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Accueil du site > Actualités > Politique > Monoprix Toulouse : la propriété c’est le vol !

Monoprix Toulouse : la propriété c’est le vol !

J’ai rencontré les « autoréducteurs » de l’ultra-gauche à Toulouse - Et pourtant la Garonne coule toujours dans le même sens...

Toulouse est ce que l’on pourrait appeler une ville de province. Il y en a quelques-unes de ce genre là en France, comme Lyon, Marseille, Bordeaux ou Cosne-sur-Loire. J’ai découvert cela il y a peu. Et j’adore. Pour s’y rendre il faut quitter Paris dans des trains, qui sont de longs véhicules très confortables, fonctionnant à l’énergie nucléaire. C’est l’aventure ! Et dans les villes de province il y a des provinciaux, qui sont des français presque comme les autres, mais avec des accents amusants et un mode de vie grégaire parfois pittoresque, mais somme toute assez proche de l’homo sapiens parisien de Saint-Germain des Prés. J’ai passé le week-end à Toulouse, chez une amie artiste-peintre, qui a épousé un fonctionnaire de police syndiqué. Cela faisait longtemps que j’avais promis de leur rendre cette visite de courtoisie.

Le voyage en TGV fut assez pénible, puisque je dus supporter la logorrhée fatigante d’Otto, un militant anarchiste de la C.N.T. qui venait dans la ville rose pour suivre un « stage de désobéissance », et qui m’assaisonna durant tout le voyage de sentences libertaires pompées dans « L’Insurrection qui vient ». Même en classe affaire, la SNCF n’assure plus la qualité du voisinage… C’est vers onze heures du matin que je suis arrivé en gare de Toulouse-Matabiau. Comme je ne pouvais dignement pas me présenter les mains vides chez mes hôtes, il me parût de bon aloi d’acheter quelques victuailles avant de me diriger vers la place du Capitole. J’aperçus, au loin, le logo de l’enseigne Monoprix. Un « Monop’ » chic et branché… autant dire une petite parcelle de Paris en plein Toulouse. L’endroit idéal pour acheter une bouteille de Dom Pérignon, un bloc de foie gras et un bouquet de roses, juste avant d’arriver chez des amis.

Mais c’était un jour de manifestations dans Toulouse. Otto me l’avait expliqué en arrivant : la ville était en pleine ébullition ces derniers temps, dans le contexte de la « grogne » étudiante, et sous l’impulsion des bouillonnants mouvements libertaires d’ultra-gauche. Il ne se passait pas une journée sans que la contestation gronde sur les bancs de l’université du Mirail ou dans les rues de la ville rose. Pardon, de la « ville rouge ». Il ne se passait pas une semaine sans que les groupuscules anti-capitalistes ne mènent des opérations militantes « coup de poing », tantôt festives tantôt violentes, dans les rues de Toulouse pour effrayer-le-bourgeois, et faire parler de leurs causes confuses et imbriquées. Bref, c’était un peu le boxon en Midi-Pyrénées. La Garonne coulait toujours dans le même sens, mais les révolutionnaires tenaient le haut du pavé. D’ailleurs, dans la rue que j’arpentais en direction du Monoprix, se tenait une énième manifestation. La confrontation entre les jeunes et les CRS ne manquait pas de virilité. Les canettes commençaient à voler gracieusement, et les gazeuses lacrymo à hennir de plaisir. Pour autant, la rue n’était pas bouclée et les commerçants n’avaient pas encore baissé leurs rideaux. Les manifestants étaient plutôt jeunes. Essentiellement des étudiants engagés, et des pourvoyeurs professionnels de désordre. Keffiehs avantageux. Punks-à-chiens. Midinettes anti-racistes en psycho. Décroissants babas écolos à vélo. Chômeurs activistes encartés à la CGT. Profs bobos « en luttes », et à lunettes. Banderoles aux vents. « Cache-toi objet ! », « Le capitalisme nous vole ! », « Halte à la galère des sans voix ! »… Evidemment, tout ceci était un peu ridicule. Mais pas autant que les badauds ébahis qui s’agglutinaient sur les trottoirs pour prendre des photos de cette scène si habituelle, avec leurs téléphones portables.

Plus je m’approchais du Monoprix, plus le nuage de gaz lacrymogène était épais. Parfait. J’adore justement respirer l’odeur de la lacrymo au petit matin. C’est là une expérience revigorante et mâle. Quand je suis entré dans le magasin, j’eus la grande surprise d’être promptement suivi par une cinquantaine de manifestants déchaînés. L’opération devait être parfaitement calculée et – comme d’habitude – j’arrivais au mauvais moment, comme un cheveux dans un jeu de quilles. Les militants entrèrent dans le Monoprix en poussant des grognements animaux, en tuméfiant le carrelage innocent de leur piétinement cadencé, et en hurlant de concert : « Pas de panique, ceci est une opération d’autoréduction ! Au-to-ré-du-ction ! Nous allons nous réapproprier ce qui nous appartient ! Nous redistribuerons la marchandise aux plus démunis, et même aux damnés de la terre ! Promis ! N’ayez pas peur. Ce n’est pas un hold-up, c’est une opération anti-capitaliste non violente ! NON VI-O-LEN-TE ! » C’était assez habile de hurler « Pas de panique ! » avec une telle sauvagerie… le message pétrifia complètement la clientèle de ce magasin, composée essentiellement de personnes âgées, et de mères de famille psychorigides. Les activistes de l’association « Robins des bois » s’échinaient à remplir paniers et caddys de victuailles diverses. Depuis la première nécessité, jusqu’à la toute dernière... Dans le désordre le plus absolu. Les présentoirs volaient en éclat, les vigiles succombaient sous la pression, les vitrines cédaient sous le poids de la justice sociale, les caissières étaient impuissantes devant ces pilleurs gauchistes d’un nouveau genre… ces voleurs, ces rapaces, qui s’appropriaient le bien d’autrui sans payer, mais sans la moindre mauvaise conscience… et avec, même, le sentiment glorieux du « devoir social » accompli.

Les CRS ne remarquèrent pas immédiatement ce qui était en train de se jouer à l’intérieur du Monoprix. Ils se concentraient toujours sur la guérilla picrocholine qui se poursuivait dans la rue. Ils tâchaient de garder bonne figure face au harcèlement pointilliste des manifestants qui lançaient bouteilles, pavés, mobilier urbain, vélos volés et anathèmes simplistes : « Flics partout, justice nulle part ! », « Rejoignez la plate-forme de revendications du comité révolutionnaire inter-luttes ! », « Vive l’espoir ! ». Et demain je rase gratis.

Les « Robins des bois » pillaient copieusement, et avec une gourmandise qui faisait plaisir à voir en ces temps de critique tous azimuts de la société de consommation. Cette jeunesse voulait en bouffer de la marchandise, de la marque, du logo, comme en témoignait l’ardent remplissage de leurs petits paniers ; mais cette jeunesse, fille de la société du spectacle, savait aussi que tout se joue dans l’image, la représentation, et la communication … En ce sens l’un des activistes « auto-réducteurs » filmait la scène pour la postérité, et d’autres petits soldats de la grande armée anti-capitaliste distribuaient aux clients médusés des tracts explicatifs : « Le comité de lutte a voté, en AG plénière, cette opération de blocage économique du Monoprix de Toulouse, afin d’organiser une juste redistribution du bien commun aux plus démunis ». Le tract se terminait par toute une série de mesures qui avaient été votées à la dernière AG du sous-comité inter-révolutionnaire de lutte de l’Université du Mirail… comme la fermeture du camp de Guantanamo, la fin du scandale des paysans sans terre du Brésil, la légalisation du cannabis, et la salvatrice pénalisation du port de la Rolex.

Parmi ces jeunes esclaves de l’ultra-gauche, je remarquais une jeune-femme un peu punk, un peu négligée, accompagnée d’un vieux berger allemand pouilleux, qui remplissait sa besace de maquillage… « Qu’est-ce que tu fais, petite ? Tu veux que je t’aide ? » demandais-je à la demoiselle. Elle s’appelait Amanda, était étudiante en socio, mais ne savait « pas trop » où dormir ce soir car elle s’était « brouillée » avec ses parents. Pour une bête histoire de politique et de mauvaises fréquentations. Elle m’expliqua : « Vous savez, je fais tout ça pour les plus pauvres et pour laisser à mon berger allemand un monde meilleur ». Elle n’était pas gênée par la violence de l’opération : « Mais nous allons permettre à beaucoup de toulousains marginaux de survivre, malgré la crise, et le Medef et le Madoff, et Continental, et Carla Bruni… c’est noble comme action ! » Et le maquillage dérobé, Amanda ? « Mais je reste une femme… »

Je fus surpris d’apercevoir mon ami Otto parmi les « Robins des bois ». Il semblait même être l’un de leurs chefs. Il portait une sorte de béret rouge, surmonté d’une étoile dorée. Il avait collé sur son blouson de cuir plusieurs auto-collants militants… on pouvait lire sur son plastron : « Le blocage économique est l’avenir de l’homme moderne ! », « L’autoréduction n’est pas du vol ! », « Aujourd’hui à toi, demain à moi… » Il m’expliqua que ces actions alternatives, et anarchistes, n’étaient que des « réponses proportionnées au mépris du pouvoir en place et à la répression policière fasciste. » Otto serrait fermement dans ses main son exemplaire de « L’insurrection qui vient ». Il jouissait du succès de l’opération en cours. Le Monoprix était en plein saccage. Les « Robins des bois » repartaient avec des bouteilles d’alcool, des équipements informatiques, des fruits exotiques, des compacts disc… Uniquement de la première nécessité pour les pauvres du coin ! Otto n’était pas plus troublé que cela… « Ils sont jeunes et fougueux. Ils doivent encore être bien formés aux préceptes de la non violence et de l’action inter-luttes coordonnée. » Otto serrait contre son cœur le petit livre rouge de Julien Coupat. Il était heureux, et même au bord des larmes. Son bonheur ne lui permit pas de voir le stress des malheureux employés du Monoprix, dont des caissières qui s’époumonaient d’horreur : « Et vous voulez peut-être nous donner des leçons de précarité, à nous, bande de jeunes voyous ! ». Et le tout avec l’accent toulousain. Ah, je n’étais pas déçu du voyage… 

Mais il ne s’agissait pas de perdre le nord. J’étais entré ici pour acheter une bouteille de champagne à mes amis. Je la pris dans les rayonnages, sous les applaudissements de quelques « Robins des bois » respectueux des clients qui n’avaient pas encore fuit… Je pris aussi un peu de fois gras, et un bouquet de fleurs. Les caissières avaient toutes déserté. La voie était libre. Je pus sortir du magasin sans encombre. Et sans payer. Bien des jeunes activistes-pillards m’emboîtèrent le pas, heureux du succès de cette action « collective et citoyenne ». Ils avaient été heureux de manifester, ainsi, leur joyeuse détestation de l’ « argent-roi » et de « l’aliénation par le travail ».

Otto me rattrapa dans la rue, sous le feux des pavés, et me dit en souriant : « Et dis-donc, vieille crapule… tu n’as pas payé pour tout ça… Bon. Tu ne veux pas venir à la nouvelle AG inter-luttes. Nous allons aborder la question des sans papiers. Nous comptons voter pour une immigration sans entrave, et pour des quotas de 90% de ‘non blancs’ à la télévision publique. Tu viens ? ». Il eut beau me dire que la jeune Amanda, et son chien, auraient vivement apprécié que je sois présent... rien ne put me détourner de mon objectif : me rendre enfin chez mon amie artiste-peintre et son époux policier syndiqué. Otto me fit une amicale tape sur l’épaule en disant : « Adieu crapule bourgeoise ! ». Ce à quoi je répondis : « Ta gueule, anarchiste professionnel… ». Nos adieux amicaux furent recouverts par un épais nuage de gaz lacrymogène. 


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114 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 mars 2009 14:44

    Sympathique journalisme de terrain, François Xavier,

    " ...impuissantes devant ces pilleurs gauchistes d’un nouveau genre… ces voleurs, ces rapaces, qui s’appropriaient le bien d’autrui sans payer, mais sans la moindre mauvaise conscience "

    L’habit ne fait pas le moine FX, et nous avons les mêmes au gouvernement depuis des années qui pillent les entreprises, fomentent des lois prédatrices, se cassent avec la caisse, s’auto immunisent, protègent les plus riches au point qu’ils vont taxer les revenus exorbitants des plus grands patrons. Ils sont entièrement responsables des désordres que vous décrivez et légalisent un certain vol en haut lieu. Avez vous fait le même article sur eux... ?

    Et puis Toulouse n’est pas une simple ville de province, mais bien la capitale du grand sud autonome, vivier incontestable de musiciens géniaux, dotée d’une grande radio qui n’atteint pas Paris, et rappelez vous, c’est la Blanquette de Limoux qui a donné la recette du Champagne et c’est Toulouse qui fabrique les grands oiseaux qui se posent à Paris...


    • plancherDesVaches 28 mars 2009 22:05

      Hhmm... En effet.
      Toulouse est la dernière capitale franchouillarde de fabrication de grands oiseaux.

      Bref, le dernier ilôt d’industrie réellement créatrice de VRAIE richesse bientôt disparue en France...

      Les boules. Qu’avons-nous fait pour mériter que le travail soit autant détruit par la valeur rentier. Même le pire des communistes n’aurait pas souhaité ce qui va nous arriver.
      Je nous plains d’être tant intoxiqué par la télé.


    • Olga Olga 29 mars 2009 17:05

       smiley 
       smiley 
       smiley 
       smiley 

      Jeunesse lève-toi


       Embrasons-nous

      Jeunesse lève-toi ! ( Réalisé par Damien Saez et Régis Fourrer. )
       


    • paul muadhib 30 mars 2009 10:09

      Salut, le seul objectif , me semble t il est de nous montrer un ennemi interieur l ultra gauche, qui n existe pas, comme les us et les sionistes nous montre les vilains barbus comme ennemi de la planete.....
      inutile de s attarder , qui seme le vent recolte la tempete..
      plus serieusement recrue d essence de la propagande de qui vous savez, la verite, c est a dire ce qui n est pas affaire d opinion progresse, c est bien et n oubliez pas une chose il y a 2 ennemis sur la planete
      l ultra gauche francaise et les vilains barbus ..tous les autres sont tres gentils meme s ils tuent a tour de bras , ils ne le font pas mechamment..


    • dalat-1945 28 mars 2009 14:53

      Merci François Xavier. Tout ceci est fort intéressant.


      • Emmanuel Aguéra LeManu 28 mars 2009 18:47

        Même en racontant une soirée avec sa belle-mère cet auteur restera agréable à lire.


      • Emmanuel Aguéra LeManu 29 mars 2009 18:33

        Mais si la forme est splendide, y’a pas de fond. Très con.


      • sisyphe sisyphe 28 mars 2009 15:02

        Mmmouais.... 

        Le meilleur humour, c’est celui de l’auto-dérision ; rarement celui qui se fait au détriment des autres..
        Surtout quand l’ironie y confine un peu au cynisme...

        J’apprécie très moyennement..


        • Emile Red Emile Red 28 mars 2009 17:49

          Tout à fait ok avec toi Sisyphe.

          Ca pue la dérision condescendante du petit Maraisien engoncé dans son image parisianiste de la province.


        • oncle archibald 28 mars 2009 18:20

           Emile vous avez l’air de vous y connaître en dérision condescendante ... 


        • sisyphe sisyphe 28 mars 2009 22:43

          Et d’une, Séraphin, t’as la mémoire qui flanche : je n’ai jamais participé à un article sur Stephane Guillon

          - et de deux, Stephane Guillon, pour ce que j’en sais, il asticote ses interlocuteurs en direct ; ils ont le droit de réponse

          - et de trois pour ce qui est de l’auteur, ici, son ironie est loin d’être innocente ; elle s’exerce uniquement vis à vis des empêcheurs d’acheter son champagne et son caviar, merde, quôôôâaaa... 

          Bref, l’ironie du bon petit bourgeois, qui vise uniquement à discréditer l’action des Robin des bois (cités ici), sans aucune référence aux raisons, au contexte ; par exemple, il nous parle des gaz lacrymogènes ; on aurait aimé avoir le même ton ironique vis à vis de ceux qui les ont employés...mais non : on s’en tiendra à sa ridiculisation (et à sa dénonciation) de gens qui, au moins, tentent quelque chose (et pour les autres), dans cette période où tout le monde n’a pas les moyens d’entrer dans un Monoprix pour acheter ...... du champagne et du caviar, n’est-ce pas ? smiley

          Quant à l’autre abruti de peripatate, fidèle à sa caricaturale défense acharnée des riches, et de la sacro-sainte possession, il prône, lui, carrément la prison pour les -beurk- gueux qui osent s’attaquer à l’ordre établi ...
          Normal ; c’est le genre de réactions qu’est appelé à provoquer le cynisme de ce genre d’articles, chez les imbéciles. 

          Bref, un pseudo-humour d’assez malsains remugles ; tout juste bon à faire pouffer l’auteur (coupable, si j’ai bien compris, opportunément, de grivèlerie), et ses distingués amis, en dégustant le caviar, et se gaussant des gauchos, entre deux coupes de champagne...

          Un auteur, par ailleurs, très fier de lui, et certainement irrésistible, puisqu’il lui suffit de paraître pour séduire la pauvre provinciale.... 

          Cynisme, suffisance, prétention, et esprit réactionnaire ; décidément pas ma tasse de thé....



          .


        • sisyphe sisyphe 28 mars 2009 23:05

          Je suis impardonnable ; j’ai confondu caviar et foie gras... 
          C’était pas un week-end gauche caviar ; c’était droite foie gras...

          Saint Sauternes me dispense sa miséricorde... 


        • Bois-Guisbert 28 mars 2009 15:17

          Bon, c’est pas les Brigades internationales, qui mettaient leur peau au bout de leurs idées, mais ça fleure bon l’héroïsme de bon aloi quand même !

          P.S.-  Ils doivent malgré tout avoir un peu honte de leurs héritiers Ravachol, Bonnot, Makhno, Durutti, Puig Antich et consorts... Des tapettes qui chapardent en bande dans les magasins. Et après ça, on dira encore que l’époque n’est pas décadente...


          • Schweitzer 28 mars 2009 20:00


            Ils doivent malgré tout avoir un peu honte de leurs héritiers Ravachol, Bonnot, Makhno, Durutti, Puig Antich et consorts...

            Même pas. Quand des gamins mal élevés s’emparent d’idées d’hommes, ça se traduit invariablement par des gamineries.

            Les flics ne les prennnent pas au sérieux, sinon ils n’auraient même pas emporté un Kinder Surprise ou un Carambar.


          • Bois-Guisbert 28 mars 2009 22:59

            Quand des gamins mal élevés s’emparent d’idées d’hommes, ça se traduit invariablement par des gamineries.

            Certes. Seulement quand on se réclame d’un mouvement qui, il y a cent ans, terrorisaît le bourgeois, alors qu’on n’est plus capable que de paniquer des retraités et des caissières de supermarchés, c’est qu’on est tombé plus bas que bas.

            Ils se voudraient haïssables et ils ne parviennent qu’à être méprisables, tout en étant profondément ridicules ! Alors il faut bien que quelqu’un leur trempe le nez dans leur lâche médiocrité.


          • Emmanuel Aguéra LeManu 29 mars 2009 18:30

            Vous ne pourriez pas éviter de nous crier dans les yeux ?


          • delamothe delamothe 28 mars 2009 15:37

            Et la suite ? Vous savez qu’il y a eut des interpellations et des gars blessés ce n’est pas bisounours land ...ha les bobos.
            Au passage 300arrestations à la dernières manif parisienne et des condamnations jusqu’a 8mois ferme pour "jet de pierre" lorsqu’on sait que vider une bière devant un porc peut apporter 4mois ferme on comprend le jet de pierre !!!


            • Algunet 28 mars 2009 20:24

              Des pierres oui mais pas des kronenbourg comme on dit en Alsace, faut pas déconner quand même !


            • delamothe delamothe 29 mars 2009 16:03

              la kro c’est de la pisse et en plus ils ont licenciés pas mal ces dernières années ...enfin bientot il y aura plus d’entreprises en france avec ces patrons voyous , que les patrons giclent on en a pas besoin !!!! seul les salariés comptent


            • Olga Olga 28 mars 2009 15:40

              C’est étrange comme Amanda me semble familière... smiley 
              D’ailleurs je sais ce qu’elle écoute comme musique (sur son ipod volé dans un magasin darty certainement...) :
              bella ciao (canallas)
              El paso del Ebro (canallas)
               smiley 


              • wesson wesson 30 mars 2009 01:38

                Bonsoir Olga,

                Ska-P - el vals del obrero aurait été aussi tout à fait approprié dans ce cas présent !


              • Olga Olga 30 mars 2009 07:30

                @wesson

                SI SEÑOR ! smiley 


              • John Lloyds John Lloyds 28 mars 2009 15:51

                Bon reportage, avec toutefois un parti-pris de l’auteur parfaitement discutable. Comme le dit si justement Lisa sion, la notion de propriété est un concept à deux vitesses, pour ne pas dire à sens unique. D’ailleurs, la crise actuelle n’est-elle pas avant tout la crise de l’idée de propriété ? Il faudra tôt ou tard poser le concept de propriété, et l’autoréduction a le mérite de commencer à le faire.

                 On pourrait opposer Proudhon qui disait "la propriété, c’est le vol" à Stirner qui en fait l’objet d’un droit naturel. Jusqu’à présent, la propriété était une convention garantie par le contrat social. Le contrat social s’effondrant, qu’en est-il maintenant ? L’état ayant trahi sa part du contrat, il est parfaitement normal que la notion de proprité soit remise à plat. Pensez-vous sincèrement, Mr Ajavon, que quand le peuple comprendra que le système financier en général et banquier en particulier est devenu propriétaire en dévoyant ses prérogatives, il acceptera leur propriété sans broncher ?


                • Christophe Christophe 28 mars 2009 19:40

                  @John Lloyds,

                  Mais ces jeunes respectent la propriété au sens de Locke ; considérant que la propriété ne peut en aucun cas être supérieure à la préservation de la vie, ne peut pas être au dessus des besoins de subsistance.


                • Le péripate Le péripate 28 mars 2009 20:26

                   Je crois que vous faîtes une interprétation de la propriété chez Locke un peu tendancieuse. Si ce qui est premier est le devoir de subsister (don de Dieu), loi naturelle, il en dérive directement par le droit (donc une conséquence) la propriété de la personne, et, extension directe de la propriété de soi, la propriété des choses. 


                • Christophe Christophe 28 mars 2009 21:03

                  @Péripate,

                  Ma lecture de Locke n’est pas tendancieuse, seulement vous restez sur une analyse de surface. D’ailleurs, James Tully, politologue et philosophe canadien, dans A discourse on Property, John Locke and his adversaries, expose la même approche de la philosophie de Locke.

                  Ce n’est certes pas une référence, il faut lire Locke puisque son approche de la propriété comme droit naturel permet aux tenants du droit naturel (appropriation privée des biens communs) de le tordre à leur convenance et pour les défenseurs du volontarisme (la société précède dans sa logique et dans sa chronologie l’accord entre les hommes sur la privatisation du bien commun) de lui faire dire l’opposé en utilisant les mêmes méthodes.

                  Nous pourrions dire que la propriété lockienne dans son acception générale désigne le pouvoir et le devoir d’utiliser les biens du monde afin d’accomplir le dessein de Dieu, consistant donc à préserver sa création toute entière. Il faut donc comprendre que l’ancrage théologique de la propriété de Locke engendre des limitations fortes liées aux impératifs de subsistance et de protection de l’humanité. Par extension à l’approche théologique, l’environnement peu même faire partie, si je ne me trompe, de la création de Dieu (du moins dans l’esprit croyant).


                • Le péripate Le péripate 28 mars 2009 22:00

                   En surface.... il y a des surfaces qui ont bien plus d’importance que l’intérieur, comme la peau de l’être aimé. Mais nous ne devrions pas jouer la musique de la sophistique entre nous, non ? 

                  Je n’ai pas lu ce livre, mais je pense encore. Et pour que la "nécessité" dans laquelle se trouvait ces gens dans ce Monoprix puisse les faire justement enfreindre la propriété, il eut fallu qu’ils se trouvassent en état de nécessité absolue. Ce qui semble difficile à démontrer.


                • Christophe Christophe 28 mars 2009 22:28

                  @Péripate,

                  Pourquoi faire référence à la sophistique ? Et dans lequel des trois sens possibles ?

                  Concernant les jeunes, relisez le texte, notre auteur les appelle les robin des bois  ; ils prennent pour redistribuer, selon leurs dires bien entendu.

                  Mais il faut reconnaître, comme le souligne John Lloyds, qu’il existe un problème d’interprétation de la notion de propriété et qu’il faudra bien que cette notion passe au crible d’une étude approfondie plutôt que de se satisfaire d’une simple appropriation individuelle sans contrainte ni limite. Ce qui ne signifie pas qu’elle doit disparaître ; tout réside dans la mesure.


                • sisyphe sisyphe 28 mars 2009 22:54

                  par Le péripate 							 														 (IP:xxx.x53.173.212) le 28 mars 2009 à 22H00 							 							
                  							

                  															
                  							
                  								 En surface.... il y a des surfaces qui ont bien plus d’importance que l’intérieur, comme la peau de l’être aimé.

                  Ah bon !!
                  Pourquoi ; à l’intérieur, elle n’a aucun intérêt ? 
                   smiley


                • Le péripate Le péripate 28 mars 2009 23:04

                   J’ai un doute, Christophe. Savez vous que cette histoire est réelle ? Celle-ci précisément, je ne sais pas, mais la même affaire a déjà eu lieu à Paris, par un collectif d’intermittent du Spectacles. L’article est un peu vieux, mais je devrais pouvoir le retrouver.
                  C’est de rhétorique que j’aurais du parler, vu comme l’art de mettre son interlocuteur en difficulté, comme affirmer que l’autre est en surface, alors que soi, bien sûr, pénètre au coeur de la matière.

                  En surface comme en profondeur, ces gens réels ne sont pas en état de nécessité absolue.


                • Christophe Christophe 29 mars 2009 11:05

                  @Le Péripate,

                  C’est de rhétorique que j’aurais du parler, vu comme l’art de mettre son interlocuteur en difficulté, comme affirmer que l’autre est en surface, alors que soi, bien sûr, pénètre au coeur de la matière.

                  J’ai argumenté sur des bases philologiques voir même historiographiques compte tenu qu’un propos tenu dépend principalement de ce que pense l’auteur et non pas le lecteur-interpréteur.

                  Mais en exposant que mon interprétation est tendancieuse, n’avez-vous pas l’impression d’avoir ouvert le bal. D’autres parts, je ne conteste pas vos dires, je tends à les enrichir en fonction de considérations qui me semblent pertinente. Qu’estce pour vous la création de Dieu pour un croyant du XVIIème Siècle ?


                • Le péripate Le péripate 29 mars 2009 11:35

                   Bon. Revenons au début, et à ce qui a motivé mon intervention. Vous dîtes que ces "jeunes gens" appliquent la propriété au sens de Locke. Et je vous réponds que pour cela soit vrai, il faudrait que ces "jeunes gens" soient en état de nécessité absolue. Absolu n’est pas un jugement, encore moins une opinion. C’est à ce point précis qu’il y a de votre part un glissement : car, contre toute évidence, il vous suffit que ces "jeunes gens" croient qu’ils sont dans le Bien pour qu’ils soient justes. Ce qui est faire fi de la responsabilité, et sombre dans le relativisme.
                  C’est aussi simple que ça. 

                  La création de Dieu est, je pense, à interpréter comme une Constitution. Ca ouvre un autre débat, peut-être un peu hors-sujet.

                  Sachez que j’apprécie vos interventions. 

                   smiley





                • Christophe Christophe 29 mars 2009 13:29
                  Je reprends d’abord l’argumentation finale pour bien exposer ce qu’est la notion de responsabilité.
                  Cette notion est vue selon trois acceptions :
                  • Etre la cause d’un dommage : cette notion de causalité s’applique lorsque nous constatons un dommage entraînant une obligation de réparation. Cet aspect n’est abordé que si un agent a choisi des actions préalables qui ont mené à cette situation.
                  • Devoir rendre des comptes : cette notion est déterminée par la notion de responsabilité explicitée dans les réglementations. elle est introduite par le principe de délégation ; par exemple, un chef d’entreprise est responsable (rendre des comptes) vis à vis des clients alors que le concepteur des produits de cette entreprise est responsable (être la cause) de dommages chez des clients.
                  • User de son influence : cette notion est issue du principe de rôle. La personne se voit attribuer une capacité de remplir une mission directement (capacité de faire) ou indirectement (pouvoir d’exercer une influence).

                  La notion de responsabilité influe sur celle d’obligation ; la responsabilité s’appliquant à un état. Un responsable devra, pour atteindre cet état :

                  • Réaliser une action,
                  • Ne pas réaliser d’action,
                  • Faire en sorte que quelqu’un réalise l’action.

                  Je peux vous transmettre la formalisation logique de l’ensemble de ces approches.

                  Reprenons donc l’argument avancé par l’auteur sur la justification de l’acte : Nous allons nous réapproprier ce qui nous appartient ! Nous redistribuerons la marchandise aux plus démunis, et même aux damnés de la terre ! et posons l’hypothèse que cet argumentaire est la justification réelle ; il est difficile de connaître les intentions secrètes.

                  Je conviens que selon la première approche, les intervenants sont responsables du fait d’être la cause d’un dommage par l’action qu’ils mènent. C’est la notion la plus connue et c’est souvent ainsi que nous jugeons communément. Ils réalisent donc une action qui est répréhensible.

                  Par contre, si nous l’abordons sur le principe de l’influence, nous pouvons convenir que dans la sphère publique, tout citoyen a des capacités d’actions qui lui sont intrinsèquement liées, surtout dans une Démocratie ou une République. Dès lors que ne pas réaliser d’action tend à laisser le monde se dérouler normalement, nous sommes toujours sur le mode, selon l’argumentation de ces jeunes, des plus démunis qui restent dans une nécessité absolue, les damnés de la terre aussi. D’un point de vue moral et même politique, cela engendre une responsabilité partagée de tous les citoyens de ne pas agir pour changer cet état de fait.

                  Vous êtes donc pris dans un piège insoluble si nous nous référons exclusivement à une approche formelle, tellement formelle que cela peut même se traduire en logique.
                  Le seul élément qui puisse faire pencher la balance d’un côté ou d’un autre est donc la prise de position informelle basée sur la morale et les valeurs. Dès lors qu’un citoyen agit en conformité avec ses propres valeurs, est-il coupable moralement ? S’il n’est pas coupable moralement, peut-il l’être par l’application d’un règlement, d’une loi ? Dans ce contexte, n’est-ce pas la loi ou le règlement qui fait fi de toute valeur morale ?
                   
                  Vous voyez que je me pose bien plus de questions que je n’ai de réponses, et c’est par la discussion, que nous soyons en accord ou pas dans nos idées, que nous pouvons progresser.

                  Concernant l’approche constitutionnelle relative à la croyance, je ne le pense pas. L’approche de séparation des pouvoirs, la volonté constitutionnelle ne permet de régir que la vie des hommes, et les hommes sont la création de Dieu. Pour un croyant du XVIIème siècle, il était encore inconcevable de traiter l’homme au même niveau que Dieu. Cette tendance est apparue plus tard, au début du XIXème siècle avec la révolution industrielle et la mise en oeuvre du mode de production capitaliste. C’est principalement la recherche de maîtrise de l’énergie qui a changé profondemment la relation entre l’homme et la nature.

                • Le péripate Le péripate 29 mars 2009 16:51

                   smiley Oui. Formellement, ça fonctionne. Sauf que nombre de ces valeurs n’en sont pas, elles sont, au mieux, des hypothèses sur le réel. Tel est l’hypothèse qu’il existe des démunis, absolument démunis, auxquels on puisse transmettre les biens extorqués. Or, pour les trouver, il faut au moins aller en Afrique. Ce sont les pauvres absolus, à moins de 1 dollar/jour de revenu. 
                  On a donc une hypothèse erronée. A noter que dans cet article, le supermarché a cédé en donnant des produits uniquement de première nécessité, et que l’auteur râle en disant "pour les précaires, il n’y a que des produits de merde" ! Il est donc clair que ce n’est pas pour donner à d’autres les produits, et que le champagne fait partie de la liste des courses. Faire l’hypothèse que les mots d’ordre reflètent la réalité est vraiment gentil......

                  Sans parler de l’affirmation "Nous allons nous réapproprier ce qui nous appartient". Comment peut se justifier une telle prétention à la propriété des biens extorqués ? Ont-ils produit ces biens ? Non. Ce n’est pas dit, mais probablement il s’agit d’une théorie de l’exploitation post-marxiste. Ce n’est toujours pas une valeur, mais une hypothèse sur le réel, erronée elle aussi.

                  Pour en terminer, le mythe de Robin des bois est une création récente. A l’origine, Robin lutte contre un usurpateur, le roi légitime étant en Croisade. Donc, on ne peut même pas s’appuyer sur ce mythe pour en déduire un donné anthropologique de la légitimité de la "redistribution" par l’extorsion.

                  L’approche formelle est séduisante, et sûrement indispensable. Mais il faut de loin en loin vérifier si les hypothèses faites collent au réel. 
                  Les autoréducteurs sont des gens qui agissent au nom d’une idéologie, et non au nom de valeurs. C’est, à mon avis, clairement condamnable. 



                • Adrian Adrian 29 mars 2009 18:41

                  Le vol suppose le concept de propriété donc dire que la propriété c’est le vol est absurde.


                • Le péripate Le péripate 29 mars 2009 20:00

                   Oui. Quelques développements ici sur le vol de concept.


                • Christophe Christophe 29 mars 2009 20:34

                  @Le Péripate,

                  Il me semble que vous exposez une notion de la pauvreté quelque peu extrême. Certes, en Afrique, il existe des hommes et des femmes qui vivent en deçà de un dollar par jour, mais c’est loin d’être la seule référence pour mesurer la pauvreté.

                  Il est vrai qu’en France, il est impossible de vivre avec même disons un euro par jour. Mais vous pensez réellement qu’avec deux euro par jour vous pouvez subvenir à vos besoins élémentaires ? Votre mesure me semble insiffisante pour mesurer la pauvreté. D’ailleurs, gagner une certaine somme dans un pays et un autre est une référence absolue, l’utiliser pour pour exprimer la capacité à subvenir à ces besoins dans deux pays différents n’est pas très pertinent.

                  Lorsque vous abordez les propos de d’extorsion de la propriété, n’est-ce exactement cela le concept de propriété tel que nous l’appliquons : ce qui appartient à tous devient la propriété d’un seul (voir par exemple le brevet Mosanto sur le riz Basmati, alors qu’il est naturel en Inde et au Pakistan, mais interdisant aux paysans leur droit de cultiver naturellement ce riz). La propriété, depuis son application est bien l’appropriation privée des biens publics, cela recouvre tout autant l’extorsion (quand cette notion est poussée à l’absurde, et des cas existent déjà) de ce qui appartient à tous, cela ne vous offusque pas ?

                  Un autre exemple des plus frappants est celui des gens du voyage. Si vous lisez la philosophie de Jean de La Fleur, ardent défenseur des tziganes, Roms, ... vous remarquerez que ce que la nature produit appartient à tous. Le fait de se l’accaparer à titre privé rend les produits de la nature indisponibles pour la communauté. Qui a volé l’autre ? Cette philosophie reconnait pourtant la notion de propriété qui prend différents aspects selon la nature des produits sur laquelle elle s’applique.

                  Nous pourrions aussi aborder la notion de propriété des mélanésiens mis en évidence par Malinowski, celle des sociétés de Nouvelle Guinée de Mead, ... Peut-être un sujet pour un article ? smiley


                • Le péripate Le péripate 29 mars 2009 22:02

                   La question de la mesure de la pauvreté est une question très délicate, et, de fait, aucune méthode de mesure ne donne vraiment satisfaction. La pauvreté relative ne permet aucune comparaison ( une fraction du revenu médian). 
                  La pauvreté absolue, mesurée à moins 1 ou 2 dollars réévalué est sans doute la moins pire, et, en ce qui nous concerne, colle au mieux avec l’état de nécessité absolue. 

                  Illustrer le concept de propriété par le droit des brevets est un exemple très mal choisi. La position libérale ou libertarienne en la matière est que c’est l’affaire de l’auteur d’une idée de faire le nécessaire s’il désire se protéger (le secret de fabrication, par exemple Coca Cola ne fait l’objet d’aucun brevet). Donc, oui,dans le cas cité, il y a bien captation (et non extorsion) indue. Prenons les chose autrement : la mer et les poissons sont à tous, mais celui que j’ai pêché est bien le mien. Ceci a pour inconvénient d’entraîner la tragédie des biens communs, qui ne connaît que deux solutions : un pouvoir fort, voire total, ou la privatisation des ressources.

                  Je ne connais pas le cas tsigane, mais je me suis beaucoup intéressé à l’économie du don, qui est une économie du don et du contre don. Une forme d’échange contraint (il est presque impossible de refuser un don), où il est impossible de rendre immédiatement, mais où on est véritablement lié dans l’espace entre le temps du don et celui où il sera possible de rendre. Ces formes d’économie dérivent parfois dans l’absurdité du potlach, le don qui rend impossible le contre-don. Je ne suis pas certain que le manque de liberté qui va avec cette économie vous conviendrai.

                  Les biens communs sont possibles seulement quand la ressource est abondante, et, apparemment, inépuisable. Compatible donc avec des faibles niveaux de développement, cette idée devient rapidement une source de désastre quand la situation se tend.

                  Pour en revenir au sujet, les supermarchés font clairement l’objet d’un chantage, ce qui justifie la qualification d’extorsion. J’ai beau tourner et retourner cette question dans tous les sens, je n’y trouve aucune morale.


                • Le péripate Le péripate 29 mars 2009 22:17

                   Sur l’économie du don, il y a un petit ouvrage sympa, ’Pourquoi il faut limiter le capitalisme " de Nicolas (ou François) Flahaud. Malheureusement, il fait l’impasse sur la question de la liberté....

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