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Mettre au pas la finance

Le capitalisme dans son fonctionnement global, permet par une grande liberté de circulation du capital de mettre plus que jamais en concurrence les travailleurs, les entreprises et les systèmes sociaux. Les entreprises «  financiarisées  » sacrifient leur développement à long terme aux intérêts de leurs actionnaires. Les États baissent les impôts des riches pour ensuite leur emprunter.

Il faut refuser de payer la dette publique illégitime aux financiers et aux fortunes qui s’en engraissent. Ce qui signifie une expropriation de fait des banques et de tous les groupes financiers, leur saisie sans indemnité ni rachat. Arrachées des mains des intérêts privés, elles seraient alors unifiées en un seul service public financier, ou encore ce qu’un des « Économistes Atterrés », Frédéric Lordon, appelle un «  système socialisé de crédit  », c’est-à-dire sous le contrôle des travailleurs et de la population.

Un tel système financier collecterait l’épargne de chacun pour l’utiliser de façon à engager une profonde révolution écologique, et répondre aux besoins sociaux, c’est-à-dire toute autre chose que la croissance capitaliste. Il s’agit par exemple d’interdire la spéculation, d’imposer la transparence sur les opérations, y compris en abolissant les paradis fiscaux. Il faut limiter la volatilité des échanges d’actifs par une taxe sur les transactions financières, limiter les rémunérations des cadres dirigeants et traders des groupes financiers, pour limiter l’intérêt personnel qu’ils trouvent à faire spéculer leur groupe. Bien sûr, il faut réformer la politique de la BCE…

Que vaut la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires, projet de F. Hollande  ? Elle est censée empêcher les banquiers de spéculer avec les dépôts de la population. Mais même ainsi séparées formellement, les banques ne le seront pas réellement du fait de multiples liens de crédit et de participation entre elles. Lehman Brothers, dont la faillite ébranla tout le système financier mondial, était une «  simple  » banque d’affaires ! La séparation est une fausse solution, si on laisse aux capitalistes le libre usage de leurs capitaux. Il ne peut pas suffire de réguler la finance. Il faut en prendre le contrôle et la retirer des mains privées.

Le Front de Gauche veut «  taxer les profits et la spéculation  » et «  mettre au pas la finance  ». Mais derrière une dénonciation juste et virulente, le problème de la propriété privée du capital est soigneusement contourné. Le FDG exige non l’annulation de la dette, mais son financement par la BCE. De même, il exige non la socialisation des banques, mais des mesures de régulation pour les banques privées aux côtés de la constitution d’un «  pôle public bancaire  ». Mais la coexistence du privé et du public dans la finance mène à une forme de socialisation des pertes (l’État financerait les investissements de long terme à la rentabilité incertaine) et de privatisation des profits (les investissements juteux et de court terme pour la finance privée), comme cela se fait dans le secteur de la santé, surtout s’il n’y a pas de captation publique de l’épargne privée. On en revient toujours au même problème  : la remise en cause ou non de la propriété privée et de la libre disposition et circulation des capitaux.

«  Spoliation  !  » clameront les actionnaires des banques réquisitionnées  ! Oui, et alors  ? Ce serait un juste retour des choses. Les banques françaises étaient globalement nationalisées jusqu’en 1986. L’État les a rendues rentables, puis les a vendues en Bourse au rabais. Depuis 30 ans la dette publique a gonflé et servi de poule aux œufs d’or aux rentiers. Depuis 2008, l’État français a apporté sa garantie publique (pour 320 milliards d’euros) aux banques, fragilisé sa signature et doit finalement payer des taux d’intérêts plus élevés… à ces mêmes banques. Enfin, la BCE (l’autorité publique) prête à 1 % aux banques de l’argent avec lequel elles spéculent, et qu’elles prêtent… aux États à des taux bien supérieurs  ! Soit 30 ans de spoliation de la population au profit des actionnaires des groupes financiers. Exproprions donc les expropriateurs.

Si l’État cessait de mener une politique ultra-volontariste pour saigner les populations afin de servir la dette et rassurer les marchés, les groupes financiers seraient en faillite. L’État n’aurait plus qu’à les nationaliser et (respectons les formes  !) pourrait les payer un euro symbolique.

D'aprés un article de l'hebdo "Tout est a nous"

http://2ccr.unblog.fr/2012/04/18/mettre-au-pas-la-finance/


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9 réactions à cet article    


  • Hermes Hermes 26 avril 2012 10:19

    Bonjour,

    Ca sent le pavé tout ça ! Et si au lieu de s’attaquer au monstre, dont on sait bien qu’il sera protégé et défendu avec violence si nécessaire, si on commençait par le bas et plus petit, de façon constructive : par exemple créer des établissements bancaires publics au niveau communal, avec des règles anti-spéculatives et anti-usurières basées sur de l’économie réelle, ou alors sur des communautés virtuelles (mais je me méfie du virtuel).

    Impossible,etc.. Pour information, la faille de base dans la législation européenne, est la liberté de croyance qui permet à chacun de créer sa religion, avec des principes qui peuvent potentiellement autoriser l’exception à toutes les règles. La religion copymiste (Missionary church of Copymism sur Wikipedia) voir a pu aisni se faire sa place à travers le sytème et a été reconnue. C’est juste une question de volonté.

    « Just my 2cents » comme disent juste à propos les anglo-saxons. smiley


    • jaja jaja 26 avril 2012 11:16

      Tout à fait d’accord avec l’article... Sans expropriation totale des banques rien de nouveau ne verra le jour et nous serons contraints à payer éternellement la dette des capitalistes...

      Il n’existe aucune autre solution que l’irruption des masses populaires sur le devant de la scène politique pour faire triompher cette exigence. Et aussi pour contrer l’éventuelle réaction violente des possédants envisagée plus haut par Hermès....


      • non667 26 avril 2012 18:31

        à jaja ,gil , et tous les faux derch !

        nationaliser la finance  : o.k.
        mondialement : t’as qu’a y croire !
         nationalement ? il faut retrouver sa souveraineté , quitter l’europe ,l’€,le fmi ,etc....
        = programme du fn que vous ne cessez de combattre !


        • jaja jaja 26 avril 2012 19:06

          Il faut exproprier les banques, sans indemnités ni rachat aux actionnaires et créer un service public bancaire unique ayant le monopole de l’activité et placé sous le contrôle de la population et des travailleurs.... Et ce quelle que soit l’échelle où il est possible de le faire... Nation ou Europe (ce qui serait bien plus fort).....

          Le repli nationaliste sous la férule d’une Lepen qui ne propose pas cette socialisation des banques et le refus de payer la dette des capitalistes nous placerait sous la domination de la bourgeoisie dite nationale....Bourgeoisie exploiteuse que le mouvement ouvrier a toujours eu pour but d’exproprier afin de socialiser les moyens de production en instaurant l’égalité sociale....

          Notre ennemi c’est le capitalisme et le capitaliste Français n’est pas mon frère comme l’est le travailleur Allemand ou anglais par exemple.... Et s’il nous faut rompre avec cette Europe là ce n’est pas pour faire l’unité avec notre propre bourgeoisie... L’unité nationale c’est l’intérêt du Capital.... et jamais celui des travailleurs.... « Les prolétaires n’ont pas de patrie » disaient nos anciens avec raison.

          Dénoncer unilatéralement tous les traités européens si besoin est OK.... Mais pour nous l’Europe est la bonne échelle... même si une sortie de la BCE et de l’Euro peut s’imposer un jour si nous étions les seuls en Europe à vouloir changer de régime.... Il n’en reste pas moins que nous sommes farouchement opposé au repli nationaliste souhaité par l’extrême droite, repli qui ne nous apporterait rien qu’une société fermée et xénophobe et sous la domination des mêmes ploutocrates.....

          J’ai déja dit que le drapeau tricolore qui unit toutes les classes de la société n’était pas le mien et que je ne chantais pas la Marseillaise des Versaillais... Autrement dit je n’ai rien de commun avec la châtelaine de Saint-cloud et sa Nation n’est pas la mienne....


          • les BANQUES DOIVENT PAYER AINSI QUE LES ACTIONNAIRES pas les salariés

            les grandes entreprises doivent payer 40% AU FISC COMME LES PME...


            • Soi Même 26 avril 2012 22:10

              Je suis d’accort sur le principe, et avant cela anticipons en participent à des réseaux parallèles qui assécherons le marais.

              Par exemple a travers les AMPEs, le SEL, le commerce Équitable où d’autre formule de fonctionné qui coupe le flux financier.

              Je ne crois pas au pouvoir de la rue, pour une raison simple, le rapport de force est à notre défaveur de les grands mouvement sociaux des années 70.

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Robert GIL

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