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Non au délit de Blasphème !

Quelle que soit l'appréciation que nous pouvons porter sur l'initiative prise par Charlie Hebdo de publier des caricatures, nous devons défendre la liberté d'expression de ce journal.

Le droit au blasphème est un droit inaliénable.

Ici en France, c'est demain une condamnation judiciaire qui menace le "contrevenant" si une loi "anti blasphème est votée....

Dans d'autres pays c'est une condamnation à mort qui attend ceux et celles sui blasphèment.

Sur la photo jointe à cet article, on voit Asia Bibi, chrétienne du Pakistan, condamnée à mort pour blasphème.

Les plus importantes associations laïques françaises ont décidé, d'agir de concert contre les menaces qui pèsent sur nos libertés de pensés et d'expression.

Les autorités religieuses de différentes confessions ont décidé d'agir à tous les niveaux, politique et judiciaire notamment pour interdire le blasphème devenant un délit passible de poursuites devant les tribunaux.

Il fallait absolument que tous ceux et toutes celles qui se réclament de la laïcité affirment leur volonté de ne pas accepter l'irréparable.

Le Communiqué unitaire a le double mérite, de fixer les enjeux du combat démocratique et de montrer concrètement comment est menée la campagne des intégristes et de leurs alliés

Il met à nue les complicités de l'Union Européenne.

Voici ce communiqué :

Non au rétablissement du "délit de blasphème" !

Oui à son abrogation, là où il subsiste !

Depuis 1999, l'Organisation de la Conférence Islamique, dont le siège est à Djedda (Arabie saoudite) et qui réunit 57 Etats, réclame la conclusion d'un Traité international définissant et réprimant le « blasphème ».

A la suite de l'affaire de la bande-annonce provocatrice d'un film, dont les véritables commanditaires ne sont pas encore connus, mais qui s’inscrit dans le prétendu « Choc des Civilisations » et de manifestations, parfois meurtrières, mais toujours soigneusement coordonnées, l'Organisation de la Conférence Islamique a promu à l'ONU un texte (repoussé in extremis) invitant à réprimer : " Le fait de prendre pour cibles les symboles religieux et les personnes vénérées"

Au même moment, en Grèce, pays où le délit de blasphème existe toujours, un jeune citoyen a été incarcéré pour s'être moqué d'un prétendu "saint" du christianisme orthodoxe sur un site Internet.

Le 27 septembre, la Douma russe, approuvée par les autorités orthodoxes et musulmanes, a adopté un renforcement de la répression sur le même sujet.

En Inde, les autorités catholiques viennent de reprocher, à la censure, de ne pas sévir contre un film de Bollywood "dénigrant le catholicisme".

En France, des milieux catholiques réclament, à l’occasion de pièces de théâtre ou d’expositions jugées « blasphématoires », l’interdiction de leur diffusion.

Un peu partout en Europe, le « délit de blasphème » est toujours présent dans les législations, même si la force des opinions publiques attachées à la liberté de conscience, empêchent qu’il soit utilisé. En France même, en Alsace, il a été appliqué, il y a des années, contre des militants d’Act-Up, en vertu du Code pénal allemand qui continue de s’appliquer en Alsace-Moselle.

Et, c'est dans cette période, où l'Union Européenne, par l’intermédiaire de sa Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Ashton, a décidé de signer un communiqué avec l'Organisation de la Conférence Islamique, le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes et le Président de la Commission de l'Union africaine, un communiqué qui dit : "Nous croyons en l'importance de respecter tous les prophètes, quelle que soit la religion à laquelle ils appartiennent."

Cette position ne peut que faciliter les atteintes à la liberté d'expression et le renforcement de la répression, elle met en danger, et pas seulement en Europe, toutes les législations séculières ou laïques, organisant ou protégeant la liberté de conscience, de presse et création. Elle constitue un danger pour les libertés et la sécurité physique de tout un chacun, car c'est la porte ouverte à un arbitraire total.

Les organisations, soussignées, demandent le retrait de cette déclaration, elles exigent la cessation des poursuites contre toutes les personnes inquiétées au titre du très réactionnaire « délit de blasphème  ».

Associations signataires :

  • Fédération nationale de la Libre Pensée française (FNLP)

  • Ligue de l’Enseignement

  • Ligue des Droits de l’Homme (LDH)

  • Union Rationaliste

  • National Secular Society (Royaume-Uni)

  • Libre Pensée du Luxembourg

  • Association Nationale de la Libre Pensée Italienne « Giordano Bruno »

  • La Libre Pensée de Grèce "Les amis d'Hypatie"

  • Association Belge des Athées

  • Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL)

  • Mouvement « Europe et Laïcité » (CAEDEL)

  • Union des Athées

  • Association « Laïcité-Liberté »

  • Centre pour la liberté de recherche ONLUS (Italie) »

 

Ce texte unitaire a le mérite de poser les jalons d'une bataille nécessaire et même indispensable contre le délit de blasphème dans tous les pays.

Il est certain que tous les laïques, qu'ils soient musulmans, juifs, chrétiens, athées ou agnostiques se reconnaissent dans ce communiqué

Jean-François Chalot




par CHALOT (son site) lundi 8 octobre 2012 - 41 réactions
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  • Par Innsa (---.---.---.11) 8 octobre 2012 10:43

    Que pensez vous du fait qu’on ait le droit de parler de shoah que dans les termes de loi Gayssot ? Un historien qui ferait des recherches qui contrediraient la loi Gayssot n’a pas le droit de les publier, au risque de se retrouver devant les tribunaux.

    Est ce la liberté que d’interdire par la loi le droit de discuter d’un événement historique ?

    Que pensez vous du fait qu’on ait le droit de parler de l’esclavage que dans la cadre de la loi Taubira ? Est ce la liberté d’expression que d’obliger tout le monde à ne parler d’un événement historique que dans un sens ?

    Que pensez vous du fait qu’on ait le droit de parler de la drogue qu’en la condamnant ? Est ce la liberté d’expression que d’interdire à quiconque de dire que le cannabis par exemple pourrait avoir des effets positifs pour les malades du cancer ou de la sclérose en plaque ?

    Si vous voulez parler de liberté d’expression pourquoi ne jamais parler d’une liberté totale d’expression sur tous les sujets ? Pourquoi défendre le droit de dire tout ce qu’on veut sur la religion et ne pas défendre le droit de dire tout ce qu’on veut sur tous les sujet ?

    Le jour au vous défendrez la liberté d’expression sur la shoah, l’esclavage, la peine de mort, les drogues etc. je pourrais penser que vous défendez une véritable et totale liberté d’expression. Tant que vous défendez la liberté de parole uniquement sur la religion, je penserais que vous avez une conception à géométrie variable sur la liberté d’expression.
  • Par sampiero (---.---.---.129) 8 octobre 2012 14:02
    sampiero
    Bonjour
    Il parait naturel de railler des croyances débiles qui depuis des milliers d’années n’ont jamais vu l’ombre du moindre signe de réalité (quelle est la bonne ?) , surtout quand elles sont néfastes et dramatiques pour l’espèce humaine au point de causer des millions de morts inutiles.

    Finalement, tous ces dieux s’ils existent, ne peuvent être bons puisqu’ils n’ont causé que les pires tourments aux êtres humains.

    s’il fallait croire en quelque chose, il serait peut-être plus judicieux de penser que c’est plutôt un diable qui mène le monde.

    rappelons nous l’épisode de la sortie d’Égypte : « laisse sortir mon peuple », demanda Moise au pharaon.Dieu endurcit le coeur de pharaon pour qu’il refuse..... etc
    puisqu’il est tout puissant il aurait pu lui faire dire oui, puisqu’il s’agissait de sauver son peuple soit disant « élu ». Bref, que des billevesées.

    Pour autant il parait inutile d’exciter des fous quand ils sot en pleine période de crise, actes gratuits qui peuvent avoirs de terribles conséquences.
    Même si leur dire qu’ils déconnent est une simple vérité. surtout quand ça risque de provoquer aussi des morts bien inutiles qui ne font avancer le schimblic en faveur de personne ;
  • Par le naif (---.---.---.137) 8 octobre 2012 10:23
    le naif

    D’accord, alors il faut reconnaitre le droit au blasphème et la liberté d’expression pour tout le monde.... Ce combat ne peut pas être à géométrie variable...

    Je n’ai pas souvenir que toutes ces belles associations aient soutenu la liberté d’expression de Dieudonné... simple exemple au hasard smiley

    En l’espèce Charlie Hebdo, ne défend pas la liberté d’expression, mais les thèses néo-cons du choc des civilisations.... et accessoirement essaye de relancer ses ventes en créant le Buzz....

  • Par Michel Maugis (---.---.---.183) 8 octobre 2012 19:18
    Michel Maugis

    @Chalot


    Ah cette manie, très bourgeoise, d’ assimiler toute critique à une atteinte à la liberté d’ expression !


    C’ est un peu trop facile. C’ est en soi porter atteinte à la liberté d’ expression, celle de critiquer des expressions émisent au nom de cette liberté, qui comme toutes les autres doit être limitée.


    Je n’ ai toujours pas vu une atteinte à la liberté de Charlie Hebdo de s’ exprimer, dans les critiques qui lui ont été faites.


    Porter atteinte à la liberté d’ expression est selon vous un blasphème.


    Pourtant : « Le droit au blasphème est un droit inaliénable. » Selon vous, je précise.


    C’est un non sens de vouloir sacraliser un droit, car comme tous les droits il entre en contradiction et compétition avec d’ autres droits et devoirs encore bien plus prioritaires, et sacrés.


    Comme l’obligation morale de ne pas endoctriner une population pour qu’ elle accepte de faire une guerre injuste à une communauté. C’est ce que fait Charlie Hebdo, sous ordre du Grand Capital qui en a besoin de cette guerre. Charlie Hebdo n’ est pas libre, il est contrôlé par le Grand Capital du FUKUS.


    Charlie Hebdo est volontairement raciste, dans le contexte actuel de volonté guerrière de notre crapule de président ( j’ use vraiment ma liberté d’ expression, moi)


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