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On ne change pas l’économie par incantation

Il ne sert à rien de "sauter comme un cabri" en criant la croissance ! la croissance ! la croissance !

Le 14 décembre 1965, lors d'un entretien avec Michel Droit, entre les deux tours de l'élection présidentielle, le général de Gaulle prononce sa célébrissime "petite phrase" : « On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe !... mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Je répète, il faut prendre les choses comme elles sont. »

Aujourd’hui presque cinquante ans plus tard, quand j’entends les différents candidats à l’élection présidentielle, parler de l’économie, de l’emploi et de la croissance, j’ai vraiment l’impression que l’histoire bégaie, et j’aimerais qu’un commentateur, paraphrasant le Général de Gaulle dise : « On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant le coût du travail ! le coût du travail ! le coût du travail !, ou les PME ! les PME ! les PME !, ou encore produire en France ! produire en France ! produire en France !… mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Je répète, il faut prendre les choses comme elles sont.  »

Alors qu’elles sont elles, et pourquoi sommes-nous dans la situation actuelle ? J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la plupart de ses points dans différents articles, je ne vais donc ici reprendre que les points essentiels, et les compléter.

1. Le coût du travail
La performance des entreprises dépend certes du coût du travail, mais celui-ci dépend d’abord d’autres paramètres que celui de la rémunération des salariés et du temps de travail. Ce coût est d’abord fonction du niveau d’engagement individuel et collectif, de la formation et son adéquation à la mission confiée, de la compréhension de la stratégie suivie et de l’efficacité des prises d’initiatives.

Croire en 2012 que l’on va redévelopper l’économie française en abaissant la rémunération des salariés (directement ou via la diminution des charges), c’est ignorer qu’en moyenne un français gagne quatre fois plus qu’un Brésilien, neuf fois plus qu’un Chinois et vingt-sept fois plus qu’un Indien (voir Faire face à la convergence des économies mondiales), et surtout se croire encore au temps des usines taylorisées. Les entreprises occidentales n’ont plus grand chose avec celles des Temps modernes de Chaplin…

Nos hommes politiques pensent-ils réellement que l’Allemagne a plus d’emplois industriels, car le niveau de rémunération y serait plus bas ? Si c’est le cas, c’est franchement affligeant. Si ce n’est pas le cas, savent-ils que l’écart avec l’Allemagne est constant depuis 1980 et qu’il ne s’est pas aggravé (voir Le coût du travail n'explique pas l'écart avec l'Allemagne) ? Ont-ils vu que toutes les politiques menées en France que ce soit sous les présidences de Mitterrand, Chirac ou Sarkozy n’ont rien changé ? Que faut-il de plus pour leur démontrer que l’on ne s’attaque pas au vrai sujet ?

2. Les PME
Depuis 1979, chaque gouvernement a lancé une politique en faveur des PME, et qui est peu ou prou la même. Comme il se trouve que j’ai participé à la définition de celle élaborée en 1979 – j’était alors chargé de mission à la Délégation à la Petite et Moyenne Industrie – et que j’ai une bonne mémoire, je suis formel : on retrouve toujours les mêmes idées autour de la création d’entreprises, l’innovation, le financement, l’exportation, les marchés publics… (voir Faut-il que les PME financent les grandes entreprises ?)

Pourquoi donc l’application des mêmes incantations viendraient miraculeusement apporter cette fois la solution ?

Autre leitmotiv : notre déficit en entreprises de taille moyenne, notamment versus l’Allemagne. Ce constat a été fait là aussi dès les années 1970, et rien n’a changé.

Comment les hommes politiques ne voient pas que le problème de fonds en France n’est pas tant la création d’entreprises – qui, selon les années, est plus ou moins en avance ou en retard –, mais l’incapacité des petites entreprises à se développer, à grossir pour devenir d’abord moyennes, puis demain grandes ? Que c’est ce déficit qui est à l’origine du retard en innovation et à l’exportation ?

Comment imaginer que c’est en sautant comme un cabri pour dire aux grandes entreprises « Aidez-les ! Aidez-les ! Aidez-les ! », et aux banques : « Financez-les ! Financez-les ! Financez-les ! » que tout va être réglé ?

Comment ne voient-ils pas que c’est le crédit inter-entreprises qui pompe la trésorerie des PMI au profit de la distribution et des grandes entreprises, et les rend dépendantes du système financier ?

3. Produire en France
La diminution de l’emploi industriel en France est une réalité, mais elle ne s’est pas effectuée plus vite en France que dans les pays voisins. Cette évolution touche toute l’Europe, ainsi que l’Amérique du Nord, et sensiblement à la même vitesse. Simplement en France, nous partons d’une situation plus basse que nos voisins, car l’emploi industriel y était historiquement moins développé.

Aussi cette diminution n’a rien à voir avec les 35 heures ou un handicap en matière de rémunération du travail versus nos pays voisins. Elle est le fruit d’un rééquilibrage du monde et du transfert des emplois moins qualifiés vers les pays maintenant émergés. (voir Nous n'éviterons pas la baisse de notre niveau de vie)

Elle est aussi liée à notre difficulté historique à développer l’industrie en France, ce qui provient d’une part au déficit d’entreprises moyennes évoquées ci-dessus, d’autre part du déficit de confiance. Ce déficit de confiance, clairement montré par les différentes menées par Yann Algan, se corrèle directement avec la croissance. (voirConstruire une société de confiance...)

Alors que faut-il faire pour passer de l’incantation à l’action ?
Pour rester dans la limite d’un court article, et éviter de me disperser, je vais me centrer sur les quatre mesures qui me semblent essentielles.

1. Apprendre collectivement à ne plus dépenser plus que nous ne gagnons
Certains en parlent – singulièrement François Bayrou –, mais aucun n’a, me semble-t-il, vraiment mesurer la portée de l’effort à faire : nous ne vivons pas un crise, mais un transformation, et nous devons nous préparer à ce monde qui émerge (voir Non, le futur n’est pas la reproduction du passé en pire).

Croire que la croissance va revenir rapidement et que le retour au temps passé est imaginable est un contresens (voir Est-il raisonnable de continuer à déraisonner en économie ?). C’est à un effort long vers un futur meilleur qu’il faut se préparer. Ceci suppose de le dire, de l’expliquer et de faire supporter l’essentiel des efforts aux plus favorisés, en arrêtant aussi les dépenses inutiles (voir Peut-on être élu en parlant vrai ? et Sortir du double dogme de la croissance à tous prix et de la compétition)

2. Revoir les règles juridiques du transfert de propriété, avec un transfert au paiement, et non à la livraison
C’est la différence clé avec les pays anglo-saxons, et c’est ce point de droit qui est à l’origine des abus dans les délais de paiement. L’enjeu en matière de financement est un transfert de plus de cent de milliards au profit des petites entreprises industrielles, qui ne les rendra plus dépendantes des banques, et facilitera grandement leur croissance. (voir Qui arrêtera l’hémorragie financière des PME françaises ?)

Qui seront les perdants de ce transfert ? Massivement la grande distribution et le système bancaire, c’est-à-dire des emplois qui ne peuvent pas se délocaliser, et secondairement les grandes entreprises qui ne pourront plus se financer en partie sur le dos de leurs sous-traitants.

3. Créer un label allant de "Assembler en France" à "Tout en France"
J’ai déjà présenté en détail cette idée simple dans mon article « Label France : et si Bayrou avait raison ? ». Quelle est-elle ?

Elle part d’un double principe :
- Pour tout produit manufacturé, on peut facilement mesurer la part de valeur ajoutée faite en France, si l’on ne cherche pas l’exactitude à 1% près, et si l’on demande à tout producteur de l’indiquer sur ses factures (ainsi par un effet de cascade, on aurait la part finale).
- On crée un label avec trois niveaux : "Assemblé en France" quand la part de valeur ajoutée est comprise entre 25 et 50%, "fabriqué en France" quand elle est entre 50 et 75%, et "Tout en France" si elle est de plus de 75%.

Quel sera l’impact d’un tel label ? Cela dépendra du point suivant, c’est-à-dire de notre capacité à reconstruire une confiance entre nous et en nous. Mais comprenons que le moindre déplacement en faveur d’un tel label, favoriserait effectivement l’emploi industriel en France, même s’il n’est que d’assemblage.
Rien n’empêcherait évidemment de promouvoir aussi un tel label au plan européen.

4. Reconstruire la confiance en France entre nous et vis-à-vis de nos institutions
C’est le point majeur et le plus difficile. Il suppose de remettre à plat notre façon de vivre ensemble dans les quartiers, dans les entreprises, et plus largement en France. Elle impose de ne pas procéder par opposition et exclusion, mais par confrontation et inclusion. Elle suppose aussi de comprendre que nous sommes riches de nos différences et de nos origines multiples.

Agir sur ce point mobilisera, comme l’indique bien notamment Yann Algan, les efforts de tous. En conclusion de son dernier livre écrit avec Pierre Cahuc et André Zylberberg, « la Fabrique de la défiance », il écrit : « La confiance peut se construire dès le plus jeune âge, à l’école, par un enseignement adapté ; elle peut se développer dans l’entreprise grâce aux méthodes de travail et au dialogue social. La transparence et l’exemplarité des pouvoirs publics, l’égalité face à l’État-providence, face à l’impôt, et la vitalité de la démocratie participative constituent aussi des éléments décisifs. (…) Faut-il tout changer ? Oui. Est-ce possible ? Oui. (…) La situation est urgente, tant la perception de la corruption a augmenté au cours du dernier quinquennat. (…) Il est impossible d’avoir confiance en autrui lorsque le manque d’exemplarité des dirigeants suscite l’incivisme. Rétablir la confiance dans nos dirigeants en faisant en sorte qu’ils soient le plus exemplaires possible est la première des nécessités.  »

On ne peut mieux dire.

Ce n’est pas en sautant comme des cabris et en procédant par incantation, que les candidats à l’élection présidentielle se mettent en situation de réellement remettre la France sur les rails…


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12 réactions à cet article    


  • jef88 jef88 17 février 2012 12:40

    Cet article correspond à des questions que je me pose depuis près de 40 ans et pour lesquelles je ne trouve que très peu de réponses ...

    MAIS !

    notre déficit en entreprises de taille moyenne, notamment versus l’Allemagne. Ce constat a été fait là aussi dès les années 1970, et rien n’a changé.
    TOUT a été fait pour faire disparaitre (sciemment ou pas ?) les PME
    Souvenez vous de R Barre et de sa « chasse aux canards boiteux »
    Les banques ont été le bras armé de cette chasse en jouant sur le niveau de découvert autorisé qui diminuait de moitié , sans préavis, cela générait des incidents de payement, enregistrés à la Banque de France et un jour tombait la sanction :suppression des découverts et de l’escompte.......
    Je le sais parce que j’en ai été victime en 80-81.....

    Depuis 1979, chaque gouvernement a lancé une politique en faveur des PME, et qui est peu ou prou la même.
    Je n’en ai jamais vu de résultats concrets... Une boite se crée...... deux ans après elle est liquidée !!!

    mais l’incapacité des petites entreprises à se développer, à grossir pour devenir d’abord moyennes
    NORMAL :
    - pour qu’une entreprise se développe elle doit trouver des débouchés
    - le commerce de détail s’effondre depuis 30-40 ans.....
    - le débouché c’est la « grande distribution »
    - Si vous être trop petit vous ne pouvez pas satisfaire quantitativement les centrales d’achat donc vous êtes éliminé
    - Si vous parvenez à mettre le pied dans le système vous payez vos employés comptant...
     - vos fournisseurs à 30 jours
    - vous êtes payés à 90 ou 120 jours............................................ !!!!!

    Si le banquier n’est pas un « bon pote » , vous êtes fichus .......

    J’ai fais ou fait faire des prix de revient depuis 1965 jusqu’à 2004 ....
    la constante de toutes les entreprises c’est l’inflation de la paperasse ......
    Le cout de la structure ou « frais fixes » est passé de 16 à 50% du chiffre d’affaire dans cette période... c’est la notre perte de compétitivité.... et la différence avec les allemands !


    • iris 17 février 2012 15:37

      les grosses entreprises pourraient aider le pme pte mais ce sont surtout de jeux de seigneurs et de vassaux à l’heure actuelle-et dès qu’uen pme fait des profits elle a tot fait d’etre engloutie par un groupe-l’argent est un gros moteur pour passer la main.....
      mais dans les pme et pte c’est loin d’etre aussi transparent .....-
      il ya autant de chacals dans les grosses que dans les petites entreprises-c’est les shommes qui font la différence-et leur courage-


    • iris 17 février 2012 15:38

      et les femmes dont les qualités ne sont pas assez présentes dans les entreprises...


    • easy easy 17 février 2012 14:52

      Je pense que nos comparaisons avec l’Allemagne (afin d’y adopter quelque recette qui leur réussirait) sont globalement vaines et je préfère quand vous vous en tenez au seul fait de la convergence des salaires qui semble inéluctablement se poursuivre dans l’atelier global.

      Dans votre papier « Faire face ... » vous seriez à la résignation et vous considérez que nous devrons forcément assumer une réduction de notre train de vie.
      J’en suis d’accord sur le principe d’un point de vue prévisionniste.

      Mais il est trop simple parce que vous gagnez votre vie en tant que simplificateur ou éclaircisseur, en tant que metteur en équation.
      Dans la réalité, il existe un facteur que vous ignorez c’est celui de l’épée.




      Autrefois, bien des peuples ignoraient la taille de l’épée des autres peuples et poursuivaient leurs badinages et cueillette sans se faire de mouron.

      Depuis la mondialisation ce point a complètement changé et chacun toise la longueur de l’épée des autres. Ce fait provoque deux attitudes. Soit une attitude de promotion de l’amour universel visant à briser toutes les épées et à en bannir même le mot. Soit une attitude de coagulation en bandes, en groupes, en nations, en pays, disons nationaliste ou allianciste.

      L’attitude en peace en love reste marginale et c’est l’attitude vigilante, hystérisée et coagulante qui prévaut.
      C’est l’armement qui prévaut.

      A tel point que des peuples misérables qui mille ans plus tôt n’auraient pas eu l’idée de se fabriquer des épées géantes, le font aujourd’hui.

      Cet épéisme est très déterminant des dynamiques et concurrences entre états ou regroupements d’Etats
       
      Alors que selon votre version, nous devrions aller à supprimer les ronds-points décorés d’oeuvres monumentales, je pense que ce sera peut-être le cas mais que l’atelier de l’épée sera encore plus développé, plus actif et constituera la locomotive entraînant le reste.

      Quand on croule sous les bonnes fortunes on néglige la forge de Vulcain mais quand on passe pauvre, de nos jours, on s’y bouscule.

      Et dès qu’une épée flamboyante est produite, il démange de s’en servir. Et dès qu’on s’en sert, toutes les belles théories économiques sont invalidées.


      Dans les faits, courtoisie et diplomatie obligent, ce principe épéiste que j’explicite ici ne ressort pas constamment saillant. Mais sans ressortir saillant, il existe tout de même de manière sourde et produit constamment, en ce moment même, son effet.

      Il suffit de la venue d’une grande épée dans le détroit d’Ormuz et l’économie mondiale se prend une hausse de 10% du pétrole dans l’heure.

      Quiconque prétend expliquer et prédire l’économie en ne considérant le contexte que de manière économiste donc pacifiste, se trompe car l’épée est toujours là qui joue constamment un rôle et une moindre vibration de fourreau perturbe l’économie.

      Là je semble parler d’épée militaire.
      Mais en réalité il en existe mille déclinaisons.
      Et la Justice fait partie de ses multiples formes.

      Un jour, la Pan Am décide de bloquer la TWA de Howard Hughes, lui interdire les vols internationaux. Alors elle organise une cabale contre cet excentrique, il se retrouve effectivement bloqué et c’est toute une économie qui en est perturbée.
      Un jour des ayants droits décident que Kim Dotcom doit être arrêté, il l’est et c’est toute une économie du Web qui est perturbée.

      Bien entendu, comme la caractéristique de l’épée est d’être brutale et renversante de l’ordre en cours, comme elle produit des effets imprévisibles, il est de bonne logique de prévisionniste de l’écarter de leurs prévisions qui ne peuvent se faire que dans un contexte évoluant de manière linéaire.
      Tous les tableaux et courbes que font les prévisionnistes de tous poils montrent qu’ils ne peuvent surfer que sur du linéaire « Voici le point A, voici le point B, voici le point C, donc le point D sera là »


      En dépit de notre obsession de rationalisation, le monde produit plus de surprises que d’attendus et ça fait son charme.


      • herbe herbe 17 février 2012 23:19

        Bien vu easy.


        D’après vos exemples, on peut extrapoler avec des « trucs » de chez nous : Hadopi, Rafale ...

      • non667 17 février 2012 20:08

        à une époque le mark et le yen caracolait en tête des monnaie loin devant le dollars et les autres ce qui m’avait amener à cette réflexion  : victoire postume de Hitler et hiro hito  ?
        en effet ces 2 pays étaient réputés pour leur protectionnisme !
        comment  : l’humiliation de la défaite et les sanctions en avait fait des revanchards et des chauvins forcenés :
        la plus efficace des barrières douanière est la barrière du cœur ! 


        • Michel Maugis Michel Maugis 18 février 2012 06:05
          @ Robert Branche

          Il faudrait tout de même ne pas ressasser des inepties comme « le coût du Travail », concept faux qui ne permet pas de comprendre l’ économie.

          C’ est du coût de la force de Travail dont il faut parler, ce que le Capital paie au salarié directement avec le salaire et indirectement à travers ce qu’ il appelle honteusement « des charges » sociales. ( on devine la mentalité et finalité du Capital à travers son vocabulaire trompeur et orienté vers lui).

          Ce coût de la force de travail s’ exprime en une quantité moyenne de temps de travail nécessaire pour produire ce que le salarié a besoin pour vivre.

          Et ce nombre, pour les salariés, en général, est inférieur au temps durant lequel il travaille.

          D’ où la différence qui est le profit. Et la crise n’ est que la conséquence logique de la baisse tendancielle du taux de profit. D’ où la nécessité du Capital de réduire ce coût de cette force de travail en réduisant la part de la santé, de l’éducation, de la vieillesse.. dans ce coût.

          • JL JL1 18 février 2012 08:54

            Michel Maugis a écrit : "Ce coût de la force de travail s’ exprime en une quantité moyenne de temps de travail nécessaire pour produire ce que le salarié a besoin pour vivre.« 

            Peut-être faut-il y ajouter le coût de remplacement de la force de travail. La dictature de l’immédiateté, et le principe libéral »après moi le déluge« font qu’aujourd’hui, plus personne ne veut payer ce coût de remplacement , c’est peut-être là que le bât blesse : qui sait de quoi demain sera fait.

            Le capital aujourd’hui ne veut plus contribuer à remplacer une force de travail dont il n’aura que faire dans 6 mois, 5 ans, dix ans. Il n’est pour s’en convaincre que de voir ce qu’ils proposent à ce sujet : le RU, revenu universel  !

            Sur les charges dans les entreprises
            , et plus généralement, la comptabilité : il est de coutume hélas, de tout mettre dans le même »sac« . Selon moi, il faut distinguer trois types de charges : la sécurité sociale ; l’assurance chômage ; les cotisations retraites.

            - Il n’est pas normal que la sécurité sociale soit calculée au prorata des salaires : les cotisations à l’assurance maladie devraient être calculée sur la plus-value.
            - L’assurance chômage ne devrait pas être à la charge des salariés, puisque cela revient à leur appliquer le double peine : en effet, plus l’entreprise licencie, et plus le nombre de chômeurs augmente dans un cercle vicieux infernal, ce qui conduit à augmenter le coût du chômage. Le coût de l’indemnisation des chômeurs devrait être assuré par les actionnaires et proportionnellement au coût réel du chômage par péréquation nationale.
            - enfin, les cotisations retraites sont un salaire différé. A ce titre, elles relèvent effectivement du coût du travail.

            Ainsi, les seules »charges" de l’entreprise seront les cotisations à l’assurance maladie, et l’impôt bien entendu, puisque cet impôt est la juste rémunération des services publics et des patrimoines collectifs mis à sa disposition. Je note à ce sujet que l’usure des patrimoines collectifs devrait être rigoureusement calculée et taxée à sa juste valeur selon une notation par secteurs d’activité.

            Une discussion intéressante sur ce sujet, notamment à propos du coût d’indemnisation du chômage, a eu lieu .


            • JL JL1 18 février 2012 08:59

              précision pour éviter les discussions inutile : les cotisations retraites sont de nature salariale, qu’elles soient versées à un organisme de réparation selon le principe de solidarité intergénérationnelle ou un fond de pension libéral dont on connait la duplicité du principe.


            • helios999 helios999 18 février 2012 12:07

              Si bien , si une entreprise a comme mentalité que son but est la rentabilité plutot que qu’un role social , elle n’a aucune realité à survivre
              Avez vous deja vu des choses inutiles exister ?
              Vouloir faire vivre des choses ( plutot « machins » ) inutiles est vain à la longue
              Donc au lieu de se plaindre de paperasse ou de taxe , nos chers elites devraient rendre les entreprises plus humaines .
              N’etait ce pas le cas ? ( je ne pense plus que c’est le cas) en allemagne


              • morice morice 18 février 2012 12:16

                « Comme il se trouve que j’ai participé à la définition de celle élaborée en 1979 – j’était alors chargé de mission à la Délégation à la Petite et Moyenne Industrie »

                 

                on comprend mieux le désastre actuel alors le tardif donneur de leçons !!!
                c’est un peu bête là... pour vous !

                on lit que vous n’êtes pas partisan des INCANTATIONS

                et vous prônez de « Créer un label allant de »Assembler en France« à »Tout en France" !!!

                vous pouvez nous expliquer BRIEVEMENT sans circonvolutions de gourou parlant dans le vide la différence entre une incantation... et un auto-collant ????

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