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Accueil du site > Actualités > Politique > Non à la caporalisation des enseignants !

Non à la caporalisation des enseignants !

La rentrée c'est aussi le déplacement d'office des enseignants comme pendant la période noire de notre histoire !?

Au début du siècle dernier, en 1907, un instituteur Marius Nègre était révoqué.

Il avait osé lancer publiquement un « manifeste des instituteurs syndiqués ».

C'était l'époque où l'instituteur était soumis à plusieurs jougs, celui de l'administration dite républicaine et celui des potentats locaux.

Avec beaucoup de courage et malgré la répression, les instituteurs ont défendu l'école laïque et leur indépendance dans le cadre du respect des programmes nationaux.

Depuis 1945, les commissions paritaires permettent d'organiser démocratiquement le mouvement des instituteurs qui ne dépend pas du bon vouloir de tel inspecteur mais d'un barême.

Quant aux mesures disciplinaires, c'est une Commission paritaire réuni en session disciplinaire qui statue....

Aujourd'hui tout ce système vole en éclats parcelle par parcelle . C'est ainsi que des enseignants sont déplacés d'office, en toute illégalité.

C'est une opération de « caporalisation »qui a lieu... »Vichy » n'est pas loin.

Cette lettre de l'ICEM ( pédagogie freinet) mérite notre attention et notre soutien :

« Lettre à tous les enseignants de France

 

Le 5 septembre 2011

Chers collègues,

Un de plus !

 

Dans le Loir-et-Cher, un enseignant, Philippe Wain, vient d’être déplacé d’office dans « l’intérêt du service » parce qu’il refusait d’utiliser le fichier Base-élèves et de mettre en place les évaluations nationales. En réalité cette mutation répond à un double objectif : sanctionner l’enseignant et affaiblir une classe unique de 17 élèves en vue de sa suppression.

Ce déplacement a été décidé arbitrairement par l’Inspectrice d’Académie en dehors de tout cadre règlementaire ! Cet arrêté devient de fait nul et non avenu. Celui-ci fait suite à un autre arrêté retirant la fonction de « directeur » à notre collègue qui n’est que « chargé d'école ». Cette confusion rend cet autre arrêté illégal.

De telles décisions ne rappellent-elles pas dangereusement les lettres de cachet des rois absolus ?

Mais Philippe Wain n’est pas le seul à subir cette répression, bien au contraire !

Entre 2009 et 2011, combien d’enseignants et de directeurs d’école ont été ainsi sanctionnés parce que leur éthique professionnelle et citoyenne leur faisait devoir de ne pas participer à la casse de notre École Publique ?

Alors oui ! Ils refusent le fichier Base-élèves (contraire aux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant et dénoncé par la commission des droits de l'enfant de l’ONU), les absurdes et inutiles évaluations nationales et leur pilotage par les chiffres, mais aussi la stigmatisation des élèves en difficulté par l’aide personnalisée, la suppression des RASED, les milliers de suppressions de postes, l’abandon de la formation initiale et continue…

Ces collègues ont subi toute la gamme des sanctions ou des intimidations : pressions par téléphone ou par courriers à la limite du harcèlement, convocations devant les Inspecteurs d’Académie, retraits de salaires, inspections commandées, blâmes, retraits de fonction de direction et mutations d’office.

Jusqu’à quand allons-nous accepter ces politiques destructrices de notre École et de nos valeurs ?

Jusqu’à quand allons-nous accepter que les règles de l’économie mondiale orientent les politiques éducatives ?

Jusqu’à quand, enfin, allons-nous accepter d’être traités par le mépris ?

Chers collègues, il suffirait de quelques actions collectives pour relever la tête et remettre en cause toutes ces réformes, actions qui ne nuiraient aucunement à nos élèves.

Par exemple, bloquer les remontées des évaluations nationales, comme de nombreux syndicats le proposent. Que ferait l’Administration devant cette action massive ? Rien, sinon ne pas verser les primes de 400 €. Mais allons-nous nous mettre à genoux pour 400 € ?

Résister, c’est créer ; créer, c’est résister !

Tout est à inventer pour s’opposer à cette politique du bulldozeur. Les premiers enseignants désobéisseurs ont dû faire preuve d’imagination pour résister à ces réformes qui visent à faire entrer l’Éducation nationale dans l’économie de marché, et non à améliorer les connaissances des élèves.  

Il nous faut rester debout.

Redressons-nous !

Rapprochons-nous des syndicats et des collectifs qui organisent la résistance »

Cette résistance est indispensable.

Jean-François Chalot



 


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21 réactions à cet article    


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 7 septembre 2011 10:40

    Ce texte est à rapprocher de celui ci :

    www.agoravox.fr/tribune-libre/article/en-soutien-a-deux-enseignants-d-99827

    Il montre que la caporalisation des enseignants est de tous temps... Il ne fait pas bon désobéir aux ordres ! Alors qu’on cesse d’accabler les lampistes et qu’on cible non les « pédagogistes » mais ceux qui donnent les ordres , régulièrement contradictoires, selon la direction d’où vient le vent politique...


      • The jester 7 septembre 2011 11:32

        Les enseignants sont des fonctionnaires. La fonction publique avec l’emploi à vie à une contre partie !! En tant que tel l’état doit pouvoir les déplacer là ou il en a besoin, Il faut revenir au fondement.


        • CHALOT CHALOT 7 septembre 2011 11:51

          The Jester est clair :
          Il se prononce pour le retour aux déplacements d’office et à l’arbitraire....Il est vrai que tout le monde n’est pas obligé d’être républicain et que certains peuvent être pour la lettre de cachet !???


          • The jester 7 septembre 2011 12:07

            C’est être républicain de savoir pourquoi on a des fonctionnaire protégés ! L’emplois à vie est une compensation d’un déplacement en fonction des besoins. Si ce n’est plus possible l’emplois a vie doit être supprimé.

            Car vous avez beau parler d’arbitraire dans un déplacement en fonction du besoin, mais au moins cela pourrait être plus efficace que la gestion actuelle, ou on retrouve les profs débutants dans des zones difficiles !!!!!
            La gestion des déplacements par les profs eux meme c’est la meme chose que pour les médecins qui se trouvent suffisement intelligents pour savoir ou il doivent travailler !!!! on en trouve trop dans les coins sympa (ou certains ont maintenant du mal a s’en sortir) et 0 dans les zones rurales ou il y a du travail.


          • titi 7 septembre 2011 22:10

            « Il se prononce pour le retour aux déplacements d’office et à l’arbitraire.... »

            Faut se réveiller Chalot.
            Les mutations c’est la réalité de pas mal de gens : militaires, salariés de grands groupes, etc... et ce n’est pas de l’arbitraire : ca fait partie du deal.

            Faut que les enseignants arrêtent de se croire une caste à part et de toujours jouer la victimisation.


          • fabdolette fabdolette 7 septembre 2011 11:52

            ce dernier commentaire a-t-il pour but de justifier les décisions idiotes ?


            • fabdolette fabdolette 7 septembre 2011 11:53

              désolé chalot, mon commentaire était adressé à the jester


              • zelectron zelectron 7 septembre 2011 12:22
                Non à la corporalisation des enseignants !

                • CHALOT CHALOT 7 septembre 2011 12:37

                  Zelectron !
                  qui parle de corporalisation ?
                  Il est question de garanties face à l’arbitraire et pas d’autre chose


                  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 7 septembre 2011 14:56

                    Ah ! le racisme anti-fonctionnaire ! 

                    Tout fonctionnaire est un nanti (Barre l’avait déjà dit) à la botte du pouvoir...Un pion sur l’échiquier de l’emploi...
                    Les Jester ou zélectron devraient lire attentivement les raisons de la sanction qui frappe les enseignants en question et les plaidoyers de ceux qui les défendent avant de balancer leurs condamnations sans nuance...

                    • titi 7 septembre 2011 22:07

                      « Dans le Loir-et-Cher, un enseignant, Philippe Wain, vient d’être déplacé d’office dans « l’intérêt du service » parce qu’il refusait d’utiliser le fichier Base-élèves et de mettre en place les évaluations nationales. »

                      Ca me parait être un minimum !!

                      Je dirait même que vu que cet enseignant n’a pas l’élégance de démissionner malgré son désaccord complet avec l’institution, il doit être viré.


                      • titi 7 septembre 2011 22:11

                        « C’est une opération de « caporalisation »qui a lieu... »Vichy » n’est pas loin »

                        Pathétique et ridicule...


                        • CHALOT CHALOT 7 septembre 2011 22:25

                          Titi a raison de garder un pseudo pour s’exprimer.... !?


                          • titi 8 septembre 2011 07:57

                            Bah Chalot ?

                            C’est votre vision du débat : si quelqu’un un avis divergent c’est un Vichyiste !!!

                            Les fonctionnaire sont au service de l’Etat et pas l’inverse.

                            Que des fonctionnaires trouvent la Creuse plus agréable à vivre que le 9/3 c’est facilement compréhensible.
                            Sauf qu’on a plus besoin d’eux dans le 9/3 que dans le 2/3. Qu’ils ne le comprennent pas relève de la crétinerie pure et simple..


                          • CHALOT CHALOT 8 septembre 2011 08:11

                            C’est le seul gouvernement qui a voulu caporaliser les instits !

                            Quant aux instits ! renseignez vous : le mouvement est départemental et pour changer de département ce n’est pas facile....


                            • titi 8 septembre 2011 09:07

                              Chalot,

                              Et pourquoi n’abordez vous pas le sujet des « pacses blancs » entre élèves d’IUFM (lorsqu’ils existaient encore) pour éviter les mutations...

                              Ce serait interessant...


                            • titi 8 septembre 2011 09:10

                              « C’est le seul gouvernement qui a voulu caporaliser les instits ! »

                              Si, pour vous, appliquer les décisions du ministère dont on relève c’est « caporaliser » alors c’est l’incompétence des gouvernements précédent que vous venez de souligner.


                            • CHALOT CHALOT 8 septembre 2011 09:59

                              Ah Titi !

                              - « pacses » blancs ou mariages pour une sortie en IUFM, c’est le barême qui compte et les deux critères essentiels sont : l’ancienneté et la note  !

                              - il existe des instances pour les déplacements possibles, elles ne sont pas respectées donc c’est le bon plaisir du prince !
                              renseignez vous avant d’écrire !


                              • Elisa 8 septembre 2011 10:45

                                Les fonctionnaires sont au service de l’Etat dans le cadre institutionnel et constitutionnel qui définit leur fonction.
                                En aucun cas ils ne sont au service d’un gouvernement, surtout si celui-ci bafoue les principes précédents.

                                Ainsi en France un enseignant du primaire et du secondaire est tenu d’enseigner les programmes, en revanche il est libre de ses moyens pédagogiques.

                                En aucun cas un enseignant n’est un exécutant, c’est professionnel responsable. A ce titre son statut de fonctionnaire lui permet de ne pas être tenu à faire allégeance à des pressions particulières.

                                Que serait un corps enseignant sous la pression des lobbies locaux ou des changements de majorité ?


                                • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 8 septembre 2011 12:01

                                  Les deux enseignants sanctionnés ont eu le tort de ne pas faire comme bon nombre de leurs collègues : se taire et/ou tricher. Le fichage des élèves et les évaluations ne sont pas les solutions aux dysfonctionnements de l’école ; la majorité des enseignants en est convaincue. Certains se couchent et obtempèrent, beaucoup biaisent, avec quelque fois l’accord tacite de leurs supérieurs hiérarchiques directs. Tant il est vrai que les gouvernements successifs ne sont pas les meilleurs garants de l’intérêt bien compris des élèves dans leur ensemble.

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