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Accueil du site > Actualités > Politique > Non à la laïcité bisounours

Non à la laïcité bisounours

Karl Marx nous l’avait bien dit : la religion, c’est l’opium du peuple. Cette maxime, bien que provenant du fondateur du communisme, n’a en tout cas pas échappé au président de la République ou à ses conseillers. En effet, il ne se passe plus une semaine sans que Nicolas Sarkozy n’évoque ce sujet dans ses discours, comme ce fut le cas à Saint-Jean-de-Latran, à Ryad ou lors du dîner annuel du CRIF. Chrétiens, musulmans ou juifs, personne n’est oublié, chacun a droit à sa petite attention. Il n’y a rien de surprenant à tout cela, ici comme ailleurs, Nicolas Sarkozy fait maintenant ce qu’il a annoncé hier, sa vision est ainsi très clairement exposée dans son livre « La République, les Religions, l’Espérance ». Pour faire court, Nicolas Sarkozy est un partisan de la laïcité bisounours, c’est-à-dire tolérante et naïve.

Qu’y a-t-il en effet derrière le concept de laïcité "ouverte" défendue par le chef de l’État ? Avant tout une volonté de tourner la page des oppositions passées entre les religions, au premier rang desquelles la religion catholique, et la République. Il s’agit de proposer une paix des braves, à laquelle seraient conviés les nouveaux venus depuis 1905, en particulier les musulmans. Au nom de l’égalité, on réclame donc que l’État puisse subventionner la construction de mosquées, comme il l’a fait auparavant pour les églises des catholiques, que chaque confession puisse développer un enseignement privé en France ou encore que chaque religion se dote d’organisations représentatives pour dialoguer avec l’État, comme le Conseil français du culte musulman. Au nom de la menace de choc des civilisations, le président souhaite que la France ait un rôle moteur pour faire entrer l’islam dans la modernité et pour le rendre compatible avec les valeurs de l’Occident. Toutes ces raisons sont louables et du succès de ces entreprises dépend une partie de notre vivre-ensemble, voire de la stabilité géopolitique. En cela, le discours de Ryad est certainement une opération importante et plutôt réussie pour la diplomatie française.

Pour Nicolas Sarkozy, la laïcité s’apparente à la tolérance. Bien entendu cette tolérance n’est pas choquante en soi, mais elle ne suffit pas à définir ce qu’est la laïcité "à la française". En effet, avant de ne favoriser ou de ne subventionner aucun culte, la laïcité exige en premier lieu la séparation du spirituel et du temporel, c’est-à-dire du politique et du religieux. Cela implique que les affaires de l’Église et celles de l’État n’interfèrent pas. Ainsi, il n’est pas du ressort de la République française de chercher à combler le retard de l’islam par rapport au catholicisme sur le plan des infrastructures ou de l’organisation ou de faire entrer l’islam dans la modernité comme il n’est pas du ressort des religions d’imposer leurs rites, leurs traditions ou leurs dogmes dans l’espace public où seul l’État fixe la norme. Dans de très nombreux pays qui se disent laïcs, seule la première condition est respectée et on tolère tout à fait que la religion investisse le champ politique, notamment par le biais du lobbyisme, la France a cette particularité d’exiger une plus grande étanchéité.

Il faut ajouter la naïveté, ou plutôt la fausse naïveté, à la vision sarkozyenne de la laïcité car elle tend à faire croire qu’il n’existe pas de véritable débat entre croyants et non-croyants ou entre laïcs et religieux. C’est un fait que la laïcité s’est imposée en France avant tout contre les religions. Nous sommes, sur ce point, les héritiers directs des Lumières et en particulier de Voltaire. Le mouvement laïc, souvent anticlérical, a cherché à apporter une réponse à sa célèbre interrogation : "N’est-il pas honteux que les fanatiques aient du zèle et que les sages n’en aient pas ?" D’ailleurs, plus que de laïcité, il faut parler en France de sécularisation, c’est-à-dire d’un processus qui vise à désacraliser et à rationaliser des pans entiers de la vie sociale jusque-là investis par la religion. C’est un combat de la raison face à l’obscurantisme, de la vérité contre la croyance, de la liberté contre l’assujettissement. De ce point de vue, la laïcité est, au regard de l’Histoire, un élément essentiel de notre civilisation. Dire cela, ce n’est pas nier l’apport considérable de la civilisation chrétienne, mais justement le replacer à sa juste place : celui du culturel et non du transcendant. A Ryad, Nicolas Sarkozy n’est pas allé jusque-là, même s’il a rappelé avec raison l’importance du passage d’un Dieu immanent, c’est-à-dire dans la nature, à un Dieu transcendant pour libérer l’homme, il n’empêche que ce raisonnement ne suffit pas dans une société laïque comme la nôtre.

Là où le président de la République a franchi le Rubicon, c’est lorsqu’il a prononcé ces mots lors de son discours de Saint-Jean-de-Latran : "En donnant en France et dans le monde le témoignage d’une vie donnée aux autres et comblée par l’expérience de Dieu, vous créez de l’espérance et vous faites grandir des sentiments nobles. C’est une chance pour notre pays, et le président que je suis le considère avec beaucoup d’attention. Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance". En effet, on ne peut pas placer la morale religieuse au-dessus des valeurs républicaines véhiculées par à l’école. Un citoyen est en droit de penser cela, pas un président de la République. Là encore, tout l’héritage des Lumières consiste à mettre sur pied une morale laïque, qui n’ait plus besoin de faire appel à des éléments transcendants pour convaincre les individus de son bien-fondé. Si tel n’était pas le cas, comment ferait-on pour maintenir l’ordre public dans un pays qui compte plusieurs millions d’athées ? On peut donc soutenir tout à la fois, c’est même une nécessité, qu’il faut rationaliser et moraliser les rapports humains.

Il y a une dizaine d’années, trois pays se déclaraient ouvertement laïcs : la France, la Turquie et l’Irak. L’Irak est aujourd’hui livrée aux violences entre sunnites et chiites, la Turquie vient d’élire un président qui refuse que sa femme apparaisse en public non voilée et qui vient d’autoriser l’usage du foulard à l’université, reste la France qui, à dire vrai, était déjà le seul pays authentiquement laïc des trois. En France, il n’y a pas de religion d’Etat contrairement à la plupart des monarchies européennes (Royaume-Uni, Danemark...), les prêtres ne sont pas des fonctionnaires, contrairement à l’Allemagne ou à l’Irlande, il n’y a pas de délit de blasphème comme en Pologne, on ne prête jamais serment sur la Bible comme aux Etats-Unis. Mieux encore, la France est certainement le seul pays du monde à avoir développé l’idée de temple laïc avec le Panthéon : la République a cherché à se sacraliser et à priver petit à petit la religion de ses prérogatives.

Ne nous y trompons pas, revenir sur la loi de 1905, quels que soient les motifs invoqués, ce serait accomplir un acte de dé-civilisation. Les Français ne souhaitent pas cette évolution, ils sont fiers, à juste titre, de ce particularisme qui est si profondément ancré dans l’histoire de notre pays. Ils puniront sévèrement les responsables qui le remettront en cause.


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37 réactions à cet article    


  • Vive la République Vive la République 19 février 2008 10:04

    Retrouvez cet article et beaucoup d’autres sur mon blog http://vivelarepublik.blogspot.com

     


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 février 2008 15:41

      Pas seulement.

      "Dieu" est une réponse aux questions de l’origine du monde et du sens de la vie humaine.

      L’ennui, c’est que c’est une réponse fausse.


    • Méric de Saint-Cyr Méric de Saint-Cyr 19 février 2008 12:45

      Bravo, bien dit, bien écrit. Un tel article mériterait, non point un débat, mais une prolongation dans la dimension psycho-sociologique, voire psychanalytique.

      Angoissant en même temps de savoir que la France reste le seul pays du monde à s’afficher résolument laïc. Pour combien de temps encore ?

      C’est là que l’on prend conscience de l’immense décalage qu’il y a entre l’apparente modernité et les mentalités sclérosées qui fonctionnent encore comme au moyen-âge.

      Croire en Dieu à l’ère de la conquête spatiale, d’Internet et du clonage… Ce sont les marchands de cirage noir qui font fortune (pour obstruer les orifices oculaires).

      Il est toujours bon de se remémorer cette phrase si éclairée et si clairvoyante de Sigmund Freud : « les religions de l’humanité sont des délires collectifs. Celui qui partage l’un de ces délires ne le reconnaît jamais pour tel ».


      • Ornithorynque Ornithorynque 19 février 2008 17:08

        Les athées et les agnostiques sont des gens respectables.

         

        Mais je ne comprends toujours pas pourquoi ils semblent incapalbes de discuter avec des croyants sans commencer par les insulter , arguant que les religions sont des délires, des contes de fées, que les croyants sont des demeurés...

        Est-il possible en tant qu’athée de reconnaitre qu’il puisse y avoir d’autres options aussi respectables et intelligentes que l’option athée ou agnostique ?

         

        De reconnaitre que l’intelligence peut exister aussi hors du choix athée ?

        Ou est-ce vraiment impossible ?


      • Serviteur Serviteur 19 février 2008 19:25

        Le probleme mon cher croyant c’est que quand vous pensez que la vie s’arrete après la mort et qu’il faudrait se bouger pour faire de l’ici bas un "paradis" vous avez une vague tendance à vous enerver lorsque vous rencontrez quelqu’un qui pour supporter la vie a besoin de la béquille mentale fournie par la religion, d’un tuteur pour son esprit afin de ne pas remettre en cause sa condition et le monde dans lequel il vit.

        Les athées considerent que les croyants sont des gens qui n’ont pas encore vu la "lumiere" ou qui en ont peur comment voulez vous qu’ils n’aient pas un peu de dédain envers ceux ci ?

        Serviteur

        ps : moi meme j’ai du mal à pas secouer les gens qui se disent croyants donc je comprend exactement ce que vous voulez dire.


      • Ornithorynque Ornithorynque 19 février 2008 21:18

        J’accepterais cet argument si justement l’essentiel (je n’ai pas dit tous) de ceux qui essaient aujourd’hui de changer le monde, et qui viennent au secours des plus pauvres n’étaient pas des croyants.

        J’accepterais aussi votre argument si il n’y avait pas autant d’esprits brillantissimes parmi ceux que vous dédaignez...

        J’accepterais enfin ces arguments si ils n’étaient pas une caricature : si certaines religions préconisent un détachement en vue d’un meilleur KArma, la religion chrétienne, en revanche, considère que la "vie éternelle " se construit ici et maintenant...

        Pour dédaigner, encore faudrait-il savoir ce que l’on dédaigne : la réalité, ou l’idée que l’on aenvie de s’en faire ?

         Je suis peut être croyant, mais pas complètement con non plus !


      • Serviteur Serviteur 20 février 2008 13:18

        Laissez tomber.

        aider= reparer pas s’attaquer aux racines du mal

        secourir = recruter

        Brillantissime= ?.

        1)Grands pensée religieuse=Reprise des oeuvre de philosophe grecs (pas tout mais une grosse partie)

        2)Pascal peut-être mais son "saut dans l’inconnu",sa foi n’est que l’expression d’une recherche d’un remede a sa souffrance mortelle, peut on penser normalement quand on souffre le "martyr" ?

        Dedaigner la réalité= quelle réalité ?->le royaume terrestre création divine ou boule de matiere agglomérée, descendant d’adam ou descendant de l’arbre (mdr), volonté divine ou aléas, punitions ou défis ?

        Con= devoyement d’un terme designant l’appareil génital féminin donc non je ne vous prend pas pour un con.

        Par pitié cessez de caricaturer les athées, quand vous pointez du doigt il y en a toujours trois qui pointent vers vous (essayer et réfléchissez c’est moins débile que ça ne parait au premier abord).

        Serviteur

        Je n’aime pas les idées que vous défendez mais je ferais l’effort de les écouter, de là à mourir pour que vous les exprimiez hem...il y a un gouffre.


      • mimi 19 février 2008 13:33

        Bel et bon article .merci

        Il est inconcevable de revenir à l’obscurantisme . La laicité ,la république sont les fondements de notre société, les remettre en cause ce serait se dénir .

        La religion est et doit rester dans la sphère privée. NS qui affiche la sienne (sa vie privée) à longueur de temps ne peut et ne doit pas s’en prendre à la notre. Il est évidemment plus facile de gouverner des moutons sages que des gens responsables critiques et doués de raison !


        • 5A3N5D 19 février 2008 13:57

          Information intéressante sur nos gouvernants : selon R.Dati et M.Bertrand, Nicolas Sarkozy n’aurait jamais dit, dans son discours de Latran que, dans la transmission de la morale, l’institueur ne remplacerait jamais le prêtre. Juré, promis, craché !

          En fait, c’est un petit peu plus subtile que cela : selon ces deux mêmes ministres, le président aurait "démenti ces affirmations" lors du diner du CRIF.

          Décidément, on ne recule devant aucun moyen. Espérons que Mme Dati et M. Bertrand, atteints de la maladie présidentielle, connaîtront leur devoir de pénitence suite à cet odieux mensonge. Pas interdit de rêver.

          http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=19758

           


          • Céphale Céphale 19 février 2008 14:40

            Sur la photo, on voit que Benoît est touché, très touché !

             

            Sarko, il touche tout le monde. A quand la Reine d’Angleterre ?


            • Lino Pralino La Praline 19 février 2008 14:45

              Personne n’y a prêté attention mais dans son discours au dîner du CRIF, le Président de la République a bel et bien annoncé qu’il entendait introduire un enseignement religieux à l’école publique. « Bakchich » décrypte le propos présidentiel, qui évoque des rencontres avec des « religieux » engagés, et livre les pièces du dossier.

              http://www.bakchich.info/article2715.html


              • superesistant superesistant 19 février 2008 16:23

                effarant.. effrayant... consternant...

                drzzz sera content, on approche de + en + des néocons....


              • Gilles Gilles 19 février 2008 16:11

                J’ai entendu sarko aujourd’hui, à propos de la télé publique, se lamenter comme quoi il fallait toujours qu’en France on s’inspire de ce qui marche mieux ailleurs. Pour dire qu’en France on a même plus d’idées..... Sarko pas aimer et lui vouloir que la France donne l’exemple dorénavant, non mais !

                Mais ce concept de laïcité à la française, de sépraration totale entre cultes et république, n’est-il pas un vrai exemple pour nos voisins ? N’a t-il pas déjà servi d’inspiration, aux trucs notamment ?

                Le modèle républicain refusant de reconnaitre les différents groupes (ethniques, religieux...) ne sert-il pâs aussi de source d’inspirations aux anglais, américains, qui voit leur système communautariste péricliter (c’est eux même qui le disent ?)

                La sécurité sociale universelle, bien qu’une perte de vitesse, fût un modèle dont d’aucun veulent encore s’inspirer

                Pourquoi vouloir les démanteler alors, si d’autres à l’Etranger pensent que ce sont de grandes idées ?

                J’ai comme dans l’idée que pour cette race de néo-cons à la française, tout ce qui est français est forcément mauvais. c’est vrai quoi, écoutez les, rien ne marche, rien ne leur plait à cette clique. Ni la télé, ni le code du travail, ni la laicité, ni le modèle républicain, ni les syndicats, ni la sécurité sociale, ni rien..etc etc etc MAUVAIS FRANCAIS


                • Ornithorynque Ornithorynque 19 février 2008 17:41

                  "Financer le contruction de mosquées comme il l’a fait auparavant pour les églises catholiques"

                  L’état Français n’a jamais financé la construction d’églises catholiques, il assure l’entretien des édifices religieux construits avant 1905, notamment dans une optique de préservation du patrimoine historique et artistique.

                  tsst tsst... il ne faut pas dire n’importe quoi...


                  • chabou chabou 19 février 2008 17:54

                    personnellement- je pense qu’il n’est pas necessaire de s’appuyer sur une religion pour avoir une certaine morale

                    Confusius en l’an -400 - 500 avant Jesus Christ enoncait cette verite qui je pense s’impose a tout le monde et qui est en partie reliee par certaines religions "Ne fait pas a autrui ce que tu ne voudrait pas qu’on te fasse"

                    Lorsque les religieux voudront bien se pencher sur le fondement des religions , peut etre qu’elles seront plus credibles, je precise que ces paroles ont ete reprises par jesus Christ,

                    quant a la reference a Dieu, disons nous simplement que toute la creation est de nature divine, ce qui dissipe aussi beaucoup de malentendus, mais qui nous fait comprendre aussi que toute la creation est de meme nature, amour et lumière

                     


                    • Blé 19 février 2008 19:04

                      Je veux juste apporter une petite précision. En Alsace Moselle nous sommes sous le régime concordataire.

                      Si les parents ne veulent pas que les enfants suivent le cathéchisme, il faut qu’ils fassent une démarche auprès de l’école public car les cours de cathéchisme sont inclus dans le programme scolaire. Prêtres et pasteurs sont rémunérés par l’état, le vendredi Saint et le 26 décembre sont des jours chômés et payés.

                      Ceci pour dire que la laïcité n’est pas uniforme en France.

                      Parcontre dans ces mêmes départements où la laïcité est mise à mal, le régime de sécurité social local nous permet d’être remboursé à 90% sur les consultations et les médicaments, kiné, dentiste ; notre salaire est payé intégralement en cas d’arrêt maladie. La caisse n’est pas déficitaire.

                      Personnellement, je suis pour la séparation stricte de l’église et de l’état car si l’état n’a pas les moyens d’étendre à toute la France le régime local de sécu, je ne vois pas pourquoi l’état aurait les moyens de construire des mosqués. Au niveau de la santé, la solidarité "Républicaine" ne doit connaitre aucune confession mais que l’être humain.

                       

                       

                       


                      • Pierre Boisjoli Pierre Boisjoli 19 février 2008 22:36

                        La France croit a tord, d’avoir tout inventé en devenant laique. Les athés refusent tout dialogue constructif sur les religions. Pourtant, mon expérience leur sautera aux yeux lorsque viendra mon heure de gloire. Vous ne perdez rien pour attendre.


                        • tannhauser72 20 février 2008 00:46

                          Il faut arrêter la paranoïa... certains ont ici au moins deux siècles de retard. Quand cessera-t-on ce jeu de garnements effarouchés, d’adolescents attardés ? La laïcité n’est pas une vache sacrée. Le religion fait partie de l’homme. S’il n’en faisait pas partie, vous ne seriez certes pas embêtés avec cette dimension incontournable, mais c’est un fait : il faut être réaliste, en adhérant à une anthropologie saine, en admettant toutes les composantes de l’être humain. Oui, le religieux est là, oui il peut servir. Il peut arriver que le fait religion soit mal utilisé, mais il élève l’homme (ce qui ne saurait être le cas de l’athéisme, par lequel l’homme se vautre allègrement).

                          Sarko n’a pas parlé d’enseignement religieux à l’école, il faut se garder des interprétations hasardeuses. Et bien bien même celoa serait le cas ?


                          • chabou chabou 20 février 2008 09:18

                            T’as rien compris , etre athee ce n’est pas etre contre les religions , c’est avoir etudie toutes les religions pour ce rendre compte que le maitre en matière de pensee etait confusius, notion de liberte de respect envers tous et envers le tout, cette notion a d’ailleurs ete reprise par jesus christ preuve que les religions s’appuie sur des elements de l’histoire, la notion de religion ne peux s’appuyer que sur l’histoire rien que l’histoire, la notion de Dieu est une notion abstraite, qui a ete fabrique par l’homme et n e saurait donc etre une notion concrete reelle, l’ensemble du cosmos est de nature divine, ca personne ne peut le nier, mais cette nature divine s’appelle amour(reproduction) et lumiere(conditions ideales a la reproduction), il n’y a rien la dedant de manifestation d’un dieu quelconque il n’y a juste que des conditions de l’atmosphere terrrestre qui permet la vie et la vie c’est le respect pour tous, et aucune personne ne peut se pretendre par sa religion etre superieure a une autre, la france a instaure le principe laic chaque etre qui nait a les memes droits que tous les autres, que l’ensemble des populations du monde entier applique ce principe, liberte pour tous homme femme enfants, et le monde pourra peut etre s’enneogueillir d’avoir trouver la facon de vivre tous en harmonie, ca implique que cessent les pratiques barbares pratiquees en l’absence de toute notion medicale sur le corps des enfants,, que les enfants puissent en toute connaissance de cause construire leur avenir, ca implique aussi que la femme est l’egale de l’homme et que la liberte des femmes doit etre respectee partout dans le monde

                            les religions la de dedans, qu’elles se penchent sur leurs fondements et revoient leur copie, mensonges et trahisons ne font pas partie de l’histoire de la verite


                          • tannhauser72 21 février 2008 00:43

                            Allons donc, déjà quand on lit cela, on a envie de coller à tous les athées une bonne interro sur ce qu’ils prétendent avoir "étudié". La notion de "diivinité" n’est pas plus abstraite que celle de "démocratie". Il n’est pas sûr que ceux qui se prétendent "athées" sachent vraiment définir le concept de "divinité". affirmer que ce concept est abstrait et qu’il n’a aucune réalité, cela montre que l’on ne s’est pas interrogé en profondeur. Aussi certains affirment-ils, en quelque sorte, que Dieu est un signifiiant sans signifié. Il ya ceux qui savent de quoi ils parlent à propos de Dieu, et les autres qui rejettent cette idée comme abstraite, tout simplement parce qu’ils ne maîtrisent pas le sujet. Le plus amusant est leur prétention, la prétention d’avoir "étudié toutes les religions". On sait très bien ce que cela donne comme connaissances ! que des approximations.


                          • eric 20 février 2008 07:03

                            Article clair, précis, honnête, présente bien les positions respectives sans (trop) les dénaturer des croyants en Dieu d’une part, des "croyants en la laïcité " d’autre part.

                            Vous illustrez bien le livre de Marcel Gaucher sur la religion dans la démocratie. Lui explique la déshérence de cette forme « sacramentelle » de laïcité ’ sacraliser la République, "temple" laïc) et une certaine angoisse de ses partisans, par le dépérissement de l’adversaire.

                            Cependant, même reproche que d’habitude.

                            Ethnocentrisme : au terme de cet article, il ressort qu’il ne saurait y avoir de civilisation qu’en France ou à la rigueur, dans le temps, partiellement, en Irak et Turquie.....

                            Socio centrisme : certains laïcs sont très attachés a cette vision combative du compromis laïque dire que "les français sont attachés..." est un peu rapide. Une bonne petite moitié des français sont encore liés à des églises d’une manière ou d’une autre et s’ils adhèrent au pacte laïc, ils en ont une vision modérée. Pour le reste, ils se partagent entre une grosse majorité de sans doute peu intéressés par la question et plus ou moins partisans d’un begnign neglect et une petite frange de réels laïcs de combat.

                            Même erreur sur 1905 qui n’est pas le fondement d’une république laïque mais le compromis accepté par les différentes parties d’une cohabitation et d’une collaboration apaisée après une lutte forte. Les églises sont en général partisanes d’une loi de 1905 mieux respectée par les administrations. De vrais laïcs de combat devraient être partisans d’une évolution de la loi notamment en ce qu’elle fait de l’Etat le garant du droit des églises à l’expression publique.

                            Habituelle controverse Marx Lénine, si la raison est en marche de façon inéluctable, et tant que les conditions matérialistes d’existence de « l’obscurantisme religieux », qui n’est qu’une superstructure existent, lutter contre la religion en tant que telle n’a pas de sens et pas d’utilité. Quel intérêt de lutter contre les effets plus que contre les causes ?

                            D’une manière générale, impression que vous et ceux qui pensent comme vous, passez presque plus de temps à lutter contre les religions que pour la raison.

                            Or il y a clairement un dépérissement de la morale laïque que vous appelez de vos vœux. Dans les banlieues à problèmes, les laïques ont déserté. Ils ne restent que sous la forme de spécialistes rémunérés par l’état, pratiquement plus comme citoyens bénévoles engagés. Cela contribue au succès des islamistes, évangéliques et autres. Il n’y a personne en face ou ceux qui restent sont décrédibilisé par le fait qu’ils en vivent.

                            Dans la série d’article qui est sortie ici sur la laïcité, je ne trouve pas trace du souci de refonder une morale laïque. La résurgence d’un « souci » religieux, n’est vraisemblablement pas indépendante d’ un certain abandon du champ et des pratiques éthiques par les laïques.

                            Dans le meilleur des cas, il reste un discours politique, mais non éthique. Partisan et non susceptible de provoquer l’adhésion collective au delà des engagements partisans. Vu de l’extérieur, il me semble que là devrait être la principale préoccupation des laïques, plus que la lutte contre la religion.

                            Pourquoi l’éducation nationale fortement marquée par la tradition laïque, n’envoie dans les banlieues difficile que les enseignants débutants au motif- politique- qu’ils ne sont pas à même de remédier aux mots provoqué par le marché, quand les imams et pasteurs vont faire du soutien scolaire comportement éthique de solidarité.

                             

                            Une certaine inconscience sur le rapport de force. Les seuls protestants évangéliques sont plus nombreux que l’ensemble des mouvances « très laïques » militantes. Ils sont en moyenne plus jeunes, plus engagés, plus dynamiques dans tous les domaines, et notamment dans l’action sociale.

                            Ils sont très attachés à la laïcité et notamment à la loi de 1905 à la rédaction de laquelle leurs grands pères ont pris une part déterminante, mais avant de leur chercher des poux dans la tête, au travers d’une interprétation très stricte, très anti cléricale de la laïcité républicaine il n’est sans doute pas mauvais de se souvenir qu’ils ont résisté victorieusement à tous les régimes matérialistes athées officiels.

                            « C’est un combat de la raison face à l’obscurantisme, de la vérité contre la croyance, de la liberté contre l’assujettissement » dites vous

                            Aborder le débat dans ces termes est une invite à la guerre, une forme d’inculture peut être aussi, car après tout dans de nombreuses circonstances historiques, et notamment sous le socialisme réel, les églises se sont avéré les remparts de la raison de la vérité et de la liberté face à des régimes totalitaires sans être religieux. Le syndicalisme libre en Pologne fut possible grâce au catholicisme. La morale laïque, elle, ne semble pas y avoir trouvé de moyens de résistance collective au totalitarisme.

                            En ce qui concerne nos compatriotes de confession musulmane, souvent peu au fait de l’historique de notre laïcité et notamment de l’enflure du discours qui caractérise parfois les parties en présence, présenter les choses de cette façon est quasiment un appel à la guerre de religion.

                            En définitive, et si je puis me permettre, et à nouveau vu de l’extérieur, il me semble que l’urgence serait  une « laïcité positive » pour vous c’est-à-dire une laïcité qui propose quelque chose à la société sur le plan éthique et dans les pratiques et non négative, c’est-à-dire uniquement en lutte par principe contre les religions.

                            Sauf bien sur si le but réel est « d’aviver les contradictions sociales pour accélérer la chute du vieux monde », mais alors notre expérience historique montre que ce genre de démarches a vite fait de sortir du monde de la raison….

                             

                             


                            • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 20 février 2008 09:19

                              Votre "laïcité positive", c’est la superstition. Elle est déjà au pouvoir dans le discours, c’est à dire la comm.

                              Vous voyez les résultats sur vos enfants actuellement.


                            • eric 20 février 2008 09:21

                              A omnivor

                              Je n’ai pas du etre assez clair je parlais de donner un contenu positif à la laïcité pas du concetp Sarkozien


                            • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 20 février 2008 09:36

                              Donner un contenu positif à la laïcité, c’est sauter au maximum jusqu’à la superstition. Elle est au pouvoir, c’est l’esprit de la meute haineuse, qui massacre la liberté individuelle, et celle de nos enfants.

                              Il y a beaucoup mieux et c’est gratuit.

                              Ce qu’il faut, c’est rabattre la laïcité au rang de tiers état (le ’code de la route’ quoi), privilégier une vraie église comme référent moral disponible pour tous et en public, et fouetter une race de militaires enchainés à la souveraineté de la nation.

                              Faute de ça, c’est l’horreur baveuse actuelle.


                            • eric 20 février 2008 09:45

                              A leon ( cul calamiteux, ? (un des antonyme de bénit), de vraie gauche ? je crois qu’il ne faut plus dire extrême° ? )

                              Bonjour ! Ravi de vous voir car quand ce n’est pas dans des remarques sur mes post, vous dites souvent des choses raisonnables.

                              J’avais compris !

                              Je préfère moi aussi vivre dans la France laïque que dans la Pologne catholique, mais là n’est pas la question que je soulevai.

                              Je remarquai simplement d’une part que l’opposition laïque au totalitarisme en Pologne fut groupusculaire ( Michnik ,littinski, quelques personnes...)

                              D’autre part je posai une question, quelle ethique et pratique de la laïcité militante aujourd’hui, pourquoi le mouvement laïc s’est il retiré du terrain social ( Voir Anne Tristan, Perrineaud etc...) et n’est il pas urgent pour des laïcs de travailler sur ces questions autant même que de lutter contre le religieux ?


                            • eric 20 février 2008 10:01

                              A omnivore

                              Sur laïcité et superstition, l’excellent livre de Clémentine Portier Kaltenbach Histoire d’os et autres illustres abbatti, dont on a pu lire la critique sur AV donne toutes sortes d’informations très savoureuses sur le "temple laïc", le panthèon dont nous parle cet article. Il y a un certain paradoxe à lier culte des morts et lutte contre l’obscurantisme. Les laïques qui s’y prêtent marquent un certain retard par rapport par exemple au protestantisme, assez indifférent aux dépouilles mortelles. Le livre de Murray sur le 19éme et les liens entre ésotérisme et socialisme. Cependant je ne crois pas que l’on puisse généraliser cela à l’ensemble de la pensée laïque.

                               


                            • Emile Red Emile Red 20 février 2008 11:32

                              @ Eric

                              "pourquoi le mouvement laïc s’est il retiré du terrain social "

                              Parceque la laïcité doit être garantie par l’état, et celui-ci ne joue pas le jeu comme il ne le joue pas pour la santé ou l’éducation, or où voit-on les prosélytes s’installer, bien evidemment dans les trous sociaux laissés par un état volontairement déficient.


                            • eric 20 février 2008 11:59

                              A Emile red

                              Autrefois, il existait des amicales laïques, des associations populaires avec des bénévoles et pas toujours subventionnées. Est ce à dire que pour les gens qui les animaient, dorénavant l’état doit toujours prendre le relais ? Quid de l’action civile ciotyenne ? Et leur disparition, est ce une monté spécifique de l’individualisme dans les milieux concerné, une migration géographique ? Un changement de philosophie.

                              Je me souviens que pour les soupes de nuits, à l’armée du salut, nos collègues du secours populaire semblaient avoir de gros pb de recrutement. Au restaux du coeur, il y avait, à la base, surtout des catho Pourquoi ? Qu’est ce qui a changé chez les laïques ?


                            • Emile Red Emile Red 20 février 2008 12:20

                              Pas toujours subventionnée, c’est vrai, mais autrefois les salles municipales étaient gratuites, les écoles ouvertes, le personnel accompagnant (f.o.l., léo lagrange, etc...) à disposition.

                              Autrefois les gens ne regardaient pas le centime dépensé dans une kermesse une fête ou autre animation, maintenant le centime se compte. Même réflexion pour le temps, lorsqu’autrefois un seul des parents subvenait au besoin familial, l’autre participait au tissu social.

                              Discutez avec n’importe quel responsable de club sportif, vous verrez que les parents ne sont plus motivés car ils n’ont plus les moyens, sont fatigués et que les assos deviennent comme l’école d’immenses garderies permettant un tant soit peu un minimum d’intimité introuvable en temps normal.

                              Le différentiel qui existe, peut-être, entre les "religieux" et les laiques dans le milieu associatif n’est pas évident, il semble que ce soit les attirances qui sont différentes, les assos culturelles par exemple sont peu fréquentées par les religieux militants, idem les clubs sportifs, je tends à croire que les "religieux" vont plus dans la "bonne action" et les laïques dans la réalisation.


                            • stephanemot stephanemot 20 février 2008 09:10

                              -

                              Je vous trouve bien naïf : Sarkozy ne propose pas de la "laïcité bisounours" mais la fin de la laïcité. Et s’il prêche la tolérance, c’est de permissivité envers les fondamentalistes qu’il est question.

                              Son projet revient à faire tomber les remparts de la démocratie et réintroduire le fait religieux au coeur de la société et du débat politique pour réveiller des haînes pourtant calmées depuis un siècle dans le seul objectif de jeter de l’huile sur un feu déjà passablement violent (cf montée des intégrismes au-delà des Islamistes, retour en force des fondamentalistes chrétiens).

                              Là où vous voyez des bisounours, je vois le loup dans la bergerie.

                              -

                               


                              • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 20 février 2008 09:27

                                Le loup laïciste est déjà dans la bergerie. Il faut l’en faire sortir.

                                Président Sarko roule sur du velour sur ce point. Vous lui ouvrez un boulevard.


                              • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 20 février 2008 10:25

                                “la plupart de nos élèves sont des animaux” :

                                C’est sur un blog de prof et ça date d’hiers. . (en commentaire, et merci à françois desouche pour le tuyau. N’hésitez pas à lire l’article de qques lignes lui même qui a suscité ce commentaire... et pensez à Charlemagne et ce que vous en avez fait.)

                                Ils sont des animaux, et ce n’est pas une question de race, c’est une question de laïcisme au pouvoir. Public. On ne lutte pas cointre les mauvais esprits par le laïcisme.

                                Sarkozy le cynique n’a qu’à le répéter et il sera réélu... à cause de l’agoraconnerie présente ’de gouvernement.’


                                • chabou chabou 20 février 2008 11:25

                                  et je rajoute ceci, si l’enseignement religieux devait etre enseigne a l’ecole laique, comment ferons nous pour enseigner que jesus etait fils de dieu, ce serait integrer une notion abstraite dans un enseignement concret, je crois savoir par ailleurs que jesus souffrait de delires mystiques, au 21e siecle ces troules relevent d’une pathologie medicale,


                                  • Emile Red Emile Red 20 février 2008 12:22

                                    Pire, y aura-t-il un enseignement de l’athéisme ?


                                  • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 20 février 2008 12:32

                                    @ chabou : enseigner la description scientifique du Linceul de Turin. Complète bien sûr. C’est le ’cinquième évangile.’

                                    D’autre part les quatre premiers sont parfaitement intelligibles aussi.


                                  • Albert Ricchi Albert Ricchi 20 février 2008 22:03

                                    Attention aux apparences qui sont souvent trompeuses...

                                    Aujourd’hui encore, la France se distingue par son exception concordataire en Alsace et en Moselle, qui constitue un véritable scandale dans la République. Le maintien du statut clérical d’exception favorise outrageusement les cultes « reconnus » : catholicisme, luthérianisme, calvinisme, et judaïsme. Plusieurs milliers de religieux sont payés à des indices de la fonction publique, ce qui représente un détournement de près de 40 millions € pour financer les religions !

                                    Elle se distingue aussi par son financement public à des enseignements à caractère privé. Le gouvernement verse au titre des lois Debré-Guermeur-Rocard, en remboursement des salaires des maîtres du privé, la somme de 7 milliards € à l’enseignement privé. Cette somme détournée de sa mission d’origine, l’Ecole de la République, représente l’équivalent de 200 000 postes d’enseignants (charges comprises) !


                                    • Parrison Parrison 21 février 2008 10:15

                                       

                                      Article très bien écrit, très "empathique"..... mais sur le fond, je crois que vous vous fourvoyez grandement...

                                      Contrairement à ce qu’on veut me faire croire, je ne vois aucunement notre homme comme un laïc, ni comme un pacificateur, ni comme un rassembleur, ni comme un être de tolérance et de compassion, ni même comme un croyant (jene dis pas chrétien), ni même comme un amoureux. 

                                      Cette accumulation de "bons sentiments" affichés, clamés, réitérés ne me convainc pas.... bien au contraire, je n’y vois que l’amorce de la discorde générale pour bientôt.... !

                                      Resaissons-nous de grâce..... !!!!!

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