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Mercato ministériel

Les élections européennes terminées, Nicolas Sarkozy entend profiter de sa large victoire pour ne pas précipiter son prochain remaniement ministériel. Le chef de l’Etat souhaite insuffler une nouvelle dynamique gouvernementale afin de poursuivre le rythme des réformes…

Pallier aux départs…

Le premier impératif auquel il est confronté, c’est le remplacement des ministres qui ont été élus à Bruxelles. Au premier rang desquels, on retrouve Rachida Dati (Justice) et Michel Barnier (l’Agriculture). Si Nicolas Sarkozy a longtemps repoussé ces deux départs, c’est qu’il savait pertinemment qu’ils engendreraient, un vaste jeu de chaises musicales.

Le cas Hortefeux pose également problème : victime du succès de la liste UMP dans le centre, il a été élu alors qu’il était seulement là pour la photo de famille. Une règle interne au parti impose normalement qu’il démissionne de son poste de ministre des affaires sociales. Mais Nicolas Sarkozy aura du mal à s’en séparer aussi précocement. L’affaire semble donc entendue et le respect des électeurs bafoué. Mais qui s’en préoccupe ?

A l’heure actuelle, Sarkozy envisage toujours un remaniement « à minima » avec 8 nouveaux ministres ou secrétaires d’Etat sur 37 membres du gouvernement. Nicolas Sarkozy aime remanier par « petites touches » , il considère qu’un vaste remaniement pourrait être perçu comme un signe de désaveu. Au lendemain de son discours au congrès (désormais permise par la constitution), il annoncera aux Français, le futur remaniement ministériel.

Renouveler les ministres à bout de souffle

 La seconde obligation que Nicolas Sarkozy s’est fixée, c’est de renouveler les ministres à bout de souffle. Il sait pertinemment que sa marge de manœuvre s’est réduite vu l’étendue du déficit public (71,9 milliards d’euros fin avril, contre 45 milliards un an plus tôt) et il souhaite donc des personnalités ingénieuses, expérimentées, des rénovateurs capables de dépasser les clivages. Comme le disait Jacques Attali, Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé à son ambition de rentrer dans l’histoire de France, comme « le président le plus réformateur depuis le début des années 80 ». Encore faudrait-il aller au bout des réformes (lire le livre de Pierre Cahuc à ce sujet).

Roger Karoutchi, secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement et Christine Albanel, ministre de la culture, serait dans le collimateur présidentiel après l’échec patent et rocambolesque de la loi HADOPI. Yves Jégo, injustement victime du courroux présidentiel, devrait conserver sa place à l’Outre-mer. Christine Boutin  ministre du logement et de la ville devrait quant à elle, être logiquement débarquée et aurait déjà trouvé un point de chute avec la présidence du conseil général des Yvelines.

Vaste profusion de rumeurs

Nicolas Sarkozy a commencé hier, sa première série de consultations afin de relever les désidératas de chacun. De quoi alimenter certaines rumeurs qui ont tendance à fuser en ces périodes de mercato ministériel. La seule certitude que nous avons, c’est que François Fillon auréolé par son succès aux élections européennes et par son gain de 8 points dans les derniers sondages, devrait conserver son poste de 1er ministre (44%). Souvent cités par les médias, Alain Juppé et Philippe Séguin ne devraient pas sauf surprises, rejoindre le gouvernement. Le premier l’a poliment refusé, estimant que toutes les conditions n’étaient pas réunies pour penser à un retour, Séguin, paye quant à lui son indépendance d’esprit. De plus sa c^^ote de popularité (26%) rend le pari risqué…

A la justice, on parle couramment de Xavier Darcos éprouvé par les réformes à l’Education et qui aimerait bien changer d’air. Ce proche du président se verrait bien à la tête d’un ministère régalien surtout après son tour de vis sécuritaire de ces dernières semaines. Mais il n’est pas le seul à convoiter cette place, l’actuel ministre du budget Eric Woerth est également intéressé. Même si on peut légitimement penser qu’en pleine période de crise, son départ de Bercy paraîtrait quand même assez surprenant. Dans cette hypothèse, la piste menant à Michel Mercier, trésorier et président du groupe MoDem à l’assemblée, serait alors envisagée. Il a beaucoup travaillé en tant que parlementaire sur les questions touchant au surendettement. Son nom revient aussi avec insistance à l’Education ou à la Culture…

A l’Agriculture, on parle beaucoup du porte parole du Nouveau Centre, Maurice Leroy. L’entrée de cet adversaire résolu de François Bayrou au sein du gouvernement séduit Nicolas Sarkozy. Mais ce poste suscite également le grand intérêt d’Hubert Falco, même si le chef de l’Etat voit plutôt en lui, une tête de liste pour la région PACA. Aux dernières nouvelles, ce n’est pas incompatible puisque Pécresse, Joyandet et Novelli seront dans la même situation, allez comprendre…

A l’éducation, Nicolas Sarkozy cherche une personne issue de la société civile, de gauche de préférence. Richard Descoing faisait donc figure de candidat idéal mais il a promptement refusé. Il faut dire qu’il faudra une sacrée dose de courage pour faire accepter, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite d’ici 2010. 13 000 postes seront ainsi supprimés. La très réactionnaire Morano avait un temps espéré le poste mais cette sarkozyste de la première heure n’est plus en mesure d’imposer grand-chose etant donné sa chute libre dans les sondages…

Une démonstration d’ouverture

Nicolas Sarkozy souhaite aussi surfer sur sa victoire, considéré par beaucoup d’observateurs comme une défaite de l’antisarkozysme, pour faire la preuve de son ouverture d’esprit.

Après avoir essuyé de nombreux refus au PS, notamment auprès de Manuel Valls ou d’André Vallini, Nicolas Sarkozy songe à Christophe Girard, actuel adjoint à la mairie de Paris pour le poste de ministre de la culture. Il faut rappeler qu’il fut l’initiateur de’un bons nombres de grands projets sous la mandature de Delanoë, parmi lesquels « Paris plage » et la « Nuit blanche » .

En tout cas, la candidature de Claude Allègre a du plomb dans l’aile après la large victoire des écologistes et la position très ferme prise contre lui par Nicolas Hulot. Cet ancien fidèle de Lionel Jospin risque de payer très cher ses prises de position iconoclaste au sujet du réchauffement climatique. Nicolas Sarkozy qui l’apprécie beaucoup n’est plus en capacité de le nommer, surtout à quelques mois du sommet de Copenhague.

S’il ne trouve pas de « gros poissons » au sein du PS, Nicolas Sarkozy envisage de débaucher des personnalités issues de la société civile, clairement ancrée à gauche. Il n’a pas renoncé non plus à sa volonté de promouvoir la diversité, les noms de Fatine Layt ou de Norra Berra seraient par exemple sur les tablettes élyséennes.

Au Centre, Sarkozy souhaitait porter le coup de grâce à François Bayrou en recrutant Marielle de Sarnez mais il a reçu une fin de non recevoir. Il devra vraisemblablement se contenter du scalp de Michel Mercier même si le revers du MoDem aux européennes la rend moins indispensable.

Le chef de l’Etat espère aussi tirer parti de la vague verte qui s’est abattue sur le pays. Quelques noms on été couchés sur le papier, ceux de Jean-Luc Benhamias et de Yann Wehrling. Deux transfuges des Verts au MoDem. Le premier a d’ores et déjà refusé publiquement sur France Infos relançant la candidature du second. En vue des régionales, des contacts ont également été noués avec le PRG (Parti Radical de Gauche). Paul Giacobbi pourrait ainsi rentrer au gouvernement en tant que secrétaire d’Etat au Tourisme.

Enfin, Nicolas Sarkozy envisagerait également de remodeler le périmètre de certains ministères. C’est ainsi que le fidèle d’entre les fidèles, Christian Estrosi est cité pour prendre la tête d’un secrétariat d’Etat à la sécurité publique, créé afin de pallier au manque de communication de Michelle Alliot Marie dans ce domaine. L’ennui c’est que leur première rencontre s’est terminée en pugilat, ce qui contrarie beaucoup Nicolas Sarkozy. On parle aussi de la création d’un secrétariat d’Etat à la ruralité qui devrait être également voir le jour.

Je vous invite chers lecteurs à vous prononcer sur les futures arrivées. Nicolas Sarkozy arrivera t-il à poursuivre sa stratégie d’ouverture ? Qui acceptera de franchir le Rubicon ? A quoi ressemblera ce futur gouvernement ? Des questions loin d’être existentielles, je le reconnais....

Article publié sur Reversus

 

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