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Accueil du site > Actualités > Politique > Méthode globale : la guerre pédagogique n’aura pas lieu

Méthode globale : la guerre pédagogique n’aura pas lieu

Un ministre de l’Éducation nationale dénonce la méthode de lecture globale, donnant ainsi le signal de l’une des campagnes de dénigrement les plus étranges de l’histoire de l’école, où des propos sans traduction institutionnelle servent à dénoncer une méthode qui n’existe plus !

Samedi 7 octobre 2006, à 9 heures, la salle de l’espace Carpeaux, à Courbevoie (Hauts-de-Seine) est comble. Monsieur Guy Legros, inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription, a convoqué tous les enseignants du premier degré, pour une conférence pédagogique consacrée à la lecture. Parmi les intervenants figurent Robert Voyazopoulos, psychologue à l’Éducation nationale et chargé d’enseignement à l’université de Paris V, ainsi que deux médecins scolaires. L’inspecteur rappelle les textes en vigueur et rassure les enseignants de CP : malgré certaines déclarations médiatiques récentes (celles de son ministre de tutelle, qu’il se garde bien de citer), les méthodes globale, semi-globale et « mixte » ne sont pas interdites, et il n’est pas nécessaire de jeter au feu une grande partie des manuels d’apprentissage de la lecture !

Sur Internet, aujourd’hui même (mercredi 18 octobre), le site ecole-primaire.org annonce qu’il sera fermé pendant vingt-quatre heures pour protester contre la campagne de délation lancée par l’association SOS éducation. Le cheval de bataille de celle-ci est la lecture, et surtout la méthode globale, dont elle dénonce le « non-abandon » (sic).

Pour comprendre le débat, qui peut laisser perplexe le profane, il faut rappeler ce qu’est la méthode globale et pourquoi elle déclenche de telles controverses. Inventée au début du XXe siècle par le médecin belge Ovide Decroly, cette méthode de lecture est fondée sur l’identification visuelle des mots sans les analyser, c’est-à-dire sur la reconnaissance de la forme graphique globale de chaque mot. Défendue par des mouvements comme l’Association française pour la lecture, présentée comme un remède à l’illettrisme, « la globale » (comme l’appellent les enseignants) n’a jamais été pratiquée en France que par une poignée d’instituteurs, souvent engagés dans des mouvements comme l’École moderne (inspirée des travaux de Célestin Freinet). Décriée depuis longtemps, comme toutes les idéologies pédagogiques révolutionnaires, elle fait partie de ces innovations oubliées que l’on mentionne dans les histoires de la pédagogie.

Comment pouvait-il en être autrement, d’ailleurs, puisque cette méthode, créée par un neurologue, repose sur des connaissances scientifiques depuis longtemps obsolètes  ? Suivant les recommandations des spécialistes, les manuels de lecture ont opté pour une méthode essentiellement phonétique, souvent avec un « départ global » - quelques séances où les élèves manipulent des étiquettes de mots qu’ils « lisent » sans en analyser les sons.

Si la méthode globale est morte, me direz-vous, pourquoi s’acharne-t-on ainsi sur son cadavre ? Pourquoi tant d’ouvrages la prennent-ils pour cible et la rendent-ils responsable de l’échec scolaire, du niveau qui baisse et de la dyslexie ? Pourquoi une institutrice se glorifie-t-elle du qualificatif de «  clandestine » parce qu’elle a choisi une méthode de lecture dite syllabique ? Pourquoi un professeur du second degré lui attribue-t-il la faillite de l’école primaire ? Pourquoi des parents inquiets assurent-ils à la méthode Boscher (syllabique) un succès posthume, en achetant en masse ce manuel aux illustrations désuètes ?

En réalité, la syllabique n’est que le symbole d’une inquiétude croissante de l’opinion quant à la qualité de l’enseignement public. Comme de nombreuses institutions, l’école traverse une crise profonde , qui se traduit par une incapacité à atteindre les objectifs que le gouvernement lui a fixés. L’échec scolaire constitue le symptôme principal de cette crise, dont aucun responsable ne peut ou ne veut combattre les vraies causes. Après vingt ans de réformes infructueuses, on a fini par désigner les enseignants comme les principaux responsables du prétendu naufrage de l’école, et par organiser leur lynchage médiatique (la méthode globale sert d’ailleurs depuis longtemps de bouc émissaire, comme en témoigne cet article de Freinet). La méthode globale, comme le redoublement ou n’importe quelle idée pédagogique, ne sert qu’à cristalliser les peurs et les insatisfactions des parents, afin de servir je ne sais quel dessein politique.

Entre-temps, si vous souhaitez participer à la cabale anti-enseignants, rendez-vous sur le site de l’association SOS éducation, où un bandeau défilant vous invite à pratiquer la délation à l’encontre des établissements où vous rencontreriez une « situation anormale ». Sur le même site, vous pouvez participer à une campagne pour le retrait immédiat des cinq pires livres de classe, ou bien à une campagne contre les actions judiciaires des éditeurs.


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100 réactions à cet article    


  • Bill (---.---.76.11) 19 octobre 2006 13:24

    On ne voit pas trop où l’auteur veut en venir ! En tous les cas un faît demeure : de nombreux enfants sortent de l’école primaire et ne savent ni lire, ni écrire, ni compter... Les professeurs sont ils responsable ? Se sont eux qui enseignent, il est troublant qu’ils n’aient pas cherché d’eux même une solution avant ! Et les écoles privées semblent mieux réussir.

    Et que dire du charabia incompréhensible de l’apprenant pour dire l’élève et des milles autres appellations stupides qui composent le jargon des professeurs ! Tout cela manque de sérieux.

    Il est légitime que les parents d’élèves s’inquiètent de la méthode d’apprentissage utilisées par les professeurs. Et ceux-ci devraient faire preuve d’un peu plus d’humilité compte tenu des résultats affichés. Il me semble en sus que les professeurs sont bien trop politisés, là où la neutralité devrait s’imposer.


    • Boettcher (---.---.50.69) 19 octobre 2006 15:02

      « de nombreux enfants sortent de l’école primaire et ne savent ni lire, ni écrire, ni compter... Les professeurs sont ils responsable ? Se sont eux qui enseignent »

      Et quelques années plus tard, « se » sont ces mêmes enfants qui tapissent les forums de fautes grossières. Pauvres de nous.


    • aebc (---.---.214.10) 19 octobre 2006 15:15

      @ Boettcher t’es content de toi ? le seul argument que tu as trouvé c’est de critiqué les fautes d’un autre contradicteur de ce site... retourne lire libé, le figaro ou le monde et masturbe toi l’esprit avec... Je conchie les êtres imbus de leur personne comme toi...


    • aebc (---.---.214.10) 19 octobre 2006 15:22

      l’article est très bien, mais on le sait dans l’éducation nationale dès qu’on a un nouveau ministre, il renverse la table et prétend que ce qui s’appliquait hier ne doit plus s’appliquer cela fait 30 ou 40 ans, que cela dure je crois...


    • Bill (---.---.76.11) 19 octobre 2006 16:00

      @ boettcher

      Merci de me faire relever cette faute grossière, la prochaine fois je me méfierai...

      @ aebc

      Merci de me défendre un peu. J’apprécie d’autant que nous avons eu une petite dispute tout à l’heure.

      @ Franck Aigon

      Autant pour moi, j’admets alors que j’ai été bien dur avec les enseignants et retire. Je m’en prendrai au ministère alors ! Merci pour cette précision.


    • balao (---.---.117.20) 20 octobre 2006 12:22

      T’es dans quel camp, Franck Aigon ? Les dirigeants ou les employés ? J’entends bien braire tous ces ardents défenseurs de la liberté du choix de méthode pour les enseignants. Soit. Mais qu’en était-il des libertés de l’enseignant qui, il y a quelques années, aurait décidé de pratiquer la méthiode syllabique ? Et, dans le genre connerie imposée par les bouffons de la « recherche pédagogique », souvenez vous de LA mathématique moderne. Heureusement, le fiasco fut plus rapide....


    • gem (---.---.117.250) 19 octobre 2006 13:29

      M. Morant, faut atterrir, un peu. Le peuple et les médias appellent « globales » ou « semi-globales » les méthodes qui ne sont pas exclusivement syllabiques. Et ils le font, parce que c’est comme ça qu’on les leur a présenter. Alors la « vraie » méthode globale, tout le monde s’en fout et ça n’est pas le sujet !

      Et ces méthodes non syllabiques sont merdiques, c’est prouvé aussi bien empiriquement que théoriquement et pratiquement, et j’ai fais moi-même un article là dessus http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13364. Ca suffit pour expliquer la demande des parents, et tout le reste, y compris vos derniers paragraphes (et tout l’article, en fait) est (mauvaise) litterature.

      Au fait, j’ai acheter, pour voir et non pour m’en servir, la méthode Bosher. 8,5 € dans un supermarché. Un super investissement ! Dans ce petit bouquin, il y a au minimum 1500 mots, peut-être 2000 ou plus encore : à chaque son, à partir de la 5ieme page, il y a plus d’une trentaine de mots nouveaux, de plus en plus compliqués. Un enfant qui apprend à lire avec ça a forcément plus de vocabulaire en sortant de CP qu’un malheureux CM2 de nos jours... Et l’étendue du vocabulaire est aussi, c’est également bien prouvé, une condition pour bien apprendre à lire !


      • Kiri (---.---.24.136) 19 octobre 2006 16:25

        Le peuple dont je fais partie est allé à l’école. Parfois même longtemps, plus longtemps qu’un instituteur. Le peuple donc s’informe - et surtout le peuple a des enfants dont il se sent responsable.

        La différence entre un plombier et un enseignant, c’est que le plombier, vous vous faites avoir une fois, mais pas deux : s’il est incompétent, il ne reviendra pas chez vous. A terme, il perdra son travail.

        Alors qu’un enseignant, quand il est incompétent, garde son poste et le destin de votre enfant entre ses mains.

        Bien sûr, le peuple peut être philosophe :un « bon » maître tous les deux ans est une moyenne raisonnable pour un enfant qui n’a pas de problèmes. Gaspiller une année sur deux peut se compenser par des parents attentifs et autres cours particuliers.

        C’est juste dommage pour les enfants qui a) ont des problèmes, b) ont des parents qui n’ont pas fait d’études poussées ou c)ont des parents qui n’ont aps le temps d’apprendre à lire eux mêmes à leurs enfants (ou leur donner eux mêmes des cours de langues, de maths, d’histoire, de français, etc.)

        Kiri


      • (---.---.107.65) 19 octobre 2006 16:31

        Pour ma part, j’ai achete et je me suis servi de la methode boscher pour mes deux enfants des l’entree au CP. Malgre les critiques des instituteurs et les menaces a peine voilees dans le cas de l’ainee, mes deux enfants savaient parfaitement lire a noel.

        D’ailleurs, cela a motive d’autres parents d’eleves qui ne supportaient pas de voir leus enfants confondre deux mots aussi proches que compagne et campagne meme en CE1...

        Quant a prendre les instituteurs pour des boucs-emissaires, je suis desole pour eux mais ils sont le seul interface facilement accessible entre le parent d’eleve et l’academie. A eux de faire leur travail et de remonter en masse les doleances des parents. C’est un travail que l’on pratique regulierement dans le prive quand on est au contact des « clients », meme si cela ne fait pas partie des attributions de notre fonction.


      • chantecler (---.---.237.238) 19 octobre 2006 19:56

        C’est curieux:c’est exactement la réflexion que je me faisais ces derniers temps:peut-être l’Education Nationale est trop gratuite dans cette société où tout est mercantilisée. Gratuite c’est à dire sans valeur:problèmes de retard,d’absentéisme,distribution de fournitures ad vitam car perdues, absence de soins pour les livres et les cahiers (non recouverts,abimés en quelques mois,quand on sait ce qu’ils coûtent :à quand les livres génériques ?) etc... Et plus généralement absence de respect des locaux:combien de fois ai-je demandé à des élèves s’ils avaient la même attitude à la maison.....Mais cela s’intègre dans un phénomène plus large de dévalorisation de l’Ecole et des enseignants, comme je me suis déja expliqué sur Avox:l’école n’est plus le lieu respecté où l’on acquiert un savoir et qui permet ensuite d’avoir un travail,mais trop souvent un lieu « défoulatoire » pour les parents et donc leur progéniture.

        Cela dit ce serait une énorme erreur de généraliser ce qui est encore marginal,mais en hausse.


      • cultilandes (---.---.144.138) 19 octobre 2006 22:40

        Mr Aigon : Sachez lire intelligement !

        Quand Kiri écrit que un an sur deux l’enseignant est mauvais, il suggère qu’un enseignant sur deux est mauvais ! Et il suggère plus loin que, contrairement au plombier, le mauvais finira sa carrière aussi aisément que le bon...


      • monteno (---.---.179.94) 20 octobre 2006 00:04

        @Frank Aigon

        On disait que la guerre est quelque chose de trop important pour la confier à un militaire, c’est sans doute pourquoi le ministre de la guerre était trés souvent un civil !

        Pourquoi alors confier à un instituteur le choix de la méthode d’apprentissage de la lecture ?

        J’ai cru comprendre que des scientifiques, sur commande du ministre, avaient étudié sur une longue période, 30 ans au moins, différentes méthodes d’apprentissage de la lecture et avaient conclu ( ces choses là se mesurent , c’est le b a ba des études ) que l’une d’entre elles, fondées sur l’apprentissage des syllabes, était beaucoup plus efficaces que les autres pour tous les élèves.

        Dans une entreprise, tout un chacun n’est pas payé ni compétent pour faire de la recherche développment des meilleurs processus à appliquer ds l’entreprise ; certains ont pour job de mettre au point les process de l’entreprise, et tous les autres ont pour job de les appliquer avec intelligence.

        De même, pour faire simple et court, ce n’est sans doute pas le job de chaque instituteur d’inventer sa méthode d’enseignement de la lecture, leur job est d’appliquer avec leur intelligence la méthode que l’EN aura sélectionnée.

        Ces même études semblent indiquer que 20% des élèvent ne savent pas lire à l’entrée en 6-ième : ceci est un fait (et comme chacun sait, « les faits sont têtus »), qui force le ministre et l’EN à réagir, étudier, et modifier quelque part un paramètre pour faire tendre ce pourcentage vers zéro.


      • gem (---.---.117.249) 20 octobre 2006 13:28

        M. Aigon, vous vous foutez du monde

        les méthode merdiques restent des méthodes de merde, même quand on leur donne un « nom vulgaire » différent de leur « nom scientifique » (lequel n’est d’aileurs pas aussi clair que vous semblez le croire). La confusion serait grave si on disqualifiait indument une bonne méthode, or ce n’est pas le cas.

        Et le B-A-BA de la démocratie, c’est d’arreter de prendre le peuple pour un con ignorant, pas « de faire confiance aux gens de l’art ». Le peuple a « fait confiance » pendant une génération (confiance d’ailleurs méritée au vu des années qui précédaient), il a eu tord ; le peuple s’est renseigné, maintenant il connait parfaitement le sujet, et quand il exige qu’on arrête les conneries non-syllabiques, c’est en parfaite connaissance de cause.

        Prière d’être démocrate et d’obtempérer, SVP. Sinon, l’ed. nat. prendra le chemin de l’Equipement, autres experts très contents d’eux : décentralisation quasi intégrale (voire privatisation directe et brutale) et grosse geule de bois sur l’air du « j’ai rien compris, qu’est-ce qui m’arrive, j’ai pourtant fait de mon mieux ??? »


      • Rétif (---.---.205.182) 20 octobre 2006 23:28

        Mais, enfin, puisqu’on vous dit que la méthode n’est pas vraiment globale, ni la semi-globale vraiment semi-globale,(pas plus que l’économie nini n’était vraiment de l’économie), alors ? d’ailleurs leur méthode n’est pas non plus vraiment syllabique,mais qu’il y a bien longtemps qu’ils emploient une méthode (pas vraiment) syllabique ! On vous expliquera même ailleurs que, depuis longtemps, on fait les deux ensemble, comprenez-vous ? Autrement dit,pour apprendre à marcher, au lieu de mettre un pied devant l’autre, maintenant, on avance les deux pieds à la fois ! Comme ça ,ça va plus vite !


      • freddy (---.---.73.241) 19 octobre 2006 13:34

        article trés intéressant dense et à usage exclusif des pédagogues la méthode Decroly à fait plus de dégats que nímporte quelle autre sauf dans les ecoles Decroly ( voir Brx ou les réussites au niveaux sup sont remarquables)je pense que cela est du au fait que bcp d’enseignants n’ont pas été formés et que l’apprentissage se fait sur les 6 ans et non sur une ou deux comme la syllabique.L’apprentissage des langues tel que la méthode assimil n’est jamais qu’un dérivé de la globale faut pas jetter le bébé avec l’eau du bain


        • (---.---.162.15) 19 octobre 2006 15:41

          Apprendre à lire en 6 ans, les bras m’en tombent...

          Am.


        • l’Omnivore Sobriquet (---.---.138.241) 20 octobre 2006 13:14

          Je suis d’accord avec le fait que des méthodes d’apprentissages de langues étrangères peuvent être fondées sur la globale et peuvent être bénéfiques. J’y suis passé et ai toujours trouvé ’sympa’. Je suis par contre VIOLEMMENT opposé à toute méthode globale ou ’semi-globale’ (ah l’hypocrysie) pour l’apprentissage de la langue maternelle écrite. Pas le même âge, pas le même enseignement ni la même finalité. Il s’agit de structurer le langage, c’est à dire la pensée. Pas de sauter sur des boutons lumineux qui clignotent........

          Oh que si que la guerre pédagogique va avoir lieu, puisque les affreux ne veulent pas se rendre...


        • Rétif (---.---.205.182) 20 octobre 2006 22:24

          Même pour lire une méthode Assimil, il faut d’abord savoir lire !


        • Paul Boscher (---.---.64.135) 19 octobre 2006 14:15

          l’essentiel est que finalement les enfants arrivent à lire malgré les méthodes,les iufm,les instits,les manuels scolaires !


          • Le furtif (---.---.44.38) 19 octobre 2006 14:52

            Alors vous êtes « Instit » Bravo !

            Commençons par les reproches . Vous ajoutez votre pierre dans la colonne favorable à ma demande d’inscription comme rédacteur d’Agoravox. C’est vraiment impardonnable !

            Passons aux louanges : vous pourriez peut-être prendre en étude du soir nombre d« étudiants en lettres modernes » ou master de comm pour leur distribuer un peu de votre clarté et de la perfection de votre style...

            Un reproche : votre calendrier des funestes initiatives de nos gouvernants.Je le fais remonter à septembre 68.

            Jeune instit suppléant un conseiller pedagogique du 93 , assis là bas ,au loin , à la tribune , nous montre ce qu’il ne faut surtout pas faire. Un manuel marron marronasse, « le point ultime de la mauvaise pedagogie.. ; »

            « c’est pas vrai, pas ça ! »

            Un livre triste , avec des dessins de personnages en barres et cercles (du sous microsoft) Le chat n’est pas si éloigné de la vache....Et ....les textes ! « Mimi boit le lolo de Mimi »

            Il doit bien y avoir parmi vos compagnons rédacteurs et les miens, intervenants, des gens qui ont eu le Même. Un premier livre de lecture ; ça ne s’oublie pas. L’execrable , le condamnable, le détestable...c’était lui , « mon » livre de lecture... !Ma période instituteur n’a pas connu que des aubes radieuses....Pourtant le gout de lire , le goût du rêve, le goût de la lumière...où l’avais-je donc pris ? Dans ce livre si triste , mais si clair.Je dois reconnaître qu’entre les deux pôles de la pédagogie :montrer et séduire ; mon petit livre de lecture était plus prêt de l’un que de l’autre.Méritait-il pour autant une aussi sévère condamanation ?

            Pour les historiens des mentalités il conviendrait qu’ils attribuent la paternité de la société du [Look ] aux jeunes adultes de l’immédiat après 68. Le jeunisme, les socialoyuppies, la société spectacle, les « people » ne découlent pas, mais s’intègrent très bien dans un mouvement général du

            « Faire comme si »

            façon assez comique de nommer la méthode globale....

            Paradoxalement , le français ne fut pas la matière la plus atteinte par les funestes conséquences de la dite méthode.Le déficit d’identification fit immédiatement des ravages en Physique.

            Je pousse la table ...impose une identification mot à mot . Qu’y a-t- il en vérité de plus similaire à la physique que l’éthymologie et la syntaxe ?

            Pour ma part le début de la fuite en avant est bien à placer aux débuts des années 70.

            Imaginez. Vous êtes mal dans votre classe, la réalité est très loin de vos rêves, on vous chahute, voire on vous bouscule de plus en plus souvent dans les couloirs....Il est grand temps de vous interesser à la pédagogie.

            Demandez ,___ insistez____ , ...à participer aux merveilleux stages...Ah les stages....Des semaines entières loin de vos classes. Petit à petit vous apprendrez à connaître les gens « qu’il faut connaître »...Il vous faudra être bien maladroit si vous n’arrivez pas à intégrer une des multiples et merveilleuses commissions de recherche ceci, de rénovation cela, de concertation truc...Et là ...ça y est vous avez le pied à l’étrier... Vous êtes dans la bonne filière . Celle qui vous conduit à faire partie de ceux qui gouvernent l’enseignement qui indiquent comment enseigner....Votre pouvoir sera directement proportionnel à votre distance à la réalité de la classe....

            Dire qu’il en est qui osent encore, sans vergogne, demander, pourquoi les plus jeunes enseignants, les plus inexpérimentés , sont nommés dans les classes les plus difficiles !

            Il faudrait faire l’histoire de toutes les inventions funambulesques de cette véritable caste.Un seul exemple le remplacement du zero par un ???????? un cercle ! Pour avoir des décharges horaires à quoi ne serait-on pas prêt ?

            Il faut ne pas mériter les reproches que j’adresse à beaucoup d’intervenants : être trop long. Alors abrégeons.

            Le monde politique est encore plus soumis que l’enseignement à la loi du paraître. La compétence est vraiment la dernière de ses préoccupations ___ c’est bon pour la piétaille , pas pour les chefs____

            Tout le monde connaît cette conduite qui nous fait évoquer malgré nous des faits dont nous ne maîtrisons guère le fonctionnement...A trop vouloir masquer , on dit.

            Notre actuel ministre ( de rencontre) vérifie en plein ce travers avec son rabachage sur la méthode globale de lecture. Ce qui n’est pas nouveau , par contre c’est l’annonce de contraintes et de rétorsions sur les enseignants de terrain , cours nouveau des relations humaines dans l’éducation nationale institué par ses prédecesseurs de l’autre bord.

            Il faut avoir vu le ministre précedent , à grandes envolées de minivague , nous parler de sa farouche conviction pour l’enseignement par alternance__ c’est à dire de la formation professionnelle ___ machine de guerre contre l’enseignement professionnel public.

            Il faut se rappeler les réformes et les ministres... et les secrétaires d’état sous leurs ordres ...Allègre le malveillant en avait une qui la joue profil bas sur cette période de sa vie « militante ».

            Je ne suis pas Leo Ferré ....et j’en dirais et j’en dirais , petit qu’il me reste de vivre....Les complicités et les compromissions....« Mon » établissement est passé en 20 ans de 550 à 350 élèves....les postes administratifs ont durant la même période triplé.... La salle des profs longtemps trop petite compte désormais de nombreux casiers vides....On brade , on brade , il faut être réaliste...J’en viendais à comprendre ceux qui fuient vers les postes de la hierarchie administrative....

            PS : vraiment trop long

            Cordialement Le furtif


            • gatt (---.---.64.135) 19 octobre 2006 15:40

              la faillite est organisée ,bientôt du primaire au supérieur tout sera privatisé !


            • Kiri (---.---.24.136) 19 octobre 2006 16:34

              Pas d’accord, M Aigon :

              1) La République tente toujours d’être présente dans l’école, via ses représentants légitimes qui sont le gouvernement démocratiquement élu. La polémique actuelle vient du fait que parents et ministre sont (pour une fois !) d’accord et que les enseignants refusent d’obéir aux ordres du représentant de la République, en l’occurence le ministre de l’éducation nationale. Où sont donc les amis de la démocratie ?

              2) Le savoir sur la pédagogie n’est pas chez les instituteurs qui revendiquent ailleurs une « liberté pédagogique » qui me paraît délirante. IL me semblerait normal qu’en échange de leurs salaires et privilèges (emploi à vie) ils acceptent de concéder le minimum, c’est à dire l’obéissance aux ordres et aux préconisations des experts qui eux, ont ce savoir.

              Imaginez que chez PSA les ouvriers revendiquent de construire les voitures comme ils l’entendent ? ça donnerait quoi ?

              Kiri


            • Guy Morant 19 octobre 2006 18:04

              Je n’en veux à personne d’avoir réagi, parfois avec excès, à mon article. Je comprends les parents qui ont été amenés à s’opposer à certaines pédagogies dont leur enfant était victime. Cependant, j’ai voulu souligner que cette opposition, souvent légitime, a été récupérée, instrumentalisée par certains responsables politiques afin de servir leur propre cause. Confondre les « méthodes mixtes » avec la funeste méthode globale revient à rejeter toute innovation pédagogique au profit d’un retour à des pratiques anciennes dont la recherche a montré les limites. La méthode Boscher, par exemple, demeure utile pour des enfants ne présentant pas de difficulté particulière. Pour un dyslexique, par contre, d’autres supports existent, offrant une efficacité supérieure (la méthode Borel-Maisonny, par exemple). La réaction de suspicion des parents revient à nier toute compétence professionnelle aux enseignants et aux spécialistes. La pédagogie est-elle condamnée à se conformer pour l’éternité à un modèle (la méthode syllabique) inspiré de connaissances scientifiques obsolètes ? Pour ce qui est de votre remarque concernant la République, je reconnais la dignité de ces valeurs, qui inspirent d’ailleurs les nostalgiques de la méthode syllabique. La crise ne me paraît pas due aux errances de la politique éducative nationale, mais à une mutation profonde de la société. Les demandes des parents font partie de cette mutation : à travers leur inquiétude, j’entends surtout une revendication nouvelle à bénéficier d’un service personnalisé, et un refus d’obéir aux décisions gouvernementales. Quand le citoyen se transforme en un client, les institutions entament leur agonie. J’ai la conviction que cette évolution, qui paraît irrésistible, fera disparaître un grand nombre de valeurs auquelles nous tenons et que nous croyions acquises à jamais.


            • Kiri (---.---.24.136) 19 octobre 2006 18:46

              @ Franck Aigon :

              « les enseignants refusent d’obéir aux ordres du représentant de la République, en l’occurence le ministre de l’éducation nationale ». Votre conception de la démocratie me semble un peu limitée« me dites vous : sans doute n’avons nous pas la même définition de »démocratie"

              Pour moi, la démocratie est un système politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple qui délègue l’exercice de ce pouvoir aux élus choisis par lui.

              Des serviteurs - payés- de l’Etat ont le droit d’avoir un exercice du pouvoir identique à celui de tout autre citoyen, et pas plus : ils n’ont pas le droit d’exercer le pouvoir, n’étant pas élus.

              En revanche, étant employés, ils sont tenus de fournir le service qui leur est demandé, et non celui qu’ils ont envie de donner. le choix ne leur appartient pas. Comme vous le dites, chez PSA ce sont les ingénieurs qui dessinent les voitures et les ouvriers exécutent ; les enseignants sont des exécutants auxquels on demande certes beaucoup de talents.

              Quant à votre sortie sur les connotations positives de ce qui se paye : oubliez vous que le contribuable (dons nous, peuple) payons pour l’école gratuite, laïque et obligatoire ? la gratuité effective ne vaut que pour les moins favorisés qui n’ont pas les moyens de contribuer à la solidarité nationale, ni au financement de nos structures sociales.

              Enfin, vous me paraissez ignorer un fait qui me paraît central : en France, les enseignants ne sont pas recrutés pour leurs connaissances/capacités/compétences en pédagogie.

              Pour une bonne raison : quand les postulants passent les concours, ils n’ont jamais eu de cours de pédagogie, et aucune épreuve n’est prévue en cette « matière ». Ce sera après le concours seulement qu’il y aura des cours de pédagogie en IUFM, lesquels sont quasi unanymement décriés par les enseignants qui n’ont pas de mots assez durs pour en parler.

              Kiri


            • Kiri (---.---.24.136) 19 octobre 2006 18:57

              @ l’auteur :

              « La crise ne me paraît pas due aux errances de la politique éducative nationale, mais à une mutation profonde de la société. Les demandes des parents font partie de cette mutation : à travers leur inquiétude, j’entends surtout une revendication nouvelle à bénéficier d’un service personnalisé, et un refus d’obéir aux décisions gouvernementales. Quand le citoyen se transforme en un client, les institutions entament leur agonie. J’ai la conviction que cette évolution, qui paraît irrésistible, fera disparaître un grand nombre de valeurs auquelles nous tenons et que nous croyions acquises à jamais. »

              Je ne suis bien entendu pas d’accord avec votre thèse, que j’entends souvent développée par mes amis enseignants.

              Vous dites « quand le citoyen se transforme en client » : moi je dis « quand le serviteur de l’état se transforme en autorité illégitime et monopolistique ». C’est à ce stade que les valeurs républicaines sont mises à mal.

              L’école de la République n’appartient pas aux enseignants, mais aux citoyens.

              ET je maintiens que les enseignants ne sont pas tous des experts.

              Le refus d’obéir aux décisions gouvernementales n’est pas du fait des parents d’élèves dans le cas de la méthode globale, mais des enseignants. Les syndicats enseignants l’ont bien compris eux puisqu’ils sont en préparation ouverte de conflit avec le Ministre

              Quant aux parents qui demanderaient un service personnalisé : vous me faites rêver ! je cherche pour ma part à obtenir un « service minimum » qui me paraît difficile à obtenir.

              Enfin, « la société a changé » (en quoi ? comment ?) et de là viendrait le mal : pourriez vous développer ? Car mon impression est que la fonction publique a changé - en tous cas l’Education Nationale.

              Cordialement

              Kiri


            • cultilandes (---.---.144.138) 19 octobre 2006 23:05

              Mr Aigon :

              1) « , dans une démocratie, c’est la loi qui s’impose, puis les règlements, et jamais les déclarations d’un ministre devant des cameras de télévision. » Banco : Voulez vous que la loi ou un règlement précise la méthode de lecture, voire impose un manuel ? Une circulaire ministérielle ne vaut elle pas un règlement ? Mauvaise foi ?

              2) Chez PSA, les ingénieurs conçoivent les voitures, mais c’est le patron qui décide des modèles à construire, ce sont les clients, non contraints par une "carte automobile ( / scolaire ) qui décident d’acheter ! Et les ouvriers n’ont guère le droit d’interprétation ! À l’éducation nationale, les ingénieurs sont les chercheurs et cadres, le patron est le ministre, les profs sont des ouvriers certes très qualifiés, capables d’initiative, qui doivent s’adapter aux élèves, mais en respectant leur patron (ministre et citoyens) et leurs clients que sont les parents d’élèves.


            • Kiri (---.---.27.115) 20 octobre 2006 08:40

              M Aigon

              Décidément vous lisez bien mal. Vous connaissez mal aussi la médecine pour la comparer au fonctionnement de l’EducNat :

              1) Le médecin engage sa responsabilité personnelle quand il prescrit.

              2) Si il n’est pas efficace, son client ira voir ailleurs, et lui devra trouver un moyen de subsister

              3) le traitement prescrit doit être permis par l’Etat, sinon le médecin peut être poursuivi non seulement par le patient, mais aussi par le conseil de l’ordre.

              Un médecin libéral (pas de garantie de l’emploi, pas d’Assedic) ne fait aps ce qu’il veut. Un spécialiste a le droit de rpescrire des produits qu’un MG n’a pas le droit de prescrire. Et l’hôpital a le droit de prescrire des médicaments qu’un spécialiste de ville n’a pas le droit de prescrire à son patient. Donc même chez les travailleurs libéraux qui engagent leur responsabilité personnelle, il y a une hiérarchie très contraignante imposée par l’Etat - qui, en plus, impose des tâches aux médecins mais ne les paient pas pour ça !

              Les enseignants, en revanche, sont payés par l’Etat.

              C’est exactement ce qui manque au personnel de l’Educ Nat : la recherche de résultats et la prise de responsabilité.

              Enfin, je confirme que les enseignants, surtout en primaire-secondaire, sont des exécutants, non des chercheurs. la recherche en pédagogie ne se situe qu’à l’université/CNRS etc.

              je vous remercie par ailleurs de me préciser la différence entre un enfant et une voiture ; sans vous, elle aurait pu m’échapper...

              Kiri


            • Gilles de Robien (---.---.64.135) 20 octobre 2006 08:51

              Et le personnel technique et ouvrier ? arretez, un prof n’est pas un ouvrier ! c’est sûr qu’au vu de la rentabilité on peut largement payer les profs comme des ouvriers !

              une bonne privatisation remettera les salaires à leur vraie place !


            • François Dessouche (---.---.248.179) 20 octobre 2006 09:54

              Les américains, à l’exception notable de leur président en exercice, ont beaucoup de défauts et au moins une qualité : ils n’hésitent pas à changer de méthode quand la précédente a échoué !

              Le problème de fond de l’Education Nationale est qu’elle persiste dans une pédagogie soixante-huitarde qui laisse entrer dans le secondaire 20 % d’élèves ne sachant pas correctement lire, écrire et compter.

              Qu’elle résolve d’abord ce problème-là et beaucoup de problèmes se résoudront d’eux-mêmes en aval. Elle peut le faire sans effectifs et sans argent supplémentaire : il suffit qu’elle ait véritablement envie... de changer !


            • alberto (---.---.96.232) 20 octobre 2006 13:09

              Cher M. Aigon, veuillez bien pardonner ,SVP, aux fauteurs d’orthographe que vous pistez avec une jubilation qui suinte de vos remarques : peut-être sont-ils des rescapés à peine remis de la méthode globale...


            • l’Omnivore Sobriquet (---.---.138.241) 20 octobre 2006 13:22

              Le capitaine chercher à couler le navire.. c’est bien le problème.

              Le capitaine refuse d’entendre les matelots qui lui gueulent comment sauver le navire. Le capitaine à juré de ne jamais regarder ailleurs que son équerre et son compas. Les dés sont pipés.


            • Rétif (---.---.205.182) 20 octobre 2006 22:34

              N’avez-vous pas compris ce qu’ on vous dit : on vous dit « qu’il n’y a pas lieu à débat », enfin quoi, c’est clair.Alors fermons là !


            • basta (---.---.237.238) 21 octobre 2006 03:26

              Que de grands mots pour vanter votre médecine libérale entièrement sous-tendue par la sécurité sociale...Une erreur de prescription ? Théoriquement le pharmacien est la pour la déceler.Et maintenant avec le médecin référent, il me semble que vous n’êtes pas mal servie ! Enfin,pour terminer,les orthophonistes ne vont pas décrier les reliquats de la méthode globale,alors que ses méfaits assurent en partie,avec les mères qui ne savent plus écouter leurs enfants,leur poule aux oeufs d’or.Pas plus que certains médecins ou psychologues ne vont mettre la pression pour tirer d’affaire leur patient au plus vite !


            • chantecler (---.---.237.238) 21 octobre 2006 09:56

              Votre remarque ne tient pas:la pédagogie s’acquiert sur le terrain, au contact des élèves et des collègues,quand on ne met pas des batons dans les roues.J’ai vécu comme élève,la période des « mathématiques modernes » imposées par en haut aux profs:on sait quels dégats elles ont causés.Mais c’est comme pour un navire:cela ne s’arrète pas du jour au lendemain parcequ’il y a embrigadement et que certains profs ont été convaincus des bienfaits et du modernisme de cette méthode.Il a fallu un certain temps pour arréter de l’enseigner.En ce qui me concerne, j’y ai eu droit dès la cinquième....Idem pour mes premiers cours d’Anglais où il m’a fallu faire trois mois de phonétique avant d’ouvrir mon livre, où l’on trouvait du Dickens.... Inutile de vous dire que je comprends trés mal l’Anglais parlé,ce qui n’est pas le cas de ma seconde langue vivante,l’allemand que j’ai pu pratiquer dans ce pays.Et oui,on apprend mieux quand l’utilité est évidente. Ceci pour dire que même avant 68,tout n’était pas rose dans l’enseignement.


            • parkway (---.---.18.161) 19 octobre 2006 16:42

              « afin de servir je ne sais quel dessein politique. »

              ben, c’est pas compliqué à savoir : tout est bon pour dénigrer les fonctionnaires afin qu’ils disparaissent !

              diviser pour règner, ça marche toujours !

              et les « braves gens » qui n’aiment pas que... tombent dans le panneau !

              Ah ils verront combien ça va leur coûter quand il n’y aura plus de fonction publique !! même avec le service des eaux, la poste et EDF, ils n’ont toujours rien compris !

              y’a rien à en tirer !

              un salaud de fonctionnaire.


              • (---.---.205.80) 19 octobre 2006 17:28

                Y a qql chose qui me chiffonne. Je parlerai juste des institeurs. Pourquoi ne peuvent-ils pas appliquer les méthodes qu’ils jugent bonnes et qui ont fait leurs preuves ?

                Doivent-ils se tenir aux ordres des « pondeurs d’idées » payés à en trouver des toujours plus nouvelles, autant qu’inutiles ?


                • José w (---.---.25.142) 19 octobre 2006 18:09

                  De Robien s’est un peu ridiculisé par son autoritarisme depuis qu’il est au poste de Ministre de l’Education nationale, d’abord avec le CPE où il a pris des accents inquiétants, et maintenant avec ses réformes plus ou moins bidons, doublées de mises à pieds déplacées.

                  Il serait temps qu’il passe la main et rejoigne Sarko et la droite extrême, car il a montré que sa place n’était pas (ou plus) au centre de la vie publique, mais à la droite de la droite.

                  Souhaitons que Bayrou, qui avait été un bon ministre de l’Education national, éclaircisse la situation rapidement et s’occupe de l’avenir de Robien au sein ou à l’extérieur de l’UDF, comme il l’a fait récemment pour un notre droitiste du parti...

                  Le plus tôt sera le mieux, si Bayrou veut récolter les votes de personnes de Gauche déçues par la droitisation historique du PS.


                  • Jerolek 19 octobre 2006 18:35

                    Avant tout, il faut se mettre d’accord sur les termes. Méthode globale, méthode semi-globale, méthode syllabique. Il est facile de faire confondre méthode globale et semi-globale. La méthode globale d’apprentissage de la lecture n’existe pas. Aucun manuel n’est purement global. Apprendre à lire uniquement en se basant sur l’image des mots en utilisant la mémoire visuelle de ceux-ci est impossible. A moins d’avoir un élève à la mémoire visuelle ultra développée. De même, aucun manuel n’est purement syllabique - exception faite de la méthode Boscher mais si vous trouvez un enseignant qui l’utilise, chapeau. La complexité de l’apprentissage de la lecture ne permet pas de se reposer uniquement sur le syllabique. Certes, un enfant en apprentissage de la lecture de façon purement syllabique pourra maîtriser une grande partie de la langue, 85% il me semble mais il reste tout de même 15% qu’il ne pourra pas déchiffrer. La langue française et ses exceptions. De fait, l’entrée dans la lecture de façon semi-globale est la plus pragmatique. Et c’est forcément celle utilisée par l’immense majorité des enseigants de CP. Un mot comme « c’est » par exemple n’est pas déchiffrable par un apprenti lecteur. Il doit apprendre à le reconnaître. Il y a tout un capital mots à apprendre en début d’apprentissage de façon « globale » pour permettre par la suite à l’enfant de lire correctement. Après, il est facile de décomposer syllabiquement ce capital mots pour déchiffrer les nouveaux mots rencontrés. L’élève peut alors de lui même faire des analogies et devenir un vrai lecteur déchiffreur.

                    Autre point important, la lecture, ce n’est pas uniquement déchiffrer. C’est aussi et surtout comprendre. La méthode Boscher je n’en doute pas donne de bons lecteurs déchiffreurs mais comprennent-ils tout ce qu’ils lisent ? J’en doute. L’apprentissage de la lecture n’est pas que déchiffrer ce qu’à tendance à mettre en avant SOS Education. Lire c’est déchiffrer, comprendre, acquérir une culture littéraire aussi. Il ne sert à rien de lire des phrases vides de sens sous prétexte de travailler une combinaison entre l et a. Ça ne sert à rien. L’apprentissage de la lecture est très complexe et il faut que les parents d’élèves s’en souviennent. Autre chose dont il faut se souvenir en tant que parent d’élève, c’est qu’eux aussi n’ont pas appris à lire avec la méthode syllabique. A moins d’être né avant la seconde guerre mondiale - et encore - le parent d’élève a appris de façon semi-globale. Si si. Qu’il se souvienne un peu. L’apprentissage de la lecture n’est pas atteint avant Noël comme on a tendance à dire. Non de non. L’apprentissage de la lecture est long. Très long. On continue d’apprendre à lire même en étant adulte. On se perfectionne. L’apprentissage de la lecture commence par l’acquisition d’un vocabulaire dès le plus jeune âge. La conscience phonoligue se travaille dès la maternelle. Elle permet à l’enfant de se constituer non seulement un capital mots à l’oral mais aussi un capital sons. A quoi sert de déchiffrer le mot parachute si d’une on ne sait pas ce qu’est un parachute et deux si on n’a jamais entendu le phonème « ch ». A quoi ça sert ?

                    Le parent d’élève doit faire confiance aux enseignants. Certes il en existe des mauvais mais dans l’ensemble ils font correctement leur boulot.


                    • gem (---.---.117.249) 20 octobre 2006 14:47

                      vous êtes énervant. insultant. Vous n’écrivez que des conneries grosse comme un UIFM. 

                      Il est prouvé depuis longtemps que la méthode syllabique permet parfaitement d’acceder au sens, bien mieux qu’un petit jeu de repérage de « Marie » parmi « mira », « rami », « marée » etc.

                      Ou avez vous pris que la syllabique ne permet d’accéder qu’à 85% de la langue ? C’est idiot, c’est absurde. La syllabique permet d’acceder à 100% des mots, y compris « technique » et « photo », y compris « banals » et « chevaux ». Et même « anti-constitition-n-elle-ment ». Par contre, le global... 0% des hiéroglyphes qu’on n’a pas d’abord rencontré !

                      « c’est » par exemple n’est pas déchiffrable par un apprenti lecteur ? Pardi ! quel con peut bien avoir l’idée de lui demander de savoir déchiffrer ça de but en blanc, sans lui avoir d’abord présenter c’, l’ et le verbe être ??? EH oh, REVEIL !!! pour enseigner, on va du simple au compliquer, pas du compliqué au simple ! On vous a pas appris ça, dans vos UIFM ? Et, tient, comme c’est marrant, c’est justement le principe de la méthode syllabique, d’aller du simple au compliqué... étrange, non ?

                      « L’élève peut alors de lui même faire des analogies et devenir un vrai lecteur déchiffreur. » Pfff... encore l’idéologie du lecteur-chercheur-philologue. Alors qu’il est si simple de lui MONTRER, à l’élève, non, c’est sans doute trop simple, il faut qu’il se débrouille seul... le prof qui rève de ne pas être prof, en somme.

                      Si de si, l’apprentissage de la lecture est bien atteint à la Noël. Certes, il reste à ce moment un apprenti, il ne comprendra pas le JO. Mais il peut lire, vraiment lire, et pas seulement des textes écrit spécialement pour l’apprentissage. Il lira Babar, Oui-oui, et les innombrabres petites histoires illustrées pour les 5-7 ans. Tout seul. Et ça lui plaira assez pour passer à titeuf, spirou, la comtesse de Ségur, Jules Verne et Harry Potter à peine quelque mois plus tard. Toujours tout seul, et sans souci de compréhension.

                      A quoi sert de déchiffrer « parachute » ? mais à le comprendre, bougre d’emplâtre à la graisse d’IUFM ! Le lecteur syllabique lit pa-ra-chu-te, para-chute, « engin pour se protéger de »-chute, et il a compris le concept rien qu’en le lisant. Par contre, c’est sur que le malheureux passé entre vos mains, sans une image, il est cassé.

                      L’enseignant doit mériter la confiance du parent d’élève. Et manifestement vous ne la méritez pas !


                    • THOMAS33 (---.---.244.210) 19 octobre 2006 18:46

                      Il est plus qu’urgent de privatiser au moins partiellement l’EN et d’embaucher les enseignants sous forme de CDI classiques voire de CDD dans certains cas. Cette évolution doit être envisagée dès la prochaine législature car on sait que sa mise en application ne sera pas simple.

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