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Accueil du site > Actualités > Politique > « N’ayez pas peur... », dit Alain Juppé

« N’ayez pas peur... », dit Alain Juppé

Tel serait de façon succincte le message qu’avait à transmettre Alain Juppé à ses concitoyens français vendredi dernier. Dans la grande salle de l’hôtel Ritz de Montréal, il était reçu dans le cadre des déjeuners-causeries du Cérium (centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal). Dans une pièce remplie de ses amis du Canada comme il aime bien le souligner, Alain Juppé a dressé un portrait simple, mais précis, de ce qu’il attend des prochaines échéances électorales (présidentielle et législatives).

Articulé autour de grands axes, sa missive adressée surtout aux électeurs français complétait en quelque sorte le dernier livre qu’il vient de publier aux éditions Laffont, La France, mon pays : lettre d’un voyageur. « N’ayez pas peur de la mondialisation », de la diversité française et de l’immigration, de l’Europe ou encore du modèle français. Tel était l’appel qu’il avait envie de lancer. Stratégie économique offensive, travail d’explication et de pédagogie sur la mondialisation, croissance et révolution écologique, changement des politiques d’immigration constituent les quelques pistes de solutions que l’ancien premier ministre, maire de bordeaux et « meilleur d’entre nous » a bien voulu partager avec son auditoire.

Sur l’Europe, son message est clair et catégorique : Pause dans l’élargissement de l’UE. Il faut prendre aujourd’hui le temps d’homogénéiser l’Europe des Vingt-cinq. Pour lui, si L’Europe veut demain avoir les résultats qu’elle a eus hier avec l’Espagne, le Portugal ou encore l’Irlande (exemple-type), il faut permettre aujourd’hui aux pays riches de l’Union de supporter et surtout d’encaisser les coûts lourds de l’intégration des derniers pays à avoir rejoint l’Union. Autrement dit, la question de la Turquie ne devrait donc pas être d’actualité de sitôt. Sur le dossier épineux du traité constitutionnel, tout en reconnaissant l’échec de l’Europe telle qu’elle est présentée aujourd’hui, il est favorable à l’extraction d’un certain nombre de dispositions essentielles qui permettrait à l’Union un fonctionnement à plein régime. Tout en reconnaissant le résultat du référendum du 29 mai, il se refuse à voir l’Europe comme un simple marché commun. D’ailleurs, il anticipe un regain d’intérêt pour l’Europe (politique, à tout le moins) avec en point de mire, la présidence future de la France (deuxième trimestre 2008). Finalement, le rêve européen, c’est aussi de se voir comme des militants de la terre : ce n’est pas dans la décroissance ou dans la croissance-zéro, mais plutôt dans ce qu’il appelle la croissance écologique que l’Europe devrait évoluer. Pour cela, il préconise une attitude positive et non catastrophique de la situation.

Capable d’innover

Sur le modèle social, il est resté ancré dans l’héritage de l’esprit chiraquien : le problème de la France n’est pas tellement dans son système, mais ailleurs. L’exemple de pôles de compétitivité comme l’aéronautique et l’aérospatiale permet, selon le maire de Bordeaux, de penser que le pays de Voltaire et de Napoléon est malgré tout capable du mieux. Un des grands moments de son discours fut d’ailleurs lorsqu’il voulut démontrer que la France était susceptible de changement. Pour cela, il prit en exemple la candidature de Ségolène Royal comme la preuve que France n’est un pays machiste et bloqué. Compliment ? Ou simplement constatation de la réalité ? En tout cas, il n’a pas souhaité polémiquer sur les sondages, sur les chances de gagner ou encore sur les qualités et les défauts des deux principaux protagonistes.

La honte

C’est dans cet état qu’une partie de la salle était lorsqu’Alain Juppé, après une présentation laudative de Lucien Bouchard (ancien premier ministre du Québec) a rapporté de façon vaudevillesque une des questions d’un journaliste québécois de Montréal : Pourquoi avoir choisi de supporter Nicolas Sarkozy plutôt que Ségolène Royal... ? Autant dire que ce journaliste ne savait tout simplement pas de quoi il parlait. Nicolas Sarkozy est un ancien du RPR aujourd’hui président de l’UMP, l’Union pour un mouvement populaire, parti majoritaire en France. Alain Juppé a été président du RPR et premier président fondateur de l’UMP (alors Union pour la majorité présidentielle). Ségolène Royal est avant tout de gauche (contrairement à Juppé, de droite) et a été investie candidate du Parti socialiste français. Quelle bourde !

Après nous avoir rapporté ce quasi-incident diplomatique, il a expliqué à l’auditoire la raison de son soutien à Nicolas Sarkozy. À noter que cet appui est conditionné à la décision finale de Jacques Chirac de se représenter ou pas.

- Affinité politique

- Connaissance de l’homme, de sa capacité à agir et à rassembler

- Son projet, et sa façon de voir l’avenir du pays.

Il s’agissait d’un déjeuner-causerie organisé par le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (Cérium), qui avait lieu vendredi 12 janvier à l’hôtel Ritz Carleton de Montréal, dans le cadre de la série de conférences Vers la présidentielle française. Lucien Bouchard, Bernard Landry, Raymond Chrétien, Jean Lapierre, Yves Seguin, Guy Crevier, les recteurs des universités de Montréal, Concordia et l’Uqam, sont quelques-unes des personnalités qui ont bien voulu, à leur manière, rendre hommage à cet homme d’État qui, bien que parfois incompris, est toujours admiré pour son dévouement et pour son attachement à servir sa république.


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14 réactions à cet article    


  • le mave 17 janvier 2007 11:09

    « qui ont bien voulu à leur manière rendre hommage à cet homme d’État qui bien que parfois incompris est toujours admiré pour son dévouement et son attachement à servir sa république »

    « sa république » et pas besoin d’en rajouter ,tout est dit..


    • LE CHAT LE CHAT 17 janvier 2007 13:43

      ses amis , il les rencontre surtout dans les « ritz » , le droit dans ses bottes !

      faut le donner à bouffer aux raptors ( de toronto) ; de la bonne barbaque pas dispendieuse en hosties ! tabernacle !  smiley


      • parkway (---.---.18.161) 17 janvier 2007 13:52

        « A LA FOSSE LES NOBLES » (Père UBU de A. Jarry)


        • Lartiste Lartiste 17 janvier 2007 14:02

          Oui « A LA FOSSE LES NOBLES »


          • Tama (---.---.216.135) 17 janvier 2007 14:43

            @ l’auteur :

            Je vous cite :

            « Il faut prendre aujourd’hui le temps d’homogénéiser l’Europe des Vingt-cinq »

            « Il s’agissait d’un déjeuner-causerie [...] qui avait lieu vendredi 12 janvier [2007] »

            Alors, de deux choses l’une :

            - ou bien vous n’êtes pas au courant que l’Union européenne comporte 27 Etats membres depuis le 01/01/2007

            - ou bien c’est M. Juppé qui l’ignore

            Dans votre cas, cela ne dénoterait qu’une énorme distraction et une mauvaise retranscription des propos de M. Juppé.

            Dans le cas de ce dernier... Sans commentaire...


            • parkway (---.---.18.161) 17 janvier 2007 16:40

              TOUT VA BIEN ! DORMEZ EN PAIX !

              LES FINANCIERS ET LES POLITICIENS SONT VOS AMIS !

              ARBEIT MACHT FREI !

              VOUS ETES HEUREUX DANS VOS CAMISOLES !

              REGARDEZ LA TELE ! NE REFLECHISSEZ PAS !

              PERNAUT EST VOTRE AMI !

              CONSOMMEZ ! CONSOMMEZ !

              DIEU EST AVEC NOUS ! NOUS SOMMES LES MEILLEURS !

              (j’allais oublier dieu, merci sarko de me le rappeller)


              • Fred (---.---.20.123) 17 janvier 2007 17:18

                Quelle est la crédibilité de ce meilleur d’entre eux ?

                En ce qui me concerne il n’a pas payé sa dette envers ma société Française. C’est un escroc jugé et puni.

                Il ne devrait plus faire de politique, c’est une honte.  smiley


                • Bill Bill 17 janvier 2007 19:08

                  Il y a quand même plus grave ! c’est la justice Française qui l’a jugé, et qui le laisse se représenter, inéligilibilité limitée... L’argent n’a pas été restitué !

                  Le plus grave : C’est qu’on soit assez con dans notre pays, pour revoter pour lui !

                  Bill


                • gem gem 17 janvier 2007 20:41

                  et bien, quel massacre !!! Juppin (oups, pardon : Jospé) c’est pas ma tasse de thé, mais de là à confondre l’approbation de l’article avec celui du sujet...

                  Votre article est interessant, comme compte rendu d’une réunion politique à l’étranger (ce qui est quand même interressant pour nous autre métropolitains). Il y a des articles meilleur, car justement il fait un peu trop « compte rendu brut »


                  • (---.---.48.41) 17 janvier 2007 21:08

                    Je ne voi pas ce que Jupette (escroc) peut apporter à Sarko, Avec une telle image il risque de perdre les élections.


                    • cdg (---.---.222.156) 17 janvier 2007 21:11

                      avec des discours aussi creux, il y a de quoi avoir peur... Faire de la propagande pour Juppe soit (quoiqu on aurait pu en choisir un moins pourri (et pris la main dans le sac) et plus competant (son bilan de premier ministre 95-97 est quand meme pas brillant) Mais quel enchevetrement de phrases creuses completement deconnecte de la realité et s exonérant de toute erreur !

                      Si je serai membre du FN, je diffuserai ca comme spot publicitaire. Effet guaranti


                      • LE CHAT LE CHAT 18 janvier 2007 12:59

                        On peut aussi le recouvrir avec du sirop d’érable et des plumes smiley


                        • Internaute (---.---.201.92) 18 janvier 2007 22:03

                          J’ai lu son livre. J’en suis sorti avec l’impression qu’il n’a aucune politique et ne sait pas ou aller. Son seul objectif dans la vie est de diriger, quoi que ce soit : une Mairie, un parti politique. Le moyen d’y arriver est de rassembler le plus grand monde en ne froissant personne. Donc il reste courtois, toujours en demi-teinte, ménageant la chèvre et le choux. Il ferait surement un ministre trés efficace mais jamais un bon président. Un président se doit de montrer le chemin, pas d’écouter la foule. C’est aussi la raison pour laquelle Ségo n’ira pas loin.


                          • louis mandrin (---.---.50.153) 19 janvier 2007 23:01

                            bien sûr qu’on aura pas peur, puisque cette fois, ce sera le peuple le plus fort, et pas cette racaille de nantis et de pourris qui veulent continuer leurs affaires sur notre dos...cette fois, on les aura, avec fracas

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