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Accueil du site > Actualités > Politique > Mouvement Démocrate : quelle physionomie, quelle stratégie d’alliance (...)

Mouvement Démocrate : quelle physionomie, quelle stratégie d’alliance ?

Après le très grand succès de sa campagne présidentielle, François Bayrou se retrouve au pied du mur, alors qu’il tente de concrétiser les attentes de son électorat à travers un nouveau mouvement politique central. Cette tribune a pour ambition d’une part de suggérer une structuration de ce futur « Mouvement Démocrate » en cohérence avec la diversité de l’électorat rassemblé à l’élection présidentielle, et d’autre part de suggérer une stratégie d’alliance originale et adaptée en vue des élections législatives.

La campagne présidentielle menée par François Bayrou a été une très large réussite.

Le simple fait qu’il soit passé du statut de « petit candidat » à 6 % dans les sondages, au statut de finaliste et vainqueur potentiel, pour finir finalement avec une troisième place et 18,6 % à l’arrivée, en témoignage. Cette prouesse s’est en outre accomplie dans un contexte de très forte bipolarisation, et d’effondrement voire d’atomisation des autres candidats alternatifs aux deux grands favoris, laissant même un candidat aussi solidement établi que Jean-Marie Le Pen sur le carreau. Il s’agit là de la preuve claire que le projet porté par François Bayrou correspondait à une attente profonde d’une partie de l’électorat.

François Bayrou a réussi à proposer un projet original et sérieux, et à conduire avec beaucoup de courage et en prenant tous les risques une campagne très innovante.
Avant tout, c’est le message de rassemblement de toutes nos forces, le nécessaire dépassement des clivages et des postures, afin de nous mettre en situation de construire un nouveau projet de société à même de répondre aux grands défis actuels, qui est le message fort ayant permis à François Bayrou de faire mouche au court de cette campagne.

Ce message de rassemblement a été l’un des trois grands moments forts et constructifs de cette très longue campagne, avec le « moment écologique » porté par Nicolas Hulot, qui a fait prendre conscience à une très large majorité de français des menaces qui pèsent sur la survie de notre planète, et le « moment démocratique » des « débats participatifs » de Ségolène royal, qui a traduit une demande de « plus démocratique » du pays et de « faire de la politique autrement » (thématique que François Bayrou a également largement contribué à développer).

Le «  Mouvement Démocrate » : un nouvel acteur politique pertinent autant qu’essentiel pour la vitalité des forces politiques françaises

Ce sont près de 7 millions de français qui ont adhéré au message porté par François Bayrou et à sa démarche nouvelle. Il s’agit de 1 millions et 200000 électeurs de plus que ce qu’a rassemblé Jacques Chirac au 1er tour de l’élection présidentielle de 2002.
Ce mouvement se doit de pouvoir s’inscrire sur long terme dans le paysage politique de notre pays, et jouer un rôle important dans le jeu politique.

L’existence sur l’échiquier politique d’un mouvement occupant un espace allant du centre-gauche au centre-droit, est indispensable non seulement pour représenter l’électorat qui s’est reconnu en François Bayrou, mais peut-être surtout pour que les messages qu’il a portés puissent être entendu et intégrés dans les pratiques et projets politiques des autres partis.
Une telle force politique, même limitée en termes d’élus, agirait comme aiguillon auprès des deux grands partis de gouvernement, en exerçant une pression concurrentielle qui contraindrait le PS comme l’UMP à évoluer dans le bon sens.

D’une part, le PS aurait une contrainte encore plus forte d’opérer sa nécessaire rénovation, sous peine de voir définitivement capté l’électorat de centre-gauche par ce nouveau parti.
D’autre part, la concurrence électorale de ce parti central éloignerait l’UMP et Nicolas Sarkozy d’une éventuelle tentation de poursuivre sa dérive vers une « droite extrême », sous peine de se voir ravir l’électorat de droite modérée dans les échéances électorales futures.

Toutefois, et malgré la très franche réussite de leur campagne présidentielle, François Bayrou et ses proches s’apprêtent à traverses des moments très difficiles avec les élections législatives qui se profilent. Paradoxalement, va se jouer la survie politique d’un homme et d’un mouvement qui viennent de connaître un succès éclatant au premier tour de l’élection présidentielle.

Une physionomie du «  Mouvement Démocrate », et une stratégie d’alliance découlant des trois pôles de l’électorat de François Bayrou

Les résultats du premier comme du second tour des élections présidentielles font apparaître un trait remarquable de l’électorat de François Bayrou : le parfait équilibre entre les deux pôles d’électeurs venus du centre-droit et du centre-gauche, auquel il faut semble-t-il ajouter un troisième pole d’électeurs qui ne souhaite plus se définir par rapport à ce clivage.

En conséquence, afin de capitaliser sur les résultats de l’élection présidentielle et poursuivre la démarche engagée, il paraît indispensable de maintenir une cohérence entre ce nouvel électorat élargi de François Bayrou, la composition du nouveau parti en terme de militants comme d’élus, et le large rassemblement que nécessitera la poursuite de la construction de ce nouveau projet de société.

Bien évidemment, la traduction en terme d’élus aux législatives de la diversité de l’électorat que François Bayrou a su rassembler autour de lui, sera plus que difficile à réaliser. Le scrutin majoritaire, profondément injuste, renforce considérablement le clivage bipolaire gauche-droite, et rend virtuellement impossible la juste représentation politique d’un mouvement, même soutenu par 7 millions d’électeurs, qui refuse les alliances avec l’un des deux grands blocs.

Cette tribune vise à tenter de suggérer des solutions propres à combiner d’une part l’exigence de représentation des différents pôles de l’électorat de François Bayrou, et d’autre les contraintes du scrutin majoritaire.

Ces suggestions sont :
- de constituer le futur « Mouvement démocrate » en trois pôles, ayant chacun une certaine autonomie,
- de proposer à la fois au PS et à l’UMP une stratégie d’alliance originale en vue des élections législatives

Physionomie du « Mouvement démocrate » : trois pôles partiellement autonomes

Tout d’abord, en cohérence avec la composition de l’électorat de François Bayrou, le futur « Mouvement démocrate » devrait se constituer en 3 pôles, ayant chacun une certaine autonomie, mais formant un tout cohérent avec son électorat de l’élection présidentielle :

1- un « pôle libéral-démocrate », ou « pôle centre droit »,
espace destiné à représenter les 40% de l’électorat de François Bayrou qui s’est reporté au second tour sur Nicolas Sarkozy.
Ce « pôle centre droit » pourrait rassembler les députés de l’ancienne UDF qui ont soutenu Nicolas Sarkozy au second tour, et souhaitent signer le pacte présidentiel.
Cela leur permettrait d’accéder à leur volonté légitime de s’engager dans la future majorité présidentielle, tout en restant membres, à travers un pôle partiellement autonome, de la grande famille démocrate.

2- Un « pôle social-démocrate », ou « pôle centre-gauche »,
espace destiné à représenter les 40 % de l’électorat de François Bayrou qui s’est reporté au second tour sur Ségolène Royal.
La traduction électorale de ce pôle serait bien entendu à construire, à partir de nouveaux acteurs politiques, ainsi que d’élus de gauche déçus par les partis traditionnels. Ce pôle pourrait choisir de créer des liens avec une gauche traditionnelle en voie de réformation profonde.

3- Un « pôle refondateur », ou « pôle centre »,
espace destiné à représenter les 20 % de l’électorat de François Bayrou qui ont continuer à refuser au second tour de se définir par rapport à l’offre gauche droite.
Cet électorat présente peut-être l’aspiration la plus forte à une refondation radicale des pratiques politiques. Ce pôle pourrait rassembler des élus qui refusent également de se définir par rapport à ce clivage.

Pour les prochaines législatives : une stratégie de double alliance logique et originale

En conséquence, à partir d’une telle composition plurielle en 3 pôles ayant chacun une marge d’autonomie, il est possible d’envisager de négocier un double accord électoral pour les législatives, d’une part avec l’UMP et d’autre part avec le PS, portant à chaque fois sur un nombre limité de circonscriptions :

1- L’accord électoral avec l’UMP porterait essentiellement sur les circonscriptions de la vingtaine de députés UDF qui souhaitent rejoindre la majorité présidentielle, moyennant en contrepartie un soutien et une participation à la future majorité présidentielle.

2- L’accord avec le PS pourrait porter sur quelques dizaines de circonscriptions, de la manière suivante :

* pour un certain nombre de circonscriptions actuellement détenues par la gauche, et fortement menacées par la dynamique de l’élection présidentielle : soutien officiel dès le premier second tour du « Mouvement Démocrate » pour le candidat PS sortant,

* en contrepartie, pour un certain nombre de circonscriptions actuellement « sociologiquement équilibrées » mais actuellement détenues par l’UMP, et sur lesquelles un candidat centriste soutenu par le PS aurait des chances de victoire (par exemple des circonscriptions à gauche en 1997, et ayant basculé de justesse en 2002) : soutien dès le premier tour du PS au candidat investi par le « Mouvement Démocrate ».

En ce qui concerne le premier accord, il s’agirait ni plus ni moins que d’accepter le « pacte » proposé par la nouvelle majorité présidentielle, tout en conservant les parlementaires de l’ancienne UDF au sein du nouveau « Mouvement Démocrate ».
En ce qui concerne le second accord, il s’agirait d’un pacte gagnant-gagnant pour le PS, permettant à ce dernier d’augmenter substantiellement ses chances de conserver quelques circonscriptions menacées, tout en renonçant à une représentation sur quelques autres circonscriptions que de toute manière la dynamique des élections présidentielles l’empêchera de reconquérir.

Cette stratégie de double alliance est cohérente non seulement avec l’électorat de François Bayrou, mais également avec la nouvelle manière de faire de la politique que François Bayrou tente d’installer dans le paysage.
Enfin, la réussite de ce nouveau schéma d’alliance impose d’entreprendre très rapidement des négociations avec les deux autres parties (PS et UMP). Attendre l’entre-deux tours des législatifs, espace trop court pour procéder à une telle innovation, serait bien trop tardif, et vraisemblablement improductif (a fortiori si cette stratégie n’est pas préparée à l’avance par des discussions auprès des deux autres parties).

Il est bien évident que cette stratégie sera très difficile à négocier, bien qu’en principe gagnante pour toutes les parties impliquées. François Bayrou étant une situation de faiblesse, la tentation est évidemment très forte au PS et surtout à l’UMP de tenter de l’éradiquer électoralement.
Toutefois, il m’apparaît qu’il s’agit là de la seule stratégie envisageable qui permettrait au « Mouvement démocrate » d’exister en tant que groupe à l’Assemblée nationale, et de pouvoir se développer électoralement de façon cohérente avec l’électorat des présidentielles.
Le maintient en triangulaire de candidats centristes autonomes, qui arriveront pour la quasi-totalité au mieux en 3ème position au 1er tour des législatives, serait un suicide politique. Un simple accord de désistement au profit du candidat arrivé en 1re ou 2nde position ne serait pas beaucoup plus productif.

Un pari risqué ; et, au bout, un espoir déçu ?...

Il serait absolument anormal, et tout à fait dommageable pour la nécessaire modernisation des projets, des pratiques, et des structures de la vie politique Française, tout comme pour le renouvellement de ses acteurs, que le mouvement d’adhésion au projet et à la démarche de François Bayrou ne puisse pas se concrétiser à travers un grand parti politique à même de représenter la diversité de cet électorat, et en état de jouer son rôle d’acteur important de la vie politique Française.

Ce sont près de 7 millions de Français qui se sont reconnus derrière le projet et la démarche originale de François Bayrou. C’est un projet de large rassemblement afin de construire le nouveau projet de société humaniste de la France du XXIe siècle, et c’est un message de rénovation en profondeur des pratiques politiques, auquel ont adhéré ces électeurs, et qu’il serait logique de poursuivre à travers le développement d’un grand parti central.

Quel que soit le résultat de ce défi qui s’annonce périlleux, l’espoir que François Bayrou a réussi à faire naître est fort, il correspond à une attente profonde du pays, et ne s’éteindra pas quoi qu’il en soit si rien ne change.

 

 


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17 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 9 mai 2007 14:07

    La première partie de votre analyse est bonne, mais vos propositions utopiques.

    Dans notre système politique, il est impossible de faire des alliances à droite ET à gauche. De la même façon, il serait impossible à un pôle de centre-droit de s’engager avec le gouvernement sans que le mouvement démocrate en entier suive. Il faut un minimum de cohérence, et de toute façon l’UMP et le PS refuseraient ce genre d’accord.

    François Bayrou est en effet dans une situation paradoxale. Il a réussit à conquérir un électorat important, mais se retrouve au milieu du gué, abandonné de ses députés.

    Mon opinion, qui est personnelle mais semble partagée par un certain nombre d’électeurs de Bayrou autour de moi, est que François Bayrou, et son mouvement Démocrate, doivent dire à Nicolas Sarkozy : Banco.

    Nicolas Sarkozy a tenu un discours d’ouverture dès son élection. C’est sur ce discours que les 22 députés UDF dissidents se basent pour rejoindre la majorité présidentielle. Même si l’on peut avoir des doutes sur la sincérité de l’UMP et du nouveau président de la république sur cette ouverture, il faut néanmoins la tenter, dans l’intérêt du pays. On peut bien sûr se complaire dans une opposition politicienne, mais qui trinque ensuite ?

    Contrairement à ces 22 députés, je considère comme indispensable la création du Mouvement Démocrate. L’UDF actuelle n’est pas représentative des électeurs de Bayrou.

    Mais contrairement à Bayrou, je pense qu’on ne peut dès à présent viser 2012 sans tenter de réformer de façon constructive le pays, et se placer en position d’opposant.

    Bien entendu, si le PS avait changé dès cet échec, que DSK avait repris le parti, et le PS accepté les propositions de changement de Kouchner et des Gracques, une autre alliance eût pu voir le jour. Mais il n’en est rien, le PS s’enfonce dans des luttes intestines de pouvoir sans se remettre en question. Dans ces conditions, le parti de Bayrou doit poursuivre sa ligne de conduite initiale : être constructif.

    Il faut rappeller qu’une large majorité d’électeurs de Bayrou n’a pas voté contre Sarkozy, mais bien pour le projet de rassemblement de Bayrou, pour le « et-et ». Si Sarkozy propose un large rassemblement, il faut le tenter.

    Mais pas à n’importe quel prix ! Bayrou, le mouvement démocrate et ses députés doivent fixer les conditions minimales : réformes et impartialité de l’Etat, maitrise de la dette, priorité à l’emploi (petites entreprises), à l’environnement, à l’éducation et la recherche, à la lutte contre l’exclusion. Sous ces conditions, il peut y avoir convergences dans une majorité présidentielle large.

    Pour répondre à vos propositions plus techniques sur le mouvement démocrate, il me semble que la solution la plus simple est de créer une confédération, sous la forme qu’avait auparavant l’UDF. L’UDF actuelle y serait intégrée, mais cela permettrait d’aggréger d’autres mouvements (comme Cap21), et des adhérents directs qui ne se retrouvent pas dans l’UDF actuelle. Les députés UDF actuels pourraient donc concourir sous l’étiquette Mouvement Démocrate-UDF, tandis que d’autres auraient simplement Mouvement Démocrate, le tout dans la majorité présidentielle. Il va de soit que le MD devrait présenter des candidats dans une majorité de circonscription, pour des raisons de crédibilité et financement des partis, mais avec un accord de désistement en faveur de celui le mieux placé de la majorité présidentielle ensuite.

    Je conçois que cela puisse être vécu avec difficulté pour certains électeurs de Bayrou. Mais il n’y a pas d’alternatives viable. Le PS refuse tout accord avec Bayrou, et sans accord de désistement, le nouveau parti est mort-né. Plus grave, il perdrait l’essentiel de ses élus locaux aux élections suivantes, et sans ces élus, un parti ne peut survivre, comme le montre l’exemple des Verts.

    Cet accord de gouvernement sera forcément temporaire ; je pense que l’UMP et Sarkozy seront tenté d’aller trop loin, et le MD pourra se retirer à ce moment, mais en s’étant renforcé, et en ayant surtout tenté de réformer de façon constructive et plus consensuelle le pays, ce qui est l’essentiel.


    • daryn daryn 9 mai 2007 16:43

      voltaire, trois copies identiques du même article dans trois fils distincts, ça tourne au trolling...


    • Voltaire Voltaire 9 mai 2007 17:37

      @daryn

      Mes excuses, mais reconaissez que les sujets étaient proches...


    • Y. DESGREES 9 mai 2007 15:00

      « La campagne présidentielle menée par François Bayrou a été une très large réussite » : Cette phrase pourrait nous dispenser de la lecture de la suite... bien que vous reconnaissiez les méthodes de Bayrou comme un défi bien périlleux. Plus de 21 dépuités ce matin, déjà ralliés à la nouvelle majorité présidentielle : c’est mal parti pour lui. Tant d’orgueil, tant d’ambition sans recul le fera inévitablement tomber. C’est, du moins, mon avis... YDdL


      • daryn daryn 9 mai 2007 18:50

        Article stimulant.

        Mais j’aurais tendance à suivre Voltaire et le qualifier d’utopique dans le contexte de ces législatives. En particulier simplement parce qu’on ne voit pas qui pourraît représenter dans le mois qui vient la composante ’centre gauche’.


        • BBen 10 mai 2007 08:56

          Certes, la stratégie d’alliance qui découle de mon analyse est probablement utopique compte tenu de la réalité du jeu politique.

          Elle serait pourtant parfaitement logique, compte tenu de l’extrême injustice du scrutin législatif majoritaire, qui conduit à une bipolarisation artificielle. Cette stratégie de double-alliance permettrait en quelque sorte de combler cette injustice en « simulant » les effets d’un scrutin proportionnel qui serait bien plus juste.

          A ce propos : si le scrutin législatif comprenait une part (50%) de proportionnelle, cela fournirait l’assurance de voir entre 30 et 40 députés MD élus rien que dans le « quota » protortionnel (plus quelques uns au scrutin majoritaire), et permettrait à François Bayrou de poursuivre sans encombre dans sa voie d’indépendance.

          A Voltaire : je crois qu’en faisant allégeance à l’UMP, Bayrou perdrait tout, à commencer par les 2/3 de son électorat. Seule une partie des 40% d’électeurs de Bayrou s’étant repporté sur Sarko comprendrait une telle allégeance. Pour le reste, ce serait un renoncement. Il perdrait également tous ceux qui vont affluer vers lui dans les mois qui viennent (à commencer par des élus verts : cf Benhamias).

          Bayrou est réellement en train de construire quelque chose de nouveau, qui aura sa place dans le paysage politique Français. En témoigne ses près de 7 millions d’électeurs (5 millions de plus que ce que rassemblait l’ancienne UDF), en témoignera le nombre d’inscrits au « MD » (nous ferons le point dans quelques mois, vous risquerez d’être surpris).

          L’UDF telle que nous la connaissions est morte, ou presque : nous asistons à son agonie. C’est tout autre chose qui va se créer sur ses cendres.

          Bayrou se doit donc de continuer dans cette voie d’indépendance.

          Pour survivre, et se donner une chance (même si elle est faible) de construire un groupe parlementaire, outil nécessaire au développement de ce nouveau parti, il doit préparer les conditions d’un « accord technique » de désistement réciproque dans quelques circonscriptions avec le PS, pour le second tour des législatives, si l’UMP reste dans sa stratégie de « rouleau compresseur ». Ces « accords techniques », qui ne seront passé que pour pallier à nouveau les distortions d’un scrutin majoritaire profondémment injuste, ne préfigurent (pour le moment) d’aucune nouvelle alliance PS-MD.

          Il n’est pas illusoire que le PS accepte de fermer les yeux sur quelques accord ponctuels qui pourront se nouer avec le MD entre les deux tours : il en va également de l’intérêt politique d’une partie de ses élus, très menaçés localement pour certains, pour les législatives comme pour les municipales (cf à Lyon notamment). Un reflux d’anciens UDF vers le MD à moyen terme (avant les municipales) n’est absolument pas non plus à exclure : dans plusieurs villes tenues par des UDF (Rouen, Blois,...) Royal est arrivé en tête au second tour.

          Tout cela préfigure de choses particulirement intéressantes...


          • non666 non666 10 mai 2007 10:42

            Comme je l’ai déja ecrit sur un autre fil, je crois que de toute façon, Bayrou n’a plus le choix.

            S’il se rallie comme DeVilliers, les deputés UDF ou d’autres deserteurs a Sarkozy, il apparaitra comme un simple oppurtuniste qui ne croyait pas plus a ce qu’il disait que les precedents nominés...

            Il a été trop loin pour reculer.

            De toute façon, Sarkozy ne lui pardonnerait pas maintenant qu’il a fait le menage a l’UMP et qu’il n’a plus besoin de faire de nouveaux compromis.

            Les deputés tranfuges sont justes sensés etre des « livreurs de voix » , des sarbordeurs du parti rival pour l’UMP. Douste blazy et la première generation de deserteurs avaient deja eu ce role, il y a 5 ans. Maintenant ces gens la ne representent plus rien, il faut du sang neuf pour nourrir la machine et pourrir celle d’en face.

            Santini et sa bande offrent donc leurs croupes au vainqueur en esperant que ce rapport consenti sera moins douloureux que la sexualité carcerale qui attends les vaincus.

            Mais les socialistes non plus n’ont pas interet a laisser Bayrou survivre. Avec son mouvement democrate , il peut tuer dans l’oeuf toute « reconversion » du parti SOCIALISTE en parti social democrate.

            Sur ce sujet la au moins, malgrès leurs dissenssion interne, ils vont tous s’entendre. Si leur cacophonie les discredite suffisament, Bayrou a sa chance. Sinon, il a deja perdu. La clef de la reussite se resume a Rocard et a Delors , les deux seuls a n’avoir pas été impliqué dans les combinaziones du PS et a avoir toujours été de sinceres socio-democrates.

            Personne ne devra donc etre surpris de voir PS et UMP chanter ensemble la resurgence de l’affrontement droite gauche classique.

            C’est la condition sine qua non du bipartisme qu’ils souhaitent creer sur le cadavre des familles politiques traditionnelles.

            Ils veulent que les chretiens democrates ne soient qu’un reservoir de voix, un terrain de jeu, le champs de bataille des reelections, pas le concurrent qu’ils redoutent.

            Ils ont procedé de la meme façon avec la droite autoritaire et nationale si on reflechi.

            Toute la campagnes s’est faite sur ses thèmes mais il lui est interdit d’avoir des deputés ou de participer a l’exercice du pouvoir.

            Des liberaux caricaturaux et des marxistes dissimulés se partagent donc, tout minoritaires qu’ils sont ,l’essentiel de la representativité democratique sur le cadavre des familles politiques empechées de s’exprimer.

            C’es ça le vrai bilan de la creation de l’UMP et de cette presidentielle. Un coup d’etat democratique avec la complicité de groupe de presse insastifait d’avoir vu les presidentielles precedentes et le referendum leur echapper.


            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 10 mai 2007 12:35

              Une stratégie d’alliance avec l’UMP et le PS ? Le rêve d’un dépassement de l’alternative centre-droit/ centre-gauche, malgré tous les démentis, continue et tourne à l’illusion tragique ou à la farce

              1) L’UMP a déjà refusé ce type d’alliance pour ne tolérer -et c’est logique dès lors qu’il se croit assuré d’avoir la majorité absolue- qu’une alliance dans le cadre de la majorité présidentielle ; ce qui suppose l’interdiction pour les alliés de s’opposer à la politique du gouvernement de droite.

              2) Le PS ne peut admettre d’alliance que dans le cadre d’un pacte en vue de s’opposer à la politique de la droite radicalisée sur des bases démocratiques de centre-gauche, sauf à disparaître en tant que force de gauche, dont la démocratie a besoin pour ouvrir la possibilité d’une alternance politique indispensable à toute démocratie vivante..

              Les élus de l’UDF qui ont choisi l’alliance sans condition avec l’UMP ont au moins le mérite du réalisme et de la cohérence : ils ont été élus par une majorité de droite et il restent à droite.

              Quant au nouveau MP, il ne pourra faire autrement, s’il veut exister au parlement, que s’allier avec un PS social-démocratisé en vue de refonder nos instituions dans un cadre plus démocratique, lequel a déjà été l’objet d’un accord de principe lors du débat entre SR et FB.


              • BBen 10 mai 2007 13:38

                non666 : « les socialistes non plus n’ont pas interet a laisser Bayrou survivre. Avec son mouvement democrate , il peut tuer dans l’oeuf toute »reconversion« du parti SOCIALISTE en parti social democrate. »

                Si effectivement un succès du « MD » pourrait nuire à l’ambition de certains présidentiables socialistes, je crois par contre que ce nouveau parti pourrait jouer indirectement un rôle très utile en vue d’une refondation de la gauche.

                Plus largement, une telle force politique, même limitée en termes d’élus, agirait comme aiguillon auprès des deux grands partis de gouvernement, en exerçant une pression concurrentielle qui contraindrait le PS comme l’UMP à évoluer dans le bon sens.

                D’une part, le PS aurait une contrainte encore plus forte d’opérer sa nécessaire rénovation, sous peine de voir définitivement capté l’électorat de centre-gauche par ce nouveau parti.

                Si on est de gauche, et que l’on souhaite voir le PS prendre la tête de la rénovation des forces de gauche, et construire un nouveau projet de société progressiste, il faut donc ardemment souhaiter que Bayrou réussisse dans son entreprise.

                Sans la contrainte forte qu’il exercera sur le PS, ce dernier pourrait être tenté de rester dans son marasme, ou choisir la voie d’une radicalisation stérile, en comptant sur le fait que tôt ou tard l’électorat se lassera de la droite Sarkozyste.

                D’autre part, la concurrence électorale de ce futur parti central que vise à être le “MD” éloignerait l’UMP et Nicolas Sarkozy d’une éventuelle tentation de poursuivre sa dérive vers une « droite extrême », sous peine de se voir ravir l’électorat de droite modérée dans les échéances électorales futures.


                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 10 mai 2007 14:46

                  « Si on est de gauche, et que l’on souhaite voir le PS prendre la tête de la rénovation des forces de gauche, et construire un nouveau projet de société progressiste, il faut donc ardemment souhaiter que Bayrou réussisse dans son entreprise. »

                  Je suis d’accord avec vous mais cela ne peut se faire sans que FB et le MD, s’engagent résolument dans le résistance à l’UMP, comme vient de l’affirmer FB lui-même ; mais il y une contradiction dans l’attitude de ce dernier dès lors qu’il laisse les futurs candidats du MD libre de se désister en faveur de l’UMP au second tour des législatives, sans alliance formelle , ce que l’UMP de NS, avec raison, ne peut accepter.

                  J’aimerais qu’on m’explique comment on peut s’engager à résister à un parti, désigné expressément comme un danger pour la démocratie, tout en appelant à voter pour lui ; un parti, qui plus est, n’a nul besoin d’un tel engagement pour gagner les élections (sauf dans le cas où le PS serait devant lui au premier tour, mais cela voudrait dire que le candidat du MD, à défaut de son parti s’engage à droite dans les actes, sinon en paroles).

                  Nous venons de voir comment une telle contradiction a permis aux ex-élus de l’UDF de se rallier sans condition à NS, lors du second tour des présidentielles.

                  Il faut que F Bayrou soit mis au rouet de son déchirement politique entre le centre droit et le centre gauche pour persister dans une telle attitude suicidaire.


                • Eve 10 mai 2007 20:28

                  Vive François !

                  Ecoutez l’original :

                  Conseil national de l’UDF de ce 10 mai 2007, son discours :

                  http://youtube.com/watch ?v=bJc4fWRa5JI


                  • vivelecentre 10 mai 2007 22:53

                    si monsieur Bayrou a la pretention de creer un parti « mouvement democrate », qu’il commence par respecter le mot democrate

                    Qu’il prenne des decisions avec les cadres du parti et pas avec son seul staff,

                    Qu’il ne procede pas a des votes à main levée ou par aclamation

                    Et qu’il ait la descence de consulter les membres de l’udf A BULLETIN SECRET s’il souhaite une nouvelle strategie , basculement au centre gauche, soutient implicite à Royal, accord de desistement PS/Mouvement democrate aux legislative,


                    • daryn daryn 11 mai 2007 01:56

                      Basculement au centre gauche ? Soutien implicite à Royal ? Accord de désistement PS/MD ?

                      Il faut être singulièrement mal informé ou de très mauvaise foi pour colporter une telle désinformation.


                    • vivelecentre 12 mai 2007 06:17

                      vous n’avez pas suivit le deuxième tour ?

                      Il ne restait plus que deux candidats

                      En annonçant qu’il ne voterait pas pour Sarkozy il ne restait plus que ...Royal

                      cela vous a échappé ?

                      Mr Byarou qui prétendait aux plus hautes fonctions ne peut qu’avoir exprimé son suffrage !

                      la seule façon dont il aurait pu rester neutre, aurait été d’annoncer qu’il ne donnerait pas de consigne de vote , qu’il laissait la liberté de vote aux membre de son parti et ne pas dire qu’il ne voterai pas Sarko

                      D’autre part, par le déséquilibre de ses attaques, par son front anti Sarko, il a clairement montré de quel coté il avait basculé !

                      Les accords de désistement tacite du second tour pour les législatives viennent encore confirmer cela

                      Vous faites le pari que dans sa propre circonscription , il n’y aura pas de candidat sérieux Ps voir même pas du tout de candidat Ps ?


                    • Yaka 10 mai 2007 23:12

                      Bon article, mais finalement très « politicien ». Ne m’en voulez pas ,ce n’est pas une attaque smiley.

                      Quant à la question du vote à main levée, et non pas d’un vote à bulletin secret de l’ensemble des militants UDF, comme le soulève vivelecentre, il est vrai que ça m’a chagriné également. Je pense que pour tous ceux intéressés par ce nouveau parti, il est urgent d’attendre. Vse rendre compte de la politique menée lors des législative, par exemple, avant de se lancer dans une éventuelle adhésion ou un recours plus net au militantisme. Bayrou a fait un grand chemin, mais il a encore des choses à nous prouver.


                      • daryn daryn 11 mai 2007 02:10

                        ben voyons. « Attendez de voir et surtout ne militez pas avant les législatives » ? Vous vous foutez du monde ?

                        Quant à avoir encore des choses à prouver, je vous trouve bien exigeant. FB dénonce depuis longtemps la mainmise de l’UMP sur tous les leviers du pouvoir en France. Il a annoncé sa volonté d’un centre libre et non inféodé. Au soir du premier tour il n’a pas fait allégeance ni donné de consigne de vote. En pleine campagne de débauchage de ses élus, il a déclaré ne pas voter pour Sarkozy. Il a critiqué sévèrement le pacte présidentiel de SR, n’admettant que quelques convergences sur les aspects institutionnels.

                        En résumé, ses actes lors de cette campagne sont en totale adéquation avec le discours qu’il tient depuis 2006. Que vous faut-il de plus ?


                      • Yaka 11 mai 2007 08:51

                        Je me suis mal exprimé. J’aime beaucoup, pour le moment, les paroles de Bayrou. J’ai voté pour lui au premier tour.

                        Mais il commence à paraitre évident qu’il tente de mse placer dans le paysage politique comme opposant principal à Sarkozy, et revenir ainsi en force dans quelques années, ce qui me parait une démarche plutot « politicienne ». Le fait que Bayrou soit si virulent avec Sarko, qu’il est peur de la politique qu’il risque de mener, sans essayer de le contrer réellement dès maintenant, me montre un intérêt plus grand pour la position de Bayrou dans l’échiquier politique que pour l’intérêt du pays. C’est assez normal en soi (et je ne sais pas si des alliances à gauche constitueraient une bonne idée au final), mais c’est là-dessus que je conseillais de regarder ce qui allait se passer. Voter, évidemment, discuter autour de soi pour transmettre les idées, évidemment également, mais ne pas se jeter dans une aventure avant d’être certain des positions du chef du Mouvement Démocrate. J’apprécie beaucoup la plupart des idées de l’homme, mais un peu de doute ne me parait pas inapproprié.

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