Périodiquement à la mode, la question de l’identité, de la pérennité, de l’opportunité de l’UMP se pose. Elle resurgit avec acuité au moment où certains envisagent la défaite du Président sortant, son pseudo leader naturel.
Pour dépasser cette analyse factuelle et trop en prise sur des supputations et analyses dictées par des actualités brûlantes, il apparaît plus intéressant de revenir sur cette idée, cette construction délétère et sans véritable fondement.
Pour être tout à fait juste, l’idée de l’UMP vaste rassemblement hétéroclite des droites n’est pas de Nicolas Sarkozy ; il n’a fait que prendre un train en marche et l’utiliser à ses propres fins. L’idée est bien ancienne et supportée par Edouard Balladur, alors conseiller de Jacques Chirac, par Alain Juppé, Dominique de Villepin et Jérôme Monod. Ils arrivèrent à convaincre le Président de la République de l'époque de tenter cette « globalisation » des droites au sein d’un mouvement unique. Les mêmes l'avaient également convaincu de procéder à une dissolution hasardeuse dont on a encore en mémoire les conséquences heureuses pour la gauche et Jospin. Gardons le souvenir des arguments « mondialistes » employés. Il convenait de mettre une fois de plus la France à l’heure des grandes « démocraties » anglo-saxonnes. Les exemples de l’Allemagne, de la Grande Bretagne, des États-Unis étaient sans cesse appelés à la rescousse.
On oublie simplement, comme toujours, que la France n’est pas un pays anglo-saxon. Que sa démocratie ne s’est pas construite de la même manière et surtout que sa constitution est radicalement différente : l’élection du Président de la République au suffrage universel est une donnée incontournable qui change radicalement les choses. Avoir ainsi voulu maintenir cette spécificité constitutionnelle et en même temps réduire les diversités « partisanes » est un contre sens grave qui a rendu le Président plus vulnérable.
La gauche d’ailleurs est également diverse et s’accommode de cette diversité en l’organisant plus ou moins bien, c’est une autre question, mais sans volonté d’une unification de pure surface.
Quand existaient UDF et RPR, les combats étaient parfois rudes, les divergences affichées, discutées quelque fois âprement, mais la diversité trouvait son expression. Cette diversité « rude » n’empêchait pas la victoire de la droite et même permettait une alternance au sein même de cette droite. Rappelons-nous simplement la victoire de Giscard d’Estaing, aidé par Chirac, aux dépens de Chaban Delmas, le gaulliste de « la nouvelle société » qui déplaisait à Pompidou etc.
Vouloir sans cesse aplanir les différences, gommer les divergences, éviter les affrontements est un non-sens démocratique. La démocratie a besoin de ces moments d’affrontement, de ces rudes « explications de textes », de ces joutes parfois enflammées. Vouloir toujours tout « aseptiser » est un déni démocratique. A sa manière la création de l’UMP a été un déni démocratique. On en mesure mieux aujourd’hui les limites et ce n'est qu'un commencement.

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