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Nouvelles élections municipales à Perpignan : Un candidat droit dans ses ... chaussettes

Coluche dans un de ses sketchs : « Gérard » disait : « oui, ben la honte je m’arrange, je traite directement ». Dans la mesure où cette réplique s’appliquait à un alcoolique donnant une leçon de morale à son fils, elle prenait tout son sens et en a fait rire plus d’un.

Nicolas Machiavel de son côté écrivait : "Les grands hommes appellent honte le fait de perdre et non celui de tromper pour gagner"

C’est probablement en pensant à ces deux "antipodes" que sont l’humoriste et l’écrivain que Jean-Paul Alduy sera de nouveau candidats aux municipales de Perpignan.

Qui est Jean Alduy et pourquoi en parle-t-on ?

Jean-Paul Alduy est Sénateur (fiche officielle du Sénat)

Membre du groupe d’études du littoral et de la mer, du groupe d’études sur les arts de la scène et de la rue, du groupe d’études sur le développement économique de la montagne, du groupe d’études Médias et nouvelles technologies, du groupe d’études sur le patrimoine architectural, du groupe d’études du tourisme et des loisirs, du groupe d’études de la vigne et du vin (ouf !)

- Président du groupe France-Andorre
- Président de la Communauté d’agglomération Perpignan-Méditerranée

Autres fonctions
- Membre du Conseil d’administration du conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres
- Membre du Conseil national du littoral
- Premier vice-président de l’association des maires de grandes villes de France

Fonctions antérieures
- Membre de l’ Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques
- Conseiller général des Pyrénées-Orientales
- Maire de Perpignan
- Membre du Conseil d’administration de la Cité des sciences et de l’industrie
- Directeur général de l’établissement public d’aménagement de Saint-Quentin en Yvelines
- Président de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU)
- Président de l’Etablissement public national d’aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux (EPARECA)

Outre le profil de l’élu adepte du cumul de mandats et de fonctions, Jean-Paul Alduy est devenu "célèbre" en raison de l’invalidation de son élection aux dernières municipales suite à une tricherie de l’un des membres de sa campagne.

Le Conseil d’Etat a invalidé l’élection de Jean-Paul Alduy à la mairie de Perpignan en raison de la tristement célèbre "fraude à la chaussette". La juridiction administrative a estimé que compte tenu du faible écart entre le sénateur UMP et son adversaire, la PS-Modem Jacqueline Amiel-Donat, le résultat de l’élection municipale avait pu être altéré. A l’époque, l’affaire avait défrayé la chronique. Un chef de bureau électoral, frère d’un colistier de Jean-Paul Alduy, avait été pris la main dans le sac, avec des enveloppes et des bulletins au nom de son favori caché dans ses poches et ses chaussettes. Georges Garcia, le fautif, et deux autres personnes avaient été mises en examen dans le cadre de cette bien peu glorieuse affaire.

la plus haute juridiction administrative avait estimé qu’il n’était pas certain "qu’en l’absence de fraude, la liste élue l’aurait emporté". En outre, "les résultats des opérations de vote dans (le bureau concerné) ne pouvaient être considérés comme sincères eu égard à la gravité de la manoeuvre frauduleuse et aux fonctions des personnes concernées, qui avaient pour charge d’organiser les opérations de dépouillement"

Outre que cette "fraude à la chaussette" avait fait, elle aussi, rire pas mal de monde, elle avait provoqué un malaise chez les électeurs, bien que nous assistions une fois de plus à une péripétie de la politique française.

Pour des faits bien moins importants, le commun des mortels se serait "caché" pour se faire oublier. En effet, comment peut-on faire partie du Sénat, voter des lois contre les tricheurs et délinquants et déclarer en se faisant prendre la main dans le sac : "Le conseil d’Etat n’a mis en cause aucun élu. Ni moi-même, ni aucun membre de mon équipe n’avons fraudé, ni de près, ni de loin. Le Conseil d’Etat exprime un doute sur l’ampleur de la fraude et nous condamne au bénéfice du doute" Source JDD

D’aucuns se seraient fait "tout petit" voire auraient "pris le maquis" pour cacher leur honte. Et bien, en l’occurence Monsieur Alduy fait comme Coluche le disait en matière de honte, : "il traite directement" puisqu’on peut lire sur le site La Clau

Jean-Paul Alduy, qui négocie aujourd’hui à Paris le soutien du parti présidentiel et le retrait de son rival interne, le parachuté François Rivière, s’est fait l’apôtre du "changement"

Après un lourd silence de dix jours, l’ex-maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, membre du Parti Radical associé à l’UMP, a signalé sa candidature à sa propre succession, ce matin à 7h48 sur la radio France Bleu Roussillon. Cette annonce lance la campagne municipale, dans une myriade de candidatures possibles à droite et de revanches à gauche, qui risque d’éluder une opposition projet contre projet risque au profit d’un combat d’individus où les coups les plus bas ne seront pas épargnés, tant le temps juridique a permis de personnaliser le débat d’idées ... / ...

Comme le faisait si judicieusement remarquer un internaute dans un forum : "Honte à Alduy, honte à double titre : 1) Honte à lui pour avoir bénéficié, comme le TA de Montpellier vient d’en juger, d’une fraude, dite "fraude à la chaussette." 2) Honte à lui aussi pour se défausser sur le président du bureau de vote incriminé, M. Garcia. Comme si un président de bureau de vote, frère d’un adjoint au maire influent, pouvait tricher sans l’aval du candidat. Mais, en définitive, la démocratie va passer et de nouvelles élections seront organisées !" Source L’Express

Seulement, la "démocratie" peut permettre au Sénateur Alduy de retrouver son siège de maire ce qui s’éloigne de la "démocratie exemplaire" indiquée par le point 2 du programme du candidat Sarkozy lors de sa campagne présidentielle. On attend avec impatience d’ailleurs une réaction de l’UMP concernant "le soutien du parti présidentiel et le retrait de son rival interne à cette élection"

En ce qui concerne Jean-Paul Alduy, aucun doute dans sa tête puisqu’il écrit sur son blog : "... / ... Aujourd’hui j’entends les messages de soutien ; j’entends celles et ceux qui me demandent de me représenter. Je veux ici les remercier du fond du cœur. Mon émotion est grande de voir tant d’amis connus et inconnus se manifester spontanément, affectueusement. Je veux leur dire ma gratitude mais surtout leur demander de se mobiliser pour ne pas laisser une gauche sectaire, incompétente et populiste s’emparer de tous les leviers de décision de notre territoire : Région, Département, Ville et Agglomération. Je veux les exhorter à être, dès aujourd’hui, chacune et chacun, toutes et tous candidats à la Mairie de Perpignan !"

Monsieur Alduy est donc selon ses termes le dernier rempart démocratique contre la gauche avec son "couteau entre les dents" !!!

Il n’en reste pas moins que la candidate socialiste avait à l’époque prétendu avoir fait relever (avec une équipe de juristes) "plus de 250 irrégularités" et parlé de "fraudes généralisées" ("des procurations de personnes décédées et même celle d’une personne qui n’est pas encore née") Source Backchich

Aux électeurs de Perpignan d’écrire la suite ...

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1 réactions à cet article    


  • Imhotep Imhotep 5 mai 2009 14:57

    Mais le pouvoir a déjà réagi en la personne du dénommé Marleix qui a, tout démocrate qu’est ce pouvoir, la double casquette de rédecoupage électoral au pouvoir et secrétaire national aux élections à l’United Money Profit (source le Figosky) :

    Perpignan/scrutin annulé : Marleix étonné
    AFP
    23/04/2009 | Mise à jour : 15:31
    Commentaires  23 | Ajouter à ma sélection
    Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Alain Marleix (UMP) s’est déclaré « étonné » de l’annulation aujourd’hui, par le Conseil d’Etat, des élections municipales de 2008 à Perpignan, après la « fraude à la chaussette » qui avait abouti à la réélection du sénateur-maire UMP Jean-Paul Alduy. « Je m’étonne de cette décision, car elle introduit un risque d’imnombrables contentieux pour l’avenir en matière électorale », a déclaré M. Marleix.

    Pour M. Marleix, « on généralise à l’échelle d’une ville des incidents qui se sont produits dans un bureau seulement, et on suppose a priori que tous les électeurs de ce bureau auraient voté pour la liste minoritaire ». Dans ces conditions, a-t-il poursuivi, « on a un risque de voir un candidat créer artificiellement des provocations dans un bureau afin de faire annuler l’ensemble d’une élection ».

    M. Marleix a aussi regretté que la décision du Conseil d’Etat introduise une « présomption de fraude, sans même attendre les conclusions d’une enquête judiciaire en cours ».

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