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NKM et Dati : la force des symboles

La nomination de Nathalie Kosciusko-Morizet comme porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy a été souvent commentée en mettant en avant la personnalité et le parcours ministériel de l’ex Ministre de l’Ecologie ; en revanche peu d’analystes ont mis ce choix en parallèle avec celui qui avait été effectué par Nicolas Sarkozy lors de la précédente campagne pour l’élection présidentielle, c’est à dire celui de Rachida Dati comme porte parole. Or les symboles sont parfois aussi explicites que de longs discours.

Dati ou la promesse d’ascension

En 2007 c’est Rachida Dati qui est choisie : femme, complètement inconnue en politique – aucun mandat électoral, aucune fonction de premier plan -, d’origine maghrébine et issue d’un milieu très modeste. Ce choix vise bien sûr à s’inscrire dans un contexte de valorisation de la parité en politique et d’ouverture à la diversité en ciblant donc des électorats précis. Mais plus que cela, en raison de son parcours et ses origines Rachida Dati est alors une incarnation vivante du slogan de Nicolas Sarkozy « Travailler plus pour gagner plus ». Le choix de Dati – indépendamment de l’appréciation qu’on peut faire de ses compétences par ailleurs - sous entend qu’avec de la volonté et du talent, on peut y arriver et ce quel que soit son milieu, sa condition ou son parcours. SI Rachida Dati a pu accéder à une fonction aussi prestigieuse et visible, alors oui « tout est possible ». Une espèce de rêve américain à la française, de promesse adressée à toute la France qui se lève tôt.

En 2012 le choix est singulièrement différemment : en effet Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) et Rachida Dati sont aux antipodes l’une de l’autre, y compris, et c’est assez troublant, sur le plan physique.

 NKM ou l’héritière

NKM est plus jeune que Rachida Dati, mais c’est déjà une professionnelle aguerrie de la politique – députée depuis 2002, maire de Longjumeau depuis 2008, et ministre depuis 2007 - ; elle est issue d’une famille de la grande bourgeoisie francilienne, très investie en politique, avec un père lui même maire de Sèvres et un grand père ambassadeur. Sa famille, originaire de Pologne, est d’ascendance aristocrate. Sur le plan des études elle est diplômée de l’Ecole Polytechnique, grande école parmi les grandes écoles, comme l’a d’ailleurs été son père. NKM incarne donc, comme aurait pu le dire Bourdieu, une forme de« reproduction » sociale typique de la société française ou encore la figure de l’héritière – et là encore cela n’est pas une appréciation sur ses compétences ou son travail. Avec ce type de parcours il est donc très difficile de s’identifier à NKM : elle ne peut être un modèle, quelqu’un auquel on pourrait s’identifier, car issue d’un milieu très particulier. Elle est dès le départ du côté des puissants, de ceux qui sont protégés, à l’abri.

Un symbole à l’envers

Ainsi nous sommes passés en 2007 de la figure d’une porte parole qui est une « outsider », en dehors du système, modèle possible pour une émancipation et une trajectoire d’ascension sociale, à celle, en 2012, d’une porte parole qui est une « insider », pleinement intégrée dans le système, exemple d’une société où les positions sont comme figées et les trajectoires prédéterminées. 

En 2007, à travers la mise en avant de Rachida Dati, Nicolas Sarkozy promettait un lendemain de possibles, tandis qu’en 2012 dans une espèce de geste symbolique et révélateur, la nomination de NKM semble être le dernier avatar d’un quinquennat marqué par la protection des positions acquises.

Comme si Nicolas Sarkozy, à nouveau candidat, restait à jamais le « président des riches » ou le « président des puissants » en dépit de sa volonté de se présenter comme le candidat du peuple. Comme un ultime aveu ou un symbole à l’envers.


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4 réactions à cet article    


  • Tall 2 mars 2012 10:30

    Intéressant ....oui, Sarkozy a peut-être choisi de prendre des voix à sa droite dans un 1er temps ( donc au FN ) pour sécuriser le passage du 1e tour, puis ensuite, de se recentrer au 2e tour en s’appuyant sur les Bayroutistes.

    Et dans les 2 cas, il devra bichonner le sérail chrétien. NKM est bien pour ça.

    • SNOOP 2 mars 2012 10:36

      ouais bon...c’est de la soupe tout ça...de la politique politicienne de boutiquier.
      hors la boutique se nomme FRANCE, alors sarko, hollande ou bayrou c’est la soumission à bruxelles et la city.
      quant au « sérail chrétien »... ???


      • Furax Furax 2 mars 2012 12:07

        NKM, la représentante idéale du candidat du peuple contre les élites  smiley smiley smiley


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mars 2012 17:44

          Nique Ka Mère et Datée sont l’avenir de la Rance !

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