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Accueil du site > Actualités > Politique > Nouvel ordre politique : décrypter, explorer la pensée économiste

Nouvel ordre politique : décrypter, explorer la pensée économiste

Ceux qui veulent comprendre les évolutions se tramant sans dépenser trop de temps sont invités à lire le dernier billet d’Eric Le Boucher intitulé Ce qu’il faut faire, dans Le Monde du 22 octobre. C’est clair, synthétique et sans équivoque, du pur « économisme ». Le monde, dit-il, est entré dans une phase d’accélération, de course productive et d’échange. Trois caractères déterminent les tendances, une augmentation fulgurante des progrès technologiques, une généralisation des échanges (que les intellectuels comme l’opinion nomment mondialisation) et la mise en place d’un nouveau capitalisme, dit patrimonial, accordant la prééminence à l’actionnariat. Effectivement, le trait est parfaitement net. Les choses se passent bien ainsi et quand Eric Le Boucher évoque l’obsolescence de l’ancien deal entre capital et travail, il ne fait que signaler l’abandon progressif du capitalisme fordien. Avec comme changement radical, la nécessité de bouger, de courir, de s’adapter plus vite que la concurrence.

Un peu plus loin, l’auteur dénonce les archaïsmes de Mitterrand et de Chirac, en exhortant les politiques actuels à faire preuve de réalisme, à réduire la rente étatique, à développer la recherche, l’innovation, la création, et ceci afin de rééditer le succès des Trente Glorieuses promues par un Servan-Schreiber attentif au défi américain. En résumé, il faut suivre le rythme imposé par les Etats-Unis, ne plus s’accrocher à une situation mais prendre note de la vitesse et y aller, à l’instar d’un véhicule qui, pour se faufiler dans la circulation fluide d’une autoroute, doit acquérir une vitesse convenable sans la bretelle d’entrée. Le capitalisme fordien (gaullien) de papa est dépassé, nous dit Eric Le Boucher. Nous devons produire, augmenter la productivité, le travail, la croissance et cet impératif doit être expliqué par nos politiques qui doivent faire œuvre de pédagogie. Il y a une réalité économique et technique qui s’impose à nous et qui est incontournable. Si on refuse de jouer le jeu, les autres empêcheront la mise. De ce fait, le politique n’a plus à inventer un projet de société mais à faire en sorte que la société soit réformée pour cadrer avec les règles de ce jeu international. Fluidifier, performer ! Réformance et performance sont les deux pôles du monde hypermoderne !

Au sein de cette programmatique, l’homme semble s’estomper, sauf considéré comme ressource formée et employable. La croissance, la compétition forcée, la vitesse, le travail, le progrès technologique, la satisfaction des actionnaires, toutes ces choses lui sont imposées comme seul horizon. Naturellement !

Je reprends une perspective historique. Une période antique puis médiévale ne dissocie pas les faits et les valeurs (voir Strauss). Notre monde contemporain, préparé de longue date, culminant quelque part entre 1830 et 1960, fonctionne sur la base des sciences politiques modernes adossées à diverses idéologies. Scientisme, positivisme, nationalisme, socialisme, libéralisme, communisme, fascisme, nazisme. Voilà, pour faire court. Ce qui relie ces pans de notre histoire, c’est le doublet entre les faits actions événements et le dispositif idéologique qui a remplacé celui des valeurs classiques. Les politiques se sont faites en mettant l’homme au service d’une fin qui le dépasse, l’englobe, souvent l’instrumentalise, mais s’organise autour d’un sens mettant l’humain comme horizon. Quel que soit le jugement que l’on peut porter (et on sera sévère face aux totalitarismes), toute idéologie sert un système humain sublimé. La race, la souveraineté nationale sécularisée, la lutte des classes, le souci du collectif et de l’équité, le progrès comme œuvre du génie humain, et l’émancipation de l’individu, proposée dans le communisme à titre collectif et dans le libéralisme à titre individualiste. Quand un dispositif idéologique soustend la politique dans un état démocratique, nous sommes dans la situation de la démocratie représentative. Le domaine des discussions, débats, réflexions, parle du réel mais reste autonome dans son économie idée. Le réel doit changer conformément à l’idée. Voilà la base de la démocratie représentative. Et l’idée est au service du peuple, de la nation, des gens.

Dans les années 1960 le philosophe Habermas identifie l’avènement d’une idéologie distincte des précédentes. La science et surtout la technique ont peu à peu recouvert l’ancien système des idées politiques et sociologiques pour se présenter comme une pseudo-idéologie, une sorte de dispositif mystificateur toujours présent mais suffisamment diffus, traître et fourbe au point d’échapper à l’entendement et à la raison. Les conditions de production de l’idéologie techniciste nous échappent, alors le sens de cette idéologie n’éclate pas à la lumière, devenant équivoque ou ambigü, se faufilant entre les failles de notre entendement. Dans ce monde sans repère ni système architectonique organisant les projets, (le Grand Récit, disait Lyotard en 1979 dans La condition post-moderne ) le système des idées ne s’organise pas par lui-même mais adhère aux tendances du monde et devient un élément de la grande notice technique qui se bâtit au fur et à mesure de l’immersion des hommes dans cet univers artificiel des objets techniques, multipliant la puissance sensorielle, autrement dit, la vie sensuelle, plutôt décriée par Aristote et Platon. Le débat, le discours politique se confond avec le Grand dispositif alliant la technologie productive, interactive, communicante, les finances, le marché, la technique. Pour le meilleur et pour le pire...

Alors, comme le suggère Eric Le Boucher, allez, Mesdames et Messieurs les politiques, expliquez-nous le monde ! Soyez pédagogues. Un concepteur d’automobile dévoilant le fonctionnement du moteur, la transmission, le rendement, les lubrifiants. Expliquez-nous la notice de montage de la société, celle qui répond aux objectifs suprême de la croissance, du rendement, de la performance, de la course en tête des entreprises et des nations, pour le meilleur parti de ceux qui misent, autrement dit les actionnaires.

Une idée, chère à Platon, celle de la conduite de l’homme exposée avec l’allégorie de l’attelage et du cocher. Appliquons-la au nouvel ordre mondial. De la pédagogie ! Eh bien, voilà ce que doivent nous expliquer les politiques ! Le monde productif est fait d’un attelage de machines techniciennes insérées dans le double dispositif de la performance et de l’actionnariat. Les détenteur de liquidités, au lieu de jouer sur un champ de course, misent sur le terrain économique, avec ses machines à produire des objets et leurs perspectives de profit, autrement dit, ils misent sur la qualité, l’endurance et la performance du dispositif alliant les progrès technologiques et les ressources humaines spécialement formées pour faire fonctionner l’attelage. Là où l’allégorie platonicienne est éclairante, c’est dans la question du cocher, qui, représentant l’âme humaine (mais on peut transposer le schème à la République), évalue son corps, son état d’endurance, le ménageant, réfléchit avec la raison, alliant les vertus cardinales que sont tempérance, prudence, courage, (justice), sagesse, tout en ayant une vue imprenable sur le paysage et sur l’horizon à suivre. Dans le système politique actuel, le cocher avec ses vertus, sa raison, son horizon de valeurs, son horaison, s’estompe. La parole s’est transformée en un dispositif linguistique performatif, inhérent à l’attelage. La machine technicienne produit aussi son propre discours, veut, désire, observe les autres machines, prend plaisir à la course, pour le meilleur profit de l’actionnariat qui mise. Les cochers n’ont plus d’autre horizon que de surveiller le montage de l’attelage, de lubrifier ses rouages, parler, diriger, coacher l’équipage. Quant aux politiques, ils supervisent le champ de course économique, organisent les paris, veillant à la bonne santé des équipages, dispensant force conseils et règles précises, dont le but ultime est la croissance, autrement dit augmenter l’étendue du champ économique, la formation des équipages, la vitesse productive des machines, et s’assurer que les gains sont empochés sans trop de triche (si le PMU a ses diffuseurs de tuyaux sur un canasson en forme ou fatigué, en Bourse, les initiés savent si une OPA va se produire, ou alors si l’entreprise est en difficulté technique, Airbus par exemple), que la course est à peu près régulière selon les principes de la concurrence.

Allez, un effort, ce n’est pas si difficile à expliquer ; la machine technicienne n’a pas besoin de vigies, de cochers, de cavaliers observant, pensant, concevant et discourant sur les possibles avenirs du monde, plaçant comme fin l’homme et comme objectif une société juste, avec culture, valeurs, arts ; les politiques comme courroie de transmission des valeurs à travers les actions publiques. Une formidable utopie enterrée. La machine technicienne semble coller au vice autant qu’à la vertu. Incite-elle les puissants à la perversion, à la corruption, à la démesure ? Voilà une question sur la neutralité de la technique, posée par Heidegger et Ellul, et qui n’a pas eu de réponse depuis. L’homme est devenu un instrument au service de la machine technicienne et du profit. Son asservissement comme moyen est assorti des avantages acquis, négociés ou consentis par le système étatique et financier : salaire, pouvoir d’achat, jury de citoyen pour examiner l’action politique et faire que chacun se sente un peu l’acteur éphémère de la vie locale. Pourquoi et comment ce monde qui avance ?

Le comment, c’est ce qui intéresse Eric Le Boucher (voir la conclusion du billet) mais le pourquoi, il le tait. Entrer dans le XXIe siècle, voilà le seul horizon de la pensée économiste qui, de ce fait, dévoile son vide abyssal.


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25 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.60.228) 25 octobre 2006 12:21

    Je vois que je ne suis pas le seul à adorer détester Eric Le Boucher. Je ne manque jamais un de ses billets, à hurler de rire et/ou de rage. Ce clone mondain de Jean-Marc Sylvestre est complètement décérébré. Mais comme disait le grand homme de gôche Bill Clinton (vous savez, l’ex employeur de Joseph Stilglitz devenu depuis le contempteur médiatique de l’ultracapitalisme mondialisé) : « It’s economics, stupid ! ». Un slogan sur lequel il a été élu et réélu... On va très mal. L’homo economicus postmoderne n’est plus que l’ombre de lui-même, et les seules valeurs semblent désormais n’être plus que celles qui se négocient en bourse...


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 25 octobre 2006 12:30

      Je ne déteste pas Le Boucher, je l’apprécie pour sa franchise et là, c’est clair, ce qui permet de réagir clairement, de critiquer, de prendre un appui solide pour extrapoler, éclairer ; contrairement à la langue de bois politicienne qui noie le réel. Avec les discours politiciens, le citoyen n’a pas de prise.


    • Marsupilami (---.---.60.228) 25 octobre 2006 13:24

      C’est bien pour ça que j’ai écrit « adore détester » : avec lui, tout est clair et franc comme tu dis. Quand je le lis, je sais exactement où est l’ennemi et ce qu’il pense. C’est pour ça que je le lis avec une très grande attention.


    • ZEN zen 25 octobre 2006 13:17

      C’est vrai que Le Boucher est un bon révélateur des tendances actuelles, c’est pourquoi je ne loupe aucun de ses billets.Il révèle aussi ce que le journal Le Monde est devenu( hélas !)en lui donnant si souvent la parole en 2°page, avec le couple Minc-Colombani...


      • rjolly (---.---.227.38) 25 octobre 2006 14:47

        Le système de l’article du Monde est bien démonté ici . On pourra également se référer au documentaire Le chômage a une histoire de Gilles Balbastre (2001).


        • Marsupilami (---.---.60.228) 25 octobre 2006 14:54

          Merci pour cet excellent et hilarant (version noire) lien sur Eric le Bushé...


        • T.B. (---.---.21.162) 25 octobre 2006 16:27

          Je comprends pas bien là ! un article pour parler d’un autre article d’un journal d’ailleurs corrompue depuis quelques anées.

          IL y a aussi le scénar du film qui raconte l’histoire d’un tournage. Le truc en boucle, beurk.


          • DEALBATA (---.---.166.140) 25 octobre 2006 16:29

            Bravo M. Dugué, votre lucidité vous donnant l’inspiration nécessaire pour interpréter ces démiurges des temps modernes vous ont permis de voir une des finalités de la modernité. Mais il est dommage que, vous posant la question du comment et du pourquoi, vous n’ayez pas été un peu plus loin. Car tout ceci n’est que conséquences, et si vous avez le courage de remonter un peu plus haut dans le temps pour comprendre pourquoi on est arrivé là, vous verriez sans doute (je pense que vous le savez déjà) , en observant les différentes étapes et « évolutions » des sociétés dans le monde et en particulier, les sociétés occidentales, que le fruit qui a été croqué jadis contenait bel et bien un ver. Cette déchéance intellectuelle comportant, entre autre, un passage du qualitatif au quantitatif et laissant pour ainsi dire l’humanité livrée à elle-même sans autre but que de conforter son propre ego, est un des nombreux signes des temps qui n’augure pas des lendemains qui chantent. Le comment dirige effectivement le monde et grâce en particulier à la science moderne, qui s’est évertuée à cacher ou à supprimer le pourquoi tant celui-ci n’était pas représentatif des nouvelles mentalités qui voyaient le jour. Cette descente aux enfers modernes est inexorable et aucun retour en arrière ne sera possible tant le comment contient en son essence les germes d’un monde monstrueux tel une bête sauvage dévorant ses petits.

            P.S. : Si vous pouviez, ne serait-ce, que lire quelques pages de la « Crise du monde moderne » ou « Le règne de quantité et les signes des temps » de René Guénon vous y trouveriez sans doute et en faisant abstraction des préjugés contemporains qui nous ferment l’esprit, la suite de l’état d’esprit que j’ai pu trouver dans votre article.

            Cordialement.


            • Bernard Dugué Bernard Dugué 25 octobre 2006 16:56

              @Dealbata,

              Justement, cette note devait aller plus loin et je l’ai tronquée, d’ailleurs, le titre sur mon blog est

              Nouvel ordre politique (I) Décrypter la pensée économiste

              J’ai oublié le (I).

              Pourquoi on en est arrivé là ? Un long processus. La crise du monde moderne, je viens de retrouver le livre, lu il y a quelques années, mais pour moi, un peu excessif dans les conclusion et très lucide dans son analyse. Je l’associe à Berdiaev.

              La partie (II), j’y réfléchis. Il faut que je lise Habermas et son livre de 1968 sur la technique comme idéologie.

              En passant, le comment est bien accolé à la science, selon Aristote, et le pourquoi à la métaphysique. Ce n’est pas un hasard si ma thèse est sous-titrée, éléments de métaphysique et mon livre prolégomène à une métaphysique de temps nouveaux

              Classé 370 214 ème place chez Amazon

              http://www.amazon.fr/Lexpressionnisme-Prol%E9gom%E8nes-m%E9taphysique-temps-nouveaux/dp/2738469078


            • jipé (---.---.221.74) 25 octobre 2006 17:03

              Intéressant sur le ’comment’, quant au pourquoi est ce un débat trop théorique pour ne pas finir en croyance ? L’urgence d’un changement du système technicien force au moins à inverser ses impératifs (consumeristes ..), pour y substituer ...quoi ?? On ne peut sortir du cercle vicieux qu’en abandonnant les approches -istes (hol-perfectionn-..)pour le concret, modeste, imparfait, relatif etc (le moins pire)


              • (---.---.160.133) 25 octobre 2006 20:44

                Pourtant René Guénon est pour moi un des rares auteurs à avoir su à la fois analyser et synthétiser cette chute qui n’en finit pas. Le plongeon qu’il nous fait faire dans l’interprétation symbolique de l’existence est d’une limpidité à toutes épreuves et permet de comprendre l’aveuglement de nos contemporains épris de réalisme et de pragmatisme. Son œuvre est vraiment roborative et décape les strates de l’histoire pour la faire apparaître telle que l’on devrait la voir. Mais s’il paraît parfois excessif contre cette modernité qui est pour lui la cause de tous les maux, c’est que l’enjeu est énorme tant au niveau individuel qu’au niveau collectif : Ses mises en garde sont proportionnelles au déclin Intellectuel, dans le sens spirituel qu’il lui donnait, de l’humanité. Alors il ne faut pas avoir peur de l’ère du temps et des pressions de Maya qui s’exercent de plus en plus sur nos mentalités intervertissant la substance et l’essence pour faire régner le monde de la confusion et de la parodie. Encore une fois, lisez son œuvre et je l’espère comme pour moi, elle vous aidera à trouver d’autres réponses à cette existence qui est souvent incompréhensible si on ne l’éclaire pas de la lumière intérieure.

                Cordialement.


                • DEALBATA (---.---.160.133) 25 octobre 2006 20:46

                  @l’auteur

                  Oups, j’ai oublié mon adresse.


                • Voltaire Voltaire 25 octobre 2006 22:34

                  Les chroniques d’Eric Le Boucher sont généralement excellentes. Elles procèdent d’une analyse juste de la situation économique nationale et internationale, et du rôle de l’économie dans la société. Elles prennent en compte l’observation assez évidente que les économies qui marchent dans les économies occidentales ont porté leurs efforts sur l’innovation, et que ce n’est qu’avec une économie qui fonctionne que le politique a les moyens de sa politique, quelle qu’elle soit (vision aussi développée par DSK).

                  Ainsi, le pourquoi que vous lui reprochez de ne pas aborder dans cet article devient assez évident, et sa question aux candidats se résume assez naturellement au comment.

                  Ensuite, on peut bien entendu critiquer certaines analyses (sur la productivité des travailleurs en France etc..), mais c’est moins important.


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 25 octobre 2006 23:03

                    C’est exact, les chroniques d’Eric le Boucher sont excellentes au même titre qu’un expert comptable effectuant le bilan d’une société ou d’un contrôle techenique d’un véhicule.

                    Avoir les moyens d’une politique est une chose, décider d’une politique en est une autre. La tendance des politique est à l’hypertophie des moyens sans qu’ils sachent qu’en faire, alors on dilapides les moyens en dépenses militaires, écologiques, administratives, et puis on républicise bananièrèment en achetant l’électeur en promettant du pouvoir d’achat.

                    Vous êtes bien du sérail Voltaire, mais quelque peu usurpateur par rapport à l’original qui louait la bonne administration de l’Etat fustigeant les excès. Voltaire n’aurait jamais écrit comme vous mais sans doute, l’économisme est l’enfant de l’étatisme moderne. Rationalité des moyens.


                  • Voltaire Voltaire 30 octobre 2006 13:27

                    Cher Monsieur,

                    Vous me flattez en m’accordant cet honneur d’être du « sérail », que je ne fais en réalité qu’observer... Et m’impressionnez en devinant ce qu’aurait dit mon illustre homonyme ! Agoravox est riche en génies !

                    Quant à mon appréciation pour les chroniques de Mr Le Boucher, que je trouve plus réaliste en matière d’économie que bien de ses confrères, elle mirroir celle du travail du groupe d’économistes dirigé par André Sapir pour leur excellent rapport « Un programme pour une Europe en croissance » sur l’économie de l’Union européenne remis au précédent président de la Commission Européenne Romano Prodi en 2003, qui fut hélas bien vite enterré.

                    Dans notre société mondialisée, il est assez utile, et possible, de regarder autour de nous quel modèle économique fonctionne, et ses limites.

                    Eric Le Boucher ne me semble pas être le plus sot à cet exercice.


                  • Sam (---.---.116.120) 26 octobre 2006 09:43

                    (voir Strauss

                    La pensée de notre ami Dugué devient plus claire de jour en jour.

                    J’invite les lecteurs à fouiller un peu dans la manière de concevoir la philo comme un ordre gnostique qu’avait ce Léo Strauss tellement admiré par Wolfowitz, le faucon, et les grands financiers américains.


                    • Bernard Dugué Bernard Dugué 26 octobre 2006 10:37

                      Eh bien allons-y, voici l’adresse du banquet mais n’espérez pas voir se confirmer les supputation de Sam, ni confirmer la rumeur d’un Strauss comme créateur des faucons de la Maison Blanche, Voltaire, revient !

                      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=14554


                    • (---.---.37.70) 26 octobre 2006 10:17

                      Bref, vous regrettez le bon vieux temps de l’idéologie, des religions séculaires du XXéme siécles, et plutôt que de voir les français s’enrichir vous préfereriez qu’ils continuent de poursuivre des fausses croyances anti-scientifiques. Au fond, à l’instar de José Bové, vous êtes un Obscurantiste. (Et puis arrêtez de nous gonfler avec votre capitalisme Fordien qui n’existe plus depuis plus de trente ans : les petits jeunes de mai 68 l’ont tué)


                      • Bernard Dugué Bernard Dugué 26 octobre 2006 10:39

                        Moi je regretterais le temps des idéologies ?

                        J’ai écrit ça quelque part ? Ou ça ? Incroyable !

                        Serait-il possible d’avoir le passage explicite où j’ai écrit cela ?


                      • Obofix (---.---.89.237) 27 octobre 2006 09:45

                        C’est sans doute excessif. Obscurantisme n’est sans doute pas un terme approprié, mais à la lecture de votre article, je m’interroge sur ce que vous appelez « nouveau », dans cette donne économique. On dirait, à vous lire, qu’on vient de passer à une économie de marché libérale. Le fordisme était déjà obsolète il y a quinze ans, dans mes cours d’économie au lycée. L’actionnariat, la flexibilité et la compétitivité étaient déjà les moteurs de la « croissance » keynesienne. Les politiciens avaient déjà compris celà, et Chirac, dont on retrace la carrière en ce moment, a été nourri au biberon avec les idées libérales et technocratiques (Et à propos de technocratie, c’est la première forme de gouvernement qui vient à l’esprit des chefs des nouveaux états, quelle que soit leur position politique, comme semble le démontrer le choix de Hannyeh en palestine). Votre titre semble donc annoncer un bouleversement qui n’en est pas un. Quelle est la véritable nouvelle donne aujourd’hui ? C’est surtout au niveau des échanges et de la gestion des données et des capitaux qu’il faut la chercher, avec le développement de l’e-business, et plus précisément, de la « business intelligence » qui en est à ses balbutiements mais qui permet d’utiliser réellement les données de l’entreprise lesquelles étaient dormantes et improductives à 90% il y a encore quelques années (source IBM). Songeons aux systèmes de retraite : Ce n’est pas d’hier que le Japon par exemple a mis en place son système double de cotisation, à la fois sous forme d’épargne personnelle et de cotisation, pour en arriver peu à peu à un systàme simple. En france, certains y ont pensé, mais le système est resté le même. Voilà une des donnes certaines qui seront bouleversée dans les années à venir. Mais rien de vraiment nouveau dans l’ensemble. Lorsqu’un économiste parle de « nouvelle donne » aujourd’hui, c’est rarement un pavé dans la mare. N’oublions pas que les journalistes sont toujours alarmistes smiley


                      • www.jean-brice.fr (---.---.108.44) 26 octobre 2006 19:05

                        Il y a une chose certaine : l’ECONOMISME PUR n’est plus crédible, malgré un vrai/faux prix NOBEL créé en 1968 pour contrer DE GAULLE et RUEFF (conférence de presse du 4/2/65 et articles dans « LE Monde »). Il faudra revoir cette discipline qui ne peut être dissociée du POLITIQUE !


                        • (---.---.129.43) 22 novembre 2006 18:42

                          Pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


                        • robin (---.---.88.205) 27 octobre 2006 00:55

                          un ramassis de conneries........la mondialisation va déboucher sur la véritable 3 eme guerre mondiale,allons-y fonçons à tombeau ouvert vers notre perte....lolhttp://agoravox.fr/smileys/mort_de_rire.png


                          • Selim (---.---.98.98) 11 novembre 2006 14:59

                            A l’auteur.

                            Je tombe sur votre papier avec beaucoup de retard. Personne ne lira mon compte-rendu à part vous. Le voici quand même :

                            Encore un article de plus qui conteste notre système socio-économique. Il y a qqs lustres, on critiquait à peu près dans les mêmes termes la « société de consommation ». C’était la fin de l’humanité, l’abrutissement garanti des masses. Aujourd’hui on a la mondialisation et le pouvoir des actionnaires. Sur le second point, avant, on déplorait de la même manière le pouvoir des « managers » (cf. The Managerial Revolution). Il faut bien pourtant que quelqu’un ait le pouvoir (le vrai, pas celui qui sort des urnes) et ce n’est jamais joli-joli pour ceux qui en sont privés (inutile de rappeler ici les errements des nomenklatura du « socialisme réel »). L’important n’est pas là, me semble-t-il, pas dans les rouages qui se grippent, il y en a toujours. L’important, selon moi, c’est plutôt la solidité du système : Les « gens », dans leur majorité, ne veulent pas en changer. Ils aimaient (nous aimions) la consommation fordiste. Aujourd’hui nous aimons les téléphones portables à 1 €, les chemises à 2 € qui sortent des sweat shops (et heureusement pour les pays émergents qui se développent grâce à nos achats). En contrepartie nous acceptons les inconvénients (bien réels) du système : naufrage des vieilles industries, chômage,... Il n’y a dès lors qu’une solution - et c’est bien celle que recommande E. le Boucher : puisque nous ne voulons pas changer de système, nous devons nous adapter à lui pour en profiter encore mieux. Simple bon sens, M. le rédacteur.

                            11.9.6


                            • www.jean-brice.fr (---.---.5.241) 26 novembre 2006 17:35

                              Pour selim : un peu simpliste votre raisonnement ! attendez d’être une victime de ce capitalisme débridé et vous aurez certainement le désir d’une autre approche : en attendant, cliquez RUEFF Jacques ou à la rigueur www.jean-brice.fr

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