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Accueil du site > Actualités > Politique > Najat Vallaud-Belkacem, le symbole et la méritocrate

Najat Vallaud-Belkacem, le symbole et la méritocrate

Méconnue avant l’élection présidentielle, Najat Vallaud-Belkacem se pose aujourd’hui en véritable symbole de la diversité au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Et c’est également elle, benjamine d’une équipe peu expérimentée, qui hérite du porte-parolat, lame à double tranchant. Car, si elle bénéficiera indéniablement d’une exposition médiatique décuplée, elle devra surtout encaisser les attaques des snipers de la droite. Nommée par ailleurs ministre des Droits des femmes, elle tentera d’oxygéner un portefeuille au périmètre incertain et à la viabilité vacillante.

Après la victoire de François Hollande aux primaires socialistes, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne porte-parole de Ségolène Royal, a réussi à se faire un nom sur la scène politique hexagonale. Désignée pour relayer la communication du candidat du PS durant la campagne présidentielle, avec Delphine Batho, Bruno Le Roux et Bernard Cazeneuve, elle a rapidement pris le dessus sur ses homologues, polarisant toutes les attentions. L’émergence d’un phénomène ?

Née au Maroc, Najat Vallaud-Belkacem arrive en France grâce au regroupement familial. Son père, immigré économique, travaille alors comme ouvrier dans le bâtiment. La jeune femme, qui grandit dans la banlieue d'Amiens, est naturalisée à l’âge de 18 ans. Depuis, elle possède la double nationalité. Licenciée de droit et diplômée de Sciences Po, elle ne tarde pas à devenir assistante parlementaire de la députée socialiste Béatrice Marre. Mais son envol politique réside ailleurs : c’est Gérard Collomb, le maire de Lyon, qui la repère et la recrute comme conseillère sur les politiques de proximité et de démocratie participative. Elle y mène notamment des actions pour combattre les discriminations, promouvoir les droits des citoyens et l'accès au logement ou à l'emploi. En 2004, elle est élue pour la première fois, en tant que conseillère régionale, et obtient alors la charge des affaires culturelles. Et devient – déjà – la benjamine du Conseil régional de Rhône-Alpes.

Lors de la campagne présidentielle de 2007, elle se révèle encore davantage, en intégrant le porte-parolat de Ségolène Royal avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. Mais elle sera battue, dans la foulée, aux élections législatives par Dominique Perben, à Lyon, tout en récoltant plus de 43% des voix. L'année suivante, elle est élue conseillère générale du Rhône et conseillère municipale à Lyon. Adjointe aux grands événements, à la vie associative et à la jeunesse, la jeune femme s’impose définitivement dans le paysage politique lyonnais. Un an plus tard, nommée secrétaire nationale en charge des questions de société au PS, elle fait partie des porte-étendards des trentenaires et cherche à réformer des doctrines parfois ankylosées.

Nouvelle dimension

Véritable étoile montante du PS, Najat Vallaud-Belkacem continue irrémédiablement de prendre du galon. La campagne électorale qui vient de s’achever l’a placée sous les feux de la rampe. Son dynamisme, ses talents de communication et sa jeunesse constituent des atouts avérés. Mais, en tant que jeune politicienne d’origine étrangère, benjamine et porte-parole du gouvernement, elle apparaît immanquablement comme un symbole fort. Et, par conséquent, les critiques devraient pleuvoir et s’abattre sur elle à la moindre occasion. Les Français en ont d’ailleurs eu un avant-goût quand elle a renoncé à se présenter dans le Rhône pour les législatives, dans une circonscription fortement ancrée à droite. Ses adversaires n’ont pas manqué de souligner son prétendu manque de courage politique. Mais un challenge bien plus intéressant attend Najat Vallaud-Belkacem. Il lui faudra donner du coffre et du sens au ministère des Droits des femmes, alors qu’il empiète sur les compétences d’autres portefeuilles plus clinquants. Une mission ardue pour un poste hautement symbolique.

Elle doit par ailleurs désormais affirmer sa personnalité et tisser son image publique. Et les surprises risquent d’abonder. « Sarkozy est un mélange de Berlusconi et de Poutine », avait-elle un jour osé, répondant peut-être indirectement à ceux qui la trouvaient trop tendre. Car la nouvelle porte-parole du gouvernement a du caractère. Elle refuse par exemple le statut de symbole, lui préférant celui de produit de la méritocratie française. Mais elle restera, malgré elle, une entité bicéphale : la « hollandette », icône de la diversité, de la parité et de la jeunesse, et la militante, habile politique, diplômée à plusieurs reprises et fine communicatrice. En représentant simultanément différentes minorités, Najat Vallaud-Belkacem devra accepter certaines étiquettes, parfois réductrices. Mais rien ne l’empêchera de les combiner à d’autres, plus consistantes et valorisantes. Celle qui a embrassé une carrière politique suite aux événements de 2002, qui défend activement la « pluralité visible » et une « égalité des opportunités », semble en effet promise à un bel avenir.


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17 réactions à cet article    


  • eric 24 mai 2012 08:39

    Bon résumé de wikipédia, mais qui passe rapidement sur une rares faits important. Contrairement a 70% des ministres de plein exercice qui sont fonctionnaires, dont 45% de profs. Cette dame aurait semble-t-il travaillé dans le privé même si dans le para administratif ( cabinet d’avocat auprès du Conseil d’etat et de la Cour de Cassation) pendant 3 ans, avant de suivre un parcours classique d’apparashik politique. En cela elle constitue une exception et un élément de diversité suffisamment rare pour être noté. D’un autre côté, comme elle est elle même l’épouse d’un apparashik de la fonction publique territoriale, on ne peut pas dire non plus qu’elle tranche fondamentalement sur le milieu.


    • lsga lsga 28 mai 2012 14:40

      et alors ?


    • antonio 24 mai 2012 11:10

      Belle hagiographie : si c’est pas de l’amour, c’est de la rage !


      • TicTac TicTac 24 mai 2012 11:15

        Ce n’est pas sans rappeler le tableau que l’on dressait de Rachida Dati lors de sa nomination...


        • Fergus Fergus 24 mai 2012 17:21

          Bonjour, Tic-Tac.

          Pas d’accord. Lors de la campagne de 2007, Dati s’était montrée odieuse, menteuse et d’une rare agressivité avec ses copines Morano et Pécresse. A la même époque, NVB faisait preuve d’une courtoisie inhabituelle dans le milieu.


        • TicTac TicTac 25 mai 2012 08:21

          Je ne pense pas à son attitude envers les autres (son passage à la justice a laissé un drôle de goût à l’avocat que je suis) mais aux portraits laudateurs que l’on faisait d’elle : force de caractère, parcours, issue de l’immigration ...


        • leypanou 24 mai 2012 11:51

          @auteur :

          Dire que « Sarkozy est un mélange de Berlusconi et de Poutine » est une ineptie. Comment prétendre que N Sarkozy, qu’une personne sensée ne peut taxer d’anti-empire, puisse ressembler en quoi que ce soit avec Poutine, qui est la cible des médias français matin, midi et soir, justement parce qu’il se met entre autre sur le chemin de l’empire ?

          Elle vient de montrer là qu’elle n’est qu’une personne complètement intoxiquée par l’idéologie ambiante, ce qui n’est guère étonnant de la part d’une personne de la direction du PS, surtout en ce qui concerne la politique étrangère.


          • Fergus Fergus 24 mai 2012 17:23

            Bonjour, Leypanou.

            Lorsqu’elle a dit cela, elle faisait allusion au comportement de rustre de Poutine.


          • jef88 jef88 24 mai 2012 11:57

            Son père, immigré économique, travaille alors comme ouvrier dans le bâtiment. La jeune femme, qui grandit dans la banlieue d’Amiens, est naturalisée à l’âge de 18 ans. Depuis, elle possède la double nationalité. Licenciée de droit et diplômée de Sciences Po, elle ne tarde pas à devenir assistante parlementaire

            Vous nous dites tout ?
            Des enfants d’ouvrier du bâtiment avec un tel parcours , ce n’est pas classique !!!
            Il manque certainement une précision, un piston, une influence cachée .......


            • Fergus Fergus 24 mai 2012 17:27

              Bonjour, Jef88.

              Bravo pour le cliché ! Pour ne citer que ces deux cas : ma belle-fille, issue d’un milieu de modestes employés, est docteur en biologie et charcheuse en génétique ; et le fils du concierge de la maison insalubre où j’habitais durant ma pré-adolescence est devenu danseur étolile de l’Opéra de Paris !


            • non667 24 mai 2012 12:17

              Celle qui a embrassé une carrière politique

              je savait pas que ça s’appelait comme ça !  smiley  smiley  smiley


              • Ronald Thatcher rienafoutiste 24 mai 2012 13:22

                Belkacem possède la double nationnalité, française et marocaine.
                Elle a prêté allégeance au roi du Maroc en adhérent au CCME (Conseil Consultatif des Marocains de l’étranger). Cet organisme selon la nouvelle ministre « a pour but de renforcer l’identité marocaine des Marocains de l’étranger, d’émettre des avis sur leur éducation religieuse musulmane ».
                Elle affirmait également sans sourciller qu’elle « s’exprimera d’abord sur les sujets dont [il] sera saisie par Sa Majesté en faisant valoir un point de vue de Marocains de l’étranger, et pour ce qui me concerne de Franco-Marocaine engagée dans la vie politique française. »

                Une vraie laïc en somme, parfaite pour travailler avec le PS à rassembler les communautés et à les téléguider à travers la voix de son maître. Cette femme ne restera pas au gouvernement.


                • communauthic communauthic 26 mai 2012 01:40

                  Nul ne peut servir deux maîtres.

                  Il faut exiger qu’elle choisisse le Maroc ou la France.
                  Son nouveau poste ou celui au CCME.
                  Elle n’aurait jamais dû arriver là, c’est un scandale de plus.

                • Jonathan Fanara 24 mai 2012 18:13

                  Peut-être naïvement, je reste surpris par la teneur de certains commentaires. Laisser supposer que Najat Vallaud-Belkacem aurait été pistonné, aurait écrasé ses adversaires, voire pire, c’est faire fi de ses diplômes et de son parcours professionnel. Comme mentionné dans l’article, c’est Gérard Collomb, un de ses proches, qui l’a recrutée et l’a mise aux responsabilités. Quant aux origines modestes, elles n’empêchent heureusement personne de mener une carrière remarquable, contrairement à ce que certains sous-entendent.


                  Concernant le CCME, la question a déjà été abordée à maintes reprises, par l’intéressée elle-même. Chacun se fera son propre avis sur la double allégeance ou la double nationalité, choix que permet la République française. Quant à penser qu’elle opère en sous-main pour le compte d’intérêts étrangers, cela relève franchement de la science-fiction. Ou, en tout cas, d’une désinformation aux intentions fortement douteuses.


                  Enfin, je rappelle que quand je dis qu’« Elle refuse par exemple le statut de symbole, lui préférant celui de produit de la méritocratie française », je ne m’engage pas, je me contente de rapporter les faits.


                  Pour le reste, j’aurai la politesse de la laisser travailler avant de juger son action gouvernementale...



                  • jef88 jef88 24 mai 2012 18:36

                    Un père ouvrier immigré dans le batiment ! 7 gosses !
                    Et il a financé les études ?????? Des 7 ??????

                    Je sais ce dont je parle (ainé de 8 )


                  • communauthic communauthic 26 mai 2012 01:50

                    « Chacun se fera son propre avis sur la double allégeance ou la double nationalité, choix que permet la République française. »


                    Elle est trop bonne celle la.

                    un membre du gouvernement ne peut pas servir 2 gouvernements différents ;
                    c’est la porte ouverte à tous les dérapages, c’est une simple question de bon sens.

                    Pourquoi ne pas demander au roi du maroc de donner son avis sur notre politique intérieure puisqu’il sera au courant de toutes les petites magouilles internes.

                    Il faut qu’elle choisisse, c’est une simple question de loyauté.

                  • Patrick Forges Patrick Forges 24 mai 2012 22:19

                    Le courage politique exemplaire de cette femme est extraordinaire et mérite d’être souligné.


                    Le 16 mai 2012, Jean-Marc Ayrault prévient ses ministres : « Tout ministre (...) qui ne sera pas élu ne pourra pas rester au gouvernement. » et tout à coup Najat Vallaud Belkacem ne se présente plus aux prochaines élections législatives dans la 4e circonscription du Rhône - !!!!

                    Que va faire notre Premier Ministre devant ce courage ????



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