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Accueil du site > Actualités > Politique > Michel Onfray : parfum de mai ?... « Abstention »

Michel Onfray : parfum de mai ?... « Abstention »

Michel Onfray avait déja plusieurs fois « changé de parfum » au cours de la campagne récente. Il semble que la senteur de mai se nomme « abstention »... Retour sur un parcours hédoniste singulier.

Michel Onfray est un de ces intellectuels "inconstants" qui à chaque période de la vie politique se sentent en droit non seulement d’engager leur parole publique, ce qui est très respectable, mais ne savent s’empêcher de manier l’invective et parfois l’insulte, comme pour mieux affirmer leur "radicalité" parfois sans lendemain...

- J’avais en février proposé la tribune reproduite ci dessous : "Michel Onfray à encore changé de parfum..." résumant les errances du personnage : En 2002 il avait soutenu Olivier Besancenot (qui ne lui avait rien demandé) ; en décembre 2006 il soutenait Ségolène avec des mots très durs pour les "antilibéraux" en recherche d’une candidature unitaire ; en janvier 2007 il rejoignait José Bové avec cette fois des mots trés durs pour le PCF et la LCR, époque où fut écrite la chronique ci dessous...

- Mais ce n’était pas terminé, un mois plus tard il abandonnait José en rase campagne avec cette fois des mots assassins pour la mouvance "alter" et déclarait que Clémentine Autain avait eu raison (de ne pas soutenir la candidature José Bové) ; puis affirmait soutenir désormais Olivier Besancenot... Déjà, à ce stade, ce que pensait Michel Onfray, tout le monde s’en fichait...

- Puis on le vit en conversation avec Nicolas Sarkozy pour le compte de la revue "Philosophie Magazine" (n° 8 avril 2007) et au cours de cet entretien il publiait sur son blog en deux parties un portrait sans appel du personnage...

- Mais, à la veille de l’échéance ultime, sa voix n’ira pas faire barrage à l’individu dont il avait assez bien décrypté la "dangerosité"... il votera blanc ? Au fond tout le monde s’en fout, non ?

Tous ceux qui pensent avoir des raisons de craindre la politique annoncée savent que les luttes sociales ne sont pas renforcées mais affaiblies par des cautions douteuses et aussi inconstantes, alors... une voix fait le choix de ne pas contrer l’adversaire d’hier et donc de favoriser son élection... chao mister Onfray...

En souvenir de cette "intuition", l’article écrit, le 13 février 2007 : "Michel Onfray a encore changé de parfum... ? "

« On peut donc être, ce qui est mon cas, antilibéral et défenseur du capitalisme  » (Michel Onfray)

Dans un portrait négocié avec « Le Figaro » notre philosophe multimédia nous avait avoué que jadis il s’aspergeait « d’Eau Sauvage » (de chez Dior) jusqu’au jour où « il est tombé en arrêt devant la publicité d’Egoïste » (de chez Chanel). Cet épisode attendrissant sur le rituel matinal de notre hédoniste national au sortir de sa douche nous a été encore rappelé dans l’excellent dernier numéro de « le Plan B » (février-mars 2007, n° 6) dans lequel est décernée à Michel Onfray la « laisse d’Or » réservée à une certaine élite...

Je laisse aux lacaniens l’interprétation de la fascination du héros pour le parfum « Egoïste « ... Cela n’a déjà plus d’importance car l’infidèle a déjà changé de parfum depuis... Après avoir en 2002 soutenu ouvertement Olivier Besancenot (dont la marque de parfum PTT n’a pas eu le succès espéré) ; il se prononçait le 30 décembre 2006 pour « Désir d’avenir », le parfum du Grand Soir (de chez Ségolène) en appelant à voter « doublement utile » pour la charmeuse.

C’est dans cette période de réveillon (laïc bien entendu) qu’il écrivit sans doute sa « chronique mensuelle » n° 20, publiée au début janvier 2007, dans laquelle il réglait leurs comptes de façon impitoyable à ses anciens amis et leurs alliés d’hier. Ce morceau d’anthologie mérite publicité, compte tenu de la suite des événements :

La Chronique mensuelle de Michel Onfray n° 20 - janvier 2007 Gauchisme, kantisme, infantilisme :«  le ridicule dans lequel la gauche de la gauche se vautre dans la perspective des prochaines élections présidentielles (me) fait peine à voir. J’imagine la droite réjouie de ces pitreries et la gauche libérale plus ravie encore jubilant du boulevard que lui taillent à coup de hache les états-majors de la LCR, du PC, à quoi il faut ajouter José Bové en personne flottant dans les habits d’un général de Gaulle, souhaitant le plébiscite en quittant le terrain pendant la bataille, alors que son appel du 18 juin se réduit au démontage d’un préfabriqué américain de boîtes à mauvais casse-croûte... Le gauchisme est un kantisme en même temps qu’un infantilisme - et trop souvent avec lui l’anarchisme. A camper sur des positions radicales, raides et strictes, dogmatiques et catéchétiques, sans aucun souci du réel, ils pensent en chambre un monde refait à leurs dimensions militantes. Enfermés dans leur logique tribale - organisation, militantisme, collage d’affiches, réunions de salle polyvalentes, slogans de manifestation, banderoles, distributions de tracts -, ils croient benoîtement qu’en dehors de leur campement la politique n’existe pas. Ni le Peuple, une plus grave erreur.... Infantiles, ils le sont.... La gauche radicale est à repenser - à déchristianiser elle aussi car elle préfère l’icône et l’image (le film comme dirait l’autre !) à la matérialité du monde réel... Et ce pour le plus grand bonheur des libéraux. »

Michel Onfray a sans aucun doute le droit de penser cela, qui nous révèle au passage le danger extrême d’une overdose de « désir d’Avenir ». Heureusement notre athée national fut atteint par la grâce en janvier 2007 pour changer à nouveau de parfum. Contre toute attente c’est désormais « Oser Bové » qui le séduit, avec la senteur du terroir et de la philosophie profonde de la France d’en bas qui se ruine pour acheter ses cassettes...

Ceux qui se réjouissent de ce soutien inespéré devraient s’intéresser à la pensée réelle de ce nouvel alter-sponsor. Il est peu probable qu’il a pris le temps de lire nos « cent vingt-cinq propositions » avant de signer l’appel « Oser Bové » ! Le Socrate de Caen a déjà sa pensée propre qu’il n’a pas manqué d’étaler dans le Nouvel Observateur puis sur les ondes de France inter : Il approuve un « capitalisme non libéral » dont la définition donnerait sans doute des migraines à Diogène au fond de son tonneau ; il soutien « un régime présidentiel fort » qui ressemble plus au projet du petit Nicolas qu’au chapitre institutions de notre programme ; il se définit lui-même comme un « gaullo-gauchiste » parvenant à insulter en une seule formule deux héritages de notre histoire nationale ; enfin il a confirmé jusqu’à l’épuisement depuis octobre 2006 aux côtés d’autres intellectuels médiatiques, son soutien « sans réserve aucune » à la chronique islamophobe de Robert Redeker, initiant lui-même la pétition qui réclamait le droit de dire et d’écrire n’importe quoi, condamnant par avance tous ceux qui oseraient dire qu’il ne peut y avoir de liberté d’expression sans responsabilité. Du droit de dire n’importe quoi à « Oser Bové » la boucle est -elle bouclée ? Enfin pour apothéose Michel Onfray « défend la constitution de la Ve République, qui ne doit pas être remise en cause », excluant toute idée de VIe République...

« Oser Bové », le parfum de l’imposteur Michel Onfray, serait demain aussi le parfum de l’imposture si ceux-là qui se réclament de l’alternative antilibérale ne renonçaient pas publiquement à un soutien pour le moins douteux. Toutes les craintes sont permises car aux critiques déjà émises, un certain Pierre Nicolas le samedi 10 février 2007, confirmait sur le très contrôlé site « unisavecbové » toute l’estime du mouvement pour celui qui « Oser Bové » avec eux... Il est des traits d’union dont il conviendrait de se demander entre qui et quoi ils prétendent se situer. Même ceux qui ne soutiennent pas José Bové pensent que celui-ci mérite mieux que de voir sa campagne se terminer dans la confusion des idées et le renoncement aux ambitions qui furent un temps communes. Osons demain la Sixième République avec ceux qui la veulent, pas avec des imposteurs.

Jacques Richaud

Alors vraiment....chao mister Onfray


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2 réactions à cet article    


  • maumau 5 mai 2007 19:05

    Bien que n’étant pas du même bord que Jacques Richaud, je suis bien d’accord avec lui au sujet de Michel Onfray. Je me rappelle d’un article désopilant de notre narcissophilo, dans lequel il disait,(en gros), tout le mal qu’il pensait des différentes composantes du non à la constitution, et combien serait délicieux le rassemblement de ces différentes composantes. Cet article est paru dans Le Monde, au début de l’année.


    • Emin Bernar Paşa Le Grand Serein 5 mai 2007 23:08

      laissons onfray tranquille et allons fusiller les trâîtres !

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