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Nul n’est prophète en son pays...

Fin stratège politique, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à utiliser l’une des grandes idées historiquement véhiculées par la gauche. Si son entourage semble avoir su capter des attentes fortes des Français et les intéresser à la construction de leur avenir, la gauche est hélas restée sourde à la plupart des réflexions et des grandes idées françaises...

L’habile réutilisation politique par Nicolas Sarkozy des idées d’Edgar Morin, sociologue-philosophe, chercheur et directeur émérite au CNRS, notamment de sa « politique de civilisation », fait l’actualité depuis la cérémonie des vœux. Le président de la République et son entourage ont su avec intelligence intégrer un concept relativement simple et largement décrit dans le livre d’Edgar Morin Une politique de civilisation (éditions Arléa. 1997) co-écrit avec Sami Naïr, philosophe-sociologue et ancien député européen (gauche unitaire européenne).

Je ne doute pas que nos leaders et leurs équipiers (de droite comme de gauche) aient étudié les théories du sociologue, enseignées depuis les années 70 à Sciences-Po et dans les universités et qu’ils puissent, par conséquent, s’intéresser aux idées de l’un des penseurs les plus importants de notre époque. Henri Guaino, « plume » et conseiller spécial du président, revendique d’ailleurs son admiration de longue date pour le sociologue qui figure (petit rappel à l’intention des moins de 35 ans et d’une partie du grand public qui ne connaîtrait pas ce grand penseur) parmi les rares intellectuels français encore vivants à être étudiés et reconnus à l’étranger. Et, par les temps qui courent, ce n’est pas rien ! Morin serait, de l’aveu même de l’intéressé, beaucoup plus connu du public et davantage écouté des politiques dans les pays latins qu’en France.

« Curieusement, mes théories sont mieux comprises et plus populaires en Espagne et dans les pays d’Amérique latine... », me confiait-il, mi-amusé, mi-amer, à l’occasion d’une conversation sur ses projets littéraires quelques semaines avant le premier tour des présidentielles françaises. Nul n’est prophète en son pays... quoi que l’actualité récente pourrait bien faire mentir ce vieil adage, tant Edgar Morin est à l’honneur aujourd’hui dans les médias !

Quand les idées de gauche essaiment... à droite !

L’utilisation d’une formule aussi intimement associée à la pensée d’un intellectuel de gauche a causé une vive surprise, en particulier dans les rangs des penseurs et des représentants de l’opposition. M. Guaino s’est donc senti le devoir d’éclairer les Français sur le sens de cette « politique de civilisation » pour tenter d’éviter une polémique. C’est ainsi que nous apprenons que celle-ci est caractérisée par « le réveil du débat d’idées, l’affirmation des valeurs, le retour d’une dimension intellectuelle et morale de la politique. L’autorité, la vie, l’identité, l’école participent de cette politique de civilisation au service d’une nouvelle Renaissance (1). (...) Le président de la République ne reprendra sans doute pas à son compte toutes les prescriptions d’Edgar Morin, mais sa façon de poser le problème de la politique est la bonne. » (« Ce qu’est notre politique de civilisation ». Le Figaro magazine du 11/01/08).

Fin stratège politique, opportuniste, intuitif, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à s’emparer des grandes idées historiquement véhiculées par la gauche. Si son entourage semble avoir su capter des tendances, des attentes fortes des Français et les intéresser à la construction de leur avenir, la gauche est hélas restée sourde à la plupart des réflexions et des grandes idées françaises, en particulier des propositions des anciens membres d’un des groupes de pensée les plus actifs depuis ces trente dernières années, le « Groupe des dix », prolongé dans les années 80 par le GRIT-Transversales.

A la question : « Vous êtes un intellectuel de gauche. Comment expliquez-vous que la gauche ne vous entende plus ? » (« Edgar Morin : un déviant et un conformiste ». Raphaëlle Bacqué, Thomas Hugues et Stéphane Paoli dans Le Monde du 9 janvier) Edgar Morin aura cette réponse désabusée : « J’ai souhaité irriguer la gauche, je ne l’ai jamais irriguée. Dans les années 1970, on avait dit aux socialistes : on peut vous faire des séminaires sur la complexité... Ils s’en foutaient. Ils ont toujours vu en termes de pouvoir. Ils se disaient : quand la droite prendra le pouvoir, ils vont se déconsidérer et on prendra leur place. Cela a marché pendant pas mal de temps. Maintenant, cela ne marche plus ».

Il convient de profiter de cette actualité pour rappeler que les idées développées par Edgar Morin et reprises par l’équipe du président Sarkozy, s’appuient sur l’un des thèmes fondateurs du Groupe des dix dont il a été l’un des participants actifs avec Henri Atlan, Jacques Attali, Robert Buron, Jacques Delors, Henri Laborit, André Leroi-Gourhan, René Passet, Jacques Robin, Michel Rocard, Joël de Rosnay, Jacques Sauvan, Michel Serres, Jacques Testard... Alors que Jacques Robin nous a quittés en juillet 2007 (l’un des fondateurs du Groupe des dix dont j’ai publié le « livre-testament » : L’Urgence de la métamorphose (1), je me dois de rendre hommage au rôle d’un groupe de pensée dont le dynamisme, l’influence et les apports constructifs sur la vie intellectuelle et philosophique française de ces trois dernières décennies ont été, et demeurent aujourd’hui encore, fondamentaux.

Rapprocher intellectuels, scientifiques et politiques

De 1966 à 1976, le Groupe des dix réunissait des intellectuels désireux de contribuer à un monde plus responsable et plus solidaire, appartenant à des horizons différents (biologie, économie, sciences sociales, écologie, philosophie, juridique, politique...) et convaincus de la nécessité de décloisonner les travaux entre les différentes disciplines et d’en relier les connaissances pour appréhender le monde dans sa complexité. Les membres du groupe et leurs invités confrontaient leur savoir et leurs connaissances dans le but de rapprocher intellectuels, politiques et scientifiques et d’élaborer une réflexion dynamique sur la société. Chacun pouvait s’exprimer très librement, sans lutte de pouvoir ni recherche de domination des uns sur les autres. A partir des années 80, la réflexion initiée par ce groupe s’est poursuivie au sein du GRIT (Groupe de recherche inter et transdisciplinaire) et de Transversales. Qu’il s’agisse d’Edgar Morin avec Pour une politique de civilisation, Introduction à la pensée complexe, Relier les connaissances, Penser l’Europe ou Terre Patrie ; de René Passet avec Eloge de la mondialisation par un anti-présumé, L’Economique et le Vivant, Sortir de l’économisme ou L’Illusion néo-libérale ; de Jacques Robin avec L’Urgence de la métamorphose, Changer d’ère ou De la croissance économique au développement humain ; de Joël de Rosnay avec Le Macroscope, L’Homme symbiotique ou Le Cerveau planétaire ; de Patrick Viveret avec son remarquable ouvrage Pourquoi ça ne va pas plus mal ou Reconsidérer la richesse, tous n’ont eu de cesse de lancer des bouteilles à la mer pour tenter « d’irriguer la gauche ». Chacun de ces livres était un message fort ; pourtant, rares sont les leaders socialistes, à l’exception toutefois de Jacques Attali, Jacques Delors ou Michel Rocard, à avoir repris à leur compte les réflexions du groupe sur la systémique et la complexité ou évoquant la nécessité d’une société future plus égalitaire ou d’une « anthropolitique », c’est-à-dire d’une réflexion sur les relations entre science, société, politique et environnement.

Un monde meilleur ?

A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion de rencontrer et d’interviewer certains de ces penseurs-phares, en particulier dans le cadre de mes « Di@logues stratégiques » (cf. références en fin d’article). Je crois même pouvoir avouer que mon choix de devenir journaliste, puis éditrice, a vraisemblablement été un prétexte pour mieux les approcher et entretenir le lien...

Au milieu des années 80, le Pr Laborit, André Leroi-Gourhan, Jacques Monod, Edgar Morin, René Passet, Jacques Robin, Michel Rocard, Joël de Rosnay, Michel Serres et, plus tard, Patrick Viveret ont influencé ma vision du monde. Au fil des ans, grâce à leurs écrits (livres, rapports ou publications scientifiques) et conférences, enrichis de leurs féconds échanges au sein du Groupe des dix puis du GRIT-Transversales, j’ai ainsi découvert la théorie des systèmes et la cybernétique, la pensée complexe, le concept d’auto-organisation ou la notion de programme génétique. J’ai aussi mieux compris les enjeux et les questions soulevées par la croissance économique et la révolution informationnelle. Autant de sujets explorés au cours des dernières décennies par des personnalités qui auront marqué non seulement leur époque, mais aussi celle des générations suivantes, et dont l’influence intellectuelle et politique se ressent aujourd’hui encore.

Selon Edgar Morin, « il faut distinguer culture et civilisation. La culture est l’ensemble des croyances, des valeurs propres à une communauté particulière. La civilisation, c’est ce qui peut être transmis d’une communauté à une autre : les techniques, les savoirs, la science, etc. Par exemple, la civilisation occidentale dont je parle, qui s’est du reste mondialisée, est une civilisation qui se définit par l’ensemble des développements de la science, de la technique, de l’économie. Et c’est cette civilisation, qui aujourd’hui apporte beaucoup plus d’effets négatifs que d’effets positifs, qui nécessite une réforme, donc une politique de civilisation. (...) Une politique de civilisation est une politique qui devrait restaurer les solidarités et les responsabilités ».

Que le sociologue fasse des émules à droite pourrait être réjouissant. Mais, une fois passée la période de scepticisme vis-à-vis de la récupération d’une formule qui, espérons-le, ne se limitera pas à un simple slogan politicien, j’aimerais croire que cette volonté de « replacer l’humain et non plus la seule croissance économique au centre de la politique » suscitera de nombreux débats dans les médias et dans la cité autour de cette idée de « politique de civilisation » dans un monde où les gouvernements prônent généralement la croissance sans limite sans l’associer à une « politique de connaissances et de culture ».

En attendant un hypothétique sursaut de la gauche, ou plutôt une « renaissance (2) » pour reprendre un mot à la mode, on peut méditer cette phrase de notre sociologue désormais incontournable : « Renoncer au meilleur des mondes, n’est pas renoncer à un monde meilleur »...

Véronique Anger-de Friberg pour Les Di@logues stratégiques et Agoravox

(1) Préfacé par René Passet, postfacé par Edgar Morin. Coécrit avec Laurence Baranski aux Editions Des Idées & des Hommes (janvier 2007).

(2) D’après l’interview parue dans Le Figaro Magazine du 11/01/08, l’expression « une nouvelle Renaissance » aurait été empruntée à la phrase prononcée en 1969 par feu le président Pompidou : « Le monde a besoin d’une nouvelle Renaissance ».

Pour en savoir plus :

Articles divers :

Les Dialogues stratégiques :


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58 réactions à cet article    


  • JoëlP JoëlP 17 janvier 2008 09:53

    Excellent cet article et super documenté. Bravo !

    Ceci dit, il y a les idées et les grandes déclarations d’un côté et les actes de l’autre. Parler de solidarité et faire des ristournes d’impôt aux plus riches, cela paraît pour le moins contradictoire. En fait Sarko/Guaino ont bien compris que les grandes déclarations de principe ne mangent pas de pain. Ils ne veulent donc pas laisser à la gauche le plaisir de faire des déclarations non suivies de faits. Donc après avoir annexé Jaurès et Blum ils ont encarté Edgar Morin. Edgar, c’est bien normal, est content de faire la une en son pays.

    Un bel exemple Mitterrandien du beau discours solidaire non suivi de faits étant la politique africaine menée après les grands principes énoncés avant 81.

    La gauche se fait donc déborder par Sarko sur sa politique du "lip services" pour utiliser un anglicisme. Je suis sûr qu’ils vont se réveiller. Regardez Georges Frêche est déjà en train d’annexer Lénine

    http://www.lefigaro.fr/politique/2008/01/16/01002-20080116ARTFIG00397-freche-reve-d-une-statuede-lenine-a-montpellier.php


    • logic 18 janvier 2008 14:08

      Quand comprendrez vous l’hypocrisie le baratin les nébuleuses phylosophiques et idéologiques et économiques . Parce que vous en êtes encore à faire des différences entre la gauche la droite française ? Strauskhann et Sarko ??!! Sortez de votre microcosme ouvrez les yeux et ne perdez pas du temps à disserter sur des idées fumeuses Pensez à vos descensants enfants et petits enfants et passez le peu de temps qui vous reste, à les préparer à un avenir réaliste hélas pas trés reluisant Mais à qui la faute ? apparemment ça vous plaît de vous masturber le cerveau continuons ainsi et attendons le Messie...


    • logic 20 janvier 2008 09:28

      Bien vu ! "Ca ne mange pas de pain " Que ce soit Miterrand ou Sarko même stratégie opprtuniste qui consiste à manger à tous les rateliers qui pourraient les faire progresser non pas dans leur philosophie humaniste comme ils voudraient nous le faire croire mais dans leur soif insatable du pouvoir qui n’a d"égale que leur orgueil . D’où cette pratique permanente de l’hypocrisie qui chez ce genre d’individus est devenu une seconde nature . Et ça marche parce que s’il y a des personnes capables de dévoiler tout cela ils se font "casser" et tous les moyens sont bons et sans aucun scrupule la fin justifiant les moyens

       


    • tvargentine.com lerma 17 janvier 2008 10:03

      Voila un tres bon article,qui sort un du débat stérile à gauche du TSS et de la people-isation de la gauche.

      Les vrais débats de sociétés sont posés et la société de civilisation de Nicolas Sarkozy est celle d’Edgar Morin

      Une fois encore,reconnaissons que le PS n’était que superficiel dans sa réthorique et sa pratique des affaires ,car ou sont les avancées sociales et économique qui auraient du permettre la suppression du chomage de masse ,de la misère et de l’accès aux logements pour sa population ?

      Au lieu de cela,la gauche a glissé dans le marketing avec des PARIS-PLAGES,des VELIB’s.......

      La défaite de la gauche est avant tout intellectuelle dans ses idées et reflexions sur la société française.

       


      • morice morice 17 janvier 2008 10:05

        "Fin stratège politique," si c’était le cas, ça se saurait. Le pillage n’est pas à proprement parler une stratégie  : Guaino lui passe les plats, il est pas obligé d’y manger !!!


        • morice morice 17 janvier 2008 10:07

          Il aurait fallu mettre la photo de Sarkozy, plutôt que celle de Morin. Vous devez bien l’avoir quelque part...


        • brieli67 17 janvier 2008 15:20

          http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=3252

          pourquoi une assistante chargée de cette relation culturelle ?

          http://www.parutions.com/pages/1-6-63-4764.html

          http://carpediemcom.free.fr/actuLivre.html

          Rapidement écrit, le livre peut être rapidement lu. C’est le témoignage d’une époque. Il n’apprendra pas grand-chose à ceux qui avaient suivi avec intérêt, sur la durée, cette actualité. Quant à ceux qui, ignorant tout, chercheront à trouver une information précise dans les souvenirs de Robert Montoya, ils resteront sur leur faim.


        • brieli67 18 janvier 2008 07:55

          un clavier est si fragile. Tu viens de le maltraiter. terriblement et si tôt le matin !

           

          P¨rostate ? 


        • grangeoisi 17 janvier 2008 11:01

          Au regard de l’âge de notre Terre, le passage de l’autodéfense de la tribu à l’éclatement des nations, au capitalisme supranational a pris une infime partie de la courbe du temps.

          Si le développement apparait exponentiel, où en sommes-nous sur la courbe ?

          Repenser une politique de civilisation trouvera surement quelque crédibilité dans quelque temps : la claque monumental que le monde va se prendre tant par crise monétaire qui va avoir lieu que par l’assèchement de nos principales sources d’énergie amènera , espèrons le, une poussée salutaire d’adrénaline, pour une survie humaniste.

          Avec un certain sourire,notre agité national, pourrait être considéré comme penseur prémonitoire.


          • logic 18 janvier 2008 14:17

             Notre agité national un penseur ???? un opprtuniste dans la foulée de Tonton : Leur civilisation est trés simple : moi d’abord vous aprés et surtout si leurs actions nous enterrent ce n’est pas de leur faute mais bien la votre citoyen honnête Ceux qui leur ont fait ou leur font confiance sont des hypocrites qui sont persuadés que si ça va mal c’est la base qui déconne car elle est incapable de saisir leur intelligence supérieure (et surtout leurs turpitudes)


          • grangeoisi 17 janvier 2008 11:16

             J’aurais bien mis un e à monumental moi. Rajoutez, rajoutez svp  !


            • Jason Jason 17 janvier 2008 11:17

               

              Bonjour citoyenne de La Belle Province. Votre article est très solidement documenté, très "scholarly", fait rarissime sur Agoravox. C’est un des rares que je conserverai pour m’y référer de temps en temps.

              Merci

              Des questions, et de taillle, subsistent cependant. Que feront les meilleures résolutions, les analyses les plus fines, les vues les plus pénétrantes, face au maëlstrom de la finance mondiale, des poids économiques, donc politiques de plus en plus énormes de la Chine, de l’Inde, du Brésil, et bien sûr, des USA ? A cela s’ajoutent les problèmes de croissance démographique, de la rareté annoncée des ressources naturelles, des changements climatiques, etc. Y a t’il une réponse quelque part dans les textes que vous citez ?

              Je vais donc m’y plonger avec une attention accrue.

              Il ne faut pas sous estimer non plus la capacité du capital à s’introduire dans toutes les formes (ou presque) des activités humaines, sa formidable faculté d’adaptation à toutes situations, soit sociales, politiques, économiques, etc. Redessiner le capital mondial et son emprise sur la planète me paraît impossible aujourd’hui.

              Donc, le comment passer des idées à l’action, c’est ce qui me préoccuppe le plus.

              Cordialement


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 17 janvier 2008 11:49

                Excellent billet qui résonne comme un enterrement de la pensée dans un monde qui se détermine selon la croissance et le profit


                • haddock 17 janvier 2008 11:53

                  ça parle d’ un monde meilleur , pas d’ un monde sclérosé


                  • Charles Ingalls Charles Ingalls 17 janvier 2008 11:56

                    (L’auteur) "la récupération d’une formule qui, espérons-le, ne se limitera pas à un simple slogan politicien,"

                    Connaissant l’homme, vous êtes vraiment sérieuse quand vous écrivez cela ?


                    • haddock 17 janvier 2008 11:58

                      Edgar Morin , inventeur du mot " yéyé " des années sixtines , époque heureuse , aujourd’hui il inventerait ( à lire Ago ) " yésouimalheureux "


                      • JoëlP JoëlP 17 janvier 2008 12:20

                        >>Edgar Morin , inventeur du mot " yéyé " des années sixtines

                        Et pourtant il n’est d’aucune chapelle, ni Chaussettes noires, ni Chats sauvages.

                        Désolé, j’ai pas pu résister.

                         


                      • logic 18 janvier 2008 14:33

                        Notre Président à 55ans a un cerveau qui découvre la civilisation ? je pense qu’à 55ans ses questions ne sont pas d’ordre métaphysique sont plutôt d’ordre physique : Jusqu’à quel âge pourrais assumer mes érections ? Question fondamentale pour la progression de notre pays et le sortir de l’impasse

                         Cela mérite un tour de table approfondi pour désigner le chevalier servant qui sera apte à assumer ses pannes !!! Il y va de notre avenir et celui de nos enfants non ?


                      • Philippakos Philippakos 17 janvier 2008 12:13

                        S’adjoindre Edgar Morin, médiatique et brillant penseur contemporain, et se déclarer pour une amélioration du niveau culturel de la télévision publique (qui en a bien besoin, il n’y a qu’à voir la dérive du JT), tout en supprimant la publicité, il y a de quoi donner matière à penser à ce qui reste de la gauche. Ne pas oublier tout de même que ces prises de position servent aussi à faire passer les scandaleux cadeaux fiscaux consentis depuis mai 2007. Un coup à droite, un coup à gauche en somme. Il restera à juger sur chiffres dans un an ou deux mais pour ce qui est de la stratégie, difficile de ne pas reconnaître l’habileté de N.S.


                        • logic 18 janvier 2008 14:43

                          Sarko fait feu de tout bois comme Tonton faisait La différence c’est que Tonton critiquait de Gaulle tandis que Sarko lui pretend être son fils spirituel ! Et le plus fort ça marche parce qu’il y en a qui en sont encore persuadés ; comme bcp sont persuadés que c’est Tonton qui a fait le meilleur social et nous aurait fait progresser sur un plan moral et financier !


                        • aurelien aurelien 17 janvier 2008 13:14

                          Quand les intellectuels jouent le jeu et la sémantique du pouvoir, il y a danger dans la maison.

                          La "politique de civilisation " dans la bouche d’un Sarkozy affichant sa sympathie avec les religions organisées et prônant l’activité religieuse en tant que chef d’état laïc sonne dramatiquement, à l’instar d’un GW Bush menant des guerres de croisade au nom d’un Axe du Bien et d’une foi proclamée et affichée, en une religion particulière.

                          Récupération, opportunisme, connivence, prestige personnel ... tel est le jeu dégoûtant de la communication dans les arcanes du pouvoir

                          Une dialogique du n’importe quoi pourrait définir la scène politique, les informations se succèdent et se contredisent dans nos médias, les hommes politiques disent une chose puis leur contraire, laissent le mensonge dans leur bouche en fins stratèges et connaisseurs des diverses instances et organismes nationaux ou internationaux, manipulant l’opinion publique dans une direction tout en sachant pertinemment les limites voire les contradictions de celle-ci avec les instances dont ils dépendent et auxquelles ils se lient de connivence.

                          La démocratie s’étant complexifiée, l’inertie et la corruption en son sein a fait de même, qui font partie intégrante de ses rouages et de sa dialectique. Le culte de la personnalité plus que jamais omniprésent a fait basculer l’ère de la communication de nos sociétés modernes dans les affres toujours plus profondes de la superficialité et de l’insignifiance.

                           

                           


                          • logic 18 janvier 2008 14:49

                            Vous avez mis le doigt sur les réalités profondes Mais est ce qu’une majorité est capable de comprendre et de saisir toute la portée et l’exactitude de vos propos ?

                             bon courage et n’ayez pas peur d’exposer vos convictions


                          • TSS 17 janvier 2008 13:31

                            notre gourou ne savait même pas qui etait edgar Morin c’est son pisse copie H. guano qui s’en est occupé !!


                            • aurelien aurelien 17 janvier 2008 13:58

                              La tentative de récupération d’Edgar Morin par Sarkozy n’est rien comparée à la tentative de récupération d’Edgar Morin par Joël de Rosnay et toute sa clique de néo-scientistes.


                            • JL JL 17 janvier 2008 13:55

                              Très bon article, et pein de références précieuses.

                               

                               

                              La politique de civilisation cela a été dit par plus savants que moi c’est, pour faire simple, la qualité plutôt que la quantité.

                              Notre économie s’est structurée selon un processus darwinien pour faire de la croissance. C’est ce qui faisait dire à Alain Minc si je ne m’abuse, que le capitalisme est un processus naturel. Le capitalisme ne sait pas faire autrement. Mais dès lors que cette croissance devient synonyme de pollutions, épuisement des ressources, aggravation des inégalités, … il convient de freiner cette croissance.

                              Etant donné que le moteur de la croissance c’est le profit, il faut casser ce lien diabolique entre croissance et profits : le bon moyen serait de réduire la part des profits dans toutes les activités inutiles au bonheur de l’homme ou mortifères pour la nature, et d’y augmenter la rémunération du travail. Ainsi on ferait d’une pierre trois coups : augmentation du pouvoir d’achat, revalorisation du travail, et vraie mise en œuvre d’une politique de civilisation.

                              Cela passe par la mise au point d’un indice qualitatif de l’activité qui servira au calcul des taxes et impôts.

                              Connaissez vous cette blague du pays où il n’existe que deux sortes d’individus : ceux qui ne mentent jamais, et ceux qui ne disent jamais la vérité ? Sarkozy est celui qui dit toujours : "je ne mens pas", mais fait tout le contraire de ce qu’il dit, dit tout le contraire de ce qu’il fait.


                              • logic 18 janvier 2008 15:03

                                C’est ce que l’on appelle l’hypocrisie Ce qui d’ailleurs est la résultante de notre situation planétaire : on nous a fait croire qu’il fallait se dévellopper économiquement pour faire avancer l’humanité Seulement on ne nous a pas dit que la richesse créée par notre travail était destinée à des fins trés privées et trés particulières réservée à une élite qui sont persuadés de faire parti de la race supérieure Hélas on ne sait que trop où nous a amené cette phylosophie trés proche des illuminati des sionistes et du nazisme

                                 C’est bien l’orgueil et la cupidité camouflés par l’hypocrisie qui détruisent notre planète, notre civilisation et notre humanité


                              • ZEN ZEN 17 janvier 2008 14:02

                                "...rares sont les leaders socialistes, à l’exception toutefois de Jacques Attali, Jacques Delors ou Michel Rocard, à avoir repris à leur compte les réflexions du groupe sur la systémique et la complexité ou évoquant la nécessité d’une société future plus égalitaire ou d’une « anthropolitique », c’est-à-dire d’une réflexion sur les relations entre science, société, politique et environnement."

                                Merci pous tous les liens . Considérez-vous les trois sus-nommés comme des socialistes, ou comme des personnes qui, pendant un certain temps, ont revendiqué cette étiquette pas opportunisme ?

                                Passet et Viveret apportent vraiment du neuf, vous avez raison sur ce point.


                                • Véronique Anger-de Friberg Véronique Anger-de Friberg 17 janvier 2008 15:17

                                  Merci pour tous ces commentaires et l’intérêt suscité par mon article.
                                  Je réponds à quelques questions précises :
                                  Zen demande "Considérez-vous les trois sus-nommés comme des socialistes, ou comme des personnes qui, pendant un certain temps, ont revendiqué cette étiquette pas opportunisme  ?". J’ai le sentiment en effet qu’ils sont sincèrement socialistes, mais cela n’engage que moi bien sûr !
                                  Charles Ingalls (sic) me demande : " la récupération d’une formule qui, espérons-le, ne se limitera pas à un simple slogan politicien - vous êtes vraiment sérieuse quand vous écrivez cela ?". Je n’ai pas bien compris votre question. Sérieuse parce que c’est évident que la réponse est "oui, elle ne se limitera pas à un simple slogan politicien" ou parce qu’au contraire, évidemment ce sera "non. Bien sûr que cela ne sera qu’un slogan etc" ? En fait, je l’ignore, mais j’espère que cela pourrait être une vraie réflexion.
                                  Je précise enfin à Morice que je n’ai aucune photo de moi avec M. Sarkozy... sans doute parce que mes affinités vont à un autre courant de pensée, comme il apparaît assez clairement dans mon article. Disons que je me suis fait plaisir, mais Ludo lui a déjà répondu pour moi.  smiley


                                • brieli67 17 janvier 2008 15:32

                                  ce qui confirme brillamment ludo c’est lerma de gauche !

                                  MORIN plus DE ROSNAY ................ de Sarkosy et entre une De Friberg............

                                  une noblesse de science ou de conscience ?

                                  que jamais qu on débattra ici de la fin du Grossouvre Père. http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=4290


                                • Charles Ingalls Charles Ingalls 17 janvier 2008 15:43

                                  Mille excuses, en me relisant je me rends compte que ma question était très mal posée...

                                  En fait je me demandais si, connaissant le phénomène (de foire ?) médiatique qu’est Nicolas Sarkozy, vous pensiez sincèrement que cela ne resterait pas qu’un slogan (publicitaire ?) politicien ?

                                  Cela dit, votre article est très intéressant...


                                • wesson wesson 17 janvier 2008 14:02

                                  Sarkozy fin stratège politique, n’exagèrons rien.

                                  Certains semblent oublier que, avant de réussir Sarkozy avait tout raté. Son alliance avec sa courtoise suffisance ballamou 1er pour contrer Chirac, tout le monde a oublié le cuisant échec que ce fut.

                                  Même un singe aurait pu se faire élire, si il jouissait du réseau de connivences qu’est celui de Sarkozy avec la presse. Fin stratège politique, certes pas. Mais il sait bien choisir ses amis.

                                  La popularité, ça va ça vient. Pour l’instant l’illusion tient encore. Mais pour combien de temps ?


                                  • adeline 17 janvier 2008 20:33

                                    Bonsoir Pretresse DAME plaisirsà vous 


                                  • logic 18 janvier 2008 15:13

                                    Tout à fait d’accord mais vous me permettrez de rajouter que je n’attendais pas plus de Sego et de tous les sbires qui tirent les ficelles depuis 30ans et nous plombent chaque jour un peu plus à coup de grandes envollées lyriques Mais rendons nous à l’évidence ça marche : nous n’avons que les dirigeants que nous méritons car la manipulation intellectuelle ça marche mieux que jamais


                                  • Céphale Céphale 17 janvier 2008 14:03

                                    @Véronique


                                    Merci pour cet excellent article et pour toutes les références, notamment celles concernant Joël de Rosnay.


                                    Les Français de gauche se sentent orphelins. Ceux qui prétendent les représenter sont aveugles et sourds.


                                    • aurelien aurelien 17 janvier 2008 14:24

                                      Le problème est que beaucoup de citoyens sont comme des enfants, et c’est en tant que tels qu’ils s’occupent de politique...


                                    • logic 18 janvier 2008 15:21

                                      Ce n’est pas de leur faute On nous lessive le cerveau depuis longtemps et excusez moi mais ça commence à l’Ecole dés la maternelle et en plus depuis 20ans ils détiennent les médias La pensée unique vous connaissez ?, Comme les connaissances générales de nos contemporains s’amenuisent facile pour eux, de baratiner les gogos et de démolir les récalcitrants lucides et conscients 


                                    • Mohammed MADJOUR Mohammed 17 janvier 2008 16:38

                                      @L’Auteur

                                      Où voyez-vous de la stratégie ?

                                      L’UMP est une suppercherie politique et les idées philosophiques de "Gauche" ou de "Droite" ne feront jamais galoper un cheval de bois !

                                      Il y’a une loi simple : Quand tout le peuple ne fait que bavarder, cela veut dire que l’immobilisme frôle l’inertie et la gymnastique du langage ne peut servir en l’occurence ni la Culture ni la Civilisation !

                                      D’ailleurs ces deux mots sont mal traduits par les dictionnaires !

                                      Avec Sarkozy, il y’a tellement de frénésie qu’on ne se rend pas compte qu’on tourne en rond ! Mais le vertige viendra...

                                      MOHAMMED.


                                      • logic 18 janvier 2008 15:36

                                        Hé oui vous avez raison : on appelle cela de la masturbation intellectuelle que n’a pas le temps de pratiquer les "connards" d’en bas trop occupés à faire bouillir larmite qu’ils ont de plus en plus de mai a remplir car il y a de plus en plus d’intellos qui veulent te faire croire que c’est grâce à eux que tu peux manger Il faut reconnaitre qu’ils sont trés forts au baratin La meilleure école restant l’Ecole Nationale des Arnaqueurs

                                         trés heureux de voir que je ne suis pas le seul à penser la même chose


                                      • chabou chabou 17 janvier 2008 17:03

                                        philosophe de talent la culture , c’est ce qui reste quand on a tout toublie

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