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Accueil du site > Actualités > Politique > Nationalisme & Patriotisme : Imaginaire collectif ?

Nationalisme & Patriotisme : Imaginaire collectif ?

 Le sentiment national, débat au cœur de l'actualité, a en réalité toujours été un thème aux enjeux socio-politiques multiples. Ernest Renan (1823-1892), philosophe et historien français définit la nation dans un discours profondément patriotique et nationaliste. Adhérent au courant de pensée évolutionniste, on le critique pour son adhésion aux thèses racialistes et classificatoires. Cependant, sa manière de voir la nation marque une rupture intéressante avec les précédentes définitions, décrites comme trop arbitraires par l'auteur. Benedict Anderson, né en 1936, professeur à l'Université Cornell de New-York et spécialiste du nationalisme, nous apporte une vision totalement différente. Critiquant la posture intellectuelle et idéologique de Renan, il nous décrit la nation comme un imaginaire collectif, en se plaçant dans une approche constructiviste.

 On nous apporte deux points de vue antagonistes sur l'idée de nation. On peut alors se demander comment les auteurs expliquent le concept de nation et en quoi leurs définitions s'opposent totalement. Quels en sont les enjeux ?

Dans un premier temps nous verrons par quel processus didactique les deux auteurs redéfinissent la nation. Puis dans un second temps, nous verrons par quels processus historiques aboutit-on à l'idée de nation.

 

 Ernest Renan définit la nation par l'élimination de concepts, qui sont, selon lui, peu pertinents. Il redéfinit et déconstruit le terme. Il commence par nous dire ce que la nation n'est pas :

  • Un principe dynastique : la nation survit à la fin des dynasties, certain états se forment par« conglomérats d'additions successives »

  • Une unité ''raciale'' : Beaucoup de grands empires englobaient des populations diverses et variées (Empire Romain, Empire Carolingien). Les nations sont en fait le résultat d'un mélange ''racial'' (Je m'oppose à ce terme, mais c'est celui employé dans le texte). Le ''droit du sang'' est donc une erreur.

  • Une unité linguistique : On parle plusieurs langues dans beaucoup de pays. «  La langue invite à se réunir ; elle n'y force pas. »(Renan, 1887) Selon Renan, on peut penser la même chose avec des langues différentes. Les liens entre le sang et la langue ne sont pas pertinents. Idée de l'universalité de l'Homme :« l'homme est un être raisonnable et moral, avant d'être parqué dans telle ou telle langue […] telle ou telle "race", […] telle ou telle culture. […] Avant la culture française, la culture allemande, la culture italienne, il y a la culture humaine. »(Renan, 1887)

  • Une unité religieuse : La religion est un fait individuel, elle n'est pas un fondement essentiel de la nation.

  • Un espace géographiquement limité : La géographie ne suffit pas à expliquer la division des nations. Le droit de la terre est donc caduque.

 

Cependant Ernest Renan nous propose une définition plus patriotique, qui de mon point de vue ne me semble pas pertinente, contextuellement parlant. Pour l'auteur, la nation c'est :

  • Une union spirituelle, une mémoire collective, un héritage historique, le partage des souffrances et des sacrifices, le dévouement, la volonté d'un projet commun. On retrouve ici des arguments très subjectifs incitant au patriotisme de la part de Renan. « La nation moderne est donc un résultat historique amené par une série de faits convergeant dans le même sens » (Renan, 1887). Le plus dérangeant chez Renan, c'est cette posture évolutionniste qui soutient donc les comparaisons entre différentes cultures. La culture européenne apparaissant comme la plus "évoluée". Une vision très ethnocentrée qui délégitimise son mode de pensée mais qui fera plaisir à Claude Guéant, soyons en certain !

 Renan défend l'idée d'oubli des conflits, d'union dans la souffrance commune, de combats en commun : Il justifie ici la guerre, la sélection historique et donc l'Histoire des vainqueurs. D'après sa théorie, pour que l'idée de nation perdure il faut savoir effacer les erreurs (crimes contre l'humanité ?) et mettre sur un piédestal les audaces passées, les "faits héroïques". Loin de défendre cette idée, il faut tout de même admettre que bon nombre de pays adhèrent à ce concept de nation. Je ne citerais personne dans cet article, mais observez vous-même le nombre de pays ne reconnaissant pas, déformant, ou ayant reconnu tardivement des crimes commis par le passé. On met bien souvent en avant les faits valorisant la nation, par des cérémonies, des rituels, des décorations, ou encore par l'éducation...

 Parlons désormais de Benedict Anderson qui critique et réduit à néant l'idée de nation selon Renan. Il s'agit pour lui de définir la nation comme une illusion populaire, un mythe. Pour lui la nation c'est :

  • « Une communauté politique imaginaire ».

  • Une puissance politique incohérente puisqu'il s'agit d'une chimère. Le nationalisme n'a aucun fondement philosophique.

  • La nation est imaginée comme souveraine, comme une communauté et est limitée.

L'idée de nation résulte simplement d'un processus historique.

Anderson cherche à démystifier la notion de nation et de nationalisme en prouvant par une approche historique qu'il s'agit là d'un mythe, d'une illusion. Pour Renan il s'agit de donner les raisons historiques qui permettent de structurer une nation comme entité réelle, indépendante, afin de créer un sentiment de cohésion nationale.

 Pour Anderson ; il existe trois facteurs principaux pour expliquer l'essor de la conscience nationale : La réintroduction du latin par les humanistes. L'impacte de la réforme protestante et la propagation des langues vernaculaires.

  • L'Empire romain contrôlait les voies de communication, il était donc très simple de s'opposer aux hérésies ou révolutions populaires. Avec l'invention de l'imprimerie ; il devient plus simple de diffuser des opinions divergentes et de les diffuser en masse. On pense aux réformes protestantes par exemple qui eurent ce succès, justement grâce à l'invention de l'imprimerie.

  • L'imprimerie créée « des champs de communication » unifiés ; on voit naître une petite communauté nationale « imaginée ».

  • Avec l'imprimerie, les livres deviennent permanents, ainsi que les idées qui y sont écrites, contrairement aux manuscrits qui pouvaient varier d'une édition à une autre au gré de ceux qui les recopiaient

Il n'était pas rare dans les vastes empires ou pays, que plusieurs communautés soient isolées les unes des autres, sans vraiment ressentir une unité particulière, des points communs ou un sentiment nationaliste.

 Finalement l'imprimerie va cristalliser et fixer les langues nationales. Les idées, une fois dans des livres, y resteront. La nation moderne est vue comme le résultat d'un processus historique. Comme nous pouvons le constater, les deux auteurs s'opposent tant sur leur point de vue que sur les enjeux de leur posture intellectuelle. D'un côté Ernest Renan tente une définition de l'Homme comme un être universel qui se reconnaît dans une nation de par le sentiment d'appartenance national qu'il a en commun avec d'autres individus. Il déconstruit les anciennes définitions et tente de prouver que la nation est un ensemble de valeurs, de mœurs, de souvenirs et d'héritages. Renan croit en la nation, l'idéalise et prône un discours patriotique. Anderson veut démystifier cette idée de nation, il s'oppose au nationalisme et à l'illusion de la nation. La nation n'existe pas, il s'agit pour lui d'une communauté imaginaire et imaginée qui résulte d'un processus historique fortement impulsé par l'imprimerie.

 

 Cependant, que la nation soit réelle ou fictive, elle reste toutefois au cœur des débats et des tentions politiques. En France tout d'abord, elle soulève des questions identitaires et éthiques. Une identité nationale est-elle pensable ?

 Alors que Claude-Levi Strauss voyait dans l'échange culturel et la diversité des facteurs de progrès, certains semblent se tourner vers un modèle plus uniforme ; celui du conformisme national. Pour ma part, je trouve intéressant de combiner les deux analyses. On ne peut pas considérer une nation comme une unité ethnique, particulièrement dans un monde globalisé où les vagues d'immigrations intensifient la mixité culturelle. L'unité linguistique est une hypocrisie, la plupart des pays s'adaptent à l'anglais pour communiquer dans ce que l'on nomme le "Global Village", les langues régionales ressurgissent, l'immigration apporte de nouvelles langues et même des néologismes qui font évoluer la langue "dominante". L'unité religieuse n'existe pas, certes chaque pays à sa religion dominante, celle qui marque l'espace par ses édifices religieux ou imprime son influence dans le calendrier, les jours fériés... Le sentiment national finalement est un imaginaire collectif, produit d'une l'histoire sélective. La preuve est que par processus d'assimilation on finit par intégrer les immigrés à notre propre culture. Les polonais, et plus récemment les espagnols, italiens ou portugais ayant immigrés en France étaient victimes du racisme dès les premières vagues d'immigration. Ils semblent maintenant très intégrés et inclus à la "nation française", les nationalistes focalisent leur attention sur les vagues d'immigrations plus récentes. On remarque aussi que le racisme augmente en fonction du contexte. En temps de crise, il faut toujours trouver un bouc émissaire, en temps de prospérité l'immigration est plus tolérée. Finalement le sentiment national peut être vu comme du protectionnisme, un repli de la société sur elle-même, un sentiment qui se relâche lorsque la situation est meilleure.

 Un sentiment imaginaire donc, instrumentalisé par les partis nationalistes, qui fonctionne particulièrement bien dans le contexte actuel.

(Retrouvez cet article sur letrublion.over-blog.fr)


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15 réactions à cet article    


  • Buddha-dassa 6 avril 2012 10:15

    la vie est un permanent mouvement dans le présent..faute de savoir « vivre » cela les humains veulent tout figer...faut pas s’étonner ....

    Dans un mouvement de fuite permanente de sa mort dont il a une trouille formidable , l’humain colonise tout ce qu’il peut....mais il ne voit même pas qu’il fuit car il ne vit que dans le cerveau superficiel qui a des capacités mais aucune intelligence...alors il s’enfuit et colonise tout ce qu’il peut (coloniser = voler) ca commence avec le voisin et ca finit par la disparition de l’espèce...

    Il ne sait pas que nationalisme, religion, colonialisme etc que tout ca n’est que fuite de l’absolu qui est la devant nous a chaque seconde..or ce cerveau analytique ou ego lui il veut que ca continue...à jamais, à jamais ,à jamais...le con smiley

    Mais a quoi bon, l’intelligence semble avoir disparu a jamais,a t’ elle seulement été présente chez cette espèce dont tous les autres animaux sont les descendants ???


    • Gabriel Gabriel 6 avril 2012 10:32

      Le nationalisme est une névrose et il devient vite une psychose irréversible lorsqu’il vire au patriotisme et ce n’est pas parce que certains adhérents à cette thèse ont acquis par leur haine de l’autre un certain don d’éloquence qu’il faut oublier d’être vigilant quand à l’antihumanisme qui en découle…


      • JMC 6 avril 2012 15:13

        Je ne sais si ce commentaire est une réaction directe à mon article, mais je n’ai jamais dit qu’il fallait oublier et ne pas être vigilant, bien au contraire c’est plus ou moins le but du texte en démystifiant par une approche « structuraliste », ce concept « bizarre » de « nation ».


      • scorpion scorpion 6 avril 2012 15:51

         @ l’auteur,

        Mon commentaire est juste un condensé très généraliste du nationalisme et de ses conséquences. En aucun cas, celui-ci est une critique de votre texte.


      • Gabriel Gabriel 6 avril 2012 15:59

        scorpion, cela fait la deuxième fois que vous répondez à ma place, merci de ne pas renouveler cette attitude qui prête à confusion et qui est limite honnête. Même si votre commentaire n’est pas insultant, la démarche quant à elle l’est.

        JordanMore, je n’aurai pas mieux dit que le vénéneux animal.


      • ce raté de SARKO appelle les DOM-TOM les COLONIES (VOIR RUE 89...°)

        CELUI QUI VOULAIT ETRE LE PRESIDENT DE TOUS LES FRANCAIS RESTERA DANS

        L’HISTOIRE COMME un egocentriste a l ego hyper mega dimenssionné ET RACISTE :

        (musumans d’apparence.colonies DEGAGE.ET VITE president...des riches...blancs de peau...)


      • Cocasse Cocasse 6 avril 2012 10:54

        Certes, il ne faut pas se laisser aveugler par l’idée de nation.
        Il faut prendre le bon, et laisser le reste.
        Mais en tant que dénominateur commun dans un espace géographique et historique, je pense que la nation est actuellement le meilleur instrument pour résister à la dérive mondialo-financière, accompagnée de saines relations coopératives avec les autres nations.


        • JMC 6 avril 2012 15:01

          Tout à fait,
          Que l’on soit bien d’accord, mon article n’a pas pour but de ridiculiser l’idée de nation, il n’est pas anti-protectionniste ou pro-quelque chose. J’ai lu Tristes Tropiques de Levi-Strauss et j’approuve cette phrase : « L’humanité s’installe dans la mono-culture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat. »

          Le seul vrai intérêt de mon article c’est de vulgariser la théorie d’Anderson qui explique par quel processus socio-historique l’idée de nation s’est figée dans les consciences collectives. Il s’agit de « sociologie » plus que de politique. Et comme toutes les théories, elle n’apporte ni la vérité, ni le mensonge. C’est une simple réfléxion. La petite phrase finale est juste un rappel pour ceux qui prônent la nation dans une idée de supériorité malsaine...


        • Robert GIL ROBERT GIL 6 avril 2012 11:46

          « Ce que j’ai fait, je l’ai fait pour mon pays« , de nombreux dictateurs, de nombreux généraux envoyant des milliers de soldats à une mort certaine, de nombreux tortionnaires violant, torturant de simples civils, ou des présidents bombardant des populations innocentes, se sont réfugiés derrière cette phrase. Par quel miracle le pays ou vous êtes né serait supérieur à tous les autres ?
          Lire ce petit article :
          http://2ccr.unblog.fr/2011/11/21/patriotisme-et-nationalisme/


          • Cocasse Cocasse 6 avril 2012 11:53

            Je vois pas en quoi un nationaliste considérerait que son pays est supérieur aux autres. Là c’est un problème de personne et rien d’autre.
            La nation est un peu une extension de la famille. C’est l’endroit où l’on nait, les gens avec qui ont vit, avec qui on partage les traditions, et une qualité de vie originale, que l’on aime.


          • JL JL1 6 avril 2012 12:14

            Bof,

            on ne saurait évacuer un sujet aussi important avec si peu de travail, lequel travail serait au mieux une réponse à une question posée en colle. L’auteur écrit : « On nous apporte deux points de vue antagonistes sur l’idée de nation.... ». Qui ça, « on » ? Les professeurs qui corrigeront les copies ?

            Pfff !

            Sur le sujet ?

            D’abord, je citerai Jaurès : « La nation c’est le seul bien des pauvres ».

            Puis je dirai qu’il n’y a pas de démocratie au delà de la nation.

            Et je citerai ceci :

            "La mondialisation libérale est une colonisation polymorphe. C’est le slogan : « prédateurs de tous les pays, unissez vous ». Une Hydre de Lerne holographique. « Par exemple, les pays scandinaves, propres sur eux sont les exportateurs des machines qui détruisent les forêts du monde. L’Allemagne qui respecte son environnement, c’est l’Allemagne qui figure sur la carte. Mais l’Allemagne élargie est celle qui a Siemens, Bayer, et chaque place où l’on utilise un pesticide Bayer, c’est l’Allemagne. De fait, l’Allemagne du territoire est le sanctuaire, la métropole de l’empire « Allemagne élargie ». Et tous ces empires virtuels se recouvrent sans s’annihiler mutuellement. » (Raúl Montenegro est professeur de biologie à l’Université nationale de Cordoba en Argentine, et lauréat 2004 du Right Livelihood Award, ... prix Nobel alternatif)
            Et surtout, je conseillerai de lire cela :

            La « menace protectionniste », ce concept vide de sens : Par Frédéric Lordon
             

            Pour commencer. Mais j’ai mieux à faire que de corriger une copie d’étudiant.


            • JMC 6 avril 2012 14:51

              Cher JL1,

              Cet article n’apporte pas de réponse, il soulève des questions et je suis d’ailleurs bien content que cela fasse réagir. Je n’ai moi même aucun avis tranché sur le sujet. Ensuite, le « On » est peut-être un peu vague je vous l’accorde, mais je ne voulais pas légitimer une théorie plus qu’une autre... Il ne s’agit pas de correction de copie, ou de correction tout court, personne n’a le monopole de la bonne parole. Ensuite je n’évacue pas le sujet, je confronte deux idées, celle de Benedict Anderson me semblant très intéressante et je n’allais pas faire un copié/collé de ses livres pour mieux exposer le concept, vous verrez qu’il n’évacue rien du tout et en connait un peu sur la question... Il explique simplement comment l’idée de nation apparaît dans les mémoires collectives (vous pouvez aussi lire M.Halbwachs à ce sujet). Il va des invasions romaines, à l’invention de l’imprimerie, et il compare très rigoureusement comment cette idée de nation a pu voir le jour.
               
               Disons que j’évacue le sujet aussi vite que vous évacuez les questions posées dans mon article ainsi nous sommes quittes... Ce n’est pas un article politique, il ne faut pas prendre cela trop à coeur... et puis je n’ai jamais dis que le protectionnisme était une chose ridicule, j’aurais d’ailleurs très bien pu écrire un article sur les bons côtés du protectionnisme culturel contre la mondialisation. Enfin je pense que vous n’avez pas bien saisis le sens de mon article et puis il est inutile de citer les prix de vos auteurs favoris, ce n’est pas un gage de qualité et encore moins un titre de « gardien de la vérité suprême » même si je ne sous-estime pas les qualités de Monsieur Montenegro dont les propos sont aussi légitimes que ceux de Monsieur Anderson.


            • Dolores 8 avril 2012 19:54

              La nation est une communauté de destin dans un espace géographique donné, à laquelle s’ajoutent l’Histoire et la langue.

               Le patriotisme fait que l’on est capable de sacrifier sa vie pour protéger la terre ou l’on est né, sa famille ses amis, et tous ses compatriotes ou concitoyens.

              Penser que la nation est une entité et être patriote sont devenus des tares aux yeux d’un certain nombre parce que journaliste et politiques veulent attribuent des sens négatifs à ces mots.
              Tout comme on attache à celui qui se préoccupe du sort du peuple le terme de populiste toujours dans le sens péjoratif : on considère que le peuple est vile et bas et qu’on cherche à le flatter pour obtenir ce que l’on désire de lui. Moyennant quoi , il est indigne de s’intéresser au peuple.

              Si vous parlez de nation, on vous rétorque fascisme, xénophobie...
              Si vous parlez de patriotisme on vous rigole au nez, c’est démodé !
              On est citoyen européen ou citoyen du monde même si vous n’avez aucune prise sur l’Europe ou sur le monde.
              Dans le même genre, souverainiste est également une insulte car dans ce monde déboussolé on se doit de n’avoir aucune initiative et dépendre de tous les autres états. On trouve ça risible tant on croit ce terme obsolète !.

              Quel Français peut bien se sentir au fond de l’âme Allemand, Polonais, Russe ou Argentin, ou tous à la fois, même s’il éprouve de la sympathie pour ce qu’ils sont ?
              Un Brésilien né à Rio et y ayant passé toute sa vie peut-il être Français ou se sentir Français parce qu’’il apprécie Victor Hugo ?
              Cependant nous avons des valeurs communes et universelles, ce qui nous fait à la fois si semblables et en même temps si différents.
               Quand aux « crimes » du passé, il ne faut certainement pas les effacer, ils font parie de l’Histoire qui nous lie.
              Il faut éviter d’oublier que ce que l’on considère comme des crimes aujourd’hui n’en étaient pas à l’époque où ils ont été commis, Ne mélangeons pas passé et présent,
              .
              Nous n’avons pas à nous repentir sans cesse des actes de nos aïeux disparus depuis longtemps. Ils vivaient selon les lois et les traditions de leur époque. Par contre nous devons veiller à ne pas reproduire leurs erreurs aujourd’hui.

              Les nations évoluent avec le temps mais chacune d’une façon originale en référence à ses valeurs et à son histoire.


              • JMC 9 avril 2012 10:16

                Je commence à perdre éspoir quant à faire comprendre le sens de cet article... Dolores, si cela vous plaît d’être patriotique personne n’y voit aucun inconvénient, du moins pas moi... Ce n’est pas un article qui prône ou non l’idée de nation, c’est une façon de voir la nation. Sociologiquement parlant Anderson explique comment dans les mémoires collectives, l’idée de la nation s’est fixée. Il ne dit pas cela au hasard, car il compare qu’à certaines époques une « nation » n’a pas un sentiment aussi prononcé d’appartenir à une même communauté et il explique pourquoi. Je le compare à Renan, car lui aussi avait une façon avant-gardiste de définir ce concept de nation.

                Arrêtons de tomber dans la manichéisme à chaque fois que l’on commente un article. Je ne suis pas dans un rapport de « nationaliste = méchant », sinon quel serait l’intérêt d’écrire de telles choses... Je peux aimer la France et tenter de déconstruire objectivement pourquoi je me sens plus français ou pas... C’est assez fatiguant de ne pas pouvoir débattre sans que l’on créer des camps de pro et anti... 

                Ensuite vous décrivez la nation comme « une communauté de destin dans un espace géographique donné, à laquelle s’ajoutent l’Histoire et la langue ». Sachez que c’est un peu plus compliqué que ça et que si vous le voyez ainsi je n’y vois pas d’inconvénient, mais dans un angle analytique objectif, croyez bien que votre définition est réductrice voir fausse. Même si personne ne détient la vérité absolue, surtout pas moi. La France, pour ne parler que d’elle, est un conglomérat d’invasions et de migrations, le fait de parler de nation française est bien un accord collectif tacite, qui n’a pas toujours existé, c’est ce que Anderson tente de comprendre.


              • Dolores 9 avril 2012 17:30


                Bonjour Jordan,

                Je partage certaines de vos positions mais l’air du temps veut qu’il est bien porté par certains de dénigrer systématiquement leur propre pays. Je n’ai pas résisté à la tentation de pousser ’un coup de gueule«  !
                 
                Je connais un peu l’histoire : les Celtes (nos Gaulois) et d’autres avant eux certainement, les Romains, les Grandes Invasions( dans le désordres les Huns, les Allamans, les Goths,les Burgondes...), et les Francs qui se sont installés..
                 Tous les envahisseurs ne sont pas demeurés dans le pays, et on peut supposer que ceux qui sont restés se sont fondus dans la population existante. On peut également supposer qu’après leur défaite à Poitiers en 732 quelques Sarrasins ont élu domicile dans la région ou plus au sud.
                 Les rois qui ont succédé à Clovis ont protégé le territoire conquis qui ne s’est pas émietté en communautés en fonction de leurs différente origines.
                C’est sur ce »terreau" que s’est bâti la France que nous connaissons, et la nation, en 15 ou 16 siècles.
                Notre culture est originale et non interchangeable. et les étrangers n’adhèrent pas forcément à nos us et coutumes .
                Il est vrai que le sentiment d’appartenance à un lieu, à une Histoire ne s’est véritablement affirmé qu’au XVIII° siècle alors qu’auparavant il était plutôt diffus. La féodalité et l’aristocratie ayant découpé le pays en fiefs puis en provinces, les populations avaient plus le sentiment d’appartenir au Poitou ou au Berry qu’à la France dans son ensemble. Voyager à cette époque n’était pas à la portée de tous et la connaissance du pays se bornait souvent au limites des son village ou des villages proches.

                Mais est-ce une raison pour prétendre comme Éric Besson , lors du débat sur l’identité,
                qu’il n’y a pas de Français en France et que se sont des étrangers qui l’ont bâtie ?
                Certes, des Polonais, des Italiens, des Espagnols, des Portugais sont venus travailler et ont fait souche au XIX° et XX° siècles ainsi que des Africains du nord et du sud.
                Mais peut-on dire qu’ils ont bâti la France alors qu’elle était peuplée bien avant leur arrivée ? 
                Ils ont participé à la mesure de ce qu’on leur demandait.

                Et mes ancêtres, des paysans, qui ont travaillé la terre de France pendant des siècles,sont-ils des étrangers dans leur propre pays ?
                Qu’ont-ils fait pendant tout ce temps et que fais-je moi-même ? Rien ? Pendant les guerres se sont-ils sacrifiés pour quelque chose qui n’existe pas ?
                Pourtant en 1620 mes aïeux étaient là, (et si je ne peux aller au-delà de cette date ,c’est tout simplement que les registres paroissiaux n’existaient pas encore pour les roturiers)Et ils ont versé leur sang pour repousser les envahisseurs.

                En extrapolant jusqu’à l’absurde, il n’a pas de Français donc pas de France,donc plus de nation et l’état disparait. Restent des communautés étrangères les unes aux autres disséminées sur un territoire qu’on ne peut plus nommer (sans déclencher de guerres).

                Il faudrait demander aux autres pays européens s’ils croient qu’il n’y a pas d’autochtones chez eux, mais un conglomérat d’étrangers qui constitue leur pays.

                Personnellement je pense que la nation est un sentiment d’appartenance pour des raisons diverses et variées et que le patriotisme en découle. Mais ce sentiment on l’a ou on ne l’a pas !....
                Chacun a le droit de penser ce que bon lui semble. J’ai très bien compris que vous compariez les idées de Renan (XIX°) et celles d’Anderson et ma critique s’adressait à leur thèses et non à vous en tant que commentateur. Excusez moi de n’avoir pas été plus claire.

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