de l’inénarrable Lefèbvre). 


    • Polemikvictor Polemikvictor 28 juillet 2009 10:47

      L’hopital comme la plus grande partie de la fonction publique semble réfractaire à toute méthodologie de l’amélioration.
      Comment fait on à l’hopital pour detecter les meilleures pratiques et les généraliser ?

      J’ai l’impression que ce type d’approche qui est qui genere du progres rapidement et à moindre frais est rejetée pour des questions d’ego.


      • pierrix 28 juillet 2009 11:58

        Ou d’idéologie...


      • pierrix 28 juillet 2009 14:01

        Salut Popu,

        Le Val-de-Grâce est un hôpital des Armées géré par le Service de Santé des Armées. Qui ne risque pas d’être privatisé ni d’euthanasier le chef des armées.


      • tvargentine.com lerma 28 juillet 2009 15:26

        Avant toute chose permettez moi ici de donner mes meilleurs voeux de santé au Président Nicolas Sarkozy

        Je sais qu’ici ,les articles sont plutot majoritairement anti-sarkozy et j’aurais aimé un peu plus de compassion pour un homme,élu démocratiquement Président.

        Cela s’appelle la démocratie et cela se respecte

        http://www.tvargentine.com


        • pierrix 28 juillet 2009 16:48

          Lerma,
          Vous vous êtes trompé de site...


        • pierrix 28 juillet 2009 18:35

          Jeu de mot facile et éculé (cf. sketch de Bedos avec concupiscence...)


        • pierrix 29 juillet 2009 10:16

          Vous avez fait l’école du rire ?


        • clostra 28 juillet 2009 19:47

          En fait on ne voit pas trop le rapport entre le fait qu’un président ait besoin de soins hospitaliers et la réforme des hôpitaux...

          Si peut-être dans le commentaire de Lerma qui s’est trompé de site...

          La crise des hôpitaux est une crise beaucoup plus profonde, plus grave et pleine de questionnements en lien avec cette société en mal de vivre, qui n’arrivent pas à s’exprimer sur le sens du « soigner » et la liberté qu’il faudrait pour le faire, pour en être grandi quelque part autrement que par des salaires qui s’aligneraient sur le privé : privé de quoi d’ailleurs ?.

          On assiste - impuissants, nous « en passage obligé » par cette médecine caduque avec des contrôleurs en embuscade - à une espèce de « prise en masse », corsetée...Excepté quelques soins ultra performants prodigués dans des centres ultra spécialisés et qui nous font miroiter des soins prodigieux, l’exercice de la médecine actuellement se doit d’être remarquablement ennuyeuse, peu propice à la créativité. Alors, à travail pénible, salaire relevé - « on est payé cher mais on ne se marre pas » et non « on n’est pas payé cher mais on se marre bien ! » - allusion à l’équipe, cellule de base dans l’hôpital et non ces consortiums à décider d’en haut -

          Ce qu’il faudrait en fait c’est redonner aux médecins l’envie de soigner, avec la pêche ils boosteraient leurs équipes, parce qu’eux-mêmes n’arrivent pas à exprimer la raison de leur malaise profond.

          Pour le reste, on le voit bien on va encore y mettre plein de sous et de dessous...


          • clostra 29 juillet 2009 10:03

            Ok intellectualisé - mise à distance - juste parce que c’est difficile - voire condamné - d’illustrer avec des exemples.

            OK pour le droit à l’erreur à condition qu’il y ait une valeur ajoutée : un cheminement, un progrès, une satisfaction, une valorisation. Esprit d’escalier : j’écoutais, médusée, un journaliste nous expliquer hier à la télé que le saut à la corde était un sport excellent contre l’ostéoporose car ces sauts répétés provoquaient de multiples micro fractures que l’organisme allait réparer en consolidant l’ossature...Excellent exemple de ce qu’on peut attendre d’un effort d’imagination.

            On pourrait également dire que le « petit » personnel est le plus en danger (physiquement et psychiquement) mais ce sont les médecins - sans doute pour payer leur police d’assurance mirobolante - qui remportent la mise...

            J’aimerais tellement truffer mon discours d’exemples !

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